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[BOUQUINS] JP Delaney – La Femme Parfaite

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JP Delaney - La femme parfaite

Titre : La Femme Parfaite
Auteur : JP Delaney
Éditeur : Fayard
Parution : 2020
Origine : États-Unis
464 pages

De quoi ça cause ?

Lorsque Abbie se réveille dans une chambre hôpital, Tim Scott, un des acteurs majeurs de l’Intelligence Artificielle, lui apprend qu’elle n’est pas la « vraie » Abbie mais un robot créé à l’image de la jeune femme disparue cinq ans plus tôt. Une IA ultra perfectionnée, dotée de capacités d’apprentissage et d’empathie.

À en croire Tim, son époux, ils formaient un couple idéal et elle était une épouse et une mère parfaite. Et pourtant, plus Abbie se renseigne sur sa relation avec Tim et sur « sa » disparition, plus elle s’interroge et doute…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé les deux précédents romans de JP Delaney, La Fille D’Avant et Mensonge.

Contrairement à son précédent roman, Mensonge, qui divisait clairement les lecteurs, les réactions allant de « j’ai adoré » à « j’ai détesté » ; celui-ci suscite des réactions globalement positives sur Babelio.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fayard / Mazarine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Tout laisse à penser que JP Delaney est particulièrement friand de nouvelles technologies, après la maison hyper connectée de La Fille D’Avant c’est cette fois une IA empathique qui est au cœur du présent roman. Une IA qui, à ce jour, reste du domaine de la fiction mais pour combien de temps encore ? Quand on voit la vitesse à laquelle évoluent les recherches autour de la question on peut légitimement supposer que la réalité va bientôt rattraper la fiction.

Si l’essentiel du bouquin est consacré à l’intrigue présente, construite autour du « personnage » d’Abbie version IA, quelques chapitres (bénéficiant d’une numérotation distincte) retracent le parcours d’Abbie (version humaine) depuis son arrivée dans les locaux de Scott Robotics (la société fondée par Tim) jusqu’à sa disparition.

Mais c’est surtout dans sa narration que le roman se distingue. Jusqu’à ce que l’auteur ne lève le voile sur le sujet, on ne sait pas avec certitude qui est le narrateur ou la narratrice. L’emploi de la seconde personne du singulier sème en effet le doute. S’agit-il d’Abbie qui, par sa nature non-humaine, porte un regard distant sur elle-même ou il y aurait-il une autre explication à ce choix ?

Si la forme est maîtrisée, le fond l’est tout autant. Les personnages sont particulièrement bien travaillés. On ressent rapidement une réelle empathie pour cette IA qui cherche à comprendre ce qui est arrivé à son homologue humaine ; paradoxalement c’est sans doute le personnage qui dégage le plus d’humanité dans ce roman.

Il faut dire que le personnage de Tim Scott apparaît d’entrée de jeu comme imbuvable, certes c’est un génie dans son domaine (l’Intelligence Artificielle) mais humainement parlant c’est une merde finie ! Un égo démesuré combiné à un manque total d’empathie… Au fil des pages mon aversion pour le bonhomme ne s’est jamais démentie.

Le troisième personnage central de ce roman est Danny, le fils de Tim et Abbie. Souffrant du syndrome de Heller, une forme aussi sévère que rare d’autisme apparaissant entre 2 et 3 ans chez l’enfant et se caractérisant par une brusque détérioration du langage et du comportement. La situation de Danny va rapidement s’imposer comme l’un des éléments phares dans le déroulé de l’intrigue.

Un thème qui tient particulièrement à cœur à JP Delaney, étant lui-même parent d’un enfant autiste. De fait le roman est très bien renseigné sur cette forme méconnue d’autisme et les façons de gérer la situation. Le message passe sans jamais prendre le dessus sur l’intrigue elle-même.

La nature même d’Abbie 2.0 pose inévitablement des questions d’éthique, là encore l’auteur aborde le sujet avec beaucoup de savoir-faire. Ce sont en effet des questions que les développeurs (et même, le cas échéant, le législateur) devront se poser si un jour des formes aussi avancées d’IA devaient voir le jour.

D’autres thèmes sont abordés au fil des pages, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir par vous-même…

Avec La Femme Parfaite, JP Delaney signe son roman le plus abouti. Une lecture à la fois addictive, divertissante et intelligente ; le piège se referme dès les premières pages sur le lecteur, pour ne se rouvrir qu’une fois le bouquin terminé !

Quant à moi, il me tarde de découvrir le quatrième roman signé JP Delaney dont le pitch est des plus alléchant ! Qui sait, peut-être que pour patienter un peu je me lancerai dans la découverte de thrillers signés sous un autre nom de plume (Jonathan Holt ou Tony Strong). Les titres publiés sous sa véritable identité (Anthony Capella) ne m’inspirent pas outre mesure… en plus de ne pas être disponibles dans la langue de Molière.

MON VERDICT

 
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Publié par le 20 octobre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Adrian McKinty – La Chaîne

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A. McKinty - La Chaîne

Titre : La Chaîne
Auteur : Adrian McKinty
Éditeur : Fayard
Parution : 2020
Origine : Irlande (2019)
400 pages

De quoi ça cause ?

Le monde de Rachel s’écroule quand elle apprend que sa fille a été enlevée. Pour la récupérer non seulement elle va devoir payer une rançon, mais aussi à son tour kidnapper un enfant et ainsi perpétuer la Chaîne…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est juste impossible de résister à un pitch pareil.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Fayard et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Je suppose que l’un des pires cauchemars que puisse vivre un parent est le kidnapping de son enfant. Présentement Adrian McKinty repousse les limites du cauchemar en obligeant le parent déjà fortement ébranlé à devenir lui-même un kidnappeur et ainsi à faire vivre la même épreuve à un autre parent. Difficile d’imaginer un scénario plus pervers et plus sadique.

La première partie du roman est une totale réussite. On y suit le parcours de Rachel, contrainte d’enlever un enfant si elle veut sauver sa propre fille. On vit intensément le cauchemar de Rachel et tout ce qui lui passe par la tête au fur et à mesure qu’elle met son plan en application. L’auteur dose avec justesse les phases d’action et celles de réflexion.

Malheureusement l’implacable mécanique, que l’on pensait pourtant bien rodée, se grippe dans la seconde partie du récit. Vouloir anéantir la Chaîne, après ce qu’elle leur a fait subir, est en soi légitime, mais on a parfois l’impression que Adrian McKinty veut en finir au plus vite, quitte à brûler des étapes. Les choses s’enchaînent trop rapidement, avec trop de facilité et de façon trop prévisible. Bref, le capital crédibilité de l’intrigue fond comme neige au soleil.

Il serait sévère et injuste pour le coup de considérer cette seconde partie comme bâclée, elle n’est simplement pas à l a hauteur des promesses que nous faisait miroiter une première partie tout simplement géniale. Du coup il est difficile de masquer sa déception, un peu comme si on te promet du caviar, mais qu’on te sert des œufs de lump premier prix.

Impossible de ne pas s’attacher au personnage de Rachel, divorcée depuis peu, elle reste toutefois en très bon terme avec son ex-mari. Mauvais karma, alors même que sa fille est enlevée, elle apprend que son cancer récidive et va de nouveau devoir subir les affres de la chimiothérapie.

Dans l’ensemble l’auteur apporte beaucoup de soins à ses personnages, mention spéciale aux jumeaux maléfiques qui vous feront froid dans le dos plus d’une fois.

Son intrigue est aussi pour l’auteur l’occasion de pointer du doigt l’importance que les réseaux sociaux a prise dans le quotidien de chacun (et pas uniquement des ados), et comment ils peuvent se retourner contre leurs utilisateurs.

George Orwell se trompait. Dans le futur, ce ne sera pas l’État qui aura l’œil sur chaque individu avec de gros systèmes de surveillance. Les gens se chargeront de ça eux-mêmes. Ils mâcheront le travail à l’État en mettant sans cesse en ligne les lieux où ils se trouvent, leurs centres d’intérêt, leurs goûts culinaires, leurs restaurants préférés, leurs idées politiques et leurs loisirs. Tout ça sur Facebook, Twitter, Instagram et les autres réseaux sociaux. Nous sommes notre propre police politique.

Je referme ce bouquin globalement satisfait par cette découverte, et ce malgré l’impression tenace que l’intrigue aurait pu être encore plus aboutie. Là où ça aurait pu être un excellent thriller, nous n’avons « qu’un » très bon thriller.

Avant de lire La Chaîne je n’avais jamais entendu parler d’Adrian McKinty, le bonhomme n’en est pourtant pas à son coup d’essai et à déjà quelques romans policiers à son actif. Il va falloir que je me penche plus attentivement sur la question…

MON VERDICT
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Publié par le 30 mars 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Girardeau – Persona

AU MENU DU JOUR

M. Girardeau - Persona

Titre : Persona
Auteur : Maxime Girardeau
Éditeur : Fayard (Mazarine)
Parution : 2020
Origine : France
432 pages

De quoi ça cause ?

Franck Somerset, commissaire à la Crim’ du 36, est appelé sur une scène crime peu ordinaire. En effet, la victime est vivante mais elle a été torturée et mutilée avec un acharnement aussi sadique qu’expert.

En plus de son équipe habituelle, Franck va pouvoir compter sur le renfort d’Elga Salustri, cadre supérieure chez Google et particulièrement au fait de tout ce qui tourne autour du milieu d’où vient la victime…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le pitch me semblait des plus prometteurs. Une impression renforcée par la campagne de promotion organisée par Fayard qui nous promettait un « Seven à Paris »… c’est pas rien comme référence.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fayard et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

À mon sens le film Seven, réalisé par David Fincher en 1995 est l’un des thrillers les plus couillus de ces dernières années, à ce titre il reste (et restera) dans les annales du genre. Alors forcément quand l’éditeur fait la promotion de Persona en le qualifiant de « Seven à Paris », ça ne peut que titiller ma curiosité… mais attention à ne pas se planter, on s’attend à ce que l’élève (Maxime Girardeau) soit à la hauteur du maître !

L’intrigue du roman est tellement ancrée autour des GAFAM (Google – Amazon – Facebook – Apple – Microsoft) – ces cinq géants de l’informatique qui collent des ulcères à notre Manu élyséen et brouille ses relations avec son homologue yankee, Donald – que la promo aurait presque pu se permettre d’écrire Seven 2.0.

Il n’y a pas que la brutalité du mode opératoire et les mises en scène orchestrées par leurs auteurs qui permettent de rapprocher le roman de Maxime Girardeau du film de David Fincher (en ce sens Maxime Girardeau monte d’un cran dans la perversité puisque son John Doe laisse ses victimes en vie… dans un corps hors d’usage). En effet Franck Somerset porte le même nom que l’inspecteur incarné par Morgan Freeman dans le film, et plus avant dans l’intrigue nous croiserons un certain Tom Mills, agent de la DEA, Mills étant aussi le patronyme du personnage incarné par Brad Pitt dans Seven.

Ah oui, j’oubliais un détail, et non des moindres, Persona est le premier roman de Maxime Girardeau. D’une part il prouve avec un évident brio qu’il est encore possible de surprendre (à défaut d’innover) dans un genre où l’on pourrait être tenté de penser (à tort, fort heureusement pour nous) que tout a déjà été dit. D’autre part il confirme que le thriller français a encore de beaux jours devant lui, et n’a pas à rougir de la concurrence anglophone. Pour un coup d’essai, on peut faire pire…

Si l’auteur ne fait rien pour rendre ses personnages attachants, j’ai tout de même eu un faible pour Franck Somerset, un flic à l’ancienne, un tantinet désabusé par le monde 2.0 qui l’entoure. Elga Salustri quant à elle n’est pas particulièrement antipathique mais elle est tellement imprégnée de cet univers propre aux GAFAM, qu’elle semble parfois vivre dans un autre monde, un monde qui tend parfois à privilégier le virtuel à l’humain.

Par contre Maxime Girardeau sait y faire pour que le personnage de Kahl Doe (faut-il y voir un clin d’œil au John Doe de Seven ?) soit en tout point méprisable. Un suspect idéal ? J’ai immédiatement pensé que la ficelle était trop flagrante (oui je sais, je pléonasme). Mais je peux me planter… j’dis ça, j’dis rien.

Non seulement l’auteur garde un contrôle absolu sur ses personnages et son intrigue, mais il se distingue aussi par sa plume qui ne manque ni de piquant ni de cynisme ; il porte un regard sans concession sur le monde d’aujourd’hui et sur ses dérives (avérées ou potentielles).

Le fait que l’auteur soit particulièrement bien informé quant au fonctionnement de ces GAFAM ne doit rien au hasard, il a en effet une longue expérience professionnelle marketing en leur sein.

Je vous laisse découvrir l’origine du titre en lisant le bouquin, à moins que vous ne connaissiez déjà ce terme qui fait à la fois référence à la psychologie (Jung) et aux stratégies marketing. Un indice : l’accroche « Je sais qui tu es » qui figure sur la couv’ du bouquin vous tend une sacrée perche. Mais non, pas la poiscaille ! Vous ne pensez décidément qu’à bouffer et à bai… (Saint Valentin oblige, j’ai pas pu m’en empêcher… oui je sais, je suis un indécrottable romantique).

Vous l’aurez compris, j’ai été totalement emballé par ce bouquin (même s’il n’est pas exempt de défauts mineurs), la référence à Seven était audacieuse, mais force est de reconnaître que l’élève fait honneur à son maître. Du coup je n’hésiterai pas, et ce sera mon dernier mot (Jean-Pierre, Camille… et les autres), à dire que ce roman est foutrement couillu !

Un premier roman prometteur (bin oui j’ai menti, ce n’était pas mon dernier mot) qui place la barre haute pour les suivants. Cerise sur le gâteau, Maxime Girardeau n’exclut pas de possibles retrouvailles dans un prochain roman…

MON VERDICT
Coup de poing

En aparté

J’espère que la version numérique mise à disposition sur Net Galley n’est pas la version finalisée du roman. Outre certains problèmes mineurs de codage (insécables notamment), il y a quelques coquilles résiduelles dont beaucoup de mots coupés qui figurent en l’état dans le texte (be-soin au lieu de besoin par exemple).

Et deux exemples plus dérangeants, ci-dessous :

« Une odeur de moisissure le submergea. Elle lui piquait les narines. Elle se répandait partout. Elle grignotait les plaintes, boulottait les plafonds, s’infiltrait sous les papiers peints jaunis. »
M’est d’avis que la moisissure est bien plus attirée par les plinthes que par les plaintes.

« Sa tête commença par cartographier les dimensions de la pièce rectangulaire : une trentaine de mètres carrés, avec 5 mètres de large et 46 de profondeur environ. »
Commençons par un petit rappel mathématique (géométrie plus exactement) concernant le calcul de la surface d’un rectangle : S(urface) = L(ongueur) x l(argeur).
Donc une pièce de 46 mètres sur 5 correspond à une surface de 230 (46 x 5) m²… Ce qui me semble foutrement grand pour un espace censé être confiné.
Du coup on va considérer que ladite pièce mesure 30 m² et que sa largeur est bien de 5 mètres ; on arrive donc à une profondeur (longueur) de 6 mètres (30 = L x 5 d’où L = 30 / 5 = 6).

 
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Publié par le 14 février 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] JP Delaney – Mensonge

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JP Delaney - Mensonge
Titre : Mensonge
Auteur : JP Delaney
Éditeur : Fayard
Parution : 2019
Origine : Etats-Unis (2018)
432 pages

De quoi ça cause ?

Extrait de la quatrième de couv’

Étudiante en art dramatique à New York, Claire finance ses cours de théâtre en jouant un rôle peu conventionnel : elle flirte, pour le compte d’un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces, avec des hommes mariés suspectés d’infidélité.

Sa couverture fonctionne parfaitement, jusqu’à ce que l’une de ses « proies » soit soupçonnée de meurtre… La police exige alors de Claire qu’elle utilise ses talents d’actrice pour pousser Patrick Fogler à confesser son crime.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais apprécié le précédent roman de JP Delaney, La Fille D’Avant, tout en lui reprochant un évident manque de profondeur au niveau des personnages. J’espérais donc une intrigue aussi bien construite et maîtrisée avec des personnages nettement plus étoffés.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fayard et Net Galley pour leur confiance renouvelée qui m’a permis de découvrir ce roman en avant-première (sortie le 18 septembre).

Dans ses remerciements l’auteur nous apprend que ce roman est la réécriture complète d’un de ses précédents bouquins publié dix-sept ans plus tôt. Il ne m’a pas fallu longtemps pour identifier le titre en question (merci Google), publié en français sous le titre L’Appât et signé Tony Strong (Anthony Capella de son vrai nom).

Si le précédent roman de JP Delaney (le premier signé sous ce pseudonyme), La Fille D’Avant, m’avait séduit par la qualité de son intrigue, j’étais nettement plus mitigé quant à la profondeur des personnages qui étaient soit creux, soit trop stéréotypés. Autant dire que j’attendais beaucoup de ce second roman, ni plus ni moins qu’un sans-faute aussi bien au niveau de l’intrigue que des personnages. Et bien entendu j’espérais aussi quelque chose de complètement différent du précédent roman.

Je n’aurai jamais imaginé que l’on puisse construire l’intrigue d’un thriller autour de Charles Baudelaire et de son recueil Les Fleurs Du Mal ; un challenge d’autant plus grand quand l’auteur est britannique. Et bin si ! Et ça fonctionne même rudement bien. Donc niveau surprise et originalité le deal est rempli.

Si certains aspects de l’intrigue s’avèrent parfois prévisibles, nul doute que bien des retournements de situation vous laisseront sur le cul. Je reconnais volontiers m’être laissé berner plus d’une fois… et j’ai adoré ça. Rien à redire l’auteur mène sa barque d’un main de maître et je peux vous assurer que la traversée sera tout sauf un long fleuve tranquille !

JP Delaney nous offre un thriller psychologique parfaitement maîtrisé et je ne vous apprendrais pas que pour que la sauce prenne dans ce genre de roman, il faut apporter un soin tout particulier aux personnages.

L’accroche en couverture annonce la couleur avec le très prometteur : « Aime-moi. Confie-toi. Mais ne me crois pas. » Et je vous garantis que ce n’est pas une simple accroche marketing. Au fil des pages nous n’aurons de cesse de comprendre qui manipule qui, qui dit la vérité, qui ment… Qu’il s’agisse de Claire (l’apprenti comédienne), de Patrick (le présumé coupable qu’elle doit démasquer) ou de la police (tout particulièrement via le personnage de Kathryn Latham, profiler de son état).

Impossible de lâcher le bouquin une fois que vous aurez mordu à l’hameçon. Et tout est mis en oeuvre pour rendre l’appât irrésistible dès les premières pages. Je l’ai dévoré en deux jours, les obligations professionnelles imposant une pause forcée ; sans ça nul doute que je l’aurai lu d’une traite.

J’aimerai tempérer mon enthousiasme en soulevant un bémol (même minime) mais rien ne me vient à l’esprit après avoir refermé ce roman. Si je voulais pinailler, limite user de mauvaise foi, je pourrai toujours dire que ce bouquin ne révolutionnera pas le genre mais force est de reconnaître que les révolutions sont rares dans un genre si souvent décliné à toutes les sauces possibles et imaginables.

Ce sera donc un coup de cœur amplement mérité.

Un troisième titre signé JP Delaney est d’ores et déjà disponible en VO et un quatrième est annoncé pour 2020. Je frétille déjà d’impatience dans l’attente de leur parution en français ; en espérant retrouver la même qualité, voire plus encore.

MON VERDICT

 
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Publié par le 11 septembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Anders Roslund & Börge Hellström – 3 Secondes

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Roslund & Hellström - 3 Secondes
Titre : 3 Secondes
Auteurs : Ander Roslund & Börge Hellström
Éditeur : Mazarine / Fayard
Parution : 2019
Origine : Suède (2009)
592 pages

De quoi ça cause ?

Piet Hoffmann mène une double vie. Le bon mari et bon père de famille est aussi un infiltré au sein d’une puissante organisation criminelle polonaise qui souhaite étendre son activité en Suède en prenant le contrôle du trafic de drogue en milieu pénitentiaire.

Lorsqu’une opération de routine se solde par une exécution dans un appartement au cœur de Stocklom, le détective Ewert Grens est bien déterminé à résoudre cette affaire. Au risque de faire voler en éclat la couverture de Piet Hoffmann alors qu’il prépare une ultime opération potentiellement décisive dans la lutte contre le crime organisé…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le duo Roslung et Hellström est souvent présenté comme la relève de Stieg Larsson, l’auteur de la trilogie Millénium. Qui plus est il semblerait que cette trilogie, 3 Secondes, 3 Minutes , 3 Heures ait connu un énorme succès en Scandinavie et au-delà.

Les éditions Fayard et Net Galley ayant donné une suite favorable à ma demande, je vais pouvoir me faire ma propre idée sur la chose…

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fayard et la plate-forme Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation.

Et on va commencer par crever l’abcès en pointant tout de suite le plus gros défaut de ce roman, à savoir sa quatrième de couverture qui est beaucoup trop bavarde. En quelques lignes on nous dévoile plus de la moitié du bouquin ! Un tel amateurisme (sans parler du manque de respect pour les lecteurs) est indigne d’un éditeur comme Fayard.

C’est d’autant plus regrettable que, à l’instar de Stieg Larsson avec son premier tome de la trilogie Millénium, les auteurs prennent leur temps pour mettre en place le contexte et ses enjeux. Et vlan, tout l’effet recherché est balayé en l’espace de quelques lignes mal pensées (pour rester poli).

Anders Roslund et Börge Hellström apportent effectivement beaucoup de soin à la mise en place de leur intrigue, une lenteur assumée qui aurait pu nuire au plaisir du lecteur, mais il n’en est rien ; au fil des chapitres on a pleinement conscience de l’importance des enjeux et donc de la nécessité de déplacer ses pions avec prudence, sans précipitation.

La montée en puissance se fait progressivement jusqu’au changement radical de rythme à partir du moment où Piet Hoffmann est incarcéré (incarcération qui donne le coup d’envoi de l’opération qu’il a monté avec son agent de liaison) ; il faut dire que la mécanique, d’apparence parfaitement huilée, va rapidement s’enrayer et échapper à tout contrôle. Et Piet Hoffmann se retrouver seul contre tous…

Le lecteur, qui jusqu’alors parcourait tranquillement ce roman, page après page, se retrouve totalement happé par ce changement de rythme, partagé entre l’envie de tourner frénétiquement les pages afin de savoir comment tout ça va se terminer, et celle de profiter pleinement de chaque passage, faisant fi, tant bien que mal, des brusques montées d’adrénaline qui ne manqueront pas de l’assaillir !

Il leur était déjà arrivé de griller des informateurs. Nous ne savons pas qui il est. De laisser tomber des infiltrés, lorsque les questions commençaient à pleuvoir. On ne travaille pas avec des criminels. De regarder ailleurs quand la chasse était lancée et que l’organisation criminelle infiltrée réglait les choses à sa manière.
Mais jamais dans une prison, jamais dans un lieu clos et sans issue.

Ce premier opus a été publié en 2009 en Suède, et, fort de son succès, traduit en plusieurs langues. Il aura quand même fallu attendre 10 ans pour que le public francophone puisse enfin bénéficier d’une traduction. C’est long, mais franchement ça valait le coup d’attendre !

D’un autre côté cette attente ne présente pas que des inconvénients, les deux prochains opus, 3 Minutes et 3 Heures sont en effet respectivement annoncés pour mars et mai 2019. Le public suédois aura dû attendre 2016 (Tre Minuter), puis 2018 (Tre Timmar écrit sans Börge Hellström, décédé en 2017), pour avoir le fin mot de l’histoire…

J’ai découvert le duo Roslund & Hellström avec ce roman, mais ils sont loin d’être des novices du genre ; ils ont notamment à leur actif quatre romans faisant intervenir Ewert Grens et son équipe. Si leur enquêteur fétiche n’est pas le personnage central de 3 Secondes, il n’en reste pas moins un intervenant majeur (parfois presque à l’insu de son plein gré) dans le déroulé de l’intrigue.

Quel étrange spécimen ce Ewert Grens… Certes il doit composer avec les fantômes de son passé, mais c’est un peu facile de se planquer derrière eux pour justifier ses brusques poussées de colère et un comportement qui flirte parfois avec l’irrationnel. Le gars n’a pas que des défauts, c’est notamment un enquêteur tenace qui ne lâche pas le morceau avant d’être certain de n’avoir négligé aucune piste (et dans la présente enquête, il a largement de quoi se triturer les neurones). Il n’en reste pas moins que je n’ai pas du tout accroché au personnage (sauf peut-être en ce qui concerne son côté asocial, allez savoir pourquoi).

Ce n’est toutefois le plus méprisable des individus que vous croiserez dans ce roman. Que les criminels soient des ordures n’étonnera personne, après tout ils sont payés pour ça, difficile de leur reprocher de faire leur job dans ces conditions. Les pires spécimens en l’occurrence sont plutôt les ronds de cuir qui retournent leur veste selon le sens du vent, n’hésitant pas à sacrifier les autres du moment que cela serve ou protège leurs intérêts.

Heureusement en face de tout ce beau monde Piet Hoffmann ne manque pas de ressources quand il s’agit d’assurer ses arrières ou d’évoluer en terrain hostile. Et Dieu sait que les auteurs ne manqueront pas de lui en faire voir de toutes les couleurs.

Malgré un démarrage un peu poussif, j’ai été plus que convaincu par ce bouquin. Un thriller aussi haletant que captivant, mené de mains de maître. Une mise en bouche plus que prometteuse, il me tarde découvrir la suite…

Fort du succès du roman, une adaptation pour le cinéma devrait voir le jour en août 2019 ; la chose s’appellera The Informer et sera réalisée par Andrea Di Stefano. C’est Joel Kinnaman qui interprétera le rôle de Piet Hoffmann… rebaptisé pour l’occasion Pete Koslow, américanisation du scénario oblige. Pas sûr que ce soit du meilleur augure quand on voit ce que Hollywood a fait de Millénium.

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Publié par le 13 février 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] JP Delaney – La Fille D’Avant

JP Delaney - La fille d'avantC’est à Stelphique que je dois cette chronique, elle est la première à m’avoir recommandé la lecture de La Fille D’Avant de JP Delaney. Recommandation suivie dès que l’opportunité s’est présentée, d’autant que la blogosphère, globalement, ne tarit pas d’éloges sur ce roman, mais les moins enthousiastes restent sur une note positive.
Malgré un bail des plus contraignant, Jane Cavendish s’installe au One Folgate Street. Une maison aux lignes et à la décoration austère, mais hyper connectée. Rapidement Jane va découvrir que la précédente locataire, Emma Matthews, est décédée dans des conditions pas clairement établies. Est-ce qu’Edward Monkford, l’architecte et propriétaire des lieux, pourrait être lié à ce drame ?
C’est une fille d’avril, pauvre de moi, une fille difficile… Oups, désolé de pousser la chansonnette, pas prudent en saison cyclonique ! Et surtout sans aucun rapport avec le bouquin dont je dois vous causer.
Ai-je été subjugué par ce roman ou n’ai-je eu entre les mains qu’un énième trille psychologique ? La réponse la plus juste serait ni l’un, ni l’autre. Il y a du bon et du moins bon, mais rien à jeter.
J’ai aimé la construction qui joue sur l’alternance Avant (le point de vue d’Emma) et Maintenant (le point de vue de Jane), avec, dans les deux cas, un récit à la première personne. Les chapitres sont courts et le style est sans fioritures ; le lecteur est ainsi placé au coeur de l’action sans jamais devoir se demander s’il suit Emma ou Jane. Une construction maîtrisée sur le bout des doigts.
J’ai aimé l’ambiance, d’entrée de jeu on ressent une forme d’oppression, un sentiment de malaise diffuse. Et c’est une impression qui ne nous lâchera plus, même si parfois elle semblera plus lointaine, comme une vague menace ou un mauvais pressentiment qui nous colle à la peau.
Je reconnais volontiers avoir pris un réel plaisir à suivre les parcours de Emma et de Jane, notamment l’enquête de cette dernière afin de découvrir la vérité sur la mort d’Emma. Mais… Et oui, il y a un mais. J’ai été déçu par le manque de profondeur et de « saveur » des personnages, comme si l’auteur se contentait d’esquisses plutôt que de travailler véritablement sur des portraits. Malheureusement quand l’auteur se penche sur la personnalité de ses personnages, il force le trait plus que nécessaire et on sombre rapidement dans une succession de stéréotypes. Du coup ça a imposé une espèce de frontière invisible entre l’intrigue et moi, à mon tour je me suis contenté d’être spectateur plutôt que de chercher à devenir acteur.
Ce petit bémol a quelque peu douché mon enthousiasme, mais il n’en reste pas moins que je referme ce bouquin avec un sentiment globalement positif. Une intrigue bien maîtrisée qui aurait gagné en tension psychologique avec des personnages plus aboutis, mais qui n’en demeure pas moins hautement addictive. Pour une première incursion dans le thriller psychologique, JP Delaney (pseudonyme de Tony Strong) n’a pas à rougir de sa performance.
Pour finir, je dirai quand même quelques mots sur cette piaule hors norme. L’austérité, dans les lignes et la décoration ne me dérange pas outre mesure… disons plus exactement que ça ne serait pas rédhibitoire. Je suis par contre beaucoup plus réservé sur le côté domotique poussé à l’extrême, j’aurai un peu trop l’impression d’être fliqué H24. Mais le simple fait de devoir me coltiner un contrat de bail avec 200 clauses restrictives et de devoir répondre à un questionnaire d’admission, suffiront à me faire renoncer à toute velléité de m’installer au One Folgate Street… D’autant que parmi ces clauses figure l’interdiction d’avoir des animaux domestiques.

MON VERDICT

 
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Publié par le 28 mars 2017 dans Bouquins

 

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