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Archives de Tag: Fantasy

[BOUQUINS] Sosthène Desanges – Le Chant Du Mana

S. Desange - Le Chant du ManaCe n’est pas tous les jours que l’occasion m’est donnée de chroniquer un bouquin 100% Made in NC, si en plus l’histoire est fichtrement bien foutue et que l’auteur est un pote alors vous comprendrez que cette chronique me tient particulièrement coeur. Au menu du jour, Le Chant Du Mana, le second tome de fantasy océanienne Ash & Vanille signée Sosthène Desanges.
Ash, Vanille, la Méduse (la petite sorcière), Kaahl (le crâne) et Boulba (le poypoy) ont quitté le Lézard pour se lancer à la poursuite de l’homme au masque et ses géants. Leur périple les mène, presque malgré eux, aux abords des côtes interdites de Bagaskoro…
Le décor ayant été planté dans le premier tome, l’auteur peut nous plonger directement au coeur de l’action. Et tant qu’à faire autant faire monter la pression crescendo, du coup on le droit à un démarrage en douceur (mais sans le moindre temps mort), mais il ne faudra pas longtemps à la machine pour se mettre en branle et trouver un rythme de croisière soutenu. Heureusement quelques pauses sont bienvenues pour permettre au lecteur de reprendre son souffle, profitez-en car ça repart de plus belle au redémarrage. Une mécanique bien rôdée qui s’emballe (et nous emballe en même temps) sans jamais dérailler.
Il faut dire aussi qu’entre le premier et le second tome le bébé a bien grossi puisqu’on passe de 392 pages à 560. On va dire que c’est pour ça qu’il s’est autant fait désiré !
Comme vous pouvez le supposer en quittant le Lézard nos aventuriers vont vers de nouvelles rencontres, certaines amicales, d’autres nettement moins sympathiques… avec bien sûr, en toile de fond, la menace du Masque.
Là encore ça commence plutôt bien et en douceur (toute relative, demandez à Boulba ce qu’il en pense) avec les Hanova, le Peuple du Vent. Une tribu nomade qui vit sur l’eau, sous la protection (et la coupe) de Bagaskoro et sa puissante souveraine ELLE (il faudra se montrer patient pour apprendre son nom).
Et effectivement ça se corse quand Ash pénètre le territoire interdit de Bagaskoro pour aller récupérer Boulba. On y découvre une société hiérarchisée limite dictatoriale avec au sommet de l’échelle, la reine, puis ses Arii-Oï (8 soldats d’élite), leurs Otiore (leurs troupes) et enfin les autres qui ont essentiellement le droit de fermer leur gueule. On pourrait ajouter, tout en bas de l’échelle, tout ce qui est extérieur à Bagaskoro (dont nos sympathiques Hanova).
Afin de laisser intact le plaisir de la découverte, je ne m’étalerai pas davantage sur les nouvelles rencontres qui attendent nos aventuriers. Outre les Hanova, j’ai particulièrement aimé un Arii-Oï qui ne manque pas de verve et des cailloux pleins de sagesse (si, si, vous avez bien lu). Difficile aussi de rester insensible à la personnalité mystérieuse et envoûtante de la reine de Bagaskoro.
Concernant notre petit groupe initial, Sosthène parvient à éviter l’écueil du meneur/suiveurs (un personnage mène la danse, les autres se contentent de suivre le mouvement). Si l’essentiel de l’action est le fait d’Ash, les autres ne sont pas pour autant laissés pour compte, tous auront un rôle important à jouer et/ou un choix décisif à faire à un moment ou à un autre de l’intrigue.
Au fil des pages, nous en apprendrons davantage sur les origines de la Méduse et Kaahl consentira enfin à nous livrer son histoire.
Une intrigue riche en surprises et rebondissements, en alliances et trahisons, qui saura vous tenir en haleine jusqu’au clap de fin (à l’issue d’un combat dantesque). Un tome plus sombre que le précédent mais toujours parsemé, çà et là, de touches d’humour permettant de relâcher la pression.
L’univers imaginé par Sosthène se densifie, son intrigue évolue vers de nouvelles pistes et de nouveaux questionnements. En refermant ce bouquin ma principale question reste : bon alors ce tome 3, c’est pour quand ?
J’ai été à fond dans l’histoire de la première à la dernière page, même les quelques contraintes techniques que je me suis imposées (voir aparté) ne m’ont pas empêché de me régaler pleinement.

MON VERDICT
jd4

Ma chronique du tome 1 : Les Guerriers Du Lézard
Tête à tête (virtuel) avec Sosthène Desanges

Aparté technique

Sosthène n’ayant pas prévu de version numérique je me suis proposé pour lui en préparer une, à titre gratuit cela va de soi, avec comme base de travail un fichier Word (exporté depuis InDesign). En me basant uniquement sur mes (maigres) connaissances techniques et le logiciel Sigil (freeware), après conversion au format epub, j’ai repris le code afin de peaufiner la mise en page en vue d’optimiser la lecture.
Du coup, comme je suis un tantinet maso, je me suis porté volontaire (et bénévole) pour la réalisation des tomes suivants. Bon OK la démarche n’est pas totalement désintéressée, il s’agit aussi pour moi d’avoir la saga complète en doublon papier/numérique.

Quand on aime on ne compte pas, du coup je me suis aussi improvisé correcteur multitâches (orthographe, grammaire et typographie). L’occasion de me rendre compte que c’est un vrai travail qui exige des outils plus pointus que le classique correcteur de Word (je ne m’en étais jamais rendu compte mais ce truc est une passoire). Heureusement que j’avais Antidote (version 8) en renfort, ça m’a grandement simplifié la tâche, même si ça demande (au vu de mon niveau en français littéraire) pas mal de contrôles sur Internet afin de filtrer les faux positifs (des fautes qui n’en sont pas).

J’avoue que c’est un double challenge sur lequel je me suis bien éclaté… tout en ayant l’humilité de reconnaître que mon fichier final n’est certainement pas irréprochable.

 
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Publié par le 2 mars 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Richard Adams – Watership Down

R. Adams - Watership DownAu menu du jour une chronique que j’aurai pu intituler « Mieux vaut tard que jamais » puisque que c’est le roman de Richard Adams, Watership Down, qui aura titillé ma curiosité.
Fyveer prévient son frère Hazel qu’un grand danger plane sur leur garenne mais sans pouvoir lui en dire davantage sur la nature de cette menace. Le Maître de la garenne refusant d’évacuer les lapins, seuls quelques volontaires acceptent de suivre Hazel et Fyveer dans ce voyage vers l’inconnu…
Watership Down a été publié pour la première fois en 1972 au Royaume Uni (un tirage plus que modeste à 2500 exemplaires). Le succès viendra deux ans plus tard, en 1974 avec une publication aux Etats-Unis assurée par une grosse maison d’édition (Macmillan) ; en un an le roman passera le cap du million d’exemplaires vendus. En France il faudra attendre 1976 pour que Flammarion propose une traduction de Pierre Clinquart sous le titre Les Garennes De Watership Down. Avec la présente édition, publiée par Monsieur Toussaint Louverture en 2016, on peut découvrir le texte dans une version revue et corrigée par Pierre Clinquart.
Avant cette nouvelle édition on estimait que le roman s’était vendu, de part le monde, à plus de cinquante millions d’exemplaires. Un joli succès pour ce qui ne fut au départ qu’une histoire que Richard Adams racontait à ses filles.
Le hasard a voulu que je me lance das cette lecture courant décembre 2016, l’auteur est décédé le 24 décembre dernier à l’âge (plus qu’honorable) de 96 ans.
Franchement si on m’avait dit que je me laisserai captiver par une histoire de lapins en goguette, au mieux j’aurai affiché ma moue la plus sceptique qui soit, au pire j’aurai carrément ris au nez de mon interlocuteur. Sérieux quoi, j’ai passé l’âge pour ce genre d’histoire… Et bin j’aurai eu tout faux !
Si l’on retrouve bien tous les ingrédients d’un récit de fantasy, je n’irai pas non jusqu’à comparer Watership Down au Seigneur des Anneaux ou au Trône de Fer ; l’intrigue est nettement moins complexe en compagnie de nos valeureux lapinous. Il n’en reste pas moins que Richard Adams nous propose un beau récit d’aventure qui flirte même avec le voyage initiatique, un mix totalement addictif et captivant (le délai pour le lire n’est dû qu’à la période festive qui a largement empiété sur mon temps de lecture).
Au niveau des personnages (oui je sais, ce sont essentiellement des lapins) on trouve une galerie de personnalités variées mais complémentaires. A la tête de la troupe on trouve Hazel, le leader charismatique qui sait qu’il n’a pas le droit de se laisser abattre par les épreuves, il lui faut en permanence motiver ses compagnons de voyage. Fyveer, son jeune frère, fait office de mystique du groupe depuis sa vision. Bigwig et Silvère sont les gros bras de la troupe, ils ne reculeront devant aucun danger pour permettre à leurs amis de progresser. Dandelion s’avérera être un conteur hors pair qui ravira ses compagnons (et nous même, lecteurs) avec les légendes de Shraavilshâ (l’équivalent lapin de notre Robin des Bois).
Au fil de leur périple riche en rebondissements en tout genre, nos amis lapinous feront de nombreuses rencontres, certaines amicales (j’ai adoré le personnage de Keehar) d’autres nettement moins sympathiques. Il faut bien reconnaître que pour des lapins en vadrouille, les dangers ne manquent pas, à commencer bien entendu par l’homme et ses acolytes à quatre pattes (chiens et chats), mais même loin des hommes les dangers ne manquent pas, renards, belettes, faucons… et même d’autres lapins !
L’écriture et le style de l’auteur assurent une lecture d’une grande fluidité, d’autant que Richard Adams joue habilement avec les changements de rythme au fil des chapitres.
Vous l’aurez compris les lapins de Watership Down auront su tirer de son hibernation mon âme d’enfant ; j’ai craqué et leur accorde sans hésitation mon premier coup de coeur de cette année 2017.
En 1996, Richard Adams a publié Tales From Watership Down, un recueil de nouvelles liées encore inédit en français. Avec un peu de chance l’éditeur se penchera sur la question et permettra aux lecteurs français de retourner à leur garenne préférée.
2017 permettra aux fans de Watership Down de retrouver leurs lapins favoris sur petit écran, ABC et Netflix travaillent en effet sur une mini-série en 4 épisodes d’une heure chacun. Je sais d’ores et déjà que je serai au rendez-vous devant ma TV.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

 
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Publié par le 11 janvier 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – Autre-Monde : Genèse

M. Chattam - Autre-Monde T07Ah bin en voilà un qui aura su se faire désirer ! Trois ans après la sortie de Neverland, l’ultime chapitre de la saga Autre-Monde pointe enfin le bout de son nez, la chose s’appelle Genèse et bien entendu c’est Maxime Chattam qui est aux commandes.
Matt, Ambre et Tobias ont pris la tête d’un petit groupe de Pans, ils doivent gagner l’orient afin de mettre la main sur le troisième et dernier Coeur de la Terre. Une traversée périlleuse en terre inconnue, d’autant que Ggl est à leurs trousses avec Entropia, de même que l’empereur et ses forces armées…
Trois ans c’est long ! Oui je sais, vu comme ça on pourrait penser que j’enfonce une porte ouverte, mais c’est surtout histoire de dire que, du haut de mon neurone défaillant, je n’ai plus qu’un vague souvenir des précédents tomes. Il faut dire que depuis ma chronique de Neverland (publiée le 11 novembre 2013), j’ai lu et chroniqué 249 bouquins… vous m’excuserez si je ne me souviens pas du moindre détail de chacun d’entre eux.
Pour simplifier (n’étant pas un expert en théologie) on va dire que l’histoire biblique commence avec la Genèse et se termine par l’Apocalypse. Avec Autre-Monde, Maxime Chattam nous propose le chemin inverse, on commence par un apocalypse qui ravage une bonne partie de l’humanité et modifie radicalement la face du monde et on termine par la genèse. Reste à savoir si cela est plutôt bon signe, ou pas… Tout dépendra de l’issue de l’affrontement final.
Sur plus de 600 pages l’auteur nous entraîne dans une intrigue menée à un rythme infernal, il ne vous accordera que quelques instants de répit afin de reprendre votre souffle avant de repartir de plus belle. On attendait beaucoup de cet ultime opus, Maxime Chattam nous offre un bouquet final grandiose qui devrait combler même les fans les plus exigeants.
On retrouve avec plaisir des personnages connus (dont une retrouvaille pour le moins inattendue qui surgira au moment propice pour les Pans). Bien entendu on aura aussi le droit à quelques nouveaux venus, mais au final ils sont relativement peu nombreux par rapport aux tomes précédents. Vous aurez tout de même largement le temps de détester au plus haut point Dany Sin Kloss, ou encore de vous poser des questions quant à l’énigmatique Capitaine Selim, mais la rencontre la plus décisive sera certainement celle d’Anonymous.
Par contre au niveau des lieux traversés l’auteur continue de nous surprendre au fil du périple des Pans. Et ça commence très fort avec la traversée d’un monde souterrain dont l’obscurité dissimule maints dangers et autres mauvaises surprises (et peut être quelques surprises moins mauvaises que d’autres… allez savoir). Mais le point d’orgue reste bien entendu l’Est, non seulement c’est là bas que se trouve le dernier Coeur de la Terre mais ce sera aussi le champ de bataille de l’ultime confrontation.
Bien entendu je n’ai nullement l’intention d’évoquer cet affrontement final, sachez juste qu’il tient toutes ses promesses et que les pertes seront considérables.
Maxime Chattam profite de son intrigue pour poursuivre sa réflexion sur les dérives de la société moderne, dans ce tome ce sont les nouvelles technologies qui sont sur la sellette, plus particulièrement la dépendance qu’elles induisent chez certains consommateurs.
Refermer l’ultime opus d’une saga laisse toujours une impression paradoxale. D’une part on est heureux de connaître enfin le fin mot de l’histoire (surtout quand, comme présentement, nous avons le droit à un final en apothéose) ; et d’un autre côté on ne peut s’empêcher d’avoir un petit pincement au coeur à l’idée de quitter des personnages que l’on côtoie depuis un moment (huit années passées avec les Pans depuis le premier tome, ça ne compte pas pour du beurre). Même si l’auteur prévoit de revenir sur le parcours de certains personnages « secondaires » (dans ses remerciements il cite Gaspar et Luganoff) histoire de ne pas rompre trop brutalement avec l’univers d’Autre-Monde.
Avec cette saga Maxime Chattam est largement sorti de sa zone de confort, après un premier tome un peu trop orienté young adult, il a décidé de durcir son intrigue et de noircir l’ambiance générale, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Il en rêvait, il l’a fait et les lecteurs l’ont suivi en masse.

MON VERDICT
jd5

 
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Publié par le 28 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Morgan of Glencoe – Si Loin Du Soleil

M. of Glencoe - Si loin du soleilC’est Elen Brig Koridwen qui m’a incité à lire ce roman écrit et auto-édité par un(e) de ses protégé(e)s sous le pseudonyme de Morgan of Glencoe. Premier opus d’une série intitulée La Dernière Geste, Si Loin Du Soleil est un roman qui mêle adroitement les genres.
Le monde moderne est dirigé d’une main de fer par une Triade composée du Royaume de France, l’Empire du Japon et le Sultanat Ottoman. Quand Yuri découvre que son père, ambassadeur du Japon en France, veut faire d’elle la promise du Dauphin ; elle décide de fuir cet avenir tout tracé qui ne lui correspond pas et trouve refuge auprès des Gens des Egouts, une communauté de parias où cohabitent, sur le même pied d’égalité, tous ses membres…
Difficile de proposer un pitch succinct de ce roman tant il est riche, et se densifie encore et encore au fil des chapitres (sans jamais embrouiller le lecteur). On serait de prime abord tenté de le classer comme une uchronie, l’intrigue se déroule dans notre monde mais avec une Histoire bien différente (voire même à la limite de la dystopie tant ce nouveau monde est pourri). Mais voilà dès les premières pages on croise des fées, bientôt rejointes par d’autres créatures magiques… Fantasy ? Fantastique ? Un roman susceptible de rentrer dans bien des tiroirs mais n’obéissant à aucun univers prédéfini.
Chaque composante de la Triade adopte un régime de type monarchie absolue, les nobles ont tous les droits, les classes inférieures celui de se taire et de travailler. Quant aux créatures magiques elles sont purement et simplement considérées comme des abominations, la pire de toute étant incontestablement la fée (voilà qui devrait plaire à Stelphique).
Mais même au sein de la noblesse tout le monde ne naît pas sur le même pied d’égalité, ainsi les femmes se doivent d’être soumises, d’abord au père, puis au mari. Nombre d’activité leur sont ainsi interdites.
C’est cet aspect des choses que l’on découvre via le personnage de Yuri, fille d’ambassadeur, intelligente mais l’esprit encombré des multiples mensonges et autres contre-vérités que lui ont inculqué son éducation. A ce titre plus d’une fois vous aurez envie de la prendre et de lui éclater la tronche à coup de parpaing tellement elle se montrera hautaine (rassurez-vous ça ne durera qu’un temps).
Heureusement face à cette noblesse autoritaire et hautaine et toute leur clique de serviles serviteurs en tout genre, il y a ceux qui n’obéissent pas au système. La première rencontre de Yuri avec ces esprits libres se fera à bord de l’Orient Express, lors du voyage qui la conduira à Paris ; le Rail est en effet une société totalement indépendante de la Triade, et son personnel (Les Fourmis) n’obéissent qu’à leur capitaine. Et il s’avérera très vite que la capitaine de la rame n°5 n’est pas du genre à se laisser emmerder.
Mais le top du top reste les Gens de l’Egout, la communauté qui prendra Yuri sous sa protection après sa fuite. Elle découvrira alors que les humains et les créatures magiques peuvent cohabiter en parfaite harmonie. Et ce n’est que le début de ses surprises et désillusions, elle aura heureusement le réflexe de se débarrasser de ses préjugés même si ça ne fera pas en un claquement de doigts (à sa décharge elle énormément de trucs à découvrir en un temps réduit). L’auteur nous délivre ainsi une ode à la tolérance, au respect et à l’égalité, sans mièvrerie et sans pragmatisme, c’est juste parfaitement intégré à son intrigue.
Au fil des chapitres on croisera de nombreux personnages hauts en couleurs et tous plus attachants les uns que les autres. A commencer bien entendu par Bran, une Selkie (la pire espèce de fées d’après les enseignements du Yuri) qui s’est portée volontaire pour être son guide, entre l’humaine et la fée se nouera une improbable mais solide relation d’amitié. Mais il y a aussi Pyro, un jeune Feu Follet débordant d’énergie et vouant une admiration sans faille à Bran. Sir Edward Longway, le fondateur de la communauté, et bien d’autres que je vous laisse découvrir…
Bref l’auteur déploie une imagination incroyable pour nous plonger en immersion au sein de son univers, et ça fonctionne à merveille, j’ai tout de suite accroché, pour ne plus lâcher le bouquin avant de le refermer (520 pages lues en deux jours… et encore parce qu’il fallait bosser, sinon je me le serai fait en lecture continue). Il faut dire aussi que Morgan of Glencoe ne nous laisse pas vraiment le temps de souffler, nous imposant un rythme survitaminé (surtout dans les derniers chapitres).
Une intrigue totalement maîtrisée, des personnages mitonnés aux petits oignons, une écriture d’une grande fluidité. Ce premier opus est une totale réussite, j’ai hâte de découvrir la suite (tome annoncé pour le printemps 2017).
Un coup de coeur amplement mérité pour un roman qui tient toutes ses promesses et va même au-delà. Merci à Elen pour cette suggestion plus qu’appréciée, et merci à Morgan pour ce moment d’évasion haut de gamme.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

 
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Publié par le 23 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] George R.R. Martin – La Princesse Et La Reine

GRR Martin - La Princesse Et La ReineTiens, tiens, que vois-je ? Une nouvelle inédite qui se déroule dans l’univers du Trône De Fer. Mon prééécieuuux !!! On chamboule le programme et on se jette avidement sur La Princesse Et La Reine, écrite bien entendu par George R.R. Martin.
A la mort du Roi Viserys 1er, son épouse, la reine Alicent fait couronné son aîné Aegon, allant ainsi à l’encontre des dernières volontés du défunt que souhaité que le trône revienne à sa fille aînée, issue d’une précédente union, la princesse Rhaenyra. Quand cette dernière apprend le sacre de son demi frère, elle se fait à son tour couronner. Aucune entente possible entre les deux parties, le conflit est inévitable. Et sera lourd de conséquences…
Une nouvelle initialement publiée dans le recueil Dangerous Women, co-édité par George R.R. Martin et Gardner Dozois, qui s’est retrouvée isolée, seuls les Sept savent comment, sur la vaste et impitoyable toile du Net. Heureusement que je passais par là par hasard et que j’ai pu la prendre sous mon aile bienveillante et protectrice.
On enclenche la machine à remonter le temps pour se retrouver 200 ans avant les événements décrits dans Le Trône De Fer. La dynastie Targaryen est à son apogée et règne depuis la nuit des temps sur Westeros. Les dragons font encore partie du paysage ; chaque membre de la famille royale en possède un, certains spécimens, restés à l’état sauvage, habitent même les grottes dans les montagnes de Peyrdragon.
Trois années durant, la Reine Alicent et la princesse Rhaenyra vont se livrer une bataille sans pitié. Une bataille qui restera gravée dans l’histoire de Westeros sous l’appellation de « Danse des Dragons »… le terme le plus juste eut été « Agonie des Dragons », en effet ce sont eux qui paieront le plus lourd tribut à la guerre. Il faudra attendre la rébellion de Robert Barathéon, bien des années plus tard, pour que les Targaryen soient chassés du pouvoir.
Les amateurs du Trône de Fer ne seront pas dépaysés : on retrouve de nombreux personnages qui se livrent sans vergogne à un jeu d’alliances, contre-alliances, trahisons et autres coups bas. La profusion de personnages, familles, et lieux pourra, de prime abord, déstabiliser le lecteur profane ; mais l’auteur parvient rapidement à nous familiariser avec tout ce beau monde. Complexe ? Oui. Brouillon ? Jamais.
L’intrigue est courte mais intense, il faut tout le talent de conteur de George R.R. Martin pour nous offrir un tel condensé d’action sur un peu plus de 100 pages. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on ne s’ennuie pas, c’est à peine si on le temps de respirer entre deux revirements de situation.
La « Danse des Dragons » fera l’objet d’un récit plus détaillé dans l’ouvrage Fire And Blood, consacré à la dynastie Targaryen, dont la publication est prévue après la fin de la saga. Il n’en reste pas moins que cette nouvelle reste incontournable pour tous les fans du Trône de Fer.
Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle fait aussi office de mise en bouche avant la sortie de tome 6 de la saga, aucune date n’étant encore officiellement annoncée… Seule certitude : « pas avant 2016 » selon les mots de l’éditeur. Merci, on avait remarqué !

MON VERDICT
jd4

 
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Publié par le 21 septembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Elen Brig Koridwen – Les Trois Sages

EBK - Les Trois Sages (EELA 1)Nouveau détour dans le monde de l’auto-édition au menu de cette chronique avec Les Trois Sages, premier opus de la saga Elie Et L’Apocalypse écrite par Elen Brig Koridwen.
Le jour de son neuvième anniversaire, Elie, une petite fille surdouée, apprend qu’elle est le futur Messie. Aidée par une Escorte pour le moins atypique, elle doit se rendre au Château des Transes où elle suivra une formation en vue de la préparer à son destin hors du commun. Un voyage qui ne sera pas de tout repos, nombreux sont les ennemis du futur Messie et ils ne reculeront devant rien pour l’éliminer…
C’est via Facebook que j’ai fait la connaissance d’Elen, une auteure indépendante (par choix) très prolifique qui n’hésite pas à toucher à des genres divers et variés dans ses romans et nouvelles. Après avoir lu un premier Aperibook (Une Proie Sans Défense) qui m’a totalement emballé, j’ai décidé de m’attaquer à du lourd avec sa saga Elie Et L’Apocalypse (EELA pour les intimes). Elen m’a d’abord fait parvenir le tome 1 (qui regroupe les trois premiers livres de la saga), j’ai été immédiatement sous le charme de l’intrigue et des personnages, craignant le manque j’ai sollicité l’auteure afin de pouvoir disposer de la première intégrale (qui comprend neuf livres de neuf chapitres chacun) ; un grand merci à Elen pour sa réponse rapide et positive.
EELA s’annonce comme une saga difficile à caser dans un genre préformaté. On y trouve pêle-mêle des éléments de science-fiction (le roman se déroule en 2025 et met en oeuvre des technologies bien plus avancées que ce que nous connaissons aujourd’hui), de fantasy (le Château des Transes, bien que physiquement situé en Bretagne, est un monde à part où cohabitent sciences, religions, spiritualités et ésotérisme) ; urban fantasy donc ? Oui certes, mais l’on est aussi souvent proche du thriller ésotérique (de part l’intrigue en elle même, ou/et le rythme imposé).
Comme vous pouvez le constater les thèmes abordés sont vastes mais rassurez-vous les explications et démonstrations ne sont jamais assommantes, elles s’intègrent parfaitement à l’histoire et sont exposées de façon à ne pas décourager le profane. Je ne sais pas si tout est rigoureusement exact (les quelques recherches que j’ai fait sur Internet tendraient à abonder en ce sens) mais, à l’image des romans de Dan Brown, c’est suffisamment cohérent pour être convaincant et contribuer à enrichir une intrigue déjà dense. Cerise sur le gâteau, on trouve de nombreuses touches d’humour, même dans les moments les plus intenses, idéal pour reprendre son souffle entre deux rebondissements. Deuxième cerise sur le gâteau, on trouve au fil des pages de nombreux clins d’oeils cinématographiques ou littéraires, souvent amenés avec humour (pour rejoindre la première cerise).
Difficile de se montrer exhaustif en parlant de ce roman, il est d’une telle richesse et d’une telle variété que l’on ne peut que se montrer réducteur dans notre approche. Ne soyez pas intimidés quand je parle d’une intrigue dense, riche ou encore intense, tout est parfaitement organisé, jamais je n’ai été embrouillé ; laissez vous guider par l’intrigue et ça passera comme une lettre à la poste.
Je craignais de ne pas adhérer au personnage d’Elie (les gamins et moi, ça fait deux) mais j’ai été immédiatement sous le charme (en tout bien tout honneur). Un savant mélange de candeur enfantine et de maturité, de force et de fragilité. Appelée à remplir une destinée hors du commun, elle bénéficiera d’une formation tout aussi exceptionnelle.
La fameuse Escorte mérite aussi le détour. J’ai eu un faible pour Pat, un ado un peu marginal, ami d’enfance d’Elie. Suivront par ordre d’apparition, Algénor Salbuthard et sa disciple Agatha Throughview(membres de Ceux Qui Peuvent, un groupe de puissants clairvoyants), Ahiyam Benanania, soeur Caïus (respectivement rabbin et nonne, pour le moins atypiques) et Emma (jeune fugueuse croisée en chemin). Escorte complétée par la suite de Vaast Van Voornaam (pasteur protestant) et Abd-an-Nour El Nakyi (sage soufi). Difficile de trouver un groupe plus disparate… mais aussi l’assurance d’échanges aussi hauts en couleurs que leurs intervenants.
Pour en finir avec les « gentils », Elie rencontrera au Château des Transes les Trois Sages, Oliver Green (qui lui enseignera l’art du franc-jardinage), Fulcanie Montserrat (qui lui révélera les secrets de l’alchimie) et Michel Moussardant (spécialiste des sciences plus ésotériques). Là encore des personnages qui ne manqueront pas de surprendre le lecteur.
Parmi ceux bien déterminés à éliminer la jeune Élue, on trouve Al-Moumit (une secte terroriste islamiste dirigée par Abdul-Iblis), Aura (des intégristes chrétiens dotés de pouvoirs psychiques, dirigés par Eposthim Deville) et Les Veilleurs du Châle Sacré (des terroristes israélites, dirigés par Zéev Ra).
Comme vous pouvez le constater, chez les forces du Bien comme chez les Forces du Mal, on retrouve les trois grandes religions monothéistes (Christianisme, Judaïsme, Islamisme). Aucun prosélytisme, ni militantisme au fil des pages, bien au contraire l’idée serait plutôt de condamner les extrémismes fanatiques de tout bord et de favoriser l’avènement d’une religion hors dogmes. Mais, et quitte à me répéter, cette histoire est trop riche pour ne se limiter qu’à une approche unique.
C’est avec un immense plaisir que lui attribue la note maximale de 5 Jack et un coup de coeur amplement mérité.
Un projet pour le moins ambitieux cette saga, cette première intégrale fait tout de même plus de 800 pages (qui se boivent comme du petit lait), deux autres volumes (chacun étant composé de neuf livres de neuf chapitres) devraient suivre. Mais après une pareille mise en bouche vous pouvez être assurés que je serai au rendez-vous, il me tarde de connaître la suite.

  • Edit du 16 septembre 2016.
    Suite à une précision apportée par Elen, la saga s’annonce encore plus ambitieuse que je ne le pensais. En effet ce ne sont pas deux volumes qui suivront mais sept (oui, oui : 7), soit un total de 81 livres ! GRR Martin et son Trône de Fer fait soudain figure de petit joueur. Ceci dit je souhaite à Elen de connaître le même succès que GRRM.
  • Edit du 22 septembre 2016.
    Ci-dessous, la nouvelle couverture du roman.
    eela1

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

Elen milite activement pour l’auto-édition, entre autres choses elle assure la promotion de nombreux auteurs indépendants (en plus de continuer son propre travail d’écriture). Je tenais à saluer son courage et sa combativité, je ne peux que vous inviter à consulter son blog et sa page Facebook (elle y anime aussi de nombreux groupes).
A ceux et celles qui considèrent l’auto-édition comme de la littérature de seconde zone, je voudrai demander de faire un effort d’ouverture d’esprit et de tolérance. D’une part parce que le travail de ces auteurs méritent doublement le respect (non seulement ils assurent l’écriture de leur bouquin, mais aussi toutes les étapes intermédiaires jusqu’à la mise en vente du produit fini, et même après). D’autre part j’ai eu l’occasion de lire des récits de très bonne qualité ; EELA n’est pas une exception, certains romans que j’aie lus (et chroniqués ici) sont largement supérieurs à certains titres publiés par les cadors de l’édition.

 
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Publié par le 15 septembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] George R.R. Martin – Le Trône De Fer : Intégrale 5

GRR Martin - Le Trône De Fer 5J’avais misé sur un Challenge retrouvailles 100% numérique mais finalement il faudra compter avec un hôte papier : Le Trône De Fer : Intégrale 5 de George R.R. Martin. A vrai dire j’ai lu ce bouquin en alternance entre la version papier (80%) et la version numérique (20%) ; ce n’est donc qu’une entorse partielle à mon projet initial.
Sur le Mur Jon Snow doit composer avec les armées de Stannis et les prisonniers sauvageons. Devant la menace de l’arrivée des Autres et d’une possible nouvelle attaque sauvageonne, le commandant de la Garde de Nuit va tout faire pour grossir les rangs de ses troupes et fortifier leurs positions. Tyrion, en fuite, navigue vers les Cités Libres où il espère rencontrer Daenerys Targaryen. Mais à Meereen la situation est compliquée pour Daenerys, elle doit faire face à de nombreux ennemis, à l’intérieur de la ville, comme à l’extérieur…
Ce cinquième opus de l’intégrale regroupe les volumes 13 à 15 de la série, soit, Le Bûcher D’un Roi, Les Dragons De Meereen et Une Danse Avec Les Dragons. Il ne s’inscrit pas complètement comme une suite directe du volume précédent ; la majeure partie du récit se déroule en parallèle des événements décrits dans l’Intégrale 4, se concentrant sur Le Mur et les Cités Libres (les grands absents du précédent opus). Il faut attendre les derniers chapitres pour connaître la suite directe de l’intrigue.
Ce cinquième volume se caractérise aussi par un changement de traducteur, Patrick Marcel succède ainsi à Jean Sola. Le style de Patrick Marcel serait plus proche de l’original… p’t’êt’ bin qu’oui, p’t’êt’ bin qu’non, une chose est certaine je préfère la traduction de Jean Sola, mais je pense que c’est surtout une question d’habitude.
Même si la majeure partie de bouquin se concentre uniquement sur le Mur et Meereen cela n’empêche pas l’auteur de nous proposer une intrigue toujours aussi dense et riche en rebondissements (et complots divers et variés). Par contre nous ne croisons que peu de nouveaux visages, du moins pas parmi les personnages jouant un rôle décisif dans le déroulement de l’intrigue.
Par contre au niveau des disparitions attendez vous à un choc au moins aussi violent que le fut la mort de Ned Stark à la fin du premier opus. Un personnage majeur de la saga va connaître une fin brutale (Il ne sentit jamais le quatrième poignard. Rien que le froid…) dans les derniers chapitres du bouquin. Je n’en dirai pas plus mais ça a déjà fait un tel buzz sur le Net (même Barrack Obama s’en est indigné) que peu de monde doit encore ignorer l’identité du mort.
C’est toujours aussi jouissif (et parfois rageant) à lire même si le dénouement semble encore lointain. On avance (lentement) souvent mais parfois on recule… Bref on n’en finit pas de se poser des questions, mais ça n’a rien de frustrant, loin s’en faut.
La frustration viendrait plutôt de l’attente pour connaître la suite ; d’autant plus que globalement, à la fin de ce volume, de nombreux personnages se retrouvent soit en fâcheuse posture, soit à un tournant décisif de leur parcours. Le sixième opus devrait sortir courant 2016 aux Etats-Unis, on peut espérer les trois volumes en français entre 2017 et 2018, quant à l’intégrale J’ai Lu faudrait plutôt compter sur l’horizon 2020. Quant à l’ultime (je l’espère vivement) opus on peut se livrer au même type de calcul en misant sur une sortie américaine entre 2021 et 2022…
Mais je crois que le plus frustrant reste de savoir que la série TV prendra naturellement de l’avance sur les romans. Le tournage de la saison 6 devrait débuter prochainement, à raison d’une saison annuelle pour un total de 9 saisons, le clap de fin devrait être pour 2018 avec une diffusion en France en 2019. Il est vrai que la série prend quelques libertés avec les romans, mais étant donné que GRR Martin a déjà indiqué aux showrunners les grandes lignes du scénario, il ne devrait pas y avoir de différences majeures quant à l’évolution de l’intrigue.
Je m’étais engagé à lire ce cinquième opus avant de visionner la cinquième saison de la série (qui repose bien au chaud sur mon disque dur depuis déjà un moment), je vais donc pouvoir m’y mettre très prochainement. Par contre pour les saisons suivantes je doute fort de prendre le même engagement…

MON VERDICT
jd4

 
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Publié par le 4 septembre 2015 dans Bouquins

 

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