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Archives de Tag: Fantastique

[BOUQUINS] Stephen & Owen King – Sleeping Beauties

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S. & O. King - Sleeping Beauties

Titre : Sleeping Beauties
Auteur : Stephen King & Owen King
Editeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
832 pages

De quoi ça cause ?

Un mal mystérieux semble frapper les femmes du monde entier, les plongeant dans le sommeil et enveloppant leur corps d’un étrange cocon.

Alors que le mal commence à frapper la paisible bourgade de Dooling, le sherif Norcross arrête et incarcère Evie Black. La mystérieuse jeune femme vient de tuer sauvagement deux trafiquants de drogue, mais surtout elle semble épargnée par cette épidémie.

Clint Norcross, le psychiatre de la prison pour femmes de Dooling réalise rapidement que la nouvelle venue n’est pas une prisonnière comme les autres. Mais réussira-t-il à la protéger de la folie des hommes ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’te question ! Parce que c’est Stephen King, même écrit à quatre mains avec son fils Owen ça reste un roman du King, le seul, l’unique !

Je ne connais pas les écrits de Owen King (à ma décharge, ils ne sont pas disponibles en français), mais je suis confiant…

Ma chronique

Je n’ai pas pour habitude de pratiquer la langue de bois et ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer, après tout je ne suis inféodé à aucune maison d’édition ni à aucun auteur, comme dirait l’autre « vous n’aurez pas ma liberté de penser« , et j’ajouterai que je ne me priverai pas d’exprimer haut et fort le fond de ma pensée.

En me lançant dans ce bouquin j’attendais un grand WAOW, je quitte le referme sur un petit HMOUAIS très mitigé. Si je devais résumer mon sentiment en un seul mot ce serait DECEPTION. Pas parce que le bouquin est une sinistre daube (faut pas déconner non plus, on parle de Stephen King), mais parce que j’espérais beaucoup de son pitch… Trop sans doute.

Un chiffre pour commencer : 15 jours. C’est le temps qu’il m’a fallu pour venir à bout du roman, autant dire qu’un tel délai pour achever un Stephen King c’est du jamais vu chez moi. Certes c’est un pavé (plus de 800 pages), mais si j’avais été inspiré par l’intrigue je l’aurai bouclé en quelques jours.

C’est la (longue, très longue) première partie du roman qui justifie ce sentiment mitigé. J’aime les romans dans lesquels l’auteur prend le temps de poser le décor, les personnages et l’intrigue, mais là il y a de réelles longueurs. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai été tenté de laisser tomber ma lecture en cours de route, mais j’ai souvent ressenti le besoin de faire une pause avant de m’y remettre.

Dans leur note de fin, les auteurs disent que le premier jet du roman était beaucoup plus long que sa version finale, j’ose à peine imaginer ce que ça pouvait donner. Pas sûr que j’aurai tenu le coup jusqu’à la fin du roman, déjà là j’estime que cette première partie aurait gagné à subir encore quelques coupes franches (à elle seule elle représente déjà plus de la moitié du bouquin).

Heureusement Stephen et Owen King évitent le naufrage avec une seconde partie menée à un rythme endiablé et à l’issue incertaine jusqu’au final.

Une courte troisième partie vient conclure le roman.

Un retour au fantastique pur et dur que les inconditionnels de Stephen King attendaient de pied ferme, d’autant que l’intrigue pouvait se targuer d’un riche potentiel mettant la gent féminine à l’honneur. Dommage que le plaisir soit partiellement gâché par cette première partie mal dosée et mal gérée.

Pour terminer cette chronique sur une note positive, je tire mon chapeau aux auteurs qui réussissent à proposer une intrigue mettant en scène de nombreux personnages sans jamais embrouiller le lecteur.

Si le bouquin ne m’a pas vraiment emballé, il faudra plus que ça pour remettre en cause mon engouement pour Stephen King, je répondrai bien entendu présent à la sortie de son prochain roman.

MON VERDICT

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Publié par le 31 mars 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Brian McGreevy – Hemlock Grove

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B. McGreevy - Hemlock Grove
Titre : Hemlock Grove
Auteur : Brian McGreevy
Editeur : Super 8
Parution : 2017
Origine : USA (2012)
464 pages

De quoi ça cause ?

Quand le cadavre d’une jeune femme atrocement mutilé est retrouvé dans la paisible bourgade d’Hemlock Grove, certains parlent d’une attaque d’une bête sauvage alors que d’autres pointent du doigt un loup-garou.

Deux adolescents que tout semble opposer, Peter Rumancek, un gitan marginal et solitaire, et Roman Godfrey, fils de la famille la plus riche et la plus affluente de la ville, se lient d’amitié et décident d’enquêter sur ce meurtre hors du commun…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai vu, il y a déjà quelques années, la saison 1 de la série homonyme et que j’avais bien aimé le pitch.

Parce que ça fait déjà quelque temps que je n’ai pas mis à l’honneur les éditions Super 8, leurs titres s’accumulent pourtant dans mon Stock à Lire Numérique

Ma chronique

Ayant découvert Hemlock Grove d’abord au format série TV, j’étais convaincu que le roman était une adaptation de ladite série. Mais que nenni, c’est tout le contraire, la série est une plus ou moins libre transposition sur petit écran du roman ; à ma décharge le bouquin était jusqu’alors inédit en version française.

Est-il encore possible de proposer une a pproche originale autour de la lycanthropie, du vampirisme et autres créatures surnaturelles ? J’ai envie de croire que longtemps encore des auteurs réussiront à nous surprendre, et Brian McGreevy tendrait à me donner raison avec ce roman.

Il n’en reste pas moins que j’ai refermé ce roman sur un sentiment quelque peu mitigé. Certes l’intrigue est addictive et plutôt bien amenée, de même les personnages sont globalement bien travaillés, mais il reste un certain nombre de questions qui auraient méritées un traitement plus approfondi et je reprocherai à l’auteur (sans doute aussi une part de responsabilité de la traduction) un style très irrégulier dans la narration.

Brian McGreevy avait un temps envisagé de travailler sur une suite à son roman avant de renoncer à son idée, dommage, le lecteur refermera le bouquin avec un sentiment de frustration face aux questions laissées sans réponse. N’ayant vu que la première saison de la série TV, je ne saurai dire si celle-ci apporte les réponses manquantes.

Le roman est tiré vers le haut par ses personnages. Certes l’improbable duo que forment Peter et Roman fonctionne à la perfection, deux fortes personnalités que tout oppose, mais qui parviendront à surmonter leurs différences afin de devenir complémentaires.

La famille Godfrey nous offre aussi un ensemble de personnalités complexes et plus ou moins troubles, que ce soit Olivia, la mère de Roman, Shelley, sa soeur, Letha sa cousine ou encore Norman, son oncle.

Sans oublier le Dr Pryce et ses recherches aussi obscures que mystérieuses, et la jeune Christina Wendall.

Au fil des pages Brian McGreevy entoure son intrigue d’une ambiance relativement sombre, parfois même carrément glauque, voire malsaine. Une ambiance qui colle parfaitement au récit.

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Publié par le 13 janvier 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Bernard Werber – Depuis L’Au-Delà

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B. Werber - Depuis l'au-delà

Titre : Depuis L’Au-Delà
Auteur : Bernard Werber
Editeur : Albin Michel
Parution : 2017
Origine : France
448 pages

De quoi ça cause ?

Pour Gabriel Wells, un écrivain à succès, cette nouvelle journée s’annonce plutôt bien ; jusqu’à ce qu’une médium, Lucy Filipini, rencontrée par hasard chez son médecin, lui annonce qu’il est mort.

Gabriel découvre rapidement qu’il a été assassiné, il parvient difficilement à convaincre Lucy de l’aider à identifier son meurtrier…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Bernard Werber, mais si sa production est inégale en terme de qualité, je n’ai jamais été réellement déçu par ses bouquins.

Qui plus est le pitch me paraissait prometteur…

Ma chronique

Avec son précédent roman, Demain Les Chats, j’ai trouvé que Bernard Werber s’était contenté du minimum syndical (tout en proposant une histoire bien ficelée), j’espérais donc beaucoup de ce nouvel opus. Et je n’ai pas été déçu !

J’ai bien aimé l’idée de cette enquête menée à la fois dans le monde des vivants et dans celui des morts (plus particulièrement celui des âmes errantes, ces morts qui refusent d’être réincarnés). Pour être exact, je devrais plutôt parler d’enquêtes au pluriel, pour convaincre Lucy de l’aider, Gabriel s’engage à lui rendre à son tour un précieux service.

Gabriel étant un écrivain de science-fiction et de romans policiers, l’auteur en profite pour pointer du doigt (en stigmatisant à l’extrême j’espère) l’opposition entre les auteurs de la « grande » littérature autoproclamée et ceux de la littérature de l’imaginaire. Comme ces prétendus « grands » auteurs sont aussi, bien souvent, critiques littéraires, on peut douter de la qualité de l’impartialité de leur jugement quand ils parlent de la littérature de l’imaginaire.

Les lecteurs assidus de Bernard Werber retrouveront avec plaisir un récit entrecoupé par des articles issus de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu d’Edmond Wells. Compte tenu des thèmes abordés dans le roman, bon nombre de ces articles sont en lien avec le spiritisme et la mort, mais aussi avec le monde du livre et de divers autres sujets en lien avec l’intrigue.

Globalement j’apprécie ces apartés didactiques, mais là je dois reconnaître qu’ils étaient un peu trop présents dans la dernière partie du roman, ça cassait un peu le rythme (à des moments cruciaux de l’intrigue qui plus est). Un petit bémol donc sur ce point.

Bernard Werber soigne son duo de choc, difficile de ne pas s’attacher à Gabriel et Lucy. Les personnages secondaires ne sont pas laissés en plan, qu’ils nous soient sympathiques ou antipathiques. Il faut dire aussi que, du côté des âmes errantes, Gabriel croisera du beau monde ; un auteur cher à une certaine Belette Cannibale Belge d’origine certifiée viendra même prêter main-forte à notre héros au cours de son enquête.

Si j’ai été surpris pas la conclusion de l’enquête sur la mort de Gabriel (j’étais parti sur une tout autre piste), j’ai trouvé la partie consacrée à Samy Daoudi très prévisible. Il n’en reste pas moins que l’ensemble du récit est très bien ficelé.

Ceux qui connaissent l’oeuvre de Bernard Werber, ne manqueront pas de trouver quelques similitudes entre Gabriel et lui même. Je vous laisse le plaisir de découvrir ces références en forme de caméos.

L’intrigue devient rapidement addictive, du coup on a bien du mal à lâcher le bouquin ; la « griffe Werber » y est pour beaucoup. Une écriture à la fois riche et abordable qui assure une grande fluidité dans la lecture du bouquin.

Du Werber 100% werberien mais qui tendrait à se situer sur le haut du panier.

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Publié par le 8 décembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Anonyme – Bourbon Kid

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Anonyme - Bourbon Kid

Titre : Bourbon Kid
Auteur : Anonyme
Editeur : Sonatine
Parution : 2017
Origine : USA (?)
456 pages

De quoi ça cause ?

Caïn, le premier meurtrier de l’histoire biblique, libère les quatre cavaliers de l’Apocalypse. Leur but : accéder au Cimetière du Diable afin d’ouvrir les portes de l’Enfer. Et accessoirement éliminer le Bourbon Kid.

Le Kid et les Dead Hunters deviennent les cibles de Caïn et des cavaliers. Face à des ennemis aussi démoniaques qu’impitoyables, le Kid et le Dead Hunters devront faire montre d’une détermination sans faille…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Quelle question ! Parce que c’est une nouvelle aventure du Bourbon Kid. Et donc la promesse d’une lecture aussi jouissive que déjantée

Ma chronique

Fan de la première, la lecture du Livre Sans Nom en 2011 fut une sacrée découverte et une méga claque. Crévindiou, mais qui est donc cet auteur qui ose tout et ne recule devant rien ? Bin on n’en sait rien en fait, le gars signe ses romans Anonyme. Petit saligaud ! Et aujourd’hui encore le mystère reste entier autour de l’identité de celui qui se cache derrière cet anonymat.

Pour ceux et celles qui l’ignoreraient encore l’univers du Bourbon Kid est pour le moins inhabituel… Un peu beaucoup déjanté, décalé, irrespectueux, irrévérencieux, hyper violent et plein de références en tout genre. Un cocktail explosif d’un humour parfois grinçant, souvent très très gras… mais quel plaisir pour les zygomatiques ! Même en plein coeur d’un carnage l’auteur réussit à placer un bon mot pour nous tirer un sourire (parfois sadique, je l’admets volontiers).

Le risque inhérent à toute saga littéraire, et peut-être plus encore dans un univers aussi atypique, est d’user et d’abuser des mêmes ficelles jusqu’au point de rupture. Effectivement Le Livre Sans Nom m’a surpris par son originalité totalement unique en son genre. Je n’ai jamais été déçu par les autres romans de la série (bien au contraire, je suis toujours aussi fan du Bourbon Kid), mais force est de reconnaître que l’effet de surprise a été nettement moins percutant.

Alors quid de ce Bourbon Kid ? Glop ou pas glop ? Top ou flop ? Je ne vous ferai pas languir plus longtemps : Glop glop et méga top ! Incontestablement un retour gagnant.

Plus que jamais notre Anonyme préféré ose tout et ne s’impose aucune limite. Cette fois il revisite allègrement l’histoire biblique en mettant en scène Caïn (le gars qui a buté son frangin, Abel, commettant ainsi le premier meurtre de l’histoire de l’humanité… version biblique cela va de soi) et les quatre cavaliers de l’Apocalypse (peu de gens le savent, mais dans ses jeunes années Jésus a été envoyé en Amérique afin de les combattre et de les neutraliser… et dire qu’il y en a qui pensent que l’Amérique a été découverte par Christophe Colomb ! Ah les cons !).

Fidèle à son habitude l’auteur multiplie les clins d’oeil à la pop culture, et puisque puiser dans l’histoire biblique ne semble pas lui suffire alors pourquoi ne pas aussi piocher dans la mythologie grecque. Mais je vous laisse découvrir tout ça, purement et simplement jouissif.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre du bouquin, l’intrigue ne se concentre pas sur le Bourbon Kid, toute l’équipe des Dead Hunters (Rodeo Rex, Elvis, Joey, Bébé et Jasmine) sera mise à contribution pour déjouer les plans de Caïn. Mais aussi l’inénarrable Sanchez (toujours aussi… heu… égal à lui même !), Flake et Beth viendront leur prêter main forte (pour diverses raisons et avec plus ou moins de bonne volonté). Quel plaisir de retrouver tout ce petit monde.

Si le Kid n’est pas forcément au coeur du récit, ses quelques apparitions seront pour le moins remarquées et remarquables. Nul doute que les habitants de Crimson County se souviendront longtemps de son passage dans leur paisible patelin… mais bon, fallait pas le faire chier !

Pour la première fois, j’ai senti le Kid et ses comparses en réel danger, plus d’une fois je me suis dit « Oh merde… pas lui ! » ou encore « Oh non… pas elle ! » ; ne vous étonnez donc pas si certains de vos personnages préférés ne se reléveront pas de leur confrontation avec Caïn et ses cavaliers de l’Apocalypse. Mais comme dirait l’autre : « Faut pas pleurer comme ça / Demain ou dans un mois / Tu n’y penseras plus. » (Merci à Daniel G. pour ce conseil plein de sagesse et de bon sens).

Si je m’écoutais, je serais intarissable sur ce bouquin, mais ce serait vraiment dommage de vous gâcher le plaisir de la découverte. Au cas où vous ne l’auriez pas compris, cet OLNI vaut vraiment le détour ! Vous pouvez pensez qu’en tant que fan de la saga je ne suis pas totalement impartial dans mon jugement (et vous n’auriez peut-être pas tort) ais je m’en fous, je persiste et signe !

Si vous ne connaissez pas cette série peut-être vous demandez-vous s’il est nécessaire de lire les précédents pour apprécier ce dernier (?) opus. Que nenni, mais ce serait dommage de s’en priver et surtout ce Bourbon Kid n’en sera que plus savoureux. Pour tout vous dire seule la trilogie constituée du Livre Sans Nom, L’Oeil De La Lune et du Livre De la Mort est à prendre dans l’ordre ; tous les autres peuvent se lire en one-shot.

Et maintenant ? Bin j’en sais rien, et bien malin celui ou celle qui saura répondre à cette interrogation. l’auteur termine une fois de plus son bouquin par un laconique : FIN (peut-être…).

MON VERDICT
Coup double

 

 
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Publié par le 8 novembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Justin Cronin – La Cité Des Miroirs

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J. Cronin - La Cité des Miroirs
Titre : La Cité Des Miroirs
Auteur : Justin Cronin
Editeur : Robert Laffont
Parution : 2017
Origine : USA (2016)
816 pages

De quoi ça cause ?

Les Douze et leurs multitudes ont été vaincus, l’humanité peut commencer à se reconstruire. Mais le prix à payer a été fort, le sacrifice d’Amy ne fait aucun doute pour les survivants. Mais la menace virule n’est pas complètement éradiquée, dans l’ombre de sa tanière, le Zéro attend son heure. L’heure de se venger du genre humain…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la suite et fin de la trilogie Le Passage. Trilogie que de nombreux adeptes de la littérature post apocalyptique mettent sur le même piédestal que Le Fléau de Stephen King ! Excusez du peu…
Pour ceux qui, comme moi, ont lu les précédents tomes au moment de leur parution (respectivement en 2011 et 2013), il aura fallu patienter 4 ans avant de découvrir la conclusion de la saga.

Ma chronique

Quatre ans c’est long. C’est aussi beaucoup de bouquins lus et chroniqués, largement de quoi oublier des pans entiers de l’histoire. Justin Cronin a le bon goût de commencer son roman par un prologue qui nous rappelle les grandes lignes de l’intrigue développée dans les deux précédents romans.

Difficile toutefois de reprocher cette longue attente à Justin Cronin quand on sait que, quelques semaines avant son cinquantième anniversaire, il a appris qu’il avait un cancer. Forcément l’écriture est passée en second plan, l’auteur préférant mobiliser ses forces pour lutter contre la maladie… et vaincre ce foutu cancer !

L’histoire commence trois ans après l’anéantissement des Douze, trois années sans attaque de viruls. On retrouve des personnages connus dans des situations nouvelles. Justin Cronin prend son temps pour poser les éléments de son intrigue. C’est calme, très calme… mais jamais ennuyeux. Le calme avant la tempête ?

Tempête plus ou moins annoncée à la fin de la première partie. Mais il faudra patienter, car la seconde partie nous fait faire un bond en arrière, dans le monde d’avant V. Timothy Flanning, plus connu comme étant le Zéro, nous raconte son histoire. On pourrait alors craindre quelques longueurs, mais il n’en est rien, l’apport d’une dimension humaine à l’ennemi de l’humanité est un vrai plus.

Puis la troisième partie nous transporte 20 ans après les événements décrits dans la première partie. Les personnages ont vieilli, mais sont toujours alertes, d’autant que la relève est assurée par leurs enfants devenus adultes. C’est là que les choses sérieuses vont pouvoir commencer…

L’auteur prend son temps pour planter le décor, tout comme le Zéro a pris le sien pour placer ses pièces sur l’échiquier afin d’optimiser ses chances de remporter cette ultime partie. Quand la tempête annoncée se déchaîne, c’est avec une brutalité implacable et mortelle qu’elle s’abat sur la nouvelle république du Texas. A partir de cet instant, Justin Cronin ne vous lâchera plus, et vous aurez bien du mal à lâcher son roman. Attendez vous à de brusques poussées d’adrénaline…

C’est volontairement que je n’en dirai pas davantage sur les personnages et l’intrigue, il serait vraiment dommage de vous priver du plaisir de la découverte.
On espérait du lourd pour clore cette trilogie, un final en apothéose. Et c’est exactement ce que Justin Cronin nous offre, un bouquet final magistral, brillant, efficace, percutant… les superlatifs me manquent pour exprimer mon enthousiasme.

Avec Le Passage et Les Douze on savait d’ores et déjà que cette trilogie pourrait rivaliser avec les plus grands de la littérature post apocalyptique, La Cité Des Miroirs le confirme et la place même sur les plus hautes marches du podium. Outre Le Fléau du King, je citerai aussi la trilogie La Lignée de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan, juste pour vous situer le niveau. Un must read pour tous les amateurs du genre… et les autres aussi !

Et dire que tout est parti d’une demande de la fille de l’auteur, il y a dix ans de ça, elle voulait simplement que son père écrive l’histoire « d’une fille qui sauve le monde« . Et bin voilà qui est chose faite, avec pas loin de 3000 pages au compteur la gamine a quelques nuits blanches à prévoir…

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Publié par le 10 août 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Mats Strandberg – Le Ferry

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M.. Strandberg - Le Ferry

Titre : Le Ferry
Auteur : Mats Strandberg
Editeur : Bragelonne
Parution : 2017
Origine : Suède (2015)

De quoi ça cause ?

Le Baltic Charisma est un ferry qui assure régulièrement la liaison entre la Suède et la Finlande, une traversée de 24 heures, dont une nuit au cours de laquelle de nombreux passagers se permettent quasiment tous les excès. Mais cette nuit-là, la croisière va se transformer en cauchemar pour les mille deux cent passagers du ferry…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La couv’ : ce couloir ensanglanté m’est instantanément apparu prometteur.

L’accroche : « La vague de terreur qui a balayé la Suède »
Je sais que parfois (souvent) c’est un piège à con ce truc, mais il n’empêche que ça fait encore son effet (ça doit être truc subliminal).

La quatrième de couv’ : une fois n’est pas coutume, elle est d’une remarquable sobriété.
Le mystère reste entier quant à la menace qui plane sur le ferry et ses passagers.

Ma chronique

Au vu de la couv’ sanguinolente et de la sobriété (bienvenue) de la quatrième, il me tardait de découvrir ce qui allait transformer une croisière plutôt routinière en un véritable bain de sang. Toutes les options restaient envisageables : tueur en série, terroristes, virus, bestiole(s) pas sympa(s) et affamée(s) ou tout autre genre de monstruosité. Pour ma part j’ai compris ce à quoi l’on aurait à faire dès la première rencontre avec ces « deux passagers comme il n’en est encore jamais monté à bord sont présents« .

Chroniquer ce bouquin a quelque chose de frustrant, il ne faut surtout pas se montrer trop loquace, au risque de lever le voile sur ce mystère. Et du coup ça va m’obliger à faire court…

Le roman se décline sous la forme de chapitres POV (Poinf of View). Chaque chapitre nous fait vivre l’intrigue du point de vue d’un personnage. Une forme narrative popularisée par la saga Le Trône De Fer de George R.R. Martin.

Les personnages sont nombreux, il faut le temps de se familiariser avec chacun histoire de les recadrer aisément. Mats Strandberg prend justement le soin de faire monter la pression lentement, de fait le lecteur n’est jamais embrouillé à se demander qui est qui ou qui fait quoi.

Je ne vais pas m’appesantir sur chacun, disons simplement qu’il y en a des sympathiques, des moins sympathiques et des franchement méprisables. Mais le plus souvent nul n’est tout blanc ou tout noir, un peu comme dans la vraie vie en fait.
J’ai un un faible pour Albin et Lo (même si au départ elle est un peu tête à claques, une ado quoi !), deux enfants confrontés à un monde d’adultes qui se délitait déjà avant même que les choses ne virent au cauchemar.

Comme indiqué plus haut, l’auteur opte pour un rythme de diesel. Il prend le temps de poser son cadre et ses personnages avant de répandre çà et là quelques gouttes d’hémoglobine. Loin d’être ennuyeuse, cette relative lenteur tendrait plutôt à faire monter l’angoisse, on attend avec une certaine appréhension le moment où la machine va s’emballer et où tout va aller de mal en pis. Parce qu’inévitablement, la situation ne peut que dégénérer et empirer.
Et effectivement quand la situation devient ingérable l’auteur change radicalement de rythme. Le bouquin devient hautement addictif, plus moyen de le lâcher avant de connaître le fin mot de l’histoire.

Un roman à réserver aux lecteurs qui ont le coeur bien accroché, l’hémoglobine coule à flots et l’auteur ne lésine pas sur certaines descriptions ; tout ce qu’il faut pour faire un bon récit horrifique à huis clos, les amateurs du genre apprécieront… les autres passeront leur chemin… ou vomiront leur quatre-heures et leur minuit aussi (merci à Renaud, à qui j’emprunte sans vergogne cette expression).

Un petit bémol pour finir, sur la forme davantage que sur le fond. J’ai parfois rencontré quelques lourdeurs dans le style et une typographie un peu anarchique. Je ne sais pas si la faute en incombe à l’auteur ou à la traductrice. Rien de franchement rédhibitoire, mais suffisant pour faire tiquer le maniaque que je suis.

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Publié par le 19 juillet 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Dan Simmons – Terreur

D. Simmons - TerreurJ’ai bien conscience que mon Stock à Lire Numérique est un véritable puits sans fond dont je ne viendrai sans doute jamais à bout. Je sais tout aussi pertinemment que, de fait, je passerai à certains de nombreux titres qui auraient pourtant mérité que je m’y attarde. Heureusement, de temps en temps, un certain Book Club (que certain(e)s jugeraient sans doute mal famé) permet à un de ces titres oubliés de sortir de la masse. Ce fut le cas ce mois-ci avec le roman Terreur de Dan Simmons.
Mai 1845, l’expédition Franklin (du nom de son commandant : John Franklin), composée du HMS Erebus (commandé par James Fitzjames) et du HMS Terror (sous le commandement de Francis Crozier), soit 138 officiers et matelots, quitte l’Angleterre pour explorer les iles arctiques et découvrir le fameux passage Nord-Ouest reliant l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Suite à un mauvais choix stratégique, les navires se retrouvent coincés dans les glaces au cours de l’hiver 1846. Un hiver qui n’en finit pas de durer. Outre une nature des plus hostiles et des conditions de survie de plus en plus difficiles, les marins vont devoir affronter une autre menace, une créature aussi mystérieuse qu’impitoyable qui va s’acharner à les détruire…
Un peu long comme mise en bouche, mais il me semblait important de replacer le contexte avant d’entrer dans le vif du sujet. Important, parce que dans ce roman Dan Simmons combine Histoire et fiction. L’expédition Franklin a en effet bel et bien existé, sa disparition reste à ce jour encore sujette à de nombreuses questions. John Franklin, Francis Crozier et James Fitzjames, entre autres, ont eux aussi été des personnages réels (disparus, comme le reste de l’équipage).
Si en vous lançant dans ce bouquin vous attendez (espérez ?) un page-turner, il y a de fortes chances que vous déchantiez rapidement. En effet dans la première partie il faut parfois s’accrocher pour y voir clair dans les différents sauts chronologiques d’un chapitre à l’autre ; j’ai aussi rencontré quelques longueurs dont je me serai volontiers passé. Bin oui, dans cette première partie moi aussi j’ai dû ramer et lutter pour m’en sortir ! Mais je ne peux que vous encourager à vous accrocher (quitte à survoler en diagonale certains passages), la suite le mérite largement.
Il faut attendre 1848 pour que les choses se décantent vraiment, mais une fois que l’intrigue passe le turbo le rythme est assuré quasiment jusqu’au clap de fin malgré quelques redondances (notamment dans l’énumération des victimes qui revient çà et là).
Au fil des pages le lecteur prendra conscience que dans cette intrigue il n’y a pas qu’un monstre, peut être réalisera-t-il même que la créature n’est peut être pas pire que certains humains ; pas toujours dans la cruauté, mais incontestablement dans les motivations.
Il faut attendre les derniers chapitres pour comprendre la nature de la bestiole et le pourquoi du comment de ses agissements. Jusqu’à la fin de son récit, Dan Simmons ne manquera pas de vous surprendre.
Pour la petite histoire au moment de la sortie du roman (2007) le mystère entourant l’expédition Franklin était d’autant plus intense que les épaves n’avaient pas été retrouvées ; il faudra attendre 2014 pour que l’Erebus soit localisé et identifié, et 2016 pour qu’il en soit de même avec le Terror.
SI vous souhaitez en savoir plus sur l’expédition Franklin, outre les sites cités en remerciements et le traducteur, je vous invite à consulter la page Wikipédia consacrée à l’expédition ainsi que celle du site Parcs Canada. Pas de méchante bestiole à l’horizon mais vous pourrez ainsi constater à quel point Dan Simmons a habilement combiné la réalité historique et la fiction.
Les fans pourront retrouver prochainement (courant 2017), une adaptation du roman en série télé, The Terror, diffusée par AMC (The Walking Dead) sur une saison de 10 épisodes de 60 minutes chacun. A l’heure qu’il est peu d’infos filtrent mais avec Ridley Scott à la production on peut être confiant quant au résultat.

C’est le quatrième roman de Dan Simmons que je lis, après Collines Noires, L’Echiquier Du Mal et Flashback,à chaque fois la (bonne) surprise est au rendez-vous, aucun roman ne ressemble de près ou de loin aux autres mais, quel que soit le registre, l’auteur semble parfaitement à l’aise et déploie un formidable talent de conteur.

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Publié par le 25 mai 2017 dans Bouquins

 

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