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Archives de Tag: Fantastique

[BOUQUINS] Maxime Chattam – Le Signal

AU MENU DU JOUR

M. Chattam - Le Signal

Titre : Le Signal
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : France
752 pages

De quoi ça cause ?

Pour fuir le tumulte de la vie new-yorkaise, la famille Spencer, Tom, Olivia, leurs deux adolescents, Chad et Owen, et la petite dernière, Zoey, décident de s’installer dans la paisible bourgade de Mahingan Falls ; se mettre au vert histoire de prendre un nouveau départ.

Paisible ? Rien n’est moins sûr. En effet, peu après leur installation les Spencer notent une succession d’événements troublants. Et si une menace invisible, mais néanmoins bien réelle, planait sur Mahingan Falls…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam.

Parce que la quatrième de couv’ nous promet LE grand frisson.

Ma chronique

J’apprécie tout particulièrement les auteurs qui osent s’aventurer au-delà de leur zone de confort, nul ne pourrait nier que Maxime Chattam fait partie de ces auteurs/baroudeurs. Plutôt que de se confiner au thriller, genre dans lequel il n’a plus rien à prouver, il n’hésite pas à sortir des sentiers battus pour explorer de nouveaux horizons.

Qui l’eut cru capable de nous offrir une saga de fantasy post-apocalyptique ? Et pourtant il l’a fait avec Autre-Monde, et le résultat a été plus que convaincant. S’essayer au roman noir était certes un pari moins risqué, il n’en reste pas moins qu’il a brillamment tiré son épingle du jeu avec Que ta Volonté Soit Faite. Au risque de désarçonner ses lecteurs, il a été encore plus loin dans le noir avec Le Coma Des Mortels, et effectivement l’accueil fut mitigé même si, pour ma part, j’ai été sous le charme.

Avec Le Signal, l’auteur s’essaye à la littérature horrifique ; un genre à part entière, n’en déplaise à certains intégristes culturels. Un genre qui fut véritablement initié par Mary Shelley (Frankentstein) et Bram Stoker (Dracula) et qui aujourd’hui fait bien des émules aussi bien chez les lecteurs que chez les auteurs. Dans cette vaste écurie littéraire, pour son roman Maxime Chattam puise vraisemblablement son inspiration chez H.P. Lovecraft et Stephen King ; inutile de vous dire qu’avec de telles références la barre est haute…

N’est pas Lovecraft ou King qui veut. Dès les premières pages du bouquin, on sent que Maxime Chattam n’est pas dans son élément, ça manque de corps, comme si l’auteur cherchait à écrire comme ses modèles plutôt que de s’approprier totalement son intrigue.

Si les différentes scènes horrifiques sont plutôt bien foutues, il manque un liant ou plus exactement un background. Le gore fait incontestablement son effet, mais au niveau de l’ambiance générale du récit la sauce a du mal à prendre. Il manque cette impression de malaise et/ou d’oppression qui est la marque des grands récits d’horreur. Du coup on frémit sur le coup (certaines mises à mort sont franchement vicieuses), mais on ne flippe pas réellement. Pour le grand frisson, c’est raté.

Il n’en reste pas moins que Maxime Chattam est un grand auteur, malgré ces quelques imperfections, il parvient à rendre son récit addictif, difficile de lâcher prise avant de connaître le fin mot de l’histoire. Sur ce point, j’ai un moment craint le pire devant la dimension technologique des événements qui frappent Mahingan Falls, mais au final ça s’intègre plutôt bien à l’ensemble (et ça justifie le titre du roman, soit dit en passant).

Certes pas le meilleur cru de Maxime Chattam mais la dernière partie du récit, franchement haletante, ferait presque oublier ces petits défauts. Si l’auteur souhaite persévérer dans le genre (ce que j’espère), je lui conseillerai (très modestement cela va sans dire) d’oser s’affirmer davantage ; garder à l’esprit les maîtres du genre est une bonne chose, mais il faut qu’il trouve et impose sa propre voie.

À défaut d’avoir ressenti le grand frisson, j’ai passé un agréable moment en compagnie de la famille Spencer, mais aussi des autres personnages (mention spéciale à Connor, un adolescent qui ne manque pas de ressources, mais aussi à Gemma, la baby-sitter et à Ethan Cobb, un lieutenant qui n’hésitera pas à s’opposer à son abruti de chef). N’allez pas croire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, si les entités qui s’acharnent sur Mahingan Falls sont franchement néfastes, chez les humains aussi il y a des individus hautement nuisibles (je citerai par exemple Derek Cox et Warden, le chef -l’abruti dont il est question plus haut – de la police).

J’ai refermé ce bouquin avec une question qui me turlupinait : qu’est-il donc arrivé à Milo ? Avec le recul je me dis qu’il vaut mieux peut-être ne pas le savoir ; surtout quand on connait le triste sort réservé à son prédécesseur…

Le bouquin est truffé de clins d’œil à la littérature et au cinéma horrifique, à commencer bien entendu par l’oeuvre de Stephen King (certaines références étant très lourdement appuyées) ; si je devais n’en retenir qu’une, ce serait la présence de la ville d’Arkham et plus particulièrement son hôpital psychiatrique (Arkham Asylum en langue de là-bas). Si, à l’origine, la ville d’Arkham (Massachusetts) a été imaginée par H.P. Lovecraft pour être le théâtre de certains de ses écrits, notamment dans le cadre du Mythe de Cthulhu, et abrite bien un hôpital psychiatrique ; l’Arkham Asylum a surtout été popularisé par DC Comics, c’est en effet là que sont détenus les pires criminels de Gotham City que combat Batman (dont l’incontournable Joker).

D’un point de vue strictement visuel, je trouve la couv’ très réussie. Si je ne connaissais pas Maxime Chattam, elle m’aurait très certainement donné envie de me pencher sur ce bouquin. Et j’aurai tout aussi certainement craqué après avoir lu la quatrième de couv’.

Petite digression sportive si vous le permettez…

Ils étaient sonnés.
Comme s’ils avaient pris un uppercut en pleine tempe.

Pour un amateur de boxe, cette phrase pique les yeux et défie toute logique.
Un uppercut en pleine tempe c’est juste impossible… ou alors c’est un uppercut raté. L’uppercut est un puissant coup de poing porté de bas en haut qui vise principalement le menton de l’adversaire ; un uppercut réussi laissera l’adversaire complètement sonné, voire même KO. S’il touche la tempe, il ne fera guère que l’effleurer en fin de course.
Par contre si on veut déstabiliser (et plus si affinités) son adversaire en le frappant à la tempe, c’est le crochet le coup le plus approprié.

MON VERDICT

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Publié par le 16 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Xavier Müller – Erectus

AU MENU DU JOUR

X. Müller - Erectus

Titre : Erectus
Auteur : Xavier Müller
Éditeur : XO Editions
Parution : 2018
Origine : France
433 pages

De quoi ça cause ?

En Afrique du Sud, Cathy Crabbe, une virologue identifie un virus qui défie toutes les lois de la nature, ses « victimes » régressent en effet de plusieurs millions d’années.

Son alerte est tournée en ridicule par la communauté scientifique. Stephen Gordon, un haut responsable de l’OMS décide malgré tout de prendre cette possible menace au sérieux.

Il envoie son adjoint, Lucas Carvalho, sur le terrain en lui recommandant de convaincre Anna Meunier, une paléontologue controversée pour avoir émis l’hypothèse d’une possible régression des espèces, de rejoindre l’équipe de recherche.

Sur place, ils découvrent plusieurs espèces animales touchées par le virus, mais aussi des végétaux ayant subi le même type de régression. Une course contre la montre s’engage alors pour circonscrire le virus avant une éventuelle transmission humaine ; ils ne le savent pas encore, mais il est déjà trop tard…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est la couv’ qui a d’abord attiré mon attention, le résumé n’a fait que confirmer l’évidence.

XO Editions et la plateforme NetGalley ayant accepté ma sollicitation, j’ai le plaisir de découvrir ce roman en avant-première (parution le 8 novembre).

Ma chronique

Je remercie chaleureusement XO Editions et NetGalley pour leur confiance renouvelée à l’occasion de la sortie de ce roman.

Pendant longtemps on a pensé que l’évolution des espèces ne pouvait qu’obéir à la loi de Dollo qui stipule qu’une spécialisation des espèces s’accompagne d’une diminution des mutations qui pourraient les faire évoluer, rendant improbable le retour des caractéristiques ou organes perdus par une espèce au cours de l’évolution. Le phénomène de régression (le terme scientifique exact est réversion) a été admis et démontré que récemment…

C’est sur cette base que Xavier Müller a construit son thriller fantastique Erectus, avec comme élément déclencheur un virus qui provoque des régressions radicales en un temps record, mais est en plus capable d’évoluer afin de contaminer aussi bien la flore que la faune et même l’humain.

L’auteur réussit un joli tour de force en rendant (presque) crédible la propagation de ce virus pour le moins improbable ! Les différentes phases de l’épidémie, puis de la pandémie, et ses conséquences sont décrites avec un réalisme bluffant. Il en va de même pour les différentes réactions possibles face à cette menace sanitaire inédite (même si le constat n’a pas de quoi redonner foi en l’humanité du genre humain).

Un risque sanitaire majeur qui sera géré à la fois par l’OMS et par l’ONU, les deux organismes n’ayant pas forcément les mêmes priorités, et encore moins le même genre de préoccupations. Face aux conséquences économiques (voire politiques) et sanitaires de la pandémie, est-ce que la morale et l’éthique ont encore le droit de cité ? Jusqu’où peut-on aller au nom de la protection des populations ?

J’aimerai croire que les réponses apportées dans le roman ne sont que pure fiction, mais je ne me fais guère d’illusion sur la question.

Je reste volontairement dans le vague afin de ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte. C’est un peu frustrant de rédiger des chroniques en se contraignant à en dire le moins possible (alors qu’il y aurait tant à dire et redire), mais c’est toujours mieux que de spoiler à tout va au risque de vous ruiner votre lecture.

Une intrigue qui vous fera voyager en Afrique du Sud, aux États unis, en Suisse et en France, mais le rythme de croisière imposé ne laissera guère de place à la farniente. Petit plus personnel, il y a même une partie de l’intrigue qui se déroule au large de la Nouvelle-Calédonie.

Forcément au cours de cette ballade aux quatre coins du monde vous allez croiser beaucoup de personnages amenés à jouer un rôle plus ou moins important dans la suite des événements. Si l’intrigue est portée par le trio composé d’Anna Meunier, Stephen Gordon et Lucas Carvalho, les autres personnages ne sont pas pour autant condamnés à faire de la simple figuration.

Un bouquin commencé vendredi après-midi, mis en stand-by le temps du weekend (c’est paradoxal, mais alors que c’est le moment où je suis sensé avoir le plus de temps libre, c’est aussi celui pendant lequel je lis le moins) et dévoré dans la journée de lundi.

Cette lecture fut pour moi une belle découverte, un récit maîtrisé de bout en bout et construit avec beaucoup d’intelligence. Je ne connaissais pas Xavier Müller, nul doute qu’à compter de ce jour je vais m’intéresser de plus prés à ce qu’il fait…

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 octobre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Ezekiel Boone – Eclosion

AU MENU DU JOUR

E. Boone - Eclosion

Titre : Éclosion
Série : The Hatching – Tome 1
Auteur : Ezekiel Boone
Éditeur : Actes Sud
Parution : 2018
Origine : USA (2016)
368 pages

De quoi ça cause ?

Nul n’était préparé à affronter une pareille menace. De par le monde des vagues d’araignées anthropophages s’abattent sur ceux et celles qui ont le malheur de croiser leur chemin. Leur comportement ne répond à aucun schéma connu et le nombre joue en leur faveur, rien ne semble pouvoir stopper leur expansion et leur appétit destructeur…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour sa couv’ que j’ai beaucoup aimée, pour le contraste entre l’impression de quiétude qui se dégage de l’image et de l’araignée qui semble s’extirper du titre.

Par curiosité aussi, je voulais voir si l’auteur parviendrait à être crédible avec son invasion d’araignées cannibales…

Ma chronique

Avant d’entrer dans le vif du sujet je tiens à préciser que la longueur de cette chronique n’est pas proportionnelle à mon ressenti (on vous l’a sûrement déjà dit : ce n’est pas la taille qui compte !). C’est le fait d’un choix délibéré d’en dire le moins possible afin de laisser intact le plaisir de la découverte.

Bien que la sagesse populaire affirme haut et fort que les petites bêtes ne mangent pas les grosses (en oubliant toutefois de préciser que cela n’est avéré que si la grosse bête en question est en vie… les insectes nécrophages n’étant donc pas à prendre en considération), je dois avouer que, sans être franchement arachnophobe (un peu quand même), je n’aime pas les araignées. Je suis donc la cible idéale pour ce bouquin !

Si vous aussi vous voulez jouer à vous faire peur sachez tout de même que c’est une lecture que je déconseillerai aux âmes sensibles, ces bestioles ayant un appétit particulièrement vorace…

Eclosion est le premier tome d’une trilogie (The Hatching en VO), le second, Infestation, étant d’ores et déjà disponible chez Actes Sud, j’ai bon espoir de voir le troisième et dernier opus traduit prochainement.

Ce premier tome remplit parfaitement son rôle de mise en appétit. Le décor est assez vite planté, à travers des chapitres courts l’auteur vous promène aux quatre coins du monde afin que l’on prenne conscience de l’ampleur du chaos, mais aussi de l’inéluctabilité du phénomène.

Forcément on croise de nombreux personnages, mais vous pouvez compter sur ces braves arachnides pour vous indiquer quels sont ceux appelés à compter pour la suite des événements… pas de bol pour les autres qui finiront soit comme casse-dalle pour araignées voraces, soit comme hôte pour héberger leurs œufs (on se demande quel est le sort le plus enviable).

J’étais curieux de savoir comment Ezekiel Boone s’en sortirait sur la base d’un scénario aussi improbable, force est de reconnaître qu’il tire bien son épingle du jeu ; tout en restant clairement dans un contexte fictionnel, on finit par croire au déroulé de son invasion (et de son intrigue de fait). Du coup il deviendra rapidement difficile de lâcher le bouquin, la tension montant crescendo au fil des chapitres.

L’auteur ne manque pas de parsemer ses chapitres de quelques touches d’humour… souvent noir, cela va de soi. La narration chorale fonctionne plutôt bien et est en totale adéquation avec la dimension internationale de l’invasion.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce premier opus, nul doute que je viendrai très prochainement vous causer de la suite des événements. D’autant que le final laisse présager quelque chose d’encore plus énorme…

Pour l’anecdote Ezekiel Boone est un pseudonyme de plume derrière lequel se « cache » Alexi Zentner, un auteur canadien dont j’avoue sans la moindre honte n’avoir jamais entendu parler.

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Publié par le 1 octobre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS]Stephen King – Cookie Jar

AU MENU DU JOUR

S. King - Cookie Jar

Titre : Cookie Jar
Auteur : Stephen King
Éditeur : Le Livre de Poche
Parution : 2018
Origine : USA (2015)
33 pages

De quoi ça cause ?

Dale rend visite à son arrière-grand-père, Rhett Alderson, dans le cadre d’un devoir scolaire portant sur les différences entre le monde d’hier et celui d’aujourd’hui.

Mais Rhett va aller beaucoup plus loin dans les confidences, révélant à Dale un secret dont il n’a jamais parlé à personne…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour continuer, je l’espère, de surfer sur la vague de félicité entamée avec Gwendy Et La Boîte À Boutons.

Parce que je suis tombé un peu par hasard sur cette nouvelle en parcourant mon Stock à Lire Numérique (qui est pourtant classé avec une maniaquerie quasi obsessionnelle). Fichtre diantre, une nouvelle du King qui a échappé à ma vigilance !

Ma chronique

La nouvelle faisant une trentaine de pages la présente chronique sera donc relativement courte.

Après la jeune et sympathique Gwendy, changeons de génération pour faire connaissance du plus tout jeune (90 piges au compteur), mais tout aussi sympathique Rhett.

Rhett ? Peut être que ce prénom vous rappelle vaguement quelque chose… c’est normal et c’est un choix délibéré de Stephen King :

Son arrière-petit-fils l’appela d’abord « arrière-grand-papa », mais Barrett ne voulut pas en entendre parler.
« Ça me vieillit encore plus. Appelle-moi Rhett. C’est comme ça que faisait mon père. J’ai été Rhett avant qu’il n’y ait un Rhett Butler, tu te rends compte ? »
Dale demanda qui était Rhett Butler.
« Oublie ça. C’était un mauvais livre et un film très moyen. Parle-moi encore de ton projet.

Je ne me prononcerais pas sur la qualité du livre, n’ayant jamais lu Autant En Emporte Le Vent, concernant le film je rejoins volontiers l’avis de ce brave Rhett, c’est pas transcendant (et surtout ça a très mal vieilli).

Revenons à nous moutons et à nos cookies…

Comme Gwendy, Rhett à un secret, un pot à cookies (Cookie Jar chez nos amis anglophones… comme quoi le titre est vachement bien pensé) que je qualifierai à double tranchant ; avec un côté face plutôt pas mal et un côté face nettement plus glauque. Mais je ne vous en dirai pas plus…

Sur la forme rien à redire, c’est superbement écrit et ça se lit tout seul (une fois de plus je ne peux que m’incliner devant la qualité de la traduction de Michel Pagel).

Rhett va raconter sa jeunesse à Dale, avec notamment la traversée de la Seconde Guerre Mondiale durant laquelle il a combattu en Europe, participant au Débarquement de Normandie et par la suite à la libération des camps. Forcément un épisode qui a de quoi marquer à jamais les esprits même les plus endurcis.

Mais c’est aussi une histoire familiale, Rhett nous parle de ses parents et de ses frères ; l’occasion pour l’auteur de souligner l’importance de la famille dans notre vie de tous les jours (dit comme ça, ça peut paraître évident, mais dans les faits on a souvent tendance à oublier cette évidence).

Les choses se corsent quand Rhett en vient à évoquer le côté obscur de ce fameux pot à cookies, l’auteur nous ouvre les portes sur un potentiel horrifique des plus prometteurs… avant de les refermer presque aussitôt ! C’est un tantinet frustrant pour le lecteur qui peut légitimement se demander pourquoi avoir abordé la question de façon aussi superficielle.

Une lecture agréable, mais qui nous laisse un amer goût d’inachevé au moment de refermer le bouquin.

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Publié par le 27 septembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stephen King & Richard Chizmar – Gwendy Et La Boîte À Boutons

AU MENU DU JOUR

S. King & R. Chizmar - Gwendy et la boîte à boutons

Titre : Gwendy Et La Boïte À Boutons
Auteur : Stephen King & Richard Chizmar
Éditeur : Le Livre De Poche
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
160 pages

De quoi ça cause ?

1974. Gwendy a 12 ans quand un étrange bonhomme, M. Farris, lui offre une boîte à boutons encore plus étrange. À peine lui a-t-il vaguement expliqué le fonctionnement de la boîte, composée de deux manettes et huit boutons colorés, que l’homme disparaît sur une ultime mise en garde quant aux responsabilités qu’impose la possession de la boîte.

Dix ans durant la boîte à boutons accompagnera Gwendy et changera sa vie, pour le meilleur… et pour le pire.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Stephen King, tant pis si ce n’est « qu’une » nouvelle, tant pis si elle est écrite à quatre mains, King is THE KING !

Parce que je ne voulais pas rester sur une déception (Sleeping Beauties) en attendant son prochain roman (The Outsider… pas encore de date annoncée pour une publication en français).

Ma chronique

Si vous me le lisez depuis déjà quelque temps vous savez sans doute que je ne suis pas un inconditionnel des nouvelles, mais force est de reconnaître que c’est un exercice dans lequel Stephen King excelle. C’est donc plutôt confiant que je me suis lancé dans la lecture de Gwendy Et La Boîte À Boutons.

Est-il vraiment utile de présenter Stephen King ? Qui ne connaît pas le King ? Même sans être un inconditionnel du bonhomme vous en avez forcément entendu parler.

Par contre je suppose que le nom de Richard Chizmar ne vous dit rien, ne vous inquiétez pas c’est normal ; bien qu’il jouisse d’une notoriété certaine outre Atlantique, comme auteur (surtout nouvelliste) et éditeur, son travail n’a jamais été publié en français.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, revenons un instant sur le prénom de notre héroïne ; Gwendy, ce n’est pas commun comme prénom. Laissons justement cette chère Gwendy nous en parler :

Mon père voulait m’appeler Gwendolyne – le prénom de sa grand-mère – et ma mère Wendy, comme dans Peter Pan. Alors ils ont transigé.

Quand on fait sa connaissance, en 1974, elle a douze ans et ne se sent pas très sure d’elle même, mal dans sa peau à cause d’un léger surpoids… bref une gamine ordinaire dans un monde tout aussi ordinaire (et impitoyable, surtout chez les adolescents).

Et v’là-t’y pas qu’un beau jour (ou peut être une nuit… Non Barbara, pas maintenant s’teup !) un bien étrange bonhomme affublé d’un chapeau melon noir lui confie une boîte à boutons tout aussi bizarre que son propriétaire. Mais attention il ne s’agit pas de n’importe quelle boîte, celle-ci est magique, grand est son pouvoir comme dirait ce brave Yoda.

Si vous connaissez un tantinet l’univers de Spiderman, vous n’êtes pas sans savoir qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Ce que M. Farris (notre étrange bonhomme chapeauté) explique à Gwendy en ces termes :

Prends soin de la boîte. Elle accorde des dons, mais ce n’est qu’une faible récompense des responsabilités qu’elle impose.

Nous allons donc accompagner Gwendy au fil des ans, un parcours relativement normal (sans doute un peu plus brillant que la moyenne) pour une jeune femme tout aussi normale. Découvrir ses amis, ses amours (ses emmerdes… Charles, non ! Quoique), ses parents… bref tout ce qui fait son quotidien.

Et la boîte me direz-vous ? Quelle est donc l’étendue de ses fameux pouvoirs magiques (en admettant qu’ils soient bien réels) ? Non rien de rien (je ne regrette rien… Edith ! P’tain, pas moyen de bosser tranquille) je ne vous en dirai rien de plus ; si vous voulez le savoir, vous n’avez qu’à lire le bouquin.

Encore faudrait-il savoir si ce bouquin vaut la peine d’être lu… Ma réponse est sans hésitation un grand OUI. Non seulement c’est bien écrit (et donc bien traduit pour nous, lecteurs francophones), mais en plus les auteurs nous content une belle histoire que vous dévorerez d’une traite.

Même le côté gentillet (sans aucune mièvrerie je ne vous rassure) de l’histoire ne m’a dérangé outre mesure, ça colle même plutôt bien avec l’ensemble des ambiances et émotions que l’on traverse au cours cette lecture.
Certes j’aurai aimé une approche plus horrifique et un peu moins aseptisée, mais dans ce cas c’est tout le récit qu’il aurait fallu repenser et visiblement ce n’est pas ce vers quoi les auteurs tendaient.

On pourrait aussi leur reprocher de ne pas avoir suffisamment exploité le côté obscur de la boîte à boutons, mais là encore ça n’aurait pas collé avec le personnage de Gwendy.

Au final cette nouvelle s’avère être une mise en bouche fort agréable et savoureuse en attendant de découvrir le prochain roman du King.

Cerise sur le gâteau (icing on the cake et non cherry on the cake chez nos amis anglo-saxons), le bouquin est joliment illustré par Keith Minnion et le gars a un joli coup de crayon !

MON VERDICT

 
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Publié par le 26 septembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Cizia Zykë – Alma

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C. Zykë - Alma

Titre : Alma
Auteur : Cizia Zykë
Éditeur : Taurnada
Parution : 2018
Origine : France
210 pages

De quoi ça cause ?

En 1492, en Espagne, il ne fait pas bon d’être juif. Le pays vit en effet sous le joug du grand inquisiteur Torquemada, bien décidé à ne reculer devant rien pour bouter les juifs hors d’Espagne…

Alam est une jeune fille, une gueule d’ange, l’innocence et la bonté incarnée. En plus Alma affirme parler régulièrement avec Dieu. Problème, au vu du contexte en tout cas, Alma est juive…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que je n’ai jamais lu de roman de Cizia Zykë, mon expérience avec le bonhomme s’arrête à sa trilogie biographique, Oro (1985) – Sahara (1986) – Parodie (1987). Il faudrait d’ailleurs que je prenne le temps de me plonger dans le dernier opus de sa bio : Oro and Co (2009).

Joël, des éditions Taurnada, m’ayant gracieusement proposé de découvrir cet ultime roman, publié à titre posthume (Cizia Zykë est décédé en septembre 2011), je ne me voyais décemment pas refuser cette opportunité.

Ma chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée en m’offrant l’opportunité de découvrir ce roman de Cizia Zykë.

Zykë et moi c’est une histoire commencée en 1985 avec la lecture de Oro (un livre que j’avais offert à mon père pour son anniversaire) ; plus exactement avant même d’entamer sa lecture c’est la photo en quatrième de couv’ qui a fait tilt. Un costaud moustachu assis torse nu sur un transat, à sa gauche un flingue rangé dans son holster d’épaule, dans sa main droite un joint taille XXL et à son cou une chaîne en or ornée d’une magnifique pépite ! Rien que ça, ça m’a donné envie d’en savoir plus sur ce type.

C. Zykë

Et la lecture du bouquin fut une sacrée claque ! Ce mec ose tout, ne respecte rien… Déjà à l’époque je ne respectais pas grand-chose… mais j’osais encore moins ! J’ai fait de ce bouquin, et surtout de Cizia Zykë, le sujet d’un exposé qui m’a valu une excellente note en cours de français malgré un sujet pas franchement politiquement correct. Et qui a valu au bouquin de faire le tour de la classe… sans jamais réintégrer son point de départ soit dit en passant !

Après Oro j’ai enchaîné avec Sahara et Parodie, qui remontaient à contre-courant le parcours hors norme (et surtout hors des sentiers battus de la bien-pensance universelle) de Cizia Zykë. Et puis je suis passé à autre chose, me promettant de prendre le temps, un de ces quatre, de m’intéresser aux romans du bonhomme… Et puis j’ai oublié (j’y pense et puis j’oublie… c’est bien connu), et puis Cizia nous a quittés à l’âge de 62 ans (au vu de la vie qu’il a menée et des excès en tout genre auquel il s’est adonné sans retenue on pourrait presque dire que c’est un exploit d’avoir tenu aussi longtemps).

Il y a quelques mois c’est le bouquin de Thierry Poncet, Zykë L’Aventure (lui aussi paru chez Taurnada), qui a rallumé la flamme et ravivé ma curiosité. Je me suis mis à la recherche des romans de Zykë ; mais une fois encore mon Stock à Lire Numérique et ses aléas auront raison de ma motivation…

C’est pourquoi la proposition de Joël arrivait à point nommé, cette fois plus moyen de procrastiner ! Je termine ce que j’ai en cours et je me lance !

Je crois que c’est la plus longue intro que j’ai jamais rédigée pour une chronique…

Trêve de digressions, revenons donc à nos moutons et à cette chère et tendre Alma.

Le roman s’ouvre sur une préface de Thierry Poncet, le complice, compagnon de voyage (et accessoirement de galères) et ami de Cizia Zykë. Préface dans laquelle il nous expose brièvement la genèse du projet Alma.

Premier constat : le roman est très court, mais, à la décharge de l’auteur, quand il a entrepris de l’écrire il savait d’ores et déjà que la Faucheuse viendrait bientôt lui réclamer son dû. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est lui même qui nous l’explique dès les premières pages du roman.

(…) si aujourd’hui je prends la plume une ultime fois, c’est que je suis à la veille de mon dernier grand voyage. Alors, à propos de Dieu, je saurai plus vite que vous de quoi il retourne. Le plus probable, même, est qu’à l’heure où vous lisez ces lignes, je suis en train de papoter avec Lui sur son nuage favori.

Second constat : le style narratif est pour le moins original. Cizia Zykë, le « conteur », comme il se qualifie lui même au fil des pages, s’adresse directement au lecteur. Je conçois que ça puisse surprendre, mais pour ma part je trouve que ça contribue à donner un certain cachet au roman ; d’autant qu’il le fait avec sa gouaille habituelle, mais aussi avec beaucoup d’humour et tout autant d’ironie (il est vrai que de nos jours le fanatisme religieux et le racisme n’ont plus cours).

Alma est donc une fable qui oppose à la folie et la connerie des hommes (pas tous, mais une grosse majorité tout de même) l’innocence de sa jeune héroïne. Le ton décalé de Cizia Zykë et les chapitres courts rendent cette lecture des plus agréables (malgré une histoire bien sombre), mais l’on sent quand même que l’auteur s’est renseigné sur son sujet et que les dérives de l’Inquisition n’ont plus de secret pour lui.

L’esprit humain recèle d’insoupçonnables ressources quand il s’agit de faire du mal à son prochain.
Au sein de la docte confrérie des bourreaux de l’Histoire, ceux de l’inquisition espagnole en cette fin de XVe siècle figurent parmi les plus imaginatifs. On leur doit, par exemple, l’usage de l’inventive garrucha, une méthode de suspension des gens agrémentée de lourds poids de bronze qui, judicieusement pendus aux jointures des membres et à divers appendices, se révélaient propices à un lent arrachage de muscles.
Ou bien le délicieux potro, triangle de bois sur lequel la personne était à la fois empalée et écartelée. Deux effets en un, n’était-ce pas ingénieux ?
Nous passerons sur des outils plus classiques et bien connus, tels que les poires d’angoisse, les brodequins, différentes lames à écorcher, trancher, découper en lanières, en cubes, ou à séparer les chairs muscle par muscle, et autres fers à brûler.

On aimerait se prendre à rêver (sans trop y croire) d’un happy end au milieu de toute cette folie, mais l’auteur balaye rapidement nos espoirs en annonçant la couleur : tout ça ne peut que mal se terminer et se terminera donc mal (merci Monsieur Murphy).

Une belle découverte que vous aurez bien du mal à lâcher une fois plongé dans sa lecture, et une belle rencontre avec Alma. Un grand merci à Thierry Poncet qui a permis à cet ultime roman de son ami de voir le jour plutôt que de croupir au fond d’un tiroir en l’état de manuscrit oublié.

Je n’ai pas une longue expérience de la langue espagnole, mais suffisamment pour manquer de m’étouffer avec mon Coca en découvrant les noms du sergent de la soldatesque sévillane, Cojones y Culo de Hierro (que l’on peut traduire par Couilles et Cul d’Acier) et de son second Pinga de Burro (littéralement, Pine d’Âne).

MON VERDICT

 
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Publié par le 19 septembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Neal Shusterman – Thunderhead

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N. Shusterman - Thunderhead

Titre : Thunderhead
Série : La Faucheuse – Tome 2
Auteur : Neal Shusterman
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : USA
576 pages

De quoi ça cause ?

Citra est désormais connue sous son nom de Faucheuse, Dame Anastasia. Mais ses méthodes de glanage, pleines de compassion et d’empathie, ne font pas vraiment l’unanimité dans la communauté. Heureusement, elle peut compter sur le soutien sans faille de son mentor Dame Curie.

Rowan de son côté s’est autoproclamé faucheur et justicier. Il officie vêtu de noir sous le nom de Maître Lucifer. Ses victimes : les Faucheurs corrompus qui détournent les règles de la communauté à leur profit. De fait Rowan est l’homme à abattre pour la communauté des Faucheurs.

Leur amitié survivra-t-elle à ce conflit d’intérêts ? Sera-t-elle une force ou une faiblesse face à une menace grandissante qui pourrait radicalement changer la donne ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé La Faucheuse malgré son étiquette young adult. J’étais curieux de savoir si cette suite confirmerait mon engouement ou serait, au contraire, une douche froide… Curieux, mais confiant.

Ma chronique

Bien que plutôt réticent à découvrir la littérature estampillée young adult, force m’est de reconnaître que j’ai beaucoup aimé La Faucheuse de Neal Shusterman. L’intrigue est suffisamment élaborée pour avoir fait mouche, les personnages sont soignés… bref, impossible pour moi de résister à l’attrait de cette suite.

Commençons par le commencement : qu’est-ce que ce fameux Thunderhead ? Pour faire simple, c’est le nom de l’hyper intelligence artificielle qui supervise ce nouveau monde et veille au grain. Un Big Brother bienveillant qui assure le bien-être de ses ouailles (les humains).

Tous les humains ? Presque… Si le Thunderhead a un droit de regard (limité) sur la communauté des Faucheurs, il ne peut en aucun cas intervenir dans leurs affaires.

Le mieux, pour comprendre l’essence du Thunderhead, est encore de vous plonger dans ce roman (après avoir lu La Faucheuse, cela va de soi). En effet, en guise de transition d’un chapitre à un autre, vous aurez le droit à une intervention du Thunderhead qui vous expliquera mieux que personne ce qu’il est et quel est son rôle.

Outre Citra et Rowan, vous croiserez d’autres personnages déjà rencontrés dans La Faucheuse, certaines de ces retrouvailles ne vous surprendront guère (je pense notamment à Dame Curie, à la Serpe Ultime Xénocrate ou encore à Maître Faraday), d’autres par contre seront nettement plus inattendues (niet, vous n’aurez aucun nom… inutile d’insister !).

Bien entendu cette suite vous réserve aussi de nouvelles rencontres, la plus notable étant certainement le personnage de Greyson Tolliver. Un jeune homme qui entretient une relation « étroite » avec le Thunderhead et va se retrouver embringué, presque malgré lui, dans un complot dont les enjeux le dépassent largement.

Le contexte ayant déjà été largement posé par le tome précédent, Neal Shusterman nous plonge directement au coeur de son intrigue. Une intrigue qui se jouera presque exclusivement autour de la communauté des Faucheurs, quand ils ne seront pas intervenants directs, ils seront au centre de toutes les préoccupations (avec parfois de bonnes intentions… et certaines nettement moins louables).

Il faut dire aussi que la communauté est plus que jamais divisée, entre les tenants du Nouvel Ordre instauré par feu Maître Goddard et ceux de la Vieille Garde… La tension est palpable, au fil des chapitres on sent que ça ne peut que mal finir, mais l’auteur sait s’y prendre pour laisser placer au doute et aux incertitudes. Avant de nous en mettre plein la vue avec un final ahurissant.

Un second opus plus sombre que le précédent tout en restant dans la continuité. L’ajout d’une dimension stratégique (voire politique, dans le bon sens du terme) est pour moi un plus indéniable.

En refermant ce bouquin, vous n’aurez qu’une hâte : lire le troisième et dernier tome de la série ! Il faut dire que le final est plus que prometteur pour la suite. Mais il nous faudra prendre notre mal en patience, aucune date n’est annoncée à ce jour pour une sortie en VO…

Je terminerai cette chronique par un coup de chapeau à Kevin Tong, l’illustrateur à l’origine des couvertures de ces deux romans. Un visuel qui donne envie d’en savoir plus…

MON VERDICT

 
7 Commentaires

Publié par le 3 mai 2018 dans Bouquins

 

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