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Archives de Tag: Fantastique

[BOUQUINS] Mats Strandberg – Le Ferry

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M.. Strandberg - Le Ferry

Titre : Le Ferry
Auteur : Mats Strandberg
Editeur : Bragelonne
Parution : 2017
Origine : Suède (2015)

De quoi ça cause ?

Le Baltic Charisma est un ferry qui assure régulièrement la liaison entre la Suède et la Finlande, une traversée de 24 heures, dont une nuit au cours de laquelle de nombreux passagers se permettent quasiment tous les excès. Mais cette nuit-là, la croisière va se transformer en cauchemar pour les mille deux cent passagers du ferry…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La couv’ : ce couloir ensanglanté m’est instantanément apparu prometteur.

L’accroche : « La vague de terreur qui a balayé la Suède »
Je sais que parfois (souvent) c’est un piège à con ce truc, mais il n’empêche que ça fait encore son effet (ça doit être truc subliminal).

La quatrième de couv’ : une fois n’est pas coutume, elle est d’une remarquable sobriété.
Le mystère reste entier quant à la menace qui plane sur le ferry et ses passagers.

Ma chronique

Au vu de la couv’ sanguinolente et de la sobriété (bienvenue) de la quatrième, il me tardait de découvrir ce qui allait transformer une croisière plutôt routinière en un véritable bain de sang. Toutes les options restaient envisageables : tueur en série, terroristes, virus, bestiole(s) pas sympa(s) et affamée(s) ou tout autre genre de monstruosité. Pour ma part j’ai compris ce à quoi l’on aurait à faire dès la première rencontre avec ces « deux passagers comme il n’en est encore jamais monté à bord sont présents« .

Chroniquer ce bouquin a quelque chose de frustrant, il ne faut surtout pas se montrer trop loquace, au risque de lever le voile sur ce mystère. Et du coup ça va m’obliger à faire court…

Le roman se décline sous la forme de chapitres POV (Poinf of View). Chaque chapitre nous fait vivre l’intrigue du point de vue d’un personnage. Une forme narrative popularisée par la saga Le Trône De Fer de George R.R. Martin.

Les personnages sont nombreux, il faut le temps de se familiariser avec chacun histoire de les recadrer aisément. Mats Strandberg prend justement le soin de faire monter la pression lentement, de fait le lecteur n’est jamais embrouillé à se demander qui est qui ou qui fait quoi.

Je ne vais pas m’appesantir sur chacun, disons simplement qu’il y en a des sympathiques, des moins sympathiques et des franchement méprisables. Mais le plus souvent nul n’est tout blanc ou tout noir, un peu comme dans la vraie vie en fait.
J’ai un un faible pour Albin et Lo (même si au départ elle est un peu tête à claques, une ado quoi !), deux enfants confrontés à un monde d’adultes qui se délitait déjà avant même que les choses ne virent au cauchemar.

Comme indiqué plus haut, l’auteur opte pour un rythme de diesel. Il prend le temps de poser son cadre et ses personnages avant de répandre çà et là quelques gouttes d’hémoglobine. Loin d’être ennuyeuse, cette relative lenteur tendrait plutôt à faire monter l’angoisse, on attend avec une certaine appréhension le moment où la machine va s’emballer et où tout va aller de mal en pis. Parce qu’inévitablement, la situation ne peut que dégénérer et empirer.
Et effectivement quand la situation devient ingérable l’auteur change radicalement de rythme. Le bouquin devient hautement addictif, plus moyen de le lâcher avant de connaître le fin mot de l’histoire.

Un roman à réserver aux lecteurs qui ont le coeur bien accroché, l’hémoglobine coule à flots et l’auteur ne lésine pas sur certaines descriptions ; tout ce qu’il faut pour faire un bon récit horrifique à huis clos, les amateurs du genre apprécieront… les autres passeront leur chemin… ou vomiront leur quatre-heures et leur minuit aussi (merci à Renaud, à qui j’emprunte sans vergogne cette expression).

Un petit bémol pour finir, sur la forme davantage que sur le fond. J’ai parfois rencontré quelques lourdeurs dans le style et une typographie un peu anarchique. Je ne sais pas si la faute en incombe à l’auteur ou à la traductrice. Rien de franchement rédhibitoire, mais suffisant pour faire tiquer le maniaque que je suis.

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Publié par le 19 juillet 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Dan Simmons – Terreur

D. Simmons - TerreurJ’ai bien conscience que mon Stock à Lire Numérique est un véritable puits sans fond dont je ne viendrai sans doute jamais à bout. Je sais tout aussi pertinemment que, de fait, je passerai à certains de nombreux titres qui auraient pourtant mérité que je m’y attarde. Heureusement, de temps en temps, un certain Book Club (que certain(e)s jugeraient sans doute mal famé) permet à un de ces titres oubliés de sortir de la masse. Ce fut le cas ce mois-ci avec le roman Terreur de Dan Simmons.
Mai 1845, l’expédition Franklin (du nom de son commandant : John Franklin), composée du HMS Erebus (commandé par James Fitzjames) et du HMS Terror (sous le commandement de Francis Crozier), soit 138 officiers et matelots, quitte l’Angleterre pour explorer les iles arctiques et découvrir le fameux passage Nord-Ouest reliant l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Suite à un mauvais choix stratégique, les navires se retrouvent coincés dans les glaces au cours de l’hiver 1846. Un hiver qui n’en finit pas de durer. Outre une nature des plus hostiles et des conditions de survie de plus en plus difficiles, les marins vont devoir affronter une autre menace, une créature aussi mystérieuse qu’impitoyable qui va s’acharner à les détruire…
Un peu long comme mise en bouche, mais il me semblait important de replacer le contexte avant d’entrer dans le vif du sujet. Important, parce que dans ce roman Dan Simmons combine Histoire et fiction. L’expédition Franklin a en effet bel et bien existé, sa disparition reste à ce jour encore sujette à de nombreuses questions. John Franklin, Francis Crozier et James Fitzjames, entre autres, ont eux aussi été des personnages réels (disparus, comme le reste de l’équipage).
Si en vous lançant dans ce bouquin vous attendez (espérez ?) un page-turner, il y a de fortes chances que vous déchantiez rapidement. En effet dans la première partie il faut parfois s’accrocher pour y voir clair dans les différents sauts chronologiques d’un chapitre à l’autre ; j’ai aussi rencontré quelques longueurs dont je me serai volontiers passé. Bin oui, dans cette première partie moi aussi j’ai dû ramer et lutter pour m’en sortir ! Mais je ne peux que vous encourager à vous accrocher (quitte à survoler en diagonale certains passages), la suite le mérite largement.
Il faut attendre 1848 pour que les choses se décantent vraiment, mais une fois que l’intrigue passe le turbo le rythme est assuré quasiment jusqu’au clap de fin malgré quelques redondances (notamment dans l’énumération des victimes qui revient çà et là).
Au fil des pages le lecteur prendra conscience que dans cette intrigue il n’y a pas qu’un monstre, peut être réalisera-t-il même que la créature n’est peut être pas pire que certains humains ; pas toujours dans la cruauté, mais incontestablement dans les motivations.
Il faut attendre les derniers chapitres pour comprendre la nature de la bestiole et le pourquoi du comment de ses agissements. Jusqu’à la fin de son récit, Dan Simmons ne manquera pas de vous surprendre.
Pour la petite histoire au moment de la sortie du roman (2007) le mystère entourant l’expédition Franklin était d’autant plus intense que les épaves n’avaient pas été retrouvées ; il faudra attendre 2014 pour que l’Erebus soit localisé et identifié, et 2016 pour qu’il en soit de même avec le Terror.
SI vous souhaitez en savoir plus sur l’expédition Franklin, outre les sites cités en remerciements et le traducteur, je vous invite à consulter la page Wikipédia consacrée à l’expédition ainsi que celle du site Parcs Canada. Pas de méchante bestiole à l’horizon mais vous pourrez ainsi constater à quel point Dan Simmons a habilement combiné la réalité historique et la fiction.
Les fans pourront retrouver prochainement (courant 2017), une adaptation du roman en série télé, The Terror, diffusée par AMC (The Walking Dead) sur une saison de 10 épisodes de 60 minutes chacun. A l’heure qu’il est peu d’infos filtrent mais avec Ridley Scott à la production on peut être confiant quant au résultat.

C’est le quatrième roman de Dan Simmons que je lis, après Collines Noires, L’Echiquier Du Mal et Flashback,à chaque fois la (bonne) surprise est au rendez-vous, aucun roman ne ressemble de près ou de loin aux autres mais, quel que soit le registre, l’auteur semble parfaitement à l’aise et déploie un formidable talent de conteur.

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Publié par le 25 mai 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Neal Shusterman – La Faucheuse

N. Shusterman - la FaucheuseIl aura fallu un Book Club pour que je découvre le roman de Neal Shusterman, La Faucheuse. Premier opus d’une trilogie classée young adult (collection R de Robert Laffont).
Citra Terranova et Rowan Damisch sont deux adolescents qui ne se connaissent pas, mais qui ont pourtant rendez-vous le même jour, à la même heure, au même endroit… avec la même personne : Maître Faraday, un Faucheur. Ce dernier leur propose de les prendre comme apprenti, sachant toutefois que seul l’un d’entre eux pourra accéder au rang de Faucheur…
J’avoue sans complexe que j’ai tendance à fuir la littérature estampillée young adult, quels que soient l’éditeur et l’auteur. Mais bon face à l’engouement suscité par ce bouquin j’ai décidé de laisser mes réticences de côté et de céder à la curiosité. Et grand bien m’en a pris !
Contre toute attente j’ai tout de suite été happé par l’intrigue et les personnages, il faut dire que l’auteur sait s’y prendre pour ferrer ses lecteurs. Les rebondissements et autres revirements de situation ne manquent pas. Les chapitres sont courts, le style direct, on est immédiatement en immersion au coeur de l’intrigue. Franchement la lecture de ce bouquin fut une excellente surprise.
L’intrigue nous entraîne dans un futur indéterminé, la maladie et la mort ont été éradiquées, une intelligence artificielle assure une vie confortable à toute la population. Pour éviter tout risque de surpopulation, la Communauté des Faucheurs a été mise en place. Les Faucheurs doivent éliminer définitivement (ils préfèrent le mot glaner à tuer) un certain quota d’individus choisis selon leurs propres critères, mais en évitant, autant que possible, toute forme de discrimination. Une communauté régie par dix commandements, à la fois crainte et respectée de par les pouvoirs qui lui sont accordés.
Il ne faut que deux chapitres à Neal Shusterman pour poser les bases de son intrigue, dès le troisième Citra et Rowan seront confronté à un choix susceptible de changer à jamais leur vie. Ensuite l’auteur nous entraîne au sein de la Communauté des Faucheurs, on y découvre progressivement son fonctionnement. Mais aussi une communauté rongée par des tensions plus ou moins latentes entre Faucheurs et bien loin d’être aussi vertueuse qu’elle devrait l’être.
J’ai beaucoup aimé les personnages de Citra et Rowan, de prime abord tout les oppose, mais ils finiront rapidement par se serrer les coudes au fil de leur apprentissage. Je ne peux malheureusement guère m’étendre sur l’évolution des personnages, car cela m’obligerait à révéler un tournant décisif de l’intrigue.
Pour ceux qui seraient frileux à l’idée d’entamer une nouvelle série, sachez que ce tome se termine et peut se lire comme un one-shot. Même en l’absence de cliffhanger, je suis convaincu que, comme moi, il vous tardera de découvrir la suite… mais il vous faudra être patient, le tome 2 est annoncé en VO pour le dernier trimestre 2017.
Maintenant que je sais que le young adult peut réserver de belles surprises, il est peut-être tant que je sorte ma trilogie Kaleb des méandres de mon Stock à Lire Numérique. Le titre, signé Myra Eljundir a lui aussi publié dans la collection R, cerise sur le gâteau, l’auteure n’est autre que Ingrid Desjours.

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Publié par le 24 avril 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Lincoln Child – La Bête D’Alaska

L. Child - La Bête d'AlaskaPetit changement de dernière minute dans mon périple en compagnie de l’éditeur Ombres Noires, plutôt que de revenir à Michaël Mention pout cette ultime (mais temporaire) étape, j’ai privilégié la découverte en optant pour La Bête D’Alaska de Lincoln Child.
Au cours d’une expédition en Alaska, une équipe scientifique découvre une créature difficilement identifiable prise dans une gangue de glace. Les sponsors de l’expédition, une chaîne de télévision, décident d’exploiter le filon que représente une telle expédition en tournant un documentaire. L’arrivée des équipes de tournage dans l’ancienne base militaire va quelque peu bouleverser le quotidien des scientifiques…
C’est le premier roman de Lincoln Child que je lis, je ne savais donc pas vraiment à quoi m’attendre. L’intrigue faisant intervenir un personnage récurrent de l’auteur (Jeremy Logan, énigmologue de son état) j’ai supposé un thriller plus ou moins ésotérique façon Da Vinci Code. Et bien que nenni, point vraiment d’énigme ou de symbole à déchiffrer, en lieu et place l’auteur nous propose un thriller fantastique qui n’est pas sans rappeler le film The Thing de John Carpenter (1982).
Pour rester au chapitre des énigmes la série Jeremy Logan compte actuellement quatre titres, tous dispo en français. Bien que La Bête D’Alaska soit le dernier en terme du publication en français, il est le second de la série en version originale. Les tomes 1 et 3 ont été publié par Michel Lafon (respectivement en 2007 et 2013), c’est Ombres Noires qui prendra le relais en 2015 pour le quatrième opus, avant de nous proposer ce « chaînon manquant » en 2016.
Petite piqûre de rappel pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas The Thing, le film confronte une équipe scientifique isolée dans une station de recherche en Antarctique à un monstre surgelé qui a décidé de sortir de son long sommeil cryogénique.
Remplacez l’Antarctique par l’Alaska et vous obtenez le même cadre aussi isolé que inhospitalier. Saupoudrez le tout de quelques humains qui font autant de cibles potentielles. Lâchez une méchante bestiole au milieu de tout ce petit monde. The show must go on !
Force est de reconnaître que dans ce second volet de ses aventures notre énigmologue se fait voler la vedette par les chercheurs (Evan Marshall fait davantage office de personnage central de l’intrigue) mais aussi par les militaires et l’équipe de tournage. Sans doute le climat qui ne lui convient pas…
A défaut d’être totalement novatrice l’intrigue reste maîtrisée et suffisamment addictive pour que l’on ait envie d’en savoir plus et de connaître le fin mot de l’histoire. La galerie de personnages offre des personnalités diverses et variées, certains vous seront sympathiques, d’autres un peu moins et d’autres carrément exécrables. Là encore on a ce qu’il faut pour nous donner envie d’aller toujours plus en avant dans le récit.
Enfin l’auteur profite de son intrigue, et de son cadre, pour nous sensibiliser au réchauffement climatique. Confortablement vautrés dans nos canapés le concept peut nous sembler très théoriques, d’autres subissent rudement cette triste réalité. D’autres thèmes scientifiques et humains sont abordés avec plus ou moins de profondeur.
Un bon moment de lecture sans pour autant être indispensable. Suffisant toutefois pour me donner envie d’aller plus avant dans l’univers littéraire de Lincoln Child (en solo ou en duo avec Douglas Preston) et de m’intéresser de plus près au cas Jeremy Logan.

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Publié par le 21 décembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stefan Petrucha – Deadpool : Apocalypse Chiots

S. Petrucha - DeadpoolJe connaissais bien des déclinaisons de l’univers Marvel (comics, films, séries TV ou encore dessins animés) mais jamais encore je n’avais vu une adaptation en roman. Une idée que l’on doit aux éditions Huginn & Muninn et c’est sous la plume de Stefan Petrucha que Deadpool fait ses premiers pas romanesques avec Apocalypse Chiots, une aventure aussi déjantée que son (super) héros.
Quand d’adorables chiots se transforment en mutants géants et destructeurs, le SHIELD n’a d’autre choix que de faire appel à Deadpool pour affronter une pareille situation de crise. Sa mission : trouver les chiots avant qu’ils ne se transforment et neutraliser les mutants… et rien que les mutants !
Au risque de décevoir les puristes j’ai découvert le personnage de Deadpool via le film homonyme et j’ai tout de suite accroché à cette personnalité complètement déjanté et à un univers très second degré. Enooorme coup de coeur pour le film mais malgré tout j’avais quelques doutes quant à une adaptation en roman.
Bien entendu le bouquin est écrit à la première personne, Deadpool, parfaitement conscient d’être un personnage de fiction, s’adresse directement au lecteur avec son franc parler habituel et son humour ravageur (le tout bien – trop ? – aseptisé afin de toucher un public plus large). Notre mercenaire sociopathe s’offre même le luxe d’être un tantinet schizo, à ce titre il est fait un très bon usage des polices de caractère afin de d’identifier les voix qui cohabitent avec Deadpool et lui causent souvent. Il ne faudra que quelques pages pour balayer les doutes qui me titillaient.
Je n’irai pas non plus crier au chef d’oeuvre, disons que c’est une lecture agréable et divertissante (rires et sourires ont été de la partie), ce qui n’est déjà pas si mal. Une lecture qui m’a donné envie de revoir le film, il va falloir que je m’offre le blu-ray en attendant le second volet (prévu pour mars 2018).
Je ne m’attarderai pas sur l’intrigue qui n’est que prétexte à laisser Deadpool faire son numéro… un prétexte qui oscille entre l’absurde et le burlesque. A noter toutefois qu’en guest stars nous aurons le droit à un passage express mais remarqué de deux Avengers, Hulk et Spiderman.
L’éditeur a lancé sa collection Marvel avec deux univers qui ont cartonné au box office, le second roman de la collection, sorti en même temps que Deadpool, est en effet consacré aux Gardiens de la Galaxie. Peu à peu l’univers littéraire de Marvel s’étoffe avec les sorties de Civil War et de Dr Strange (encore des cartons au box office).

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Publié par le 7 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Bernard Werber – Demain Les Chats

B. Werber - Demain Les ChatsBernard Werber fait partie de mes incontournables, si en plus il met les chats à l’honneur dans son dernier roman, Demain Les Chats, tout est fait pour qu’il se retrouve au sommet de mon Stock à Lire Numérique, et ce malgré une rude concurrence dans la file d’attente (Stephen King, RJ Ellory, Donato Carrisi… entre autres).
Bastet mène sa paisible vie de chat avec son humaine dans un appartement de Montmartre, sa rencontre avec Pythagore, le chat de la voisine, va lui apporter un éclairage nouveau sur les liens qui unissent les chats et les humains. Plus que jamais Bastet est convaincue de la nécessité de communiquer avec les humains…
Si comme moi vous avez un chat et que vous aimez sa compagnie, vous avez certainement eu, plus d’une fois, la sensation qu’il vous considère comme son humain et non l’inverse (en aucun cas, il ne pourrait envisager d’être votre chat ou, pire encore, votre animal de compagnie… un statut bien trop dégradant pour sa noble personne). C’est en tout cas clairement la position de Bastet, la nouvelle héroïne de Bernard Werber.
Quand Pythagore va lui raconter l’évolution des relations entre les chats et les humains au fil des âges, elle sera tantôt confortée dans son idée, tantôt nettement plus dubitative. Il faut dire aussi que le chat ne fait pas les choses à moitié, il aura tour à tour été déifié puis diabolisé par les humains… Alors l’avenir de l’homme passe-t-il par le chat ?
Il faut bien reconnaître aussi que Bernard Werber ne place pas le genre humain dans la position la plus confortable qui soit. Son récit se situe en France dans un avenir incertain, le pays est déchiré par une déferlante d’attentats terroristes, on est aux portes de la guerre civile. L’ennemi n’est jamais nommé et ce n’est pas une nécessité : des barbus, fanatiques religieux, qui se regroupent sous un drapeau noir ; pas besoin de mettre un nom sur cette chose qui ne nous est que trop familière. La sagesse du chat est-elle la réponse à la connerie de l’humain ?
Si l’auteur prend (peut être) quelques libertés avec l’Histoire, nous ne lui en tiendrons pas rigueur, sa motivation est uniquement de mieux intégrer les faits à son intrigue. Un roman qui n’est certes pas destiné aux seuls ailurophiles (amoureux des chats, si, si ça s’appelle comme ça) mais clairement à un lectorat qui connaît et apprécie Bernard Werber. Ce n’est pas avec ce roman que l’auteur séduira un public plus large, on est clairement dans une histoire werberienne avec un style werberien.
Pour ma part je fais doublement partie du public visé, j’aime les chats et j’apprécie le travail de Bernard Werber. J’ai donc passé un agréable moment avec ce roman mais pour être totalement objectif je dirai que c’est un divertissement qui assure à peine plus que le minimum syndical, globalement ça aurait mérité un peu plus de densité pour emballer totalement le lecteur. Ca se lit vite et bien, aucun risque de surchauffe neuronale, le contrat est rempli mais il n’empêche qu’on a l’impression que l’auteur est resté dans sa zone de confort avec aucune prise de risque.

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jd3d

 
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Publié par le 24 octobre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Edith Couture Saint-André – Le Dernier Noël De Lucifer

ECSA - Le dernier noël de LuciferJe vous avais prévenu que vous retrouveriez très vite Mathilde et Lucy dans ces colonnes, et bien voilà qui est chose faite. Suite des aventures de cet improbable duo avec Le Dernier Noël De Lucifer, sous la plume d’Edith Couture Saint-André.
Surpriiise ! A peine rentrés de leurs vacances à Key West, Mathilde et Philippe sont convoqués au commissariat. Une certaine Lucy Feriale, arrêtée pour prostitution, affirme vivre chez eux. Et voilà nos deux tourtereaux plus ou moins contraints d’héberger une Lucy complètement désemparée. Et elle a de quoi, non seulement le Patron l’a virée, mais en plus elle est réduite à une condition de « simple humaine »…
Comme souvent en abordant une suite, je craignais une impression de déjà-vu, mais dès les premières pages l’auteure balaie mon appréhension en offrant au récit une tournure pour le moins inattendue. Mathilde et Philippe vont devoir se coltiner une colocataire pour le moins atypique, mais aussi et surtout une colocataire qui ignore tout du fonctionnement du corps humain et de la vie en société. Ca promet des moments de franche rigolade, à ce titre le premier repas de Lucy est un grand moment de franche poilade.
Ce second opus est peut être un tantinet plus « sérieux » que le premier mais rassurez-vous, les traits d’humour et/ou les piques ne sont jamais bien loin. Moins d’échanges sur le divin mais davantage sur l’humain ; le ton est différent mais toujours aussi agréable à lire et nous en met encore plein les zygomatiques.
Lucy, d’abord anéantie par sa condition humaine, va peu à peu s’habituer à ce nouvel état et aux multiples découvertes que cela lui réserve. Il n’en reste pas moins que comme colocataire elle est souvent une parfaite tête à claques. Mais qui sait, peut être finira-t-elle même par apprécier son humanité ?
Eté comme hiver, le duo Mathilde et Lucy (sans oublier Philippe et Sandy) est une garantie de bonne humeur avec parfois une pointe de cynisme (heureusement, il eut été dommage de se mettre à patauger dans la guimauve). Eté comme hiver leur mésaventures hors normes se lisent d’une traite. Oooh I feel good… one more time !
Bon allez je reconnais que la fin m’a fait un choc, mais avec le recul (pas trop long, je suis du genre à écrire mes chronique à chaud) elle est logique, voire s’imposait d’elle même. Bien entendu vous comprendrez que je ne puisse pas m’étendre davantage sur la question…
Une fois de plus je remercie Edith Couture Saint-André et ChrisEbouquin pour cette belle découverte et ces moments de lecture qui font du bien au coeur et à l’âme.

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Morceau choisi

Les règles de fonctionnement d’un homme selon Philippe (et il n’a pas complètement tort)…

« Les hommes ne savent pas lire dans les pensées. Ergo : les sous-entendus subtils ne marchent pas, les sous-entendus moins subtils ne marchent pas non plus, pas plus que les allusions. Dites-le, c’est tout.
« ‘Oui’ et ‘non’ sont des réponses parfaitement acceptables à pratiquement toutes les questions.
« Quand vous avez un problème, venez nous voir seulement si vous avez envie qu’on vous donne la solution. Si c’est pour vous plaindre, il y a les copines.
« Tout ce qu’on a pu dire il y a six mois ou plus est non recevable dans une engueulade. En fait, tout commentaire qu’on a pu émettre devient nul et non avenu au bout de sept jours.
« Dans la mesure du possible, dites ce que vous avez à dire pendant la pub.
« Sachez une fois pour toutes que les hommes ne voient que seize couleurs, celles des paramètres par défaut de Windows. Pour nous, ‘pêche’ est un fruit, pas une couleur. Pareil pour ‘pomme’ et ‘citron’. Sachez qu’on n’a aucune idée de ce qu’est le fuchsia.
« Si on vous demande ce qui ne va pas et que vous répondez « rien », on agira exactement comme si tout va bien. On sait que vous mentez, mais on s’en branle.
« Ne nous demandez pas à quoi on pense à moins d’être prête à parler foot, bagnoles ou jeux vidéo.
« Vous avez assez de fringues, vous avez trop de chaussures, nous sommes en forme, ‘Rond’ est une forme ».

Et en bonus (Mathilde et Philippe) :

Pétée de rire, je lui ai suggéré de rajouter une rubrique ‘lunette des chiottes’ :
« Si elle est levée vous l’abaissez comme une grande fille, on n’entend jamais gueuler un mec quand vous l’avez laissé baissée alors qu’on a besoin qu’elle soit levée. Foutez-nous la paix avec ça ».
« Je mets tout de suite sur la liste et j’ajoute l’incontournable : si tu penses que t’es grosse, c’est probablement vrai. Alors ne demande pas ».
Celle-là m’avait flinguée.
« Que penses-tu de : si quelque chose qu’on a pu dire peut être interprétée de deux façons différentes et que l’une d’elles te rend triste ou te met en colère, on voulait dire l’autre ? »

 
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Publié par le 22 septembre 2016 dans Bouquins

 

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