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Archives de Tag: Fantastique

[BOUQUINS] Shaun Hamill – Une Cosmologie De Monstres

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S. Hamill - Une Cosmologie De Monstres

Titre : Une Cosmologie De Monstres
Auteur : Shaun Hamill
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : USA
416 pages

De quoi ça cause ?

Au fil des chapitres Noah Turner nous raconte l’histoire de sa famille, et la sienne. Une histoire beaucoup moins ordinaire qu’il n’y paraît…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Tout me donnait envie de découvrir ce roman (titre, couverture, pitch et même le bandeau d’accroche), la vraie question serait donc de savoir pourquoi j’ai autant tardé. Mais comme le dit fort justement l’adage : « tout vient à point à qui sait attende ».

Ma Chronique

Bien qu’ayant une véritable envie de découvrir le roman de Shaun Hamill, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en l’ouvrant, on va dire que la référence aux univers de H.P. Lovecraft a fait son effet.

Difficile de parler de ce roman sans risquer de rompre le charme de la découverte, alors plutôt que de m’escrimer à vous décrire ce qu’il est, je vais commencer par vous dire ce qu’il n’est pas.

Si vous cherchez un roman d’horreur pur et dur, à savoir dégoulinant d’hémoglobine et/ou vous assurant le grand frisson, alors passez votre chemin. Le roman de Shaun Hamill ne saurait aucunement répondre à vos attentes.

L’auteur opte en effet pour une approche plus subtile et surtout beaucoup plus humaine, mettant avant tout l’accent sur la famille Turner. Une famille ordinaire que Shaun Hamill saurait vous faire aimer malgré ses failles. Une famille qui aurait pu n’avoir qu’à composer avec les aléas d’un quotidien pas toujours des plus cléments. Sauf que chez les Turner chaque drame est auréolé de mystère ; reste à savoir si ce mystère est le fruit d’une intervention surnaturelle ou le résultat d’un esprit dérangé (les antécédents familiaux ne manquent pas chez les Turner)

Outre une histoire de famille, Noah Turner nous invite à partager l’histoire d’une amitié (et plus si affinités) pas tout à fait ordinaire. Une amitié (réelle ou imaginée ?) avec des hauts et des bas, et beaucoup de questions sans réponse pour Noah.

Mais rassurez-vous ami(e)s lecteurs et lectrices, les réponses viendront en temps et en heure, et certaines ne manqueront pas de vous surprendre.

Quasiment de la première à la dernière page, le roman est nimbé de cette aura particulière qui fait son originalité et sa force. Mais pour l’amateur de littérature horrifique que je suis, j’ai trouvé que parfois l’intrigue, bien que très bien construite et aisée à suivre, manquait de piquant.

En refermant ce bouquin j’ai envie de redécouvrir les univers de Lovecraft et notamment tout ce qui tourne autour du mythe de Cthulhu. J’ai bien lu, il y a quelques années de cela, deux ou trois nouvelles mais je n’avais pas du tout été emballé par le style. On va lui donner une seconde chance en espérant que c’était un problème de traduction. Ça tombe bien j’ai justement les trois tomes de Cthulhu : Le Mythe, édités par Bragelonne dans une nouvelle traduction, qui hantent mon Stock à Lire Numérique.

À ma décharge, quant Margaret lis pour la première fois un texte de Lovecraft on ne peut pas vraiment dire qu’elle ait frôlé l’orgasme littéraire :

En revanche, il [Harry] avait visiblement un penchant pour le macabre et, au vu de cette prose aride et tarabiscotée, une endurance extraordinaire. Lovecraft lui parut presque illisible. Ses « personnages » n’avaient d’existence que sur la page et dans la mesure où l’auteur leur avait attribué un nom : jamais ils n’évoluaient ni n’entraient en interaction, comme des humains l’auraient fait. Dès qu’ils prenaient la parole, ils s’exprimaient à la manière de manuels scolaires anthropomorphisés venus de dimensions parallèles. La plupart des histoires semblaient tourner autour du thème de l’exploration d’une ruine ancienne, racontée par le seul survivant, devenu fou après avoir compris que les vestiges en question continuaient peut-être d’abriter une abomination primordiale quelconque. La langue, très chargée et truffée d’adjectifs, ne parvenait pas à approcher l’horreur terrifiante et l’effroi qui suintaient des illustrations de Visions de Cthulhu.

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 février 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stephen King – L’Institut

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S. King - L'Institut
Titre : L’Institut
Auteur : Stephen King
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : USA (2019)
608 pages

De quoi ça cause ?

Luke Ellis, un adolescent sans histoires, doté d’une très grande intelligence est kidnappé en pleine nuit par des inconnus, ses parents sont assassinés.

Il se réveille dans une chambre qui ressemble à la sienne mais n’est pas la sienne. Enfermé avec d’autres enfants au sein d’un mystérieux Institut.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Are you kidding me ? Stephen King ! What else ?

Ma Chronique

Sans me tromper je pense pouvoir affirmer que Stephen King est sans doute l’auteur que je suis le plus assidûment et depuis le plus longtemps ; ça fait en effet plus de 35 ans que je lui suis d’une fidélité presque sans faille (j’avais commencé la saga La Tour Sombre avant d’y renoncer après le troisième tome, il faudrait que je trouve le temps de la reprendre depuis le début et d’aller jusqu’au bout cette fois).

Après un dérapage mal contrôlé avec Sleeping Beauties, le King a su redresser la barre et revenir au top du top avec L’Outsider ; du haut de ses 72 printemps et après plus de 50 romans à son actif (sans compter les recueils de nouvelles, les nouvelles isolées et autres romans courts), saura-t-il maintenir le cap, voire même nous surprendre en nous invitant à découvrir son Institut ?

Est-il besoin de rappeler que Stephen King est particulièrement inspiré quand il s’agit de mettre en scène des enfants / adolescents, confrontés à une situation qui les dépasse ? Carrie, Shining, Charlie, Christine, Ça et j’en oublie sûrement (et encore, je fais abstraction des nouvelles) sont là pour illustrer, si besoin, mon propos. Le dénominateur commun de toutes ces histoires est la grande capacité d’adaptation, d’action et de réaction de ses jeunes héros une fois passé l’effet de surprise et un temps pour analyser et comprendre la situation. Si le schéma directeur est identique, il n’y a toutefois aucune impression de déjà-vu tant l’auteur varie les angles d’approches et les conséquences de chaque action (en bien ou en mal).

Toujours est-il que dans la première partie du roman nous ne croisons aucun enfant appelé à jouer un rôle majeur dans le déroulé de l’intrigue. Tim Jamieson, un ex-flic de Sarasota (Floride) embarque dans un avion à destination de New York. Un concours de circonstances pour le moins inopiné le conduira à quitter l’avion et à entamer un road-trip en auto-stop sans but précis, sinon celui de rejoindre New York. Se laissant guider par les hasards de la vie et de la route, il débarque à DuPray (Caroline du Sud).

La seconde partie du roman nous embarque pour Minneapolis (Minnesota) où l’on fait la connaissance de Luke Ellis, un adolescent surdoué qui poursuit un quotidien pas tout à fait ordinaire mais sans histoires. Jusqu’à ce qu’il soit enlevé et reprenne connaissance à l’Institut, une structure isolée au fin fond des forêts du Maine… Les choses sérieuses peuvent alors commencer.

Stephen King prend le temps de poser son cadre et ses personnages pour bien nous faire comprendre (et haïr) le fonctionnement de l’Institut. Les méthodes des soignants et des gardiens ne sont pas sans rappeler celles des camps de concentration nazis ; tout comme la raison d’être de l’institut selon ses responsables. Sans aller jusqu’à parler de manichéisme (souvent reproché à l’auteur), on ne peut que prendre fait et cause pour les enfants et détester la plupart des adultes présents dans cette structure qui échappe à tout contrôle officiel.

Si l’intrigue se dessine en mode diesel (sans toutefois jamais susciter le moindre ennui chez le lecteur), une fois que les choses se mettent en branle le rythme du récit change radicalement, l’auteur enclenche le mode supraluminique. Et le lecteur se retrouve dans l’incapacité de quitter le navire avant de connaître le fin mot de l’histoire.

Pour répondre à la question que je posais au début de cette chronique, OUI, Stephen King confirme qu’il a encore plus d’un atout dans sa manche. OUI, il nous propose un récit qui flirte avec le sans-faute. OUI, il réussit encore à convaincre et à surprendre le lecteur.

J’ai lu çà et là quelques reproches concernant le côté engagé de l’auteur (il n’a jamais caché mépriser au plus haut point Donald Trump), sur le coup ça ne m’a pas dérangé outre mesure. Il est libre, comme tout un chacun, de ses opinions et les exprimer ; L’Institut est loin d’être un roman militant, le côté engagé du récit est plus anecdotique qu’autre chose (c’est en tout cas comme ça que je l’ai perçu en tant que lecteur français lambda).

Et Tim Jamieson alors ? Soyez assuré qu’il n’était pas là par hasard…

Incontestablement cette cuvée 2020 du King est un grand cru AOC ! À Consommer sans modération et de toute urgence !

MON VERDICT

 
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Publié par le 12 février 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Neal Shusterman – Le Glas

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N. Shusterman - Le Glas

Titre : Le Glas
Série : La Faucheuse – Tome 3
Auteur : Neal Shusterman
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2019
Origine : USA
720 pages

De quoi ça cause ?

Maître Goddard est enfin arrivé à ses fins, plus rien ni personne ne peut faire obstacle à sa soif de pouvoir et à l’expansion de son Nouvel Ordre.

Des Faucheurs de la Vieille Garde refusent encore de lui prêter allégeance mais ils sont de moins en moins nombreux, et surtout il leur manque une figure de proue pour les fédérer.

A l’inverse les Tonistes se sont réunis derrière un mystérieux prophète qui se fait appeler Le Glas ; et si c’était lui la réponse à la menace que représente Maître Goddard. D’autant que Le Glas est le seul humain avec qui le Thunderhead accepte de communiquer.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’il s’agit de l’ultime opus de la trilogie La Faucheuse et qu’il me tarde de connaître le fin mot de l’histoire… surtout après le final explosif du tome précédent.

Ma Chronique

Et dire que j’ai bien failli ne jamais lire cette trilogie, je serai passé à côté de quelque chose qui mérite vraiment le détour ; comme quoi il ne faut pas toujours se fier aux étiquettes. Dans le cas présent c’est l’étiquette young adult qui me rebutait, je fais un blocage sur la littérature jeunesse. Heureusement qu’un Book Club est passé par là pour me convaincre de surmonter mes a priori.

Afin d’éviter tout spoiler je vais volontairement faire court et rester, autant que faire se peut dans le vague.

Au commencement était le Verbe… Ah non, merde ! Ça c’est une autre histoire…

Dés le début du récit l’intrigue part dans plusieurs directions. Les Tonistes se rassemblent autour de leur nouveau prophète, Le Glas (The Toll en anglais… ça devrait vous donner un indice quant à son identité). Une mission de récupération des reliques d’Endura est conduite par Maître Possuelo, Faucheur de la région d’Amazonie. Maître Faraday et sa complice Munira savent désormais où se situe l’angle mort du Thunderhead et espèrent trouver l’ultime recours prévu par les Maîtres Fondateurs.

Les choses se mettent en place lentement mais sûrement avant de s’assembler. Neal Shusterman donne le ton d’entrée de jeu en installant une ambiance aussi sombre que tendue. Et ça va aller crescendo au fil des coups de sang de Maître Goddard, plus imprévisible et plus incontrôlable que jamais.

Une intrigue menée de main de maître qui nous réserve bien des surprises et quelques brusques poussées d’adrénaline. On voulait du lourd pour clore cette trilogie en beauté, l’auteur va au-delà de nos espérances !

Bien entendu on retrouve avec plaisir un bon nombre de personnages déjà croisés dans les deux précédents tomes. Si vous vous inquiétez du devenir de Citra et Rowan, je dirai simplement que l’illustration de Kevin Tong en couverture répond à la question même si les apparences peuvent parfois être trompeuses…

Neal Shusterman introduit aussi de nouveaux venus, dont certains, tels le/la capitaine de navire Jerico Soberanis et l’ex agent Nimbus Loriana Barchok, seront appelés à jouer un rôle majeur dans le déroulé de l’intrigue.

Le roman le plus dense et le plus intense de la trilogie, il fallait bien ça pour conclure en apothéose une trilogie qui flirte avec l’excellence.

Une adaptation pour le cinéma est en chantier mais pour le moment on sait que c’est Universal qui a les droits, ni date de sortie, ni casting… Pas pour tout de suite donc, mais je suis curieux de voir ce que ça pourrait donner.

MON VERDICT

 
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Publié par le 10 décembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Bernard Werber – Sa Majesté Des Chats

AU MENU DU JOUR

B. Werber - Sa Majesté Des Chats

Titre : Sa Majesté Des Chats
Série : Les Chats – Tome 2
Auteur : Bernard Werber
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
464 pages

De quoi ça cause ?

« Un jour, vous les humains, vous comprendrez que nous les chats devons prendre votre place. Alors moi, Bastet, je serai votre Reine. »

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que je suis un fidèle lecteur de Bernard Werber, depuis Les Fourmis j’essaye de répondre présent à chaque nouvelle sortie… même si le rythme ne suit pas forcément au niveau de mes lectures.

Parce que c’est la suite de Demain Les Chats, il me tardait de retrouver les chats Bastet et Pythagore, mais aussi leur humaine (ou peut-être devrai-je dire servante pour parler comme les chats), Nathalie. Ce premier opus m’avait quelque peu laissé sur ma faim, j’espérais beaucoup de la suite des aventures félines imaginées par l’auteur.

Ma Chronique

Demain Les Chats m’avait séduit malgré un arrière-goût assez minimaliste, l’impression que Bernard Werber s’aventurait sur les sentiers de l’aventure féline en se contentant du minimum syndical. Il n’empêche que quand j’ai appris que l’auteur comptait faire de ce périple félin une trilogie, j’ai été plutôt enthousiaste. C’est donc confiant que je me suis lancé dans ce second opus.

Une fois de plus c’est Bastet qui nous raconte miaule son épopée post Effondrement, une chatte plus que jamais persuadée que l’avenir du monde repose désormais sur les épaules des chats… chats dont elle entend bien, en toute modestie, être la souveraine incontestée. Mais avant ça il lui faut trouver un abri hors de portée de l’obscurantisme des barbus et aussi des rats, dont le nouveau chef, semble avoir réussi à fédérer une puissante horde qui lui est dévouée corps et âme.

Je reconnais volontiers que parfois j’ai eu envie de balancer seau d’eau glacée à la tête de cette narratrice féline imbue d’elle-même au plus haut point et d’un ego démesuré. Heureusement que son compagnon d’aventures, Pythagore, est là pour lui remettre les pieds sur Terre.

Il faut dire que nos amis les chats et leurs accompagnateurs humains n’auront pas beaucoup de temps pour souffler, leur périple sera riche en surprises (bonnes ou mauvaises) et en rencontres (bonnes ou mauvaises) pour le moins inattendues.

Incontestablement l’intrigue de ce second opus est nettement plus dense et intense que dans le précédent, le rythme est soutenu et quasiment continu de la première à la dernière page.

Les chapitres propres à l’intrigue alternent avec les extraits de l’ESRA (Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu) chère à Bernard Werber. Ils s’intègrent à la perfection au récit sans jamais venir casser le rythme.

Une intrigue nettement plus sombre que la précédente, mais l’auteur dispense çà et là quelques touches d’humour bienvenues.

Du coup il me tarde vraiment de découvrir l’ultime opus de cette trilogie, d’autant que la fin de ce second tome est des plus prometteuse quant à la suite des événements…

MON VERDICT

 
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Publié par le 5 novembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Anonyme – Que Le Diable L’Emporte

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Anonyme - Que Le Diable L'>Emporte

Titre : Que Le Diable L’Emporte
Auteur : Anonyme
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA
400 pages

De quoi ça cause ?

JD, surtout connu comme étant le Bourbon Kid, et Beth essayent au mieux de mener une vie aussi normale que faire se peut. Pas évident quand on a le FBI aux trousses, mais aussi et surtout Scratch, le diable, qui n’a pas vraiment apprécié que le Kid la lui fasse à l’envers…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La question ne se pose même pas. C’est le retour du Bourbon Kid, la saga la plus déjantée et la plus jouissive qu’il m’ait été donné de lire. Dès la première apparition du Bourbon Kid (Le Livre Sans Nom) j’ai été emballé par cet univers complètement barré, depuis je suis accro et je n’ai jamais été déçu…

Ma Chronique

Une fois n’est pas coutume, je vais faire mien l’avertissement qui figure en quatrième de couv’ : Vous êtes bien-pensant ? Conformiste ? Poli, honnête et respectable ? Vous voulez le rester ? N’ouvrez jamais ce livre.

Force est de reconnaître que notre anonyme préféré revient au top de la forme ! Plus barré que jamais. Plus trash que jamais. Plus irrespectueux que jamais ! Bref, c’est tout ce qu’on aime en version XXL.

Outre le Kid et Beth, les Dead Hunters (Rodeo Rex, Elvis et Jasmine) seront aussi de la partie, ainsi que l’inénarrable Sanchez et sa petite amie, Flake. Bien entendu il faudra aussi compter avec le diabolique Scratch, déterminé à faire payer le prix fort au Kid qui l’a roulé dans la farine en se faisant passer pour mort.

Bien entendu il faudra aussi compter avec de nouveaux personnages, vous croiserez notamment un certain comte Dracula qui en verra de toutes les couleurs (mais aussi et surtout de toutes les odeurs).

Tout ce beau monde vous invite à les rejoindre dans un voyage en absurdie où tous les coups sont permis, et ils ne se refusent rien quand il s’agit de mettre de l’ambiance ! Est-il besoin de préciser que l’intrigue du présent roman est totalement déjantée ? Les amateurs du Bourbon Kid se régaleront et n’en finiront pas de se marrer… Et les autres ? Quels autres ? Ils n’existent pas…

Je ne résiste pas à l’envie de partager un de ces moments de poésie en prose fleurie dont le roman foisonne :

Sentant que son cul commençait à transpirer sérieusement sous la pression de l’interrogatoire de Flake, Sanchez porta sa main à son slip pour l’extraire de sa raie, et se sentit immédiatement soulagé.

C’est beau, non ?

Cette cuvée 2019 du Bourbon Kid est incontestablement un grand cru qui régalera les amateurs (oui je sais, je l’ai déjà dit).

Le roman peut sans doute se lire indépendamment des autres mais pour l’apprécier pleinement je pense qu’il vaut mieux connaître la saga depuis ses débuts ; et puis ce serait dommage de se priver de ces romans purement et simplement jouissifs.

L’auteur, étonnamment toujours aussi anonyme qu’à ses débuts, fidèle à son habitude, termine son roman par un énigmatique et prometteur FIN (peut-être…). Pour ma part je ne serai pas surpris de retrouver prochainement le Kid pour une ultime (?) mission ; d’une part parce qu’il en fait la promesse à la fin du présent roman, d’autre part parce que les cartes ont été redistribuées afin d’équilibrer la partie…

Pour l’anecdote j’avais sollicité ce bouquin via Net Galley, mais pour une raison X ou Y qui m’échappe, depuis le mois dernier Sonatine rejette toutes mes demandes alors qu’auparavant ils avaient plutôt tendance à les accepter systématiquement. Je vais voir si cela se confirme à l’avenir, au cas où je les contacterais afin d’avoir une explication (ça ne me traumatise pas outre mesure, mais j’aime comprendre le pourquoi du comment des choses).

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Coup double

 
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Publié par le 31 août 2019 dans Trucs en vrac

 

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[BOUQUINS] David Mitchell – Slade House

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D. Mitchell - Slade House
Titre : Slade House
Auteur : David Mitchell
Éditeur : Éditions de l’Olivier
Parution : 2019
Origine : Angleterre (2016)
272 pages

De quoi ça cause ?

Slade House n’est accessible que pendant quelques jours, une fois tous les neuf ans. Le temps pour ses habitants, les jumeaux Norah et Jonah Grayer, d’y attirer leur future victime afin de se repaître de son âme.

Ainsi, entre 1979 et 2015, cinq individus (et quelques dommages collatéraux) tenteront résoudre l’énigme des disparus de Slade House…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

De David Mitchell je connaissais essentiellement La Cartographie Des Nuages et plus d’une fois j’ai été tenté de le lire ne serait-ce que pour avoir des éléments de comparaison avec son adaptation cinématographique Cloud Atlas réalisée par les Wachowski (initialement des frères, puis frère et sœur et aujourd’hui sœurs) et Tom Tykwer. Finalement, ayant trouvé que le film était une totale réussite je n’ai jamais franchi le pas de peur d’être déçu.

J’ai, au fil des temps, laissé passer quelques titres de l’auteur en me promettant de m’y mettre un jour ; c’est désormais chose faite avec son dernier roman en date.

Ma Chronique

Avec Slade House David Mitchell s’attaque à un grand classique du genre fantastique / horrifique en remettant sur le devant de la scène la maison hantée. Faire du neuf avec du vieux peut s’avérer payant à condition d’éviter l’impression de déjà-vu ; un écueil que l’auteur contourne sans mal en revisitant le thème avec une approche plutôt originale.

Le roman s’échelonne entre 1979 et 2015 et recense donc les cinq dernières apparitions de Slade House, chacune correspondant à une partie du récit. Outre la fameuse maison et le domaine qui l’entoure, la continuité de l’intrigue est assurée par les jumeaux maléfiques qui endosseront, selon leurs besoins, diverses personnalités leur permettant d’arriver à leurs fins (fin qui consiste justement à apaiser leur faim).

Cinq parties rédigées à la première personne, donnant la parole à chacune des victimes pour les quatre premières, et à Norah Grayer pour la dernière. Des approches différentes selon le narrateur et selon l’époque qui permettent à l’auteur de jouer avec divers arcs narratifs.

J’avoue que de prime abord je n’ai pas été emballé, c’est plutôt bien écrit et la lecture reste relativement fluide à défaut de susciter un réel intérêt. Heureusement que plus on avance dans le temps, plus les histoires deviennent intéressantes et plus on a envie de connaître le dénouement. La fin de la première partie sauve in extremis notre intérêt et notre curiosité de la léthargie qui les menaçait ; dès la seconde partie, ça ne fera qu’aller crescendo.

Le choix des victimes ne doit rien au hasard, les jumeaux Grayer ne se rabattent pas sur le premier quidam qui aurait la déveine de croiser leur chemin. Il leur faut des âmes suffisamment riches et denses pour les sustenter jusqu’à la prochaine apparition de Slade House.

Adeptes de l’horreur, si vous cherchez le grand frisson vous pouvez passer votre chemin. N’espérez avoir le sang qui se glace et le poil qui se hérisse au cours de votre lecture. Les Grayer ne se nourrissent que de l’âme de leurs victimes (point de festins de chair et de sang au menu), même si ce n’est pas forcément une partie de plaisir pour leurs proies, la description qu’en fait l’auteur serait presque poétique.

Au final j’ai apprécié cette découverte, ça m’a même donné envie de lire les autres romans de l’auteur, notamment L’Âme Des Horloges et Les Mille Automnes De Jacob Zoet qui semblent avoir un lien (même s’il est ténu) avec le présent roman.

Le hasard a voulu qu’au cours de mes pérégrinations sur le Net, je sois tombé simultanément sur deux versions du roman. La version française publiée par les Éditions de l’Olivier (c’est sur elle que j’ai jeté mon dévolu) et la version québécoise diffusée par les Éditions Alto sous le titre Cette Maison (cf la couverture ci-dessous).

D. Mitchell - Cette Maison

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Publié par le 6 août 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stuart Turton – Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle

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S. Turton - Les 7 morts d'Evelyn Hardcastle

Titre : Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle
Auteur : Stuart Turton
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Angleterre (2018)
544 pages

De quoi ça cause ?

Le narrateur reprend conscience au cœur d’une forêt, une femme est poursuivie par un homme, un coup de feu est tiré.

L’homme est plus confus que jamais, d’autant qu’il n’a aucun souvenir, ni de son identité ni de son passé, sinon un prénom qui lui revient en boucle : Anna.

Il ne le sait pas encore, mais il vient de pénétrer dans un cycle infernal sur lequel il n’a aucun contrôle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine et que la quatrième de couv’ de ce roman a particulièrement titillé ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Vous connaissez sans doute l’adage qui affirme que « la vie est un éternel recommencement« , mais connaissez-vous la citation complète dont il est extrait ? Il semblerait en effet que ce soit l’auteure québécoise Fleurette Levesque qui ait écrit : « La vie étant un éternel recommencement, seule l’acceptation de la défaite signifie la fin de tout. Tant et aussi longtemps que l’on sait recommencer, rien n’est totalement perdu. »

Merci Google, pour cette minute culturelle. J’avoue humblement et sans complexe qu’avant d’écrire cette chronique je n’avais jamais entendu parler de Fleurette Levesque… et que, ici et maintenant, je n’en sais pas davantage sur cette brave dame. Mais rassurez-vous, cela ne m’empêchera pas de dormir !

N’allez pas croire que je digresse à tort et à travers, cette citation illustre parfaitement la situation dans laquelle se retrouve le héros (malgré lui) de ce roman. En effet Aiden Bishop (c’est son nom, même si lui-même ne le découvrira que plus tard) est condamné à revivre la même journée endossant à chaque fois le corps et la personnalité d’un des hôtes du domaine de Blackheath. Pour se libérer de cette malédiction, il dispose de huit jours (et donc huit incarnations) pour résoudre l’énigme entourant la mort d’Evelyn Hardcastle, la fille des maîtres des lieux ; s’il échoue, le cycle repartira à zéro.

Même si les règles du jeu échappent totalement à Aiden Bishop, pas question pour lui de se résigner. Dans un premier temps il sera tenté de vouloir échapper de lui-même à ce funeste sort… avant de comprendre que la fuite est tout bonnement impossible. Par la suite il mettra tout en oeuvre non seulement pour identifier le responsable de la mort d’Evelyn Hardcastle, mais aussi pour la sauver d’une mort qui semble pourtant inéluctable.

A chaque incarnation Aiden Bishop hérite des forces et faiblesses (qu’elles soient physiques ou psychologiques) de son hôte. Chaque fois il se souvient de tout ce qu’il a vécu avec ses hôtes précédents, ce n’est qu’en mettant bout à bout les pièces du puzzle qu’il pourra quitter Blackheath.

Ajoutez à cela un maître du jeu dissimulé sous un costume de médecin de peste, un maléfique valet de pied qui ne reculera devant rien pour faire échouer la mission d’Aiden Bishop, autant de suspects qu’il y a d’invités… et vous aurez un aperçu (de nombreuses autres surprises vous attendent au fil des chapitres) de ce que vous réserve ce roman pareil à nul autre.

Ah oui j’oubliais, même si Stuart Turton ne situe pas précisément son intrigue dans le temps, on devine aisément que nous sommes au cœur de l’Angleterre victorienne. Un détail certes, mais qui ajoute un charme certain à ce bouquin.

On se retrouve projeté dans un huis clos qui pourrait laisser penser à une partie de Cluedo grandeur nature, mais avec des règles du jeu complètement réécrites par un esprit né d’un croisement improbable entre Agatha Christie et H.G. Wells.

C’est volontairement que je ne fais aucun rapprochement avec d’autres œuvres (romans ou films) ayant un thème apparemment semblable ; avec Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle l’auteur nous offre un premier roman particulièrement audacieux qui, au risque de me répéter, impose un cachet unique. Un roman qui joue habilement aussi bien avec les règles des genres (policier et fantastique/science-fiction) qu’avec l’échelle temporelle (je vous laisse découvrir le pourquoi du comment de ce dernier point).

L’intrigue policière est menée de bout en bout de main de maître, il faut dire que l’auteur nous propose une sacrée galerie de personnages peu recommandables, tous plus roublards ou manipulateurs les uns que les autres. Chacun traîne ses casseroles et ses secrets, toujours prompt à trahir les autres pour se protéger. Difficile de savoir avec certitude à qui se fier au sein de ce grand bal des faux-culs.

Bien malin(e), celui ou celle qui saura démêler cet incroyable écheveau afin de découvrir la vérité, faire le tri entre les fausses pistes et les vrais indices, faire tomber le voile des apparences qui recouvre le domaine de Blackheath et ses invités.

De tout ce que j’ai vu le premier jour, qu’est-ce qui était réel ? Quelqu’un était-il vraiment ce qu’il prétendait être ? Je croyais que Daniel et Evelyn étaient amis, et que le médecin de peste était fou, et que j’étais un médecin nommé Sebastian Bell, dont le principal problème était d’avoir perdu la mémoire. Comment aurais-je pu savoir que tout cela n’était que les positions de départ d’une course dont personne ne m’avait dit que je la courais ?

Soyez assuré que jusqu’au bout ce bouquin vous réservera des rebondissements totalement inattendus et des revirements surprenants. Pour ma part j’ai été complètement bluffé du début à la fin, j’ai adoré ce cocktail fort justement dosé entre policier et fantastique. Si je ne devais retenir qu’un mot pour qualifier ce roman, j’opterai sans hésitation pour génial.

MON VERDICT

En aparté

Je me permets, en guise d’aparté, petit clin d’œil à propos des traductions.

Nul n’a jamais vraiment compris pourquoi le roman de Jim Thompson Pop. 1280 en VO s’est retrouvé traduit par 1275 Âmes en VF ; avant que justice ne lui soit rendue avec une nouvelle traduction intégrale sous le titre Pottsville, 1280 Habitants.

Dans le cas présent ce n’est pas la version française du titre qui interpelle, la VF étant la traduction littérale du titre original, The Seven Deaths Of Evelyn Hardcastle ; qui, dans son édition américaine, devient The 7½ Deaths Of Evelyn Hardcastle… Reste à définir le concept de demi-mort.

Je connais pour ma part la petite mort qui désigne parfois l’orgasme (bien qu’à l’origine l’expression était à usage médical pour faire état d’un évanouissement ou de frissons nerveux).

Inutile de me remercier pour cette seconde minute culturelle, c’est un cadeau de la maison.

 
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Publié par le 27 mai 2019 dans Bouquins

 

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