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Archives de Tag: Fantastique

[BOUQUINS] Stephen King – Élévation

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S. King - Elévation
Titre : Élévation
Auteur : Stephen King
Éditeur : Le Livre de Poche
Parution : 2019
Origine : USA (2018)
160 pages

De quoi ça cause ?

Scott Carey perd inexorablement du poids sans que cela n’affecte son apparence physique. Il se confie à son ami Bob Ellis, médecin à la retraite, qui ne peut que constater l’impossible vérité.

Dans le même temps, Scott décide de partir en croisade contre les préjugés dont sont victimes ses voisines, un couple de lesbiennes qui vient d’ouvrir un restaurant. Préjugés qui menacent gravement l’avenir du restaurant.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Stephen King, what else ?

Ma Chronique

Ce n’est pas la première fois que Stephen King confronte ses lecteurs à une perte de poids inexplicable ; c’est en effet en 1987 que le public français découvre le roman La Peau Sur Les Os signé Richard Bachman. Plus de trente ans plus tard, il remet ça avec Élévation ; un thème central identique, mais deux intrigues et deux approches radicalement différentes.

Avec ce court roman Stephen King nous livre un plaidoyer pour la tolérance et le respect des autres. Le leitmotiv, un peu illusoire malheureusement, pourrait être de faire de nos différences une richesse en balayant définitivement les préjugés et en s’ouvrant aux autres. Incontestablement Élévation il y a donc par la grandeur d’âme du message porté.

Stephen King aurait pu jouer sur la dimension dramatique de son intrigue en mettant l’accent sur la peur de son personnage face à un phénomène inexplicable et dont l’issue semble inévitable (plus il perd du poids, moins la gravité a de prise sur lui) ; trop facile ! C’est bien plus audacieux de faire fi de cet aspect dramatique en dotant Scott d’un optimisme à toute épreuve, il ne se résigne pas às son sort, il l’accepte et décide d’en tirer le meilleur.

Un pari osé qui fonctionne impeccablement, le lecteur obéit à la même dynamique et en vient aussi à faire abstraction du côté dramatique, on se laisse porter par l’optimisme contagieux de Scott.

Le King soigne autant ses personnages que son intrigue. Il nous offre quelques pages d’une incroyable richesse, un condensé d’émotions 100% positives.

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stephen King – L’Outsider

AU MENU DU JOUR

S. King - L'Outsider
Titre : L’Outsider
Auteur : Stephen King
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : USA (2018)
576 pages

De quoi ça cause ?

Le viol et le meurtre sauvage du petit Frank Peterson secouent la petite ville de Flint City (Oklahoma). Toutes les preuves scientifiques accusent Terry Maitland, le populaire coach sportif ; il n’en faut pas davantage à la police et aux services du procureur pour décider de procéder à une arrestation spectaculaire.

Alors qu’ils pensaient que l’affaire serait rapidement bouclée, Terry Maitland réfute l’accusation ; non seulement il a un alibi en béton, mais de nombreux témoignages confirment sa version des faits…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Stephen King et que je suis un fan inconditionnel depuis des années.

Pour oublier la déception causée par son dernier roman, Sleeping Beauties, et retrouver un KING au sommet de son art.

Ma Chronique

Je n’ai jamais perdu foi dans le talent de Stephen King, je vais donc considérer que Sleeping Beauties aura été un accident de parcours. Un accident presque effacé par le très bon roman court, Gwendy Et La Boîte A Boutons, mais j’espérais beaucoup de son nouveau vrai roman.

Alors, verdict ? Est-ce que L’Outsider a fini de balayer mes doutes ? Sans hésitation la réponse est un grand OUI franc et massif. Avec ce roman on retrouve un Stephen King au summum de son art. La quintessence du King ! Et j’exagère à peine…

Histoire de donner le ton d’entrée de jeu, Stephen King ne vous fera pas passer par le pédiluve ; non, il vous balancera direct dans le grand bassin ! L’Outsider s’ouvre en effet sur un crime particulièrement sordide, sordide par son mode opératoire, mais aussi et surtout par sa victime qui est un gamin de onze ans.

Nous voilà donc en présence d’une enquête de police qui s’annonce plutôt conventionnelle pour les amateurs du genre… mais il ne faut pas se fier aux apparences, surtout quand le Maître du Jeu se nomme Stephen King. En fait d’office les choses paraissent trop évidentes pour être uniquement ce qu’elles paraissent être. Et la suite des événements ne tardera pas à nous donner raison.

Nous voilà en présence d’un accusé que tout accuse de façon irréfutable, et ce même accusé qui a un alibi tout aussi indiscutable… Exit le polar classique, bienvenue dans l’univers du King !

Même si le bouquin continue alors à ressembler à un polar pur et dur, il ne faut pas sortir de Normale Sup’ pour comprendre que l’explication ne peut être rationnelle. La vérité est ailleurs comme diraient les agents Mulder et Scully (X-Files).

Avant de nous plonger dans cet ailleurs, fortement teinté de fantastique, Stephen King va nous offrir une douche froide. Un rebondissement certes pas totalement imprévisible, mais auquel subsistait un mince espoir d’échapper… Décidément l’auteur semble plus déterminé que jamais à n’accorder aucun répit à ses lecteurs (et le pire c’est qu’on en redemande).

Je ne m’épancherai pas davantage sur l’intrigue, sachez simplement que l’auteur la mène de bout en bout d’une main de maître sans le moindre temps mort. Soyez assuré qu’il n’a pas fini de malmener ses personnages, et nous avec accessoirement.

Une bonne intrigue ne suffit pas toujours à faire un bon roman, il faut aussi que les personnages soient mitonnés aux petits oignons pour lier la sauce. Et en l’occurrence ils viennent littéralement sublimer l’intrigue, tant par leur profonde que par l’évolution (parfois contrainte et forcée… mais c’est pour la bonne cause) de leurs relations.

Fidèle à son habitude, Stephen King place au fil de son récit quelques références à ses précédents romans. Il va même un peu plus loin cette fois en faisant directement intervenir Holly Gibney dans le déroulé de son intrigue. Si vous avez lu la trilogie Bill Hodges, nul doute que vous vous souviendrez de son inénarrable acolyte (si vous ne l’avez pas encore lue, je vous suggère de vous ruer dessus, vous ne le regretterez pas).

Bien que Stephen King se revendique fan de Stanley Kubrick, il a toujours affirmé haut et fort qu’il détestait le film Shining, qui, selon lui, ne respecte pas l’esprit de son roman. Monsieur King aurait-il la rancune tenace ? Une remarque de Holly, en forme de pique, pourrait en effet le laisser supposer :

J’ai déjà vu Les Sentiers de la gloire une dizaine de fois, au moins. Un des meilleurs films de Kubrick. Bien meilleur que Shining et Barry Lyndon, si vous voulez mon avis.

Pour rester dans la catégorie des clins d’œil, j’ai du mal à croire que le panneau de signalisation « MARYSVILLE 1280 HABITANTS » soit une pure coïncidence ; la référence au roman de Jim Thompson, Pottsville, 1280 habitants, est un peu trop flagrante pour n’être que le fruit du hasard.

Chaque fois que j’ai dû me détacher de ce bouquin, je l’ai fait à regret tant il me tardait de découvrir la suite. Résultat des courses, il m’a fallu à peine plus de deux jours pour dévorer les presque 600 pages ; et encore, je suis convaincu que si je l’avais entamé en période de congés je me le serai avalé d’une traite.

Avec ce roman l’auteur s’offre une forme de retour aux sources tout en proposant une oeuvre totalement nouvelle et originale. De quoi définitivement rassurer son public, ses muses (quelles qu’elles soient) n’ont pas fini de lui inspirer de belles et terrifiantes histoires. Mais aussi et surtout des histoires d’une redoutable efficacité.

Même en voulant pinailler je ne parviens pas à trouver de reproches à adresser à ce roman ; comme je vous le disais au début de cette chronique, c’est la quintessence du King. Une totale réussite sans la moindre fausse note.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 21 février 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Nick Cutter – Little Heaven

AU MENU DU JOUR

N. Cutter - Little Heaven
Titre : Little Heaven
Auteur : Nick Cutter
Éditeur : Denoël
Parution : 2018
Origine : Canada (2017)
592 pages

De quoi ça cause ?

Quand Petty, la fille de Micah, est enlevé en pleine nuit, il sait qu’il ne pourra pas vaincre seul la chose qui lui a pris sa fille. Il fait appel aux seules personnes capables de l’aider face à cet ennemi, Eb et Minerva, des mercenaires, comme lui. Tous trois vont reprendre la route de Little Heaven dans l’espoir de sauver Petty et d’en finir avec cette abomination.

Quinze ans plus tôt, les trois amis ont déjà eu à affronter cette chose au cœur même de Little Heaven, une petite communauté religieuse qui vit coupée du monde. Un paradis qui se révélera rapidement ressembler davantage à une antichambre de l’Enfer plutôt qu’au jardin d’Eden…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

J’ai découvert Nick Cutter en 2016 à l’occasion de la parution de son roman Troupe 52. Les auteurs qui brillent dans la littérature horrifique sont rares, du coup quand on en trouve un, on n’a plus trop envie de le lâcher.

Ma chronique

Nick Cutter (Craig Davidson de son vrai nom) m’avait bluffé avec son précédent roman, Troupe 52, pour une première incursion dans la littérature horrifique, on peut dire qu’il avait fait fort, très fort même. Il en remet une couche avec Little Heaven ; sera-t-il à la hauteur de son aîné ?

Incontestablement la réponse est un OUI franc et massif. L’auteur parvient à aller encore plus loin dans l’horreur sans jamais donner l’impression de faire dans la surenchère gratuite. C’est trash, c’est gore, mais c’est pour les besoins de l’intrigue ; là où d’autres sombreraient dans le ridicule (voire le risible) à vouloir en faire des caisses, Nick Cutter évite cet écueil et nous propose un récit parfaitement maîtrisé. Essai transformé donc, la littérature horrifique peut s’enorgueillir de recevoir un nouveau cador du genre en ses rangs.

Je pense que vous l’aurez compris : âmes sensibles s’abstenir !

Une réussite qui doit beaucoup à son trio de héros pour le moins atypique. Et Dieu sait pourtant que réunir ces trois-là n’était pas une mince affaire ; en effet lors de leur première rencontre ils tentent vainement de s’entretuer. Blessés, ils se retrouveront dans une infirmerie de fortune en attendant que la police ne vienne les prendre en charge… sauf qu’ils ne l’entendent pas vraiment de cette oreille et seront contraints de faire équipe pour échapper à la prison.

C’est volontairement que je ne m’attarderai pas sur les personnages, pour faire simple on va dire qu’ils valent vraiment le détour, même s’ils loin d’être des saints, je suis sûr que vous les adopterez aussi vite que je l’ai fait. Pour le reste, à vous de le découvrir.

D’autres personnages sont appelés à jouer un rôle essentiel dans le déroulé de l’intrigue. Deux noms me viennent spontanément à l’esprit : Ellen et Amos. Vous ne pourrez qu’apprécier la première, tout comme vous ne pourrez que haïr le second. Sans oublier bien sûr les multiples entités qui hantent les bois voisins de Little Heaven.

Le récit alterne entre les événements présents (1980) et les flashbacks (1965-1966). C’est un trio vieillissant qui se retrouve pour affronter un mal qu’ils ne connaissent que trop bien. En examinant le découpage du bouquin, j’ai été étonné par l’importance (en nombre de pages) des événements passés (entre 75 et 80% du récit) par rapport à ceux du présent ; je craignais que l’intrigue actuelle soit quelque peu bâclée… J’ai été rapidement rassuré, tout s’imbrique impeccablement et même la fin apparaît alors comme la seule issue possible.

La désinvolture (parfois rien qu’apparente) des personnages et l’aspect décalé de certains dialogues apportent quelques touches d’humour bienvenues au milieu de ce déferlement de monstruosités en tout genre (dont certaines étant du seul fait des humains).

Le roman, dans son ensemble, dégage une ambiance très western, à commencer par ses héros qui font beaucoup penser aux cowboys solitaires chers au western spaghetti (bin oui, on est loin de notre brave poor lonesome cowboy qui tire plus vite que son ombre). Un western glauque et oppressant à souhait, mais aussi particulièrement riche en hémoglobine ; un cocktail détonnant (et étonnant) entre les univers de Sergio Leone et de Lovecraft.

Les amateurs du genre du genre se régaleront alors que les autres passeront leur chemin (à moins d’être franchement maso). Pour ma part je me suis régalé sans modération et j’espère bien avoir l’occasion de savourer d’autres écrits de Nick Cutter (il reste deux titres non encore disponibles en français).

Cerises (et oui, il y en a plusieurs) sur le gâteau, les superbes illustrations d’Adam Gorham disséminées au fil des chapitres. Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir de vous faire découvrir un trombinoscope de nos trois héros (Micah, Minerva et Eb).

Little Heaven

Pour l’anecdote j’ai découvert Troupe 52 dans son édition québécoise (publiée par les éditions Alto), pour Little Heaven c’est l’édition française (publiée par Denoël) que j’ai lue. Dans les deux cas je trouve les couv’ de Denoël (sans aucun chauvinisme déplacé) nettement plus réussies (ci-dessous la couv’ des éditions Alto de Little Heaven).

Little Heaven (ALto)

MON VERDICT

 
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Publié par le 13 décembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Bernard Werber – La Boite De Pandore

AU MENU DU JOUR

B. Werber - La Boite De Pandore

Titre : La Boîte De Pandore
Auteur : Bernard Werber
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : France
560 pages

De quoi ça cause ?

René Toledano, 32 ans, célibataire, est prof d’histoire dans un lycée parisien. Une vie pépère sans histoire jusqu’à ce qu’il se laisse entraîner par une amie à un spectacle d’hypnose.

À défaut de volontaire pour inaugurer son numéro d’hypnose régressive, Opale, l’hypnotiseuse qui officie sur scène le désigne comme cobaye. Une expérience qui changera à jamais la vie de René Toledano…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Bernard Werber, un auteur que j’apprécie énormément. Il fait partie de ces auteurs pour lesquels je réponds présent dès la sortie d’un nouveau roman.

Comme beaucoup j’ai découvert l’auteur avec sa Trilogie des Fourmis et j’ai été immédiatement sous le charme, malgré tout je l’ai suivi de façon plus ou moins sporadique (j’ai tous ses bouquins, mais je suis loin de les avoir tous lus). Je lui suis d’une fidélité sans faille depuis 2012, année de la sortie du premier opus de sa trilogie Troisième Humanité.

Ma chronique

Bernard Werber a un style narratif qui n’appartient qu’à lui, vous reconnaissez sa « griffe » dès les premières pages. Si le style reste, les intrigues et les thèmes abordés eux varient du tout au tout… avec plus ou moins de succès, mais sans jamais ennuyer le lecteur (c’est du moins mon ressenti personnel).

Ici le corps de l’intrigue se construit autour de l’hypnose régressive ; en théorie l’idée est de permettre, grâce à l’hypnose, au sujet de partir à la découverte de ses vies antérieures. J’en vois déjà qui haussent un sourcil perplexe, forcément on ne peut dissocier le concept de vie antérieure à celui de réincarnation (sinon ça reviendrait à préparer une tarte aux pommes sans les pommes). Pour ma part ce ne sont pas des notions que je rejette en bloc (en dehors de tout concept religieux, cela va sans dire… cessons de confondre spiritualité et religion ; la seconde n’étant qu’une perversion organisée de la première), ceci dit il ne me semble pas impératif d’adhérer à l’idée pour apprécier le bouquin (après tout on ne vous demande pas de croire aux vampires pour lire et apprécier Dracula).

Revenons à nos moutons… et accessoirement cessons d’user et d’abuser de parenthèses !

Au fil de ses régressions (et des chapitres), René Toledano va rencontrer ses anciens-moi, parfois par curiosité, parfois par nécessité. C’est une de ses rencontres qui le poussera à venir en aide à son premier-moi, un Atlante nommé Geb. À ce niveau de ma chronique, je pense que j’ai perdu en route tous les sceptiques… parfait ! Bon débarras !

Se pose alors la question d’une éventuelle influence de nos vies antérieures sur le moi-présent et par extension celle de la possibilité du moi-présent d’influer sur la destinée des anciens-moi… Sur le coup j’avoue que le moi-de-tout-de-suite-maintenant commence à se choper un mal de crâne carabiné.

Deux Doliprane plus tard.

Je vous assure que posée par Bernard Werber, la double question évoquée plus haut ne vous causera aucune migraine et ne devrait avoir aucun effet secondaire… à part peut-être celui de remettre en question vos certitudes.

Il faut dire aussi que le personnage de René Toledano n’est pas du genre à suivre bêtement le troupeau, son dada serait plutôt de creuser l’Histoire « officielle » et de chercher les failles afin de rétablir LA vérité. Comme il se plait à le dire :

Ce qu’on connaît du passé ce n’est qu’une caricature de propagande répandue par les historiens pour faire plaisir à leur puissant commanditaire.

Ou encore :

Car même l’histoire officielle délivrée dans les manuels scolaires est parfois tronquée. Par exemple, on ne connaît les civilisations passées que par les traces qu’ont laissées celles qui étaient dotées de l’écriture. Parmi celles-ci, on ne connaît que le passé des civilisations qui abritaient des historiens. Et parmi ces dernières, que la version des vainqueurs.

Remettre en question l’Histoire, voilà bien un comble pour un professeur d’Histoire.

Cet aspect du récit, émaillé des nombreux exemples donnés par René Toledano, m’a beaucoup plu. Sans sombrer dans le delirium tremens paranoïde complotiste, je reconnais volontiers que parfois (si le sujet m’inspire) j’aime bien creuser au-delà de la surface parfaitement polie des versions officielles (qu’elles proviennent des autorités ou des médias).

D’autres questions sont abordées au fil de l’intrigue, avec parfois en support des extraits du MNEMOS de René Toledano (soit exactement le même format que les extraits de l’ESRA chère à la famille Wells).

Bernard Werber excelle dans le divertissement didactique, même si j’ai bien conscience qu’il ne faut pas forcément tout prendre pour argent comptant (pour coller à la petite histoire, il faut parfois jongler avec les grandes vérités de l’Histoire).

J’ai beaucoup aimé le duo formé par René Toledano et Opale Etchegoyen (le premier qui dit Etchebest est de corvée de chiottes pour les 10 prochaines années… je suis fan de Philippe Etchebest, pas toucher sinon moi taper), deux personnages complémentaires à bien des niveaux.

Incontestablement cette cuvée Werber 2018 est un bon cru, pas exceptionnel toutefois (j’ai trouvé certains passages franchement surjoués), mais qui se déguste avec énormément de plaisir. À consommer sans modération (perso je n’ai jamais trouvé modération quand il s’agit de prendre un apéro, du coup je fais sans sa compagnie).

MON VERDICT

Morceau choisi

Extrait du MNEMOS de René Toledano – Sophisme

Un sophisme est un raisonnement à la logique fallacieuse, c’est-à-dire qui a les apparences de la logique, mais qui n’est pas valide. Il a pour intention de tromper son auditoire.
On peut l’illustrer avec une blague :

Un homme croise un ami dans la rue.
– Salut, qu’est-ce que tu deviens ?
– Je suis prof de maths et toi ?
– Oh, moi je suis prof de logique.
– C’est quoi la logique ?
– Tu as un aquarium ?
– Oui.
– Donc tu aimes les poissons.
– Oui.
– Donc tu aimes tout ce qui est beau.
– Oui.
– Donc tu aimes les femmes.
– Oui.
– Voilà, c’est ça la logique.
Le prof de maths repart et croise un autre ami d’enfance. Il évoque sa rencontre précédente avec le professeur de logique. L’autre lui demande :
– Tu peux m’expliquer ce qu’il fait exactement, ton ami, en tant que professeur de logique ?
– Bien sûr. Tu as un aquarium ?
– Non.
– Alors c’est que tu es homosexuel.

 
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Publié par le 22 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – Le Signal

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M. Chattam - Le Signal

Titre : Le Signal
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : France
752 pages

De quoi ça cause ?

Pour fuir le tumulte de la vie new-yorkaise, la famille Spencer, Tom, Olivia, leurs deux adolescents, Chad et Owen, et la petite dernière, Zoey, décident de s’installer dans la paisible bourgade de Mahingan Falls ; se mettre au vert histoire de prendre un nouveau départ.

Paisible ? Rien n’est moins sûr. En effet, peu après leur installation les Spencer notent une succession d’événements troublants. Et si une menace invisible, mais néanmoins bien réelle, planait sur Mahingan Falls…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam.

Parce que la quatrième de couv’ nous promet LE grand frisson.

Ma chronique

J’apprécie tout particulièrement les auteurs qui osent s’aventurer au-delà de leur zone de confort, nul ne pourrait nier que Maxime Chattam fait partie de ces auteurs/baroudeurs. Plutôt que de se confiner au thriller, genre dans lequel il n’a plus rien à prouver, il n’hésite pas à sortir des sentiers battus pour explorer de nouveaux horizons.

Qui l’eut cru capable de nous offrir une saga de fantasy post-apocalyptique ? Et pourtant il l’a fait avec Autre-Monde, et le résultat a été plus que convaincant. S’essayer au roman noir était certes un pari moins risqué, il n’en reste pas moins qu’il a brillamment tiré son épingle du jeu avec Que ta Volonté Soit Faite. Au risque de désarçonner ses lecteurs, il a été encore plus loin dans le noir avec Le Coma Des Mortels, et effectivement l’accueil fut mitigé même si, pour ma part, j’ai été sous le charme.

Avec Le Signal, l’auteur s’essaye à la littérature horrifique ; un genre à part entière, n’en déplaise à certains intégristes culturels. Un genre qui fut véritablement initié par Mary Shelley (Frankentstein) et Bram Stoker (Dracula) et qui aujourd’hui fait bien des émules aussi bien chez les lecteurs que chez les auteurs. Dans cette vaste écurie littéraire, pour son roman Maxime Chattam puise vraisemblablement son inspiration chez H.P. Lovecraft et Stephen King ; inutile de vous dire qu’avec de telles références la barre est haute…

N’est pas Lovecraft ou King qui veut. Dès les premières pages du bouquin, on sent que Maxime Chattam n’est pas dans son élément, ça manque de corps, comme si l’auteur cherchait à écrire comme ses modèles plutôt que de s’approprier totalement son intrigue.

Si les différentes scènes horrifiques sont plutôt bien foutues, il manque un liant ou plus exactement un background. Le gore fait incontestablement son effet, mais au niveau de l’ambiance générale du récit la sauce a du mal à prendre. Il manque cette impression de malaise et/ou d’oppression qui est la marque des grands récits d’horreur. Du coup on frémit sur le coup (certaines mises à mort sont franchement vicieuses), mais on ne flippe pas réellement. Pour le grand frisson, c’est raté.

Il n’en reste pas moins que Maxime Chattam est un grand auteur, malgré ces quelques imperfections, il parvient à rendre son récit addictif, difficile de lâcher prise avant de connaître le fin mot de l’histoire. Sur ce point, j’ai un moment craint le pire devant la dimension technologique des événements qui frappent Mahingan Falls, mais au final ça s’intègre plutôt bien à l’ensemble (et ça justifie le titre du roman, soit dit en passant).

Certes pas le meilleur cru de Maxime Chattam mais la dernière partie du récit, franchement haletante, ferait presque oublier ces petits défauts. Si l’auteur souhaite persévérer dans le genre (ce que j’espère), je lui conseillerai (très modestement cela va sans dire) d’oser s’affirmer davantage ; garder à l’esprit les maîtres du genre est une bonne chose, mais il faut qu’il trouve et impose sa propre voie.

À défaut d’avoir ressenti le grand frisson, j’ai passé un agréable moment en compagnie de la famille Spencer, mais aussi des autres personnages (mention spéciale à Connor, un adolescent qui ne manque pas de ressources, mais aussi à Gemma, la baby-sitter et à Ethan Cobb, un lieutenant qui n’hésitera pas à s’opposer à son abruti de chef). N’allez pas croire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, si les entités qui s’acharnent sur Mahingan Falls sont franchement néfastes, chez les humains aussi il y a des individus hautement nuisibles (je citerai par exemple Derek Cox et Warden, le chef -l’abruti dont il est question plus haut – de la police).

J’ai refermé ce bouquin avec une question qui me turlupinait : qu’est-il donc arrivé à Milo ? Avec le recul je me dis qu’il vaut mieux peut-être ne pas le savoir ; surtout quand on connait le triste sort réservé à son prédécesseur…

Le bouquin est truffé de clins d’œil à la littérature et au cinéma horrifique, à commencer bien entendu par l’oeuvre de Stephen King (certaines références étant très lourdement appuyées) ; si je devais n’en retenir qu’une, ce serait la présence de la ville d’Arkham et plus particulièrement son hôpital psychiatrique (Arkham Asylum en langue de là-bas). Si, à l’origine, la ville d’Arkham (Massachusetts) a été imaginée par H.P. Lovecraft pour être le théâtre de certains de ses écrits, notamment dans le cadre du Mythe de Cthulhu, et abrite bien un hôpital psychiatrique ; l’Arkham Asylum a surtout été popularisé par DC Comics, c’est en effet là que sont détenus les pires criminels de Gotham City que combat Batman (dont l’incontournable Joker).

D’un point de vue strictement visuel, je trouve la couv’ très réussie. Si je ne connaissais pas Maxime Chattam, elle m’aurait très certainement donné envie de me pencher sur ce bouquin. Et j’aurai tout aussi certainement craqué après avoir lu la quatrième de couv’.

Petite digression sportive si vous le permettez…

Ils étaient sonnés.
Comme s’ils avaient pris un uppercut en pleine tempe.

Pour un amateur de boxe, cette phrase pique les yeux et défie toute logique.
Un uppercut en pleine tempe c’est juste impossible… ou alors c’est un uppercut raté. L’uppercut est un puissant coup de poing porté de bas en haut qui vise principalement le menton de l’adversaire ; un uppercut réussi laissera l’adversaire complètement sonné, voire même KO. S’il touche la tempe, il ne fera guère que l’effleurer en fin de course.
Par contre si on veut déstabiliser (et plus si affinités) son adversaire en le frappant à la tempe, c’est le crochet le coup le plus approprié.

MON VERDICT

 
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Publié par le 16 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Xavier Müller – Erectus

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X. Müller - Erectus

Titre : Erectus
Auteur : Xavier Müller
Éditeur : XO Editions
Parution : 2018
Origine : France
433 pages

De quoi ça cause ?

En Afrique du Sud, Cathy Crabbe, une virologue identifie un virus qui défie toutes les lois de la nature, ses « victimes » régressent en effet de plusieurs millions d’années.

Son alerte est tournée en ridicule par la communauté scientifique. Stephen Gordon, un haut responsable de l’OMS décide malgré tout de prendre cette possible menace au sérieux.

Il envoie son adjoint, Lucas Carvalho, sur le terrain en lui recommandant de convaincre Anna Meunier, une paléontologue controversée pour avoir émis l’hypothèse d’une possible régression des espèces, de rejoindre l’équipe de recherche.

Sur place, ils découvrent plusieurs espèces animales touchées par le virus, mais aussi des végétaux ayant subi le même type de régression. Une course contre la montre s’engage alors pour circonscrire le virus avant une éventuelle transmission humaine ; ils ne le savent pas encore, mais il est déjà trop tard…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est la couv’ qui a d’abord attiré mon attention, le résumé n’a fait que confirmer l’évidence.

XO Editions et la plateforme NetGalley ayant accepté ma sollicitation, j’ai le plaisir de découvrir ce roman en avant-première (parution le 8 novembre).

Ma chronique

Je remercie chaleureusement XO Editions et NetGalley pour leur confiance renouvelée à l’occasion de la sortie de ce roman.

Pendant longtemps on a pensé que l’évolution des espèces ne pouvait qu’obéir à la loi de Dollo qui stipule qu’une spécialisation des espèces s’accompagne d’une diminution des mutations qui pourraient les faire évoluer, rendant improbable le retour des caractéristiques ou organes perdus par une espèce au cours de l’évolution. Le phénomène de régression (le terme scientifique exact est réversion) a été admis et démontré que récemment…

C’est sur cette base que Xavier Müller a construit son thriller fantastique Erectus, avec comme élément déclencheur un virus qui provoque des régressions radicales en un temps record, mais est en plus capable d’évoluer afin de contaminer aussi bien la flore que la faune et même l’humain.

L’auteur réussit un joli tour de force en rendant (presque) crédible la propagation de ce virus pour le moins improbable ! Les différentes phases de l’épidémie, puis de la pandémie, et ses conséquences sont décrites avec un réalisme bluffant. Il en va de même pour les différentes réactions possibles face à cette menace sanitaire inédite (même si le constat n’a pas de quoi redonner foi en l’humanité du genre humain).

Un risque sanitaire majeur qui sera géré à la fois par l’OMS et par l’ONU, les deux organismes n’ayant pas forcément les mêmes priorités, et encore moins le même genre de préoccupations. Face aux conséquences économiques (voire politiques) et sanitaires de la pandémie, est-ce que la morale et l’éthique ont encore le droit de cité ? Jusqu’où peut-on aller au nom de la protection des populations ?

J’aimerai croire que les réponses apportées dans le roman ne sont que pure fiction, mais je ne me fais guère d’illusion sur la question.

Je reste volontairement dans le vague afin de ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte. C’est un peu frustrant de rédiger des chroniques en se contraignant à en dire le moins possible (alors qu’il y aurait tant à dire et redire), mais c’est toujours mieux que de spoiler à tout va au risque de vous ruiner votre lecture.

Une intrigue qui vous fera voyager en Afrique du Sud, aux États unis, en Suisse et en France, mais le rythme de croisière imposé ne laissera guère de place à la farniente. Petit plus personnel, il y a même une partie de l’intrigue qui se déroule au large de la Nouvelle-Calédonie.

Forcément au cours de cette ballade aux quatre coins du monde vous allez croiser beaucoup de personnages amenés à jouer un rôle plus ou moins important dans la suite des événements. Si l’intrigue est portée par le trio composé d’Anna Meunier, Stephen Gordon et Lucas Carvalho, les autres personnages ne sont pas pour autant condamnés à faire de la simple figuration.

Un bouquin commencé vendredi après-midi, mis en stand-by le temps du weekend (c’est paradoxal, mais alors que c’est le moment où je suis sensé avoir le plus de temps libre, c’est aussi celui pendant lequel je lis le moins) et dévoré dans la journée de lundi.

Cette lecture fut pour moi une belle découverte, un récit maîtrisé de bout en bout et construit avec beaucoup d’intelligence. Je ne connaissais pas Xavier Müller, nul doute qu’à compter de ce jour je vais m’intéresser de plus prés à ce qu’il fait…

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 octobre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Ezekiel Boone – Eclosion

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E. Boone - Eclosion

Titre : Éclosion
Série : The Hatching – Tome 1
Auteur : Ezekiel Boone
Éditeur : Actes Sud
Parution : 2018
Origine : USA (2016)
368 pages

De quoi ça cause ?

Nul n’était préparé à affronter une pareille menace. De par le monde des vagues d’araignées anthropophages s’abattent sur ceux et celles qui ont le malheur de croiser leur chemin. Leur comportement ne répond à aucun schéma connu et le nombre joue en leur faveur, rien ne semble pouvoir stopper leur expansion et leur appétit destructeur…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour sa couv’ que j’ai beaucoup aimée, pour le contraste entre l’impression de quiétude qui se dégage de l’image et de l’araignée qui semble s’extirper du titre.

Par curiosité aussi, je voulais voir si l’auteur parviendrait à être crédible avec son invasion d’araignées cannibales…

Ma chronique

Avant d’entrer dans le vif du sujet je tiens à préciser que la longueur de cette chronique n’est pas proportionnelle à mon ressenti (on vous l’a sûrement déjà dit : ce n’est pas la taille qui compte !). C’est le fait d’un choix délibéré d’en dire le moins possible afin de laisser intact le plaisir de la découverte.

Bien que la sagesse populaire affirme haut et fort que les petites bêtes ne mangent pas les grosses (en oubliant toutefois de préciser que cela n’est avéré que si la grosse bête en question est en vie… les insectes nécrophages n’étant donc pas à prendre en considération), je dois avouer que, sans être franchement arachnophobe (un peu quand même), je n’aime pas les araignées. Je suis donc la cible idéale pour ce bouquin !

Si vous aussi vous voulez jouer à vous faire peur sachez tout de même que c’est une lecture que je déconseillerai aux âmes sensibles, ces bestioles ayant un appétit particulièrement vorace…

Eclosion est le premier tome d’une trilogie (The Hatching en VO), le second, Infestation, étant d’ores et déjà disponible chez Actes Sud, j’ai bon espoir de voir le troisième et dernier opus traduit prochainement.

Ce premier tome remplit parfaitement son rôle de mise en appétit. Le décor est assez vite planté, à travers des chapitres courts l’auteur vous promène aux quatre coins du monde afin que l’on prenne conscience de l’ampleur du chaos, mais aussi de l’inéluctabilité du phénomène.

Forcément on croise de nombreux personnages, mais vous pouvez compter sur ces braves arachnides pour vous indiquer quels sont ceux appelés à compter pour la suite des événements… pas de bol pour les autres qui finiront soit comme casse-dalle pour araignées voraces, soit comme hôte pour héberger leurs œufs (on se demande quel est le sort le plus enviable).

J’étais curieux de savoir comment Ezekiel Boone s’en sortirait sur la base d’un scénario aussi improbable, force est de reconnaître qu’il tire bien son épingle du jeu ; tout en restant clairement dans un contexte fictionnel, on finit par croire au déroulé de son invasion (et de son intrigue de fait). Du coup il deviendra rapidement difficile de lâcher le bouquin, la tension montant crescendo au fil des chapitres.

L’auteur ne manque pas de parsemer ses chapitres de quelques touches d’humour… souvent noir, cela va de soi. La narration chorale fonctionne plutôt bien et est en totale adéquation avec la dimension internationale de l’invasion.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce premier opus, nul doute que je viendrai très prochainement vous causer de la suite des événements. D’autant que le final laisse présager quelque chose d’encore plus énorme…

Pour l’anecdote Ezekiel Boone est un pseudonyme de plume derrière lequel se « cache » Alexi Zentner, un auteur canadien dont j’avoue sans la moindre honte n’avoir jamais entendu parler.

MON VERDICT

 
7 Commentaires

Publié par le 1 octobre 2018 dans Bouquins

 

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