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Archives de Tag: Fabrice Pointeau (trad.)

[BOUQUINS] David Joy – Le Poids Du Monde

AU MENU DU JOUR

D. Joy - Le Poids du Monde

Titre : Le Poids Du Monde
Auteur : David Joy
Éditeur : Sonatine
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
320 pages

De quoi ça cause ?

Little Canada, un bien joli nom pour un patelin paumé au pied des Appalaches. C’est là que Aiden McCall et Thad Broom, deux types blessés par la vie et amis depuis toujours, sont frères de galère. Ils vivotent tant bien que mal entre petits boulots et petits trafics.

Le jour où leur dealer se fait accidentellement sauter le caisson devant eux, les deux potes font main basse sur sa came, son fric et ses flingues. Un premier pas vers un nouveau départ ou vers une inexorable descente aux enfers ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine et que l’éditeur et NetGalley ont accepté de me faire découvrir ce titre en avant-première (parution le 30 août).

Pour la petite histoire j’ai sollicité simultanément, et en avant-première, La Disparition D’Adèle Bedeau et Le Poids Du Monde, dans l’espoir que l’une de mes demandes soit acceptée ; à ma grande surprise, et pour mon plus grand plaisir, mes deux demandes ont reçu une suite favorable.

Ma chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et la plateforme NetGalley pour cette nouvelle marque de confiance me permettant de découvrir ce roman en avant-première.

C’est ma première incursion dans l’univers littéraire de David Joy (à ma décharge, il n’a écrit, à ce jour, que deux romans et le premier est dans mon Stock à Lire Numérique) et le moins que l’on puisse dire c’est que ça secoue ; comme dirait notre regretté Johnny H. : « noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir« .

Bienvenue au cœur de l’Amérique profonde, par contre oubliez le fameux american dream en ouvrant les pages de ce bouquin ; la crise économique est passée par là et continue à tisser sa toile dévastatrice. En lisant ce roman je n’ai pu m’empêcher de penser au recueil Chiennes De Vies de Frank Bill qui m’avait déjà bien remué les tripes. Le cadre change, on abandonne l’Indiana du Sud pour la Caroline du Nord, mais la situation est plus ou moins la même avec le meth en toile de fond, histoire d’oublier les coups de pute de la vie de tous les jours !

Dès le prologue David Joy donne le ton : « Aiden McCall avait douze ans la seule fois où il entendit les mots « Je t’aime ». » ; c’est son père qui lui adressera ces mots du bout des lèvres. Que c’est bôôô ! Ça aurait pu l’être, sauf que le gars vient de flinguer sa femme sous les yeux de leur fils (Aiden) et va ensuite se faire exploser le caisson… y’a mieux pour démarrer dans la vie ! Mais hélas, comme dirait ce cher Francis C. : « Et ça continue, encore et encore, c’est que le début, d’accord, d’accord« .

Du côté de chez Thad les choses ne sont guère plus brillantes, il est revenu d’Afghanistan affligé d’un sévère syndrome de stress post-traumatique. Depuis il vit entre le passé et le présent, entre là-bas et ici, semblant se foutre du tout, surnageant vaguement entre les vapeurs d’alcool et les nuages de meth.

On pourrait simplement se dire que c’est l’histoire de deux gars que la vie n’a pas vraiment gâtée et du coup éprouver une réelle empathie pour eux. Sauf que nos gusses vont enchaîner les mauvais choix sans vraiment en mesurer les conséquences. Une cata en entraînant une autre, la situation va rapidement échapper à tout contrôle. Là encore il serait aisé de leur jeter la pierre et pourtant à aucun moment je n’ai eu envie de les juger (sans pour autant excuser leurs dérives).

Entre nos deux losers défoncés, on trouve April, la mère de Thad et l’amante d’Aiden. Elle non plus n’a pas été vernie par la vie et n’a guère d’illusion quant à l’avenir ; mais contrairement à Thad et Aiden elle essaye de garder la tête sur les épaules.

Un roman noir puissant qui vous prendra aux tripes dès les premières pages et ne cessera de les vriller en tout sens jusqu’au clap de fin ; et pourtant même en pleine tourmente il vous sera impossible de le lâcher. Une sacrée claque dans la gueule que vous ne refermerez qu’à regret.

David Joy ne s’égare pas en figures de style inutiles, il opte pour une écriture percutante qui va à l’essentiel pour toucher le lecteur en plein cœur.

MON VERDICT
Coup de poing

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Publié par le 24 août 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Lee Martin – Cet Eté-Là

L. Martin - Cet été-làComme vous le savez sans doute mon Stock à Lire Numérique à tendance à connaître une croissance exponentielle, du coup quand vient l’heure de choisir sa prochaine lecture c’est toujours un déchirement, et forcément on oublie certains titres et certains éditeurs. Comme ça faisait un moment que je ne m’étais pas penché sur le catalogue de Sonatine j’ai décidé de rectifier le tir avec Cet Eté-Là de Lee Martin.
Trente ans plus tôt, dans une petite bourgade de l’Indiana. La jeune Katie Mackey, 9 ans, disparaît alors qu’elle était sortie faire une course à vélo. Même si la police a rapidement interpellé un suspect, la disparition de Katie reste un mystère. Aujourd’hui, en recoupant les faits et divers témoignages, la vérité va peut être enfin éclater…
Un faits divers, des témoignages, des faits (connus ou reconstitués) et de fil en aiguille la vérité qui refait surface. J’aime beaucoup ce concept de roman choral qui permet au lecteur de jouer les apprentis journalistes (ou apprentis détectives selon ses ambitions). Une forme (et un fond) qui n’est pas sans me rappeler le roman Qui ? de Jacques Expert, construit sur le même principe et déjà publié par Sonatine.
La principale difficulté, pour l’auteur qui veut se lancer dans ce genre de roman, consiste à affecter un style distinct à chacun des intervenants afin que l’on puisse les identifier sans forcément avoir besoin de se référer au nom du chapitre. C’est malheureusement là que le bât blesse avec Cet Eté-Là, et ce sera certainement mon seul reproche, le style (efficace et concis) est trop uniforme, on a du mal à s’identifier aux personnages, un peu comme si c’était une seule et même personne qui nous relatait les événements…
Bon ça c’est fait. Une fois n’est pas coutume j’ai commencé par souligner le point négatif, sans doute parce que je tiens à tempérer mon reproche. En effet l’attribution d’un style propre à chaque intervenant eut été un plus plutôt qu’un point réellement négatif. Cela ne m’a nullement empêché de prendre beaucoup de plaisir à lire ce bouquin et de me sentir en totale immersion dans l’intrigue.
Les principaux intervenants sont au nombre de trois : M. Dees, un enseignant solitaire qui donnait des cours d’été à Katie, Gilley, le frère aîné de Katie et Clare, une veuve qui a par la suite épousé le principal suspect du crime. Chacun se livre au lecteur, s’adressant directement à lui, comme s’il était dans votre salon, évoquant non seulement ses souvenirs mais aussi ses états d’âmes. A ce titre on peut souligner un gros travail de l’auteur sur la psychologie de ses personnages, ce qui vient en partie contrebalancer l’absence de style personnalisé.
L’intrigue est bien construite même si l’on ne peut pas vraiment dire que l’on ait le droit à d’énormes surprises au fil des révélations ; on supposait beaucoup sans toutefois avoir une idée précise du déroulement des événements. Ca n’en reste pas moins un récit addictif qui se lit quasiment d’une traite (malheureusement les obligations professionnelles et personnelles ne permettent pas toujours ce genre d’immersion intégrale). Nul doute qu’au fil des pages vous serez projeté à Tower Hills dans les années 70, nul doute que vous aussi aurez envie de comprendre ce qui est arrivé à Katie…

MON VERDICT
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Publié par le 25 janvier 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Rob Sheffield – Bande Originale

R. Sheffield - Bande OriginaleEt hop encore un changement de registre dans un genre plutôt inhabituel pour moi puisqu’il s’agit de l’autobiographie (même si en l’occurrence c’est plus une tranche de vie). Je me suis donc plongé dans Bande Originale de Rob Sheffield.
1989, Rob Sheffield, un étudiant aussi timide que réservé, rencontre Renée Crist, une fan de punk-rock exubérante. Contre toute attente c’est le coup de foudre, un amour renforcé par leur passion commune pour la musique, qui débouche sur un mariage en 1991. Rien de tel pour partager les souvenirs de Rob que de le faire en musique puisque c’est elle qui a rythmé leur (trop brève) vie de couple et la carrière de Rob Sheffield.
Pour tout vous dire en prenant ce bouquin je ne savais pas trop à quoi m’attendre, OK c’est estampillé Sonatine mais on est bien loin de leur répertoire thriller. Soyons fou, osons tout ! Rock n Roll puisque c’est justement la musique qui est mise à l’honneur.
A travers la musique Rob évoque non seulement ses cinq années de bonheur avec Renée , mais aussi des souvenirs plus éloignés et d’autres après le décès de Renée (en 1997, suite à une embolie pulmonaire). Trois période (on pourrait même dire quatre : Avant Renée – Renée et Rob – Le deuil – Nouveau départ) liées par un fil rouge : la musique. Car ce bouquin est avant tout une ode à la musique. D’ailleurs chaque chapitre commence par une playlist, nul doute que vous retrouverez certains titres qui vous ont fait (et vous font sans doute encore) vibrer (à moins d’avoir de sacrées lacunes musicales).
Drôle d’idée de lire une tranche de vie d’un gars dont je n’avais jamais entendu parler, et donc forcément son idylle brisée avec Renée m’était tout aussi inconnue. J’aurai pu battre en retraite dès les premiers chapitres mais c’est exactement l’inverse qui s’est produit, je me suis laissé happé par les mots et bercé par la musique.
Le style de l’auteur respire le naturel, c’est comme s’il écrivait simplement ce que lui dicte son coeur sans fioritures inutiles et du coup forcément on ne partage que plus intensément ses émotions, toutes ses émotions. Et puis il faut tout de même un certain talent pour faire d’une communion un moment excitant ; oui, oui je parle bien de la communion catholique. Cherchez pas il faut le lire pour comprendre.
Comme vous l’aurez sans doute compris (dans le cas contraire il est temps de vous poser des questions sur vous même) la musique est omniprésente dans ce bouquin. Le rock (et tous ses dérivés, « classique », hard, indépendant, underground…) se taille la part du lion mais l’on se laissera flotter aussi sur des rythmes funk, pop, RnB, country et autres ; des années 60 aux années 90 les titres se mêlent sans se soucier d’une quelconque chronologie. Juste au feeling.
Le cinéma est lui aussi souvent (mais dans une moindre mesure) mis à l’honneur au fil des pages. Comme pour la musique il ne s’agit pas forcément d’oeuvres considérées comme majeures par de prétendus experts (souvent auto-proclamés) mais juste de films, d’albums ou de morceaux qui ont su titiller une corde sensible chez Rob. Cette remarque étant juste une occasion de plus de coller un coup de pied au cul aux intégristes culturels de tout poil (mais non ce n’est pas mesquin, par contre c’est gratuit).
Outre la musique et le cinéma ce bouquin est à la fois une splendide déclaration d’amour posthume et un lourd et difficile travail de deuil. Jamais l’auteur ne s’apitoye sur son sort, évidemment qu’il déprime après la mort de Renée, il essaye juste de nous faire partager le sentiment de vide qui l’a alors envahi.
Une fois encore je ne regrette pas d’avoir foncé les yeux fermés dans l’inconnu et une fois encore Sonatine a réussi à me surprendre et à me faire vibrer. Certes pas un chef d’oeuvre mais un agréable moment de lecture. J’en suis le premier surpris.
Qui est Rob Sheffield au fait ? En plus d’être un auteur (trois titres à son actif, dont un cri d’amour à sa femme, ayant la musique comme dénominateur commun), il est aussi un journaliste qui collabore à divers magazines dédiés à la musique, dont le fameux Rolling Stone. Bande Originale est son premier livre, sorti en VO en 2007 (je vous épargnerai le titre original à rallonge). Pour la petite histoire Rob Sheffield s’est remarié en 2006, son épouse, Ally Pollak, une astrophysicienne passionnée de musique. On la croise à la fin du bouquin, elle contribuera largement à la remise sur les rails de Rob, qui ne manque pas de la citer dans ses remerciements.

 
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Publié par le 24 juillet 2014 dans Bouquins

 

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