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Archives de Tag: Fabrice Pointeau (trad.)

[BOUQUINS] R.J. Ellory – Le Jour Où Kennedy N’Est Pas Mort

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R.J. Ellory - Le jour où Kennedy n'est pas mort
Titre : Le Jour Où Kennedy N’Est Pas Mort
Auteur : R.J. Ellory
Éditeur : Sonatine
Parution : 2020
Origine : Angleterre (2019)
432 pages

De quoi ça cause ?

Novembre 1963. Le président JFK est en visite à Dallas (Texas). Une visite qui se déroule sans incident particulier à signaler.

Juillet 1964. Mitch Newman, photographe de presse free-lance, apprend que Jean Boyd, son grand amour de jeunesse, s’est donnée la mort. Même s’il ne l’avait pas revu depuis plus de 14 ans, Mitch ne peut croire à la thèse du suicide.

Jean Boyd était reporter pour le Washington Tribune. Mitch va rapidement découvrir que, peu avant sa mort, l’enquête de Jean se focalisait autour du président JFK. Une enquête qui l’a conduite à Dallas en novembre 1963.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est R.J. Ellory, un auteur qui ne m’a jamais déçu.

Parce que le pitch du bouquin me semble particulièrement audacieux, une bonne raison supplémentaire de me laisser tenter.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Le roman de R.J. Ellory fait partie de ces nombreux titres dont la publication a été repoussée en raison de la crise sanitaire liée au COVID-19. C’est en totale conformité avec la charte de l’éditeur sur la plateforme Net Galley que je vous propose de découvrir ma chronique en avant-première.

Fichtre ! Diantre ! Palsambleu ! Aurai-je basculé dans la quatrième dimension à l’insu de mon plein gré ? V’là t’y pas que je découvre que JFK n’a pas été assassiné à Dallas le 22 novembre 1963. Que nenni, son escapade texane s’est déroulée sans incident majeur à signaler…

Pardon ? Aaah, OK, c’est un roman ! Sacré Stephen King, il m’a foutu une trouille bleue sur ce coup. Mais bon faudrait qu’il se renouvelle, le coup JFK il nous l’a déjà fait, et brillamment fait même, avec l’excellent 22/11/63.

Arrête… tu déconnes là ! C’est le point de départ du dernier bouquin de R.J. Ellory… Bin voyons, et moi j’suis la reine d’Angleterre ! R.J. Ellory est un auteur de polars et de thrillers, pas le genre à se lancer dans une uchronie, me prends pas pour une quiche.

Et bin si, mes ami(e)s ! Enfin pas tout à fait quand même. Si le point de départ du dernier roman de R.J. Ellory repose bel et bien sur une uchronie (tout est dit dans le titre : Le Jour Où Kennedy N’Est Pas Mort), c’est dans un registre 100% thriller que l’auteur place son intrigue.

R.J. Ellory nous propose donc de retrouver JFK et son équipe, dirigée par son frère Bob, en course vers un second mandat… sauf que les choses sont loin d’être gagnées d’avance ! Ah oui j’oubliais, non content d’épargner JFK, l’auteur va surtout s’intéresser au(x) côté(s) obscur(s) du personnage. Il va en effet fouiner sans concession au-delà de l’image d’Épinal du beau et fringant jeune homme charismatique qui sentait bon le sable chaud…

Perso c’est une approche qui ne me choque nullement, je me méfie des individus que l’on dresse sur un piédestal. D’autant que post mortem, de nombreuses enquêtes ont révélé les travers et frasques du faux-cul au sourire Colgate. Et puis franchement, de vous à moi, on a plus de chance dans une vie de croiser une licorne chevauchée par le Père Noël qu’un politicien plus blanc que blanc (compétent, honnête, intègre et tutti quanti). Depuis le temps, ça se saurait si ça existait !

Si JKF n’est pas mort, il n’en va malheureusement pas de même pour Jean Boyd, jeune reporter ambitieuse et tenace. La jeune femme se serait en effet suicidée un triste jour de juillet 1964… c’est en tout cas la version officielle. Sauf que pour Mitch Newman c’est purement et simplement impensable ; le suicide ne colle pas à la personnalité de Jean Boyd. Il le sait, il en est convaincu… même s’il ne l’a pas revu depuis presque 15 ans, suite à son départ pour la Corée qui sonna le glas de leurs fiançailles et de leur idylle.

Un JFK vivant, une Joan Boyd morte et un Mitch Newman en plein questionnement… R.J. Ellory a désormais toutes les cartes en main pour nous mitonner une intrigue aux petits oignons comme il sait si bien le faire.

Et une fois de plus le Top Master Chef Ellory ne nous déçoit pas. Avec lui pas de cauchemar en lecture, c’est que du bonheur ! Son intrigue est rondement menée et saura rapidement captiver le lecteur (malgré les introspections un tantinet répétitives et une tendance poussée à l’auto apitoiement de Mitch).

La plongée dans les coulisses du pouvoir, et notamment celles du clan Kennedy, est totalement crédible et convaincante (sans perdre de vue toutefois que l’on est dans le domaine d’un futur possible et non d’un vécu historique). Pas besoin d’être un expert en politique international pour comprendre les enjeux et la façon dont chacun va déplacer ses pions pour arriver à ses fins.

Bien qu’écrit à la troisième personne, l’essentiel du roman est le reflet de la façon dont Mitch perçoit et analyse les événements. Un détail que peut paraître insignifiant, mais soyez assurés que ce choix narratif est tout sauf anodin.

Petit bémol pour la fin qui me laisse un arrière-goût d’inachevé en bouche, même si on devine aisément les conséquences de l’ultime découverte de Mitch.

Pour finir cette chronique, je vous laisse méditer sur la question que R.J. Ellory pose dans sa postface.

Si Kennedy n’était pas mort en novembre 1963, garderait-on le même souvenir de lui, ou aurait-il rejoint les rangs des disgraciés ?

MON VERDICT

 
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Publié par le 12 mai 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Joy – Ce Lien Entre Nous

AU MENU DU JOUR

D. Joy - Ce lien entre nous
Titre : Ce Lien Entre Nous
Auteur : David Joy
Éditeur : Sonatine
Parution : 2020
Origine : États-Unis (2018)
304 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il braconne sur une propriété voisine, Darl Moody tire sur ce qu’il pensait être un sanglier. En s’approchant de sa proie, il réalise qu’il vient de tuer un homme, et pas n’importe quel homme : Carol ‘Sissy’ Brewer, le frère cadet d’une brute épaisse que tout le monde craint dans le comté de Jackson.

Avec l’aide de son ami de toujours, Calvin Hooper, Darl enterre à la va-vite le corps. Affaire classée ? Ce serait sans compter sur le poids de la culpabilité, mais aussi et surtout sur la détermination de Dwayne Brewer à comprendre la soudaine disparition de son jeune frère.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine, et parce que le précédent roman de David Joy, Le Poids Du Monde, m’avait vrillé les tripes et touché droit au cœur.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée. La crise sanitaire sans précédent (ou presque) liée à la pandémie de Covid-19, a poussé l’éditeur à décaler la sortie de ce roman au 20 mai ; le titre étant disponible via Net Galley, et après contrôle de la charte de l’éditeur sur la plateforme, je vous propose cette chronique en avant-première.

Comme dans son précédent roman, Le Poids Du Monde, c’est dans un comté rural des Appalaches que David Joy situe son action. Si la nature tient une place importante dans le récit, n’espérez pas des descriptions de paysages bucoliques et enchanteurs… ici Dame Nature aurait plutôt tendance à compliquer la vie des hommes. On serait tenté de dire qu’elle agit en état de légitime défense tant les hommes en questions s’acharnent à la transformer (défigurer ?) afin qu’elle réponde au mieux à leurs intérêts économiques.

De nouveau David Joy met en scène des personnages qui ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche. Des individus, tels Darl et Calvin, qui ont dû trimer (et triment encore) sang et eau pour essayer de s’en sortir. Quand ils n’ont pas, à l’image de Dwayne et Carol Brewer, eu à s’adapter à la violence qui les entourait, à affronter (chacun à sa façon, en baissant les yeux, ou en frappant le premier) les railleries et le mépris de leurs semblables.

Le titre ne saurait être mieux choisi tant les liens entre les personnages sont au coeur de l’intrigue. Qu’il s’agisse des liens du sang unissant les deux frères Brewer, un cadet que Dwayne s’était juré de protéger contre vents et marées. De l’amitié indéfectible unissant Darl et Calvin, une amitié qui poussera Calvin à couvrir ce qui aurait pu n’être qu’un tragique accident de chasse. De l’amour entre Calvin et sa copine, Angie, alors que cette dernière ne sait pas comment lui annoncer qu’elle est enceinte. De la rage omniprésente chez Dwayne, qui va se transformer en haine meurtrière contre ceux qui ont fait du mal à son frère, et, par extension, contre tous ceux qui se mettront à travers de son chemin.

Des personnages sur lesquels David Joy ne porte aucun jugement, et que le lecteur sera bien en peine de juger. Rien n’est tout blanc ou tout noir en ce bas monde, tout n’est que nuances de gris. L’auteur a un incroyable talent quand il s’agit de nous placer dans la peau de ses personnages, on en arrive même à comprendre (à défaut de la partager) la soif de revanche, de sang et de mort de Dwayne Brewer.

L’auteur annonce la couleur d’entrée de jeu en imposant le noir comme reading code, une noirceur à laquelle il ne renoncera quasiment jamais au fil de son récit, une noirceur qui ira crescendo, une noirceur glauque et poisseuse qui nous collera à la peau.

Une fois encore l’écriture de David Joy vous percute droit au cœur, une fois de plus son intrigue va vous passer les tripes au mixer… Et une fois de plus vous refermerez ce bouquin en pensant : « putain, quel talent il a ce mec ! ».

Un bouquin où tout est d’une incroyable justesse, un bouquin que vous aurez bien du mal à lâcher une fois qu’il vous aura happé dans son implacable mécanique, un bouquin qui vous laissera KO debout, mais que vous refermerez à regret.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 14 avril 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Paul Cleave – Cauchemar

AU MENU DU JOUR

P. Cleave - Cauchemar
Titre : Cauchemar
Auteur : Paul Cleave
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Nouvelle-Zélande
448 pages

De quoi ça cause ?

Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect. Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie.

Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel. Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine et parce que c’est Paul Cleave. J’ai lu et apprécié un précédent roman de l’auteur, Un Père Idéal, il y a quelques années. Les aléas et le rythme de croissance de mon Stock à Lire Numérique ont fait que je n’ai pas eu l’occasion de me pencher sur ses titres suivants. Je profite de la sortie de Cauchemar, pour réparer cet impair.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Cauchemar est le premier roman de l’auteur dont l’action ne se déroule pas à Christchurch (Nouvelle-Zélande) mais à Acacia Pine, une petite ville fictive située aux Etats-Unis. Un changement de décor rendu obligatoire par la nature même de l’intrigue comme nous l’explique Paul Cleave dans ses remerciements.

Un thriller qui commence là où d’autres pourraient s’arrêter puisqu’il s’ouvre sur la libération d’une petite fille, Alyssa, 7 ans, victime d’un enlèvement. Plus exactement ladite libération intervient après un interrogatoire particulièrement musclé du suspect. Méthode qui vaudra au héros du jour, Noah Harper, de se faire bannir définitivement de la ville par le père de la victime, qui est aussi le shérif de la ville et le patron de Harper.

On retrouve Noah Harper douze années plus tard, co-patron d’un bar dans une grande ville où il vit seul avec son chat. Une vie sans histoires (ou presque) jusqu’à ce que son ex-femme, Maggie, l’appelle pour lui annoncer que Alyssa est portée disparue. Les choses sérieuses peuvent (re)commencer, ni une ni deux, Noah saute dans le premier vol pour Acacia Pine.

L’auteur opte pour un récit à la première personne, nous faisant vivre l’intrigue via Noah Harper. Le moins que l’on puisse dire est que ce brave Noah est d’un tempérament plutôt sanguin, la diplomatie et la psychologie ne sont pas franchement ses principaux points forts. Il n’en reste pas moins que Paul Cleave parvient à nous le rendre attachant et le petit côté rustique du personnage n’est pas étranger à cet élan empathique.

Paul Cleave nous livre une intrigue à l’image de son héros, on est clairement plongé dans le feu de l’action, tant et si bine qu’il nous est difficile de lâcher le bouquin une fois que celui-ci nous aura happé. Le rythme imposé d’entrée de jeu est soutenu et jamais il ne faiblira.

Beaucoup d’action et peu de psychologie ne signifie pas pour autant complètement bourrin. L’enquête que va mener Noah Harper, envers et contre tous (les autorités étant convaincues que Alyssa a quitté la ville de son plein gré), va s’avérer bien plus complexe qu’il n’y parait et nous réserver quelques revirements de situations et rebondissements totalement inattendus.

Tel un pitbull enragé Noah Harper ne lâchera pas le morceau et ira au bout de ses convictions, tant pis s’il doit en prendre plein la gueule au passage. Et d’ailleurs l’auteur ne se prive pas pour malmener son héros. Comme le chantait le regretté Johnny : Les coups / Quand ils vous arrivent / Oh oui, ça fait mal ! Mais après chaque dérouillée, sans pleurer Noah se relèvera et poursuivra sa quête de vérité et de justice.

Paul Cleave signe un page-turner bourré d’action d’une redoutable efficacité. Une intrigue totalement maîtrisée où rien n’est laissé au hasard. Si je voulais pinailler je pourrais souligner le manque de profondeur des personnages mais je suis convaincu que c’est là un choix délibéré de l’auteur.

MON VERDICT

 
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Publié par le 19 novembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Alan Glynn – L’Expérience

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A. Glynn - L'Expérience
Titre : L’Expérience
Auteur : Alan Glynn
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Irlande (2018)
304 pages

De quoi ça cause ?

Dans les années 50 Ned Sweeney teste, à l’insu de son plein gré, une drogue qui démultiplie sa perception et ses capacités intellectuelles. De nouveaux horizons s’ouvrent à lui, mais quel sera le prix à payer pour y goûter ?

De nos jours, Ray Sweeney ne sait quasiment rien de son grand-père, sauf que celui-ci s’est suicidé dans les années 50. Quand il rencontre Clay Proctor, ancien agent de la CIA et ancien conseiller de Richard Nixon, ce dernier lui annonce quasiment de but en blanc que Ned Sweeney ne s’est pas suicidé

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Au risque de me répéter, parce que c’est Sonatine, une maison d’édition qui ne m’a jamais déçu.

Parce que le pitch m’a rappelé le film Limitless avec Bradley Cooper et Robert De Niro.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

En découvrant la quatrième de couv’ j’ai tout de suite fait le rapprochement avec le film Limitless réalisé par Neil Burger et sorti en 2011 ; rien d’étonnant à cela puisque j’ai rapidement découvert le film était adapté du roman Champs De Ténèbres signé… Alan Glynn (son premier roman, publié en 2001 et traduit en 2004). L’Expérience peut donc s’envisager à la fois un prequel et une suite de celui-ci, même s’il peut parfaitement être lu indépendamment du précédent.

Alan Glynn serait-il adepte de private joke ? En effet dans ce bouquin il s’autorise une allusion discrète au film Limitless : « La plupart prétendaient être la « vraie » version d’une drogue cognitive fictive qui était apparue dans un film récent. »

Dans la même veine, un des personnages que rencontre Ray dans le cadre de son enquête sur le MDT-48 mentionne le cas Eddie Spinola, qui n’est autre que le héros du roman Champs De Ténèbres et donc du film Limitless.

Les chapitres alternent entre les deux arcs narratifs élaborés par l’auteur. Un bond dans le passé pour retrouver Ned Sweeney dans les années 50, alors qu’il expérimente les effets du MDT-48, cobaye malgré lui dans un premier temps, puis de son propre chef par la suite. Et retour de nos jours alors que Ray Sweeney enquête afin de découvrir la vérité sur ce qui est réellement arrivé à son grand-père.

Deux intrigues pour le prix d’une ! Et deux styles narratifs différents, l’enquête de Ray étant rédigée à la première personne (c’est lui qui relate les faits) alors que le parcours de Ned est écrit à la troisième personne.

Deux histoires indépendantes, mais inévitablement liées entre elles. Alan Glynn mène sa barque (ou peut-être devrai-je dire ses barques) avec une redoutable efficacité et un sens du rythme qui ne fera jamais défaut et ce quelle que soit l’intrigue en cours (j’avoue toutefois avoir eu une légère préférence pour les chapitres consacrés à Ned, même si l’enquête de Ray demeure passionnante).

Succombez à la tentation de cette expérience, vous ne le regretterez pas ! Bien malin celui qui peut affirmer en toute bonne foi que si une drogue comme cette fameuse MDT-48 existait, il ne se laisserait pas tenter par l’expérience ? Pour ma part je signe tout de suite pour un abonnement à vie !

Une belle découverte ce roman, dommage que Champs De Ténèbres ne soit pas dispo en numérique, ça m’a donné envie de prolonger l’expérience… Je peux toujours me consoler en revisionnant Limitless.

Pour l’anecdote le programme MK-Ultra de la CIA n’est malheureusement pas une invention d’Alan Glynn, l’Agence a bel et bien cherché à développer diverses techniques de manipulation mentale, notamment par le biais de substances chimiques. Des expérimentations (impliquant l’usage de LSD) ont même été réalisées sur des sujets à leur insu, et/ou dans des conditions plus que déontologiquement et humainement discutables.

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 octobre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stuart Turton – Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle

AU MENU DU JOUR

S. Turton - Les 7 morts d'Evelyn Hardcastle

Titre : Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle
Auteur : Stuart Turton
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Angleterre (2018)
544 pages

De quoi ça cause ?

Le narrateur reprend conscience au cœur d’une forêt, une femme est poursuivie par un homme, un coup de feu est tiré.

L’homme est plus confus que jamais, d’autant qu’il n’a aucun souvenir, ni de son identité ni de son passé, sinon un prénom qui lui revient en boucle : Anna.

Il ne le sait pas encore, mais il vient de pénétrer dans un cycle infernal sur lequel il n’a aucun contrôle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine et que la quatrième de couv’ de ce roman a particulièrement titillé ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Vous connaissez sans doute l’adage qui affirme que « la vie est un éternel recommencement« , mais connaissez-vous la citation complète dont il est extrait ? Il semblerait en effet que ce soit l’auteure québécoise Fleurette Levesque qui ait écrit : « La vie étant un éternel recommencement, seule l’acceptation de la défaite signifie la fin de tout. Tant et aussi longtemps que l’on sait recommencer, rien n’est totalement perdu. »

Merci Google, pour cette minute culturelle. J’avoue humblement et sans complexe qu’avant d’écrire cette chronique je n’avais jamais entendu parler de Fleurette Levesque… et que, ici et maintenant, je n’en sais pas davantage sur cette brave dame. Mais rassurez-vous, cela ne m’empêchera pas de dormir !

N’allez pas croire que je digresse à tort et à travers, cette citation illustre parfaitement la situation dans laquelle se retrouve le héros (malgré lui) de ce roman. En effet Aiden Bishop (c’est son nom, même si lui-même ne le découvrira que plus tard) est condamné à revivre la même journée endossant à chaque fois le corps et la personnalité d’un des hôtes du domaine de Blackheath. Pour se libérer de cette malédiction, il dispose de huit jours (et donc huit incarnations) pour résoudre l’énigme entourant la mort d’Evelyn Hardcastle, la fille des maîtres des lieux ; s’il échoue, le cycle repartira à zéro.

Même si les règles du jeu échappent totalement à Aiden Bishop, pas question pour lui de se résigner. Dans un premier temps il sera tenté de vouloir échapper de lui-même à ce funeste sort… avant de comprendre que la fuite est tout bonnement impossible. Par la suite il mettra tout en oeuvre non seulement pour identifier le responsable de la mort d’Evelyn Hardcastle, mais aussi pour la sauver d’une mort qui semble pourtant inéluctable.

A chaque incarnation Aiden Bishop hérite des forces et faiblesses (qu’elles soient physiques ou psychologiques) de son hôte. Chaque fois il se souvient de tout ce qu’il a vécu avec ses hôtes précédents, ce n’est qu’en mettant bout à bout les pièces du puzzle qu’il pourra quitter Blackheath.

Ajoutez à cela un maître du jeu dissimulé sous un costume de médecin de peste, un maléfique valet de pied qui ne reculera devant rien pour faire échouer la mission d’Aiden Bishop, autant de suspects qu’il y a d’invités… et vous aurez un aperçu (de nombreuses autres surprises vous attendent au fil des chapitres) de ce que vous réserve ce roman pareil à nul autre.

Ah oui j’oubliais, même si Stuart Turton ne situe pas précisément son intrigue dans le temps, on devine aisément que nous sommes au cœur de l’Angleterre victorienne. Un détail certes, mais qui ajoute un charme certain à ce bouquin.

On se retrouve projeté dans un huis clos qui pourrait laisser penser à une partie de Cluedo grandeur nature, mais avec des règles du jeu complètement réécrites par un esprit né d’un croisement improbable entre Agatha Christie et H.G. Wells.

C’est volontairement que je ne fais aucun rapprochement avec d’autres œuvres (romans ou films) ayant un thème apparemment semblable ; avec Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle l’auteur nous offre un premier roman particulièrement audacieux qui, au risque de me répéter, impose un cachet unique. Un roman qui joue habilement aussi bien avec les règles des genres (policier et fantastique/science-fiction) qu’avec l’échelle temporelle (je vous laisse découvrir le pourquoi du comment de ce dernier point).

L’intrigue policière est menée de bout en bout de main de maître, il faut dire que l’auteur nous propose une sacrée galerie de personnages peu recommandables, tous plus roublards ou manipulateurs les uns que les autres. Chacun traîne ses casseroles et ses secrets, toujours prompt à trahir les autres pour se protéger. Difficile de savoir avec certitude à qui se fier au sein de ce grand bal des faux-culs.

Bien malin(e), celui ou celle qui saura démêler cet incroyable écheveau afin de découvrir la vérité, faire le tri entre les fausses pistes et les vrais indices, faire tomber le voile des apparences qui recouvre le domaine de Blackheath et ses invités.

De tout ce que j’ai vu le premier jour, qu’est-ce qui était réel ? Quelqu’un était-il vraiment ce qu’il prétendait être ? Je croyais que Daniel et Evelyn étaient amis, et que le médecin de peste était fou, et que j’étais un médecin nommé Sebastian Bell, dont le principal problème était d’avoir perdu la mémoire. Comment aurais-je pu savoir que tout cela n’était que les positions de départ d’une course dont personne ne m’avait dit que je la courais ?

Soyez assuré que jusqu’au bout ce bouquin vous réservera des rebondissements totalement inattendus et des revirements surprenants. Pour ma part j’ai été complètement bluffé du début à la fin, j’ai adoré ce cocktail fort justement dosé entre policier et fantastique. Si je ne devais retenir qu’un mot pour qualifier ce roman, j’opterai sans hésitation pour génial.

MON VERDICT

En aparté

Je me permets, en guise d’aparté, petit clin d’œil à propos des traductions.

Nul n’a jamais vraiment compris pourquoi le roman de Jim Thompson Pop. 1280 en VO s’est retrouvé traduit par 1275 Âmes en VF ; avant que justice ne lui soit rendue avec une nouvelle traduction intégrale sous le titre Pottsville, 1280 Habitants.

Dans le cas présent ce n’est pas la version française du titre qui interpelle, la VF étant la traduction littérale du titre original, The Seven Deaths Of Evelyn Hardcastle ; qui, dans son édition américaine, devient The 7½ Deaths Of Evelyn Hardcastle… Reste à définir le concept de demi-mort.

Je connais pour ma part la petite mort qui désigne parfois l’orgasme (bien qu’à l’origine l’expression était à usage médical pour faire état d’un évanouissement ou de frissons nerveux).

Inutile de me remercier pour cette seconde minute culturelle, c’est un cadeau de la maison.

 
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Publié par le 27 mai 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Collectif, à l’initiative d’Yvan Fauth – Écouter Le Noir

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Titre : Écouter Le Noir
Auteur : Collectif
Éditeur : Belfond
Parution : 2019
Origine : France
288 pages

De quoi ça cause ?

13 auteurs réunis autour du thème de l’audition.
11 nouvelles sur fond noir.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que cet ouvrage est une initiative d’Yvan, ami (même si nous ne nous « connaissons » que par le biais du net) et blogueur pour qui j’ai énormément d’estime.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Je ne suis pas forcément un grand fan de la nouvelle même si je reconnais volontiers que, pour un auteur, l’exercice est délicat, voire périlleux. Le temps de quelques pages, il faut donner vie à des personnages et mener à terme une intrigue ; aller à l’essentiel pour toucher le lecteur au cœur et aux tripes, en évitant les raccourcis trop faciles qui laisseraient une impression de travail inachevé (ou pire, bâclé).

Les auteurs ayant répondu à l’invitation d’Yvan comptent parmi la fine fleur de la littérature noire francophone (mais pas que…), le nec plus ultra du genre. À travers ce recueil ils confirment leur immense talent, certains se dévoileront même sous un jour totalement inattendu.

C’est Barbara Abel et Karine Giebel qui ouvrent le bal, avec une nouvelle à quatre mains qui donne le ton et m’a laissé sans voix (à défaut de me laisser sans ouïe). Suivront, par ordre d’apparition, Jérôme Camut et Nathalie Hug, Sonja Delzongle, François-Xavier Dillard, R.J. Ellory, Nicolas Lebel, Sophie Loubière, Maud Mayeras, Romain Puértolas, Laurent Scalese et Cédric Sire.

Si aucun des auteurs présents ne m’est inconnu, il y en a certains dont je n’ai pas encore eu l’occasion d’explorer l’univers (Barbara Abel, Nicolas Lebel, Sophie Loubière et Laurent Scalese) ; découvrir leurs nouvelles me donne un aperçu de leur immense talent et ne fait qu’attiser davantage ma curiosité eu égard à leur travail…

Je ne vais pas me lancer dans un avis détaillé pour chacune des nouvelles ici présentes, d’une part afin de laisser intact le plaisir de la découverte, mais aussi parce que j’estime que cette approche ne ferait pas pour autant avancer le schmilblick (et un peu aussi par pure fainéantise).

Tour à tour les auteurs explorent le thème de l’audition sous toutes ses facettes (qu’il s’agisse de surdité, de bruits en tout genre – parfois amis, parfois ennemis – ou encore de musique…). De même les auteurs jouent sur tout le spectre du noir, du classique sur fond policier / thriller, au fantastique en passant même par l’humour.

Comme souvent dans ce genre de recueil, il y a les nouvelles qui font mouche et celles pour lesquelles on a l’impression d’avoir raté le coche sans vraiment pouvoir s’expliquer le pourquoi du comment de la chose. Il n’en reste pas moins que globalement la qualité est au rendez-vous (certaines flirtent même avec l’excellence) ; pas vraiment une surprise vu le panel des auteurs ayant accepté de se prêter au jeu.

Afin d’illustrer mon propos ci-dessus, je terminerai cette chronique par l’attribution d’une note (sur 5) à chacune de ces nouvelles ; comme d’hab cette notation n’engage que moi :

B. Abel et K. Giebel – Deaf : 5
J. Camut et N. Hug – Archéomnésis : 2.5
S. Delzongle – Tous les chemins mènent au hum : 3.5
F.X. Dillard – Ils écouteront jusqu’à la fin : 5
R.J. Ellory – Bloodline : 4.5
N. Lebel – Sacré chantier : 3.5
S. Loubière – Zones de fracture : 4
M. Mayeras : Echos : 4
R. Puértolas – Fête foraine : 4
L. Scalese – Quand vient le silence : 5
C. Sire – Le diable m’a dit : 5

Ce qui nous fait une honorable moyenne de 4.2 sur 5 que j’arrondis volontiers à 4.5 pour saluer l’initiative de ce recueil.

Mon cher Yvan tu peux considérer que le challenge a été remporté haut la main. Tu peux remettre ça quand tu veux !

MON VERDICT

 
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Publié par le 21 mai 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Anthony Neil Smith – Lune Noire

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A. Neil Smith - Lune Noire
Titre : Lune Noire
Auteur : Anthony Neil Smith
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (2008)
304 pages

De quoi ça cause ?

Billy Laffite est adjoint au shérif du comté de Yellow Medicine. Il a une vision très personnelle de la loi et n’hésite pas à franchir la ligne jaune pour arriver à ses fins.

Quand son amie, Drew, lui demande d’aider son petit copain, une petite frappe notoire qui s’est une fois de plus mis dans la merde, il n’hésite pas avant de prendre les choses en mains, bien décidé à gérer la question à sa manière.

Billy Laffite ne le sait pas encore, mais il vient de mettre les pieds dans une mécanique qui le dépasse largement. Quand les premiers cadavres font leur apparition, il est déjà trop tard pour faire machine arrière…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine, comme d’hab.

Avant même la parution du bouquin, j’avais flashé sur sa couv’.

Parce que j’adore les flics borderline (et plus si affinités).

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre… oups on rembobine, me suis trompé de bande !

Au commencement (comprendre au début du présent bouquin), on fait connaissance avec Billy Laffite alors qu’il est détenu par le FBI. On apprend assez rapidement que Laffite n’est pas franchement du genre incorruptible, loin s’en faut ! Du coup on a envie de comprendre comment il est arrivé là…

Vous vous demandez peut-être si je ne suis pas en train de vous faire un bis repetita de ma chronique de Corruption, le roman de Don Winslow, qui fut mon coup de cœur 2018. Que nenni ! Je reconnais volontiers que les deux romans débutent de façon assez similaire, mais Anthony Neil Smith s’engage rapidement sur une voie radicalement différente de celle empruntée par Don Winslow.

Si vous aimez les romans noirs bien noirs (humour compris) ? Vous en avez marre de ces héros qui pensent et lavent plus blanc que blanc ? Vous voulez un héros bad ass pur jus ? Alors incontestablement Lune Noire est le bouquin qu’il vous faut !

Histoire de vous plonger au cœur de l’action Anthony Neil Smith opte pour un récit à la première personne, vous voilà dans la peau de Billy Laffite. Un costume qui peut parfois piquer aux entournures, plus encore que l’horrible pull en laine miteux offert par mamie à Noël dernier !

Passe encore que Billy soit roublard, menteur, fonceur, magouilleur, queutard, un poil alcoolo, un brin suicidaire… j’en passe et des meilleurs ! Il est aussi et surtout doté d’un tempérament sanguin qui va systématiquement privilégier l’instinct à la réflexion ; pour le meilleur (parfois) ou pour le pire (souvent)…

Le genre de gars que l’on serait tenté de prendre en grippe d’entrée de jeu ; eh bien non ! Je n’irai pas jusqu’à dire qu’à force de voir les choses à sa manière ou fini par adopter sa façon de faire et de penser, mais il n’en reste pas moins que l’auteur sait y faire pour nous rendre son antihéros sympathique et attachant (même si parfois on a envie de lui foutre des baffes).

Tout comme je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est foncièrement bon dans le fond (ou alors il faut creuser longtemps) mais il n’en reste pas moins qu’il a un grand cœur. La preuve ? C’est en voulant aider une amie (avec, il est vrai, une arrière-pensée lubrique) qu’il se retrouve impliqué dans une affaire de sûreté nationale et de terrorisme.

Face à lui, l’agent fédéral Franklin Rome, convaincu plus que de raison (à ce stade c’est même maniaco-obsessionnel) que Laffite est en lien direct avec ce réseau terroriste. Sûr de son bon droit Rome va tout mettre en oeuvre pour obtenir des aveux.

Le bouquin ne se limite pas une confrontation entre Laffite et Rome, il est bien plus dense que cela et fait intervenir de nombreux autres acteurs. C’est volontairement que je passe sous silence le cœur même de l’intrigue et le rôle de ces autres personnages. C’est un roman qui mérite d’être effeuillé progressivement afin d’en savourer chaque instant… laissons au seul lecteur la seule jouissance de le déflorer à son rythme.

Quand je suis arrivé à la fin du roman mon premier réflexe a été de me dire : « Ah bin merde alors, c’est déjà fini« . Il faut dire que ce final sonne un peu comme le top départ d’un second round. Et second round il y aura bel et bien puisque Sonatine va nous proposer de retrouver Billy Laffite en septembre avec le roman Bête Noire. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, un troisième tome est déjà disponible en VO ; on peut légitimement espérer le voir figurer dans le prochain catalogue de l’éditeur.

Avec ce roman Sonatine ose, une fois de plus, proposer un titre qui sort des sentiers battus, et c’est justement pour ça que l’on aime cette maison d’édition.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 28 mars 2019 dans Bouquins

 

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