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Archives de Tag: Edmonde Permingeat

[BOUQUINS] Edmonde Permingeat – Ecrit Dans Le Sang

AU MENU DU JOUR

E. PErmingeat - Ecrit dans le sang
Titre : Ecrit Dans Le Sang
Auteur : Edmonde Permingeat
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2020
Origine : France
456 pages

De quoi ça cause ?

La jeune Maya tombe en panne un soir d’été à proximité du manoir de la famille Rascol, en pleine campagne tarnaise. Hugo, le fils d’un des propriétaires des lieux, lui propose de se joindre à eux le temps que sa voiture soit réparée.

Mais, à peine installée la belle rousse va tout mettre en œuvre pour exacerber les tensions latentes et dresser les membres de la famille Rascol les uns contre les autres…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai découvert Edmonde Permingeat avec son précédent roman, Sans Mon Ombre, et que j’avais envie d’aller plus avant dans l’exploration de son univers littéraire.

Ma Chronique

Comme dans son précédent roman, Sans Mon Ombre, Edmonde Permingeat nous propose de découvrir un thriller qui n’en est pas vraiment un tant il joue (et déjoue) avec les règles du genre. Une fois de plus c’est aussi pour elle l’occasion d’exposer les travers d’une famille qui, vue de l’extérieur, étale une respectabilité irréprochable.

Rien de tel pour faire exploser le voile des apparences qu’une pièce rapportée, qui, en l’occurrence, prendra l’apparence d’une jolie rousse à qui l’on donnerait (presque) le bon dieu sans confession. Maya, la jolie rousse en question, n’hésitera pourtant pas à user (et abuser) de ses appas pour faire imploser la respectable famille Rascol… il faut dire que le terrain était plutôt fertile, disons que Maya aura été l’étincelle qui met le feu aux poudres.

Il faut bien reconnaître que, pour nous brosser le portrait de la famille Rascol, Edmonde Permingeat ne trempe pas sa plume dans les pastels mais opte plutôt pour les nuances sombres et acides. Il n’y a guère que Clément, le frère cadet, et sa famille qui trouvent grâce à ses yeux (et aux nôtres du coup).

Les deux autres frangins, Stéphane et Frédéric, sont juste puants de suffisance. La femme de Frédéric n’est guère plus qu’une pimbêche au QI équivalent à celui d’une palourde morte, leurs jumeaux sont l’archétype des gosses pourris gâtés que l’on a envie de baffer (et plus si affinités). De son côté Stéphane a eu le bon goût d’opter pour le célibat et de ne pas se reproduire.

Si on devine rapidement et sans peine les motivations de Maya (un mobile vieux comme le monde), son plan n’en reste pas moins machiavélique. L’auteure réussit à rendre la famille Rascol tellement détestable que l’on en viendrait presque à approuver les actes de Maya (j’ai bien dit presque… dommage toutefois pour ce brave couillon de Mathieu, le fils de Clément).

Si le déroulé de l’intrigue reste globalement assez prévisible (avec toutefois quelques revirements de situation inattendus), j’ai trouvé que le final était particulièrement bien trouvé ; il permet en effet de remettre en perspective l’ensemble du récit.

Edmonde Permingeat brosse un profil psychologique impitoyable des personnages de son roman, à tel point que parfois ça peut paraître un peu surjoué, pour ne pas dire franchement cliché. Mais globalement ça fonctionne plutôt bien.

Via les personnages de Marion et Hugo, l’auteure aborde à nouveau le thème de la gémellité (qui était déjà au cœur de l’intrigue de Sans Mon Ombre) et le lien qui unit les jumeaux… même si, sang de Rascol oblige, le présent lien est perverti.

Malgré quelques défauts mineurs, le roman s’avère rapidement être un véritable page-turner, difficile en effet de résister à l’envie de « découvrir » le fin mot de l’histoire. Le style de l’auteure contribue grandement à une lecture fluide. Tous les ingrédients sont réunis pour vous assurer un bon moment sans avoir à surchauffer les neurones.

MON VERDICT

 
2 Commentaires

Publié par le 21 août 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Edmonde Permingeat – Sans Mon Ombre

AU MENU DU JOUR

E. Permingeat - Sans Mon Ombre
Titre : Sans Mon Ombre
Auteur : Edmonde Permingeat
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2019
Origine : France
440 pages

De quoi ça cause ?

Lors d’une dispute Alice, tue accidentellement sa sœur jumelle, Célia. Alice, qui a toujours pris ombrage de sa sœur, fait disparaître le corps et décide de prendre sa place.

Elle ne tarde pas à découvrir que, au-delà des apparences, la vie de Célia était loin d’être idyllique. Mais Alice est déterminée à tout mettre en oeuvre afin que son rêve ne se transforme pas en cauchemar…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que les éditions de L’Archipel sont désormais partenaires de Net Galley.

Leur premier titre proposé étant un thriller psychologique, j’ai sauté sur l’occasion pour leur souhaiter la bienvenue.

Ma demande ayant été acceptée, il ne me restait plus qu’à me lancer à la découverte de ce roman.

Ma Chronique

Je remercie les éditions de L’Archipel et Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation pour ce titre.

Le roman s’ouvre un meurtre, ou plus exactement violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner pour reprendre le terme juridique approprié. Un début plutôt classique pour un thriller, même si on connaît l’assassin (Alice), son mode opératoire (une rafale de claques dans la tronche) et son mobile (une jalousie maladive à l’encontre de sa sœur).

La suite logique des choses serait qu’il y ait enquête, et ben non. Pas vu, pas pris pour ainsi dire, et les amateurs du genre le savent mieux que personne : pas de bras, pas de chocolat… ah non, c’est pas ça ; voilà qui devrait être plus approprié : pas de corps, pas d’homicide ! Soit dit en passant cette dernière affirmation n’a strictement aucune valeur légale, c’est juste plus compliqué de prouver le crime en l’absence de cadavre.

Edmonde Permingeat nous offre donc un thriller qui n’a rien de policier, son credo avec ce roman c’est de tout miser sur l’aspect psychologique de l’intrigue. La force d’un thriller psychologique réside dans ses personnages, aucun droit à l’erreur sinon la sauce risque de ne pas prendre. Et l’auteure tire parfaitement son épingle du jeu dans ce domaine, la mayonnaise prend et s’avérera même succulente (n’allez pas vous imaginez que je bouffe de la mayo à la louche… rien que d’y penser ça me flanque la nausée).

Bien qu’écrit à la troisième personne, le roman vous invite à vivre l’intrigue à travers le personnage d’Alice. Une femme dotée d’une forte personnalité et d’un tempérament plutôt fougueux, elle s’efforce de mener une vie sans contraintes ni attaches et surtout sans jamais se soucier des autres. Une vie à l’opposée de celle que mène sa sœur, Célia, femme au foyer effacée qui s’occupe de ses deux filles. Et pourtant Alice ne peut s’empêcher de jalouser cette sœur qu’elle surnomme avec mépris l’autre ; l’accusant même de l’empêcher de s’épanouir pleinement tant elle lui fait de l’ombre.

Comme vous pouvez le constater, Alice n’est pas franchement une blanche colombe et l’auteure ne fait rien pour nous la rendre plus sympathique. Le fait qu’elle bute sa frangine dès les premières lignes du roman ne jouera pas franchement en sa faveur.

Donc notre chère Alice décide, une fois son sinistre forfait accompli, d’endosser la vie de Célia sans toutefois renoncer complètement à être elle-même. L’occasion pour elle de découvrir que, au-delà des apparences, sa sœur ne vivait pas une vie idyllique. Son quotidien était meublé de faux-semblants, non-dits, mensonges, tromperies, trahisons… une vérité insoupçonnable vue de l’extérieur !

Mais il en faut plus que ça pour que Alice renonce à son plan. Là où Célia courbait l’échine, elle va montrer les crocs… mais point trop n’en faut si elle ne veut pas prendre le risque de se trahir.

Il faut dire qu’elle est tombée au milieu d’un sacré panier de crabes vérolés ! Un mari qui la cocufie sans vergogne et prend un malin plaisir à la rabaisser et l’humilier. Une belle-mère et une belle-sœur qui sont de véritables langues de putes. On est loin de la famille formidable ! Et ce n’est guère plus reluisant du côté des amis…

Edmonde Permingeat nous livre une chronique familiale glauque à souhait, mais parfaitement maîtrisée. Le bouquin devient rapidement addictif, difficile en effet de lâcher prise avant de savoir comment tout ça va se terminer.

J’aurai aimé un final encore plus sombre, je trouve en effet que certains personnages s’en sortent bien mieux qu’ils ne le méritent. Un choix de l’auteure histoire de confirmer l’adage : bien mal acquis ne profite jamais. Une morale amorale en quelque sorte.

MON VERDICT

 
5 Commentaires

Publié par le 4 avril 2019 dans Bouquins

 

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