[BOUQUINS] Joël Macron – Killarney 1976

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J. Macron - Killarney 1976
Titre : Killarney 1976
Auteur : Joël Macron
Éditeur : Éditions Nouvelle Bibliothèque
Parution : 2018
Origine : France
226 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il fait du tri dans ses affaires, Joël, le narrateur, replonge dans ses souvenirs. Notamment son séjour en Irlande, en 1976, et sa rencontre avec Mano, un scientifique iranien qui deviendra son ami et lui fera de troublantes confidences.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est une succession de hasards qui m’a emmené à solliciter ce roman auprès de Net Galley, et un soupçon de curiosité vis-à-vis du catalogue de l’éditeur.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Nouvelle Bibliothèque et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour être tout à fait honnête, ma relation avec ce roman est partie sur de mauvaises bases. Quelle déception de découvrir que l’éditeur ne le propose qu’au format PDF. Aujourd’hui, proposer à des lecteurs numériques un fichier PDF c’est comme proposer à un amateur de champagne un mousseux éventé ; ça frôle l’insulte ! II faut vivre avec son temps messieurs les éditeurs, le PDF c’était avant

Le bouquin étant relativement court j’ai pris sur moi. Non pas en acceptant de le lire au format PDF (j’suis pas encore maso), mais en lui offrant une conversion maison au format epub. Ça demande un peu de travail, mais le gain en confort de lecture mérite bien de tremper les mains dans le cambouis.

Afin de finaliser la conversion, ajustement de la mise en page, corrections diverses et variées, j’ai survolé le roman et j’avoue avoir été pris d’un doute ; cette première approche ne m’a pas franchement donné envie d’aller plus avant dans la découverte. Pas question de me laisser rebuter par un a priori négatif, si je veux chroniquer ne mon âme et conscience ce bouquin, je dois le lire.

Ah que voilà un bouquin qu’il est difficile de classer dans une case plutôt qu’une autre. Net Galley le répertorie en science-fiction, c’est à la fois un peu ça et bien plus que ça. Difficile de faire la part des choses entre le récit autobiographique (l’auteur se prénomme lui aussi Joël) et les éléments de pure fiction ; le mieux étant encore de se laisser porter par le récit.

De par les origines iraniennes de Mano, il est beaucoup question de la situation en Iran dans le roman. Le régime du Shah est sur le déclin, le peuple manifeste de plus en plus vivement son ras-le-bol des fastes (et des frasques) du pouvoir alors qu’il crève la dalle… et pendant ce temps-là, les islamistes se frottent les mains et avancent leurs pions sur l’échiquier politique.

Comme l’auteur le fait dire à Mano, l’avenir du pays ne se profile pas sous les meilleurs auspices :

Je pense que le Shah se retrouvera bientôt isolé. Mais ce qui suivra m’effraie encore plus. Et les vrais malheurs de mon pays sont devant nous.

Mais avant tout ce bouquin est l’histoire d’une amitié presque fusionnelle entre Joël et Mano. Au fil des chapitres on partage les souvenirs du narrateur et de ce petit groupe d’amis qui croquent la vie à pleines dents.

C’est aussi une ode à l’Irlande (ses paysages et ses traditions) et aux Irlandais, un pays que je ne connais pas, mais qui a toujours suscité un certain intérêt auprès de moi (tout comme l’Écosse, deux terres de rugby… et de whisky). Je me serai volontiers invité à leur table chez Paddy, siroter avec eux quelques Guinness en profitant de la chaleur d’un feu de tourbe et en se laissant bercer par la musique traditionnelle.

J’abordais cette lecture à reculons, mais finalement j’ai rapidement été sous le charme, le bouquin est court et de fait se lit quasiment d’une traite.

Cette lecture m’aura permis de finaliser mon fichier epub mais aussi de corriger diverses coquilles qui ne sont pas le fait de la conversion (fautes d’orthographes et de typographie, mise en page parfois incertaine) ; pour être tout à fait franc ça m’aurait foutu les boules d’acheter un livre papier et de constater qu’il comportait encore autant d’erreurs. Force est de dénoncer de sérieuses lacunes au niveau de la relecture et des corrections. Un tel manque de finition va forcément impacter (en mal) mon verdict final.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Jonathan Theroude – Terminus

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J. Theroude - Terminus
Titre : Terminus
Auteur : Jonathan Theroude
Éditeur : Éditions Nouvelle Bibliothèque
Parution : 2018
Origine : France
221 pages

De quoi ça cause ?

Vincent Kaplan avait tout pour être heureux… puis il a tout foutu en l’air, bêtement.

Une erreur et ses conséquences qu’il a voulu noyer dans l’alcool, encore et encore… Mais aujourd’hui, après quinze années d’errance, il est déterminé à se reprendre en main…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Au risque de vous paraître bizarre, je dirai que je n’en sais rien… J’ai choisi ce bouquin à l’instinct, sans vraiment savoir de quoi il parlait.

La couv’ m’a tapé dans l’œil (aïe, ça fait mal) avec son gars qui pénètre dans un tunnel dont on ne voit pas l’issue. Faut il y voir une métaphore avec la mort et sa fameuse lumière blanche si l’on en croit les témoignages post EMI (Expériences de Mort Imminente) ?

Ma Chronique

Je remercie les éditions Nouvelle Bibliothèque et Net Galley qui ont donné une suite favorable à ma demande.

Le bouquin reçu étant au format PDF j’ai d’abord été tenté de ne pas le lire. Finalement j’ai remonté mes manches, pris mon courage à deux mains et… créé une version epub maison. Du coup plus rien ne s’opposait à ce que je lise ce bouquin sollicité sur un coup de tête.

Un bouquin classé dans la catégorie thriller, mais je serai plutôt tenté de dire que c’est un roman noir qui décrit le parcours tristement ordinaire d’un homme tout aussi ordinaire. Un gars qui avait tout pour être heureux (vu de l’extérieur en tout cas), qui fout tout en l’air sur une connerie (une erreur certes banale, mais ça n’en reste pas moins une grosse connerie) et pense trouver refuge dans l’alcool ; la spirale infernale de l’alcoolisme fera le reste (sur ce point il n’a pas encore complètement touché le fond, il a encore un job et un appart).

Sans forcément éprouver une quelconque empathie pour le personnage de Vincent Kaplan (qui reste un concentré d’égocentrisme pendant la quasi-totalité du roman), je n’ai pas pour autant eu envie de le clouer au pilori. Comme dirait l’autre (le punaisé sur sa croix) : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! ».

Les chapitres alternent entre le présent (Vincent Kaplan trouve une planche de salut au sein d’une cellule des Alcooliques Anonymes) et les flashbacks qui nous font revivre son ascension et sa dégringolade. Il est alors facile de se dire « bien fait pour sa gueule » (nul besoin de sortir de Normale Sup’ pour deviner la nature de son erreur), pour ma part j’ai préféré m’attacher à ses efforts pour s’en sortir.

Mon terme « parcours ordinaire » ne s’adresse heureusement pas à tout le monde, je cible plutôt ceux et celles (mesdames vous n’êtes pas à l’abri d’une connerie) qui ratent le coche à un instant T et espèrent que l’alcool leur fera oublier leur erreur et ses conséquences. Il n’en reste pas moins que les derniers chapitres vont brutalement extraire Vincent Kaplan de cette « normalité ». Je ne saurai dire exactement pourquoi et comment, mais j’ai senti venir ce choc final (sans doute au nom de la fameuse Loi de l’Emmerdement Maximum qui affirme que tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera mal).

Soit dit en passant j’ai trouvé le personnage de Marie, la fille de Vincent, pas forcément très bien lotie dans son traitement. La nana est tout de même un tantinet parano au niveau de sa relation à autrui, et pas franchement futée (quelle idée de s’endormir lors d’un trajet si tu ne descends pas au terminus). J’dis ça, j’dis rien…

Un coup de tête qui se solde par une agréable surprise, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce bouquin ; la preuve, je l’ai dévoré quasiment d’une traite.

MON VERDICT