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[BOUQUINS] Sara Greem & Bernard Afflatet – Hémisphère

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S. Greem & B. Afflatet - Hémisphère
Titre : Hémisphère
Auteur : Sara Greem & Bernard Afflatet
Éditeur : Éditions du 38
Parution : 2020
Origine : France
304 pages

De quoi ça cause ?

3000 ans plus tôt, pour se protéger d’une épidémie qui décime l’humanité, la vieille Europe a été coupée du monde en se couvrant d’un dôme infranchissable.

En Hémisphère, les terres protégées par le dôme, les Désignés ont appris à se conformer à un nouveau mode de vie, un quotidien entièrement assisté et régi par des machines.

Au-delà du dôme, sur les Terres de l’Exil, le quotidien des Exilés est nettement plus rude ; la survie est une lutte de tous les jours tandis que les ressources s’épuisent inexorablement.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sara Greem, une auteure que je suis assidûment depuis ses débuts et une personne qui compte énormément pour moi.

Une fois de plus elle change de registre littéraire en se frottant à la science-fiction (version post-apocalyptique). Autre nouveauté, elle s’essaie à l’écriture à quatre mains puisque le présent roman est co-signé par Bernard Afflatet.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement Sara et les Éditions du 38 pour leur confiance renouvelée.

Autant je suis un inconditionnel de la première heure de Sara Greem, autant je ne connaissais pas du tout Bernard Afflatet avant de lire ce roman. J’espère qu’il ne m’en tiendra pas rigueur, d’autant que je compte bien réparer cette lacune prochainement.

De prime abord, le contexte post-apocalyptique permet de classer sans hésitation ce roman sur les étagères dédiées à la science-fiction. Dans les faits les choses ne sont pas aussi simples, les auteurs jouent en effet avec les genres, intégrant une forte part de fantasy dans le récit (les Terres de l’Exil font clairement penser à un autre monde que le nôtre), mais aussi des éléments issus de la mythologie et même un fort soupçon de préoccupations écologiques. Mélangez ces différents ingrédients, laissez reposer le temps que l’ensemble se fonde en un tout cohérent et vous obtiendrez Hémisphère.

Le roman s’articule autour de l’opposition entre deux mondes (Hémisphère et les Terres de l’Exil), deux peuples (les Désignés et les Exilés) et leurs modes de vie respectifs. De fait l’intrigue commence par se jouer sur deux axes narratifs distincts qui finiront par ne faire qu’un.

C’est Devor-83 qui nous servira de guide pour découvrir le quotidien des Désignés en Hémisphère ; un quotidien géré par la technologie et les machines afin que d’éviter aux humains d’avoir à se poser la moindre question. Un quotidien formaté et uniformisé, une routine placée sous le signe de la pensée unique (voire même par l’absence totale de pensée). Mais voilà, malgré cette routine bien huilée, Devor-83 est assailli par le doute et des questionnements quant à sa vie et son bonheur.

Suivez Osnour, un chasseur un brin taciturne, pour découvrir les Terres de l’Exil et le quotidien des Exilés. Un quotidien qui pourrait se résumer en un mot : survivre. Des survivants réunis en tribus et pour la plupart adepte d’une religion clanique dont la flamme est entretenue par une prophétesse, l’Annonciatrice. Un mode de vie auquel Osnour et les siens ont de plus en plus de mal à adhérer. Le chasseur est bien plus préoccupé par les sources d’eau qui se tarissent et le gibier qui se fait de plus en plus rare ; mais aussi par ces rêves troublants qui agitent son sommeil.

Les auteurs trouvent un juste équilibre entre la mise en place du cadre et le déroulé progressif de leur intrigue. J’avoue avoir craint pendant un moment un dénouement trop rapide ou trop facile au fur et à mesure que les pages défilaient ; que nenni, Sara et Bernard gardent le cap de bout en bout avec une intrigue qui se déroule sans le moindre accroc.

Si vous avez lu les précédents romans de Sara Greem, vous connaissez sans doute son attachement à la mythologie, ou plutôt devrai-je dire aux mythologies. Après nous avoir initié à la mythologie celte (Les Epopées Avaloniennes), puis à celle des peuples nordiques (La Malédiction De L’Anneau Des Niflungar), c’est l’Égypte ancienne et ses divinités qui sont mises à l’honneur dans le présent roman. Une fois de plus ces éléments mythologiques s’intègrent impeccablement à l’intrigue.

En lisant ce roman vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer, tout est fait pour maintenir l’intérêt du lecteur en éveil. Les personnages, le rythme, le suspense, l’action… tout est fort justement dosé et maîtrisé. Et la recette fonctionne du feu de dieu !

Un roman écrit à quatre mains qui devrait séduire un large public de par la variété des thèmes abordés mais aussi et surtout par sa narration d’une grande fluidité. Chapeau bas aux auteurs, la fusion de leurs efforts est une totale réussite.

Si comme moi vous vous posez des questions sur le rapport entre la couv’ et le pich du bouquin, vous n’aurez pas forcément de réponse directement dans le bouquin, disons que les auteurs dispensent suffisamment d’indices pour vous mettre sur la bonne voie… Google fera le reste.

MON VERDICT

 
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Publié par le 16 juin 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sara Greem – La Malédiction De L’Anneau Des Niflungar

AU MENU DU JOUR

S. Greem - La Mal&diction de l'Anneau des Niflungar
Titre : La Malédiction De L’Anneau Des Niflungar
Auteur : Sara Greem
Éditeur : Éditions du 38
Parution : 2019
Origine : France
384 pages

De quoi ça cause ?

Sigurdr, le fils adoptif du roi du Danmark, rêve de rebâtir la cité de ses ancêtres, Xanten. Mais avant cela son beau-père lui confie une mission, se rendre en Island afin de convaincre la reine de s’allier au royaume du Danmark en épousant Hjörvarr, son fidèle second.

Sigurdr embarque donc pour l’Island en compagnie de Thórrmund, son demi-frère et Reginn, son précepteur, qu’il considère comme un second père. Le vaillant prince guerrier ignore encore que sa rencontre avec Brynhildr, la reine d’Island, va sceller son destin et celui de ses amis…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que Sara m’a proposé de découvrir en avant-première (sortie le 1er septembre) son nouveau roman ; impossible de refuser une telle marque de confiance.

Après une incursion plus que réussie dans le monde celte avec ses Épopées Avaloniennes, c’est en terre viking que se situe son nouveau roman ; à la (re)découverte d’une légende phare de la mythologie nordique / germanique.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement Sara pour sa confiance renouvelée et son amitié.

Je ne saurai dire exactement à quand remonte mon intérêt pour les Vikings, mais ça se compte en dizaines d’années. Enfant et adolescent c’est le côté guerrier qui m’attirait, force est de reconnaître que c’est bien LA civilisation guerrière par excellence. Non seulement c’est assumé dans leurs traditions et leur mythologie, mais c’est même revendiqué.

Si je devais trouver un élément déclencheur je rejetterais la faute sur Marvel et le personnage de Thor (bien avant le MCU et son interprétation par Chris Hemsworth). Au-delà des comics j’ai eu envie d’en apprendre davantage sur le personnage et son univers. Et c’est à l’ancienne (sans accès à Internet) que j’ai satisfait ma curiosité : en allant à la bibliothèque et en feuilletant des bouquins (si, si, j’ai connu ces temps anciens !).

Sans être un inconditionnel de l’opéra (loin s’en faut) c’est pourtant par ce biais que j’ai été amené à m’intéresser à la légende de Siegfried. C’est en effet après avoir écouté et apprécié La Chevauchée Des Walkyries de Richard Wagner que je me suis penché sur son opéra L’Anneau Du Nibelung. Ne parlant pas allemand je n’ai rien compris à l’histoire, mais la musique, elle, m’a parlé ; poussé par la curiosité j’ai donc de nouveau creusé la question (toujours à l’ancienne).

Sara Greem nous invite à (re)découvrir la légende de Siegfried en optant pour la transcription nordique (et non germanique) des noms et lieux dans un souci de cohérence. Ainsi Siegfried devient Sigurdr, le Nibelung (Nibelungen en allemand) devient le Niflungar… ceux qui, comme moi, connaissent la version germanique retrouveront rapidement leurs marques.

Pour donner corps à son roman, l’auteure intègre des éléments et des personnages issus de son imaginaire tout en respectant les grandes lignes de l’épopée de Sigurdr. Même en connaissant les tenants et les aboutissants de la légende, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette revisite romancée. Un récit captivant de bout en bout.

Comme elle l’avait fait avec ses Épopées Avalonniennes, Sara intègre à son récit de nombreuses références à la mythologie viking. Qu’il s’agisse d’étayer l’intrigue ou simplement d’y ajouter un bonus culturel et didactique à l’ensemble, les clins d’œil mythologiques trouvent naturellement leur place dans le récit sans jamais casser le rythme.

Et niveau rythme on va être généreusement servis, l’épopée de Sigurdr n’est pas vraiment une promenade de santé. Entre un dragon à terrasser et une horde de Huns à mettre en déroute, il n’aura pas vraiment le temps de souffler. Mais le roman ne se contente pas d’aligner les scènes de bataille, même dans les périodes d’accalmie, l’intérêt reste en éveil sans jamais faiblir.

Bien entendu j’ai aimé retrouver les personnages de la légende (avec un faible particulier pour Sigurdr et Brynhildr), j’ai trouvé que ceux imaginés par Sara apportaient un réel plus à l’intrigue. A commencer par le demi-frère de Sigurdr, mais aussi et surtout Knut le berseker au grand cœur.

Si d’aventure vous seriez appâté par l’or du Rhin, sachez que vous ne serez pas les premiers et sans doute pas les derniers à tenter votre chance. Si la sagesse populaire affirme qu’il y a une part de vérité dans toute légende, j’ajouterai simplement qu’il ne faut non plus tout prendre au pied de la lettre.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 14 août 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Hérodias & Le Seigneur De Feu

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S. Greem - Hérodias & le Seigneur de Feu

Titre : Hérodias & Le Seigneur De Feu
Série : Epopées Avaloniennes – Tome 3
Auteur : Sara Greem
Éditeur : Éditions du 38
Parution : 2018
Origine : France
468 pages

De quoi ça cause ?

Hérodias, la grande prêtresse d’Avalon, Aldarik, le Viking, Goulven, le Celte et Cadoc, l’ex-moine redevenu druide, pénètrent enfin dans le royaume des fées. Hermès, le corbeau magique, et Lutuz-Nog, le korrigan seront aussi du voyage.

Le temps presse pour nos héros, car les peuples élémentaires se meurent inexorablement sous l’emprise de la magie des sorciers d’Azgor. Mais pour y parvenir, Hérodias et ses compagnons vont devoir convaincre les différents royaumes, plus divisés que jamais, de s’unir contre leur redoutable ennemi commun.

Restaurer le royaume des fées est aussi pour Hérodias l’ultime chance de libérer Kai de l’emprise maléfique de Caïus ; pour se faire, elle devra réunir l’âme et le corps de son aimé avant qu’il ne soit trop tard…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que je me suis régalé avec les deux premiers opus de ces Épopées Avaloniennes ; Sara m’ayant proposé de découvrir le troisième et dernier tome, je ne pouvais décemment pas bouder ce plaisir !

Ma chronique

Je remercie chaleureusement Sara et les Editions du 38 pour leur confiance renouvelée à l’occasion de la publication de l’ultime volet des Épopées Avaloniennes d’Hérodias et ses amis.

Le tome précédent laissait présager un monde riche en surprises et je peux vous assurer que ce royaume des fées tient toutes ses promesses, et même bien au-delà ! Vous vouliez des créatures fantastiques ? Vous allez en avoir à foison. Au fil de leur périple, nos aventuriers rencontreront des ondins (royaume de l’Est, élément eau, dirigé par Dame Loreleï), des nains (royaume du Sud, élément terre, dirigé par le Seigneur Matol’ch), des elfes (royaume de l’Ouest, élément air, dirigé par le Seigneur Ménéthas) mais aussi des trolls, des farfadets… et même des dragons ! Et, en bonus, quelques héros de la mythologie celte…

Et encore je ne vous parle là que des alliés potentiels pour nos héros (à condition qu’ils parviennent à mettre tout le monde d’accord), de leur côté les nécromanciens d’Azgor n’hésiteront pas à déployer un impressionnant bestiaire afin contrecarrer les plans d’Hérodias.

Vous en voulez encore ? De la magie et encore de la magie, blanche ou noire selon les lanceurs de sorts, curative ou dévastatrice… il y en a pour tous les goûts. La clé de la victoire pourrait bien résider dans le plus puissant des artefacts magiques, le Graal (si, si vous avez bien lu). Évidemment il ne s’agit du Graal version chrétienne (la coupe qui a recueilli le sang du Christ), ni de sa version alternative « hérétique » (le sang royal, la descendance de Jésus)… c’est là un objet magique qui résulte de l’assemblage de quatre artefacts légendaires.

Bref, les amateurs de fantasy en auront pour leur argent. Mais aussi, et c’est aussi l’une des particularités de ces Épopées Avaloniennes, les amateurs de mythologie celte. Comme dans les tomes précédents, Sara profite de son intrigue pour nous faire découvrir divers aspects du celtisme, qu’il s’agisse de symbolique ou de l’épopée de ses figures mythiques ces apartés s’intègrent parfaitement au récit. Une entrée en la matière qui devrait combler les simples curieux et donner envie aux profanes d’aller plus avant dans la découverte de cet univers qui ne s’arrête pas à la légende arthurienne.

Vous l’aurez compris la quête d’Hérodias et de ses compagnons les mèneront à de nombreuses rencontres, à commencer par les seigneurs des différents royaumes qu’ils devront rallier à leur cause. Des personnages au caractère tranché, chacun ayant sa propre personnalité ; je reconnais avoir eu un faible pour le seigneur nain, Matol’ch, son côté bon vivant y est sans doute pour beaucoup.

Mais nos aventuriers feront aussi d’autres rencontres capitales au cours de leur périple, notamment les sœurs jumelles Ava et Karma, des espionnes elfes qui sillonnent le royaume des fées et détiennent donc des informations qui pourraient s’avérer précieuses pour la suite des événements.

Ai-je besoin de préciser que ce chapitre final fait la part belle à l’action ? Les batailles se succèdent et vont crescendo au fur et à mesure que notre fine équipe s’approche du but. Ça bastonne dur, le fer se croise, la magie fuse… jusqu’à une grande bataille finale franchement épique !

Après sa trilogie érotique (mais pas que…) Publicité Pour Adultes, Sara Greem réussit brillamment son entrée dans la fantasy. Un genre dans lequel elle semble avoir trouvé ses marques puisque mon petit doigt me murmure qu’elle pourrait bien y revenir avec une nouvelle source d’inspiration.

Je terminerai en tirant mon chapeau à Anne-Eléonor Olivier, la graphiste, qui a superbement illustré les couvertures de cette trilogie.

MON VERDICT

 
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Publié par le 13 septembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sara Greem – Hérodias & Le Porteur De Lumière

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Hérodias & Le Porteur De Lumière

Titre : Hérodias & Le Porteur De Lumière
Série : Epopées Avaloniennes – Tome 2
Auteur : Sara Greem
Éditeur : Éditions du 38
Parution : 2018
Origine : France
404 pages

De quoi ça cause ?

Afin de sauver Avalon, Hérodias (accompagnée de son fidèle Hermès), Adalrik, Goulven et le moine Cadoc doivent rejoindre la cité d’Ys afin de convaincre la princesse Dahud de leur ouvrir la porte du royaume des fées.

Pour Hérodias, accéder au royaume des fées est aussi l’unique moyen de retrouver et de sauver son aimé, le seigneur Kai, prisonnier de la magie d’Azgor, mais, elle est en convaincue, vivant.

Un voyage périlleux compte tenu des hordes de chrétiens belliqueux qui envahissent le continent. Mais d’autres dangers, encore insoupçonnés, guettent nos quatre (et demi avec le corbeau) aventuriers…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai beaucoup aimé le premier opus de ces Epopées Avaloniennes proposées par Sara Greem. Il est donc tout à fait normal que je sois impatient de retrouver Hérodias et ses compagnons.

Ma chronique

Si le premier volume de ces Epopées Avaloniennes se déroulait exclusivement sur l’ile d’Avalon et ses environs, il en va autrement avec sa suite. En effet, dès le premier chapitre Hérodias et ses compagnons vont devoir quitter l’ile pour un périple qui les mènera plus loin dans le continent (sur les terres du Seigneur Mordred) afin de gagner une autre île mythique de la tradition celtique (surtout bretonne), Ys.

La première étape de leur va donc mener notre fine équipe sur les terres de Mordred, le jumeau maudit de Goulven, celui dont Avalon se défend de prononcer le nom depuis qu’il a tué le roi Arthur, son père. L’occasion pour Sara Greem de nous proposer une version alternative du mythe afin de coller à son propre récit. Après tout quel mal y’a-t-il à détourner une fiction au bénéfice d’une autre fiction ?

De là, embarquement immédiat (ou presque, leur bref séjour chez Mordred ne fut pas de tout repos) pour la cité d’Ys où se déroulera la majeure partie du récit. Une île sur laquelle règne le roi Gradlon, bien que converti à la religion du Dieu unique, il n’impose pas sa foi à son peuple. Ce qui permet à sa fille, la princesse Dahud, de perpétuer les croyances d’Avalon… en apparence du moins.

J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Hérodias, Adalrik, Goulven et même Cadoc… Pardon ? Côa ? Ah oui, bon sang, mais c’est bien sûr ! J’allais oublier ce brave Hermès. Sorry l’emplumé, l’injustice est réparée. Si ton ramage se rapporte à ton plumage… Côa encore ? Ah, Ok, on ne te la fait pas. Au temps pour moi.

Mais il n’y a pas que de belles retrouvailles au menu, Hérodias et ses compagnons auront la désagréable surprise de découvrir que non surement l’abject Gwénolé les a précédés sur Ys, mais qu’il a en plus su gagner la confiance du roi Gradlon.

Si dans le précédent opus tous les chrétiens semblaient se réunir sous la bannière de Gwenolé, on découvre ici qu’il y en a qui n’apprécient guère ses méthodes, mais le craignent trop pour oser s’opposer à lui. Certains moines pourraient même s’avérer fort sympathiques, si, si c’est possible !

J’ai déjà eu l’occasion de mentionner quelques nouveaux acteurs majeurs de ce second opus, difficile de passer sous silence le fameux « Porteur de Lumière » dont il est question dans le titre, le comte Luigi Siferio. Inutile d’être un latiniste distingué ou théologien avisé pour deviner la véritable identité de celui qui se cache sous ce titre et ce nom.

Au fil de son récit, l’auteure intègre des explications sur la mythologie celte, que ce soit à travers ses personnages ou ses traditions. Explications qui se fondent naturellement dans le récit sans jamais nuire au rythme de l’intrigue (il faut dire aussi que c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup… sans doute mes lointaines origines bretonnes qui se rappellent à moi). Pour ma part je trouve que le mélange des genres (fiction 100% imaginaire et mythologie) fonctionne impeccablement.

Il faut dire aussi que niveau rythme on est servi. Ca bastonne dur au fil des pages, quand les personnages ne croisent pas le fer, c’est la magie qui prend le relai et, soyons fous, parfois nous avons même le droit à des combats mêlant les armes et la magie. On en prend plein les mirettes, et on en redemande !

Est-il besoin de vous dire que j’attends avec impatience le troisième et dernier (?) tome de ces Epopées Avaloniennes ? L’occasion de découvrir enfin le mystérieux royaume des fées et de lever le voile sur toutes les questions demeurant encore sans réponse (nous n’en apprenons guère plus sur les mages d’Azgor dans ce second opus, il faut dire que nos héros ont d’autres chats à fouetter et que certains seront parmi les plus coriaces).

MON VERDICT

 
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Publié par le 27 février 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sara Greem – Hérodias & Le Guerrier Au Linceul

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S. Greem - Hérodias & le guerrier au linceul

Titre : Hérodias & Le Guerrier Au Linceul
Série : Epopées Avaloniennes – T01
Auteur : Sara Greem
Editeur : Éditions du 38
Parution : 2017
Origine : France
394 pages

De quoi ça cause ?

Hérodias aurait de quoi être la plus heureuse des novates d’Avalon, elle a en effet été choisie par la grande prêtresse Viviane afin d’être la prochaine promise du Dieu Cerf, Cernunnos. A l’issue de sa nuit de noces elle sera alors intronisée prêtresse d’Avalon et intégrera le prestigieux Conseil des Anciennes auprès de Viviane, Morgane et Dana.

Mais une menace plane sur les traditions celtes, sur le continent les chrétiens mènent une intense et brutale campagne de conversion à la religion du Dieu unique. Les rumeurs de leurs exactions sèment le doute chez les habitants de l’île d’Avalon. Enfin, les brumes magiques qui protègent Avalon semblent se dissiper inexorablement.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sara Greem, en plus d’être une auteure que j’apprécie elle est une amie de coeur, donc je ne pouvais lui refuser cette chronique. Et puis je suis curieux de voir comment on passe de la littérature érotique à la fantasy / mythologie.

Et justement ça tombe bien, le monde celte m’a toujours attiré (peut-être un sursaut de mes origines bretonnes). Une passion qui a commencé avec la légende arthurienne avant de s’étendre à tout ce qui touche aux traditions celtiques.

Ma chronique

Sara Greem m’avait fort agréablement surpris avec sa très aboutie trilogie Publicité Pour Adultes, un récit érotique construit autour d’une réelle intrigue avec des personnages complexes plutôt que de se contenter d’une simple succession de scènes de cul. Du coup, dès que j’ai appris qu’elle se lançait dans une trilogie fantasy avec en toile de fond le monde Celte, j’ai eu le curiositomètre qui a grimpé à son maximum.

Forcément quand Sara m’a proposé de découvrir, en avant-première, le premier tome de ses Épopées Avaloniennes je n’ai pas hésité avant d’accepter et de bouleverser mon programme de lecture (malgré tout, du fait d’un emploi du temps professionnel particulièrement lourd, je n’ai pas réussi à rédiger cette chronique avant la publication du roman). Je commencerai donc par remercier du fond du coeur Sara pour son amitié et sa confiance renouvelée.

La transmission des us et coutumes des peuples celtes a été exclusivement orale, il est donc difficile aujourd’hui (surtout pour un profane comme moi) de faire le tri entre la réalité historique, la légende et les théories plus ou moins pertinentes entourant l’univers celtique.

Le cas de l’Avalon, théâtre du présent roman, illustre parfaitement cette difficulté. Il y a ceux qui clament haut et fort que cette île n’a jamais existé, elle ne serait donc qu’un lieu légendaire. Certains affirment toutefois que l’île existerait encore de nos jours et serait située soit au large des côtes bretonnes, soit au large du Royaume-Uni (avec, dans chacune des hypothèses, diverses localisations avancées). Pour d’autres l’île aurait tout simplement disparu, à l’instar de l’Atlantide. Et pour les plus rêveurs, Avalon serait, aujourd’hui encore, le berceau d’un savoir ancestral réservé à une poignée d’initiés et protégé par des brumes magiques.

Hérodias & Le Guerrier Au Linceul est bel et bien une oeuvre de fiction, mais une fiction qui repose sur certains faits historiques et sur d’autres faisant partie des légendes celtiques. Il me semble toutefois important de préciser qu’en matière de druidisme, Sara Greem sait de quoi elle parle, ayant elle-même été initiée à ce savoir.

Il serait peut-être temps d’entrer dans le vif du sujet et donc de partager avec vous mes impressions de lecture de ce roman, non ?

La première belle surprise est visuelle, je trouve que cette couv’ est superbe et donne bien le ton du récit qui va suivre. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup… France Gall, si tu me lis, je te salue et t’offre un paquet de sucettes à l’anis. Tout ça pour dire que, sans être essentiel, ça demeure une sympathique mise en bouche (non je ne parle pas des sucettes à l’anis d’Annie, mais de la couverture du bouquin… faut suivre, bon sang !).

Je craignais un début un peu poussif, le temps de planter le décor et le contexte. Sur ce second point, l’auteure nous livre un rapide rappel historique et le tour est joué. Pour le reste je me suis laissé embarquer dès les premières phrases, je me suis retrouvé en totale immersion dans le récit quasiment sans m’en rendre compte.

L’écriture est d’une extrême fluidité et résolument moderne, la lecture est donc aussi aisée qu’agréable, on vit au rythme des événements. Événements qui ne tarderont pas à gagner en intensité et iront crescendo jusqu’à la fin du roman.

Qui dit fantasy dit magie, et donc magie vous aurez. Une magie qui puise tout naturellement ses sources dans la mythologie celtique ; mais pas que… à la fin de ce tome nous ne savons pas grand-chose des mystérieux et maléfiques mages noirs d’Azgor, alliés des tyranniques chrétiens (fallait bien que je place une pique anticléricale).

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Hérodias, partagée entre son attachement à sa foi et son envie de prendre les armes contre les chrétiens. J’ai aussi un faible pour son côté impertinent et rebelle, allez savoir pourquoi…

Le fameux Guerrier au Linceul est Kai, un seigneur chinois venu se venger des chrétiens. Un combattant hors pair d’un calme olympien (la zénitude incarnée) que Hérodias sauvera d’une mort annoncée. Un personnage entouré de nombreux non-dits.

Hérodias et les habitants d’Avalon pourront aussi compter sur le soutien d’Adalrik, un chef de guerre viking venu avec ses hommes prêter main-forte au peuple celte. Un combattant tout en muscle, un tantinet impétueux peut-être.

Un trio de choc issu de trois cultures différentes, mais uni pour combattre un ennemi commun. Les autres personnages ne sont pas en reste, tous bénéficient d’un soin particulier, je pense notamment à Lena la fidèle amie d’Hérodias, mais aussi à Hermès, un corbeau particulièrement futé qui va adopter Hérodias.

L’intrigue dose à merveille l’action (avec quelques scènes de batailles épiques), le quotidien des gens d’Avalon et même une histoire d’amour entre Hérodias et Kai. Amour impossible me direz-vous ? Allez donc savoir… Cerise sur le gâteau, le roman est ponctué de touches d’humour bienvenues pour faire baisser la tension.

Vous l’aurez compris j’ai adoré ce premier tome des Épopées Avaloniennes, il me tarde de découvrir la suite, beaucoup de questions restant sans réponse. Un second opus qui s’annonce d’ores et déjà magique, à plus d’un titre.

MON VERDICT

 
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Publié par le 15 novembre 2017 dans Bouquins

 

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