[BOUQUINS] Asa Schwarz – Nephilim

A. Schwarz - NephilimRestons en Suède pour cette nouvelle chronique littéraire mais cette fois avec un bouquin issu de mon Stock à Lire Papier, nettement moins imposant que son alter ego numérique (une petite dizaine de titres). Je me suis laissé tenté par une « avant-première » France Loisirs, Nephilim de Asa Schwarz.
Nova, une jeune activiste écolo, s’apprête à saloper l’appart d’un riche industriel quand elle découvre que le couple a été sauvagement assassiné. Elle quitte la scène de crime mais la police remonte rapidement jusqu’à elle. La jeune femme va devoir fuir la police tout en essayant d’identifier les véritables responsables. Quand d’autres crimes sont commis sa situation va rapidement se compliquer…
Avant d’entrer dans le vif du sujet j’aimerai bien comprendre comment ce bouquin peut se retrouver estampillé de l’autocollant « Avant-première France Loisirs« . Dans sa version originale le roman est sorti en 2009, en 2010 c’est d’abord Les Presses De La Cité qui éditent le bouquin en version française, il sera repris par France Loisirs à la fin de la même année. Déjà à ce niveau l’avant-première commence à sentir le réchauffé. Mais comment se fait-il que ce même bouquin apparaisse en septembre 2013 dans les rayons de la boutique France Loisirs de Nouméa avec son sticker avant-première ? On nous refourgue les invendus ou quoi ?
Difficile de m’attacher au personnage de Nova, les écolos à la sauce Greenpeace et compagnie ce n’est pas franchement ma tasse de thé, d’autant qu’au fil des pages on va se bouffer quelques unes de leurs grandes théories moralisatrices. Qui plus est elle porte des dreads, une coiffure que je déteste au plus haut point, surtout chez un(e) blanc(he) une personne de type caucasien. Je mise sur l’efficacité de l’intrigue pour me faire oublier son personnage central, et puis il y a Amanda, la flic chargée de l’enquête, pour équilibrer la balance (quoique les flics ne sont pas non plus ma tasse de thé).
La quatrième de couv’ promet « un roman haletant qui mêle thriller et fantasy » et c’est d’ailleurs ce qui a partiellement motivé mon achat. La touche fantasy étant supposée être apportée par ces fameux Nephilim, des créatures mythiques issus de l’union entre des fils de dieu (des anges) et des filles des hommes (des humaines). Sauf que les fameux Nephilim sont un simple ramassis d’hallucinés qui poussent à l’extrême le fanatisme écolo, on est loin de créatures magiques et donc exit la fantasy. Ajoutez au discours écolo une pointe de mysticisme biblique et une intrigue pas franchement haletante (sans être inintéressante) et vous aurez une idée de la chose.
Le bouquin a toutefois l’avantage de se lire vite et bien, à défaut de vous tenir en haleine l’ensemble est suffisamment prenant (le rythme s’accélère même brutalement vers la fin) pour vous donner envie de connaître le fin mot de l’histoire. Est-ce que ça suffira pour me faire lire les prochaines tribulations de Nova Barakel ? Comme je doute qu’elle (et l’auteure) laisse(nt) de côté son (leur) militantisme écolo ça me semble peu probable.
Pour l’anecdote je trouve la couv’ (ainsi que la quatrième) de l’édition France Loisirs beaucoup plus réussie que celle des Presses de La Cité…

[BOUQUINS] J. Heska – On Ne Peut Pas Lutter Contre Le Système

J. Heska - On Ne Peut Pas Lutter Contre Le SystèmeTout d’abord je voudrai remercier Isabelle, chargée de communication des Editions Seconde Chance, d’avoir pensé au modeste blogueur que je suis pour chroniquer les trois romans (pour être plus juste, deux romans et un recueil de nouvelles) de J. Heska, transmis au format epub. Gratuité ou non je m’engage à livrer une chronique 100% personnelle et objective (de mon point de vue en tout cas). J’ai commencé par le titre qui correspondait le plus à mon paysage littéraire, On Ne Peut Pas Lutter Contre Le Système est en effet un thriller économico-écolo-futuriste.
Alors que le système monétaire international s’effondre, Lawrence Newton, un des cadres dirigeants du consortium Honola, groupe en partie responsable du chaos actuel, est abattu au moment de son arrestation. Qui a tiré et pourquoi ? Comment en est-on arrivé à ce point de non retour ? Il a suffit de quelques jours pour que l’économie mondiale soit en péril…
L’essentiel du bouquin se déroule pendant la semaine qui a précédé le chaos. L’intrigue se développe suivant plusieurs axes. Bien entendu on sera propulsé au coeur du groupe Honola qui est sur le point d’asseoir encore plus sur emprise sur le monde économique et politique, quitte à multiplier les coups bas pour parvenir à ses fins. On vivra aussi l’intrigue du point de vue de trois militants écolos qui ont mis la main sur un dossier susceptible de mettre Honola à genoux, une victoire incontestable s’ils arrivent à leur fin mais une victoire qui se paiera cher, trés cher. Enfin on ira faire un tour en Ouganda, où la population tend à se rebiffer contre une filiale du groupe Honola.
Une intrigue bien ficelée qui devient rapidement addictive du fait de nombreux rebondissements. Ajoutez à cela des personnages bien travaillés. Quelques flashbacks permettent de suivre l’évolution du couple formé par Lawrence (haut responsable chez Honola) et Clara (militante de GreenForce). Un couple qui représente les deux extrêmes, lui n’a aucun idéal sinon son ambition personnelle, elle a une laitue bio à la place du cerveau, les neurones ravagés par le discours altermondialiste. Difficile de se prononcer pour l’un ou pour l’autre, les deux extrêmes me rebutent. Mais le personnage le plus énigmatique reste Marty, envoyer pour « protéger » les trois écolos mais dont les véritables intentions resteront longtemps inconnues.
L’histoire n’est pas située précisément dans le temps, mais au vu des événements décrits, la quasi-totalité s’étant déjà déroulés, on peut supposer que l’auteur nous offre une sombre version d’un avenir relativement proche ; d’ailleurs à ce titre le bouquin ne dépareillerait pas dans le cadre de mon challenge 100% SF. L’auteur aborde divers sujet (écologie, OGM, finance internationale…) dans un mélange de thriller et d’espionnage plus que convaincant. Je ne suis pas un spécialiste des thèmes abordés mais l’ensemble semble suffisamment documenté pour être crédible.
Une petite touche négative afin de tempérer mon enthousiasme. Tel que présentée en quatrième de couverture on pouvait supposer que l’intrigue se concentrerait sur les conséquences de l’effondrement du système monétaire international alors que tout se joue avant le jour J ; il vous faudra attendre l’épilogue (peut être un peu trop happy end) et son ultime révélation pour avoir toutes les clés en main. Quant à l’avenir, laissez oeuvrer votre imagination…
Pour faire court mais efficace : une très bonne surprise riche en suspense et en action. Nul doute que vous retrouverez prochainement mes autres chroniques des titres de J. Heska. Si vous souhaitez en apprendre plus sur l’auteur je vous invite à visiter son site (vous découvrirez plein de choses intéressantes, sauf ce qui ce cache derrière le J.).
Comme je l’ai signalé en introduction J’ai lu ce bouquin en version numérique, le fichier du présent titre était quasiment irréprochable (il aurait juste fallu désolidariser la table des matières du prologue pour être parfait).