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Archives de Tag: Diniz Galhos (trad.)

[BOUQUINS] Anonyme – Sanchez : Un Conte De Noël

Anonyme - Sanchez : Un Conte De NoëlLa période s’y prêtant j’ai décidé de me lancer dans la lecture d’un conte de Noël… j’en vois déjà qui se demandent si je n’ai pas pris un coup sur la tête ou si je ne viens pas d’apprendre qu’il ne me reste que quelques jours à vivre. Non, non, rassurez-vous (ou pas) je suis en pleine possession de mes moyens. Dans le titre du post deux mots devraient retenir votre attention, l’auteur, Anonyme (le créateur du Bourbon Kid) et le nom du personnage central, Sanchez (le barman du Tapioca, le bar pourri de Santa Mondega). Vous prenez tout ça, vous mélangez copieusement et vous obtenez Sanchez : Un Conte De Noël… à ne pas mettre entre toutes les mains !
Quelques jours avant Noël, Sanchez reçoit la visite de la Dame Mystique. Celle-ci lui annonce qu’il rencontrera les 3 Anges de Noël, s’il ne suit pas leurs conseils et ne change se décide pas à changer alors il perdra tout. Première mission : se rendre à la soirée de Noël organisée par la société où travaille Flake, sa petite amie. Sauf que la soirée prendra un tour pour le moins inattendu…
En guise de dédicace l’auteur, toujours aussi Anonyme, annonce d’emblée la couleur : « Ce coup-ci, c’est vraiment pour se marrer. » ! Déjà en temps normal (en admettant que les aventures du Bourbon Kid et consorts aient quoi que ce soit qui puisse s’apparenter à un semblant de normalité) on est copieusement servi niveau humour, j’ai hâte de voir ce que ça peut donner !
Si je vous dis des otages dans une tour appartenant à un puissant homme d’affaire nippon, face aux méchants terroristes un homme seul ; ça vous parle ? Piège de Cristal, le film de John McTiernan avec Bruce Willis dans le rôle du gentil. Bon OK ça date de 1988 mais ça reste un putain de bon film d’action ! Remplacez John McLane (Bruce Willis) par Sanchez et vous aurez une meilleure idée du pitch.
Bon OK entre McLane et Sanchez il y a un gouffre… Notre barman préféré n’a pas vraiment l’étoffe d’un héros, il brille plutôt par sa lâcheté et sa crétinerie. Heureusement il ne sera pas si seul que ça et pourra même compter sur l’appui musclé d’alliés qui ne lui sont pas inconnus (de nous non plus d’ailleurs).
Un format court (à peine plus de 100 pages) qui se lit d’une traite. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de la saga du Bourbon Kid. Une intrigue aussi rythmée que déjantée, une belle brochette de personnages qui ne manquent pas de pep’s et bien entendu une bonne dose d’humour… pas toujours très raffiné mais qu’est que c’est bon !
Chronologiquement ce conte de Noël se situe juste avant Le Pape, Le Kid Et L’Iroquois, non seulement il est fait état de la prochaine mission du Bourbon Kid et de ses acolytes mais, qui plus est, l’intro est offerte en bonus à la fin du bouquin. En VO il est sorti en décembre 2014, quelques jours avant Le Pape…

MON VERDICT
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Publié par le 12 décembre 2015 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Shannon Burke – 911

Mais… Mais… Mais… Qu’est-ce qu’il fout là lui ? Il débarque en pleine Coupe du Monde et s’impose d’entrée de jeu ! De quel droit crévindiou ?
S. Burke - 911C’est pas ma faute c’est encore Sonatine qui m’a pris en traitre. J’errais tranquillement dans mon club de lecture quand soudain je le vis, j’en avais entendu parler et je l’attendais avec impatience. Je n’ai pu, ni voulu, le repousser quand il s’est jeté dans mes bras. Lui ? Mais non je n’ai pas viré ma cuti, bougre d’âne ! Je parle de 911, le roman de Shannon Burke.
Tandis qu’il prépare son concours d’entrée en médecine, Ollie Cross, se fait embaucher comme ambulancier urgentiste à la station 18, au coeur de Harlem. Il va découvrir un monde dont il était loin d’imaginer la rudesse et la noirceur…
911 (nine one one), tout le monde connaît ce numéro que ce soit par le biais de la littérature ou du cinéma. Le numéro unique des urgences aux USA. A ne pas confondre avec le tristement célèbre 9/11 (nine eleven) qui fait référence aux attentats du 11 septembre 2001.
Shannon Burke a été ambulancier à Harlem pendant cinq ans, ce bouquin, croisement de témoignage et de fiction, il le qualifie de catharsis. Une façon comme une autre de se purifier de toute la merde qu’il a vu et enduré durant ces cinq années au 911. Une purge, un exutoire, presque un exorcisme…
Quant à nous, lecteurs innocents et incrédules, on découvre avec Cross la face cachée du 911 et le moins que l’on puisse dire c’est que tout n’est pas rose. Outre les interventions parfois sordides (l’auteur va crescendo dans le glauque), les ambulanciers eux mêmes ne sont pas dépeints comme une sympathique confrérie (ils n’hésitent pas à se tirer dans les pattes, surtout dans les pattes des nouveaux). L’apparente froideur et le cynisme des plus aguerris ne sont parfois (et oui, pas toujours) que des facades (ou des blindages) pour se protéger du quotidien. Sauf que parfois la façade se fissure puis rompt…
Les personnages, essentiellement l’équipe d’ambulanciers, sont finement travaillés, chacun bénéficiant d’une personnalité qui lui est propre. Les vieux de la vieille sont figés dans leurs certitudes et attitudes ; seul Ollie Cross peut encore évoluer (reste à savoir quel exemple il suivra). Les principaux équipiers qu’il croisera sont Rutkovsky, distant mais paternaliste à sa façon avec Ollie, Lafontaine, le cynique désabusé, et Verdis, éternel optimiste un brin idéaliste. D’autres ambulanciers de l’équipe croiseront son chemin, ainsi que des policiers (le flic Pastori est de loin le plus vérolé du bouquin).
De par sa construction le bouquin peut surprendre, aucun chapitrage, juste une succession de situations et d’interventions, mais c’est loin de n’avoir ni queue ni tête. D’une part l’ordre chronologique est respecté, d’autre part cela permet de suivre l’évolution du personnage d’Ollie Cross au contact de ses équipiers et des victimes. Histoire de nous plonger en totale immersion l’auteur prend le parti de nous proposer un récit écrit à la première personne.
Bref du brut de décoffrage, livré sans chichis ni blablas, du noir et encore du noir, teinté de rouge sang, entre violence et désespoir, avec quelques lueurs d’espoir autour de l’esprit d’équipe (fragile) qui anime cette station réputée pour être la plus dure de Manhattan. On peut supposer que l’auteur a volontairement fait dans la surenchère, non dans la description des interventions qu’il expose mais en éliminant celles plus bénignes qui doivent quand même bien exister, même au coeur de Harlem.
Encore une lecture coup de poing qui vous prendra aux tripes et les vrillera jusqu’au point de rupture. C’est dur, c’est cash, parfois dérangeant, souvent troublant… Mais on en redemande. Le genre de bouquin sur lequel on voudrait écrire encore et encore mais où l’on doit réprimer ses ardeurs afin de laisser intact le plaisir de la découverte. Que vous adhériez ou non je suis convaincu que ce bouquin ne vous laissera pas indifférent. Encore une perle rare offerte par Sonatine.

 
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Publié par le 2 juillet 2014 dans Bouquins

 

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