[BOUQUINS] David S. Khara – Atomes Crochus

D. S. Khara - Atomes crochusAu menu du jour, Atomes Crochus, le dernier roman de David S. Khara qui est sorti directement en poche et numérique chez J’ai Lu.
Un banal accrochage sur le parking de l’aéroport de Dallas fait que Janet Livingstone-Pierce et Enzo Meazza ratent leur avion pour Paris. Et leur sauve ainsi la vie. En effet à peine l’avion a-t-il décollé qu’il explose en plein vol. Un peu plus tard, alors qu’ils quittent l’hôpital, on tente de les abattre, cette fois plus de doute possible, ce sont bien eux qui sont visés. Pas le temps de se poser de questions, ils doivent se mettre à l’abri…
Un thriller fort sympathique et extrêmement addictif, une fois que vous y aurez goûté vous ne pourrez plus le lâcher avant d’avoir le fin mot de l’histoire. L’intrigue est rondement menée sur un rythme soutenu, si les nombreux rebondissements ne sont pas tous surprenants ils sauront toutefois tenir le lecteur en haleine.
Un thriller qui doit beaucoup à ses personnages et leurs relations. D’une part grâce au duo improbable formé par Janet (agent de l’AIEA qui rentre de mission) et Enzo (un escroc tout juste sorti de prison), leur rencontre est avant tout due au hasard et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas vraiment le grand amour entre eux… mais ils vont rapidement se retrouver contraints de faire équipe, et apprendre à se connaître, si leurs poursuivants leur en laisse le temps.
D’autre part les personnages secondaires ne sont pas là uniquement pour faire joli, ils sont traités avec le même soin. A commencer par Andrew Bryniarsky, l’agent du FBI à qui Enzo s’est livré et confessé, persuadé que celui qui fut autrefois son ami lui cache encore bien des choses. Sans oublier le truculent Jeb Cates, l’archétype du flic texan tel qu’on l’imagine. Et Stéphanie Shark, jeune agent du FBI qui va se retrouver, presque malgré elle, embringuée dans sa première enquête sur le terrain.
Même le duo de tueur en deviendrait presque sympathique s’il n’était pas aussi impitoyable. Quant au méchant de service, il fait partie de ceux que l’on adorera détester, il faut dire qu’à aucun moment l’auteur ne cherche à nous le rendre sympathique… bien au contraire, à chaque apparition on a envie de lui coller une bastos dans le bide et le regarder agoniser jusqu’à son dernier souffle.
Un roman qui a pour toile de fond le monde l’argent et du pouvoir, mais aussi de la corruption, qu’il s’agisse de placements financiers ou de sécurité nucléaire, tous les coups sont permis, même les plus bas, surtout les plus bas !
Un roman efficace, même s’il ne révolutionne en rien les règles du genre, il n’en reste pas moins une sympathique découverte. Un regret ? Oui, le fait de ne pouvoir en parler plus longuement au risque de gâcher le plaisir de la découverte.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] David S. Khara – Une Nuit Eternelle

D. Khara - Une Nuit EternelleComme annoncé précédemment c’est sans la moindre hésitation et même avec une certaine fébrilité (faute à l’épilogue des Vestiges De L’Aube) que je me suis plongé dans Une Nuit Eternelle de David S. Khara.
Alors que Barry et Werner consolident leur amitié, un pasteur et son fils sont brutalement assassinés. Le tueur a lui même appelé la police mais ne se souvient de rien. Les deux amis sont encore loin de se douter de la terrible menace qui plane sur eux…
Le décor et les personnages étant plantés l’auteur peut nous plonger directement au coeur de son intrigue. Une intrigue nettement plus ancrée dans le fantastique que la précédente mais tout aussi parfaitement maîtrisée (voire encore mieux même).
C’est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux personnages, et pas seulement chez les méchants, le chef du NYPD, Stanton, a un rôle plus important et Barry va devoir faire équipe avec de nouveaux partenaires.
Vous aurez sans doute remarqué sur la couverture la fameuse croix de l’Ordre du Temple, et peut être vous demandez vous ce que viennent foutre des Templiers à New-York de nos jours. L’auteur répondra à toutes vos interrogations, en revisitant largement au passage la légende qui entoure cet ordre mystique. Et tout s’imbrique avec une aisance déconcertante pour nous accrocher encore plus au récit.
Ce second opus est aussi pour l’auteur de travailler plus en profondeur ses personnages, surtout Werner qui découvre en même temps que nous une partie de son histoire. Peu de passages purement historiques, David S. Khara privilégie l’action et le rythme. Et il nous gâte !
L’auteur a prévu de consacrer une trilogie à Werner Von Lowinsky, je suis curieux de savoir ce qu’il nous réserve pour cet ultime opus (cette fois pas d’épilogue en guise de transition vers la suite), la surprise sera entière. Mais je fais totalement confiance à l’auteur pour nous surprendre et nous régaler.
En attendant je pourrai toujours me plonger dans sa trilogie des Projets, des thrillers historiques qui, d’après ce que j’ai pu lire çà et là, méritent vraiment le détour… Mais comme toujours cela dépendra de ce qui sortira des profondeurs insondables de mon Stock à Lire Numérique.

PS : une chronique un peu tardive, non que j’aie un besoin de méditer longuement sur ce que j’avais à raconter (ce n’est pas le genre de la maison), simplement que les fêtes m’ont pas mal occupé ces derniers temps (comme bon nombre d’entre vous je suppose).

PPS : notez qu’en passant chez Fleuve l’auteur perd son S. comme initiale d’un hypothétique second prénom. Serait-ce le boulet des initiales DSK qui a motivé ce choix ? Notez que j’ai fais le choix de continuer à utiliser son pseudo complet : David S. Khara.

[BOUQUINS] David S. Khara – Les Vestiges De L’Aube

D. Khara - Les Vestiges De L'AubeUne petite plongée dans les tréfonds du Stock à Lire Numérique histoire de remonter à la surface un des nombreux titres injustement oubliés. Au programme du moment, Les Vestiges De L’Aube de David S. Khara.
Barry Donovan, flic au NYPD, n’est plus que l’ombre de lui même depuis qu’il a perdu sa femme et sa fille dans les attentats du 11 septembre 2001. Pour couronner le tout il se voit confier une enquête qui s’annonce aussi complexe que délicate. Seules ses conversations virtuelles avec Werner Von Lowinsky, un mystérieux aristocrate, semblent à même de lui apporter un apaisement bienvenu…
Depuis le départ l’auteur avait annoncé son intention de faire une trilogie autour du personnage de Werner Von Lowinsky, et c’est justement la sortie récente du second opus, Une Nuit Eternelle, qui m’a motivé à me lancer dans ce roman.
Avant d’entrer dans le vif du sujet j’aimerai faire une petite parenthèse sur le parcours de ce bouquin. Il s’agit du premier roman de David S. Khara, bien qu’écrit en 2001 il lui faudra attendre 2010 avant d’être publié (chez Rivière Blanche). Une nouvelle version sortira en 2011 chez Michel Lafon avec six chapitres inédits et cinq complètement remaniés. Pour un bouquin de 246 pages et 34 chapitres (dans sa version 2011), ça représente un sacré boulot de réécriture.
L’auteur nous offre un thriller fantastique, et ce à plus d’un titre. D’une part parce que Werner est un vampire (ce n’est pas un scoop, il nous l’apprend dans les premières pages du roman), ce qui donne à David S. Khara tout loisir de revisiter le mythe tout en lui restant fidèle dans les grandes lignes (bien que pas foncièrement mauvais, Werner ne donne pas dans la guimauve non plus). D’autre part parce que l’intrigue est en béton armé, construite autour de l’enquête de Barry mais aussi autour de l’amitié entre les deux hommes. Je pourrai ajouter la construction même du roman qui alterne les passages écrits à la troisième personne lorsque Barry est au centre de l’intrigue et ceux rédigés à la première personne, qui nous font vivre les faits à travers le regard (et les pensées) de Werner.
Pour un auteur français, vivant en France, David S. Khara parvient à rendre parfaitement crédible sa vision de Manhattan post 11 septembre ; une ville et ses habitants encore blessés, qui cicatrisent lentement mais sûrement. Et ce n’est pas là le seul aspect historique du roman, par le biais de Werner la Guerre de Sécession est largement abordée. On devine un important travail de documentation parfaitement imbriqué dans l’intrigue.
Enfin, en si peu de pages, l’auteur aborde un nombre impressionnants de thèmes qu’ils soient humains (la solitude, le deuil, l’amitié) ou sociétaux (le plus important étant certainement la dualité entre la Loi et la Justice).
Il ne me reste plus qu’à enchaîner avec Une Nuit Eternelle, ce que je compte faire sans tarder. Mais avant cela je vous offre en bonus la couv’ de la version 2010 des Vestiges De L’Aube.

Les Vestiges De L'Aube (2010)