[BRD] Mad Max – Fury Road

Mad Max - Fury RoadPetite pause cinéphile post apocalyptique en compagnie de Mad Max – Fury Road, réalisé par George Miller. Quatrième volet des errances futuristes de Max Rockatansky, avec Tom Hardy qui succède à Mel Gibson ; question d’âge je suppose (respectivement 37 et 59 ans).
Max (Tom Hardy) erre en solitaire au milieu d’un monde dévasté ou des clans de barbares s’affrontent pour obtenir de l’eau ou du carburant. Il va se retrouver bien malgré lui impliquer dans cette guerre quand il va être fait prisonnier par les hommes d’Immortan Joe (Hugh Kayes-Byrnes), qui règne en tyran sur la Citadelle…
Quand j’ai entendu parler d’un nouveau Mad Max, trente ans après la sortie du troisième opus (et trente six après le lancement de la saga), j’ai d’abord pensé à un reboot. Après tout ça semble devenir un phénomène de mode depuis quelques années. A vrai dire j’étais presque rassuré à cette idée vu l’évolution de la série.
Le premier volet Mad Max (1979) est aujourd’hui considéré par beaucoup (dont je suis) comme un film culte. Mad Max 2 – Le Défi (1981) nous plonge au coeur d’un univers post apocalyptique qui tranche avec son prédécesseur ; déconcertant de prime abord, il n’en reste pas moins divertissant. Mad Max 3 – Au-Delà Du Dôme Du Tonnerre (1985) n’est qu’une sinistre daube à tout point de vue… Alors quid d’un Mad Max 4 ???
Pour être tout à fait franc avec vous ma première impression aura surtout été que le film mise à fond la carte de la surenchère, impression confirmée quand les troupes d’Immortan Joe se lancent à la poursuite de Furiosa (Charlize Theron). Survient un camion avec des percussionnistes à l’arrière et à l’avant un guitariste dont l’instrument crache des flammes… Serais-je en train d’assister à un show revisité de Rammstein (un groupe allemand de Metal industriel que j’adore) ? Autant dire que les voyants scepticisme et appréhension étaient au rouge clignotant…
Au fur et à mesure du film les univers visuel et technologique s’imposent naturellement dans l’esprit du spectateur (en tout cas dans le mien), avec notamment une impressionnante gamme de véhicules en tout genre (motos, camions, voitures, quads…) au look futuriste et surtout transformées en machine de guerre. Un visuel renforcé par des effets spéciaux parfaitement maîtrisés (qu’il s’agisse des scènes d’action ou des maquillages des personnages) et un rythme plus dopé qu’un coureur du Tour de France !
Au niveau du casting Tom Hardy réussit à faire oublier Mel Gibson, on retrouve le même personnage de héros solitaire, faux dur au grand coeur, un brin taciturne et peu loquace. Il parvient à la fois à jouer sur la continuité du personnage tout en lui apportant une touche personnelle.
Même si la première rencontre est plutôt houleuse, Max pourra compter sur l’aide Furiosa (à moins que ce ne soit l’inverse), impératrice en fuite qui a libéré les épouses de Joe en les embarquant dans sa fuite. Charlize Theron, crâne rasé et une main en moins, insuffle une force incroyable à son personnage tout en lui conservant un charme certain (même si incontestablement l’atout charme du film reste Rosie Huntington-Whiteley qu incarne Splendid, la favorite en fuite de Joe, enceinte de lui).
George Miller a affirmé avoir voulu, avec ce quatrième film de la saga, faire à la fois dans la continuité et dans le renouveau, le film faisant office de premier opus d’une nouvelle trilogie. Je ne demande qu’à voir mais je dois avouer que pour le moment son pari est réussi…

♥♥♥♥

[BRD] The Rover

roverPetite séance cinéphile pour changer de la platitude des programmes TV, une escapade futuriste avec The Rover de David Michôd.
Dix ans après la chute de l’économie mondiale, quelque part dans le désert australien. Quand Eric (Guy Pearce) se fait piquer sa bagnole par trois voyous, il décide de se lancer à leur poursuite afin de récupérer son bien, coûte que coûte. En chemin il rencontre Rey (Robert Pattinson), le frère d’un des voleurs, laissé pour mort par ses potes. Ne pouvant s’en sortir l’un sans l’autre, ils décident de faire équipe…
Le film est présenté comme un croisement entre Mad Max (le premier du nom… le seul, l’unique, le vrai) et La Route. Je dirai un zeste de Mad Max pour l’endroit (l’Australie) et le contexte (pas vraiment post-apocalyptique, plus dystopique). Un soupçon de La Route par sa sobriété, on ne sait pas grand chose des personnages et du pourquoi du comment de la chute de l’économie mondiale… et on s’en fout. Le film impose toutefois sa marque de fabrique, personnellement je ne le présenterai pas comme post-apocalyptique, mais plutôt comme un western distopyque (un western à la sauce Sergio Leone / Clint Eastwood).
D’emblée le film impose un rythme lent (le premier plan séquence vous plonge tout de suite dans l’ambiance), lent mais pas ennuyant. Déjà le visuel est particulièrement soigné (essentiellement des décors naturels, pas d’effets spéciaux à tout va), ensuite une grande partie du film mise sur la relation entre Eric et Rey.
Pour tout dire le film repose presque exclusivement sur leurs épaules. D’un côté on trouve Eric, un type tourmenté bourré de rage, un mix entre le loup solitaire et le chien enragé ; tout le long du film on se pose la question de savoir pourquoi il tient autant à récupérer sa foutue bagnole. De l’autre Rey, un sac de nerfs qui collectionne les tics nerveux, un paumé un peu simplet qui ne sait pas vraiment ce qu’il fout là ni où il va. Deux rôles de composition parfaitement interprétés par Guy Pearce et Robert Pattinson (pour moi c’est de loin son meilleur rôle).
Pour l’anecdote le titre du film ne vient pas de la marque de la caisse d’Eric mais plutôt de ce qu’il est, rover se traduisant par vagabond.