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Archives de Tag: Challenge SF

[BOUQUINS] Andy Weir – Seul Sur Mars

A. Weir - Seul Sur MarsVous reprendrez bien un peu de science-fiction, non ? Un invité surprise au programme, cette fois c’est la campagne marketing de Bragelonne qui a attisé ma curiosité pour Seul Sur Mars de Andy Weir. Ajoutez cela des critiques globalement enthousiastes et comme disaient nos ancêtres, latinistes distingués, alea jacta est (merci Asterix).
La mission martienne, Arés 3, doit être brutalement interrompue suite à une forte tempête de sable. Dans la précipitation, l’un des membres d’équipage, Mark Watney, est laissé pour mort. Quand il reprend conscience, Mark réalise qu’il est seul dans le plus hostile des milieux, heureusement les installations déployées pour la mission sont intactes, à l’exception du système de communication. Considéré comme mort, Mark va devoir organiser sa survie, au quotidien et sur le long terme, et trouver un moyen de communiquer avec la Terre…
Pour son premier roman, Andy Weir, un scientifique passionné par l’espace et notamment les vols habités, opte pour la science-fiction, et plus particulièrement la hard science. A savoir une intrigue qui privilégie la cohérence scientifique et technique (au moment de l’intrigue) dans un contexte de fiction ; bref il faut que son récit soit crédible. L’authenticité prime sur le spectaculaire, au placard les petits bonshommes verts, gentils ou méchants, poubelle les pistolets laser et les canons à plasma. Le challenge principal du genre : réussir à séduire les lecteurs, y compris (surtout) les profanes (dont je suis).
Petite parenthèse personnelle, pendant tout mon cursus scolaire j’ai été un véritable cancre quand il était question sciences, physique, chimie, biologie (pour ne citer que les plus élémentaires) me filaient de l’urticaire… ou plus exactement me plongeaient en état d’hibernation avancé ! Et pourtant j’ai lu ce bouquin de la première à la dernière page sans le moindre bâillement, OK je n’ai pas tout capté aux diverses explications scientifiques mais elles sont parfaitement intégrées à l’intrigue, du coup on (du moins je) les accepte comme acquises.
Il faut dire que niveau intrigue et suspense Andy Weir place la barre très haut, on flirte entre SF et thriller. Difficile d’imaginer une situation plus critique pour le personnage de Mark Watney, Robinson Crusoé peut aller se rhabiller, Mac Gyver balancer son couteau suisse… Et je ne vous parle même pas des candidats de Koh Lanta. Une belle brochette de petits joueurs ! La grande majorité du récit confronte Mark à son environnement, écrit à la première personne (on lit son journal de bord). Les passages se déroulant sur Terre (à partir du sixième chapitre) sont quant à eux rédigés à la troisième personne.
Mark Watney est un personnage hors du commun, un as de la débrouillardise et du système D (parfois ça passe… des fois ça casse), mais sa véritable force (et donc celle du roman) est son incroyable optimisme, bien sûr il a des passages à vide (ça peut se comprendre, non ?) mais rapidement sa volonté d’y croire et son envie d’aller de l’avant reprennent le dessus. Cerise sur la gâteau, notre héros ne perds jamais son sens de l’humour, parfois tout en finesse, parfois incisif. Bref j’ai cotoyé durant cette lecture un personnage incroyablement attachant, on se bat avec lui… toute proportion gardée (confortablement installé dans le canapé, la liseuse dans une main, une bière dans l’autre).
Pour la petite histoire Seul Sur Mars a d’abord été un feuilleton numérique diffusé par son auteur sur internet ; l’engouement populaire a motivé un éditeur à contacter Andy Weir. Et depuis le bouquin continue de surfer sur la vague du succès. Ca ne vous rappelle pas quelque chose cette anecdote ? Un petit effort, j’en ai parlé il n’y a pas si longtemps… Je parle bien sûr de Silo de Hugh Howey (merci à ceux et celles qui ont suivi).
Succès qui se traduit par une adaptation sur grand écran avec Ridley Scott aux commandes (pas franchement un novice en matière de SF) et Matt Damon dans le rôle de Mark Watney, actuellement en tournage.

 
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Publié par le 13 novembre 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Bernard Werber – La Voix De La Terre

B. Werber - La Voix De La TerreAh que voilà un titre que je ne comptais pas laisser prendre la poussière (virtuelle) dans mon Stock à Lire Numérique, il faut dire que La Voix De La Terre de Bernard Werber vient clore sa trilogie, Troisième Humanité.
Dix ans ont passé depuis que les Emachs (MH pour Micro-Humains) ont été reconnus par les Grands et qu’ils vivent dans une nation souveraine, Microland. Quand un astéroïde géocroiseur géant menace d’entrer en collision avec la Terre, tous les espoirs de l’humanité reposent sur un équipage Emach chargé de le détruire. Mais la mission ne se passera pas comme prévu. Les conséquences seront désastreuses, d’un côté comme de l’autre…
Le moins que l’on puisse dire c’est que Bernard Werber clôt sa trilogie en une apothéose explosive. Cet ultime opus est plus sombre et plus violent que les précédents mais la situation le justifie, rien n’est gratuit.
Comme dans les précédents nous vivons l’intrigue du point de vue des personnages et de la Terre, soit dit en passant dans ce troisième volet elle tient un rôle de premier plan nettement plus actif que dans les deux autres. Les chapitres sont entrecoupés par des articles de l’incontournable ESRA. Les thématiques abordées sont en rapport plus ou moins direct avec l’intrigue. Parfois sérieux, parfois drôles, mais toujours instructifs. L’auteur pourrait faire sien l’adage : apprendre en s’amusant. On retrouve aussi les flash infos réguliers.
Naturellement je ne porte pas le genre humain en très haute estime, ce n’est pas ce bouquin qui me fera changer d’idée sur le sujet. L’humain grand format se montre souvent très très con. On pourrait résumer la chose par une phrase prononcée par Emma 666 dans le livre : « là où il y a des humains, il y a de la violence« . Si je devais choisir mon camps je me rangerai sans hésitation du côté des Emachs.
Au niveau des personnages on retrouve les récurrents des précédents opus, la situation de certaines évolué (au début du roman David et Aurore se séparent). L’auteur nous propose aussi d’en découvrir de nouveaux. Pour être tout à fait franc j’ai été déçu par la nouvelle personnalité d’Aurore, une vraie tête à claques totalement antipathique, même si son combat est juste.
La palme du ridicule est remportée haut la main par les enfants de David et Aurore qui sont prénommés Quetzalcoalt, Osiris et Ishtar… Certes des prénoms hautement symboliques mais franchement lourds à porter !
Bref une lecture fort sympathique rendue fluide par le style de son auteur. Une intrigue bien ficelée et hautement addictive. Peut être le plus abouti de la trilogie.

 
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Publié par le 9 novembre 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Josh Malerman – Bird Box

J. Malerman - Bird BoxIl est rare que j’achète un bouquin uniquement au vu des critiques quasi unanimes qu’il reçoit des lecteurs, et pourtant force est de reconnaître qu’en m’offrant Bird Box de Josh Malerman, je ne savais pas vraiment dans quoi je mettais les pieds (responsable initiale du craquage : Cajou).
Malorie élève seule ses deux jeunes enfants dans un monde hostile, ils ne sortent que quand c’est absolument nécessaire, et dans ces cas là ils doivent impérativement se couvrir les yeux d’un bandeau opaque. C’est dans ces conditions extrêmes que Malorie décide de prendre la fuite avec ses enfants…
L’auteur réussit dès les premières pages à imposer une ambiance pour le moins angoissante en n’identifiant pas clairement ce qui menace les survivants. Histoire de rendre les choses encore plus impersonnelles les enfants sont baptisés simplement Garçon et Fille. De fait on ressent le même trouble qu’en lisant La Route de Cormac McCarthy (on retrouve aussi comme point commun entre les deux romans la fuite vers un hypothétique avenir meilleur) ; vous avouerez que pour un premier roman c’est plutôt pas mal comme comparaison.
Les chapitres alternent entre les événements présents (quatre ans après le début de l’épidémie) et le parcours de Malorie, de l’apparition des premiers cas à la naissance des enfants alors que le « Problème » (un doux euphémisme pour désigner un truc qui a décimé la quasi totalité de l’humanité) est à son apogée.
La partie « actuelle » baigne dans une angoisse omniprésente, invisible mais palpable. Les flashbacks quant à eux vous font vivre la montée en puissance de cette angoisse.
L’auteur fait preuve d’une remarquable maîtrise quand il s’agit de jouer avec nos nerfs. Sa grande force, à travers ce roman, est de tout miser sur la suggestion, comme les personnages vous évoluerez dans l’intrigue en aveugle (c’est à peine si vous n’en viendrez pas à guetter le moindre bruit suspect). Un défi relevé haut la main, le sentiment de malaise ne vous quittera pas au fil des pages, au contraire il ne fera que s’insinuer en vous, encore et encore. Et c’est là le second tour de force de l’auteur, à aucun moment le soufflé ne retombe, une fois qu’il nous a ferré il ne nous lâche plus. Une fois que vous aurez ouvert ce livre vous serez condamné à ne plus le lâcher avant sa conclusion.
L’essentiel de l’intrigue repose sur Malorie, une mère courage prête à tout pour offrir un ailleurs meilleur à ses enfants. Par moments elle peut sembler dure, voire insensible, mais on se rend rapidement compte que c’est pour eux, pour leur survie, qu’elle se comporte ainsi. Puis il y a les enfants bien sûr, à quatre ans ils n’ont jamais rien connu d’autre que ce monde dans lequel ils ne peuvent compter que sur leur ouïe pour survivre.
Toute la partie concernant la traversée de la rivière nous propose un huis-clos à ciel ouvert particulièrement oppressant. ; ça peut sembler paradoxal mais pas tant que ça si l’on considère que les personnages sont enfermés dans les ténèbres.
Si je devais classer ce bouquin dans un genre prédéfini j’opterai pour la science-fiction du fait de l’aspect post-apocalyptique, mais il pourrait tout aussi bien trouver sa place au rayon des thrillers psychologiques (nul doute qu’il vous foutra les nerfs en pelote). A vrai dire le choix SF m’arrange pour l’inscrire comme invité surprise de mon challenge 100% science-fiction.
Si Josh Malerman n’exclut pas de proposer une suite à Bird Box, il reconnait aussi avoir d’autres projets en tête. Je suppose que tout se jouera selon son inspiration (et éventuellement la pression de son éditeur). Pour ma part j’estime qu’une suite ne s’impose pas, si toutefois elle devait voir le jour alors soyez assuré que je me jetterai dessus avec avidité. A vrai dire je compte bien surveiller les prochains bouquins de l’auteur, qu’ils soient ou non liés à Bird Box.
Si vous pensez avoir déjà tout vu / tout lu en matière de post-apocalyptique, je vous invite à vous plonger dans ce roman, il devrait fortement ébranler vos certitudes et surtout vous procurer une sensation de lecture assez unique en son genre.
Les studios Universal ont d’ores et déjà acheté les droits pour une adaptation au ciné, en l’état actuel des choses on sait juste que le scénario a été confié à Eric Heisserer (scénariste des remakes de Freddy et The Thing ou encore, dans un registre plus inspiré, du film Hours dont il est aussi réalisateur). J’espère retrouver dans le film, s’il voit le jour, la même tension psychologique plutôt que des effets visuels à gogo…

 
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Publié par le 28 octobre 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Daniel O’Malley – The Rook

D. O'Malley - The RookAprès le tsunami interne provoqué par Reflex j’avais besoin d’un peu de légéreté histoire de faire baisser la pression ; le hasard faisant bien les choses (à ce qu’il parait) les éditions Super 8 proposent un titre qui semble parfait pour ce genre de chose. La chose en question nous vient d’Australie, l’auteur, Dan O’Malley, signe avec The Rook, son premier roman.
Myfanwy Thomas se réveille dans un parc, totalement amnésique et entourée de cadavres. Prévoyante, son ancien moi lui a laissé des instructions écrites pour lui parler d’elle et de son rôle phare au sein de la Checquy, une organisation secrète qui regroupe des agents dotés de pouvoirs surnaturels chargés de protéger les iles Britanniques des forces occultes. Mifanwy va devoir réapprendre sa vie et vite, car le temps presse, un haut responsable de la Checquy est un traître…
Imaginez ce que pourrait donner un mix habile entre les Avengers, Fringe et… Johnny English, impossible me direz-vous. Et pourtant Daniel O’Malley l’a fait, et l’a bien fait qui plus est ! Comme vous pouvez vous en douter le résultat de ce cocktail explosif est totalement déjanté, mais traité avec intelligence, un OLNI qui se lit avec délice.
Si vous aimez ranger vos bouquins dans des cases bien définies, oubliez The Rook ! Il est la parfaite illustration de la littérature SFFF (Science Fiction, Fantasy et Fantastique) puisqu’il mélange ces trois genres avec un soupçon d’espionnage et un max d’humour. D’ailleurs je pourrais l’inscrire comme invité surprise à mon challenge SF (ah bin voilà c’est fait).
Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur les super-héros, ceux de la Checquy ont des pouvoirs que Marvel n’aurait jamais pu imaginer. Certains sont plus orientés vers l’attaque, alors que d’autres privilégient la défense ; enfin il y en a quelques uns qui sont d’une inutilité absolue.
Avec Myfanwy (comme Tiffany mais avec un M à la place du T) vous aurez le droit à deux personnages pour le prix d’un. D’une part via les notes laissées par l’ancienne Myfanwy, d’autre part en suivant l’actuelle Myfanwy. Et vous pouvez me croire ce sont bel deux personnalités radicalement différentes qui ont habitées ce même corps.
Myfanwy peut, d’un simple contact, prendre le contrôle de sa cible, un contrôle absolu (le corps, les organes, le système nerveux…). Soyez assurés que ce n’est pas le personnage le plus surprenant de la Checquy, vous aurez le droit à une galerie de portraits et de personnalités aussi originaux que barrés.
L’auteur pourrait se contenter de jouer à fond la carte de l’absurde au détriment de son intrigue mais, comme je l’ai indiqué plus haut, il a placé la barre un cran plus haut en misant sur des situations et dialogues complètement loufoques, tout en entretenant une intrigue aussi solide que prenante. Un exercice d’équilibriste parfaitement maîtrisé qui détend les zygomatiques tout en jouant avec nos nerfs.
Daniel O’Malley est d’origine australienne, il a grandi et fait ses études aux Etats-Unis avant de retourner vivre en Australie. Pour son premier roman, il a choisi de situer son intrigue en Angleterre mais la Belgique y tient aussi une place de premier choix, place que je vous laisse découvrir.
Publié en 2012 en Australie, le bouquin a été bien accueilli par la critique et le public, il se verra d’ailleurs récompensé du Aurealis Award (un prix littéraire australien dédié à la SFFF) du meilleur roman de SF la même année.
Pour info le titre original, The Rook, conservé dans la version française, désigne la tour dans un jeu d’échec, ce qui correspond aussi au grade de Mifanwy au sein de la Checquy. L’auteur travaille déjà sur une suite, de son propre aveu le bébé est sur la bonne voie, même s’il se refuse à annoncer une date de publication. Quoi qu’il en soit je l’attends avec impatience, c’est avec un immense plaisir que je replongerai au coeur de la Checquy et de ses intrigues hors normes.

Peut être trouverez-vous étrange mon enthousiasme manifeste pour ce bouquin comparé au temps que j’ai mis pour le lire (10 jours) ; la faute n’est pas inhérente au roman (que j’ai adoré, je confirme, encore et encore) mais à un emploi du temps professionnel particulièrement chargé. Après une journée de 10 heures (et plus si affinités), je suis plus attiré par la bouteille de Jack Daniel’s que par ma liseuse.

 
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Publié par le 19 septembre 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Hugh Howey – Silo

H. Howey - SiloRetour à mon challenge SF avec un invité surprise, du pur jus SF cette fois, promis juré. Un titre à côté duquel je serai certainement passé sans un regard si je n’avais pas été intrigué par la quantité de critiques élogieuses qui foisonnent sur le Net. Place donc à ma chronique de Silo de Hugh Howey, premier volume d’une trilogie annoncée.
Dans un futur apocalyptique indéterminé les rescapés vivent dans d’immenses bunkers souterrains. Les seules images qu’ils reçoivent de l’extérieur sont celles, inhospitalières et floues, transmises par d’anciennes caméras de surveillance. Cependant certains doutent de la réalité de ces images, pour eux, comme pour les dissidents, une seule alternative : la sortie. Un aller simple vers la mort ou vers l’inconnu ?
La genése du bouquin mérite que l’on s’y attarde un moment avant d’entrer dans le vif du sujet. En 2011, Hugh Howey met en ligne une nouvelle qui pose les bases de ce qui deviendra Silo, le roman. L’accueil est enthousiaste, les internautes réclament une suite à l’auteur. Bon prince celui-ci s’exécute et se lance dans l’écriture de quatre nouveaux épisodes. Les cinq épisodes sont compilés dans un roman, divisé en cinq parties, qui deviendra rapidement un best seller international. Best-seller qui aujourd’hui se décline aussi sous la forme d’un Comics et dont les droits d’adaptation pour le cinéma seraient en cours de discussion.
Vous l’aurez compris on est clairement dans la dystopie post-apocalyptique, un semblant de société formatée régie par une autorité toute puissante (un maire et un shérif… à moins que le vrai pouvoir ne soit ailleurs) qui impose sa vision des choses. Toute remise en cause du système vaudra au coupable l’exclusion du silo, synonyme de mort. Un schéma classique du genre me direz-vous. Certes (même les survivants « souterrains » ne sont pas vraiment un scoop) mais l’auteur réussit à faire du neuf avec du vieux, on trouve une réelle originalité dans ce récit (tant dans sa construction que dans son intrigue).
En fait on est à mi-chemin entre le roman et le recueil de nouvelles, chaque partie suit un ordre chronologique ayant pour fil rouge le fameux silo et certains personnages sont récurrents d’un texte à l’autre (atttention à ne pas trop vous attacher, l’auteur souffre du syndrome de GRR Martin), les deux premiers épisodes peuvent sembler indépendants mais restent solidement ancrés à l’ensemble. Au final on est bel et bien en présence d’un roman, un peu à l’image d’un roman-feuilleton.
Le premier épisode place la barre très haut en répondant du même coup à la question concernant la survie à l’extérieur. Le second est certes moins rythmé du point de vue action mais il pose les bases de l’organisation et du fonctionnement du silo. Les trois suivants repassent à la vitesse supérieure et proposent une histoire continue, ça file même crescendo au fil des pages. La tension est palpable et les rebondissements sont légion.
Le silo ? Un énorme cylindre de 144 étages reliés par un escalier métallique en colimaçon. Trois parties (bas, milieu et haut) qui représentent trois niveaux de hiérarchie, du plus anodin au plus puissant. Bien que l’on soit résolument dans un monde futuriste ne vous attendez à découvrir un foisonnement de haute technologie révolutionnaire, pour tout dire c’est presque le contraire, hormis la conception même du silo la technologie semble avoir fait un bond en arrière de plusieurs années.
Les personnages s’étoffent au fil des épisodes, j’ai eu coup de coeur pour Juliette mais j’ai pris tout autant de plaisir à détester Bernard, tout comme j’ai souvent maudit la passivité de Lukas. La preuve que l’auteur parvient à vous prendre dans les mailles de son filet. Il réussit à nous offrir un bouquin de SF qui a la même intensité qu’un thriller et la même noirceur qu’un roman noir ; un régal !
La question du pourquoi et du comment du silo est à peine abordée, comme souvent dans la dystopie, les informations sont délivrées au compte goutte et ne suffisent pas à répondre à toutes les questions que l’on serait amené à se poser. Mais rassurez-vous, le second opus de la trilogie, Origines, déjà disponible (et dans mon Stock à Lire Numérique), est une préquelle qui devrait combler les vides.
En commençant ce premier opus (après avoir longuement hésité entre l’ordre chronologique et l’ordre de parution), je me suis demandé si j’aurai envie d’enchaîner directement sur le suivant (ou le précédent selon l’option choisie plus haut). Peut être pas tout de suite histoire de continuer à varier les plaisirs mais très rapidement, je peux vous le garantir au vu du plaisir que j’ai eu à parcourir ce premier volume.
Je connaissais l’éditeur Actes Sud essentiellement par le biais de sa collection Actes Noirs, dédiée au polar et au thriller et comprenant de nombreux auteurs nordiques dans son catalogue ; avec la collection Exofictions, dont Silo est le titre inaugural, l’éditeur ouvre brillamment et intelligemment ses portes à la SF.
Je ne sais pas si une curiosité typographique que j’ai relevé est propre à la version numérique ou si elle existe aussi dans le livre papier, parfois le tiret semi-cadratin (–) est utilisé en lieu et place des points de suspension (…) ; ça surprend un peu mais rien de rédhibitoire.

 
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Publié par le 5 août 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Dan Simmons – L’Echiquier Du Mal

D. Simmons - L'Echiquier Du MalCa fait un bail que je ne suis pas revenu faire un tour du côté de mon challenge SF (manque de temps et trop de livres qui me font de l’oeil), il est temps de pallier cette lacune avec L’Echiquier Du Mal de Dan Simmons. Roman que beaucoup considèrent comme étant son chef d’oeuvre.
Face à une série de meurtres inexpliqués à Charleston la police piétine. Aucun lien entre les victimes et une suspecte, Mélanie Fuller, semble s’être volatilisée dans la nature. Pour le shérif Rob Gentry c’est l’impasse. Jusqu’à ce qu’il rencontre Natalie Preston, la fille d’une victime, et Saul Laski, un psychiatre rescapé des Camps de la Mort, qui va leur faire des révélations étonnantes. Tous trois vont lancer à la poursuite de ces mystérieux « vampires psychiques », mais ils ne sont pas les seuls à rechercher Mélanie Fuller…
J’avais les trois livres qui composent L’Echiquier Du Mal depuis déjà quelques temps dans mon Stock à Lire Numérique, une fois de plus c’est France Loisirs qui aura déclenché l’étincelle qui m’a poussé à m’y plonger enfin en proposant une intégrale en un seul volume (1300 pages, papier fin et petite police de caractère… joli pavé).
Alors science fiction ou fantastique ? Pour ma part j’opterai plutôt pour la seconde option car Dan Simmons revisite un thème cher au fantastique : le vampire. Mais ne chipotons pas pour une simple question de genre, ce bouquin mérite bien mieux que de se retrouver le cul entre deux chaises genres (en fait on pourrait aussi ajouter un soupçon de thriller, une pointe horrifique avec un puissant arrière goût de roman noir).
L’auteur prend son temps pour poser son intrigue (quasiment tout le livre I), par moment il faut s’accrocher pour savoir où il veut en venir mais croyez moi ça en vaut largement la peine. Quand la machine se met en branle ça décoiffe, si le rythme n’est pas toujours haletant il distille une telle tension que l’on ne ressent aucun ennui. Au contraire, ces alternances dans le rythme deviennent rapidement un point fort.
J’ai mentionné plus haut que Dan Simmons revisitait le thème du vampire, n’allez pas croire qu’il est l’inventeur du vampire à la guimauve, ses « vampires psychiques » sont largement aussi malfaisants que Dracula et consorts. Ils prennent le contrôle de leurs victimes, leur faisant faire leur quatre volontés, s’en servant parfois comme arme contre leurs adversaires, et les abandonnent comme un vieux slip kangourou, le plus souvent en ayant pris soin d’orchestrer leur mort. Le point commun entre ces individus doués du Talent (le nom donné à leur don) : ils appartiennent tous à l’élite, de part leur fortune ou leur position dans la société (parfois même les deux) et semblent n’avoir aucun sens moral.
Je ne perdrais pas mon temps à vanter le style de Dan Simmons, enfoncer les portes ouvertes n’est pas vraiment ma tasse de thé… Je n’ai pas le recul nécessaire pour dire s’il s’agit ou non du chef d’oeuvre de l’auteur mais il est évident que c’est un bouquin qui flirte allègrement avec l’excellence (une intrigue originale, riche et totalement maîtrisée, des personnages soigneusement travaillés).
Entre autres récompenses littéraires L’Echiquier Du Mal compte à son actif le prix Bram Stoker du meilleur roman (1989) et le prix Locus du meilleur roman d’horreur (1990).
Si vous vous inquiétez de savoir si un bouquin écrit en 1989 n’a pas pris un coup de vieux avec les années, je vous rassure de suite, hormis quelques antiquités technologiques du XXème siècle (machine à écrire, téléphone à cadran, appareil photo argentique…) l’intrigue n’a pas besoin d’un lifting pour rester percutante.
Petit bémol qui n’a rien à voir avec l’auteur et son intrigue, la version France Loisirs que j’ai lue comporte un paquet de lacunes au niveau relecture et correction. Erreurs que je n’ai pas retrouvées dans la version numérique (TAZ).

 
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Publié par le 28 juillet 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Johan Harstad – 172 Heures Sur La Lune

J. Harstad - 172 Heures Sur La LuneJe ne dirai pas que ce bouquin m’est tombé entre les mains par hasard mais c’est presque ça. Je patientais à la caisse de France Loisirs avec un autre bouquin quand mes yeux se sont posés sur celui-ci. Le pitch m’a emballé alors j’ai pris. Qui plus est ça me fait un invité surprise pour mon challenge SF. Place donc à ma chronique de 172 Heures Sur La Lune de Johan Harstad.
Mia, Midori et Antoine sont trois adolescents qui viennent de remporter un séjour d’une semaine sur une base lunaire suite à une loterie internationale lancée par la NASA. Après une longue et rigoureuse préparation c’est enfin l’heure du grand départ. Mais une fois sur la Lune rien ne se passera comme prévu…
Autant prévenir de suite avant de m’engager dans cette chronique, on est clairement dans la catégorie Young Adult, donc ne vous attendez pas à un space-trip qui vous fera dresser les cheveux sur la nuque, l’ensemble reste très soft. Ce qui n’a pas empêché l’auteur de remporter, avec ce titre, le prix Brage (le plus prestigieux prix littéraire norvégien) en 2008 dans la catégorie Livres pour enfants et la jeunesse.
De fait je reconnais volontiers que l’ensemble est plutôt bien ficelé malgré des débuts un peu poussifs, il faut attendre plus de 220 pages avant le décollage et encore 70 pages avant que la situation ne se gâte sérieusement pour nos touristes lunaires. Ceci dit une fois que la mécanique s’est mise en branle l’auteur passe en mode turbo, plus le moindre temps mort et un bon nombre de rebondissements jusqu’à un final qui en laissera plus d’un la gueule béante…
Globalement les personnages sont plutôt bien travaillés. D’un côté on a nos trois ados lauréats, trois caractères totalement différent (Mia la rebelle venue de Norvège, Midori la rêveuse nippone et Antoine le français, geek romantique) qui ont chacun leur propres motivations pour ce voyage. De l’autre on retrouve un équipage de professionnels, là aussi des caractères bien trempés.
Bon alors qu’est-ce qui les attends sur la Lune ? Heu… comment dire ? Une mauvaise surprise et de mauvaises rencontres. Voilà je n’en dirai pas plus.
La même chose en version plus adulte, avec une ambiance à la Alien, et une immersion plus rapide au coeur de l’intrigue aurait certainement valu au bouquin le titre de coup de coeur SF de l’année et un joli 10/10 ; à défaut on va dire qu’il s’en tire avec un honorable 8/10. Comme quoi l’auteur nordique peut briller dans autre chose que du polar…

 
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Publié par le 22 avril 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Yannick Monget – Résilience

Y. Monget - RésilienceVoilà un titre qui pourrait parfaitement s’inviter à mon challenge SF, mais ce Résilience de Yannick Monget ne se contente pas de nous livrer une vision du futur bien sombre, il entend faire réfléchir le lecteur en s’appuyant sur un scénario catastrophe mais pas du tout improbable.
Suite aux effets combinés de catastrophes nucléaires en série et d’une pandémie virale ravageuse, l’humanité a quasiment été éradiquée de la surface de la Terre. Les survivants sont regroupés dans diverses bases de vie en Antarctique et d’autres régions isolées du Monde. Comment a-t-on pu en arriver là ? Et surtout existe-t-il encore un espoir de sauver la planète ?
Ah que je vais avoir du mal à vous pondre une chronique qui tienne la distance, non pas que ce fut un calvaire de lire ce roman, bien au contraire j’ai été séduit et plus qu’agréablement surpris. La principale difficulté tient justement dans la profondeur de ce roman, vous aurez entre les mains, à la fois un roman d’anticipation post-apocalyptique, un thriller riche en rebondissements, un bouquin d’espionnage dans lequel fiction et (triste) réalité cohabitent sur fond de géopolitique et d’écologie. Ca fait beaucoup non ?
N’ayant franchement pas la fibre écolo (au sens politique du terme) et n’étant pas non plus un antinucléaire convaincu, je craignais un peu que cet aspect du roman ne soit quelque peu indigeste. Mais en fait l’auteur ne se lance pas dans un manifeste antinucléaire à la sauce verdâtre façon Greenpiss ; son roman, richement documenté, se lit (et se ressent) d’avantage comme un cri d’alarme visant à attirer notre attention sur ce qui pourrait arriver en cas de mauvaise gestion continue de la question du nucléaire. Sur le sujet les politiques, de droite ou de gauche, sont muselés par les (faux) enjeux économiques et par une poignée de lobbyistes qui leur serve un discours erroné, et bien entendu c’est ce même discours qu’ils nous refourguent. Et oui ce bouquin va certainement vous pousser à vous poser des questions et même à remettre en cause certains points que vous teniez auparavant pour acquis (j’vous rassure ça ne vous fera pas virer écolo, ici on parle de questionnements intelligents). Le discours de l’auteur est d’avantage écologue (fidèle à l’essence même de l’écologie) qu’écologiste (exploitation politique, souvent à tort et à travers, de l’écologie).
Mais rassurez vous ce discours est mis au service d’une intrigue aux multiples facettes menée tambour battant. Les chapitres alternent en effet entre une intrigue qui se déroule deux ans après l’effondrement de l’humanité, et une autre qui vous fera vivre les derniers mois du monde tel qu’on le connait. L’auteur ne situe pas précisément dans le temps la catastrophe, toutefois, une lecture attentive des multiples notes et renvois permet de se faire une petite idée de la chose, disons que les années 2050/2080 seraient une échéance probable. Mais ce n’est pas tant la date éventuelle qui fait froid dans le dos, mais plutôt le réalisme du scénario imaginé par l’auteur.
La dernière partie de l’ouvrage est un condensé de notes et annexes en rapport avec le nucléaire, sans prendre pour argent comptant toutes les affirmations de l’auteur, force est de reconnaître qu’il est sacrément documenté sur la question. Toutes ces informations permettent en partie de répondre aux questions que l’on se pose après la lecture du roman et à réfléchir à notre avenir. Quand je dis notre avenir je ne me la joue pas nombriliste, c’est bel et bien de l’avenir de l’espèce humaine (par moment le terme humanité me semble déplacer pour nous désigner) dont il est question. Quelle que soit votre position vis-à-vis du nucléaire ça ne coûte rien de parcourir ces quelques pages, après à chacun de se forger son opinion (pour ma part je reste dans la catégorie Sans opinion, ou plus exactement Oui mais… pour une fois !).
A la base le bouquin a d’abord été distribué uniquement en version numérique par Symbiom (voir la page du livre sur leur site) au prix de 13€, face au succès rencontré par le roman, une version papier a été publiée au prix de 25€. C’est sur la version numérique que j’ai jeté mon dévolu, en introduction l’auteur s’adresse à ses lecteurs numériques en affirmant comprendre le piratage tout en dénonçant le partage de masse (qui n’est autre qu’une forme plus aboutie du piratage) ; je ne m’inviterai pas dans ce débat vous savez sans doute que je pratique les deux sans avoir le moindre scrupule. Par contre l’auteur termine son plaidoyer en invitant les lecteurs-pirates à se procurer une version légale de Résilience, une fois n’est pas coutume je l’ai fait, non pour le financement de projets de Symbiom mais simplement pour remercier l’auteur pour ce bon moment de lecture passé avec son bouquin. Depuis samedi dernier l’auteur propose (via la page Symbiom) son roman sous forme de feuilleton numérique gratuit, laissant à chacun le soin de payer ou non selon ses moyens, ses envies et sa conscience.

 
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Publié par le 17 mars 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Laurent Ladouari – Cosplay

L. Ladouari - CosplayEt hop un invité surprise qui vient se taper l’incruste dans mon challenge SF, ce bouquin m’a fait de l’oeil et je n’ai pu résister à ses appels de pied qui frôlaient l’indécence. La chose s’appelle Cosplay et est signée Laurent Ladouari.
Zoran Adamas, puissant milliardaire aussi mystérieux que cynique; rachète la société 1T, une entreprise d’électronique au bord de la faillite. Son but avoué est de détruire 1T. Le même jour Katie Dûma parvient à se faire embaucher chez 1T. A ce titre, comme tout le reste du personnel, elle est invitée à participer au COSPLAY, un jeu de rôle virtuel dans lequel tout est permis sous couvert d’anonymat. COSPLAY est l’outil imaginé par Adamas pour anéantir 1T…
Ce n’est pas le nom de l’auteur qui m’a fait flashé (c’est son premier roman et je n’avais jamais entendu parler du bonhomme). Le premier choc fut purement visuel, j’ai flashé sur la couverture du bouquin. Après l’avoir examinée de près, j’ai pris la peine de me pencher sur le pitch et voilà comment ce bouquin est venu enrichir mon Stock à Lire Numérique. Ajoutez à cela que je suis un inconditionnel du jeu de rôle (j’ai eu ma période plateau, maintenant je suis plus orienté sur le jeu video) et vous comprendrez que je ne pouvais que craquer pour ce bouquin ; par contre le COSPLAY (COStume PLAYing) ne m’a jamais attiré (je n’dois pas être suffisamment schizophrène).
Et hop une nouvelle dystopie à ajouter à mon tableau de chasse, même si l’auteur ne donne aucune information permettant de situer son intrigue dans le temps et dans l’espace ; on peut tout juste supposer que les personnages sont francophones, certains prononcent 1T à la française (Un Té) et d’autres à l’anglaise (One Ti) et comme l’auteur est français, donc un minimum chauvin on peut supputer que la plus « belle ville du monde » soit Paris.
Ceci dit on s’en fout un peu, l’originalité et l’intérêt principal du roman est ce fameux Cosplay, inutile de préciser que dans un monde virtuel où toutes les règles sont abolies, tous les coups sont permis, idéal pour faire rejaillir les plus bas instincts primaires des joueurs. Pour notre plus grand plaisir de lecteur sadique… Mais il y a plus que ça, sauf que je n’en dirais pas plus sur la question !
Non seulement l’intrigue tient la route et nous accroche rapidement mais en plus les personnages sont bien travaillés. doublement travaillés même puisqu’on a le personnage réel et son avatar dans le Cosplay ; on se prend d’ailleurs vite au jeu d’essayer de deviner qui se cache derrière certains avatar (au départ on ne connait que la paire Katie/Athos). Et je peux vous assurer que l’auteur sait s’y prendre pour nous induire en erreur, pour ma part je n’en avais découvert qu’un avec certitude et de forts soupçons sur un autre (je ne vous dirai pas lesquels).
Bien entendu il y aussi Adamas, invisible mais omniprésent, on se demande qui se cache derrière autant de mystères, doit on l’apprécier ou le détester ? Et quelles sont ses véritables intentions à l’encontre de 1T  (la réponse s’impose peu à peu, avant qu’elle ne soit révélée). Il en va de même pour ses sbires, ils sont plutôt farfelus et attachants mais difficile à cerner avec précision.
Si j’ajoute que le style de l’auteur est très agréable et que la lecture est d’une fluidité exemplaire, vous aurez compris que pour son premier roman Laurent Ladouari réussi un coup de maître. Petit (minuscule) bémol toutefois, je trouve complétement stupide de censurer les insultes proférées par certains personnages (m… pour merde par exemple), faut assumer mon gars, on en a plein le cul du politiquement correct !
L’épilogue laisse présager une suite, reste à savoir quels seront les nouveaux projets d’Adamas pour arriver à ses fins. Une chose est certaine, je suis d’ores et déjà converti, je me jetterai avec avidité sur la, ou les, suites que l’auteur nous réserve…

 
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Publié par le 17 février 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Dan Simmons – Flashback

D. Simmons - FlashbackJ’ai profité de mon challenge SF pour faire connaissance avec l’univers littéraire de Dan Simmons en inscrivant deux titres de l’auteur au programme, l’incontournable (parait-il) Echiquier Du Mal et un titre plus récent, Flashback. C’est sur ce dernier que j’ai jeté mon dévolu en premier.
2035. Dans une Amérique ravagée (à plus d’un titre), Nick Bottom, un ex-flic, détective minable et accro au flashback, cette drogue qui permet de revivre les souvenirs de son choix, est embauché par M. Nakamura, un milliardaire japonais très puissant. Sa mission : retrouver celui qui a assassiné Keigo, le fils de M. Nakamura, six ans plus tôt. Pour y parvenir il va devoir reprendre toute l’enquête à zéro, à la fois dans le présent mais aussi dans le passé, à l’aide du flashback…
Avant d’aller plus loin dans cette chronique je vais revenir sur la polémique qui a entouré ce bouquin lors de sa sortie, non pas que ce soit un sujet captivant mais il semblerait que ce soit plus ou moins un passage obligé. Pour faire simple on va se résumer à « je me fous des opinions politiques de Dan Simmons ». L’Amérique qu’il nous décrit dans ce roman et les idées soulevées ou émises par certains personnages ne sont pour moi que le décorum d’une oeuvre de fiction de type distopyque, le reste je m’en bats les coucougnettes, « cela ne nous regarde pas » comme diraient les autres.
De prime abord le personnage de Nick Bottom apparait comme un minable drogué sans le moindre sens de l’honneur, égoïste tendance nombriliste, champion du monde de l’auto-apitoiement. Le gendre idéal, non ? J’aurai pu le prendre illico en grippe mais le gars est aussi un fin cinéphile, de nombreuses références cinématographiques égayent ses sombres pensées. Du coup j’ai décidé de lui donner sa chance. Une seconde chance méritée puisque le flic (toujours tourmenté) va peu à peu reprendre le dessus.
A vrai dire il n’y a pas que Nick Bottom qui soit tourmenté, le monde de Flashback, et notamment les Etats-Unis, ne tourne plus très rond. Quand ce ne sont pas les guerres entre nations qui déciment les survivants, les guerres civiles prennent le relai, puis éventuellement les guerres des gangs ou toute autre forme de violence devenue ordinaire. Un monde où il ne fait clairement pas bon de vivre.
Je n’ai aucun élément de comparaison me permettant de situer ce titre par rapport aux autres romans de Dan Simmons mais indéniablement l’auteur a un talent narratif assez exceptionnel, servi par un style extrêmement riche, on est presque instantanément scotché à son récit et on ne lâche plus le morceau avant d’avoir parcouru, en totale immersion, une intrigue rondement menée. Pour tout vous dire j’ai été tellement absorbé par ce bouquin que je serai tenté de le qualifier de thriller d’anticipation ; le cadre et la technologie sont résolument futuristes mais le rythme imposé et les rebondissements sont dignes d’un thriller.
Au début du roman l’intrigue est divisée en deux parties, à Denver on suit l’enquête de Nick Bottom tandis que dans un Los Angeles aux portes de la guerre civile on découvre les errances pseudo-rebelles de son propre fils, Val, conneries dans lesquels il finira par attirer son grand père maternel, Leonard. De fait le chapitrage permet d’identifier le personnage central du chapitre, ceux qui commencent par 1 (les plus nombreux) sont vus sous l’angle de Nick, le 2 identifie le point de vue de Val et le 3 celui de Leonard. Pendant la plus grande partie du roman les deux intrigues sont parfaitement distinctes, elles ne fusionneront que dans les derniers chapitres.
Inutile de préciser que je compte bien poursuivre mon exploration de l’univers littéraire de Dan Simmons, d’abord avec L’Echiquier Du Mal puis avec d’autres titres isolés avant de me lancer dans Les Cantos D’Hyperion (9 tomes).

 
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Publié par le 3 février 2014 dans Bouquins

 

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