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Archives de Tag: Céline Romand-Monnier (trad.)

[BOUQUINS] Heine Bakkeid – Tu Me Manqueras Demain

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H. Bakkeid - Tu me manqueras demain
Titre : Tu Me Manqueras Demain
Auteur : Heine Bakkeid
Éditeur : Les Arènes
Parution : 2020
Origine : Norvège (2016)
461 pages

De quoi ça cause ?

Thorkild Aske était enquêteur à l’Inspection Générale de la Police. À sa sortie de prison, suite à un accident de la route ayant causé la mort de sa passagère, il souffre de nombreux soucis de santé, est rongé par la culpabilité, accro aux médocs et n’a guère de perspectives d’avenir.

Son psychiatre lui parle alors d’un jeune Danois qui a disparu dans le nord du pays et lui recommande de se rendre sur place afin d’enquêter, au nom des parents, sur cette disparition. D’abord réticent, Thorkild accepte dans l’espoir d’un premier pas vers une hypothétique rédemption…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que je suis un grand fan du polar nordique. Dans le genre Jo Nesbo fait partie de mes auteurs préférés, du coup quand je vois l’accroche qui annonce « Après Jo Nesbo. Le nouveau maître du thriller norvégien »,  – tout en étant parfaitement conscient que c’est du baratin 100% marketing – ça n’en titille pas moins ma curiosité.

Ma Chronique

« Après Jo Nesbo. Le nouveau maître du thriller norvégien. » D’une façon générale, ce genre d’argument me laisse de marbre, d’autant que je trouve cette accroche un tantinet présomptueuse (pour rester poli). « Après Jo Nesbo. » Pourquoi après ? Jo Nesbo ne suce pas encore les pissenlits par la racine et n’a, à ma connaissance, pas renoncé à sa carrière d’écrivain… je suis convaincu qu’il a encore plus d’un atout dans sa manche pour surprendre et séduire ses lecteurs, avec ou sans Harry Hole (je ne vous cache pas que j’adorerai retrouver, encore et encore, Harry Hole).

Heine Bakkeid serait donc le « nouveau maître du thriller norvégien », pas facile de se prononcer pour le public français qui découvre ici son premier roman. Cependant il est vrai qu’en Norvège sa trilogie autour du personnage de Thorkild Aske a été très bien accueillie, aussi bien par le public que par la critique. C’est pourquoi j’ai décidé de me forger ma propre opinion sur cet auteur et son roman.

D’ores et déjà si vous vous attendez à un thriller qui mise tout sur l’action et un rythme effréné, je vous invite à passer votre tour ou à attendre d’être dans d’autres dispositions avant de vous lancer dans ce roman. Tu Me Manqueras Demain est un roman presque exclusivement porté par son héros, l’accent est mis sur le personnage de Thorkild Aske, ses pensées et sa psyché (et Dieu sait qu’il y a du boulot pour faire le tour de la question). C’est avant tout la dimension psychologique qui est mise en avant dans ce bouquin.

Thorkild Aske est l’antihéros par excellence. Ancien enquêteur à la police des polices (un service qui n’a pas toujours le bon rôle dans la littérature policière), on le découvre à sa sortie de prison, après avoir purgé une peine pour avoir causé la mort de sa passagère lors d’un accident de la route alors qu’il était sous l’emprise de psychotropes. Peine durant laquelle il tentera de se mettre fin à ses jours… sans succès (c’est pourquoi on appelle ça une tentative de suicide).

On découvre donc un type un peu paumé qui sort de taule avec de sérieuses séquelles physiques et psychologiques et une addiction aux médocs qu’il gobe comme des friandises. Inutile de vous dire qu’avec un CV pareil, ses perspectives d’avenir professionnel ne sont guère reluisantes. Sauf que son psy va lui proposer d’enquêter sur une disparition mystérieuse survenue au nord du pays.

Au fil des chapitres vous plongerez dans l’esprit tourmenté de Thorkild Aske, un esprit rongé par la culpabilité, les questions restées sans réponse, le doute… c’est justement ce qui confère à ce roman une ambiance unique ; une ambiance qui pèse sur le récit presque autant que son héros.

Du coup on se retrouve confronté à une enquête qui progresse au rythme imposé par la condition physique et psychologique de Thorkild… pas franchement de quoi vous donner de brusques poussées d’adrénaline, à part dans le dernier tiers du bouquin où les choses s’accélèrent.

Il est vrai que j’aurai aimé que l’enquête stricto sensu soit un tantinet plus développée (je tiens à préciser qu’à aucun moment l’intrigue ne donne l’impression d’être expédiée à la va-vite), cependant force est de reconnaître que j’ai dévoré le bouquin sans jamais ressentir le moindre ennui.

Je ne hisserai pas tout de suite Heine Bakkeid au niveau de Jo Nesbo mais je lui reconnais bien volontiers un fort potentiel narratif ; pour un premier roman il place même d’emblée la barre haut. Je retrouverai avec plaisir Thorkild Aske pour ses prochaines enquêtes.

MON VERDICT

 
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Publié par le 29 décembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jo Nesbo – Le Couteau

AU MENU DU JOUR

J. Nesbo - Le Couteau
Titre : Le Couteau
Série : Harry Hole – T12
Auteur : Jo Nesbo
Éditeur : Gallimard
Parution : 2019
Origine : Norvège (2019)
608 pages

De quoi ça cause ?

Harry Hole n’est plus que l’ombre de lui même depuis que Rakel l’a quitté. Et comme toujours dans ces moments-là, c’est dans l’alcool qu’il trouve refuge.

Se croyant déjà au plus bas, Harry va découvrir, de la cruelle des manières, que l’on a toujours quelque chose à perdre, même quand on croit avoir déjà tout perdu…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’te question ! C’est Jo Nesbo, mais aussi et surtout c’est le grand retour de Harry Hole. What else ?

Ma Chronique

Jo, mon petit Jo, pourquoi tant de haine ? Pourquoi un tel acharnement contre Harry ? OK, je reconnais que c’est quand il est au plus bas que Harry s’avère le plus efficace et le plus convaincant. Mais merde, là tu pousses le bouchon un peu loin ! Tu n’avais pas le droit de lui faire ça ; pas à lui… pas à elle ! Putain, Jo, tu déconnes.

À en croire la sagesse populaire « Qui aime bien, châtie bien« , si tel est le cas alors Jo Nesbo doit vraiment être raide dingue de son flic fétiche : Harry Hole. Ceux et celles qui se sont déjà frottés à la série savent que l’auteur prend un malin plaisir à malmener son personnage ; mais jamais il n’avait été aussi loin dans les tourments qu’il lui inflige. Mon entrée en la matière résume à la perfection ce que j’ai ressenti en découvrant la scène de crime…

Même si Harry est anéanti par cet ultime outrage, il pourrait faire sienne la devise de la ville de Paris : « Fluctuat nec mergitur » (il est battu par les flots, mais ne sombre pas) ; et ce n’est certainement pas une suspension qui l’empêchera de mener sa propre enquête afin de découvrir la vérité.

Avec les moyens du bord et le soutien de quelques précieux amis, Harry va mener une enquête de façon plus ou moins empirique. Suivant la piste qui se présente à lui jusqu’à ce qu’elle ait délivré tous ses secrets, puis recommençant ses investigations à zéro à partir d’une nouvelle piste. Plus les pistes suivies n’aboutissent à rien, plus une vérité encore plus indicible que tout ce qu’il aurait pu imaginer va se dessiner.

Les habitués retrouveront avec plaisir des personnages déjà croisés dans les précédents romans de la série, mais il faudra aussi compter avec les nouveaux venus, dont certains joueront un rôle déterminant dans le déroulé de l’intrigue.

Si l’intrigue ne brille pas vraiment par son originalité, elle n’en reste pas moins totalement maîtrisée et devrait surprendre même les lecteurs les plus perspicaces (à ce titre l’ultime revirement de situation, à savoir l’identification du (ou de la) coupable, m’a laissé sur le cul ; je n’avais rien vu venir).

Ça fait bien longtemps que Jo Nesbo n’a plus rien à prouver pour mériter sa place au panthéon des auteurs de polars nordiques, et même de polars tout simplement. Il sait y faire pour rendre son intrigue addictive et monter crescendo en puissance.

Ce douzième roman de la série fait honneur à ses prédécesseurs, c’est vraiment une réussite à tout point de vue. Je reconnais volontiers qu’étant totalement accro au personnage de Harry Hole, je ne suis peut-être pas totalement objectif sur le sujet. Il parait que l’amour rend aveugle, c’est peut-être ce qui explique que je n’aie relevé aucune ombre au tableau.

Et maintenant ? Le lecteur est en droit de se poser la question en refermant le bouquin. On quitte Harry Hole face à plusieurs options quant à son avenir ; un avenir qu’il jouera sur un coup de dé, mais dont on ne connaîtra pas l’issue… Personnellement j’ai ma préférence, mais, quel que soit le choix que fera Harry j’espère qu’on le retrouvera dans d’autres aventures.

MON VERDICT

Coup double

 
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Publié par le 27 août 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jo Nesbo – Macbeth

AU MENU DU JOUR

J. Nesbo - Macbeth

Titre : Macbeth
Auteur : Jo Nesbo
Éditeur : Gallimard
Parution : 2018
Origine : Norvège
624 pages

De quoi ça cause ?

Après une opération de police réussie, Macbeth, le chef de la Garde, unité d’élite de la police, est promu à la tête de la Brigade du Crime Organisé. Pour l’ambitieuse, Lady, l’épouse de Macbeth, ce n’est que la première marche de leur ascension vers de plus hautes responsabilités ; elle suggère à son époux de viser le poste de préfet. La meilleure façon d’y parvenir étant d’assassiner l’actuel préfet.

L’ambition de Lady et son emprise sur Macbeth semblent ne connaître aucune limite, au risque d’entraîner le couple dans une spirale destructrice dont nul ne sortira indemne…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jo Nesbo et que j’étais franchement curieux de découvrir ce que deviendrait l’une des plus célèbres tragédies de Shakespeare entre les mains d’un des maîtres du polar nordique.

La rentrée littéraire 2018 a été particulièrement riche, avec, dans le lot, plusieurs auteurs que j’apprécie tout particulièrement et plusieurs titres qui se bousculent au portillon ; il faut faire des choix et prioriser les uns et les autres…

Ma chronique

Macbeth est la réponse de Jo Nesbo au Hogarth Shakespeare Project, l’éditeur Hogarth Press a en effet mis au défi les auteurs contemporains d’adapter et de moderniser l’oeuvre de William Shakespeare. Plusieurs auteurs ont déjà relevé le défi (dont Margaret Atwood qui a choisi de revisiter La Tempête), d’autres titres sont en préparation (dont une revisite de Hamlet par Gillian Flynn). Un pari un peu fou qui ne pouvait que titiller la curiosité de l’inconditionnel de Jo Nesbo que je suis…

N’étant pas naturellement porté vers la littérature classique, je ne connaissais Macbeth, la pièce de Shakespeare, que de nom. Avant de me lancer à la découverte de cette revisite j’ai voulu me faire une idée un peu plus précise de la chose sans pour autant me farcir sa lecture (je ne dis pas que c’est désagréable à lire, juste que je n’en ai pas envie) ; à l’aide de mes amis Google et Wikipedia c’est désormais chose faite.

Soit dit en passant la démarche ne s’impose pas, le roman de Jo Nesbo se suffisant à lui-même. Si toutefois vous souhaitez une rapide comparaison avec la pièce de Shakespeare, je ne saurai que trop vous conseiller (pour des raisons évidentes) de le faire après la lecture du bouquin…

Difficile de situer l’intrigue dans le temps et dans l’espace, quelques repères chronologiques permettent toutefois de se positionner dans les années 70, la mention, à plusieurs reprises, du comté de Fife fait référence à l’Écosse (ce qui paraît logique, la pièce de Shakespeare se déroulant en Écosse). Une métropole anonyme relativement importante, mais économiquement sur le déclin et rongée par la corruption et le trafic de drogue… Partout et nulle part en quelque sorte.

Force est de reconnaître que j’ai eu un peu de mal à enter dans l’histoire, il faut dire que pour se prêter au jeu de cette revisite Jo Nesbo adopte un style totalement différent de celui qu’il emploie pour ses autres romans (je pense notamment à la série Harry Hole). C’est déconcertant, mais surtout ça semble manquer de naturel ; il faut dire que, histoire de corser le challenge, l’auteur intègre çà et là des citations (plus ou moins réécrites pour la circonstance) de la pièce de Shakespeare.

Mais au fil des chapitres on s’adapte pour ne se concentrer que sur l’intrigue et se laisser guider par la plume de l’auteur. Il faut dire que Jo Nesbo ne nous laisse pas vraiment profiter du paysage avant de nous plonger au cœur de l’action. Sa revisite moderne de Macbeth s’écrit clairement en rouge et noir, rouge comme le sang qui coule à flots, noir comme l’ambiance qui plombe le bouquin de la première à la dernière page.

Au risque de spoiler (quoique, ce n’est pas pour rien que ça s’appelle une tragédie… au fil des chapitres on comprend que les choses ne peuvent qu’aller de mal en pis et très mal se finir) je serai tenté de comparer la destinée de Macbeth à un soufflé réalisé par un apprenti cuisinier qui ne maîtrise pas la cuisson de son appareil. Ça monte, ça monte, ça monte, mais juste avant d’attendre le firmament ça s’écrase comme une merde (je confirme, c’est du vécu la tragédie du soufflé au fromage)…

Je serai tenté de dire quel gâchis. En effet Macbeth, comme chef de la Garde, était un mec bien, plutôt intègre, un leader efficace apprécié par ses hommes. La sagesse populaire prétend que l’amour rend aveugle, en l’occurrence il a rendu notre Macbeth très con. Il se laisse contaminer par l’ambition de Lady, puis, empoisonné par le retour d’un de ses vieux démons sombre jusqu’au point de non-retour.

Au pays de Macbeth, celui qui voulu devenir calife à la place du calife, tout n’est que mensonges, complots et trahisons, un joli foutoir dans lequel il est bien difficile de distinguer ses amis de ses ennemis. Noir c’est noir, mais heureusement certains croient encore en des lendemains meilleurs.

Le pari de la revisite est relevé et remporté haut la main, mais je ne sors pas complètement béat de cette lecture. On va dire que c’est une sympathique mise en bouche en attendant de savourer le douzième volume de la saga Harry Hole (annoncé en VO pour 2019).

Comme indiqué plus haut l’intrigue se déroule en Écosse, et pourtant lorsque Lady parle de son casino elle mentionne une mise en couronnes (la monnaie norvégienne, patrie de Jo Nesbo) ; une maladresse qu’il eut pourtant été facile d’éviter (ou, à défaut, de corriger). C’est un détail certes, mais quand même ça fait négligé.

MON VERDICT

 
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Publié par le 28 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jo Nesbo – La Soif

AU MENU DU JOUR

J. Nesbo - La Soif
Titre : La Soif
Série : Harry Hole – T11
Auteur : Jo Nesbo
Editeur : Gallimard
Parution : 2017
Origine : Norvège
624 pages

De quoi ça cause ?

Harry Hole profite enfin d’une existence apaisée. En couple avec Rakel, il enseigne la criminologie à l’école de police. Oleg s’est installé avec une copine, mais leur rend visite régulièrement.

Aussi, quand Mikael Bellman, le directeur de la police criminelle, le sollicite afin qu’il participe à une enquête sur le meurtre sordide d’une jeune femme, il lui oppose une fin de non-recevoir.

Mais quand le tueur fait une deuxième victime, Harry change d’avis et décide de s’impliquer dans l’enquête en parallèle avec l’équipe de la criminelle, dirigée par Katrine Bratt, déjà sur l’affaire. Ces meurtres pourraient en effet être liés à une autre affaire, la seule que Harry Hole n’a su résoudre…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Quelle question ! Parce que c’est Jo Nesbo et son flic fétiche, Harry Hole.
Un retour que les fans attendaient / espéraient depuis trois longues années !

Ma chronique

Pour les inconditionnels, dont je suis, l’arrivée d’une nouvelle enquête de Harry Hole est un pur moment de bonheur, mais aussi de questionnement. Sera-t-il toujours à la hauteur ? Comme dans toutes les séries on craint le tome de trop… D’autant que, généralement, une fois la dégringolade amorcée, il est difficile, voire impossible, de remonter la pente.

Ces mêmes inconditionnels savent aussi que les meilleurs romans de la série sont ceux dans lesquels Harry Hole est au plus bas. Du coup forcément quand on découvre notre (ex-)flic préféré sur un petit nuage, on est en droit de douter. Même s’il a incontestablement mérité son petit nuage !

Bon alors cette onzième enquête de Harry Hole est-elle celle qui fera tomber le mythe ? Sans la moindre hésitation, la réponse est NON ! Jo Nesbo et harry Hole signent au contraire un retour gagnant, sans la moindre ombre au tableau.

Une fois de plus Jo Nesbo n’épargne pas son flic préféré, il le malmène sur tous les terrains à la fois (vie privée et vie professionnelle simultanément) ; on aurait presque envie de lui crier de lâcher la bride, de laisser souffler ce pauvre Harry. Presque… Bin oui, sadiques que nous sommes, nous prenons plaisir à voir Harry puiser jusque dans ses ultimes réserves pour se sortir du merdier dans lequel il se trouve.

Heureusement Harry n’est pas seul pour affronter un (?) criminel particulièrement retors. Il pourra non seulement compter sur ces alliés de toujours : Bjorn Holm, Katrine Bratt, Stale Aune ; mais aussi sur de nouveaux alliés potentiels, dont un jeune flic prometteur, Anders Wyller.

Comme d’habitude l’intrigue est parfaitement maîtrisée et dosée, l’auteur distribue des indices tout autant qu’il brouille les pistes. Même si au final on se dit « Bon sang, mais c’est bien sûr ! », force est de constater que, au mieux nous n’avons rien vu venir, au pire nous avons carrément fait fausse route. Une chose est certaine, en refermant le bouquin vous ne pourrez pas nier avoir eu votre dose d’adrénaline.

Chronologiquement l’affaire se situe trois ans après la fin de Police, le précédent opus. Trois années, autant de temps où nous sommes restés sans nouvelle de Harry Hole. Un délai qui permet justement de ménager une zone d’ombre dans laquelle l’auteur peut puiser afin d’y ancrer des éléments clés de son intrigue sans avoir besoin de les rattacher aux romans précédents. Inutile de vous triturer les méninges quant à cette affaire jamais résolue par Harry Hole, elle trouve sa source dans cette fameuse zone d’ombre.

Si Harry Hole se montre toujours perspicace comme enquêteur, il n’en reste pas moins humain et commet des erreurs. Comme tout un chacun, il peut lui arriver de craquer quand tout se casse la gueule autour de lui… On a beau le savoir, ça ne nous empêche pas d’avoir envie de lui mettre des baffes parfois.

Non seulement cette onzième enquête de Harry Hole se montre largement à la hauteur des précédentes, mais en plus le final laisse fortement présager un douzième roman. Reste à savoir combien de temps nous devrons patienter avant d’avoir le plaisir de le découvrir.

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Coup double

 
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Publié par le 20 octobre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jo Nesbo – Du Sang Sur La Glace

J. Nesbo - Du Sang Sur La GlaceLe seul nom de Jo Nesbo sur une couverture suffit à mettre en branle le signal « A LIRE DE TOUTE URGENCE », j’étais d’autant plus curieux de découvrir Du Sang Sur La Glace car c’est son premier roman que je lis en dehors de la série Harry Hole.
Olav est un tueur à gages qui bosse pour Daniel Hoffman, un caïd du milieu à Oslo. Tout va pour le mieux dans son train train quotidien, jusqu’à ce que son patron lui demande d’éliminer son épouse, qu’il soupçonne de lui être infidèle…
La première chose qui frappe le fidèle lecteur de Jo Nesbo est l’épaisseur du bouquin, à peine 160 pages (Police, le dernier tome de la série Harry Hole faisait 608 pages). On va dire que la taille ne compte pas et se focaliser plutôt sur la qualité de la chose que l’on tient entre nos mains.
D’entrée de jeu on ne retrouve pas la griffe de l’auteur dans le style narratif, ça peut être déconcertant au départ. Le récit est à la première personne (raconté par Olav), on peut donc supposer que l’auteur ait pris le parti de se mettre dans la peau de son personnage afin de donner une touche originale et plus de crédibilité à son roman. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un problème de traduction, les trois derniers tomes de la série Harry Hole ont été traduits par trois traducteurs différents qui ont su préserver une continuité dans le style. Je reconnais toutefois que certaines tournures de phrases sont parfois indigestes : « Affaire pour laquelle la police avait déjà un suspect, fut donc à côté de la plaque dès le premier jour… » ; ou encore : « Disait qu’il ne supportait plus la puanteur de la poissonnerie. Aurait sans doute dû peaufiner un peu sa couverture.« .
Une fois n’est pas coutume j’ai commencé par le point négatif, je dis bien LE car c’est le seul bémol que je peux signaler concernant ce bouquin. Même s’il fait un boulot pas franchement honnête on s’attache rapidement au personnage d’Olav. Au-delà du tueur froid et implacable on découvre l’homme ; un homme fragile, timide, doux comme un agneau , plein de rêves et d’illusions. Un homme passionné par les livres malgré le fait qu’il soit dyslexique. On suit avec plaisir son périple de quelques jours dans l’hiver norvégien, mais surtout on croise les doigts pour que les choses se terminent au mieux pour lui.
L’intrigue est bien menée, c’est court mais intense. Un sympathique clin d’oeil au polar noir avec quelques touches d’humour çà et là et même une romance en toile de fond. Bref ça se lit d’une traite et on se régale au fil des pages. Jo Nesbo nous prouve brillament qu’il n’a pas besoin de Harry Hole pour tenir ses lecteurs en haleine.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’auteur s’écarte de Harry Hole, à ce jour il a publié quatre romans isolés en plus de celui-ci, seul Chasseurs De Têtes est disponible en français. Plus surprenant, il a aussi à son actif trois titres jeunesse.
Je sais que Harry Hole aurait déjà amplement mérité sa retraite mais j’ai bon espoir que l’auteur lui réserve encore quelques enquêtes bien tordues. Rien ne semble s’annoncer à l’horizon…

MON VERDICT
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Publié par le 16 avril 2015 dans Bouquins

 

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