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Archives de Tag: Bragelonne

[BOUQUINS] Jack Ketchum & Lucky McKee – Comme Un Chien

AU MENU DU JOUR

J. Ketchum & L. McKee - Comme un chien

Titre : Comme Un Chien
Auteur : Jack Ketchum & Lucky McKee
Editeur : Bragelonne
Parution : 2017
Origine : USA (2016)
264 pages

De quoi ça cause ?

Dans la famille Cross Delia est l’enfant prodige, une star que les sponsors s’arrachent. Et pour les parents la poule aux oeufs d’or, Patricia, sa mère est aussi son manager, elle dirige sa vie d’une main de fer, imposant à sa fille des cadences infernales. Et pourtant Delia ne se plaint jamais, elle trouve son réconfort auprès de Caity, sa chienne, sa meilleure amie.

Et puis un jour c’est l’accident, Delia est gravement brûlée, défigurée. Elle ne doit la vie qu’à l’intervention courageuse de Caity qui n’hésitera à se mettre en danger pour sauver sa jeune maîtresse. La fin d’une carrière prometteuse ? Non ! Pas question que Patricia renonce à ses rêves de grandeur et de fortune ; qu’importent la morale et le bien-être de sa fille…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jack Ketchum (même s’il n’est pas tout seul sur le coup) et que c’est la certitude d’avoir un roman qui envoie du lourd !
Parce qu’il y a un chien (une chienne en l’occurrence). Et qu’elle me semble pleine de ressources et de bienveillance pour protéger sa jeune maîtresse.

Ma chronique

J’ai attaqué ce roman sans avoir lu la quatrième de couverture (ça m’arrive parfois) et force est de reconnaître que dans les premiers chapitres je me suis bien demandé ce qui avait bien pu passer par la tête de Jack Ketchum pour écrire une histoire aussi « insipide » ; pas inintéressante, mais à des années-lumière de ce qu’il nous a proposé jusqu’à maintenant (des récits sombres et violents).

On fait connaissance avec la famille Cross, Delia l’enfant star privée d’enfance, Robbie son frère jumeau qui vit dans l’ombre de cette soeur si célèbre, Bart, le père, un grand enfant qui semble n’avoir que peu d’attaches avec la réalité et Patricia, la mère, qui impose à sa fille des emplois du temps de folie. Toujours à courir après le prochain contrat et le fric qui va avec… Enfin il y a Caity, une chienne bouvier australien de deux ans qui vit une relation quasi fusionnelle avec Delia.

Les jalons sont posés, du côté lumineux, les enfants et le chien, du côté obscur les parents. Basique, mais efficace. Une belle histoire d’amitié entre la jeune star presque malgré elle et sa chienne… certes, mais ce n’est pas vraiment ce à quoi je m’attends en ouvrant un roman signé (et même cosigné) par Jack Ketchum.

Et puis il y a l’incendie qui manquera de peu de tuer Delia. Un accident qui aurait pu ressouder les liens familiaux, mais c’était sans compter sur l’avidité des parents… On sent rapidement que la situation ne peut qu’aller de mal en pis, la noirceur si chère à l’auteur va pouvoir étendre son voile destructeur sur la famille Cross.

Le fossé se creuse inexorablement entre les côtés lumineux et obscurs. Si vous aimez les romans pleins de noirceur nul doute que vous adorerez détester Patricia Cross. Ceci dit vous comprendrez aisément que je ne peux guère m’étendre sur la question.

Les auteurs profitent de leur récit pour sévèrement égratigner certains travers de la société de communication et de consommation d’aujourd’hui. A commencer par le culte de l’enfant star et ces parents qui agissent plus par ambition personnelle (faire de leur gamin ce qu’il n’ont pas réussi à devenir ? Se faire du fric sur le dos de leur gamin ?), les talk-shows outranciers et les émissions de télé-réalité au ras des pâquerettes, mais aussi le comportement de certains journalistes qui se comportent comme les pires des charognards.

Un roman court, mais intense, quand les auteurs décident de passer à la vitesse supérieure ils ne ménagent ni leurs personnages ni leurs lecteurs (la dernière partie du récit est menée à un rythme hallucinant). Un roman lu en quelques heures, impossible de le lâcher avant d’en connaître le dénouement. Mais au-delà du roman noir, l’on peut aussi retenir une formidable histoire d’amitié entre une enfant et sa chienne, même la petite touche fantastique apportée au récit ne fera pas tomber mon enthousiasme.

MON VERDICT
Coup de poing

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Publié par le 16 octobre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jack Ketchum – Morte Saison

AU MENU DU JOUR

J. Ketchum - Morte Saison

Titre : Morte Saison
Auteur : Jack Ketchum
Editeur : Bragelonne
Parution : 2008
Origine : USA
280 pages

De quoi ça cause ?

1981. Dead River, Maine. Afin de pouvoir travailler tranquillement sur un livre, Carla loue une maison isolée au coeur de la forêt. Avant de se mettre au travail, elle invite cinq amis de New-York à venir passer quelques jours dans sa nouvelle demeure. Carla ignore encore que la forêt est le terrain de chasse et de jeu d’une bande de dangereux dégénérés…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jack Ketchum.
Pour patienter jusqu’à la sortie de son prochain roman, Comme Un Chien.

Ma chronique

Après Une Fille Comme Les Autres et Fils Unique, et à quelques semaines de la sortie de son dernier roman, je renoue avec l’univers tourmenté de Jack Ketchum. Comme pour les deux titres précédemment cités l’auteur s’inspire d’un fait divers sordide et non avéré, puisque connu sous le nom de légende de Sawney Bean, légende qui inspira aussi Wes Craven pour la réalisation de son film La Colline A Des Yeux.

Comme l’auteur nous l’explique dans sa postface, l’accouchement fut long et douloureux. Morte Saison est le premier roman de Jack Ketchum ; afin de répondre aux exigences de son éditeur (et accessoirement ménager les futurs lecteurs), l’auteur a dû procéder à de multiples coupes franches et à la réécriture de nombreux passages, pour aboutir à une version édulcorée (pour ne pas dire dénaturée) de son roman. Ce qui n’empêchera pas son éditeur, Ballantine Books, de le présenter comme « l’ultime roman d’horreur » lors de sa publication en 1981.

Déçu par le résultat, Jack Ketchum se lance dans une nouvelle réécriture de son roman afin de lui rendre son âme originelle, les lecteurs devront attendre 1999 pour enfin pouvoir lire Morte Saison dans sa « version non expurgée ».

En France, le roman (version expurgée) a initialement été publié par Fleuve Noir dans sa collection Gore en 1986, sous le titre Saison De Mort. La présente édition (Bragelonne, 2008) permet aux lecteurs français de découvrir cette fameuse « version non expurgée ». Et autant prévenir d’emblée : âmes sensibles s’abstenir ! Une lecture à réserver à un public averti.

Après cette longue introduction, il est temps d’entrer dans le vif du sujet. Attachez vos ceintures, embarquement immédiat pour Dead River…

Après une intro qui nous plonge au coeur de la folie qui hante la forêt de Dead River, Jack Ketchum prend le temps de poser les bases de son intrigue et ses personnages. Les choses sérieuses commencent réellement dans la troisième et dernière partie du bouquin (le troisième jour, à 0h02) ; il en reste alors un peu plus de la moitié à lire.

J’imagine que certains amateurs de littérature horrifique se disent que à peine plus de la moitié du bouquin consacré au genre qu’ils affectionnent ça fait un peu léger, je tiens à vous rassurer : c’est plus que suffisant pour faire vivre aux personnages le pire des cauchemars. Le genre de nuit que tu ne souhaiterais même pas à ton pire ennemi !

En effet Jack Ketchum ne lésine ni sur les moyens ni sur les détails les plus sordides pour régaler les amateurs de sensations fortes. Mais il ne commet pas non plus l’erreur de la surenchère gratuite, où trop de gore tue le gore et où l’effet obtenu est à l’opposé de celui recherché.

L’auteur ne se contente pas de faire couler l’hémoglobine à flots, il pousse le vice en annihilant toute forme d’espoir chez ses « victimes » ; de fait ce bouquin est aussi d’une noirceur absolue.

Paradoxalement, bien que nettement plus trash que Fils Unique ou encore Une Fille Comme Les Autres, j’ai trouvé Morte Saison moins dérangeant. Sans doute parce que, pris dans son ensemble, le roman parait nettement moins réel que les deux autres, mais aussi parce que la violence extrême qu’il déploie est moins « ordinaire » que celle décrite dans ces autres bouquins.

MON VERDICT

Le cadeau bonus n°1

Je ne sais pas si vous avez connu la collection Gore de Fleuve Noir, entre 1985 et 1989 ce sont plus d’une centaine de titres qui ont été publiés. Les amateurs de la littérature horrifique ne pouvaient pas rater ces bouquins en visitant les rayons de leur librairie préférée ; pas tant du fait de la qualité des romans en question, mais surtout par les couv’ aussi kitchissimes que sanguinolentes.

Mon cadeau bonus du jour sera donc la couverture de Saison De Mort, livre n°25 de la collection Gore.

Le cadeau bonus n°2

Il m’a semblé intéressant (mais peut que ça n’intéresse que moi) de vous proposer un petit comparatif entre la version expurgée du roman (Saison De Mort) et sa version non expurgée (Morte Saison).

J’ai volontairement choisi un passage relativement neutre qui, à mon sens, ne méritait pas de subir les foudres de la bien-pensance hypocrite de l’éditeur. Je précise que les deux versions n’ont pas été traduites par la même personne (Annie Frezouls pour Saison De Mort et Benoît Domis pour Morte Saison).

Les passages les plus trash restent éprouvant même dans leur version expurgée, la version non expurgée est plus généreuse en détails sordides. Là où Saison De Mort offre une petite lueur d’espoir final, Morte Saison exprime au contraire toute sa noirceur assumée…

Fin du chapitre 15 h 00 de la seconde partie.

Saison De Mort (1986)

Il soupira. De toute façon, quel qu’ait pu être l’agresseur de cette fille, il devait être loin à présent. Ils ne l’attraperaient jamais.

Morte Saison (2008)

Il soupira. À cette heure-ci, celui ou celle qui avait agressé la jeune femme pouvait déjà s’être réfugié au Canada. Il espéra qu’elle serait bientôt en mesure de parler. Dans le cas contraire, il serait trop tard. Ils ne l’attraperaient jamais.
Il repensa aux crabes. Le crabe : une des formes de vie les plus anciennes. Avec le requin et le cafard. Pendant toutes ces années, il n’avait pas eu à apprendre en quoi le monde avait changé ; rien d’autre ne traversait son esprit que son prochain repas. Une forme de vie simple et brutale. Comment pouvait-on manger ces bestioles ! Bien sûr, les touristes adoraient le crabe frais. Mais les touristes étaient complètement idiots. Pas Peters. Il avait grandi dans cette région.
Un crabe n’était rien d’autre qu’un charognard. Une créature qui se nourrissait des morts ou – dans le cas présent – des mourants. Comme un vautour. Il faillit frémir à la pensée de ces pinces sur la victime. Mais ce n’était pas son genre. Il avait plutôt tendance à hausser les épaules et à dire : « C’est la vie. » Comme toute créature, le crabe avait probablement trouvé sa funeste petite place en ce bas monde.

 
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Publié par le 22 août 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Mats Strandberg – Le Ferry

AU MENU DU JOUR

M.. Strandberg - Le Ferry

Titre : Le Ferry
Auteur : Mats Strandberg
Editeur : Bragelonne
Parution : 2017
Origine : Suède (2015)

De quoi ça cause ?

Le Baltic Charisma est un ferry qui assure régulièrement la liaison entre la Suède et la Finlande, une traversée de 24 heures, dont une nuit au cours de laquelle de nombreux passagers se permettent quasiment tous les excès. Mais cette nuit-là, la croisière va se transformer en cauchemar pour les mille deux cent passagers du ferry…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La couv’ : ce couloir ensanglanté m’est instantanément apparu prometteur.

L’accroche : « La vague de terreur qui a balayé la Suède »
Je sais que parfois (souvent) c’est un piège à con ce truc, mais il n’empêche que ça fait encore son effet (ça doit être truc subliminal).

La quatrième de couv’ : une fois n’est pas coutume, elle est d’une remarquable sobriété.
Le mystère reste entier quant à la menace qui plane sur le ferry et ses passagers.

Ma chronique

Au vu de la couv’ sanguinolente et de la sobriété (bienvenue) de la quatrième, il me tardait de découvrir ce qui allait transformer une croisière plutôt routinière en un véritable bain de sang. Toutes les options restaient envisageables : tueur en série, terroristes, virus, bestiole(s) pas sympa(s) et affamée(s) ou tout autre genre de monstruosité. Pour ma part j’ai compris ce à quoi l’on aurait à faire dès la première rencontre avec ces « deux passagers comme il n’en est encore jamais monté à bord sont présents« .

Chroniquer ce bouquin a quelque chose de frustrant, il ne faut surtout pas se montrer trop loquace, au risque de lever le voile sur ce mystère. Et du coup ça va m’obliger à faire court…

Le roman se décline sous la forme de chapitres POV (Poinf of View). Chaque chapitre nous fait vivre l’intrigue du point de vue d’un personnage. Une forme narrative popularisée par la saga Le Trône De Fer de George R.R. Martin.

Les personnages sont nombreux, il faut le temps de se familiariser avec chacun histoire de les recadrer aisément. Mats Strandberg prend justement le soin de faire monter la pression lentement, de fait le lecteur n’est jamais embrouillé à se demander qui est qui ou qui fait quoi.

Je ne vais pas m’appesantir sur chacun, disons simplement qu’il y en a des sympathiques, des moins sympathiques et des franchement méprisables. Mais le plus souvent nul n’est tout blanc ou tout noir, un peu comme dans la vraie vie en fait.
J’ai un un faible pour Albin et Lo (même si au départ elle est un peu tête à claques, une ado quoi !), deux enfants confrontés à un monde d’adultes qui se délitait déjà avant même que les choses ne virent au cauchemar.

Comme indiqué plus haut, l’auteur opte pour un rythme de diesel. Il prend le temps de poser son cadre et ses personnages avant de répandre çà et là quelques gouttes d’hémoglobine. Loin d’être ennuyeuse, cette relative lenteur tendrait plutôt à faire monter l’angoisse, on attend avec une certaine appréhension le moment où la machine va s’emballer et où tout va aller de mal en pis. Parce qu’inévitablement, la situation ne peut que dégénérer et empirer.
Et effectivement quand la situation devient ingérable l’auteur change radicalement de rythme. Le bouquin devient hautement addictif, plus moyen de le lâcher avant de connaître le fin mot de l’histoire.

Un roman à réserver aux lecteurs qui ont le coeur bien accroché, l’hémoglobine coule à flots et l’auteur ne lésine pas sur certaines descriptions ; tout ce qu’il faut pour faire un bon récit horrifique à huis clos, les amateurs du genre apprécieront… les autres passeront leur chemin… ou vomiront leur quatre-heures et leur minuit aussi (merci à Renaud, à qui j’emprunte sans vergogne cette expression).

Un petit bémol pour finir, sur la forme davantage que sur le fond. J’ai parfois rencontré quelques lourdeurs dans le style et une typographie un peu anarchique. Je ne sais pas si la faute en incombe à l’auteur ou à la traductrice. Rien de franchement rédhibitoire, mais suffisant pour faire tiquer le maniaque que je suis.

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Publié par le 19 juillet 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Gillian Anderson & Jeff Rovin – Rêves De Glace

G. Anderson & J. Rovin - Rêves de glaceAu menu du jour le second opus de la trilogie Earthend écrite par Gillian Anderson et Jeff Rovin, Rêves De Glace. Un choix motivé par la sortie, dans les jours à venir, du troisième et dernier volume.
Caitlin O’Hara ne comprend toujours pas ce qui la lie à l’ancienne cité de Galderkhaan, mais quand Jacob commence à se comporter étrangement, comme possédé par un esprit galderkhaani, elle sait qu’elle doit trouver rapidement des réponses à ses questions…
J’ai abordé cette trilogie sans grande conviction, plus par curiosité qu’autre chose, mais au final le premier opus, Visions De Feu, a su faire vibrer les bonnes cordes de ma sensibilité littéraire. Il me tardait donc de découvrir la suite, d’autant que beaucoup de questions restaient sans réponse.
J’avoue sans complexe avoir trouvé le début de ce second tome un tantinet poussif, alors que dans le précédent Caitlin O’Hara acceptait plutôt bien et (trop ?) facilement ce çà quoi elle était confrontée, ici elle est en proie à beaucoup de questionnements et de longues phases d’introspection.
« Elle était une scientifique dans l’âme, qui ne tirait ses conclusions qu’au terme d’une série de vérifications rationnelles. À présent, elle devait se forcer à s’aventurer en terrain inconnu sans cartes ni guide auxquels se raccrocher. »
Que les auteurs consacrent quelques pages aux états d’âme de Caitlin n’est pas un problème, au contraire ça renforce même la crédibilité du personnage, mais point trop n’en faut. Au bout d’un certain temps ça devient redondant, voire même soporifique (pour rester poli).
Heureusement Mikel Jasso, l’agent de terrain de l’Explorers Group, vient sortir le lecteur de sa torpeur avant que la léthargie ne le gagne. Il s’en est fallu de peu ! Il faut dire que pour Mikel le temps n’est pas aux questions mais à l’action, il est à l’origine d’une découverte majeure dont il est encore loin de mesurer toutes les implications.
Une fois que le récit se décante le rythme est maintenu sans faiblir ; même Caitlin, mue par l’urgence face à la menace qui pèse sur Jacob, va prendre activement part à l’intrigue. L’intrigue se focalise donc tour à tour sur ses trois acteurs majeurs, Caitlin et Mikel, mais aussi Flora Davies, la directrice du Groupe. Décidément pas de bol pour Ben, qui est, une fois encore, laissé en retrait.
Une intrigue qui peut parfois sembler complexe, notamment quand ça concerne Galderkhaan, mais une lecture attentive, avec une pause de temps en temps, quand vous entez que vous lâchez prise, et vous vous laisserez guider par les auteurs.
Est-il besoin de préciser qu’une fois ce second opus refermé vous n’aurez qu’une hâte : vous plonger dans le troisième et dernier volume de la saga ? Il faut dire que la fin nous laisse clairement sur notre faim quant à la suite des événements.

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Publié par le 14 mars 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Boyd Morrison – La Vague

B. Morrison - La vagueCa faisait déjà un moment que cet auteur me faisait de l’oeil avec sa tétralogie Tyler Locke mais j’ai pensé qu’un one-shot serait un bon moyen de faire connaissance, le hasard (et la carte bleue) faisant bien les choses, La Vague vient tout juste de sortir chez Bragelonne.
L’archipel d’Hawaï est menacé par un méga-tsunami. Kai Tanaka, directeur du Centre d’Alerte Tsunami du Pacifique basé à Honolulu dispose de peu de temps pour donner l’alerte et sauver un maximum de vies. L’Île Christmas ne répond plus, sans doute rasée par une vague que rien ne semble pouvoir arrêter. En plus de la population de l’archipel, Tanaka doit aussi s’assurer que sa famille est hors de danger…
Pfft j’suis trop vieux pour ces conneries ! Non mais c’est vrai quoi, mon palpitant n’est plus de première fraîcheur. Et je ne vous parle même pas de ma tension. Et l’autre là, le Boyd Morrison, se permet de malmener tout ce petit monde sur plus de 400 pages sans jamais leur accorder le moindre répit. Histoire d’enfoncer le clou, ce petit saligaud ne nous fait même pas grâce d’un happy end… Sadique !
J’ai abordé ce bouquin comme un divertissement rythmé mais hautement improbable, quelle erreur ! On est dans le même registre que Extinction de Matthew Matter (chez Bragelonne aussi, chroniqué ici), à savoir un scénario catastrophe certes extrême mais malgré tout possible. Le tout servi par une intrigue richement documentée (sans jamais sombrer dans le didactique soporifique) menée à un rythme ahurissant. Il faut dire que l’action se joue en moins de 4 heures, pas le temps de souffler entre deux chapitres, ni même entre deux pages. Quand j’vous dis qu’il vous mettra les nerfs en pelote, ce n’est pas du bluff.
Avec le personnage de Kai Tanaka on trouve un personnage ordinaire confronté à une situation extraordinaire, et pour couronner le tout il va se retrouver déchiré entre sa conscience professionnelle (dont dépend la vie des habitants de l’archipel) et ses sentiments personnels (sa femme et sa fille sont directement exposées au tsunami), déchirement qui s’achèvera sur un choix cornélien des plus déchirant.
Au cours de son périple au milieu d’un Honololu dévasté par la nature en furie, il croisera des alliés, des victimes dépassées par les événements, mais aussi des connards de première qui ne pensent qu’à sauver leur petite gueule de minable et des inconscients qui se fichent éperdument de l’alerte. Des rencontres qui malheureusement ne que trop vraies dans ce genre de situation, il y en a toujours qui vont se persuadés d’être plus important que les autres ou pire, invulnérables face aux éléments déchaînés.
Je ne sais pas si tout est scientifiquement rigoureusement exact, ni si tout est humainement réalisable mais honnêtement je m’en fous, l’essentiel étant que l’ensemble passe comme une lettre à la poste et sur ce point le challenge est relevé haut la main.
Pas étonnant qu’un bouquin basant son intrigue sur un tsunami face souvent référence à celui qui a frappé l’Asie du Sud Est en 2004, avec 225 000 victimes il s’agit du phénomène le plus meurtrier de tous les temps. Par contre j’ai été surpris que celui de 2011, au Japon (18 000 victimes mais aussi et surtout à l’origine d’un accident nucléaire de niveau 7) ne soit jamais mentionné. Un coup d’oeil à la page du copyright répond à la question, le roman a été publié en version originale en 2009, puis réédité en 2010 (c’est le second roman de l’auteur, le premier étant encore inédit en français) ; il aura fallu attendre 2016 et le succès de la série Tyler Locke (du même auteur, chez Bragelonne) pour qu’une version française voit enfin le jour.
J’adore ces bouquins qui vous laissent groggy une fois la dernière page tournée, à ce titre La Vague fait vraiment très fort, tellement addictif que je l’ai dévoré d’une traite. Il ne me reste plus qu’à dépoussiérer mon Stock à Lire Numérique afin de me pencher sur le cas Tyler Locke.

MON VERDICT
jd5Coup double

 
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Publié par le 4 août 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Gillian Anderson & Jeff Rovin – Visions De Feu

G. Anderson & J. Rovin - Earthend 1C’est curieux mais pas franchement convaincu que je me suis lancé dans Visions De Feu, premier opus de la trilogie Earthend, signé à quatre mains par Gillian Anderson et Jeff Rovin.
Alors que la tension monte dangereusement entre l’Inde et le Pakistan autour du Cachemire, le Dr Caitlin O’Hara est appelé au chevet de la fille de l’ambassadeur Pawar, Maanik. Témoin d’une tentative d’assassinat contre son père, la jeune fille a des absences de plus en plus fréquentes. Caitlin O’Hara réfute rapidement le stress post traumatique, mais pour aider Maanik elle va devoir renoncer à toutes ses certitudes…
Au final la surprise fut plutôt bonne même si ce n’est certainement LE livre de l’année, l’intrigue est maîtrisée, ça commence en douceur (mais sans longueurs) pour gagner progressivement en intensité et en rythme. Mes doutes initiaux ont été rapidement balayés et j’ai pu profiter pleinement du roman.
Un thriller ésotérique fortement imprégné de fantastique (les tomes suivants devraient l’être encore davantage), laissez au vestiaire la part cartésienne de votre esprit et laissez vous guider par les auteurs. La ballade vaut le détour.
J’ai bien aimé le personnage de Caitlin, une femme ordinaire confrontée à une situation extraordinaire, une scientifique confrontée à une réalité qui défie toute logique et rigueur scientifique. Docteur en psychologie spécialisée dans les enfants et adolescents en difficulté, elle s’investit pleinement dans un boulot au service des autres. Idem dans sa vie personnelle, séparée de son ex, elle élève seule un petit garçon sourd ; une relation fusionnelle unit la mère et son fils.
Dommage que les autres personnages paraissent un peu fades au vu de l’attention portée à Caitlin. Je pense notamment à Ben, ami et complice de Caitlin, qui va se retrouver impliqué jusqu’au cou dans ce dossier. Il aurait mérité une personnalité un peu moins floue.
Puisque j’en suis aux bémols autant continuer sur ma lancée. J’ai trouvé que plusieurs dialogues manquaient de naturel ; mais c’est peut être juste une question de ressenti personnel. En tout état de cause ce n’est pas comme ça que je réagirai face à la même situation.
Ceci dit, et je le répète, le bouquin mérite que l’on s’y attarde. Le style sans fioritures permet de plonger en totale immersion dans le récit. De par sa construction l’intrigue transforme vite le roman en un véritable page-turner tant l’envie de connaître la suite se fait pressante.
Une mise en bouche réussie qui me donne envie de découvrir le second opus, Rêves De Glace. Beaucoup de questions restent en effet en suspend ; notamment concernant le mystérieux Groupe. J’espère juste que le troisième et dernier tome ne tardera pas trop à sortir et à être traduit.
Pour conclure, et faire taire les mauvaises langues, Gillian Anderson n’a pas fait office de prête nom dans la conception de la trilogie, elle s’y est investie à fond et a activement participé à sa rédaction. Une collaboration efficace et réussie.

MON VERDICT
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Publié par le 3 juin 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Barry Lancet – Japantown

B. Lancet - JapantownJe reste dans l’exotisme mais nettement plus contemporain avec Japantown de Barry Lancet, un thriller publié chez Bragelonne qui se déroule entre San Francisco et Tokyo.
Jim Brodie, antiquaire et détective privé, est appelé sur un scène de crime; Sur place, cinq morts, trois adultes et deux enfants, massacré à l’arme automatique. Pas de témoin, pas d’indice, hormis un kanji qui renvoie Brodie cinq ans en arrière. Le même kanji avait été trouvé sur les lieux de l’incendie dans lequel sa femme a péri ; à l’époque la police avait conclu à un accident. Ce mystérieux kanji pourrait bien relancer l’affaire, au moins pour Brodie…
Barry Lancet signe là son premier roman et introduit le personnage de Jim Brodie, qui sera aussi le héros de son second roman Tokyo Kill. Comme son personnage, l’auteur a vécu au Japon et a épousé une japonaise qui n’a, heureusement, pas connu le même sort que la femme de Jim Brodie. De fait il a eu le temps de s’imprégner de la culture et de l’Histoire du pays du soleil levant, ce que l’on ressent pleinement à la lecture de ce roman.
Toutefois ne vous attendez à une promenade zen dans les rues de San Francisco et de Tokyo ; attachez votre ceinture ça va secouer ! Dès les premières pages l’auteur affiche la couleur, il vous plonge au coeur de l’action et ça va aller crescendo sans une minute de répit. Une intrigue menée à toute berzingue et truffée de rebondissements, rien à redire Barry Lancet maîtrise les bases qui permettent de concocter un thriller haut de gamme.
Outre l’intrigue ce bouquin repose aussi sur les épaules de Jim Brodie. Curieux mélange d’antiquaire spécialisé dans l’art asiatique et de détective privé, occasionnellement appelé comme consultant pour le SFPD. Il élève seul sa fille de six ans, sa seule famille. Un type posé à qui il vaut mieux ne pas chercher de noises, le bonhomme étant adepte des arts martiaux (karaté, judo et taekwondo… avec un soupçon de combat de rue) et excellent tireur. Présenté comme ça on serait tenté de supposer que nous sommes en présence d’un énième détective indestructible dont raffole la littérature policière américaine ; que nenni ! Brodie est bien plus complexe et surtout profondément humain.
D’autre part Brodie n’est pas du genre à foncer tête baissée seule contre tous, il a bien conscience d’être encore novice en matière d’enquêtes sur le terrain. A San Franciso il peut compter sur le soutien du SFPD, et notamment celui du lieutenant Renna qui, au fil du temps, est devenu un véritable ami. A Tokyo, c’est toute l’équipe de Brodie Security qui assurera ses arrières ; d’autant qu’il fait équipe avec Noda, détective en chef de l’agence tokyoïte.
L’enquête va pousser Brodie à se frotter à Soga, une organisation criminelle de grande envergure qui forme et utilise des la crème de la crème des tueurs, pour le compte de richissimes clients ou pour protéger son anonymat. Organisation heureusement fictive…
Un thriller parfaitement maîtrisé, passionnant et hautement addictif. Il ne fait aucun doute que je lirai Tokyo Kill prochainement et que j’aurai plaisir à retrouver Jim Brodie.

MON VERDICT
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Publié par le 14 septembre 2015 dans Bouquins

 

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