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[BOUQUINS] Alan Moore & Dave Gibbons – Watchmen

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Titre : Watchmen
Scénario : Alan Moore
Dessin : Dave Gibbonx
Éditions : Urban Comics / DC Comics
Parution : Delcourt (1998) / Urban Comics (2012)
Origine : États-Unis (1986)
464 pages

De quoi ça cause ?

Quand le Comédien, justicier au service du gouvernement, se fait défenestrer, son ancien allié, Rorschach, mène l’enquête. Il reprend rapidement contact avec d’autres héros à la retraite dont le Dr Manhattan, surhomme qui a modifié le cours de l’histoire. Alors qu’une guerre nucléaire couve entre les USA et l’URSS, tous s’interrogent : qui nous gardera de nos Gardiens ?

Ma Chronique

J’avais lu il y a quelques années ce roman graphique signé Alan Moore et Dave Gibbons, cette nouvelle édition (intégrale des 12 épisodes suivie d’une cinquantaine de pages de bonus sur la genèse de Watchmen et ses personnages) est l’occasion de redécouvrir l’incroyable richesse de ce récit.

Initialement diffusé aux États-Unis au rythme d’un épisode mensuel entre septembre 1986 et octobre 1987 pour DC Comics, le public français devra attendre 1992 pour découvrir la série proposée en 6 tomes par les éditions Zenda. Toutefois ce sont les éditions Delcourt et leur édition intégrale proposée en 1998 qui lancera vraiment le phénomène Watchmen en France.

Jamais le terme roman graphique n’aura été aussi approprié, Watchmen est bien plus qu’une BD améliorée. Déjà par l’épaisseur de la chose (plus de 460 pages et plus d’un kilo six… bien que possédant la version papier je me suis rabattu sur une édition numérique en haute définition).  Mais c’est surtout la richesse et la densité de l’intrigue qui place Watchmen et le scénario imaginé par Alan Moore à la hauteur de meilleurs romans d’anticipation.

Alan Moore voulait proposer une histoire du super-héros qui se détache de l’univers de DC Comics et qui offrirait une approche totalement inédite. Un pari qu’il remporte haut la main et qui lui laisse une totale liberté d’action dans « son » monde.

C’est dans notre monde qu’il situe son intrigue, mais un monde revisité par une approche à la fois uchronique et dystopique. L’intrigue débute en 1985 aux États-Unis – les USA ont gagné la guerre du Vietnam, le président Nixon a modifié la constitution afin de pouvoir se faire réélire encore et encore –, les tensions avec la Russie sont à leur apogée, à tel point que le monde est aux portes d’un conflit nucléaire.

Une loi votée en 1977 interdit l’action des justiciers masqués. Seuls deux d’entre eux continuent malgré tout d’œuvrer. Le Comédien officie pour le compte du gouvernement, tandis que Rorschach agit dans l’ombre, en totale illégalité. Les autres ont rangé leurs costumes, plus ou moins désabusés.

Ladite loi ne s’applique pas à Dr Manhattan, le seul véritable super-héros du roman aux pouvoirs quasiment illimités. Il faut dire que Dr Manhattan fait partie intégrante de la force de dissuasion face à la menace soviétique.

Alan Moore revisite le mythe du justicier en y incorporant une grosse dose d’humanité. Ses personnages sont tourmentés (pour ne pas dire torturés pour certains), ils doutent et se remettent en question (la légitimité de leur action… ou de leur inaction), ils éprouvent des sentiments 100% humains et les assument à 100%.

Pour l’anecdote, au départ Alan Moore souhaitait utiliser des personnages créés dans les années soixante par Charlton Comics. Pour des questions de droits il renoncera à son idée, se contentant de s’inspirer des personnages de Charlton pour créer les siens.

L’intrigue va donc s’articuler autour de l’enquête de Rorschach et consorts, mais aussi sur l’étendue progressive de la situation internationale qui devient de plus en plus explosive. De nombreux flashbacks viendront mettre ne lumière le passé des personnages. Ajoutez à cela une histoire de pirates qu’un jeune lit devant le kiosque d’un marchand de journaux. Histoire dessinée par un graphiste porté disparu depuis quelques années, comme d’autres figures majeures du monde culturel.

Vu comme ça c’est clair que ça peut paraître un peu décousu, et parfois ça le sera à la lecture, mais soyez assuré que Alan Moore n’a rien laissé au hasard. De même aucun élément de son intrigue n’est là pour combler un vide, chaque est à s place, là où il faut, quand il le faut.

Chacun des douze chapitres se termine par quelques pages de bonus (extraits du journal de Rorschach, coupures de presses, notes diverses…) qui viennent encore étoffer le contexte ou les personnages.

Le dessin de Dave Gibbons sert parfaitement le scénario imaginé par Alan Moore, le trait est fin et précis, il joue habilement avec la luminosité et les contrastes.

Cerise sur le gâteau, Urban Comics a renoué avec la traduction originale de Jean-Patrick Manchette. En effet depuis 2007 la traduction avait été révisée à la demande de Panini… Un choix plus que discutable à en juger par la réaction de nombreux fans. Ne connaissant que la version de Jean-Patrick Manchette, je ne me prononcerai pas sur le sujet, mais je peux tout de même affirmer que le texte est un régal à lire.

Après plus de 400 pages on pourrait être tenté de parcourir en diagonale les bonus inédits proposés par cette intégrale ; ça n’a pas été mon cas et je n’ai aucun regret, c’est presque aussi captivant de découvrir la genèse du projet et de ses personnages que de lire le bouquin.

Watchmen reste une œuvre culte totalement intemporelle. Je ne mentirai pas en vous disant que j’ai encore plus apprécié ce bouquin à l’occasion de cette redécouverte que lors de ma première lecture, question de maturité sans doute… Un must have pour tout amateur d’anticipation, je suis convaincu que ce bouquin saura convaincre même les plus réticents face à un support graphique.

MON VERDICT

Coup double

PS : vous vous demandez peut-être pourquoi j’ai décidé de relire ce bouquin alors que mon Stock à Lire Numérique déborde de toutes parts (si vous vous en foutez comme de l’an mil, je ne vous en voudrais pas).
D’une part parce qu’on m’a offert cette intégrale Urban Comics et que je m’étais promis de relire Watchmen pour en proposer une chronique à la hauteur de ce qu’il est (tout en restant le modeste rédacteur / blogueur que je suis).
D’autre part parce que je me suis offert Doomsday Clock, un roman graphique édité par Urban Comics qui fait le pari audacieux de combiner les univers de Watchmen et ceux des classiques de DC Comics (Superman, Batman…).

 
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Publié par le 16 août 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Alan Moore & Brian Bolland – Batman – Killing Joke

AU MENU DU JOUR


Titre : Batman – Killing Joke
Scénario : Alan Moore
Dessin : Brian Bolland
Éditeur : DC Comics / Urban Comics
Parution : 1989, éditions Delcourt
Réédition version anniversaire chez Urban Comics en 2014
Origine : Etats-Unis (1988 / 2008)
64 pages

De quoi ça cause ?

Une fois de plus le Joker s’est évadé d’Arkham, pour son grand retour sur le devant de la scène il a décidé de frapper fort. Il se rend chez le commissaire Gordon, tire sur sa fille Barbara alors qu’elle lui ouvre la porte et enlève Gordon.

Batman va tout mettre en œuvre pour tirer son vieil ami des griffes du psychopathe.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’il paraît que c’est un incontournable du Batverse ; comme je ne connaissais pas l’album j’ai voulu enrichir ma batculture…

Ma Chronique

Commençons par une remarque sur la forme avant d’entrer dans le vif du sujet. Cet album, édition anniversaire (aussi appelée DC Deluxe), est disponible en deux versions, l’une en noir et blanc (fidèle à l’album original) et une autre entièrement colorisé par Brian Bolland. J’ai les deux versions en stock et même si le trait N&B de Bolland est sublime, j’ai finalement opté pour la version colorisée.

À défaut de connaître l’album je suis familier de l’univers d’Alan Moore, scénariste du cultissime Watchmen (que je dois impérativement relire avant de vous proposer une chronique à la hauteur de l’œuvre), mais aussi de V For Vendetta, La Ligue Des Gentlemen Extraordinaires, Constantine ou encore From Hell.

J’en vois déjà quelques-uns (si, si… là-bas, au fond à gauche) soupirer d’aise avant de se vanter d’avoir vu les films… Taisez-vous malheureux ! Ne parlez surtout pas des adaptations cinématographiques de son œuvre à Alan Moore, il n’y a rien de mieux pour le faire sortir de ses gonds. Vous verrez alors ses yeux se révulser, une écume verdâtre sourdre au point des lèvres…

Alan Moore évoque rarement son travail sur Killing Joke, il faut pourtant bien avouer que son histoire est bien ficelée et met parfaitement en exergue la folie du Joker et l’opposition / attraction entre lui et Batman. Force m’est toutefois de constater qu’après The Dark Knight Returns, on se retrouve dans une intrigue plus classique du Batverse et surtout nettement moins étoffée. D’un autre côté Frank Miller a pu s’épancher sur 240 pages alors que ce pauvre Alan Moore a dû se contenter d’une cinquantaine de pages. Et il s’en tire fichtrement bien mais on aurait apprécié que certains points soient plus étoffés.

Le dessin de Brian Bolland est juste irréprochable, qu’il s’agisse des personnages (son travail sur les mimiques du joker est exceptionnel) ou des décors. Là encore on aurait aimé une petite rallonge au niveau du nombre de pages afin d’exploiter au mieux l’aspect lugubre de ce parc d’attractions à l’abandon qui sert de repaire au Joker et à ses freaks.

Ce qui m’a motivé à opter pour la version colorisée de l’album sont les flashbacks qui nous font (re)découvrir la genèse du personnage du Joker. Ils sont tout en nuances de gris avec quelques touches de couleur (essentiellement dans les tons rouges) qui donnent plus d’impact aux images.

Pour ce qui est de l’intrigue actuelle de l’album, Brian Bolland opte pour une palette plutôt sombre qui colle parfaitement au scénario d’Alan Moore.

Un seul mot me vient pour qualifier le final de cet album : brillant ! Les lecteurs sont libres de l’interpréter comme ils l’entendent, soit Batman agit « dans les règles », suivant les recommandations du commissaire Gordon, soit il opte pour une solution plus définitive.

Cette version anniversaire s’ouvre sur une préface de Tim Sale (un illustrateur du Batverse et plus généralement de l’univers DC Comics) et se termine (ou presque) par une postface de Brian Bolland. Deux textes qui nous en apprennent un peu plus sur la genèse de cet album.

J’ai indiqué que la postface termine presque le présent album parce qu’elle est suivie par une histoire inédite d’une dizaine de pages, Un Parfait Innocent, qui nous fait partager le délire d’un jeune gars plutôt sympa qui rêve de faire le mal une fois dans sa vie, mais de taper haut et fort avant de retrouver une vie normale.

Je pense que si j’avais lu Killing Joke avant The Dark Knight Returns j’aurai peut-être été plus enthousiaste sur ma note finale amis là malgré une intrigue rondement menée ça a vraiment goût de trop peu.

MON VERDICT

Version N&B

Version colorisée

 
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Publié par le 29 juillet 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Frank Miller – Batman – The Dark Knight Returns

AU MENU DU JOUR


Titre : Batman – The Dark Knight Returns
Scénario et dessin : Frank Miller
Éditeur : DC Comics / Urban Comics
Parution : 1987 (2 volumes, éditions Aedena)
Réédition en un volume chez Urban Comics (2013)
240 pages

De quoi ça cause ?

Après dix ans de retraite volontaire, Bruce Wayne endosse de nouveau le costume de Batman alors qu’un gang fait régner la terreur sur Gotham.

Un retour diversement apprécié par le public et les médias, certains saluent le retour du justicier alors que d’autres demandent qu(‘il soit considéré comme un hors-la-loi.

Ma chronique

Gamin j’ai bouffé du super-héros à toutes les sauces avec les illustrés Marvel (Strange notamment) ; j’ai toujours eu une nette préférence pour les univers et les personnages développés par Marvel plutôt que ceux de son éternel rival, DC Comics. A l’exception toutefois du personnage de Batman pour son côté dark parfaitement assumé.

J’ai découvert l’album The Dark Knight Returns dans les années 90, attiré à la fois par le pitch que par son auteur, Frank Miller. Il faut dire que je venais de lire le premier opus de Sin City et que le comics m’avait laissé sur le cul.

En s’attaquant à Batman sur un angle totalement novateur (c’est un Bruce Wayne quinquagénaire pas franchement au top de sa forme qui reprend du service) et en optant pour un ton résolument noir, Frank Miller apporte une réelle maturité au personnage et à l’univers de l’homme chauve-souris. L’album devrait davantage séduire un public adulte (et jeune adulte) que les jouvenceaux (je n’ai pas dit puceaux) en quête de sensationnel.

On découvre un Batman plutôt vindicatif dans sa façon de rendre justice, il répond à la violence par la violence et frappe pour faire mal malgré son âge. Solitaire depuis la mort de Jason Todd (Robin, assassiné par le Joker), Bruce Wayne peut toutefois compter sur le soutien indéfectible d’Alfred, son fidèle majordome. Et plus tard sur l’apparition quasi providentielle d’une nouvelle Robin (oui, vous avez bien lu, c’est une femme, Carrie Kelley, qui endossera le costume de Robin). Bien sûr le commissaire Gordon, aux portes de la retraite, l’un des seuls à connaître la véritable identité de Batman, sera lui aussi au rendez-vous.

Il faut bien avouer que notre justicier masqué va avoir des journées bien chargées. Dans la première moitié du récit Batman va s’acharner à mettre un terme aux agissements du Gang des Mutants qui menace de mettre Gotham à feu et à sang.

Au fil des pages Batman croisera de vieilles connaissances, qu’il s’agisse de Harvey Dent (Double-Face) ou de son plus célèbre ennemi, Le Joker. Mais il devra aussi compter avec d’autres héros de l’univers DC Comics tels Green Arrow (Oliver Queen) et Superman (Clark Kent). Il faut dire que l’intrigue s’enrichit progressivement de nombreuses autres dimensions (au-delà de la problématique des Mutants).

Pour sa narration, Frank Miller se place au plus près de ses personnages, notamment Batman et le comissaire Gordon, deux héros d’un autre temps qui ont bien du mal à lâcher prise et sont plus que jamais en proie au doute.

L’intrigue est entrecoupée de débats télévisés autour du retour de Batman et de la façon dont il doit être considéré. Une façon pour l’auteur de dénoncer le poids et l’influence des médias dans la société contemporaine.

Un album qui revisite brillamment le mythe et a donné un second souffle au personnage de Batman. Frank Miller poursuivra l’aventure Batman avec deux autres albums qui n’ont pas la même intensité que celui-ci, pour tout dire leur lecture est même parfaitement dispensable.

Incontestablement The Dark Knight Returns est une œuvre majeure du batverse, c’est en tout cas l’avis partagé par de nombreux inconditionnels de l’homme chauve-souris qui citent deux titres indispensables à l’univers de leur héros préféré : The Dark Knight Returns et Killing Joke (avec Alan Moore au scénario et Brian Bolland au dessin).

MON VERDICT

 

 
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Publié par le 4 juin 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Mary Shelley / Sergio Sierra / Meritxell Ribas Puigmal – Frankenstein

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Frankenstein

Titre : Frankenstein
Scénario : Sergio A. Sierra (d’après l’œuvre de Mary Shelley)
Dessin : Meritxell Ribas Puigmal
Éditeur : Petit à Petit
Parution : 2009
Origine : Espagne
96 pages

De quoi ça cause ?

Victor Frankenstein, un scientifique, est secouru par un équipage alors qu’il gisait inanimé sur un traîneau perdu sur la banquise Arctique. Quand il reprend connaissance, il raconte son incroyable histoire au commandant Walton, son sauveur…

Ma Chronique

Après Dracula de Bram Stoker, c’est un autre classique incontournable de la littérature horrifique et gothique que je redécouvre au format BD, au tour du Frankenstein de Mary Shelley de passer l’épreuve des cases et des bulles.

Le roman de Mary Shelley, publié en 1818 et révisé en 1831, est une œuvre majeure de la littérature. Comme le Dracula de Bram Stoker, il a fait l’objet de nombreuses adaptations sur des supports divers et variés, mais c’est indéniablement le physique et les traits de Boris Karloff qui s’imposent dans l’imaginaire collectif quand il est question de la créature créée par Victor Frankenstein.

Et dire qu’à la base le roman est né d’un simple défi lancé par un groupe d’amis qui s’emmerdait lors d’un séjour sur les rives du lac Léman (c’est d’ailleurs le scénario qui sert de base au film Gothic de Ken Russell). Trêve de bavardages inutiles et de futiles digressions, revenons à nos moutons.

Le mouton en question étant la présente adaptation graphique de Frankenstein. Une adaptation qui respecte scrupuleusement la construction du roman dans son découpage (le courrier de Walton, le récit de Victor Frankenstein, le récit de la créature, retour à Victor et clap de fin avec Walton) et le déroulé de l’intrigue.

Le dessin très sombre (fond noir pour des illustrations en noir et blanc, comme dessinée à la craie) est parfaitement adapté à l’histoire et vient en renforcer la noirceur. J’ai davantage était dérangé par le côté artificiel des personnages, ayant parfois l’impression d’avoir à faire à des figurines plus qu’à de véritables individus (OK, je sais que ce sont des dessins et non de vrais gens), un ressenti encore plus flagrant quand on est en présence de la créature qui manque franchement de « monstruosité ».

Rien à redire au niveau de la qualité de l’adaptation, mais je n’ai pas non plus été emballé outre mesure. Sans doute parce que le roman lui-même ne m’a pas emballé, autant le mythe de Dracula a quelque chose d’intemporel, autant l’histoire de Frankenstein sent parfois le moisi et accuse le poids des années.

MON VERDICT

Frankenstein - Extrait

 
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Publié par le 2 février 2021 dans Bouquins

 

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Fabien Nury & Brüno – L’Homme Qui Tua Chris Kyle

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Nury & Brüno - L'homme qui tua Chris Kyle

Titre : L’Homme Qui Tua Chris Kyle
Scénario : Fabien Nury
Dessin : Brüno
Éditeur : Dargaud
Parution : 2020
Origine : France
164 pages

De quoi ça cause ?

Le 2 février 2013, Chris Kyle, ancien Navy SEAL et sniper hors pair qui s’est brillamment illustré en Irak est lâchement abattu par Eddie Ray Routh, un ancien marine souffrant d’un syndrome de stress post-traumatique.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Dargaud et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

N’étant ni américain, ni américanophile (sans pour autant être américanophobe) je n’avais jamais entendu parler de Chris Kyle avant de voir le film American Sniper, réalisé par Clint Eastwood ; film basé sur l’autobiographie homonyme du fameux Chris Kyle.

Je ne vous cacherai que j’ai beaucoup aimé ce film, et que c’est lui qui m’a donné envie de creuser davantage autour du personnage de Chris Kyle, notamment concernant son exceptionnel parcours militaire et sa fin aussi tragique qu’injuste.

Bien qu’étant un inconditionnel de Clint Eastwood, en tant qu’acteur aussi bien qu’en tant que réalisateur, je me méfie de ses prises de position parfois très très conservatrices sur certains sujets. Je souhaitais donc corroborer ma propre vision avec une autre approche du personnage de Chris Kyle, une approche plus détachée, sans obscurantisme militant mais sans toutefois que cela devienne un réquisitoire à charge.

Autant je suis totalement inapte à une vie militaire (j’ai quand même été réformé P4), autant je ne suis absolument pas antimilitariste ; j’ai même un profond respect pour les militaires, quel que soit leur corps d’armée, et plus encore quand ils ont été sur le terrain.

Mais assez parlé de moi, revenons à nos moutons et à ce roman graphique.

Les auteurs commencent tout naturellement par nous brosser un rapide portrait de Chris Kyle en allant au-delà de ses « exploits » en tant que soldat. Sa difficulté à retrouver une vie normale après ses campagnes en Irak, son engagement auprès des vétérans souffrant d’un syndrome de stress post-traumatique, son investissement dans une société de protection… Mais aussi sa part d’ombre, dont un tempérament plutôt bagarreur et un certain côté affabulateur (certains faits mentionnés dans son autobiographie sont invérifiables, d’autres sont carrément contestés par ceux qui y ont prétendument pris part).

On sent dans la démarche des auteurs qu’il n’y a aucune volonté de ternir l’image du héros 100% made in USA ; au contraire, ses défauts tendraient à le rendre plus abordable et plus humain. Après tout même un héros est fait de chair et de sang, même un héros a le droit d’avoir ses faiblesses… et dans la vraie vie aucun héros n’est invulnérable.

C’est ensuite au tour de Eddie Ray Routh de passer sur le grill. S’il est lui aussi un vétéran, son parcours n’a rien de commun avec celui de Chris Kyle. Quasiment aucune expérience de terrain, sinon une mission humanitaire à Haïti. À son retour, il vit aux crochets de ses parents, passe son temps à picoler et/ou à fumer de l’herbe tout en entretenant une relation houleuse avec sa petite amie.

Du coup forcément quand tu mets d’un côté de la balance un héros de guerre et de l’autre un loser puissance 10, et que le second tue le premier, il n’est pas difficile de deviner de quel côté penchera l’opinion publique et que, même au niveau judiciaire, le sort d’Eddie Ray Routh était scellé avant même l’ouverture du procès.

Au-delà du drame et du procès, les auteurs s’attardent aussi sur les « à-côtés » de l’affaire. Notamment sur l’implication de Taya Kyle, la veuve de Chris, et j’avoue que c’est le personnage qui m’est apparu le plus ambigu dans cette histoire. J’aimerai penser qu’elle n’agit que pour sauvegarder et honorer la mémoire de son époux mais je ne peux m’empêcher d’y voir une course au profit quelque peu dérangeante.

Chapeau bas à Fabien Nury pour l’énorme travail de documentation qu’il a dû fournir afin de nous restituer un regard aussi objectif que possible sur les différents aspects de ce drame et en le replaçant dans son contexte sociétal et politique.

Le trait du Brüno est en totale adéquation avec le thème développé. Brut et anguleux, il laisse planer sur l’ensemble une ambiance façon western spaghetti qui fonctionne impeccablement.

Si vous avez vu American Sniper, je ne peux que vous recommander de lire ce roman graphique qui vous propose d’aborder l’histoire via une approche différente et surtout de découvrir les suites du crime (le film s’arrête avant le procès d’Eddie Ray Routh).

Évidemment, je le recommande aussi aux lecteurs n’ayant pas vu le film de Clint Eastwood, je suppose que ceux-ci aborderont l’affaire avec un esprit plus neutre.

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Publié par le 16 septembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] S. M. Wilson & C. Kutsuwada – Le Livre Des Cinq Roues

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Wilson & Kutsuwada - Le Livre Des Cinq Roues
Titre : Le Livre Des Cinq Roues
Texte : Sean Michael Wilson
Dessin : Chie Kutsuwada
Éditeur : Budo
Parution : 2014
Origine : Royaume-Uni (2012)
160 pages

De quoi ça cause ?

Le Livre des Cinq Roues est un célèbre ouvrage sur le sens et la finalité́ du combat écrit par l’illustre duelliste du XVIIe siècle et samouraï invaincu, Miyamoto Musashi.

Sans aucun doute le plus grand classique de samouraïs, il révèle dans cette version illustrée, tout le savoir de ce grand guerrier qui a su inspirer depuis de nombreuses années tant les artistes martiaux que ceux qui cherchent à̀ développer un esprit stratégique.

Ma Chronique

Bien que le personnage de Musashi m’ait toujours fasciné (et plus encore depuis que j’ai découvert sa biographie romancée par David Kirk), je reconnais que je n’ai jamais été inspiré par la lecture de son fameux Traité Des Cinq Roues (Gorin-no-sho) dans lequel il expose les principes de son art du combat à deux sabres (niten ichi-ryu).

C’est pourquoi j’ai opté pour cette scénarisation de Sean Michael Wilson illustrée par Chie Kutsuwada, pensant que la chose passerait mieux sous un format allégé.

Sauf que voilà, même avec la meilleure volonté du monde il n’est pas évident de tisser un quelconque scénario autour d’un bouquin qui n’en propose aucun. Le Traité Des Cinq Roues est avant tout un guide pour aider le pratiquant à comprendre et à améliorer son art (art dont la finalité est la victoire, voire la mort de l’adversaire).

N’étant pas pratiquant de la voie du sabre (même si je reconnais volontiers que les katanas sont des armes aussi magnifiques que mortelles) et ne me voyant pas tailler en sashimi le scélérat qui viendrait me chercher des noises alors que je me balade peinard en ville, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher. Du coup la lecture de cette BD s’est avérée beaucoup moins fluide qu’attendue et s’est étalée sur plusieurs semaines.

C’est donc sur cinq chapitres (Terre, Eau, Feu, Vent et Esprit) que Musashi va essayer de transmettre sa philosophie, sa pratique et ses stratégies de combat. Je ne sais pas ce que ça donne dans le texte complet, mais ici, si le texte est facilement assimilable, ça reste vachement succinct… ce n’est certainement pas après avoir lu ce roman graphique que vous pourrez aller défier Dark Vador !

Dans le même ordre d’idée, le dessin est plutôt agréable, mais il manque clairement un arc narratif auquel le rattacher.

Je ne jette pas la pierre à ce bouquin, c’est juste que je ne fais clairement pas partie du public qu’il cible. Je ne désespère pas de retrouver Musashi dans le troisième tome de sa biographie par David Kirk (toujours aucune date de publication annoncée, y compris en version originale). A défaut je peux toujours me lancer dans la biographie de référence signée William Scott Wilson (aucun lien de parenté avec le présent Sean Michel Wilson), Musashi – Le Samouraï Solitaire.

En ce moment je n’ai pas vraiment le nez creux s’agissant du choix de mes BD / romans graphiques. Et pourtant je sais que j’ai deux excellents titres à lire (Watchmen et Moi, Ce Que J’Aime C’Est Les Monstres) qui m’attendent dans ma bibliothèque, mais qui exigent un réel investissement personnel (plus de 400 pages chacun et un scénario bien tarabiscoté). J’espère avoir un peu plus de chance avec mon prochain candidat en lice…

MON VERDICT

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Publié par le 15 août 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Joann Sfar – Fashion Week

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J. Sfar - Fashion Week

Titre : Fashion Week
Auteur : Joann Sfar
Éditeur : Dargaud
Parution : 2020
Origine : France
160 pages

De quoi ça cause ?

Jacques Meranda, alias Le Niçois, quitte le Côte d’Azur pour monter sur la capitale dans l’espoir de réaliser un gros coup à l’occasion de la fashion week de Paris.

C’est accompagné de sa nana, Loulou Crystal, une ancienne star du porno, et quelques complices que Le Niçois compte faire main basse sur le pactole espéré… sauf que les choses ne vont pas vraiment se passer comme prévu.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Dargaud et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Avant de découvrir cette BD je n’avais que très vaguement entendu parler de Joann Sfar et je ne connaissais pas du tout son personnage de Jacques « Le Niçois » Merenda. C’est par pure curiosité que je l’ai sollicité sur Net Galley.

Jouons cartes sur table d’entrée de jeu, j’ai reçu rapidement un retour favorable des éditions Dargaud et de fait j’ai cette BD en stock depuis début mars. La première fois que je l’ai ouverte pour y jeter un œil, je l’ai refermé après seulement quelques pages feuilletées. J’ai trouvé le dessin tout simplement laid et n’ai pas du tout aimé la typographie du texte.

A plusieurs reprises j’ai essayé de me motiver pour m’y mettre une bonne fois pour toutes… avant de renoncer au bout de quelques pages. Du coup j’ai fini par me résigner et à progresser au rythme imposé par le bouquin, un chapitre de temps en temps, ça prendra le temps que ça prendra (concrètement ça a pris une dizaine de jours)…

Si je vous dis braquage d’une starlette en pleine fashion week de Paris et que je précise que la starlette en question s’appelle Kim Kestéchian ; ça vous rappellera forcément quelque chose. Perso plus que le fait divers qui défraya la chronique, ça me fait surtout penser à la BD Les Bijoux De La Kardashian, qui se veut une reconstitution fidèle des faits.

Sous la plume de Joann Sfar les faits (la réalité est déjà digne d’un vaudeville de bas étage) sont (encore plus) tournés en dérision pour virer à la farce burlesque. Clairement ce sont les textes de l’auteur qui sauvent la BD du naufrage ; je n’ai définitivement pas réussi à me faire à la laideur du dessin.

Une BD qui ne m’a pas vraiment envie de découvrir les deux romans de l’auteur mettant en scène son Niçois (chronologiquement je ne sais pas où se situe la BD par rapport aux bouquins et je m’en fous) ; par contre je lui donnerai sans doute une seconde chance en me penchant sur sa série de BD Le Chat Du Rabbin dont le dessin me semble plus soigné.

MON VERDICT

Fashion Week

 
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Publié par le 17 juin 2020 dans Trucs en vrac

 

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[BD] Lapuss’ – Putain De Chat – Tome 2

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Lapuss' - Putain de Chat 2
Titre : Putain De Chat – Tome 2
Auteur : Lapuss’
Editeur : Monsieur Pop Corn (2017)
Réédition : Kennes (2019)
Origine : Belgique
64 pages

De quoi ça cause ?

Le chat Moustique est de retour. Plus déterminé que jamais à faire comprendre à son humain que c’est lui qui commande à la maison… quitte à faire parfois quelques concessions pour son confort personnel.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Kennes et Net Galley pour leur confiance.

Avec ce second tome de Putain De Chat, Lapuss’ met en scène le chat Moustique sur une soixantaine de courtes planches. Un chat toujours aussi humanophobe et qui cherche toujours à trouver le meilleur moyen d’asservir la race humaine.

Le dessin et le texte restent dans l’esprit des premières planches, une simplicité qui sert fort bien le propos et un humour pas toujours très fin… perso j’adore !

Bien que suivant régulièrement (mais pas forcément assidûment) la page FB de Lapuss’, j’ai eu l’heureuse surprise de découvrir des planches que je ne connaissais pas. Certaines méritent franchement le coup d’œil, notamment quand Moustique interprète, à sa façon, les faits et gestes de son humain (qui a dit son maître ? c’est Lui le maître !).

Ceux et celles qui ont un(e) chat(te) reconnaîtront certainement certains comportement de leur compagnon à poils… un comportement pas toujours aussi innocent qu’il n’y paraît à en croire l’auteur !

Si j’aime beaucoup le ton et l’humour de Lapuss’, force est de reconnaître que je dépenserai pas 8€ pour une BD qui se dévore en quelques minutes à peine. Pour cette raison, je maintiens ma note de 3.5.

Lapuss' - Putain de Chat 2

MON VERDICT

 
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Publié par le 11 mai 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Fromental & Berthet – De L’Autre Côté De La Frontière

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Fromental/Berthet - De L'autre côté de la frontière
Titre : De L’Autre Côté De La Frontière
Scénario : Jean-Luc Fromental
Dessin : Philippe Berthet
Éditeur : Dargaud
Parution : 2020
Origine : France
72 pages

De quoi ça cause ?

François Combes, un auteur français de romans policiers, va se retrouver bien malgré impliqué dans une affaire de meurtre d’une prostituée de Nogales, ville frontière entre les USA et le Mexique. Son ami, Jed Peterson, fait en effet figure de principal suspect pour la police.

Quand un second corps est découvert, l’étau se resserre encore davantage autour de Peterson. Combes va se faire aider par Estrellita, une jeune domestique qui travaille pour lui, afin d’avoir des infos sur ce qui se trame de l’autre côté de la frontière.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Dargaud et Net Galley pour leur confiance, l’occasion pour moi de découvrir cette bande dessinée en avant-première (parution le 6 mars).

J’avoue humblement que je ne connaissais aucun des auteurs, c’est la curiosité qui ‘a poussé à solliciter ce titre proposé parmi quelques autres BD. Simplement parce qu’il m’a paru être le plus « adulte » du lot. Une façon aussi de souhaiter la bienvenue aux éditions Dargaud sur la plateforme Net Galley.

Si en matière de romans je fais une allergie chronique au format PDF, je reconnais que pour les BD et romans graphiques ça passe plutôt bien même si le format n’est pas optimum (si j’avais le choix, je privilégierais un format CBR ou CBZ). Il n’en reste pas moins que PDF lu avec STDU Viewer constitue une bonne alternative.

Je reconnais volontiers que développer une intrigue policière qui tienne la route sur une soixantaine de planches peut être un exercice délicat. Contrairement au roman qui permet de prendre son temps pour tisser un écheveau plus ou moins complexe autour du cadre et des personnages, dans la BD il faut condenser les infos afin d’aller à l’essentiel.

En cela le duo Fromental / Berthet tire plutôt bien son épingle du jeu. Le déroulé de l’intrigue est plutôt bien pensé et le dénouement devrait surprendre plus d’un apprenti Sherlock (en grande partie pour la raison évoquée précédemment, les indices sont quasiment inexistants). J’avoue que pour ma part j’étais partie vers une autre hypothèse, beaucoup plus (trop ?) classique.

La narration est assurée par Estrellita, une jeune domestique mexicaine qui travaille pour François Combes et que ce dernier mettra à contribution afin de faire progresser ses recherches en vue de prouver l’innocence de son ami.

Le trait est fin et précis même si parfois les personnages m’ont semblé un tantinet inexpressifs par manque de détails dans les visages. Ce petit bémol ne m’a nullement empêché d’apprécier pleinement cette BD.

Après la BD Jean-Luc Fromental nous offre une brève présentation de la ville de Nogales et de son histoire, il y fait notamment état d’un certain Georges Simenon qui s’installera non loin de là entre mai 1948 et juin 1949. Et profitera alors sans modération de tous les plaisirs qu’offre Nogales.

MON VERDICT

Fromental/Berthet

 
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Publié par le 13 février 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Coyote – Litteul Kevin : Intégrale Fluide Glacial

AU MENU DU JOUR

Litteul Kevin

Titre : Litteul Kevin – Intégrale : volume 1
Auteur : Coyote
Éditeur : Fluide Glacial (Audie)
Parution : 2017
Origine : France
208 pages

Titre : Litteul Kevin – Intégrale : volume 2
Auteur : Coyote
Éditeur : Fluide Glacial (Audie)
Parution : 2018
Origine : France
176 pages

De quoi ça cause ?

« Une famille, des amis, des gens que j’aime et qui m’aiment, du rire, des amours, des emmerdes… et plein de rock ‘n roll !!! Bref… j’adore ma vie ! »

Ma Chronique

Comme indiqué dans le titre de cette chronique, il s’agit de l’intégrale des albums publié par Fluide Glacial, soit les 7 premiers tomes (publiés entre 1993 et 2003) des aventures de Litteul Kevin, regroupés en 2 volumes (les 4 premiers pour le tome 1 et les 3 derniers pour le tome 2).

Le mensuel Fluide Glacial m’aura permis de découvrir de nombreux auteurs de BD dont je suis rapidement devenu complètement fan. Outre Coyote je citerai entre autres Maester (Sœur Marie-Thérèse), Tronchet (Jean-Claude Tergal), Foerster, Goossens, Héran, Larcenet… et bien d’autres que j’oublie.

J’étais un lecteur assidu de Fluide il y a quelques années, tant et si bien que je connaissais quasiment toutes les planches de Litteul Kevin avant d’acheter les albums. Cette intégrale me permet de les redécouvrir en version couleur.

Difficile de donner un âge à Kevin, on sait juste qu’il est au collège. Son univers tourne d’abord autour de ses parents, Chacal (Gérard pour l’état-civil) et Sophie, avec qui il entretient une relation totalement fusionnelle. Il partage le reste de son temps entre ses copains, Charly et Cahuète, et Le Club, un club de motards fondé par son père et Gros Hulk, son ami d’enfance.

Peu à peu d’autres personnages récurrents viendront grossir les rangs. À commencer, dès le second album, par Frida, la petite sœur de Gros Hulk, étudiante en médecine qui fera occasionnellement office de nounou pour Kevin (à l’annonce de sa venue il l’imagine comme une sorte de « Gros Hulk en jupe, avec des lunettes et des nichons »… avant de tomber sous son charme). Suivront Vanessa, une copine de classe de Kevin (tome 3) qui ne le laisse pas totalement indifférent, des voisins un peu coincés et un peu voyeurs (tome 3), Colette (tome 4), la mère de Sophie qui ne porte guère son gendre dans son cœur (et c’est réciproque) et Le Chien (tome 5), un toutou aussi adorable que incontinent.

On suit avec plaisir les tribulations de tout ce petit monde en famille, entre amis, en soirée, en vacances… bref tout ce qui fait le quotidien de Monsieur-Tout-Le-Monde ; sauf que le quotidien de Litteul Kevin est tout sauf ordinaire.

Coyote se revendique comme étant le fils spirituel de Gotlib, et l’on retrouve certaines similitudes dans le dessin, un trait caricatural mais d’une incroyable précision, chaque vignette foisonne de détails.

J’étais à la fois curieux et dubitatif à l’idée de découvrir les planches en couleurs, après tout le noir et blanc c’est un peu la griffe Fluide Glacial. Dès les premières pages mes doutes se sont envolés, c’est comme si redécouvrais chaque planche.

Litteul Kevin fait partie de ces BD que je ne me lasse pas de lire et relire, et surtout ça m’éclate toujours autant. Cette redécouverte m’a procuré autant de plaisir que lors de la première lecture. Cerise sur le gâteau, chaque volume de la présente intégrale se termine par quelques pages de bonus (articles, interviews, planches…).

Trois autres albums (tomes 8 à 10) ont été publiés entre 2009 et 2013 par Le Lombard, une maison d’éditions située à Bruxelles. En 2015 Litteul Kevin est devenu prématurément orphelin suite au décès de Coyote (arrêt cardiaque).

MON VERDICT

LK - Planche

 
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Publié par le 30 janvier 2020 dans Bouquins

 

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