[BOUQUINS] Alan Moore & Brian Bolland – Batman – Killing Joke

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Titre : Batman – Killing Joke
Scénario : Alan Moore
Dessin : Brian Bolland
Éditeur : DC Comics / Urban Comics
Parution : 1989, éditions Delcourt
Réédition version anniversaire chez Urban Comics en 2014
Origine : Etats-Unis (1988 / 2008)
64 pages

De quoi ça cause ?

Une fois de plus le Joker s’est évadé d’Arkham, pour son grand retour sur le devant de la scène il a décidé de frapper fort. Il se rend chez le commissaire Gordon, tire sur sa fille Barbara alors qu’elle lui ouvre la porte et enlève Gordon.

Batman va tout mettre en œuvre pour tirer son vieil ami des griffes du psychopathe.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’il paraît que c’est un incontournable du Batverse ; comme je ne connaissais pas l’album j’ai voulu enrichir ma batculture…

Ma Chronique

Commençons par une remarque sur la forme avant d’entrer dans le vif du sujet. Cet album, édition anniversaire (aussi appelée DC Deluxe), est disponible en deux versions, l’une en noir et blanc (fidèle à l’album original) et une autre entièrement colorisé par Brian Bolland. J’ai les deux versions en stock et même si le trait N&B de Bolland est sublime, j’ai finalement opté pour la version colorisée.

À défaut de connaître l’album je suis familier de l’univers d’Alan Moore, scénariste du cultissime Watchmen (que je dois impérativement relire avant de vous proposer une chronique à la hauteur de l’œuvre), mais aussi de V For Vendetta, La Ligue Des Gentlemen Extraordinaires, Constantine ou encore From Hell.

J’en vois déjà quelques-uns (si, si… là-bas, au fond à gauche) soupirer d’aise avant de se vanter d’avoir vu les films… Taisez-vous malheureux ! Ne parlez surtout pas des adaptations cinématographiques de son œuvre à Alan Moore, il n’y a rien de mieux pour le faire sortir de ses gonds. Vous verrez alors ses yeux se révulser, une écume verdâtre sourdre au point des lèvres…

Alan Moore évoque rarement son travail sur Killing Joke, il faut pourtant bien avouer que son histoire est bien ficelée et met parfaitement en exergue la folie du Joker et l’opposition / attraction entre lui et Batman. Force m’est toutefois de constater qu’après The Dark Knight Returns, on se retrouve dans une intrigue plus classique du Batverse et surtout nettement moins étoffée. D’un autre côté Frank Miller a pu s’épancher sur 240 pages alors que ce pauvre Alan Moore a dû se contenter d’une cinquantaine de pages. Et il s’en tire fichtrement bien mais on aurait apprécié que certains points soient plus étoffés.

Le dessin de Brian Bolland est juste irréprochable, qu’il s’agisse des personnages (son travail sur les mimiques du joker est exceptionnel) ou des décors. Là encore on aurait aimé une petite rallonge au niveau du nombre de pages afin d’exploiter au mieux l’aspect lugubre de ce parc d’attractions à l’abandon qui sert de repaire au Joker et à ses freaks.

Ce qui m’a motivé à opter pour la version colorisée de l’album sont les flashbacks qui nous font (re)découvrir la genèse du personnage du Joker. Ils sont tout en nuances de gris avec quelques touches de couleur (essentiellement dans les tons rouges) qui donnent plus d’impact aux images.

Pour ce qui est de l’intrigue actuelle de l’album, Brian Bolland opte pour une palette plutôt sombre qui colle parfaitement au scénario d’Alan Moore.

Un seul mot me vient pour qualifier le final de cet album : brillant ! Les lecteurs sont libres de l’interpréter comme ils l’entendent, soit Batman agit « dans les règles », suivant les recommandations du commissaire Gordon, soit il opte pour une solution plus définitive.

Cette version anniversaire s’ouvre sur une préface de Tim Sale (un illustrateur du Batverse et plus généralement de l’univers DC Comics) et se termine (ou presque) par une postface de Brian Bolland. Deux textes qui nous en apprennent un peu plus sur la genèse de cet album.

J’ai indiqué que la postface termine presque le présent album parce qu’elle est suivie par une histoire inédite d’une dizaine de pages, Un Parfait Innocent, qui nous fait partager le délire d’un jeune gars plutôt sympa qui rêve de faire le mal une fois dans sa vie, mais de taper haut et fort avant de retrouver une vie normale.

Je pense que si j’avais lu Killing Joke avant The Dark Knight Returns j’aurai peut-être été plus enthousiaste sur ma note finale amis là malgré une intrigue rondement menée ça a vraiment goût de trop peu.

MON VERDICT

Version N&B

Version colorisée

[BOUQUINS] Frank Miller – Batman – The Dark Knight Returns

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Titre : Batman – The Dark Knight Returns
Scénario et dessin : Frank Miller
Éditeur : DC Comics / Urban Comics
Parution : 1987 (2 volumes, éditions Aedena)
Réédition en un volume chez Urban Comics (2013)
240 pages

De quoi ça cause ?

Après dix ans de retraite volontaire, Bruce Wayne endosse de nouveau le costume de Batman alors qu’un gang fait régner la terreur sur Gotham.

Un retour diversement apprécié par le public et les médias, certains saluent le retour du justicier alors que d’autres demandent qu(‘il soit considéré comme un hors-la-loi.

Ma chronique

Gamin j’ai bouffé du super-héros à toutes les sauces avec les illustrés Marvel (Strange notamment) ; j’ai toujours eu une nette préférence pour les univers et les personnages développés par Marvel plutôt que ceux de son éternel rival, DC Comics. A l’exception toutefois du personnage de Batman pour son côté dark parfaitement assumé.

J’ai découvert l’album The Dark Knight Returns dans les années 90, attiré à la fois par le pitch que par son auteur, Frank Miller. Il faut dire que je venais de lire le premier opus de Sin City et que le comics m’avait laissé sur le cul.

En s’attaquant à Batman sur un angle totalement novateur (c’est un Bruce Wayne quinquagénaire pas franchement au top de sa forme qui reprend du service) et en optant pour un ton résolument noir, Frank Miller apporte une réelle maturité au personnage et à l’univers de l’homme chauve-souris. L’album devrait davantage séduire un public adulte (et jeune adulte) que les jouvenceaux (je n’ai pas dit puceaux) en quête de sensationnel.

On découvre un Batman plutôt vindicatif dans sa façon de rendre justice, il répond à la violence par la violence et frappe pour faire mal malgré son âge. Solitaire depuis la mort de Jason Todd (Robin, assassiné par le Joker), Bruce Wayne peut toutefois compter sur le soutien indéfectible d’Alfred, son fidèle majordome. Et plus tard sur l’apparition quasi providentielle d’une nouvelle Robin (oui, vous avez bien lu, c’est une femme, Carrie Kelley, qui endossera le costume de Robin). Bien sûr le commissaire Gordon, aux portes de la retraite, l’un des seuls à connaître la véritable identité de Batman, sera lui aussi au rendez-vous.

Il faut bien avouer que notre justicier masqué va avoir des journées bien chargées. Dans la première moitié du récit Batman va s’acharner à mettre un terme aux agissements du Gang des Mutants qui menace de mettre Gotham à feu et à sang.

Au fil des pages Batman croisera de vieilles connaissances, qu’il s’agisse de Harvey Dent (Double-Face) ou de son plus célèbre ennemi, Le Joker. Mais il devra aussi compter avec d’autres héros de l’univers DC Comics tels Green Arrow (Oliver Queen) et Superman (Clark Kent). Il faut dire que l’intrigue s’enrichit progressivement de nombreuses autres dimensions (au-delà de la problématique des Mutants).

Pour sa narration, Frank Miller se place au plus près de ses personnages, notamment Batman et le comissaire Gordon, deux héros d’un autre temps qui ont bien du mal à lâcher prise et sont plus que jamais en proie au doute.

L’intrigue est entrecoupée de débats télévisés autour du retour de Batman et de la façon dont il doit être considéré. Une façon pour l’auteur de dénoncer le poids et l’influence des médias dans la société contemporaine.

Un album qui revisite brillamment le mythe et a donné un second souffle au personnage de Batman. Frank Miller poursuivra l’aventure Batman avec deux autres albums qui n’ont pas la même intensité que celui-ci, pour tout dire leur lecture est même parfaitement dispensable.

Incontestablement The Dark Knight Returns est une œuvre majeure du batverse, c’est en tout cas l’avis partagé par de nombreux inconditionnels de l’homme chauve-souris qui citent deux titres indispensables à l’univers de leur héros préféré : The Dark Knight Returns et Killing Joke (avec Alan Moore au scénario et Brian Bolland au dessin).

MON VERDICT