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Archives de Tag: Antoine Chainas (trad.)

[BOUQUINS] Jedidiah Ayres – Les Féroces

AU MENU DU JOUR


Titre : Les Féroces
Auteur : Jedidiah Ayres
Éditeur : Les Arènes
Parution : 2018
Origine : USA (2013)
128 pages

De quoi ça cause ?

Politoville est une enclave paumée entre les States et le Mexique, un no man’s land sans existence officielle. La seule loi qui y règne est celle du maître des lieux, un caïd du crime organisé. Les gringos viennent pour s’y faire oublier et se débaucher à moindre coût. Alcool, drogues et prostituées sont à leur disposition. D’ailleurs les seules femmes présentes sur place sont ces prostituées, de simples marchandises (mal)traitées comme de vulgaires morceaux de barbaque.

Quand l’une d’elles réussit à échapper à cet enfer, c’est l’étincelle qui mettra le feu aux poudres..

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour commencer l’année en douceur avec un court roman tout en restant dans l’univers du noir.

C’est la couv’ qui, la première, a attisé ma curiosité, la quatrième de couv’ a fini de me convaincre.

Ma chronique

Je ne suis jamais parfaitement à l’aise quand il s’agit de rédiger la chronique d’un roman court ou d’une nouvelle. Même quand, comme dans le cas présent, je quitte cette lecture avec un ressenti globalement positif.

Le bandeau du roman cite son auteur qui définit son récit comme « la plus belle histoire d’amour qu’il ait jamais écrite« . S’agissant de son premier roman traduit en français, on ne peut que se fier à sa parole… mais ne cherchez pas une once de romantisme ou un soupçon de guimauve dans ces quelques pages, ici tout est noirceur et violence. La mort est omniprésente, mais jamais naturelle ou douce ; Jedidiah Ayres doit être un adepte de l’amour vache !

Le bouquin se divise en trois parties, chacune offrant un point de vue différent sur cette antichambre de l’enfer qu’est Politoville ; trois récits distincts reliés par un fil rouge. Des personnages aux personnalités taillées au scalpel (il faut bien ça pour survivre dans un pareil contexte), une écriture brute (voire brutale) sans fioriture, mais tout en puissance. Tout est fait pour vous plonger au cœur de l’action, et ça fonctionne impeccablement. Il y a même quelque chose de lyrique (de presque beau oserai-je dire) qui sublime cette noirceur.

Un roman court tout en intensité ; on en vient même à se demander comment l’auteur fait tenir un tel concentré de sensations en une centaine de pages. Un grand merci à Antoine Chainas, le traducteur, qui restitue parfaitement cette ambiance oppressante qui nous prend aux tripes dès la première page et ne nous lâche pas avant le clap de fin.

Je découvre la collection Equinox avec ce titre, d’autres sont d’ores et déjà présents dans mon Stock à Lire Numérique ; il me tarde de les découvrir s’ils sont tous aussi intenses.

MON VERDICT
Coup de poing

 

 
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Publié par le 4 janvier 2019 dans Bouquins, Trucs en vrac

 

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[BOUQUINS] Frank Bill – Donnybrook

F. Bill - DonnybrookeMême sans ce challenge Coupe du Monde des Livres je comptais bien lire, dans des délais relativement brefs, ce Donnybrook de Frank Bill ; disons que le délai s’est raccourci de quelques jours, voire quelques semaines…
Le Donnybrook c’est le must du combat clandestin, deux fournées 20 combattants, trois jours de castagne. Le dernier debout empoche le pactole de 100 000 dollars. Pour Earl Marine c’est une occasion unique à saisir s’il veut refaire surface et s’offrir un nouveau départ avec sa femme et ses gosses…
Si vous avez lu Chiennes De Vies vous ne serez pas totalement dépaysé, en quelque sorte le roman fait suite à la nouvelle L’Amour Brut, certains des personnages que vous croiserez sur ce Donnybrook ne vous seront pas inconnus. Mais bon cela est plus anecdotique qu’autre chose, le roman peut parfaitement être lu indépendamment de la nouvelle.
Vous l’aurez compris, une fois de plus Frank Bill ne vous invite pas au Pays des Bisounours, retour dans son Indiana du Sud et ses rednecks, retour au pays où la meth est reine ! Et sans surprise vous croiserez, au fil des pages, bon nombre de paumés à la dérive…
Dans mon pitch je ne vous parle que d’Earl, peut être parce que c’est le personnage le plus « noble » de ce Donnybrook ; OK ce n’est pas non plus un saint, pour trouver le fric nécessaire à son inscription au tournoi il n’hésitera à employer des moyens plutôt musclés. Pour couronner quelques mauvaises rencontres viendront compromettre sa participation au tournoi…
Deux autres personnages se partagent la vedette. Angus, une légende du Donnybrook qui s’est reconverti dans le trafic de meth suite à un accident ; et sa frangine, Liz, une junkie un tantinet nympho qui a eu la mauvaise idée de vouloir le doubler.
Tandis que Earl essaye tant bien que mal de se la jouer discret, le frère et la soeur foutent un joyeux bordel tout le long de leur course poursuite. Forcément on se doute que tout ce beau monde va finir par se croiser et que le résultat sera plutôt explosif.
L’auteur nous dresse un portrait au vitriol de ses personnages, sa plume n’a rien perdu de son efficacité en passant de la nouvelle au roman. Et une fois de plus j’ai été sous le charme de cette noirceur qu’il dépeint si bien.
Il en va de même avec son intrigue aux rebondissements multiples, l’auteur ne vous laisse pas une minute pour reprendre votre souffle. N’espérez pas une promenade de santé : ça arnaque, ça cogne, ça flingue, sans foi, ni morale ; seule la survie importe ! Et oui c’est glauque, mais qu’est-ce que c’est bon !!! Le bouquin est relativement court (240 pages) mais ô combien percutant, intense et jouissif.
Honnêtement je pense que même si je n’avais jamais entendu parler de Chiennes De Vies, ce bouquin m’aurait fait de l’oeil (au beurre noir) et un joli sourire (aux lèvres explosées), la couv’ aurait immanquablement éveillé ma curiosité et le pitch aurait fait le reste. Avec Chiennes De Vies l’auteur marquait un essai qui ne demandait qu’à être transformé, avec Donnybrook non seulement il transforme l’essai mais en marque un second transformé d’emblée… Même les All Black au mieux de leur forme ne sauraient faire mieux !
Un individu qui sait apprécier un Turkey 101 (comprendre Wild Turkey 101 proof, un bourbon du Kentucky qui affiche fièrement 50.5% d’alcool) avec une bière (de la Bud en l’occurrence) en écoutant Lynyrd Skynyrd (Call Me The Breeze) ne peut qu’avoir un bon fond… Bin non pas chez Frank Bill ! Irrécupérable la chose en question…
L’éloignement a du bon, au niveau des drogues on est relativement à l’abri, à part l’herbe qui pousse et circule sans vraiment prendre la peine de se cacher. Un peu d’ecstasy occasionnellement et de la coke dans les hautes sphères ; mais ça reste très confiné. Franchement quand j’ai lu le procédé de fabrication de la meth je me suis dis qu’il fallait vraiment être tombé très bas pour se réfugier dans une pareille merde.

 
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Publié par le 25 juin 2014 dans Bouquins

 

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