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Archives de Tag: Albin Michel

[BOUQUINS] Didier Van Cauwelaert – L’Inconnue Du 17 Mars

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D. Van Cauwelart - l'inconnue du 17 mars
Titre : L’Inconnue Du 17 Mars
Auteur : Didier Van Cauwelaert
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : France
176 pages

De quoi ça cause ?

Le 17 mars 2020, par la grâce d’un virus, un sans-abri se retrouve confiné avec une créature de rêve. Est-ce la femme qui jadis enflamma son adolescence, une mythomane, une perverse manipulatrice, ou une ultime chance de survie ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le pitch colle bien à l’actualité du moment, alors que le monde peine à se défaire de cette saloperie de Covid-19.

Ma Chronique

De Didier Van Cauwelaert je n’ai lu que Jules et sa suite (Le Retour De Jules), je n’aurai donc pas la prétention de connaître l’auteur qui a déjà signé plus d’une trentaine de romans (auxquels on peut ajouter notamment six pièces de théâtre et huit essais) ; il n’en reste pas moins que je trouve sa plume très agréable à lire.

Ajoutez à cela une intrigue qui se déroule alors que les français doivent composer avec un confinement imposé par le gouvernement afin de freiner la propagation de l’épidémie de Covid-19.

Ce bouquin tient davantage du conte ou de la fable philosophique que du roman à proprement parler, de fait la longueur du récit est parfaitement adaptée au format choisi. Davantage de pages auraient fini par rendre l’ensemble indigeste ; en effet le premier jugement de Lucas sur sa partenaire de confinement peut parfaitement s’appliquer au roman dans son ensemble :

Tout son discours est à dormir debout, certes, mais il se greffe sur une situation planétaire tellement surréaliste qu’il en devient, sinon crédible, du moins conforme à la folie ambiante.

Dans le même état d’esprit si je reconnais ne pas forcément être en total désaccord avec l’avis d’Audrey / Pléiade concernant certains aspects du complotisme, il ne faut pas non plus que ça serve de prétexte à un grand déballage de portnawak :

C’est très commode, le complotisme. C’est une vaste décharge à ciel ouvert, où il est difficile de pratiquer le tri sélectif. L’hystérie des extrémistes et les élucubrations paranos y neutralisent par contagion les alertes dérangeantes, les vérités illicites, les arguments trop convaincants pour être réfutés autrement que par l’opprobre et l’amalgame.

En l’occurrence Didier Van Cauwelaert ne nous épargne aucun poncif du genre quand il s’agit d’alimenter son fourre-tout complotiste, tout y passe, de la nocivité d’un déploiement massif de la 5G jusqu’au futur vaccin « pucé » (et obligatoire cela va de soi) afin d’assurer la traçabilité des futurs inoculés… Il y a un gouffre entre gober toutes les couleuvres que nos têtes pensantes voudraient nous faire avaler et la paranoïa complotiste ; une fois encore c’est le nombre de pages plutôt réduit qui sauve (in extremis) le bouquin du naufrage.

Je ne vous dirai pas que « l’explication rationnelle » de l’expérience vécue par Lucas m’a pris de court, elle s’imposait comme l’unique porte de sortie possible. J’avoue toutefois avoir apprécié le petit clin d’œil final qui ne ferme pas toutes les portes à une approche moins cartésienne des choses.

MON VERDICT

 
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Publié par le 28 septembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Victime 2117

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JAO - Victime 2117
Titre : Victime 2117
Série : Département V – Livre 8
Auteur : Jussi Adler-Olsen
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : Danemark (2019)
576 pages

De quoi ça cause ?

Le journal en parle comme de la « victime 2117 » : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l’ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l’Europe.

Mais pour Assad, qui œuvre dans l’ombre du Département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d’être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgir de douloureux souvenirs.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la huitième enquête du Département V ; même si j’ai été un peu moins emballé par les deux précédents opus, je reste confiant… et fidèle au poste.

Ma Chronique

Même si les deux derniers tomes de la série Département V m’avaient nettement moins emballé que les précédents, force est de reconnaître que ça reste de très bons thrillers ; pour faire simple on va dire que Jussi Adler-Olsen (JAO) nous avait habitué à mieux et du coup forcément on s’attend au top niveau quand on ouvre un de ses romans.

Avec cette huitième enquête l’auteur redresse le cap tout en optant pour une approche différente de son intrigue. Pas de cold case au menu mais une plongée dans le passé d’Assad ; en effet, pour faire face à une menace actuelle, ce dernier va en effet devoir révéler à ses collègues son parcours qui la mené de l’Irak au Danemark, en passant par la Syrie.

Comme beaucoup de lecteurs j’ai une tendresse particulière pour le personnage d’Assad, sa bonne humeur permanente et ses ratés linguistiques. Un personnage certes attachant mais qui n’en demeure pas moins nimbé d’un certain mystère quant à ses origines et son cursus. JAO lève le voile et répond à toutes questions que l’on pouvait poser. A la fin de ce tome, vous saurez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Assad.

À personnage peu ordinaire il fallait un parcours peu ordinaire, et c’est exactement ce que JAO nous propose de découvrir ; soyez assuré que la vérité ira même bien au-delà de tout ce que vous aviez pu imaginer ou supposer concernant Assad.

Si Assad est au centre du récit, c’est tout le Département V qui va être mobilisé à l’occasion de la présente intrigue. Carl et Assad vont se lancer dans une course contre la montre (et contre la mort) afin d’empêcher une attaque terroriste d’envergure sur le sol allemand. De leur côté Rose (que l’on retrouve revigorée et pugnace) et Gordon vont être confrontés à un jeune qui leur promet une tuerie de masse dès qu’il aura atteint le score de 2117 sur son jeu vidéo favori.

Cerise sur le gâteau, nous aurons même le droit au grand retour de Marcus Jacobsen, l’ancien chef de la police criminelle de Copenhague. Je n’en dirai pas davantage sur les circonstances de son retour sur le devant de la scène et son rôle dans le déroulé de la présente intrigue.

Pris dans le feu de l’action, Carl n’a pas vraiment le temps de ressasser ses propres questionnements, notamment en ce qui concerne la fusillade qui a coûté la vie à un de ses collègue et ami et condamné Hardy à une vie en fauteuil roulant. Ainsi l’histoire de pistolet à clous est à peine abordée, mais nul doute qu’elle sera appelée, dans un futur proche, à refaire surface.

Si JAO prend le temps de poser le cadre de son intrigue, le rythme va aller crescendo au fur et à mesure que la double échéance fatidique se rapproche. Nul doute que les derniers chapitres mettront vos nerfs et votre palpitant à rude épreuve.

Vous l’aurez compris les questions de la crise migratoire et du terrorisme seront au cœur du présent roman. Mais il sera aussi question de la famille, dans ce qu’elle peut avoir de meilleur à travers le personnage d’Assad, mais aussi dans ce qu’elle peut avoir de pire via le personnage d’Alexander.

En refermant ce roman je suis curieux de découvrir l’après Victime 2117 pour la fine équipe du Département V. En effet, il ne fait aucun doute que cette affaire laissera des traces dans la vie de ceux qui ont été en première ligne. Il faut dire aussi que JAO n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de malmener ses personnages !

MON VERDICT

 
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Publié par le 1 septembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Le Jour Des Cendres

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J.C. Grangé - Le Jour Des Cendres

Titre : Le Jour Des Cendres
Série : Les Rivières Pourpres – Livre 3
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : France
368 pages

De quoi ça cause ?

Pour enquêter sur la découverte du corps d’un « Émissaire » d’une communauté anabaptiste en Alsace, le commandant Niemans a décidé d’envoyer son adjointe, Ivana Bogdanovic, rejoindre incognito le groupe de vendangeurs saisonniers qui œuvrent pour la communauté.

De son côté Niemans découvre que de nombreux aspects de l’enquête ont été plus ou moins sciemment négligés, voire bâclés. Il n’en faut pas davantage pour le convaincre que les anabaptistes cachent de sombres secrets…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé et l’occasion de retrouver le duo d’enquêteurs constitué de Pierre Niemans et Ivana Bogdanovic, déjà vus à l’œuvre dans le précédent opus, La Dernière Chasse.

Ma Chronique

Avec ce roman Jean-Christophe Grangé nous offre incontestablement un thriller qu’il mène à la baguette et j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver les personnages de Niemans et Ivana ; mais – parce qu’il y a un mais – je n’ai pu me défaire de l’idée que l’auteur assure le minimum syndical ou joue avant tout la carte marketing.

Je m’explique. Comme pour son roman précédent, La Dernière Chasse, le présent opus est la novélisation d’une enquête déjà présentée dans le cadre de la série TV Les Rivières Pourpres (les épisodes 3 et 4 pour être précis). Sachant que ladite série compte, dans sa première saison, encore deux enquêtes (chacune faisant l’objet de deux épisodes), je me demande si Jean-Christophe Grangé va se contenter de les novéliser pour ses prochains romans… Sans compter que la série compte d’ores et déjà une seconde saison complète (quatre enquêtes réparties sur huit épisodes) et qu’une troisième saison est sur les rails…

Quand on sait de quoi est capable l’auteur quand il est au meilleur de sa forme, je trouve dommage qu’il se cantonne à un simple exercice de novélisation. Je suis intimement convaincu qu’il peut nous proposer une intrigue explosive 100% originale qui n’aurait pas un parfum de réchauffé (même si je n’ai pas encore eu l’occasion de voir ladite série).

Hormis ce léger bémol (qui tient plus du ressenti que d’une quelconque réalité constatée), l’intrigue du présent roman tient parfaitement la route et vous réservera quelques belles surprises et rebondissements inattendus (la révélation finale est plutôt glaçante en soi… j’espère sincèrement qu’elle est 100% issue de l’imagination de l’auteur).

On devine, à la lecture du roman, que, fidèle à son habitude, l’auteur s’est richement documenté sur les thèmes qu’il aborde. Le principal ici étant les traditions, les pratiques et l’histoire des anabaptistes (une branche « alternative » de la religion chrétienne dont les représentants les plus connus sont les amish).

Dans le même ordre d’idée – et sans grande surprise – le duo Niemans / Ivana fonctionne à merveille. Même si au cours de la présente enquête, ils seront le plus souvent séparés, chacun ayant un rôle précis à tenir dans le déroulé de l’enquête.

Les autres personnages sont traités avec le même soin, chacun bénéficiait d’une personnalité et d’un cadre qui lui est propre. Au niveau de Niemans c’est surtout le capitaine de gendarmerie Stéphane Desnos qui va faire les frais de son caractère plutôt affirmé et de ses méthodes pas toujours conventionnelle. Mais elle (oui, Stéphane Desnos est une femme) saura s’adapter et s’affirmer face à un interlocuteur pas toujours facile à cerner.

Si vous me lisez depuis déjà quelques temps vous aurez certainement que j’ai une certaine aversion pour tout ce qui a trait à la religion. Même sans vraiment connaître leur interprétation de la foi chrétienne, les anabaptistes ne m’inspirent pas davantage confiance que les autres courants religieux. Je serai presque tenté de dire que ce serait même plutôt l’effet inverse : plus le type proclame que sa pratique de la foi est « pure », plus j’aurai tendance à me méfier de lui.

Même s’il est vrai que j’aimerai que pour son prochain roman Jean-Christophe Grangé s’écarte de son duo Niemans / Ivana et de la série TV Les Rivières Pourpres, je sais d’ores et déjà que je répondrai présent quel que soit son choix.

MON VERDICT

 
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Publié par le 14 juillet 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Shaun Hamill – Une Cosmologie De Monstres

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S. Hamill - Une Cosmologie De Monstres

Titre : Une Cosmologie De Monstres
Auteur : Shaun Hamill
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : USA
416 pages

De quoi ça cause ?

Au fil des chapitres Noah Turner nous raconte l’histoire de sa famille, et la sienne. Une histoire beaucoup moins ordinaire qu’il n’y paraît…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Tout me donnait envie de découvrir ce roman (titre, couverture, pitch et même le bandeau d’accroche), la vraie question serait donc de savoir pourquoi j’ai autant tardé. Mais comme le dit fort justement l’adage : « tout vient à point à qui sait attende ».

Ma Chronique

Bien qu’ayant une véritable envie de découvrir le roman de Shaun Hamill, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en l’ouvrant, on va dire que la référence aux univers de H.P. Lovecraft a fait son effet.

Difficile de parler de ce roman sans risquer de rompre le charme de la découverte, alors plutôt que de m’escrimer à vous décrire ce qu’il est, je vais commencer par vous dire ce qu’il n’est pas.

Si vous cherchez un roman d’horreur pur et dur, à savoir dégoulinant d’hémoglobine et/ou vous assurant le grand frisson, alors passez votre chemin. Le roman de Shaun Hamill ne saurait aucunement répondre à vos attentes.

L’auteur opte en effet pour une approche plus subtile et surtout beaucoup plus humaine, mettant avant tout l’accent sur la famille Turner. Une famille ordinaire que Shaun Hamill saurait vous faire aimer malgré ses failles. Une famille qui aurait pu n’avoir qu’à composer avec les aléas d’un quotidien pas toujours des plus cléments. Sauf que chez les Turner chaque drame est auréolé de mystère ; reste à savoir si ce mystère est le fruit d’une intervention surnaturelle ou le résultat d’un esprit dérangé (les antécédents familiaux ne manquent pas chez les Turner)

Outre une histoire de famille, Noah Turner nous invite à partager l’histoire d’une amitié (et plus si affinités) pas tout à fait ordinaire. Une amitié (réelle ou imaginée ?) avec des hauts et des bas, et beaucoup de questions sans réponse pour Noah.

Mais rassurez-vous ami(e)s lecteurs et lectrices, les réponses viendront en temps et en heure, et certaines ne manqueront pas de vous surprendre.

Quasiment de la première à la dernière page, le roman est nimbé de cette aura particulière qui fait son originalité et sa force. Mais pour l’amateur de littérature horrifique que je suis, j’ai trouvé que parfois l’intrigue, bien que très bien construite et aisée à suivre, manquait de piquant.

En refermant ce bouquin j’ai envie de redécouvrir les univers de Lovecraft et notamment tout ce qui tourne autour du mythe de Cthulhu. J’ai bien lu, il y a quelques années de cela, deux ou trois nouvelles mais je n’avais pas du tout été emballé par le style. On va lui donner une seconde chance en espérant que c’était un problème de traduction. Ça tombe bien j’ai justement les trois tomes de Cthulhu : Le Mythe, édités par Bragelonne dans une nouvelle traduction, qui hantent mon Stock à Lire Numérique.

À ma décharge, quant Margaret lis pour la première fois un texte de Lovecraft on ne peut pas vraiment dire qu’elle ait frôlé l’orgasme littéraire :

En revanche, il [Harry] avait visiblement un penchant pour le macabre et, au vu de cette prose aride et tarabiscotée, une endurance extraordinaire. Lovecraft lui parut presque illisible. Ses « personnages » n’avaient d’existence que sur la page et dans la mesure où l’auteur leur avait attribué un nom : jamais ils n’évoluaient ni n’entraient en interaction, comme des humains l’auraient fait. Dès qu’ils prenaient la parole, ils s’exprimaient à la manière de manuels scolaires anthropomorphisés venus de dimensions parallèles. La plupart des histoires semblaient tourner autour du thème de l’exploration d’une ruine ancienne, racontée par le seul survivant, devenu fou après avoir compris que les vestiges en question continuaient peut-être d’abriter une abomination primordiale quelconque. La langue, très chargée et truffée d’adjectifs, ne parvenait pas à approcher l’horreur terrifiante et l’effroi qui suintaient des illustrations de Visions de Cthulhu.

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Publié par le 25 février 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stephen King – L’Institut

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S. King - L'Institut
Titre : L’Institut
Auteur : Stephen King
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : USA (2019)
608 pages

De quoi ça cause ?

Luke Ellis, un adolescent sans histoires, doté d’une très grande intelligence est kidnappé en pleine nuit par des inconnus, ses parents sont assassinés.

Il se réveille dans une chambre qui ressemble à la sienne mais n’est pas la sienne. Enfermé avec d’autres enfants au sein d’un mystérieux Institut.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Are you kidding me ? Stephen King ! What else ?

Ma Chronique

Sans me tromper je pense pouvoir affirmer que Stephen King est sans doute l’auteur que je suis le plus assidûment et depuis le plus longtemps ; ça fait en effet plus de 35 ans que je lui suis d’une fidélité presque sans faille (j’avais commencé la saga La Tour Sombre avant d’y renoncer après le troisième tome, il faudrait que je trouve le temps de la reprendre depuis le début et d’aller jusqu’au bout cette fois).

Après un dérapage mal contrôlé avec Sleeping Beauties, le King a su redresser la barre et revenir au top du top avec L’Outsider ; du haut de ses 72 printemps et après plus de 50 romans à son actif (sans compter les recueils de nouvelles, les nouvelles isolées et autres romans courts), saura-t-il maintenir le cap, voire même nous surprendre en nous invitant à découvrir son Institut ?

Est-il besoin de rappeler que Stephen King est particulièrement inspiré quand il s’agit de mettre en scène des enfants / adolescents, confrontés à une situation qui les dépasse ? Carrie, Shining, Charlie, Christine, Ça et j’en oublie sûrement (et encore, je fais abstraction des nouvelles) sont là pour illustrer, si besoin, mon propos. Le dénominateur commun de toutes ces histoires est la grande capacité d’adaptation, d’action et de réaction de ses jeunes héros une fois passé l’effet de surprise et un temps pour analyser et comprendre la situation. Si le schéma directeur est identique, il n’y a toutefois aucune impression de déjà-vu tant l’auteur varie les angles d’approches et les conséquences de chaque action (en bien ou en mal).

Toujours est-il que dans la première partie du roman nous ne croisons aucun enfant appelé à jouer un rôle majeur dans le déroulé de l’intrigue. Tim Jamieson, un ex-flic de Sarasota (Floride) embarque dans un avion à destination de New York. Un concours de circonstances pour le moins inopiné le conduira à quitter l’avion et à entamer un road-trip en auto-stop sans but précis, sinon celui de rejoindre New York. Se laissant guider par les hasards de la vie et de la route, il débarque à DuPray (Caroline du Sud).

La seconde partie du roman nous embarque pour Minneapolis (Minnesota) où l’on fait la connaissance de Luke Ellis, un adolescent surdoué qui poursuit un quotidien pas tout à fait ordinaire mais sans histoires. Jusqu’à ce qu’il soit enlevé et reprenne connaissance à l’Institut, une structure isolée au fin fond des forêts du Maine… Les choses sérieuses peuvent alors commencer.

Stephen King prend le temps de poser son cadre et ses personnages pour bien nous faire comprendre (et haïr) le fonctionnement de l’Institut. Les méthodes des soignants et des gardiens ne sont pas sans rappeler celles des camps de concentration nazis ; tout comme la raison d’être de l’institut selon ses responsables. Sans aller jusqu’à parler de manichéisme (souvent reproché à l’auteur), on ne peut que prendre fait et cause pour les enfants et détester la plupart des adultes présents dans cette structure qui échappe à tout contrôle officiel.

Si l’intrigue se dessine en mode diesel (sans toutefois jamais susciter le moindre ennui chez le lecteur), une fois que les choses se mettent en branle le rythme du récit change radicalement, l’auteur enclenche le mode supraluminique. Et le lecteur se retrouve dans l’incapacité de quitter le navire avant de connaître le fin mot de l’histoire.

Pour répondre à la question que je posais au début de cette chronique, OUI, Stephen King confirme qu’il a encore plus d’un atout dans sa manche. OUI, il nous propose un récit qui flirte avec le sans-faute. OUI, il réussit encore à convaincre et à surprendre le lecteur.

J’ai lu çà et là quelques reproches concernant le côté engagé de l’auteur (il n’a jamais caché mépriser au plus haut point Donald Trump), sur le coup ça ne m’a pas dérangé outre mesure. Il est libre, comme tout un chacun, de ses opinions et les exprimer ; L’Institut est loin d’être un roman militant, le côté engagé du récit est plus anecdotique qu’autre chose (c’est en tout cas comme ça que je l’ai perçu en tant que lecteur français lambda).

Et Tim Jamieson alors ? Soyez assuré qu’il n’était pas là par hasard…

Incontestablement cette cuvée 2020 du King est un grand cru AOC ! À Consommer sans modération et de toute urgence !

MON VERDICT

 
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Publié par le 12 février 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Pierre Lemaitre – Miroir De Nos Peines

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P. Lemaitre - Miroir De Nos Peines

Titre : Miroir De Nos Peines
Série : Les Enfants Du Désastre – Tome 3
Auteur : Pierre Lemaitre
Éditeur : Albin Michel
Parution : France
Origine : 2020
544 pages

De quoi ça cause ?

Avril 1940. Louise Belmont est une jeune institutrice qui arrondit les fins de mois en travaillant comme serveuse à La Petite Bohème.

C’est là qu’elle rencontre un vieux médecin à la retraite, un habitué des lieux. L’homme lui fait alors une proposition pour le moins inattendue. Et contre toute attente Louise l’accepte. Une décision qui va complètement chambouler son quotidien bien tranquille…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le troisième et dernier tome de la trilogie Les Enfants Du Désastre. Les deux précédents opus, Au Revoir Là-Haut (2013) et Couleurs De L’Incendie (2018) m’avaient totalement emballé. Il me tardait donc de découvrir le mot de la fin de cette saga aux heures noires de l’Histoire de France.

Ma Chronique

Les lecteurs d’Au Revoir Là-Haut se souviennent peut-être de Louise Belmont, elle avait alors 10 ans et était élevée par sa mère, veuve de guerre. À la fois intriguée et attirée par les curieux locataires que sa mère hébergeait alors.

On la retrouve donc âgée de la trentaine, elle a perdu sa mère il y a peu, elle ne croit plus en l’amour et semble ne pas attendre grand-chose de la vie en général. C’était sans compter sur le talent de Pierre Lemaitre qui va la confronter à une situation pour le moins déstabilisante (une proposition qui pourrait sembler indécente mais ne l’est finalement pas tant que ça). Elle va alors faire un choix lourd de conséquences aux répercussions qu’elle est loin d’imaginer…

Chacun des volumes constituant cette trilogie peut être lu indépendamment des autres. Ils ont tous un début et une fin et s’intéressent à des personnages différents. Une chose est certaine, tous méritent amplement le détour.

Contrairement aux précédents romans, celui-ci ne se concentre pas sur le destin d’un personnage unique. Outre Louise Belmont, on suivra Gabriel et Raoul, deux soldats devenus déserteurs presque à l’insu de leur plein gré, Désiré, un habile mythomane qui sera tour à tour avocat, chargé de communication pour le Ministère de l’Information et prêtre, Fernand, un garde mobile qui rêve d’offrir une vie meilleure à son épouse. Et bien d’autres qui seront appelés à jouer un rôle plus ou moins important dans le déroulé de l’intrigue.

Peu à peu les liens se précisent entre certains personnages, pour d’autres le fil rouge reste plutôt flou.

Le roman s’ouvre sur une situation plutôt favorable dans l’esprit des autorités françaises, la ligne Maginot freinera l’avancée des troupes allemandes (qui n’attaqueront que sur un front unique), la vaillante armée française saura repousser l’envahisseur teuton… mais quand les armées du Reich donnent l’assaut c’est la débandade totale ! Plusieurs lignes de front sont ouvertes, les forces françaises sont soit écrasées, soit dépassées ; rien ne semble pouvoir stopper la marche en avant des troupes allemandes.

Pierre Lemaitre décrit avec énormément de réalisme l’exode des populations civiles qui fuient l’avancée de l’envahisseur allemand. Comme il l’a déjà fait dans les deux précédents opus de cette trilogie, il n’hésite pas à ponctuer d’humour même les situations les plus dramatiques.

Pour revenir aux personnages je reconnais avoir mis un certain temps à m’attacher à Louise, mais finalement elle est beaucoup moins nunuche que l’on pourrait le penser de prime abord, et saura s’adapter à des situations pour le moins inhabituelles et parfois mêmes extrêmes.

Dans le même ordre d’idée j’ai eu du mal à apprécier le personnage de Raoul, même s’il s’améliore au fil des chapitres et finirait presque par nous devenir sympathique, l’épisode du singe m’est resté au travers du gosier.

Indéniablement le personnage le plus attachant et le plus truculent du roman demeure Désiré, un mythomane hors pair capable d’endosser n’importe quel rôle en un temps record et de s’éclipser avant que le vent ne tourne en sa défaveur.

J’ai aussi eu un faible pour M. Jules, le patron de La Petite Bohême, un grincheux au grand cœur.

Globalement je serai tenté de dire que ce Miroir De Nos Peines m’a un peu moins emballé que les deux précédents opus de la série ; il faut dire que la barre était haute, voire très haute. Il n’en reste pas moins que j’ai pris énormément de plaisir à lire ce bouquin, je vous le recommande donc vivement. Ne serait-ce que pour apprécier la qualité de l’écriture de Pierre Lemaitre.

Une trilogie qui n’a été clairement nommée par son auteur qu’à l’issue du second tome, avant on parlait simplement de Trilogie De L’Entre-Deux Guerres.  Dans une interview accordée au Journal du Québec, Pierre Lemaitre explique pourquoi il a finalement choisi comme titre Les Enfants Du Désastre :

« J’avais choisi de faire un premier roman qui se passerait au tout début des années 20. C’est seulement ensuite que je me suis intéressé à l’entre-deux-guerres, une période durant laquelle toutes les générations de jeunes ont été sacrifiées. Ils ont eu une première guerre, ils ont assisté à la montée du nazisme, et hop, on leur colle une deuxième guerre. Bref, 30 ans de désastre. »

Et maintenant ? Il semblerait que l’auteur ne soit pas encore décidé à se remettre au thriller, son ambition initiale étant de proposer une saga littéraire s’étendant de 1920 à 2020, ce sont les Trente Glorieuses qui lui tendent les bras pour son (ses) prochain(s) roman(s).

MON VERDICT

 
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Publié par le 4 février 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – Un(e)secte

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M. Chattam - Un(e)secte
Titre : Un(e)secte
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
480 pages

De quoi ça cause ?

Atticus Gore, enquêteur au LAPD, est appelée sur une scène de crime qui défie l’entendement. Il ne reste de la victime que le squelette dans ses vêtements imbibés de sang et autres sucs organiques.

A New York, Kat Kordell, détective privé, enquête sur la disparition inexpliquée d’une jeune femme.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam, ce qui en soi constitue une raison suffisante.

Je comptais le commencer plus tôt mais il s’est fait griller la priorité par Didier Fossey et son roman Congés Mortels, puis par Laurent Obertone le temps de produire une version epub de son roman Guérilla – Le Temps Des Barbares (lecture et chronique suivront prochainement).

Ma Chronique

Il y a les auteurs qui préfèrent rester dans leur zone de confort et ceux qui n’hésitent pas en sortir pour s’essayer à un genre différent ; Maxime Chattam fait incontestablement partie de cette seconde catégorie, il l’a encore récemment prouvé avec son précédent roman, Le Signal. Parfois ça passe comme une lettre à la poste (son incursion en fantasy avec le cycle Autre-Monde en est la preuve), parfois ça coince un peu aux entournures (ce fut le cas avec Le Signal auquel il manque la griffe Chattam).

Avec ce nouveau roman l’auteur revient à ses premières amours en offrant un thriller pur et dur, maîtrisé de la première à la dernière page. Avec juste ce qu’il faut de fantastique (même si la base repose sur des recherches scientifiques concrètes on est, heureusement, encore loin d’avoir un tel degré de contrôle sur ces charmantes bestioles) pour donner encore plus d’épaisseur à son intrigue.

Pas besoin de sortir de Saint-Cyr ou Polytechnique pour comprendre que le titre joue sur l’ambiguïté entre les insectes (pour l’enquête d’Atticus Gore) et une secte (pour celle de Kat Kordell) ; le fil rouge reliant les deux enquêtes se mettra peu à peu en place (il se dévoilera progressivement au lecteur bien avant que nos deux enquêteurs ne se croisent).

Puisqu’on cause insectes j’ai crains un moment que Maxime Chattam nous rejoue le coup de l’araignée, une option habilement jouée dans le roman Maléfices, ultime opus de sa Trilogie du Mal. Rassurez-vous il n’en est rien, il est juste 100 fois plus vicieux et plus pervers avec cette intrigue ; rien qu’en lisant le bouquin vous aurez l’impression de sentir des bestioles courir sur vous… Si vous êtes sujet à l’entomophobie (peur des insectes), ce roman devrait vous faire connaître le grand frisson !

Atticus savait tout cela, que les trois quarts des animaux de notre planète étaient en réalité des insectes, une biomasse trois cents fois supérieure à celle de toute l’humanité, à laquelle il fallait encore ajouter tous les arachnides, souvent considérés à tort comme des insectes, et même les vers, les crustacés tels les cloportes et enfin les mille-pattes. Ils formaient la grande famille des « bestioles immondes et grouillantes », comme se la représentait le commun des mortels.

Comme à son habitude Maxime Chattam apporte beaucoup de soins à ses personnages. A commencer par son duo d’enquêteurs qui portent l’intrigue de la première à la dernière page.

Galanterie oblige je commencerai par Kat Kordell, une quadra qui vit avec son temps, s’entretient histoire de repousser les effets néfastes des années qui passent et refuse de s’engager dans une quelconque aventure sentimentale sérieuse. Mais aussi et surtout une détective privée tenace qui ne manque pas de flair quand il s’agit de suivre une piste.

Atticus Gore est quant à lui un détective du LAPD, inconditionnel de métal (je me suis noté d’ailleurs certains groupes que je ne connaissais pas, à écouter quand j ‘aurai envie ou besoin de me décrasser les tympans et me vider la tête). Passionné par les insectes (ça tombe plutôt bien). Homosexuel totalement assumé (pas évident dans son environnement professionnel) mais discret. Comme son homologue new-yorkaise (qu’il ne connaît pas pendant la majeure partie du roman), il prend soin de lui (aussi bien de son corps que de son apparence) et ne cherche pas de relation sérieuse.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste (j’ai eu un faible pour Sam Trappier même si généralement je me méfie des complotistes en tout genre). Même le méchant de service échappe aux clichés du genre, certes il ne manque pas de cynisme et a une haute opinion de lui-même, mais il y a plus que ça… vous allez adorer le détester !

Maxime Chattam a un incroyable talent quand il s’agit de nous immerger dans ses intrigues, tout particulièrement dans les lieux où elles se déroulent. Sans jamais avoir foutu les pieds aux Etats-Unis, en refermant ce bouquin j’ai une impression diffuse de connaître New York et Los Angeles (même les quartiers les moins recommandables me semblent familiers… ce qui ne signifie pas pour autant que j’ai envie d’aller y faire une promenade de santé). Il pousse le vice jusqu’à donner vie à une petite bourgade du Kansas qu’il a pourtant créée de toutes pièces.

Franchement cette cuvée 2019 de Chattam a tout d’un grand cru, j’ai beau me creuser le neurone je ne vois aucun reproche à lui adresser même s’il n’a pas non plus provoqué l’extase orgasmique en le lisant. Un thriller efficace qui joue avec nos peurs et joue aussi à nous faire peur (ce qui ne l’empêche pas d’aborder avec beaucoup de pertinence des sujets lourds, notamment quand il est question de l’avenir de la planète et du genre humain).

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 15 novembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Bernard Werber – Sa Majesté Des Chats

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B. Werber - Sa Majesté Des Chats

Titre : Sa Majesté Des Chats
Série : Les Chats – Tome 2
Auteur : Bernard Werber
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
464 pages

De quoi ça cause ?

« Un jour, vous les humains, vous comprendrez que nous les chats devons prendre votre place. Alors moi, Bastet, je serai votre Reine. »

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que je suis un fidèle lecteur de Bernard Werber, depuis Les Fourmis j’essaye de répondre présent à chaque nouvelle sortie… même si le rythme ne suit pas forcément au niveau de mes lectures.

Parce que c’est la suite de Demain Les Chats, il me tardait de retrouver les chats Bastet et Pythagore, mais aussi leur humaine (ou peut-être devrai-je dire servante pour parler comme les chats), Nathalie. Ce premier opus m’avait quelque peu laissé sur ma faim, j’espérais beaucoup de la suite des aventures félines imaginées par l’auteur.

Ma Chronique

Demain Les Chats m’avait séduit malgré un arrière-goût assez minimaliste, l’impression que Bernard Werber s’aventurait sur les sentiers de l’aventure féline en se contentant du minimum syndical. Il n’empêche que quand j’ai appris que l’auteur comptait faire de ce périple félin une trilogie, j’ai été plutôt enthousiaste. C’est donc confiant que je me suis lancé dans ce second opus.

Une fois de plus c’est Bastet qui nous raconte miaule son épopée post Effondrement, une chatte plus que jamais persuadée que l’avenir du monde repose désormais sur les épaules des chats… chats dont elle entend bien, en toute modestie, être la souveraine incontestée. Mais avant ça il lui faut trouver un abri hors de portée de l’obscurantisme des barbus et aussi des rats, dont le nouveau chef, semble avoir réussi à fédérer une puissante horde qui lui est dévouée corps et âme.

Je reconnais volontiers que parfois j’ai eu envie de balancer seau d’eau glacée à la tête de cette narratrice féline imbue d’elle-même au plus haut point et d’un ego démesuré. Heureusement que son compagnon d’aventures, Pythagore, est là pour lui remettre les pieds sur Terre.

Il faut dire que nos amis les chats et leurs accompagnateurs humains n’auront pas beaucoup de temps pour souffler, leur périple sera riche en surprises (bonnes ou mauvaises) et en rencontres (bonnes ou mauvaises) pour le moins inattendues.

Incontestablement l’intrigue de ce second opus est nettement plus dense et intense que dans le précédent, le rythme est soutenu et quasiment continu de la première à la dernière page.

Les chapitres propres à l’intrigue alternent avec les extraits de l’ESRA (Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu) chère à Bernard Werber. Ils s’intègrent à la perfection au récit sans jamais venir casser le rythme.

Une intrigue nettement plus sombre que la précédente, mais l’auteur dispense çà et là quelques touches d’humour bienvenues.

Du coup il me tarde vraiment de découvrir l’ultime opus de cette trilogie, d’autant que la fin de ce second tome est des plus prometteuse quant à la suite des événements…

MON VERDICT

 
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Publié par le 5 novembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – La Dernière Chasse

AU MENU DU JOUR

J.C. Grangé - La Dernière Chasse
Titre : La Dernière Chasse
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
416 pages

De quoi ça cause ?

Quand Jürgen von Geyersberg, héritier d’un empire industriel allemand, est retrouvé mort dans une forêt alsacienne, le commissaire Pierre Niemans et le lieutenant Ivana Bodnanovic sont envoyés en renfort auprès des enquêteurs allemands.

Rapidement les enquêteurs découvrent que la mise à mort de Jürgen est la copie conforme d’une méthode très prisée par les chasseurs. La famille Geyersberg est justement réputée pour ses chasses, Niemans et Bodnanovic vont enquêter au cœur de l’empire Geyersberg, n’en déplaise à leurs homologues allemands…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé (JCG pour les habitués), un des rares auteurs reconnus (14 romans parus depuis 1994) dont je peux affirmer, non sans une certaine fierté, avoir lu tous les bouquins. Il y a du bon (du très bon même parfois) et du moins bon, mais jamais de réelle déception.

Son roman Les Rivières Pourpres (1998) a pour moi une saveur particulière, c’est en effet avec ce titre que j’ai découvert l’auteur (j’ai lu sur la lancée son premier roman, Le Vol Des Cigognes). Retrouver, contre toute attente, le personnage de Pierre Niemans est une agréable surprise.

Ma Chronique

Le roman Les Rivières Pourpres a été adapté au cinéma par Mathieu Kassovitz en 2000, avec Jean Reno dans le rôle de Niemans. En 2018, Pierre Niemans revient à l’écran sous les traits d’Olivier Marchal dans une série TV de 8 épisodes ; La Dernière Chasse est la version romancée des deux premiers épisodes de ladite série.

Pierre Niemans est le flic tourmenté par excellence, un enquêteur aussi efficace qu’incontrôlable, il traque impitoyablement les criminels les plus abjects, quitte à faire abstraction des procédures et règlements. Sa douloureuse expérience dans les Alpes (cf Les Rivières Pourpres) ne l’a pas assagi, loin s’en faut. Mais incontestablement cette enquête l’a marqué, physiquement et psychologiquement, de façon indélébile.

Pour contrebalancer un tel tempérament, l’auteur aurait pu lui adjoindre un flic droit dans ses bottes, respectueux des procédures et tutti quanti. Eh bin non ! Si Ivana Bogdanovic est plus modérée dans ses réactions, elle doit aussi composer avec ses propres démons et un passé houleux.

Un duo qui fonctionne parfaitement, chacun respectant et complétant l’autre ; ce qui n’empêchera pas, parfois, leur relation de faire quelques étincelles, voire de devenir franchement explosive.

Une fine équipe qui n’en finira pas de donner des cheveux blancs à Kleinert, le responsable de l’enquête du côté allemand. Un flic rigoureux et procédurier chargé de superviser et chapeauter ces deux électrons libres français.

Les enquêteurs vont devoir fouiller dans les secrets de la dynastie Geyersberg, des aristocrates qui règnent sans partage sur cette région de la Forêt-Noire depuis la nuit des temps. Conscients de leur poids économique pour la région, voire le pays, ils ne semblent craindre rien ni personne ; surtout pas la justice des roturiers.

Au fil de leur enquête, les trois flics vont devoir se transformer en chasseurs s’ils ne veulent pas devenir des proies. D’autant que face à eux, d’autres chasseurs, sombres réminiscences de l’Allemagne nazie, ne connaissent aucune limite.

Une intrigue rondement menée mais sans grande surprise au final (ce qui n’empêche pas quelques revirements inattendus). Sans doute pas le meilleur de JCG mais ça reste un bon cru. Et surtout un Grangé moyen reste un très bon thriller.

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Publié par le 28 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sophie Hénaff – Art Et Décès

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S. Hénaff - art et Décès
Titre : Art Et Décès
Série : La Brigade Capestan – Tome 3
Auteur : Sophie Hénaff
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
320 pages

De quoi ça cause ?

Anne Capestan s’est mise en disponibilité afin de goûter pleinement aux joies de la maternité. Toutefois quand son amie et collègue, Eva Rosière, en disponibilité le temps d’un tournage, se retrouve accusée de meurtre, elle n’hésite pas à interrompre, de façon plus ou moins officielle, son congé parental…

Sa gamine sous le bras, Anne Capestan réintègre sa brigade et prend les choses en mains. Pas facile toutefois de combiner efficacement son rôle de mère et celui d’enquêtrice. Les Poulets Grillés investissent le plateau de tournage qui est aussi la scène de crime…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le troisième roman mettant en scène la Brigade Capestan et que j’avais vraiment apprécié les deux précédents, Poulets Grillés et Rester Groupés.

Ma Chronique

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé l’équipe la plus barrée de la Crim’ parisienne (et plus si affinités) ; j’espérais bien retrouver tous les ingrédients qui m’avaient séduit dans les deux précédents opus, à commencer par un ton franchement décalé parfaitement assumé.

Le bouquin s’ouvre sur l’accouchement d’Anne Capestan et d’entrée de jeu Sophie Hénaff me rassure : sérieux s’abstenir !

Capestan sentit monter une nouvelle vague, elle ferma les yeux, verrouilla les mâchoires. La contraction planta ses griffes et actionna les vérins, propulsant le feu dans tous les membres. Paul, le nez penché sur ses pieds, marmonna :
– Qu’est-ce qu’elles me font mal ces pompes.
Au prix d’un effort immense, Capestan desserra les dents :
– Paul, je t’aime tu sais, mais je te jure que si tu me parles encore UNE fois de tes chaussures…

Ceux et celles ayant déjà eu affaire à la fine équipe des Poulets Grillés ne seront pas dépaysés ; pour les autres je ne saurai que trop vous recommander de lire d’abord Poulets Grillés, puis Rester Groupés avant de vous lancer dans ce roman. Ceci dit ça ne s’impose pas, ce bouquin peut tout à fait être lu indépendamment des précédents… j’dis ça, j’dis rien.

Je disais donc que les habitués s’aventureront en terrain connu. C’est plutôt positif dans le sens où la bonne humeur reste de rigueur tout au long du bouquin, avec une équipe d’enquêteurs aux personnalités et aux méthodes pour le moins originales. Le revers de la médaille étant l’absence relative de surprise ; la seule nouveauté par rapport aux précédents romans étant de voir Anne Capestan s’investir dans son rôle de mère. Ce qui donne lieu à quelques scènes fort réjouissantes, mais cela ne nous empêche pas de rester quelque peu sur notre faim.

Nos Poulets Grillés vont donc se retrouver à mener l’enquête dans un monde qui a de quoi faire rêver (sur le papier en tout cas) puisqu’ils vont se retrouver en plein tournage d’un film. L’occasion de découvrir la face cachée (réelle ou supposée) du cinéma, derrière le strass et les paillettes, mais sauront-ils résister à l’appel des feux de la rampe ?

Il n’en reste pas moins que même si l’intrigue strictement policière est plutôt bien menée, elle reste relativement linéaire et manque de piquant. Là encore on a l’impression que tout est mis en oeuvre pour que la maternité de Capestan éclipse tout le reste.

Malgré ces quelques bémols j’ai passé un agréable moment avec ce bouquin, prétendre le contraire serait un mensonge éhonté. Sophie Hénaff a su, une fois de plus, me faire rire et sourire, mais globalement il m’a manqué un p’tit truc en plus pour que je sois totalement sous le charme.

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 mars 2019 dans Bouquins

 

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