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Archives de Tag: Albin Michel

[BOUQUINS] Jay Asher – 13 Reasons Why (Treize Raisons)

J. Asher - 13 reasons whyC’est un peu par hasard que le bouquin 13 Reasons Why de Jay Asher est arrivé entre mes mains, la série TV du même nom titillait ma curiosité depuis déjà quelques temps, quand j’ai appris qu’à la base il s’agissait d’un roman j’ai opté pour la lecture avant un éventuel visionnage.
En rentrant des cours Clay Jensen, un lycéen, découvre un paquet à son nom, mais sans informations sur l’expéditeur. A l’intérieur, sept cassettes audio dont les faces sont numérotées de 1 à 13 (la face B de la dernière cassette est vierge). Quand il lance la première cassette, il est surpris d’entendre la voix d’Hannah Baker, une lycéenne qui s’est récemment suicidée. La consigne est simple, écouter les cassettes et les envoyer à la personne suivante, faute de quoi les enregistrements seront rendus publics. Sur chaque enregistrement, Hannah désigne une personne et explique en quoi celle-ci est en partie responsable de son geste…
Publié en 2007 aux Etats-Unis, le roman devra attendre 2010 pour être disponible en français sous le titre 13 Raisons, cette version rebaptisée du même nom que la série TV est une réédition de 2017 visant uniquement à surfer sur le succès de la série.
Viser un public ado (n’y voyez rien de péjoratif, c’est l’auteur lui-même qui le revendique) avec un roman ayant pour thème central le suicide des jeunes (une bien triste réalité, inutile de vouloir se voiler la face) est un choix audacieux. De quoi leur filer le bourdon, d’autant plus que l’on sait pertinemment, dès les premières pages, que Hannah va aller jusqu’au bout de son geste… et ne va pas se rater.
Le récit alterne entre le témoignage audio de Hannah et les réactions de Clay, et la grande question qui ne cessera de le turlupiner (et nous aussi au passage) : pourquoi est-il sur cette liste ? Patience… la réponse viendra en temps et en heure.
Le risque avec ce genre de récit est principalement de sombrer dans un excès de pathos, l’idée n’est pas de pousser le lecteur à se jeter sous les roues d’un camion-citerne avant d’avoir refermé le bouquin (ni même après). Jay Asher a évité cet écueil en adoptant le ton juste dans sa narration, certes la lecture n’est pas un franc moment de rigolade (outre le suicide, l’auteur évoque aussi le viol et le harcèlement en milieu scolaire), elle saura vous toucher sans pour autant vous faire broyer du noir.
Bien que n’étant plus ado depuis fort fort fort longtemps j’ai beaucoup aimé ce roman, nul doute que si je l’avais commencé pendant mes congés je l’aurai dévoré d’une traite, mais bon deux jours pour le lire ce n’est déjà pas si mal comme délai.
Imaginez-vous à la place de ce brave Clay, une personne que vous connaissez (sans vraiment la connaître) se suicide et vous envoie des enregistrements dans lesquels elle désigne ceux et celles qui l’ont poussé à commettre l’irréparable… et vous faites partie de ces personnes ! Non seulement vous découvrez la souffrance de la victime, mais vous connaissez désormais ceux qui en sont responsables et pourquoi. Ca ne doit pas être simple de continuer à les regarder sans un certain ressentiment et une pointe de culpabilité.
Prise isolément certaines de ces « raisons » peuvent paraître futiles ou anodines, au pire une mauvaise plaisanterie ; mais ce serait faire abstraction de l’effet boule de neige. Ces petits riens du tout mis bout à bout finissent par faire un grand quelque chose.
Une lecture qui m’a donné envie de découvrir la série TV si l’occasion se présente, mais il y a quand même un truc qui me laisse perplexe à propos de la série : pourquoi une deuxième saison ? D’après ce que j’ai lu la saison une se termine sur la dernière cassette, je ne vois pas bien l’intérêt de proposer une suite… à part bien entendu l’appât du gain !

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Publié par le 14 juin 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Didier Van Cauwelaert – Le Retour De Jules

D. Van Cauwelaert - Le retour de JulesChangement de registre au menu du jour, avec Le Retour De Jules de Didier Van Cauwelaert ; vous l’aurez deviné, il s’agit bien entendu de la suite de Jules. Une escapade bienvenue loin de la folie des hommes exposée dans les thrillers.
RIen ne va plus pour Jules. Zibal et Alice, ses maîtres, se sont séparés, le petit garçon épileptique sur lequel il veillait est guéri et, cerise sur le gâteau, le voilà menacé d’euthanasie pour comportement dangereux. Ils sont fous ces humains ! Zibal, Alice et Fred vont tout faire pour le tirer d’affaire, ils pourront heureusement compter sur de précieux soutiens… mais pas sur la collaboration de Jules, qui semble plus que jamais déterminé à n’en faire qu’à sa tête !
Avant d’entrer dans le vif du sujet je me permets un petit aparté concernant la couv’ du bouquin, et ceci s’applique aussi au premier opus : Jules est un labrador couleur sable, une race et une couleur de robe on ne peut plus courantes vous en conviendrez ; alors, fichtre diantre, pourquoi nous coller un braque de Weimar sur les couvertures ??? Ceci dit dans le présent roman on a bien un (ou plutôt une) braque qui tiendra compagnie (et plus si affinités) à notre brave Jules.
Ceux et celles qui ont lu Jules seront sans aucun doute ravis de le retrouver, mais est-ce pour autant qu’une suite s’imposait ? Je ne trancherai pas la question de façon binaire (oui/non) mais plutôt à la sauce normande : oui et non. Cette suite ne s’imposait pas, mais elle n’est pas non plus une aberration. Vous voilà bien avancés, n’est-il point ?
On prend bien évidemment un réel plaisir à retrouver Jules, Alice, Zibal et d’autres personnages déjà croisés dans le roman précédent (dont bien entendu l’incontournable Fred) ; on fait connaissance avec de nouveaux venus (notamment Marjorie et sa chienne, Victoire) avec le même plaisir.
De même que l’on suit l’intrigue sans vraiment se poser de question sur la vraisemblance (ou plus exactement l’invraisemblance) de certaines situations, en se simplement laissant guider sur les chemins (parfois tortueux) que l’auteur défriche pour nous.
MAIS… bin oui sinon ça ne serait pas marrant. Malgré quelques trouvailles sympathiques, l’ensemble manque cruellement de pep’s contrairement à son aîné. Plus d’une fois on a l’impression que les personnages sonnent creux, qu’ils ne font qu’office de faire-valoir au périple des chiens.
Dire que je me suis ennuyé en lisant ce bouquin serait mentir, je me le suis fait d’une traite en une demi-journée (bon OK, il ne fait que 176 pages dans sa version papier) ! J’ai apprécié cette lecture sans toutefois ressentir les émotions et l’énergie qui ont su faire vibrer les bonnes cordes alors que je lisais Jules. Un retour réussi, mais en demi-teinte.
Didier Van Cauwelaert en profite toutefois pour rendre un vibrant hommage à ces chiens qui aident les humains, qu’il s’agisse d’assistance aux épileptiques ou de lutte antiterroriste. Une bonne raison de plus pour s’offrir ce roman.

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Publié par le 30 mai 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stephen King – Fin De Ronde

S. King - Fin de RondeAu menu du jour, l’ultime opus (snifff…) de la trilogie Bill Hodges, Fin De Ronde, avec toujours (et heureusement) Stephen King aux manettes.
Bill et Holly sont appelés par Pete, l’ancien coéquipier de Bill, sur une scène de crime en apparence anodine : une mère a tué sa fille, lourdement handicapée après l’attaque du City Center par Mr Mercedes, avant de mettre fin à ses jours. En fouinant au-delà des apparences, Bill et Holly en arrivent à imaginer le plus improbable des scénarios : Brady Hartsfield, Mr Mercedes, pourrait être impliqué dans cette affaire… Sauf que Brady est plongé dans un coma profond et irréversible depuis que Holly lui a fracassé le crâne.
Vous connaissez certainement l’expression : « Chassez le naturel, il revient au galop« , c’est un peu l’impression que m’a faite cette Fin De Ronde. Si pour les deux précédents opus Stephen King s’était cantonné au thriller sans y intégrer le moindre élément fantastique, la donne change pour ce troisième et dernier volume : le fantastique fait désormais partie intégrante de l’intrigue, j’irai même jusqu’à dire que c’est la dominante de ce récit.
Si comme moi vous avez aimé (+++) Mr Mercedes et Carnets Noirs, les deux premiers tomes de la trilogie, vous attendiez très certainement un final en apothéose. Peut être que ce virage vers le fantastique vous aura surpris, même si, force est de le reconnaître, la fin de Carnets Noirs annonçait de façon assez évidente ce genre de revirement. Il faut dire que l’auteur de disposait pas vraiment d’autre recours pour proposer à ses lecteurs l’ultime confrontation entre Bill Hodges et Brady Hartsfield.
Alors, ça passe ou ça casse ? Heu… on parle de Stephen King les gars (et les filles) ; le seul, l’unique : LE KING ! Le maître absolu de la littérature fantastique. Vous l’aurez compris, je valide sans la moindre hésitation, ça passe haut la main. Sans doute parce que l’auteur aborde des thèmes qui trouveront certainement un écho en vous : le rapport aux nouvelles technologies, l’impact des réseaux sociaux… Avec en toile de fond, un thème bien plus sombre (qui je l’espère n’éveillera aucun écho en vous) mais tristement réel et intemporel: le suicide.
Adeptes de Candy Crush, Fruit Ninja et autres Minecraft, tremblez dans vos logis… vous ne regarderez plus votre smartphone, votre tablette ou votre ordi (rayez les mentions inutiles) de la même façon après avoir lu Fin De Ronde ! Non j’déconne, enfin je crois…
J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver Bill et Holly, avec leurs forces et leurs faiblesses, qui ne vont pas forcément en s’améliorant, les années s’écoulant inexorablement. On ne peut qu’éprouver une immense sympathie pour ce duo d’enquêteurs hors norme mais empreint d’une profonde humanité et d’une détermination sans faille.
Un plaisir certes plus sadique à retrouver Brady, plus pervers et manipulateur que jamais, et donc de fait, plus dangereux que jamais. Vous l’aurez compris, cette ultime confrontation se jouera dans un contexte totalement différent que la précédente.
C’est Stephen King donc forcément le plaisir de la lecture était là, l’intrigue est maîtrisée de la première à la dernière page, tout comme les personnages. Mais il n’empêche que j’ai refermé ce bouquin avec une infime pointe de déception, j’aurai aimé que Stephen King reste dans le thriller mâtiné de noir jusqu’au bout. Même si, comme je l’ai dit plus haut, j’ai bien conscience qu’il n’avait pas vraiment d’autre approche à disposition. Il n’en reste pas moins que vous aurez entre les mains un bouquin totalement addictif de qualité supérieure.
Si ce n’est déjà fait (ou en cours), je ne peux que vous conseiller de lire les trois volumes de cette trilogie dans l’ordre. Ils peuvent certes être lus indépendamment les uns des autres mais l’ensemble perdrait alors énormément de saveur. Un peu comme si vous mangiez une poignée de fromage râpé, puis une bonne cuillère de sauce bolognaise et enfin une assiette de pâtes. Ca se mange mais ça ne vaut pas un bon plat de pâtes à la bolognaise !

MON VERDICT

Note aux traductrices.

Merci pour votre travail qui nous permet de profiter pleinement de romans non francophones. Que ce soit du fait de la barrière de la langue ou simplement par manque de motivation, les lecteurs francophones vous doivent beaucoup et ne vous remercieront sans doute jamais assez.
Mais (bin oui, ce serait pas marrant autrement), par pitié, épargnez-nous « la Wifi » ! Ca pique les yeux d’autant que le Larousse le définit clairement comme un nom masculin invariable et adopte l’orthographe anglo-saxonne wi-fi. Wikipedia de son côté confirme le genre masculin mais accepte les orthographes Wi-Fi ou wifi.

 
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Publié par le 21 mars 2017 dans Bouquins, Trucs en vrac

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – Autre-Monde : Genèse

M. Chattam - Autre-Monde T07Ah bin en voilà un qui aura su se faire désirer ! Trois ans après la sortie de Neverland, l’ultime chapitre de la saga Autre-Monde pointe enfin le bout de son nez, la chose s’appelle Genèse et bien entendu c’est Maxime Chattam qui est aux commandes.
Matt, Ambre et Tobias ont pris la tête d’un petit groupe de Pans, ils doivent gagner l’orient afin de mettre la main sur le troisième et dernier Coeur de la Terre. Une traversée périlleuse en terre inconnue, d’autant que Ggl est à leurs trousses avec Entropia, de même que l’empereur et ses forces armées…
Trois ans c’est long ! Oui je sais, vu comme ça on pourrait penser que j’enfonce une porte ouverte, mais c’est surtout histoire de dire que, du haut de mon neurone défaillant, je n’ai plus qu’un vague souvenir des précédents tomes. Il faut dire que depuis ma chronique de Neverland (publiée le 11 novembre 2013), j’ai lu et chroniqué 249 bouquins… vous m’excuserez si je ne me souviens pas du moindre détail de chacun d’entre eux.
Pour simplifier (n’étant pas un expert en théologie) on va dire que l’histoire biblique commence avec la Genèse et se termine par l’Apocalypse. Avec Autre-Monde, Maxime Chattam nous propose le chemin inverse, on commence par un apocalypse qui ravage une bonne partie de l’humanité et modifie radicalement la face du monde et on termine par la genèse. Reste à savoir si cela est plutôt bon signe, ou pas… Tout dépendra de l’issue de l’affrontement final.
Sur plus de 600 pages l’auteur nous entraîne dans une intrigue menée à un rythme infernal, il ne vous accordera que quelques instants de répit afin de reprendre votre souffle avant de repartir de plus belle. On attendait beaucoup de cet ultime opus, Maxime Chattam nous offre un bouquet final grandiose qui devrait combler même les fans les plus exigeants.
On retrouve avec plaisir des personnages connus (dont une retrouvaille pour le moins inattendue qui surgira au moment propice pour les Pans). Bien entendu on aura aussi le droit à quelques nouveaux venus, mais au final ils sont relativement peu nombreux par rapport aux tomes précédents. Vous aurez tout de même largement le temps de détester au plus haut point Dany Sin Kloss, ou encore de vous poser des questions quant à l’énigmatique Capitaine Selim, mais la rencontre la plus décisive sera certainement celle d’Anonymous.
Par contre au niveau des lieux traversés l’auteur continue de nous surprendre au fil du périple des Pans. Et ça commence très fort avec la traversée d’un monde souterrain dont l’obscurité dissimule maints dangers et autres mauvaises surprises (et peut être quelques surprises moins mauvaises que d’autres… allez savoir). Mais le point d’orgue reste bien entendu l’Est, non seulement c’est là bas que se trouve le dernier Coeur de la Terre mais ce sera aussi le champ de bataille de l’ultime confrontation.
Bien entendu je n’ai nullement l’intention d’évoquer cet affrontement final, sachez juste qu’il tient toutes ses promesses et que les pertes seront considérables.
Maxime Chattam profite de son intrigue pour poursuivre sa réflexion sur les dérives de la société moderne, dans ce tome ce sont les nouvelles technologies qui sont sur la sellette, plus particulièrement la dépendance qu’elles induisent chez certains consommateurs.
Refermer l’ultime opus d’une saga laisse toujours une impression paradoxale. D’une part on est heureux de connaître enfin le fin mot de l’histoire (surtout quand, comme présentement, nous avons le droit à un final en apothéose) ; et d’un autre côté on ne peut s’empêcher d’avoir un petit pincement au coeur à l’idée de quitter des personnages que l’on côtoie depuis un moment (huit années passées avec les Pans depuis le premier tome, ça ne compte pas pour du beurre). Même si l’auteur prévoit de revenir sur le parcours de certains personnages « secondaires » (dans ses remerciements il cite Gaspar et Luganoff) histoire de ne pas rompre trop brutalement avec l’univers d’Autre-Monde.
Avec cette saga Maxime Chattam est largement sorti de sa zone de confort, après un premier tome un peu trop orienté young adult, il a décidé de durcir son intrigue et de noircir l’ambiance générale, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Il en rêvait, il l’a fait et les lecteurs l’ont suivi en masse.

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Publié par le 28 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Ian Manook – La Mort Nomade

I. Manook - La Mort NomadeDirection la Mongolie en compagnie de Ian Manook et son dernier opus en date, La Mort Nomade, ultimes (?) retrouvailles avec Yeruldelgger.
Depuis son éviction de la police, Yeruldelgger s’est retiré dans le désert de Gobi pour une retraite spirituelle. Après quatre mois de solitude et de méditation sa retraite va prendre un tour inattendu, au fil des rencontres inattendues et de scènes de crimes, Yeruldelgger va se retrouver, bien malgré lui, au centre de toutes les attentions…
Pour ce troisième rendez-vous avec Yeruldelgger, Ian Manook change le ton de son roman, ce qui semble un choix logique étant donné que son héros n’appartient plus aux forces de police et n’a donc aucune légitimité à mener une enquête… Un fait qu’il ne manque pas de souligner au fil des pages : « Je n’en sais rien, Guerleï, tu peux me croire. Je me fous de leur révolte comme je me fous de tes enquêtes. Je suis juste un vieil ex-flic qui cherche à se ressourcer en s’isolant dans une retraite spirituelle, putain de bordel de merde, c’est quand même pas si difficile à comprendre, ça !« .
Une retraite spirituelle qui sera d’abord perturbée par Tsetseg, une fière amazone venue lui demander de l’aider à retrouver sa fille disparue. Puis par Odval, une jeune femme dont l’amant vient d’être assassiné et dont la yourte à été incendiée. Cerise sur le gâteau, un intrépide gamin, Ganbold, lui annonce qu’il a découvert un charnier !
Quand enfin la petite troupe se met en route, ils croiseront une première scène de crime et le lieutenant Guerleï, une fliquette qui essaye tant bien que mal d’éviter que la situation ne dérape. Pour Yeruldelgger ce n’est que le début des emmerdes, au fil de la route il croisera d’autres scènes de crimes, et sa troupe grandira… jusqu’à ce qu’il se retrouve promu, à l’insu de son plein gré, au titre Delgger Khan, chef de file de la révolte nomade contre les compagnies minières. Pas de bol pour un type qui aspirait à un paisible et méditative retraite spirituelle ! Une situation que Guerleï résume plutôt bien : « Tu n’es pas un mauvais homme, Yeruldelgger, bien au contraire, mais tu es le plus productif, le plus créatif, le plus prolifique fouteur de bordel que je connaisse ! ».
Beaucoup de nouvelles rencontres donc au programme, avec, comme toujours, des personnages bien travaillés. Dans la petite troupe qui accompagne Yeruldelgger j’ai eu un faible pour Tsetesg, une femme pleine de ressources qui ne reculera devant rien pour retrouver sa fille. J’ai aussi beaucoup aimé les échanges entre Yeruldelgger et Guerleï.
L’aspect policier stricto sensu est géré directement à Oulan Bator par les Affaires Spéciales, plus précisément par son chef Bektet et son adjointe, Fifty. Confrontés à la corruption des uns et au silence complaisant ou effrayé des autres, ils auront bien du fil à retordre face à un ennemi aussi puissant qu’impitoyable (j’ai pris un réel plaisir à la détester dès sa première apparition).
Même si au final elle n’est qu’un pion utilisé pour asseoir le pouvoir du véritable ennemi des terres mongoles, les multinationales minières qui ravagent et empoisonnent le sol mongol en totale impunité, achetant, d’une façon ou d’une autre, le silence des autorités. Le portrait que dresse l’auteur de l’exploitation minière fait froid dans le dos, un pillage sans nom que l’auteur qualifie fort justement de viol écologique.
De fait l’intrigue nous fait voyager hors des frontières mongoles, il faut dire que l’ennemi en question est du genre tentaculaire. Nous aurons le droit à des détours par New-York (avec un duo de flics excellent), le Québec, l’Australie et la France (l’occasion de retrouver avec plaisir Zarzavadjian).
Alors clap de fin pour Yeruldelgger ? Tout laisse à supposer que oui, par contre ne comptez pas sur moi pour vous dire s’il aura enfin pu profiter de sa retraite spirituelle… Je quitte cette trilogie à regrets mais avec toutefois la certitude que le nom de Yeruldelgger mérite sa place au panthéon de la littérature policière française.
Que lui souhaiter de plus ? Partir à la conquête d’un public international, pourquoi pas ?

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jd5Coup de Coeur

Morceau choisi :

Les dessous de la traditions.
Comment des filles des steppes se retrouvent mères des steppes et finalement prostituées ?
Explication par Solongo.

La cause, c’est généralement un jeune idiot. Il peut avoir douze ans comme il peut en avoir vingt. Il voit cette gamine grandir pas loin de lui et quand son corps s’y prête, petit à petit, il la désire. Son corps la réclame, c’est ce que lui murmurent les vieux. Dans le campement, tout le monde le remarque et en rit sous cape, jusqu’à la nuit où il relève le feutre de la yourte pour se rouler à l’intérieur. Dans le silence et l’obscurité il se glisse sous la couverture de la gamine qui n’ose rien dire de peur de faire honte à ses parents. Alors elle se laisse faire sans rien comprendre et il la prend maladroitement, comme dans un jeu interdit qui le surprend. Quelquefois la gamine se surprend à aimer. Souvent elle a mal et pleure en silence. Puis il remballe son attirail, sans adieu, sans un mot, et roule sous le feutre pour rejoindre dehors dans la nuit des aînés qui l’attendent, le congratulent et l’emmènent boire à l’écart. À l’intérieur, la gamine ne dort plus et les parents non plus, mais personne ne parle. Par honte. Parce que si c’est douloureux pour le corps de la gamine comme pour le cœur des parents, c’est toléré par la tradition pour la fierté des garçons. Et quand par hasard un enfant naît, la honte est toujours là et la tradition veut que la gamine, devenue femme malgré elle et à cause des autres, aille vivre dans sa propre yourte un peu isolée du campement. Au plus loin du point d’eau, sur les pentes les plus pierreuses, à regarder son gamin grandir en espérant qu’il ne se glissera pas sous le feutre d’une yourte lui aussi. Ou en l’encourageant à le faire, au contraire. Par vengeance. Mais si l’enfant est une fille, malheur à celui qui essayera de se glisser dans la yourte. Les mères des steppes ne dorment jamais, pour ne pas laisser leurs filles en pleurs.

 
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Publié par le 9 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stephen King – Le Bazar Des Mauvais Rêves

S. KIng - Le bazar des mauvais rêvesQuand j’ai appris qu’un nouveau Stephen King était annoncé j’ai tout de suite pensé au dernier opus de la trilogie Bill Hodges mais rapidement j’ai déchanté (en partie, faut pas déconner on parle du King quand même) en découvrant qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles, Le Bazar Des Mauvais Rêves.
Sur les vingt nouvelles proposées j’en connaissais quatre, deux via une VF officielle (Sale Gosse et A La Dure) et deux en fan-trad (Mile 81 et Billy Barrage). L’occasion d’ailleurs de constater que les fan-trad étaient d’excellente facture, mais sans non plus parvenir à réaliser l’impossible. D’un côté j’avais apprécié Mile 81, je l’ai redécouvert avec plaisir ; de l’autre j’avais trouvé Billy Barrage profondément chiant, je l’ai survolé à nouveau (et en diagonale) avec exactement le même ressenti.
Comme souvent, pour ne pas dire toujours, en présence d’un recueil de nouvelles on a du bon et du moins bon, ce Bazar ne déroge pas à la règle. Ceci dit je ne suis sans doute pas le meilleur public pour ce genre de bouquin, je reste en effet assez peu réceptif aux nouvelles… mais je reconnais volontiers que Stephen King excelle dans cet exercice. Avec ce recueil il confirme cette totale maîtrise, n’hésitant pas à mélanger les genres et mêmes les styles narratifs. On découvrira même deux poèmes de l’auteur… sur ce dernier point je confirme ce que lui même reconnais volontiers : la poésie n’est pas son point fort !
La véritable force de ce recueil tient davantage dans la forme que dans le fond. Stephen King se livre en effet à un « presque échange » avec les lecteurs. Outre une introduction en forme de déclaration d’amour à la nouvelle, chaque titre est précédé d’un texte de présentation plus ou moins long. Ca donne un côté intimiste à l’ensemble.
Un King nouvelliste égal à lui même qui devrait réussir à surprendre même ses fans les plus assidus. Je ne vous livrerai pas une chronique détaillée de chacune des nouvelles, globalement j’ai passé un agréable moment en compagnie de Stephen King (hormis avec Billy Barrage mais ça c’est surtout parce que je suis totalement hermétique au baseball), certaines nouvelles peuvent même se targuer de flirter avec l’excellence (je pense notamment à Ur, Morale, La Dune, Nécro et d’autres encore). J’espérais un recueil qui me ferait oublier le très moyen Nuit Noire, Etoiles Mortes, j’ai été servi au-delà de toute espérance (et je ne m’en plaindrais pas).
A noter que la version poche devrait compter un titre de plus si l’éditeur suit son homologue américain.

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Publié par le 31 octobre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Bernard Werber – Demain Les Chats

B. Werber - Demain Les ChatsBernard Werber fait partie de mes incontournables, si en plus il met les chats à l’honneur dans son dernier roman, Demain Les Chats, tout est fait pour qu’il se retrouve au sommet de mon Stock à Lire Numérique, et ce malgré une rude concurrence dans la file d’attente (Stephen King, RJ Ellory, Donato Carrisi… entre autres).
Bastet mène sa paisible vie de chat avec son humaine dans un appartement de Montmartre, sa rencontre avec Pythagore, le chat de la voisine, va lui apporter un éclairage nouveau sur les liens qui unissent les chats et les humains. Plus que jamais Bastet est convaincue de la nécessité de communiquer avec les humains…
Si comme moi vous avez un chat et que vous aimez sa compagnie, vous avez certainement eu, plus d’une fois, la sensation qu’il vous considère comme son humain et non l’inverse (en aucun cas, il ne pourrait envisager d’être votre chat ou, pire encore, votre animal de compagnie… un statut bien trop dégradant pour sa noble personne). C’est en tout cas clairement la position de Bastet, la nouvelle héroïne de Bernard Werber.
Quand Pythagore va lui raconter l’évolution des relations entre les chats et les humains au fil des âges, elle sera tantôt confortée dans son idée, tantôt nettement plus dubitative. Il faut dire aussi que le chat ne fait pas les choses à moitié, il aura tour à tour été déifié puis diabolisé par les humains… Alors l’avenir de l’homme passe-t-il par le chat ?
Il faut bien reconnaître aussi que Bernard Werber ne place pas le genre humain dans la position la plus confortable qui soit. Son récit se situe en France dans un avenir incertain, le pays est déchiré par une déferlante d’attentats terroristes, on est aux portes de la guerre civile. L’ennemi n’est jamais nommé et ce n’est pas une nécessité : des barbus, fanatiques religieux, qui se regroupent sous un drapeau noir ; pas besoin de mettre un nom sur cette chose qui ne nous est que trop familière. La sagesse du chat est-elle la réponse à la connerie de l’humain ?
Si l’auteur prend (peut être) quelques libertés avec l’Histoire, nous ne lui en tiendrons pas rigueur, sa motivation est uniquement de mieux intégrer les faits à son intrigue. Un roman qui n’est certes pas destiné aux seuls ailurophiles (amoureux des chats, si, si ça s’appelle comme ça) mais clairement à un lectorat qui connaît et apprécie Bernard Werber. Ce n’est pas avec ce roman que l’auteur séduira un public plus large, on est clairement dans une histoire werberienne avec un style werberien.
Pour ma part je fais doublement partie du public visé, j’aime les chats et j’apprécie le travail de Bernard Werber. J’ai donc passé un agréable moment avec ce roman mais pour être totalement objectif je dirai que c’est un divertissement qui assure à peine plus que le minimum syndical, globalement ça aurait mérité un peu plus de densité pour emballer totalement le lecteur. Ca se lit vite et bien, aucun risque de surchauffe neuronale, le contrat est rempli mais il n’empêche qu’on a l’impression que l’auteur est resté dans sa zone de confort avec aucune prise de risque.

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Publié par le 24 octobre 2016 dans Bouquins

 

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