RSS

Archives de Tag: 12-21

[BOUQUINS] Karine Giebel – Satan Etait Un Ange

K. Giebel - Satan Etait Un AngeRetour à des romans plus consistants (en terme d’épaisseur) même si le dernier opus de Karine Giebel, Satan Etait Un Ange, est loin d’être un pavé.
Une fois n’est pas coutume je vais vous proposer un extrait de la quatrième de couv’. Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer et qui pourtant fuient ensemble leurs destins différents. Rouler droit devant, admirer la mer. Faire ce qu’ils n’ont jamais fait. Vivre des choses insensées. Vivre surtout…
C’est le troisième roman de Karine Giebel que je lis et, pour le moment, non seulement je n’ai jamais été déçu mais elle a su à chaque fois me surprendre en jouant sur différents registres du thriller. En l’occurrence l’intrigue est presque secondaire dans ce roman, c’est le côté intimiste qui prime sur l’action, la relation improbable, voire impossible, dans un autre contexte entre deux individus que tout oppose (l’auteure parle fort justement d’un « couple insolite, formé par l’errance, la douleur« ).
Comme le roman repose sur les épaules de ses deux héros qui sont tout sauf héroïques, lui donner une véritable profondeur psychologique était primordial pour en assurer la crédibilité. Karine Giebel relève haut la main le challenge, elle parvient à rendre ses personnages crédibles au point d’en devenir presque palpables.
D’un côté on a François, à l’aube de la cinquantaine il a la vie dont il toujours rêvé, jusqu’à ce qu’il apprenne qu’il souffre d’une tumeur au cerveau inopérable. Condamné à court terme, il décide de tout quitter le temps de faire le point, résigné, effrayé. Fuir un funeste destin qu’il sait inéluctable.
De l’autre Paul, à peine 20 ans, peut être un peu plus. Lui aussi fuit mais l’auteure distille des infos sur son compte au compte gouttes. Parfois on a enviez de lui foutre des baffes (à Paul pas à Karine Giebel) mais à la lumière de son parcours on comprend mieux.
Mais ce roman n’est pas que psychologique, on a bel et bien une intrigue digne d’un thriller en toile de fond. Une intrigue dont on découvre toute la mesure au fil des chapitres. Une intrigue noire à souhait qui, presque malgré nous, nous tiendra en haleine jusqu’au clap de fin.
Le style de l’auteure fait de ce roman un vrai régal à lire, sans doute pas un thriller qui mettra vos nerfs à rude épreuve mais une belle histoire d’amitié qui fait du bien là où elle passe. On prend un véritable plaisir à partager tour à tour les pensées de François et de Paul.
Sans être clairement situé dans le temps on peut, sans se méprendre, situer l’intrigue vers la fin des années 90, début du vingt et unième siècle. Le franc est encore de rigueur et ça clope à tout va…

 
15 Commentaires

Publié par le 4 décembre 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , ,

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Ca Peut Pas Rater !

G. Legardinier - Ca Peut Pas Rater !Après mon looong périple au coeur des Collines Noires avec Dan Simmons j’avais besoin d’un peu de légèreté, d’un maximum de pep’s et d’un bouquin qui se lisait tout seul, sans prise de tête et avec un sourire béat aux lèvres. Mon sauveur ? Gilles Legardinier et son dernier opus, Ca Peut Pas Rater !. Une valeur sure au rayon de la bonne humeur.
Marie se fait plaquer par son mec, après un passage à vide elle décide que désormais plus personne ne viendra lui chercher des poux sans en payer les conséquences. Plus question de s’encombrer d’un homme dans sa vie. Sauf que les choses ne se passeront pas exactement comme prévu…
Ce quatrième opus dans le registre humour ne fait que confirmer ce que je savais déjà, Gilles Legardinier a un don incroyable pour nous offrir un condensé de bonheur et de bonne humeur. Je persiste et signe en affirmant que ses bouquins devraient être remboursés par la Sécu (plus encore en ces temps de morosité ambiante). On en arriverait presque à retrouver foi en l’humanité…
De nouveau Gilles Legardinier réussit à nous surprendre en jouant dans un nouveau registre comique. En s’adressant à son lecteur à la première personne et à travers un personnage féminin, on pourrait être tenté de faire un rapprochement avec Demain j’Arrête ! mais le personnage de Marie est tout de même nettement moins déjanté que celui de Julie et fait preuve de plus de maturité dans son analyse des relations humaines (quoique parfois on retrouve le même grain de folie douce).
Car oui, comme dans les autres romans de l’auteur ce sont bien les relations humaines qui tiennent le haut du pavé. Ici, la relation homme-femme au sein du couple est à l’honneur, mais aussi l’amitié et même les relations sociales au sein d’un même espace de travail. Sous couvert d’humour l’auteur nous offre une analyse qui ne manque ni de profondeur ni de justesse, nul doute que tout à chacun devrait s’y reconnaître à un moment ou un autre de son existence.
Et les personnages sont suffisamment nombreux et variés pour permettre à l’auteur de nous inviter à partager quelques tranches de vie avec eux. Marie pourra ainsi toujours compter sur le soutien indéfectible de son amie, Emilie, mais ce sera aussi pour elle l’occasion de découvrir ses autres collègues. A bien y regarder on bosse au milieu de gens que l’on côtoie entre 8 et 10 heures par jour, mais est-ce qu’on les connait vraiment ? Pour ma part sans hésitation la réponse est non, sans doute mon côté ours grognon et asocial qui ressort…
Je referme ce bouquin avec l’esprit léger, le coeur plein d’émotions (et oui l’auteur sait aussi jouer sur tout le registre émotionnel) et un sourire béat aux lèvres. Une lecture ponctuée de sourires et de rires. Je pensais trouver une Marie plus vacharde mais c’est sans le moindre regret que je me suis laissé embarquer dans le périple imaginé par l’auteur ; et une fois de plus je m’incline devant son talent indéniable pour dérider nos zygomatiques en toutes circonstances.
C’est toujours avec un pincement au coeur que je referme un roman de Gilles Legardinier, d’un autre côté ça ne me rend que plus impatient de découvrir le suivant. Qu’il décide de nous offrir une nouvelle tranche de bonne humeur ou un thriller, je serai au rendez-vous.

 
22 Commentaires

Publié par le 27 octobre 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Sarah Lotz – Trois

S. Lotz - TroisA la sortie de ce bouquin j’ai été tout de suite enthousiasmé par son pitch et sa couv’, puis au fil des critiques diffusées çà et là des avis mitigés, voire franchement négatifs, ont semblé prendre le dessus sur les réactions enthousiastes. Cela aurait pu me pousser à renoncer mais je ne suis pas facilement influençable (et surtout terriblement curieux), voilà comment Trois de Sarah Lotz s’est tout de même retrouvé dans mon Stock à Lire Numérique. Ai-je eu tort ou raison ? Vous le saurez bientôt…
Le 12 janvier 2012 restera dans les esprits comme le Jeudi Noir. Ce jour-là quatre avions de lignes s’écrasent à quelques heures d’intervalles aux quatre coins du monde. Sur trois des sites de crash on retrouve un seul et unique survivant, un enfant. Rapidement les spéculations les plus folles circulent sur les Trois. Comment expliquer leur survie miraculeuse ? Et s’ils n’étaient pas vraiment ce qu’ils ont l’air d’être…
Le bouquin se présente comme un livre dans le livre, à la façon de World War Z de Max Brooks. En l’occurrence il s’agit d’un essai signé Elsphet Martin sur ce fameux Jeudi Noir et le phénomène des Trois. On y trouve des extraits de livres, des interviews et autres comptes-rendus ; bref tout ce que l’on est susceptible de trouver dans un ouvrage de ce genre. Lire un prétendu essai sur un événement fictif peut sembler déconcertant, je comprends même que cela puisse rebuter les moins téméraires, mais personnellement ce choix narratif ne m’a pas choqué outre mesure, d’autant que c’est globalement bien ficelé.
Mine de rien ce choix narratif demande un gros travail d’écriture afin de se mettre à la place de chacun des intervenants. Non seulement ils auront leur propre perception des choses mais aussi une façon personnelle de s’exprimer. Un défi relevé haut la main par l’auteure.
Tout le bouquin se découpe par succession de deux phases appelées respectivement Les Survivants (où l’on découvre le quotidien des familles ayant recueilli un des enfants miraculés) et Le Complot (où s’affrontent les théories conspirationnistes les plus délirantes et les affabulations apocalyptiques de certains groupes religieux sur le pourquoi du comment des crash et les enjeux autour des Trois). Franchement là encore les choses se goupillent bien, on se prend rapidement au jeu.
A partir d’une successions de petits riens, des faits presque anodins pris un à un mais nettement plus significatifs quand on a une vue d’ensemble (privilège des lecteurs que nous sommes), l’auteure nous amène à nous poser des questions, à douter, voire même à installer une véritable tension nerveuse (le cas le plus flippant est celui de Jess, recueillie par son oncle Paul après la mort de ses parents). On frétille d’avance à l’idée de découvrir le fin mot de l’histoire.
Et c’est là que le bât blesse… Imaginez que vous cuisiez un soufflé au fromage, vous le voyez à travers la vitre du four qui gonfle et dore au fur et à mesure de la cuisson, quand vous éteignez le four et ouvrez la porte le truc s’effondre en une masse informe. Et quand vous décidez malgré tout de le goûter vous tombez sur un truc insipide. La comparaison peut paraître cruelle mais c’est bel et bien le ressenti premier en refermant le bouquin. Tout ça pour ça !
Ce n’est pas pour autant que je dirai que ce bouquin est un ratage total, l’auteure réussit à nous tenir en haleine avant une fin un peu trop abrupte qui ne répond à aucune des questions que l’on pouvait se poser. Les (longues) annexes finiront d’enfoncer le clou en brouillant encore un peu plus les pistes sans trancher dans le vif. Avec un final digne du reste il aurait pu prétendre à l’excellence, au lieu de ça il devra se contenter de flotter dans la zone moyenne ; à chacun de se forger sa propre opinion sur les Trois…
Encore un mot pour finir cette chronique. Si vous espérez un thriller pur jus passez votre chemin, il y a une forte part de fantastique dans le développement de l’intrigue ; pour ma part cela ne m’a pas dérangé, la lecture de la quatrième de couv’ ne m’ayant laissé aucun doute sur la question.

 
17 Commentaires

Publié par le 25 août 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Hervé Commère – Imagine Le Reste

H. Commère - Imagine Le ResteDepuis le temps que je lis les éloges de ce bouquin il fallait bien que je me lance, une fois de plus c’est Gruz qui a tiré le premier ! C’est donc totalement confiant, à la limite de l’inconscience même, que je me suis plongé dans Imagine Le Reste de Hervè Commère.
Karl et Fred sont deux zonards qui survivent à coup de petits boulots et autres combines plus ou moins ambitieuses/foireuses. Quand Fred débarque un matin avec un sac bourré de billets ils savent que c’est le moment ou jamais de changer de vie. Sauf que le fric a été volé à un caïd « brutal et subtil« . Et, cerise sur le gâteau, nos deux couillons se font piquer leur caisse avec la thune dedans…
En général j’essaye dans mes présentations de bloquer entre les 10 ou 20 premiers pour-cents du bouquin histoire d’en dire le moins possible tout en posant le décor. Ca ne marche pas à tous les coups, parfois je dois aller au-delà de cette limite imposée sinon mon pitch ne voudrait rien dire, je l’ai fait cette fois sans regrets.
Le premier coup de coeur est visuel avec cette couv’ d’une route lambda qui se fond dans l’horizon, et au-dessus ce titre qui est en soi une invitation au rêve. De suite l’imagination se met en branle, on donne une vie et une histoire à cette portion de route. Après cet interlude imaginatif il est temps de découvrir dans quoi l’auteur souhaite nous embarquer.
Avant même d’entrer dans le coeur de l’intrigue on tombe sous le charme de la plume de l’auteur, c’est foutrement bien écrit, plein de poésie même dans les moments les plus désespérés. Juste ce qu’il faut de figure de style pour que les mots viennent nous susurrer leur mélodie des oreilles au coeur sans escale et sans jamais sombrer dans le surjoué balourd.
Le bouquin est divisé en quatre parties, chacune suivant les pérégrinations du magot. Dès que l’on pose le bouquin, le temps de souffler, l’imaginaire se remet en branle, on invente la suite des événements et les connexions. A peine replongé dans l’intrigue que l’on oublie nos hypothèses bancales, on se laisse balader avec plaisir par l’auteur un sourire béat aux lèvres, bercé par les mots et la musique…
ACTE 1. On ouvre le bal avec Karl et Fred, nos deux zonards qui sont bien loin d’avoir inventé le fil à couper le beurre. Mais ils sont sympas malgré tout, pour eux ce blé c’est avant tout l’occasion de prendre un nouveau départ et de vivre leurs rêves. Une solide amitié les lie, on partage leurs galères et leur insouciance. Puis c’est la douche froide, que dis-je glacée ! Ca va pas Monsieur Commère ! C’est un truc à choper une hydrocution.
ACTE 2. On fait la connaissance de Nino, un chanteur à la voix d’or qui doute de son talent. Il se retrouve embringué dans une histoire qui le dépasse mais pour lui ce pactole est un tremplin vers la reconnaissance, une opportunité unique de se lancer dans la musique et d’en vivre. Mais vous pouvez compter sur l’auteur pour venir perturber les plans de notre artiste en herbe.
ACTE 3. Finis les petits joueurs. Place à Serge, le propriétaire initial du sac et son précieux butin. Inutile de préciser qu’il est un tantinet en rogne de s’être fait voler comme un bleu. Pour lui ce sac et ce fric c’est son bien le plus précieux, la prunelle de ses yeux. Quand j’vous dis que le Serge est en rogne le mot est faible. Il bout, il écume, c’est la rage personnifiée.
ACTE 4. Baisser de rideau. Pas une vraiment fin en apothéose mais encore quelques surprises à la clé et surtout aucune déception à la clôture du bouquin, que du plaisir, un immense plaisir. Mais je n’en dirai pas plus…
Un bouquin inclassable, un thriller par bien des aspects mais bien plus que ça, j’aime le terme OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) et je trouve particulièrement bien adapté à ce roman.
Incontestablement un bouquin qui restera longtemps gravé dans mon coeur et mon esprit. Si je devais résumer mon ressenti en une phrase je m’en tiendrai à celle-ci, extraite du bouquin : « Ima­gi­ner le reste était une chose merveilleuse. Faire tout ce que l’on peut pour voir en face son des­tin s’ac­com­plir était une chose plus belle en­core. » Rien de ce que vous pourrez imaginer sera aussi fort que ce que vous lirez.
J’ai découvert l’univers littéraire de l’auteur avec ce titre (son quatrième roman), nul doute que, si l’occasion se présente, je me plongerai avec plaisir dans ses titres précédents. A défaut je guetterai les suivants…

 
27 Commentaires

Publié par le 22 juillet 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Catharina Ingelman-Sundberg – Comment Braquer une Banque Sans Perdre Son Dentier

C. Ingelman-Sundberg - Comment Braquer Une Banque...Un invité surprise qui, à peine arrivé dans mon Stock à Lire Numérique, s’est retrouvé au sommet, me regardant avec ses yeux de cocker. Franchement comment vouliez vous que je puisse résister à un titre pareil ? Jugez-en par vous même, Comment Braquer Une Banque Sans Perdre Son Dentier ? de Catharina Ingelman-Sundberg (un nom à rallonge qui va bien avec le titre).
Martha, Le Génie, Stina, Le Râteau et Anna-Greta sont cinq septuagénaires pensionnés à la maison de retraite Le Diamant. Afin de lutter contre les conditions drastiques de leur pension ils décident de devenir « les vieillards les plus emmerdants du monde« . De fil en aiguille ils envisagent même de faire un casse, non seulement dans le but de s’enrichir mais aussi pour se retrouver en prison, qui, selon eux, propose de meilleures conditions d’hébergement…
Rien que le titre m’aurait donné envie de craquer, ajoutez à cela une couv’ que je trouve très « parlante » et un pitch plutôt alléchant et voilà comment la chose est arrivée entre mes mains. Maintenant restait à savoir si le contenu serait à la hauteur…
Direction la Suède donc pour suivre notre équipée sauvage en déambulateur. Si un doute subsiste dans certains esprits autant lever le voile de suite : non ce bouquin n’est pas un thriller bourré d’adrénaline. L’auteure joue bel et bien la carte de l’humour (avec tout de même un soupçon de suspense) en nous invitant à suivre le périple improbable de nos papys et mamies qui vont découvrir que devenir un criminel est plus difficile qu’il n’y paraît. Et l’humour est bel et bien au rendez-vous, le bouquin ne vous tirera peut être pas de grands éclats de rire mais vous laisserez certainement échapper quelques sourires au fil des pages.
L’auteure soigne ses personnages, nos petits vieux ont chacun une personnalité bien affirmée, avec des forces mais aussi quelques faiblesses (ils n’ont plus 20 ans) ; ils sont la parfaite illustration de l’adage « l’union fait la force« . Ensemble rien ne peut leur résister, seuls ils redeviennent de frêles vieillards (ou presque).
Je m’attendais à une lecture divertissante et je n’ai pas été déçu, sans être transcendant le bouquin tient ses promesses. Une découverte que je ne regrette pas et qui apporte son lot de bonne humeur.
L’auteure réussi à aborder un sujet épineux (voire douloureux) avec humour et intelligence. J’ignore tout des conditions d’hébergement dans les maisons de retraite en Suède mais je suppose que là-bas, comme un peu partout soit dit en passant, ça ne doit pas être bien folichon. On ne peut pas vraiment dire que bosser 35 ans (et plus si affinités) de sa vie pour finir seul(e) dans un de ces mouroirs soit une perspective des plus engageante. On peut toujours espérer y échapper mais malheureusement le choix ne nous appartient pas toujours…

 
12 Commentaires

Publié par le 31 mars 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , ,

[BOUQUINS] Mallock – Les Larmes De Pancrace

Mallock - Les Larmes De PancraceJe ne peux résister plus longtemps à l’envie de me plonger dans la lecture de la nouvelle enquête de l’incomparable Mallock, ou plutôt des Mallock avec l’auteur d’un côté et son commissaire homonyme de l’autre. La chose s’appelle Les Larmes De Pancrace et, bien entendu, est signée Mallock.
Jean de Renom, nobliaux et viticulteur de la région bordelaise est assassiné à l’entrée de son château alors qu’il rentrait d’un voyage à Paris. Les soupçons se portent immédiatement sur Camille, son épouse. Tout l’accuse en effet. Mais Mallock, appelé à la rescousse par son ami, Gilles Guédrout, commissaire à Bordeaux, chargé de l’affaire et proche du couple de Renom. Mallock creuse deux autres pistes pour tenter de comprendre les dessous de l’affaire : une affaire criminelle datant d’il y a une trentaine d’année et une ancienne malédiction prononcée par le dernier des Templiers sept siècles plus tôt…
La première surprise est de découvrir un Mallock (le flic) en vacances, et vous savez quoi ? Un Mallock en vacances ça ressemble à n’importe quel quidam vacancier. Exit le gros ours mal léché. Gaffe m’sieur Mallock faudrait pas sombrer dans la guimauve (un vrai gosse avec les gerbilles du juge… jouissif !). Mais heureusement il ne perd rien de sa verve, de son intelligence et de son cynisme quant il s’implique dans l’enquête. Tout comme l’auteur ne perd pas la richesse caractéristique de sa plume. Pour notre plus grand plaisir !
J’me disais : je les attends au tournant les Mallock, ils m’ont un peu trop facilement emballé lors de notre première rencontre ; cette fois je vais me tenir sur mes gardes. Mais voilà le Mallock (l’auteur) est un fourbe doublé d’un génie (si si n’ayons pas peur des mots), dès les premières pages nos bonnes résolutions tombent à l’eau, on entre en transe littéraire, on fusionne avec le roman. Comme dans Le Cimetière Des Hirondelles le fourbe nous livre un(e) coupable tout(e) désigné(e), à Mallock (le flic) de deviner le pourquoi du comment de la chose et de démêler l’écheveau ; qui plus est présentement la personne qui semble tirer les ficelles saute aux yeux, telle l’absence de nez au milieu de la figure (avouez que ça se remarque mieux que la présence d’un nez). Coupable connu(e), marionnettiste identifié(e) ; alors quoi ? The end ? Que nenni ! Une certitude ne constitue en rien une preuve à charge. Et c’est là que le génie intervient, Mallock (l’auteur) réussi à nous étonner et même à nous surprendre en nous offrant une intrigue originale (délicieusement vicelarde), riche en rebondissements et en personnages toujours aussi mitonnés aux petits oignons avec amour. Car voyez vous, s’il est évident que Mallock (l’auteur) aime Mallock (le flic), il ne dédaigne pas pour autant ses autres protagonistes, récurrents (l’équipe du Fort) ou nouveaux venus, tous ont le droit à un travail de fond soigné.
En guise de cerise sur le gâteau, Mallock (l’auteur) nous offre un voyage dans le passé avec le périple du dernier des Templiers, l’occasion de revenir rapidement sur l’histoire douloureuse du Temple (un Ordre au service de Dieu, trahi et exterminé sur ordre de la Papauté). Curieusement, bien que viscéralement athée depuis la nuit des temps et peut être même au-delà, j’ai toujours éprouvé un vif intérêt pour ces moines-guerriers et leur Ordre (rassurez-vous je ne fais pas partie de ces mystiques qui cherchent le fameux trésor du Temple).
Difficile d’ignorer l’autre invité l’honneur : le vin. Etant d’avantage consommateur occasionnel que connaisseur je reconnais humblement que le milieu viticole reste une zone d’ombre dans ma culture générale. J’ai pris plaisir à découvrir certaines facettes de cet univers (impitoyaaable) en compagnie des Mallock ; nul doute qu’eux savent apprécier à sa juste valeur la dive bouteille.
Sous le charme, subjugué même. Je déclare forfait… Les Mallock m’ont vaincu par KO ! Un style incomparable associé à une intrigue sans fausse note et parfaitement ficelée, l’alchimie façon Mallock ne peut laisser personne indifférent. De nouveau bluffé, sur le cul le Lord même si j’avais deviné certains aspects de l’énigme. Merci les Mallock, j’en redemande !
D’ailleurs M’sieur Mallock (l’auteur), j’peux vous poser une petite question ? Nous, lecteurs numériques, avons-nous espoir de trouver un jour les deux premières enquêtes du commissaire Mallock au format epub ? Allez quoi, ce serait sympa…

 
15 Commentaires

Publié par le 26 mars 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , ,

[BOUQUINS] Collectif – Du Sang Sur Le Tour

Du Sang Sur Le TourUn court recueil de nouvelles au programme de cette chronique, cinq nouvelles policières ayant pour cadre Le Tour De France, cinq auteurs dont la réputation dans le genre n’est plus à faire (Gilles Legardinier, Jean-Bernard Pouy, Benoît Séverac, Jean-Marc Souvira et Franck Thilliez), la chose s’appelle Du Sang Sur Le Tour et est proposé en numérique par les éditions 12-21.
En quelques pages les auteurs n’auront guère l’occasion de nous faire vibrer au rythme d’une enquête de longue haleine, mais plutôt de nous faire partager une ambiance issue de leur imaginaire.
Gilles Legardinier – Un Sourire A Tomber. L’auteur relève le défi avec une approche originale, au coeur du peloton. Un dénouement un peu prévisible mais ça reste bien ficelé.
Jean-Bernard Pouy – Que Ma Blessure Soit Mortelle. Escale corse avec un spectateur pas comme les autres. Un vrai récit d’ambiance sur fond de maquis et de vendetta.
Benoît Séverac – Le Tour, de père en fils. Bain de sang sur une des épreuves mythiques du Tour : les Pyrénées ! Un plan stupide mené par quatre frères aussi stupides que leur idée, mention spéciale pour l’arme du crime. Un final grandiose.
Jean-Marc Souvira – Les rotules en os de mort. La plus longue des cinq nouvelles. Un récit dans lequel la fiction et la réalité cohabitent étroitement. L’auteur situe son récit en 1924, le Tour était encore une épreuve « propre », mais ça c’était avant.
Franck Thilliez – Un dernier tour. Un jeu de piste macabre pour un flic amnésique et un final magistral. De loin la meilleure surprise de ce recueil.
Une lecture agréable, rapide mais pas indispensable… J’espérais des nouvelles plus percutantes, seul Franck Thilliez a réussi à vraiment me faire vibrer.

 
9 Commentaires

Publié par le 23 janvier 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , , , , ,