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Archives de Catégorie: Bouquins

[BOUQUINS] Maxime Chattam – Le Signal

AU MENU DU JOUR

M. Chattam - Le Signal

Titre : Le Signal
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : France
752 pages

De quoi ça cause ?

Pour fuir le tumulte de la vie new-yorkaise, la famille Spencer, Tom, Olivia, leurs deux adolescents, Chad et Owen, et la petite dernière, Zoey, décident de s’installer dans la paisible bourgade de Mahingan Falls ; se mettre au vert histoire de prendre un nouveau départ.

Paisible ? Rien n’est moins sûr. En effet, peu après leur installation les Spencer notent une succession d’événements troublants. Et si une menace invisible, mais néanmoins bien réelle, planait sur Mahingan Falls…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam.

Parce que la quatrième de couv’ nous promet LE grand frisson.

Ma chronique

J’apprécie tout particulièrement les auteurs qui osent s’aventurer au-delà de leur zone de confort, nul ne pourrait nier que Maxime Chattam fait partie de ces auteurs/baroudeurs. Plutôt que de se confiner au thriller, genre dans lequel il n’a plus rien à prouver, il n’hésite pas à sortir des sentiers battus pour explorer de nouveaux horizons.

Qui l’eut cru capable de nous offrir une saga de fantasy post-apocalyptique ? Et pourtant il l’a fait avec Autre-Monde, et le résultat a été plus que convaincant. S’essayer au roman noir était certes un pari moins risqué, il n’en reste pas moins qu’il a brillamment tiré son épingle du jeu avec Que ta Volonté Soit Faite. Au risque de désarçonner ses lecteurs, il a été encore plus loin dans le noir avec Le Coma Des Mortels, et effectivement l’accueil fut mitigé même si, pour ma part, j’ai été sous le charme.

Avec Le Signal, l’auteur s’essaye à la littérature horrifique ; un genre à part entière, n’en déplaise à certains intégristes culturels. Un genre qui fut véritablement initié par Mary Shelley (Frankentstein) et Bram Stoker (Dracula) et qui aujourd’hui fait bien des émules aussi bien chez les lecteurs que chez les auteurs. Dans cette vaste écurie littéraire, pour son roman Maxime Chattam puise vraisemblablement son inspiration chez H.P. Lovecraft et Stephen King ; inutile de vous dire qu’avec de telles références la barre est haute…

N’est pas Lovecraft ou King qui veut. Dès les premières pages du bouquin, on sent que Maxime Chattam n’est pas dans son élément, ça manque de corps, comme si l’auteur cherchait à écrire comme ses modèles plutôt que de s’approprier totalement son intrigue.

Si les différentes scènes horrifiques sont plutôt bien foutues, il manque un liant ou plus exactement un background. Le gore fait incontestablement son effet, mais au niveau de l’ambiance générale du récit la sauce a du mal à prendre. Il manque cette impression de malaise et/ou d’oppression qui est la marque des grands récits d’horreur. Du coup on frémit sur le coup (certaines mises à mort sont franchement vicieuses), mais on ne flippe pas réellement. Pour le grand frisson, c’est raté.

Il n’en reste pas moins que Maxime Chattam est un grand auteur, malgré ces quelques imperfections, il parvient à rendre son récit addictif, difficile de lâcher prise avant de connaître le fin mot de l’histoire. Sur ce point, j’ai un moment craint le pire devant la dimension technologique des événements qui frappent Mahingan Falls, mais au final ça s’intègre plutôt bien à l’ensemble (et ça justifie le titre du roman, soit dit en passant).

Certes pas le meilleur cru de Maxime Chattam mais la dernière partie du récit, franchement haletante, ferait presque oublier ces petits défauts. Si l’auteur souhaite persévérer dans le genre (ce que j’espère), je lui conseillerai (très modestement cela va sans dire) d’oser s’affirmer davantage ; garder à l’esprit les maîtres du genre est une bonne chose, mais il faut qu’il trouve et impose sa propre voie.

À défaut d’avoir ressenti le grand frisson, j’ai passé un agréable moment en compagnie de la famille Spencer, mais aussi des autres personnages (mention spéciale à Connor, un adolescent qui ne manque pas de ressources, mais aussi à Gemma, la baby-sitter et à Ethan Cobb, un lieutenant qui n’hésitera pas à s’opposer à son abruti de chef). N’allez pas croire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, si les entités qui s’acharnent sur Mahingan Falls sont franchement néfastes, chez les humains aussi il y a des individus hautement nuisibles (je citerai par exemple Derek Cox et Warden, le chef -l’abruti dont il est question plus haut – de la police).

J’ai refermé ce bouquin avec une question qui me turlupinait : qu’est-il donc arrivé à Milo ? Avec le recul je me dis qu’il vaut mieux peut-être ne pas le savoir ; surtout quand on connait le triste sort réservé à son prédécesseur…

Le bouquin est truffé de clins d’œil à la littérature et au cinéma horrifique, à commencer bien entendu par l’oeuvre de Stephen King (certaines références étant très lourdement appuyées) ; si je devais n’en retenir qu’une, ce serait la présence de la ville d’Arkham et plus particulièrement son hôpital psychiatrique (Arkham Asylum en langue de là-bas). Si, à l’origine, la ville d’Arkham (Massachusetts) a été imaginée par H.P. Lovecraft pour être le théâtre de certains de ses écrits, notamment dans le cadre du Mythe de Cthulhu, et abrite bien un hôpital psychiatrique ; l’Arkham Asylum a surtout été popularisé par DC Comics, c’est en effet là que sont détenus les pires criminels de Gotham City que combat Batman (dont l’incontournable Joker).

D’un point de vue strictement visuel, je trouve la couv’ très réussie. Si je ne connaissais pas Maxime Chattam, elle m’aurait très certainement donné envie de me pencher sur ce bouquin. Et j’aurai tout aussi certainement craqué après avoir lu la quatrième de couv’.

Petite digression sportive si vous le permettez…

Ils étaient sonnés.
Comme s’ils avaient pris un uppercut en pleine tempe.

Pour un amateur de boxe, cette phrase pique les yeux et défie toute logique.
Un uppercut en pleine tempe c’est juste impossible… ou alors c’est un uppercut raté. L’uppercut est un puissant coup de poing porté de bas en haut qui vise principalement le menton de l’adversaire ; un uppercut réussi laissera l’adversaire complètement sonné, voire même KO. S’il touche la tempe, il ne fera guère que l’effleurer en fin de course.
Par contre si on veut déstabiliser (et plus si affinités) son adversaire en le frappant à la tempe, c’est le crochet le coup le plus approprié.

MON VERDICT

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Publié par le 16 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Luke Rhinehart – Invasion

AU MENU DU JOUR

L. Rhinehart - Invasion

Titre : Invasion
Auteur : Luke Rhinehart
Éditeur : Aux Forges de Vulcain
Parution : 2018
Origine : USA (2016)
448 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il est de sortie pour une campagne de pêche, Billy Morton remonte une étrange boule de poils. Si la chose semble bel et bien vivante et dotée d’une certaine forme de conscience, elle ne ressemble à rien de connu.

Il n’en reste pas moins que la boule de poils semble se prendre d’affection pour Billy, elle le suit en effet jusque chez lui. D’abord intriguée, la famille Morton, Billy, Carlita et leurs jeunes fils Jimmy et Lucas, adopte la chose et l’appelle Louie.

Louie s’avère être un extraterrestre et ne pas être le seul représentant de son espèce, les Protéens, à être de passage sur Terre. La philosophie des protéens est on ne peut plus simple : « faut rigoler ! »… et c’est encore mieux si la rigolade se fait aux dépens des autorités et du système.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

À la base afin de participer à une opération FB lancée par Lau Lo, SP voyageurs sans frontières, pour diverses raisons ça n’a pu se faire.

Tout venant à point à qui sait attendre, l’éditeur m’a finalement fait parvenir le roman au format PDF (merci David). Restait à savoir si j’allais ou non le lire…

Ma chronique

Merci à David des éditions Aux Forges de Vulcain pour son envoi du roman (enfin presque… des épreuves non corrigées) au format PDF.

Et me voilà face à un cruel dilemme, le lire ou ne pas le lire ? D’un côté j’avais vachement envie de découvrir ce bouquin, mais de l’autre le format PDF est pour moi absolument rédhibitoire. Le choix s’est imposé de lui-même, si l’EPUB ne vient pas à toi, va à l’EPUB ; en clair il me « suffisait » de créer un fichier EPUB à partir du PDF.

Simple non ? Pas si simple que ça en fait. Une conversion directe PDF en EPUB via Calibre donne un résultat purement et simplement catastrophique. Par contre convertir un PDF en fichier Word via NitroPDF est une opération nettement plus simple. Il restait ensuite à retravailler le fichier Word afin de virer les pieds de pages et les césures de mots.

La seconde étape consistait à convertir le fichier Word au format EPUB. Pour je ne sais quelle raison Calibre s’est de nouveau ligué contre moi, l’opération n’a jamais abouti ! Je suis parti d’une page vierge sur Sigil, j’ai créé une feuille de style et j’ai alimenté le fichier par des copier-coller successifs (un par chapitre, plus quelques autres pour respecter (plus ou moins) la mise en page d’origine. Et me voilà avec un fichier EPUB complet !

Alléluia ? Non pas encore… Un premier survol du fichier pour corriger les coquilles les plus évidentes et formater le texte. L’ami Groucho (merci à toi) s’étant volontiers prêté au jeu de la relecture, j’ai pu apporter quelques corrections complémentaires.

Et c’est cette version que j’ai lue, en gardant le PDF ouvert comme support afin d’apporter les ultimes (?) corrections et obtenir enfin un fichier EPUB propre. Ce fut laborieux, mais ça en valait la peine.

Après cette longue digression technique, revenons à nos moutons et mes impressions suite à la lecture de cette Invasion extraterrestre qui ne ressemble à nulle autre.

Si vous cherchez de la science-fiction pure et dure, je pense que vous pouvez passer votre chemin. Certes il est bien question d’extraterrestres, mais ils sont surtout prétextes à une satire virulente de l’Amérique de Donald Trump, mais aussi un réquisitoire à charge contre la connerie du genre humain (surtout de ceux qui détiennent le pouvoir, qu’il soit politique et/ou économique).

L’arme de Luke Rhinehart pour taper là où ça fait mal est la même que celle de ses Protéens, le rire. Un rire sans limites ni tabous, un rire parfois un peu lourdingue, mais un rire qui fait mouche à tous les coups (ou presque). Sourires, rires et fous rires assurés au fil des chapitres !

Il faut dire aussi que Louie est bien tombé en se faisant « adopter » par Billy Morton (même si on peut se demander lequel a réellement adopté l’autre). Vétéran du Vietnam et ex-hippie, il a gardé de ces années un petit côté anarchiste et une âme rebelle à toute forme d’autorité. Carlita, son épouse, bien qu’avocate partage la même méfiance envers l’autorité en général, et les uniformes en particulier.

Partageant plus ou moins les idées de Louie et des ses potes sur le genre humain, la famille Morton vont se retrouver entraînée dans une aventure aussi rocambolesque que déjantée… une aventure qui ne tardera pas de faire d’eux la bête noire de la NSA et consorts, au même titre que les protéens.

Une aventure totalement improbable, mais le côté burlesque, voire grand guignol, de l’intrigue est pleinement assumé, pour ne pas dire revendiqué.

Si l’essentiel de l’intrigue nous est narré par Billy Morton via des extraits du roman qu’il a écrit, Mon ami Louie, d’autres points de vue, plus ou moins officiels, apportent un autre éclairage sur l’évolution des événements.

Je serai tenté de vous parler de la fin du roman, mais ce serait un peu con venant de quelqu’un qui s’efforce, au fil de mes chroniques, de ne pas spoiler. Pour faire simple, on va dire qu’elle est très ouverte, pour ma part ça ne me dérange pas, même si je n’aurai pas été contre un ultime chapitre supplémentaire.

L’idée de départ était plutôt bonne et le bouquin recèle vraiment de quelques très bonnes trouvailles, mais il pêche par quelques longueurs, et une amère impression de redondance à force de tirer encore et toujours sur les mêmes ficelles. À se demander si Luke Rhinehart ne considère pas réellement que le lecteur américain est trop con pour comprendre du premier coup les piques qu’il lance.

Beaucoup de travers pointés du doigt (et certains peuvent s’appliquer bien au-delà des frontières US), mais aucune réelle alternative n’est proposée. Je pense pouvoir affirmer sans me tromper (seul l’auteur pourrait confirmer ou infirmer mon propos) que la volonté Luke Rhinehart était avant tout de nous faire sourire, pas forcément de nous amener à réfléchir sur la meilleure façon de changer le monde. Pour tout dire le contraire eut été un peu prétentieux !

Je referme ce bouquin (ou plutôt ma liseuse) plutôt satisfait de cette découverte, mais pas transcendé ; j’en espérais davantage, peut-être trop.

MON VERDICT

 

 
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Publié par le 9 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Aidan Truhen – Allez Tous Vous Faire Foutre

AU MENU DU JOUR

A. Truhen - Allez tous vous faire foutre

Titre : Allez Tous Vous Faire Foutre
Auteur : Aidan Truhen
Éditeur : Sonatine
Parution : 2018
Origine : Royaume-Uni
288 pages

De quoi ça cause ?

Jack Price est à la tête d’un fructueux et très organisé trafic de cocaïne, un job qui a de quoi rendre un tantinet parano. Aussi quand sa voisine du dessous se fait liquider, Jack pose des questions et cherche à comprendre.

Que des gros bras le tabassent copieusement passe encore, mais qu’on lui mette au cul une bande de tueurs de (sinistre) renommée internationale, faut pas pousser mémé dans les orties.

L’heure de la riposte a sonné pour Jack…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Il suffit de regarder la couv’ pour avoir la réponse à cette question : le titre et le visuel qui va avec ; impossible d’y résister. La quatrième de couv’ n’a fait que jeter de l’huile sur le feu de ma curiosité;

Sonatine et NetGalley ayant répondu favorablement à ma demande, je saute sur l’opportunité de découvrir ce bouquin en avant-première (parution le 8 novembre).

Ma chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et NetGalley pour leur confiance renouvelée.

Si comme moi le nom d’Aidan Truhen ne vous dit rien, c’est parfaitement normal. C’est le nom de plume choisi par un écrivain britannique pour s’essayer au thriller. Mais alors qui est Aidan Truhen me demanderez-vous des étoiles dans les yeux et la bave aux lèvres. Au risque de vos décevoir je n’en sais foutre rien, mais je dois avouer que je n’ai pas beaucoup cherché non plus…

La première approche est plutôt déstabilisante par le style imposé par l’auteur, ou plutôt par une apparente absence totale de style. Rédigé à la première personne et au présent, on plonge directement dans la tête de Jack Prise et il nous assène ses pensées comme elles lui viennent. Brut de décoffrage, ponctuation et mise en page minimaliste en option.

Surprenant au départ, mais au fil des pages on réalise que ça fonctionne plutôt bien, à vrai dire cela s’impose même comme étant le seul choix possible pour que l’auteur ressente un minimum d’empathie pour Jack Price.

Appelons un chat un chat, Jack Price est l’archétype du parfait salaud. Amoral, asocial, égoïste, cynique… et fier de l’être ! Quand il vous expose ses théories, souvent malsaines, voire nocives, ça vous apparaît comme une évidence. Sans aller jusqu’à adhérer au propos, vous comprenez la façon dont Jack fonctionne.

Mais Jack Price est aussi redoutablement intelligent, il ne manque pas de ressources (au propre comme au figuré) quand il s’agit de sauver sa peau et de nuire à ses adversaires… Il compense l’absence de muscles par une activité neuronale en surchauffe.

Comme tout amateur de thriller, j’ai croisé, au fil de mes lectures, bien des façons de mourir, je n’irai pas jusqu’à parler de raffinement quant aux méthodes employées par Jack Price, mais force est de reconnaître qu’il fait montre de beaucoup d’originalité quand il s’agit de ses débarrasser des nuisibles.

Allez Tous Vous Faire Foutre est résolument un thriller qui ne se prend pas au sérieux et qui ne veut pas être pris au sérieux ; en ce sens le côté hautement improbable de certaines situations est assumé et l’aspect quasiment indestructible de Jack Price fait parfois penser à un univers très cartoon. C’est complètement barré, hautement déjanté et profondément amoral, mais qu’est-ce que c’est bon !

Une lecture hautement jouissive qui n’est pas sans me rappeler la saga du Bourbon Kid, l’aspect fantastique en moins. L’intrigue est tellement second degré que le déchaînement de violence passe comme une lettre à la poste.

Un scénario que ne renierait pas Quentin Tarantino et je dois dire que j’imagine sans mal une adaptation au cinéma de ce bouquin ; le résultat serait pour le moins décoiffant… âmes sensibles s’abstenir toutefois.

MON NOM EST JACK. FAITES CE QUE JE DIS, OU JE SERAI LE PRIX À PAYER !

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 3 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Michael Johnston – L’Empire Des Soleri

AU MENU DU JOUR

M. Johnston - L'Empire des Soleri

Titre : L’Empire Des Soleri
Série : Soleri – Tome 1
Auteur : Michael Johnston
Éditeur : Bragelonne
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
480 pages

De quoi ça cause ?

Depuis des millénaires l’Empire vit sous le joug des Soleri,considérés comme des Dieux vivants, nul n’ose contester leur toute-puissance.

Et pourtant dans les royaumes « inférieurs » des voix commencent à s’élever contre les Soleri. Toutefois entre les querelles internes et leur incapacité à faire front commun contre l’oppresseur, ces royaumes ne constituent pas une menace sérieuse contre l’Empire.

Alors que les festivités de l’Enténébrement battent leur plein dans l’attente de l’éclipse annuelle devant clore le festival, à la stupeur générale celle-ci n’a pas lieu. Et ce n’est que le début d’une succession d’événements qui pourraient bien remettre en cause le fragile équilibre de l’Empire…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

De prime abord c’est la couv’ qui m’a tapé dans l’oeil, elle m’a tout de suite fait penser à l’album Powerslave d’Iron Maiden ; comme dirait l’autre (R.I.P. Charles) : « je vous parle d’un temps, que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ».

Iron Maiden - Powerslave

La quatrième de couv’ n’a fait qu’attiser ma curiosité, curieux en effet de découvrir ce que pouvait donner un récit de fantasy sur fond d’improbable rencontre entre l’Égypte ancienne et la tragédie shakespirienne…

Bragelonne et NetGalley ayant répondu favorablement à ma demande, il ne me restait plus qu’à pousser les portes de L’Empire des Soleri.

Ma chronique

Je remercie les éditions Bragelonne et NetGalley pour leur confiance renouvelée.

Il n’a pas fallu longtemps au Trône De Fer pour s’imposer (à mes yeux en tout cas) comme une oeuvre majeure de la littérature fantasy ; du coup forcément quand je commence un nouveau roman (et plus encore une nouvelle saga) du genre, j’ai tendance à prendre l’univers de George R.R. Martin comme référence.

Au vu de ce premier tome, je serai tenté de dire que le cycle de Soleri s’annonce moins complexe, mais n’a pas à rougir de la comparaison avec son illustre aîné tout en affichant une identité qui lui est propre.

Au niveau des similitudes je citerai en premier lieu la structure du roman, chaque chapitre se consacrant au point de vue (POV pour Point of View en anglais) d’un personnage. Si George R.R. Martin n’a pas inventé cette architecture, il l’a en tout cas largement popularisée.

En l’occurrence les principaux intervenants sont tous de la même famille, les Hark-Wadi, qui règne sur le royaume d’Harkana, mais ils sont loin de parler d’une seule et même voix, loin s’en faut. Vous aurez ainsi le droit à cinq sons de cloches pour le moins discordants : Arko, le père, actuel roi d’Harkana, Sarra, la mère, devenue Grande Prêtresse du culte de Mithra après avoir quitté Harkana 10 ans plus tôt, Merit, la fille aînée qui rêve de prendre les rênes du Royaume, Kepina, la fille cadette, véritable garçon manqué éprise de liberté et Ren, le fils, otage du Prieuré depuis 10 ans, conformément aux lois imposées aux héritiers du trône par les Soleri.

Sans oublier toute une palanquée de personnages secondaires appelés à jouer des rôles plus ou moins importants dans le déroulé de l’intrigue ; dont certains connaîtront, le plus souvent à l’insu de leur plein gré, une fin brutale. Un casting qui tient toutes ses promesses…

Royaumes, prêtres et prêtresses… L’univers de Soleri se construit autour d’une forte dimension politique et religieuse. Un terrain propice aux alliances, complots, manigances et trahisons en tout genre. A ce titre les Hark-Wadi n’ont rien à envier aux Lannister !

Pour tout vous dire (ou presque), vous ouvrez le roman avec une donne de départ plutôt classique, au fil des chapitres les cartes sont redistribuées, encore et encore, afin de changer totalement le cours des choses selon la volonté de chacun ; tant et si bien, qu’au terme de moult rebondissements et retournements (de situation et accessoirement de veste), le livre se referme avec une donne radicalement différente. Et bien des promesses pour la suite…

Bien entendu ces multiples changements de donne ne se font pas la joie et la bonne humeur, le tribut à payer pour parvenir à ses fins est lourd mais qu’importe, seul le résultat compte… Si ça défouraille sec, les personnages ne s’accordent guère plus que le minimum syndical au niveau de la bagatelle ; sans doute trop occupés à se surveiller et à préparer leur prochain coup tordu.

L’auteur parvient à imposer un univers unique par la mixité de ses sources d’inspiration. Si certains royaumes revendiquent clairement leur origine (l’Égypte ancienne pour Sola, et le monde celte pour Feren), c’est moins évident pour Harkana (je serai tenté de miser sur le côté nordique) et impossible à dire pour Racchis et Wyrre, qui ne sont guère plus que mentionnés dans ce premier opus.

Je terminerai en soulignant un autre point commun avec Le Trône De Fer, mais au chapitre des petits bémols cette fois ; je referme ce premier tome en restant un peu sur ma faim sur l’aspect purement fantasy du récit, ça manque en effet de créatures extraordinaires et de magie.

Il n’en reste pas moins que je quitte L’Empire Des Soleri brûlant déjà d’impatience de m’y replonger au plus vite, en espérant que Michael Johnston ait la plume plus rapide que celle de George R.R. Martin ; A Dance With Dragons est sorti aux States en juillet 2011, et en France, L’Intégrale 5 en novembre 2014… depuis on a beau siffler sur la colline, on ne voit toujours rien venir (à part des annonces de reports à la chaîne).

MON VERDICT

 
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Publié par le 30 octobre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Adam Sternbergh – Population : 48

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A. Sternbergh - Population : 48

Titre : Population : 48
Auteur : Adam Sternbergh
Éditeur : Super 8
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
432 pages

De quoi ça cause ?

Caesura (Blind Town pour ses habitants) est un trou perdu sans aucune existence officielle au fin fond du Texas. Les résidents doivent se plier à 3 règles simples: aucun contact avec l’extérieur, aucune visite et aucun retour en arrière possible en cas de départ.

Tous les résidents font partie d’un programme ultra confidentiel. Tous ont eu une partie de leur mémoire effacée, celle qui justifie leur présence à Caesura. Criminels ayant balancé leurs boss ou témoins à protéger, nul ne le sait et c’est très bien ainsi.

La ville est placée sous l’autorité du shérif Calvin Cooper et de ses deux adjoints. Leur mission consiste essentiellement à régler des querelles de voisinage ou des bagarres d’ivrognes. Jusqu’au jour où un habitant est abattu d’une balle en pleine tête.

Quelques mois plus tôt, un autre s’était tiré une balle dans la tête. Une situation complexe pour Cooper étant donné qu’aucune arme, hormis la sienne, n’est autorisée à entrer à Caesura…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Super 8 et que je n’ai jamais été déçu, et même souvent très agréablement surpris, par cette maison d’édition.

Au cas où j’aurais encore des doutes, la couv’ et le pitch ont enfoncé le clou de la curiosité jusqu’à un point de non-retour.

Super 8 et NetGalley ayant donné une suite favorable à ma demande, il ne me restait qu’à embarquer pour Caesura, un bled paumé dans le trou du cul du Texas, population : 48 habitants…

Ma chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Super 8 et NetGalley pour leur confiance renouvelée, me permettant ainsi de découvrir un roman que je guettais depuis l’annonce de sa sortie.

Je ne saurai dire combien de thrillers j’ai lu, mais ça doit se compter en centaines, je ne m’en lasse pas et à aucun moment je ne me suis senti blasé ; certes je peux avoir envie de passer à autre chose de temps en temps, mais mon genre de cœur reviendra toujours au premier plan de mes lectures. Si je ne m’en lasse pas, c’est parce que de temps en temps je croise la route d’un bouquin qui arrive encore à me surprendre en s’aventurant sur des terrains encore inexplorés. Population : 48 fait incontestablement partie de ces romans.

Le titre déjà pourrait faire penser au cultissime Pop. 1280 de Jim Thompson (1275 Âmes dans sa première traduction, Pottsville, 1280 Habitants pour la dernière version en date), l’exergue citant justement une phrase de ce roman tendrait à nous conforter dans notre impression. Et pourtant il n’en est rien, sinon un choix délibéré (et bienvenu en l’occurrence) de la traduction française du roman, dont le titre original est The Blinds, en référence au petit nom donné à Caesura.

Et c’est justement Caesura qui distingue ce roman de ses pairs. Imaginez un petit bled paumé au cœur du désert, protégé par une clôture de 4 mètres, n’ayant aucune existence officielle et n’apparaissant sur aucune carte. Un bled dont tous les résidents ont volontairement demandé à ce qu’une partie (la part la plus obscure) de leur passé soit définitivement effacée de leur mémoire. Une nouvelle identité pour un nouveau départ au sein d’une communauté restreinte.

En soi c’est déjà un terreau plutôt fertile pour un auteur un tantinet doué, ajoutez-y une enquête de police et quelques grains de sables imprévus qui viendront mettre en péril le fragile équilibre de la ville, vous obtiendrez un thriller en huis clos totalement addictif. Un véritable page-turner que vous ne pourrez plus lâcher une fois happé par son implacable mécanique.

Vous l’aurez compris, Adam Sternbergh et bien plus qu’un tantinet doué ; c’est en véritable virtuose qu’il mène son intrigue et ses personnages.

Concernant l’enquête de police susmentionnée, l’auteur nous livre rapidement le nom du tueur, il faudra être un peu plus patient pour découvrir le pourquoi du comment de son geste. En fait ladite enquête n’est que la partie émergée de l’iceberg, l’essentiel se déroule à l’insu du plein gré des habitants de Caesura (mes fameux grains de sable).

L’enquête en question est menée par des enquêteurs qui ne sont pas de véritables flics. À commencer par le shérif Cooper qui arbore fièrement une étoile fantoche, tire comme un pied amputé du gros orteil et tend à avoir deux mains gauches amputées des pouces quand il s’agit de jouer des poings !

Quant à mes grains de sable, ils seront de deux types. À commencer par de nouveaux arrivants dont certains ont un comportement pour le moins étrange. Et, cerise sur le gâteau, des enquêteurs externes viendront piétiner les plates-bandes du shérif Cooper.

On a beau savoir que les habitants de Caesura ne sont certainement pas des enfants de chœur,on ne peut s’empêcher de les trouver sympathiques et de s’attacher à leur quotidien. Du coup on aurait plutôt tendance à prendre en grippe ceux qui viennent menacer l’équilibre de cette petite communauté, d’autant qu’il semble falloir y réfléchir à deux fois avant d’être tenté de leur donner le Bon Dieu sans confession…

Bien que l’intrigue soit résolument moderne, la situation même de Caesura tend à lui donner une ambiance western (une sensation renforcée par la couv’), il ne manque que ces buissons en boule portés par le vent pour s’imaginer au XIXème siècle au cœur du Far West. Ne serait-ce pas le son d’un harmonica que j’entends ?

Si l’intrigue ne prête pas particulièrement à rire, tirant même parfois franchement sur le glauque, la plume de l’auteur ne se départ jamais d’une certaine légèreté, n’hésitant pas, çà et là, à apporter quelques touches d’humour histoire de faire baisser la pression.

Une fois de plus Super 8 réussit à me bluffer avec un bouquin qui ne ressemble à nul autre.

MON VERDICT

 
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Publié par le 24 octobre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Xavier Müller – Erectus

AU MENU DU JOUR

X. Müller - Erectus

Titre : Erectus
Auteur : Xavier Müller
Éditeur : XO Editions
Parution : 2018
Origine : France
433 pages

De quoi ça cause ?

En Afrique du Sud, Cathy Crabbe, une virologue identifie un virus qui défie toutes les lois de la nature, ses « victimes » régressent en effet de plusieurs millions d’années.

Son alerte est tournée en ridicule par la communauté scientifique. Stephen Gordon, un haut responsable de l’OMS décide malgré tout de prendre cette possible menace au sérieux.

Il envoie son adjoint, Lucas Carvalho, sur le terrain en lui recommandant de convaincre Anna Meunier, une paléontologue controversée pour avoir émis l’hypothèse d’une possible régression des espèces, de rejoindre l’équipe de recherche.

Sur place, ils découvrent plusieurs espèces animales touchées par le virus, mais aussi des végétaux ayant subi le même type de régression. Une course contre la montre s’engage alors pour circonscrire le virus avant une éventuelle transmission humaine ; ils ne le savent pas encore, mais il est déjà trop tard…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est la couv’ qui a d’abord attiré mon attention, le résumé n’a fait que confirmer l’évidence.

XO Editions et la plateforme NetGalley ayant accepté ma sollicitation, j’ai le plaisir de découvrir ce roman en avant-première (parution le 8 novembre).

Ma chronique

Je remercie chaleureusement XO Editions et NetGalley pour leur confiance renouvelée à l’occasion de la sortie de ce roman.

Pendant longtemps on a pensé que l’évolution des espèces ne pouvait qu’obéir à la loi de Dollo qui stipule qu’une spécialisation des espèces s’accompagne d’une diminution des mutations qui pourraient les faire évoluer, rendant improbable le retour des caractéristiques ou organes perdus par une espèce au cours de l’évolution. Le phénomène de régression (le terme scientifique exact est réversion) a été admis et démontré que récemment…

C’est sur cette base que Xavier Müller a construit son thriller fantastique Erectus, avec comme élément déclencheur un virus qui provoque des régressions radicales en un temps record, mais est en plus capable d’évoluer afin de contaminer aussi bien la flore que la faune et même l’humain.

L’auteur réussit un joli tour de force en rendant (presque) crédible la propagation de ce virus pour le moins improbable ! Les différentes phases de l’épidémie, puis de la pandémie, et ses conséquences sont décrites avec un réalisme bluffant. Il en va de même pour les différentes réactions possibles face à cette menace sanitaire inédite (même si le constat n’a pas de quoi redonner foi en l’humanité du genre humain).

Un risque sanitaire majeur qui sera géré à la fois par l’OMS et par l’ONU, les deux organismes n’ayant pas forcément les mêmes priorités, et encore moins le même genre de préoccupations. Face aux conséquences économiques (voire politiques) et sanitaires de la pandémie, est-ce que la morale et l’éthique ont encore le droit de cité ? Jusqu’où peut-on aller au nom de la protection des populations ?

J’aimerai croire que les réponses apportées dans le roman ne sont que pure fiction, mais je ne me fais guère d’illusion sur la question.

Je reste volontairement dans le vague afin de ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte. C’est un peu frustrant de rédiger des chroniques en se contraignant à en dire le moins possible (alors qu’il y aurait tant à dire et redire), mais c’est toujours mieux que de spoiler à tout va au risque de vous ruiner votre lecture.

Une intrigue qui vous fera voyager en Afrique du Sud, aux États unis, en Suisse et en France, mais le rythme de croisière imposé ne laissera guère de place à la farniente. Petit plus personnel, il y a même une partie de l’intrigue qui se déroule au large de la Nouvelle-Calédonie.

Forcément au cours de cette ballade aux quatre coins du monde vous allez croiser beaucoup de personnages amenés à jouer un rôle plus ou moins important dans la suite des événements. Si l’intrigue est portée par le trio composé d’Anna Meunier, Stephen Gordon et Lucas Carvalho, les autres personnages ne sont pas pour autant condamnés à faire de la simple figuration.

Un bouquin commencé vendredi après-midi, mis en stand-by le temps du weekend (c’est paradoxal, mais alors que c’est le moment où je suis sensé avoir le plus de temps libre, c’est aussi celui pendant lequel je lis le moins) et dévoré dans la journée de lundi.

Cette lecture fut pour moi une belle découverte, un récit maîtrisé de bout en bout et construit avec beaucoup d’intelligence. Je ne connaissais pas Xavier Müller, nul doute qu’à compter de ce jour je vais m’intéresser de plus prés à ce qu’il fait…

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 octobre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Gilles Legardinier – J’Ai Encore Menti !

AU MENU DU JOUR

G. Legardinier - J'ai encore menti !

Titre : J’Ai Encore Menti !
Auteur : Gilles Legardinier
Éditeur : Flammarion
Parution : 2018
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Laura est une jeune femme qui se pose beaucoup de questions sur son avenir et la vie en général. Jusqu’à sa rencontre avec Tartiflette, un poney sournois ; rencontre qui se soldera par un violent choc frontal avec une branche tout aussi sournoise.

Laura reprend connaissance à l’hôpital, totalement amnésique ! Une âme d’enfant enfermée dans un corps de femme. Elle va devoir tout réapprendre, de l’usage des objets du quotidien à ses relations avec les autres en passant par toutes les règles, dites et non dites, qui régentent notre vie, voire nos sentiments…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Gilles Legardinier, et pis c’est tout !

Ma chronique

Il y en a qui réclament à leur Père leur pain quotidien (c’est tellement plus simple d’aller le chercher à la boulangerie… mais bon, chacun son truc), moi j’attends toujours avec la même impatience mon rendez-vous annuel avec Gilles Legardinier… à défaut de l’auteur, je me contenterai de son nouveau roman.

Et le voilà justement qui m’arrive entre les mains comme du pain bénit tombé du ciel… bon OK ça ne c’est pas vraiment fait comme ça, mais je suis en phase lyrico-mystique, vous n’allez quand même pas me coupez dans mon élan.

En parlant du pain bénit (ça va finir par me donner faim tous ces pains) vous imaginez sans mal que cette histoire de perte de mémoire totale offre un terrain de jeu aux possibilités quasiment infinies à Gilles Legardinier. Et le bougre ne s’en prive pas, il s’en donne même à cœur joie pour nous réjouir.

Visuellement déjà la couv’ donne le ton : sérieux s’abstenir ! La chanson de Henri Salvador, Faut Rigoler, pourrait être la devise de l’auteur. Difficile en effet de garder son sérieux en lisant ce bouquin, plus difficile encore d’éviter de pouffer de rire en public tant certaines scènes sont déjantées. Un condensé de bonne humeur, de sourires et de rires qui fait un bien fou.

Vous le savez sûrement si vous me lisez depuis déjà quelque temps et plus encore si vous êtes un lecteur assidu de Gilles Legardinier, l’auteur se sert du rire pour mettre en avant les valeurs humaines qui lui tiennent à coeur. Et il le fait avec beaucoup d’intelligence et d’humanité sans jamais sombrer dans le sentimentalisme sauce guimauve ou la mièvrerie.

Au fil des chapitres il sera question, entre autres, de famille, d’amitié, d’amour et de solidarité, avec quelques belles réflexions pleines de bon sens. L’occasion aussi de pointer du doigt une triste vérité : enfant on nous inculque de nombreuses valeurs morales à respecter (pour ceux et celles qui ont eu la chance de bénéficier d’une véritable éducation), on nous apprend à discerner ce qui est bien de ce qui est mal ; mais arrivé à l’âge adulte on a tendance à tout oublier pour se conformer à ce que le système attend de nous…

Chaque jour, des illusions qui volent en éclats et chaque jour, de nouveaux espoirs. J’ai l’impression de me recevoir une avalanche en permanence. Ensevelie sous les protocoles, les devoirs, les usages, les bienséances, les principes, sans parler de tout ce que l’on découvre qui se cache derrière… J’ai l’impression que toutes les règles qu’on nous impose ne sont là que pour étouffer notre nature, pour faire taire nos élans. Il faudrait ne rien dire, ne rien changer, se conformer, et jouer un jeu qui n’est pas le nôtre.

J’ai bien entendu beaucoup aimé le personnage de Laura qui redécouvre la vie et se (re)construit, mais j’avoue avoir eu un véritable coup de cœur pour Lucie, son amie un tantinet barrée. Et bien entendu, impossible pour ma part de ne pas succomber au charme irrésistible de Cubix…

J’aurai aimé, en refermant ce roman, connaître le fin mot de l’histoire relative à l’abject Monsieur D. ; sur ce coup je reste sur ma faim, mais il faudra plus que ça pour m’ôter ce sourire béat.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire, mais je le répète avec le même plaisir, Gilles Legardinier a inventé l’OLIG (Objet Littéraire d’Intérêt Général), ses romans sont un élixir face à la morosité ambiante, ils devraient être déclarés d’utilité publique et remboursés par la Sécurité Sociale… Comment ça je m’emballe ?

Décidément ce Legardinier cuvée 2018 a tout du grand cru.

MON VERDICT

 
6 Commentaires

Publié par le 19 octobre 2018 dans Bouquins

 

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