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Archives de Catégorie: Bouquins

[BOUQUINS] Cyril Massarotto – Les Dédicaces

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C. Massarotto - Les Dédicaces
Titre : Les Dédicaces
Auteur : Cyril Massarotto
Éditeur : Flammarion
Parution : 2020
Origine : France
263 pages

De quoi ça cause ?

Claire collectionne les livres dédicacés, que le signataire soit l’auteur ou un anonyme, elle recherche avant tout les dédicaces qui racontent une histoire (réelle ou imaginée).

Quand elle tombe sur un roman de Frédéric Hermelage, elle est surprise par l’audace (voire l’outrecuidance) de la dédicace que l’auteur adresse à une certaine Salomé. En lisant le roman elle découvre une écriture à l’opposé de la dédicace, tout en finesse et subtilité.

Claire va lors tout mettre en œuvre afin de rencontrer « incognito » Frédéric Hermelage afin d’essayer de mieux cerner le personnage.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai beaucoup aimé Dieu Est Un Pote A Moi et sa « suite », Le Petit Mensonge De Dieu, de Cyril Massarotto. D’autres romans de l’auteur sont depuis venus grossir les rangs de mon Stock A Lire Numérique sans toutefois s’extraire du lot. Il était donc temps pour moi de le découvrir dans un autre registre…

Ma Chronique

Si, comme moi, l’intégrisme culturel vous fout la gerbe, si les auteurs, critiques et lecteurs qui tirent à boulets rouges sur la littérature populaire (et ses auteurs) vous donnent des envies de meurtres, pris au premier degré ce roman ne manquera pas de vous piquer les yeux et de vous brûler les mains !

À travers les jugements sans appels émis par Claire (lectrice), Frédéric (auteur) et Marc (éditeur), les auteurs populaires tels Guillaume Musso, Marc Lévy, Amélie Nothomb ou encore Anna Gavalda (pour ne citer qu’eux) se font dézinguer sans qu’ils aient l’ombre d’une chance de se défendre. Et je ne vous parle même pas de tout le mal qu’ils pensent de la littérature feel-good (à leurs yeux littérature et feel-good sont deux notions impossibles à associer, c’est tout juste si ces bouquins méritent un méprisant feel-good books pour les qualifier).

Et pourtant je me suis régalé en parcourant ces quelques pages ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il m’apparaît impossible de ne pas prendre de tels propos au second degré, deux raisons à cela :

1 – il faudrait vraiment être un connard prétentieux pour défendre noir sur blanc cette position, et je ne pense pas que Cyril Massoratto entre dans cette catégorie (les mêmes mots écrits par une tête à tarte comme BHL ne m’auraient certainement pas fait sourire) ;

2 – sans vouloir le vexer, Cyril Massoratto ne peut décemment pas affirmer être le fils spirituel de Céline, Sartre, Camus, Balzac ou Zola. Pour autant que je sache son œuvre s’inscrit davantage dans la littérature populaire que dans la « grande littérature » (les guillemets viennent juste souligner le dégoût que m’inspire ce terme).

Vous l’aurez compris, Les Dédicaces est un roman qui place la littérature au premier plan. Qu’il s’agisse du livre en tant qu’objet (le numérique n’a pas sa place dans le cœur de Claire), du rapport entre le lecteur et le livre, du lecteur et de l’auteur et inversement, de l’auteur et de ses lecteurs…

Au fil des pages il sera aussi question de la relation homme-femme dans le couple, là encore Claire n’est pas vraiment le parfait exemple de la nana épanouie… même si, au vu de son ex, le contraire eut été étonnant ! Une relation qui doit se construire autour d’un juste équilibre entre l’idéal fantasmé et le réel.

N’en déplaise à Cyril Massarotto, son roman est un bouquin qui fait du bien à lire, qui vous donne le sourire et la pêche pour la journée (vous noterez que je ne l’ai pas qualifié de feel-good). Le style épuré et direct de l’auteur (ainsi que l’épaisseur du bouquin) permet de le lire quasiment d’une traite.

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 septembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Renée Knight – La Confidente

AU MENU DU JOUR

R. Knight - La Confidente
Titre : La Confidente
Auteur : Renée Knight
Éditeur : Fleuve
Parution : 2020
Origine : Angleterre (2019)
400 pages

De quoi ça cause ?

Christine Butcher est embauchée comme secrétaire particulière par Mina Appleton, future dirigeante d’une grande chaîne de supermarchés.

Christine va se donner à fond pour son travail, faisant preuve d’une conscience professionnelle sans faille et même au-delà. Elle est prête à tous les sacrifices pour satisfaire les exigences de sa patronne.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

À défaut de briller par son originalité, l’idée de départ m’a inspiré.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fleuve et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Après Révélée, que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire, La Confidente est le second roman de l’auteure britannique Renée Knight. Optant pour un récit à la première personne, elle donne voix à Christine Butcher afin que celle-ci nous raconte son parcours auprès de Mina Appleton.

On comprend vite que Christine se sent victime d’une injustice et que cela l’a profondément ébranlée. D’ailleurs l’auteure sait y faire pour entretenir le doute quant à l’endroit où se trouve Christine tandis qu’elle s’adresse au lecteur. Est-elle dans une maison de repos ou dans une structure encore plus strictement encadrée ? Ou simplement ailleurs ? Ne comptez pas sur moi pour lever le voile sur cette question.

L’histoire commence quand Mina Appleton, la fille de Lord Appleton et future directrice des supermarchés Appleton, propose à Christine un poste de secrétaire particulière. En apparence c’est là une opportunité professionnelle impossible à refuser… mais Christine est loin de se douter que la médaille a un revers… et quel revers !

Consciencieuse et professionnelle, Christine va se donner à fond pour donner pleine et entière satisfaction à son exigeante patronne. Quitte à parfois faire abstraction de ses principes par quelques « menues » (et plus si affinités) compromissions. La première étant de pousser Lord Appleton vers un départ anticipé dans des conditions qui sont loin de faire honneur à sa brillante carrière. Mais après tout c’était pour la bonne cause… c’est en tout cas ainsi que Christine se convaincra d’avoir toujours fait les bons choix.

L’investissement personnel et professionnel de Christine auprès de Mina va rapidement dépasser les limites du raisonnable, mais quel qu’en soit le prix à payer, Christine semble complètement aveugle et sourde aux conséquences. Elle est sous totale emprise de sa patronne et Mina Appleton ne se prive d’user et d’abuser de cette relation dominante / dominée. Mais elle le fait avec autant de cynisme que de doigté, poussant la flatterie jusqu’à la flagornerie… et même au-delà !

Si dans les premiers chapitres j’ai éprouvé une réelle empathie pour Christine, force est d’avouer qu’au bout d’un moment j’ai eu envie de lui gueuler de se sortir les doigts du cul et de regarder la vérité en face, puis carrément de la baffer. À se voiler la face comme elle le fait on flirte franchement avec le syndrome de Stockholm ! Et là pour moi on entre dans la catégorie des « cas désespérés », inutile de s’attarder sur leur situation puisqu’ils semblent aimer en prendre plein la tronche.

Ce détachement vis-à-vis de Christine ne m’a toutefois pas empêché de poursuivre ma lecture avec le même intérêt. En effet je voulais savoir jusqu’où les choses pourraient aller et si éventuellement il y aurait une prise de conscience à un moment ou à un autre. Alors sursaut ou soumission absolue jusqu’au bout du bout ? Là encore ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus.

Pour que la sauce prenne dans ce genre de récit axé avant tout sur les relations entre les différents personnages, l’auteur(e) se doit de maîtriser la dimension psychologique de son intrigue. Rien à redire sur ce point, Renée Knight mène sa barque sans faillir et sans perdre son cap de vue (même si pour nous, il n’est pas toujours évident à discerner).

Si le présent roman a pour toile de fond l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution, il doit pouvoir se transposer dans n’importe quel autre milieu. Ce genre de relation dominant-dominé dans le cadre professionnel existe malheureusement dans tous les secteurs, mais aussi quelle que soit la taille de l’entreprise… On peut toutefois supposer (et espérer) qu’ici Renée Knight pousse la situation à son paroxysme afin de servir son intrigue.

Même si la situation décrite n’est pas l’apanage de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution, le bouquin pointe du doigt certaines politiques / pratiques commerciales qui prennent à la gorge les petits agriculteurs alors qu’ils peinent déjà à garder la tête hors de l’eau.

Finalement ce fut un agréable moment de lecture en compagnie d’un thriller psychologique plutôt bien ficelé.

MON VERDICT

 
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Publié par le 21 septembre 2020 dans Bouquins

 

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Fabien Nury & Brüno – L’Homme Qui Tua Chris Kyle

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Nury & Brüno - L'homme qui tua Chris Kyle

Titre : L’Homme Qui Tua Chris Kyle
Scénario : Fabien Nury
Dessin : Brüno
Éditeur : Dargaud
Parution : 2020
Origine : France
164 pages

De quoi ça cause ?

Le 2 février 2013, Chris Kyle, ancien Navy SEAL et sniper hors pair qui s’est brillamment illustré en Irak est lâchement abattu par Eddie Ray Routh, un ancien marine souffrant d’un syndrome de stress post-traumatique.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Dargaud et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

N’étant ni américain, ni américanophile (sans pour autant être américanophobe) je n’avais jamais entendu parler de Chris Kyle avant de voir le film American Sniper, réalisé par Clint Eastwood ; film basé sur l’autobiographie homonyme du fameux Chris Kyle.

Je ne vous cacherai que j’ai beaucoup aimé ce film, et que c’est lui qui m’a donné envie de creuser davantage autour du personnage de Chris Kyle, notamment concernant son exceptionnel parcours militaire et sa fin aussi tragique qu’injuste.

Bien qu’étant un inconditionnel de Clint Eastwood, en tant qu’acteur aussi bien qu’en tant que réalisateur, je me méfie de ses prises de position parfois très très conservatrices sur certains sujets. Je souhaitais donc corroborer ma propre vision avec une autre approche du personnage de Chris Kyle, une approche plus détachée, sans obscurantisme militant mais sans toutefois que cela devienne un réquisitoire à charge.

Autant je suis totalement inapte à une vie militaire (j’ai quand même été réformé P4), autant je ne suis absolument pas antimilitariste ; j’ai même un profond respect pour les militaires, quel que soit leur corps d’armée, et plus encore quand ils ont été sur le terrain.

Mais assez parlé de moi, revenons à nos moutons et à ce roman graphique.

Les auteurs commencent tout naturellement par nous brosser un rapide portrait de Chris Kyle en allant au-delà de ses « exploits » en tant que soldat. Sa difficulté à retrouver une vie normale après ses campagnes en Irak, son engagement auprès des vétérans souffrant d’un syndrome de stress post-traumatique, son investissement dans une société de protection… Mais aussi sa part d’ombre, dont un tempérament plutôt bagarreur et un certain côté affabulateur (certains faits mentionnés dans son autobiographie sont invérifiables, d’autres sont carrément contestés par ceux qui y ont prétendument pris part).

On sent dans la démarche des auteurs qu’il n’y a aucune volonté de ternir l’image du héros 100% made in USA ; au contraire, ses défauts tendraient à le rendre plus abordable et plus humain. Après tout même un héros est fait de chair et de sang, même un héros a le droit d’avoir ses faiblesses… et dans la vraie vie aucun héros n’est invulnérable.

C’est ensuite au tour de Eddie Ray Routh de passer sur le grill. S’il est lui aussi un vétéran, son parcours n’a rien de commun avec celui de Chris Kyle. Quasiment aucune expérience de terrain, sinon une mission humanitaire à Haïti. À son retour, il vit aux crochets de ses parents, passe son temps à picoler et/ou à fumer de l’herbe tout en entretenant une relation houleuse avec sa petite amie.

Du coup forcément quand tu mets d’un côté de la balance un héros de guerre et de l’autre un loser puissance 10, et que le second tue le premier, il n’est pas difficile de deviner de quel côté penchera l’opinion publique et que, même au niveau judiciaire, le sort d’Eddie Ray Routh était scellé avant même l’ouverture du procès.

Au-delà du drame et du procès, les auteurs s’attardent aussi sur les « à-côtés » de l’affaire. Notamment sur l’implication de Taya Kyle, la veuve de Chris, et j’avoue que c’est le personnage qui m’est apparu le plus ambigu dans cette histoire. J’aimerai penser qu’elle n’agit que pour sauvegarder et honorer la mémoire de son époux mais je ne peux m’empêcher d’y voir une course au profit quelque peu dérangeante.

Chapeau bas à Fabien Nury pour l’énorme travail de documentation qu’il a dû fournir afin de nous restituer un regard aussi objectif que possible sur les différents aspects de ce drame et en le replaçant dans son contexte sociétal et politique.

Le trait du Brüno est en totale adéquation avec le thème développé. Brut et anguleux, il laisse planer sur l’ensemble une ambiance façon western spaghetti qui fonctionne impeccablement.

Si vous avez vu American Sniper, je ne peux que vous recommander de lire ce roman graphique qui vous propose d’aborder l’histoire via une approche différente et surtout de découvrir les suites du crime (le film s’arrête avant le procès d’Eddie Ray Routh).

Évidemment, je le recommande aussi aux lecteurs n’ayant pas vu le film de Clint Eastwood, je suppose que ceux-ci aborderont l’affaire avec un esprit plus neutre.

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Publié par le 16 septembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUIN] Sarah Elaine Smith – Marilou est Partout

AU MENU DU JOUR

S.E. Smith - Marilou est partout
Titre : Marilou Est Partout
Auteur : Sarah Elaine Smith
Éditeur : Sonatine
Parution : 2020
Origine : Etats-Unis (2019)
470 pages

De quoi ça cause ?

Cindy, 14 ans, est une gamine livrée à elle-même qui vit, en l’absence prolongée de leur mère, avec ses deux frères ainés dans un bled paumé de Pennsylvanie.

Quand Jude, la fille d’une voisine, disparaît, Cindy va peu à peu entrer dans la vie de sa mère, Bernadette, jusqu’à prendre la place de Jude et espérer, enfin, mener une vie meilleure que la sienne…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine, même si je savais que, avec ce roman, je ne devais pas m’attendre à un thriller boosté à l’adrénaline.

Ma Chronique

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en attaquant ce roman, mais, label Sonatine oblige, je partais plutôt confiant.

Le moins que l’on puisse dire c’est que pour un premier roman Sarah Elaine Smith ose s’aventurer hors des sentiers battus ; Marilou Est Partout s’impose d’emblée comme un bouquin semblable à nul autre. Tout dans ce roman contribue à lui conférer un petit quelque chose d’unique, qu’il s’agisse de l’intrigue, des personnages ou du style de l’auteur…

Je serai tenté de dire que ce roman est un bouquin qui se mérite, l’auteure use en effet d’un style très particulier qui demande une phase d’adaptation pour être dégusté à sa juste valeur. À ce titre je tire mon chapeau à Héloïse Esquié, la traductrice, ça n’a pas toujours dû être simple de trouver les bonnes figures de style pour restituer au mieux les pensées parfois très absconses de Cindy, la jeune héroïne du roman.

Le récit est à la première personne, c’est donc Cindy qui vous raconte son « imposture » et vous invite à suivre le fil (décousu) de ses pensées. Une ado un peu sauvage, livrée à elle-même, qui vit dans une baraque à la limite de l’insalubre avec ses deux frères tandis que la mère s’est carapatée une énième fois.

Autant elle peut être complice avec Virgil, l’ainé, autant sa relation avec Clinton est plus houleuse ; sans jamais y mettre les mots, l’auteure suggère fortement des gestes inappropriés et/ou un comportement déplacé du garçon (ou à tout le moins ressentis comme tels par Cindy). Avec le même art subtil du non-dit, on devine qui Virgil soupçonne quelque chose.

C’est sans doute la raison pour laquelle c’est Virgil qui suggérera à Cindy de se rapprocher de Bernadette afin de veiller sur elle. Il faut dire que Bernadette a parfois (souvent) la mémoire qui flanche, la disparition de sa fille a certainement contribué à la fragiliser et une consommation d’alcool immodérée termine de fertiliser un terrain déjà propice aux « absences ».

Cindy quant à elle poussera le rapprochement à l’extrême et profitera, sans réelle intention de nuire à quiconque, de la fragilité de Bernadette pour se substituer à Jude. Dans la peau de Jude, elle va trouver une place qu’elle ne parvient pas à trouver en étant elle-même… et tant pis si cet épanouissement de façade est biaisé par l’état de Bernadette.

Difficile, pour ne pas dire impossible, de classer ce roman dans un genre en particulier. C’est à la fois un drame familial et un roman noir, avec une dimension psychologique prépondérante. Pas d’action débridée et pourtant, une fois pris par la narration de Cindy, il devient quasiment impossible de lâcher le bouquin… même si parfois la lecture pourra s’avérer éprouvante, voire dérangeante.

En donnant voix Cindy, Sarah Elaine Smith empêche le lecteur de porter un jugement tranché sur le comportement de sa jeune héroïne, sa candeur et son innocence venant contrebalancer l’amoralité de ses actes.

Finalement ce bouquin propose une expérience de lecture assez unique en son genre, ne serait-ce que pour ça, il mérite que l’on s’y attarde… sans perdre de vue toutefois qu’il exigera de vous un certain investissement personnel afin de dompter un style tout aussi unique en son genre.

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Publié par le 15 septembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Luna Joice – Community

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L. Joice - Community
Titre : Community
Auteur : Luna Joice
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : France
298 pages

De quoi ça cause ?

3006. La Terre a été pacifiée grâce à Community, une technologie révolutionnaire qui permet à l’homme de communiquer par télépathie. L’égoïsme mis de côté au profit de la collectivité, conflits et inégalités appartiennent désormais au passé.

Passionnée par les étoiles, Lyah est une jeune femme dotée d’une profonde soif de connaissances, qui la pousse à se poser beaucoup de questions sur le monde qui l’entoure. Bien plus que tous ceux qu’elle connaît… Pourquoi les humains ont-ils désormais interdiction de se toucher ? Pourquoi ne peut-elle pas choisir elle-même sa future Assignation ? Et pourquoi certaines bases de données lui sont-elles inaccessibles ?

Tandis qu’elle exhume secret après secret sur la société aseptisée dans laquelle elle vit, une interrogation grandit dans son esprit. Pour Community, à quoi l’humanité a-t-elle renoncé ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est d’abord la couv’ qui a retenu mon attention. Si le pitch est plutôt un classique du genre (la promesse d’un monde idéal qui va finalement révéler ses failles), j’ai toutefois eu envie de découvrir cette énième vision dystopique du monde de demain.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Écrit à la première personne, le roman nous propose de vire l’intrigue via le personnage de Lyah. Une jeune femme plutôt attachante au caractère bien trempée mais qui fait souvent penser, surtout dans la première partie du récit, à une ado de 16/17 ans davantage qu’à une jeune adulte.

Les premiers chapitres, jusqu’aux résultats de l’Assignation, permettent de définir le cadre de l’intrigue et notamment la vie au quotidien sous contrôle total de Community. Une vision idéalisée de l’avenir qui suscitera d’emblée une certaine méfiance chez tout lecteur un tantinet libre-penseur.

C’est après son Assignation que Lyah va découvrir ce qui se cache réellement derrière Community, notamment à quel point, au nom du bien commun, l’humain a été privé de tout ce qui fait de lui un individu à part entière. Des questions et des thèmes à fort potentiel sont soulevés au fur et à mesure que Lyah doute du bien-fondé de Community, malheureusement ils ne sont abordés que superficiellement par des réponses toutes faites apportées à la va-vite.

Dans les derniers chapitres du roman, Lyah va donc – sans surprise – vouloir se dresser contre le système. Là encore tout va trop vite, tout semble trop simple, elle ne rencontre quasiment aucune opposition et expédie le truc en deux temps et trois mouvements.

Vous l’aurez compris c’est mitigé que je referme ce bouquin. Une lecture qui n’en demeure pas moins sympathique mais qui laisse l’impression d’être complètement passée à côté d’un fort potentiel. Ce n’est pas avec Community que Luna Joice gravera son nom au panthéon des maîtres de la dystopie tels que H.G. Wells, George Orwell, Ray Bradbury, Ira Levin ou encore Margaret Atwood pour ne citer qu’eux (pardon à ceux et celles que j’ai injustement oublié).

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Publié par le 8 septembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Victime 2117

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JAO - Victime 2117
Titre : Victime 2117
Série : Département V – Livre 8
Auteur : Jussi Adler-Olsen
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : Danemark (2019)
576 pages

De quoi ça cause ?

Le journal en parle comme de la « victime 2117 » : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l’ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l’Europe.

Mais pour Assad, qui œuvre dans l’ombre du Département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d’être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgir de douloureux souvenirs.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la huitième enquête du Département V ; même si j’ai été un peu moins emballé par les deux précédents opus, je reste confiant… et fidèle au poste.

Ma Chronique

Même si les deux derniers tomes de la série Département V m’avaient nettement moins emballé que les précédents, force est de reconnaître que ça reste de très bons thrillers ; pour faire simple on va dire que Jussi Adler-Olsen (JAO) nous avait habitué à mieux et du coup forcément on s’attend au top niveau quand on ouvre un de ses romans.

Avec cette huitième enquête l’auteur redresse le cap tout en optant pour une approche différente de son intrigue. Pas de cold case au menu mais une plongée dans le passé d’Assad ; en effet, pour faire face à une menace actuelle, ce dernier va en effet devoir révéler à ses collègues son parcours qui la mené de l’Irak au Danemark, en passant par la Syrie.

Comme beaucoup de lecteurs j’ai une tendresse particulière pour le personnage d’Assad, sa bonne humeur permanente et ses ratés linguistiques. Un personnage certes attachant mais qui n’en demeure pas moins nimbé d’un certain mystère quant à ses origines et son cursus. JAO lève le voile et répond à toutes questions que l’on pouvait poser. A la fin de ce tome, vous saurez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Assad.

À personnage peu ordinaire il fallait un parcours peu ordinaire, et c’est exactement ce que JAO nous propose de découvrir ; soyez assuré que la vérité ira même bien au-delà de tout ce que vous aviez pu imaginer ou supposer concernant Assad.

Si Assad est au centre du récit, c’est tout le Département V qui va être mobilisé à l’occasion de la présente intrigue. Carl et Assad vont se lancer dans une course contre la montre (et contre la mort) afin d’empêcher une attaque terroriste d’envergure sur le sol allemand. De leur côté Rose (que l’on retrouve revigorée et pugnace) et Gordon vont être confrontés à un jeune qui leur promet une tuerie de masse dès qu’il aura atteint le score de 2117 sur son jeu vidéo favori.

Cerise sur le gâteau, nous aurons même le droit au grand retour de Marcus Jacobsen, l’ancien chef de la police criminelle de Copenhague. Je n’en dirai pas davantage sur les circonstances de son retour sur le devant de la scène et son rôle dans le déroulé de la présente intrigue.

Pris dans le feu de l’action, Carl n’a pas vraiment le temps de ressasser ses propres questionnements, notamment en ce qui concerne la fusillade qui a coûté la vie à un de ses collègue et ami et condamné Hardy à une vie en fauteuil roulant. Ainsi l’histoire de pistolet à clous est à peine abordée, mais nul doute qu’elle sera appelée, dans un futur proche, à refaire surface.

Si JAO prend le temps de poser le cadre de son intrigue, le rythme va aller crescendo au fur et à mesure que la double échéance fatidique se rapproche. Nul doute que les derniers chapitres mettront vos nerfs et votre palpitant à rude épreuve.

Vous l’aurez compris les questions de la crise migratoire et du terrorisme seront au cœur du présent roman. Mais il sera aussi question de la famille, dans ce qu’elle peut avoir de meilleur à travers le personnage d’Assad, mais aussi dans ce qu’elle peut avoir de pire via le personnage d’Alexander.

En refermant ce roman je suis curieux de découvrir l’après Victime 2117 pour la fine équipe du Département V. En effet, il ne fait aucun doute que cette affaire laissera des traces dans la vie de ceux qui ont été en première ligne. Il faut dire aussi que JAO n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de malmener ses personnages !

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Publié par le 1 septembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Deon Meyer – La Proie

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D. Meyer - La Proie
Titre : La Proie
Série : Benny Griessel – Livre 7
Auteur : Deon Meyer
Éditeur : Gallimard
Parution : 2020
Origine : Afrique du Sud (2018)
576 pages

De quoi ça cause ?

Au Cap, Benny Griessel et Vaughn Cupido, membres des Hawks (l’unité d’élite de la police criminelle sud-africaine), sont chargés de reprendre l’enquête concernant un corps retrouvé le long d’une voie ferrée. La victime était un passager Rovos, un train de luxe, et avait été embauché comme garde du corps d’une riche hollandaise.

À Bordeaux, Daniel Darret, ancien activiste du bras armé de l’ANC, est rattrapé par son passé quand un ancien camarade de lutte lui confie une mission de la plus haute importance pour l’avenir de l’Afrique du Sud.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait déjà un moment que j’ai envie de découvrir l’univers littéraire de Deon Meyer. J’aurai pu opter pour un roman one-shot, d’autant plus aisément que son précédent roman, L’Année Du Lion, dans lequel l’auteur s’essaye au roman post-apocalyptique, me fait de l’œil depuis qu’il a intégré mon Stock à Lire Numérique.

Finalement j’ai opté pour sa série mettant en scène Benny Griessel… en espérant ne pas être complètement largué en la commençant par le dernier opus.

Ma Chronique

Avant de commencer à vous parler du roman de Deon Meyer je souhaiterai le replacer dans son contexte. En effet, l’auteur dénonce sans détour la corruption du pouvoir en place, via notamment des relations troubles (pour rester poli) avec de riches et puissants industriels indiens (la famille Gupta). Relations qui iront jusqu’à l’ingérence des Gupta dans la vie politique et économique du pays, jusqu’à la forme la plus ultime de corruption : la captation d’état…

Quelques rapides recherches via Google vous permettront de situer la présente intrigue en 2017 (outre quelques détails qui ne trompent pas, les dates correspondent), et donc sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018). Lequel sera poussé à la démission par son propre parti (l’ANC) avant d’être remplacé par Cyril Ramaphosa en février 2018.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, Jacob Zuma entraînera dans sa chute la famille Gupta qui perdra de fait son statut d’intouchable en Afrique du Sud. J’aimerai vous dire que depuis la justice a fait son office mais savez aussi bien que moi que nous ne vivons pas au pays des Bisounours…

Si La Proie est le sixième roman traduit en français de la série Benny Griessel, il existe un titre encore inédit dans la langue de Molière qui vient se glisser entre En Vrille et celui-ci ; La Proie est donc bel et bien le septième opus de la série.

Il est des romans qui vous font d’emblée regretter de ne pas vous être intéressé plus tôt à leur(s) personnage(s) – surtout quand il est question de héros récurrent(s) – ; incontestablement La Proie fait partie du lot ! Avant même de le refermer j’ai compris qu’en faisant l’impasse sur la série Benny Griessel de Deon Meyer, j’étais passé à côté d’un truc grandiose (même s’ils ne sont pas tous aussi aboutis que celui-ci, je reste convaincu que les précédents romans de la série se situent dans le haut du panier).

L’auteur construit son intrigue en suivant deux arcs narratifs distincts (pour ne pas dire totalement indépendants), le premier est axé sur l’enquête de Benny Griessel et son équipe en Afrique du Sud, alors que le second nous transporte en Europe pour y suivre le parcours de Daniel Darrett. Même si on peut légitimement supposer qu’il existe un fil rouge reliant les deux récits, Deon Meyer prend son temps pour le tisser et plus encore pour nous lever le voile sur nos questionnements.

Si ces deux arcs narratifs sont aussi captivants à suivre l’un que l’autre, j’avoue toutefois avoir eu un faible pour les chapitres se concentrant sur Daniel Darret. Le rythme imposé est en effet beaucoup plus soutenu et la tension est quasiment omniprésente.

Non seulement l’auteur apporte énormément de soin à ses personnages, mais son récit, même ai cœur de la tourmente, reste empreint d’humanité. Qu’il s’agisse de Benny Griessel, Vaughn Cupido ou Daniel Darret, chacun doit, en plus de ses obligations (et/ou missions), faire face à des choix personnels, des doutes et des questionnements.

Gros coup de cœur pour cette équipe des Hawks (une unité d’élite de la police sud-africaine) qui reste soudée et complice contre vents et marées. Une complicité et une confiance réciproque qui s’étendent bien au-delà du strict cadre professionnel. À l’image du duo Griessel / Cupido dont les échanges sont souvent ponctués de touches d’humour afin de faire tomber la pression.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore les personnages de Deon Meyer, et hésitent à commencer la série Benny Griessel par le dernier tome paru à ce jour, je peux vous assurer qu’à aucun moment vous ne serez largué. D’une part il y a très peu de références à des enquêtes ultérieures. D’autre part l’auteur sait y faire, quand besoin, pour que les événements présents s’imbriquent avec ceux du passé. Enfin je suis convaincu que, à peine ce bouquin refermé, vous mourrez envie de dévorer les cinq tomes précédents.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 25 août 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Edmonde Permingeat – Ecrit Dans Le Sang

AU MENU DU JOUR

E. PErmingeat - Ecrit dans le sang
Titre : Ecrit Dans Le Sang
Auteur : Edmonde Permingeat
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2020
Origine : France
456 pages

De quoi ça cause ?

La jeune Maya tombe en panne un soir d’été à proximité du manoir de la famille Rascol, en pleine campagne tarnaise. Hugo, le fils d’un des propriétaires des lieux, lui propose de se joindre à eux le temps que sa voiture soit réparée.

Mais, à peine installée la belle rousse va tout mettre en œuvre pour exacerber les tensions latentes et dresser les membres de la famille Rascol les uns contre les autres…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai découvert Edmonde Permingeat avec son précédent roman, Sans Mon Ombre, et que j’avais envie d’aller plus avant dans l’exploration de son univers littéraire.

Ma Chronique

Comme dans son précédent roman, Sans Mon Ombre, Edmonde Permingeat nous propose de découvrir un thriller qui n’en est pas vraiment un tant il joue (et déjoue) avec les règles du genre. Une fois de plus c’est aussi pour elle l’occasion d’exposer les travers d’une famille qui, vue de l’extérieur, étale une respectabilité irréprochable.

Rien de tel pour faire exploser le voile des apparences qu’une pièce rapportée, qui, en l’occurrence, prendra l’apparence d’une jolie rousse à qui l’on donnerait (presque) le bon dieu sans confession. Maya, la jolie rousse en question, n’hésitera pourtant pas à user (et abuser) de ses appas pour faire imploser la respectable famille Rascol… il faut dire que le terrain était plutôt fertile, disons que Maya aura été l’étincelle qui met le feu aux poudres.

Il faut bien reconnaître que, pour nous brosser le portrait de la famille Rascol, Edmonde Permingeat ne trempe pas sa plume dans les pastels mais opte plutôt pour les nuances sombres et acides. Il n’y a guère que Clément, le frère cadet, et sa famille qui trouvent grâce à ses yeux (et aux nôtres du coup).

Les deux autres frangins, Stéphane et Frédéric, sont juste puants de suffisance. La femme de Frédéric n’est guère plus qu’une pimbêche au QI équivalent à celui d’une palourde morte, leurs jumeaux sont l’archétype des gosses pourris gâtés que l’on a envie de baffer (et plus si affinités). De son côté Stéphane a eu le bon goût d’opter pour le célibat et de ne pas se reproduire.

Si on devine rapidement et sans peine les motivations de Maya (un mobile vieux comme le monde), son plan n’en reste pas moins machiavélique. L’auteure réussit à rendre la famille Rascol tellement détestable que l’on en viendrait presque à approuver les actes de Maya (j’ai bien dit presque… dommage toutefois pour ce brave couillon de Mathieu, le fils de Clément).

Si le déroulé de l’intrigue reste globalement assez prévisible (avec toutefois quelques revirements de situation inattendus), j’ai trouvé que le final était particulièrement bien trouvé ; il permet en effet de remettre en perspective l’ensemble du récit.

Edmonde Permingeat brosse un profil psychologique impitoyable des personnages de son roman, à tel point que parfois ça peut paraître un peu surjoué, pour ne pas dire franchement cliché. Mais globalement ça fonctionne plutôt bien.

Via les personnages de Marion et Hugo, l’auteure aborde à nouveau le thème de la gémellité (qui était déjà au cœur de l’intrigue de Sans Mon Ombre) et le lien qui unit les jumeaux… même si, sang de Rascol oblige, le présent lien est perverti.

Malgré quelques défauts mineurs, le roman s’avère rapidement être un véritable page-turner, difficile en effet de résister à l’envie de « découvrir » le fin mot de l’histoire. Le style de l’auteure contribue grandement à une lecture fluide. Tous les ingrédients sont réunis pour vous assurer un bon moment sans avoir à surchauffer les neurones.

MON VERDICT

 
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Publié par le 21 août 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stéphane Cazenelle – Les Chiens Ne Font Pas Des Chats

AU MENU DU JOUR

S. Cazenelle - Les chiens ne font pas des chats
Titre : Les Chiens Ne Font Pas Des Chats
Auteur : Stéphane Cazenelle
Éditeur : City
Parution : 2020
Origine : France
272 pages

De quoi ça cause ?

Cela fait 10 ans que David et Rex (le berger allemand « habité » par l’esprit de Brenda, sa défunte belle-mère) vivent et travaillent en harmonie. Rex vieillissant, David s’inquiète quant à l’avenir de leur « collaboration » ; jusqu’à ce que la solution ne s’impose comme une évidence : Rex doit avoir une descendance afin de lui transmettre son « don » !

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la suite de Ma Belle-Mère S’Appelle Rex, un peu de feel good n’a jamais tué personne… Un peu de répit entre deux thrillers non plus.

Ma Chronique

Après avoir connu quelques déboires éditoriaux, Stéphane Cazenelle, via les éditions City, nous permet enfin de découvrir la suite des aventures débridées de David, Alicia, Rex… et les autres !

Même si l’auteur ouvre son roman par un rapide rappel des événements survenus dans Ma Belle-Mère S’Appelle Rex, je vous recommande de le lire avant d’attaquer le présent bouquin. Vous n’apprécierez que davantage ces retrouvailles placées sous le signe de la bonne humeur (par les temps qui courent, ça ne se refuse pas).

Outre David, Alicia, leur fils, Ethan et Rex, on retrouve avec plaisir le reste de la famille, sans oublier l’inénarrable voisin et propriétaire, Monsieur Rudolski, égal à lui-même jusqu’à ce qu’il soit touché par la grâce de Cupidon (par l’entremise de l’incontournable Brenda dans une de ses nombreuses versions canines).

Vous l’aurez compris cette fois l’esprit de Brenda se démultiplie en prenant pour hôtes les chiots de Rex. Ce qui ouvre la porte à bien des surprises et à ce titre l’auteur s’en donne à cœur joie… au grand dam de David !

Même trépassée, bon an, mal an, Brenda mène toujours son petit monde à la baguette ; heureusement elle agit généralement pour le bien de sa famille… même si ce n’est pas toujours évident de prime abord.

Un roman plein de légèreté et de bonne humeur qui se lit d’une traite et vous boostera le moral en plus de vous dérider les zygomatiques.

À travers les nombreux cas cliniques présentés, Stéphane Cazenelle nous déclame une belle déclaration d’amour à son métier de vétérinaire. Qui sait, peut-être de quoi susciter des vocations chez les lecteurs les plus jeunes…

C’est avec plaisir que je suivrai les prochaines escapades littéraires de l’auteur même si je suppose qu’il délaissera Rex (un troisième tome impliquerait de faire mourir ce brave Rex, ce serait un sacré coup au moral – aussi bien pour l’auteur que pour les lecteurs… même si la relève est assurée).

MON VERDICT

 
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Publié par le 19 août 2020 dans Bouquins

 

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(BOUQUINS] Mehdy Brunet – Goliat

AU MENU DU JOUR

M. Brunet - Goliat
Titre : Goliat
Auteur : Mehdy Brunet
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
256 pages

De quoi ça cause ?

Septembre 2016. David Corvin, ancien agent du FBI reconverti dans la sécurité, et son épouse Abigael, scientifique, embarquent pour une mission commune sur la plateforme Goliat au cœur de la mer de Barents. Ils ignorent encore qu’un tueur en série est déterminé à poursuivre son œuvre destructrice sur Goliat…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, et pis c’est tout !

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, qui me donnent l’opportunité de découvrir ce roman en avant-première (parution le 3 septembre).

Goliat est le troisième roman de Mehdy Brunet, bien que les deux précédents figurent depuis leur sortie dans mon Stock à Lire Numérique, je n’ai jamais pris le temps de les découvrir. Celui-ci étant indépendant des précédents je me suis dit que c’était l’occasion rêvée de découvrir, enfin, l’univers littéraire de l’auteur.

Pour l’essentiel Mehdy Brunet construit son intrigue autour de deux axes temporels. En 2014 on suit deux agents du FBI qui traquent un tueur en série qui en est à sa cinquième victime sans laisser le moindre indice à la police. En 2016 David et Abigael arrivent sur la plateforme Goliat alors qu’une violente tempête menace.

Au-delà de ces deux axes principaux, l’auteur nous renvoie d’abord 2013 alors qu’un appareil de la compagnie Asiana Airlines reliant Séoul à San Francisco s’écrase au cours de sa phase d’atterrissage. Dès lors, pas besoin d’être un enquêteur hors pair pour que les différentes pièces du puzzle s’emboîtent avant même que Mehdy Brunet ne lève le voile sur l’identité de son tueur en série et ses motivations.

Enfin quelques chapitres nous invitent à suivre David Corvin (et sa gueule de bois) en 2019. Là encore ça vient casser le suspense ; d’entrée de jeu on sait que les choses vont mal tourner ce qui n’est pas top pour ménager le suspense.

N’allez surtout pas croire que ce roman ne vous réservera aucune surprise, si les grandes lignes s’imposent comme une évidence, certains revirements ne manqueront toutefois pas de vous étonner.

Certes j’aurai apprécié une construction de l’intrigue qui ménage davantage le suspense, mais ce petit bémol n’a pas vraiment interféré dans mon plaisir de lecture. J’ai dévoré le bouquin le temps d’un week-end, n’interrompant ma lecture qu’à regrets.

Mehdy Brunet accorde beaucoup d’attention à ses personnages, sans aller jusqu’à brosser un profil psychologique complet, chacun a sa propre personnalité, son caractère et des réactions adaptées à ce qu’il (elle) est.

Ainsi quand on croise pour la première fois David et Abigael, leur couple est dans le creux de la vague avant de remonter la pente ; cette mission commune sur Goliat est l’occasion de sceller leur volonté de prendre un nouveau départ.

Le choix d’une plateforme au cœur de l’océan Arctique, alors que les éléments se déchaînent à l’extérieur, contribue à instaurer une ambiance oppressante qui ira crescendo au fil de l’avancée de l’intrigue.

Concernant les motivations du tueur en série, et tout en restant volontairement dans le vague, je dirai simplement que ses victimes ont fait un choix qui n’appartient qu’à elles seules, un choix que personne ne peut faire à leur place et que personne n’a le droit de juger (et encore moins de condamner).

Il y a encore quelques années j’aurai pu être une victime potentielle d’un tel tueur en série, aujourd’hui j’ai changé d’avis sur la question (sans avoir été directement confronté à la problématique) et j’ai en permanence dans mon portefeuille un document faisant état de ce choix. Ce revirement personnel ne m’empêche nullement de respecter la volonté de ceux et celles qui ont fait le choix contraire.

MON VERDICT

 
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Publié par le 17 août 2020 dans Bouquins

 

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