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Archives d’Auteur: Lord Arsenik

À propos de Lord Arsenik

Noumea - Nelle-Calédonie

[BOUQUINS] Johnny, Quelque Part Un Aigle

AU MENU DU JOUR

P. Billon - Johnny...
Titre : Johnny, Quelque Part Un Aigle
Auteur : Pierre Billon
Éditeur : Harper Collins
Parution : 2018
Origine : France
192 pages

De quoi ça cause ?

Pierre Billon nous raconte ses quarante années d’amitié avec Johnny, mais pas que… Il nous parle aussi de lui, de ses rencontres avec les grands noms de la scène musicale française et internationale.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour marquer le coup du premier anniversaire de la disparation de Johnny Hallyday (OK, je suis un peu à la bourre, mais c’est l’intention qui compte).

Je voulais un bouquin qui ne pue pas trop le racolage bassement marketing, le témoignage d’un pote de longue date me semblait idéal.

Je ne voulais pas non plus un pavé du genre Tout Johnny pour les Nuls, une fois de plus le bouquin de Pierre Billon correspondait pile-poil à ma recherche.

NetGalley ayant accepté ma demande, je n’avais plus qu’à me lancer.

Ma chronique

Je remercie les éditions Harper Collins et NetGalley qui ont donné une suite favorable à ma sollicitation sur ce titre.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il me semble important de signaler que ce bouquin n’est pas une énième biographie de Johnny Hallyday ; Pierre Billon parle d’abord de lui et de ses quarante années d’amitiés avec Johnny, mais aussi de leur collaboration professionnelle et de leur passion commune pour le rock’n’roll et la moto.

Faut-il absolument être fan de Johnny pour lire ce bouquin ? Pas forcément fan inconditionnel, mais il faut quand même avoir un minimum d’intérêt pour le personnage. Donc oui, c’est quand même un public bien spécifique qui est visé.

Avant de rencontrer Johnny et de devenir son directeur artistique, Pierre Billon a travaillé et participé activement au lancement de la carrière d’un de ses amis d’enfance, un certain Michel Sardou (qu’il retrouvera des années plus tard pour la production de son dernier album et de sa dernière tournée).

Dès son plus jeune âge Pierre Billon a baigné dans le monde du spectacle, ses parents faisaient tourner un cabaret à Montmartre. Des artistes comme Georges Brassens ou encore Édith Piaf sont venus le border avant d’entamer leur tour de chant. Et ce n’est que le début, vous en croiserez du beau monde au fil des pages et des anecdotes.

Et justement les anecdotes constituent le point fort de ce récit. On y découvre un Johnny sans fard ni artifice, au-delà de l’artiste c’est le pote et le complice, l’homme qu’il était hors de la lumière des projecteurs, que Pierre Billon veut nous faire connaître.

Des anecdotes souvent drôles, parfois émouvantes (j’avoue avoir lâché une larme en parcourant le dernier chapitre) ; entre les enregistrements en studios, les concerts toujours plus dingues, les virées en moto, mais aussi et surtout les scènes de la vie quotidienne.

Un bouquin court, mais qui se suffit à lui-même, avec un superbe cahier photo de 24 planches pour finir en beauté (à visionner sur l’ordi plutôt que sur la liseuse). Je me permets d’ailleurs de clore cette chronique avec une photo empruntée au bouquin.

Pour moi comme pour tous ceux qui le connaissent, Johnny est indestructible.

Un bel hommage qui fait oublier toutes les polémiques et querelles autour de ces histoires d’héritage.

Un bouquin qui me donne envie de pencher enfin sérieusement sur le dernier album de Johnny ; à ce jour je l’ai écouté une ou deux fois en faisant autre chose, si je dois en parler ici il faut que communie avec lui (aucun bruit et aucune activité parasites, juste l’écoute de l’album et après lâcher mon ressenti en le réécoutant).

MON VERDICT

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Publié par le 14 décembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Nick Cutter – Little Heaven

AU MENU DU JOUR

N. Cutter - Little Heaven
Titre : Little Heaven
Auteur : Nick Cutter
Éditeur : Denoël
Parution : 2018
Origine : Canada (2017)
592 pages

De quoi ça cause ?

Quand Petty, la fille de Micah, est enlevé en pleine nuit, il sait qu’il ne pourra pas vaincre seul la chose qui lui a pris sa fille. Il fait appel aux seules personnes capables de l’aider face à cet ennemi, Eb et Minerva, des mercenaires, comme lui. Tous trois vont reprendre la route de Little Heaven dans l’espoir de sauver Petty et d’en finir avec cette abomination.

Quinze ans plus tôt, les trois amis ont déjà eu à affronter cette chose au cœur même de Little Heaven, une petite communauté religieuse qui vit coupée du monde. Un paradis qui se révélera rapidement ressembler davantage à une antichambre de l’Enfer plutôt qu’au jardin d’Eden…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

J’ai découvert Nick Cutter en 2016 à l’occasion de la parution de son roman Troupe 52. Les auteurs qui brillent dans la littérature horrifique sont rares, du coup quand on en trouve un, on n’a plus trop envie de le lâcher.

Ma chronique

Nick Cutter (Craig Davidson de son vrai nom) m’avait bluffé avec son précédent roman, Troupe 52, pour une première incursion dans la littérature horrifique, on peut dire qu’il avait fait fort, très fort même. Il en remet une couche avec Little Heaven ; sera-t-il à la hauteur de son aîné ?

Incontestablement la réponse est un OUI franc et massif. L’auteur parvient à aller encore plus loin dans l’horreur sans jamais donner l’impression de faire dans la surenchère gratuite. C’est trash, c’est gore, mais c’est pour les besoins de l’intrigue ; là où d’autres sombreraient dans le ridicule (voire le risible) à vouloir en faire des caisses, Nick Cutter évite cet écueil et nous propose un récit parfaitement maîtrisé. Essai transformé donc, la littérature horrifique peut s’enorgueillir de recevoir un nouveau cador du genre en ses rangs.

Je pense que vous l’aurez compris : âmes sensibles s’abstenir !

Une réussite qui doit beaucoup à son trio de héros pour le moins atypique. Et Dieu sait pourtant que réunir ces trois-là n’était pas une mince affaire ; en effet lors de leur première rencontre ils tentent vainement de s’entretuer. Blessés, ils se retrouveront dans une infirmerie de fortune en attendant que la police ne vienne les prendre en charge… sauf qu’ils ne l’entendent pas vraiment de cette oreille et seront contraints de faire équipe pour échapper à la prison.

C’est volontairement que je ne m’attarderai pas sur les personnages, pour faire simple on va dire qu’ils valent vraiment le détour, même s’ils loin d’être des saints, je suis sûr que vous les adopterez aussi vite que je l’ai fait. Pour le reste, à vous de le découvrir.

D’autres personnages sont appelés à jouer un rôle essentiel dans le déroulé de l’intrigue. Deux noms me viennent spontanément à l’esprit : Ellen et Amos. Vous ne pourrez qu’apprécier la première, tout comme vous ne pourrez que haïr le second. Sans oublier bien sûr les multiples entités qui hantent les bois voisins de Little Heaven.

Le récit alterne entre les événements présents (1980) et les flashbacks (1965-1966). C’est un trio vieillissant qui se retrouve pour affronter un mal qu’ils ne connaissent que trop bien. En examinant le découpage du bouquin, j’ai été étonné par l’importance (en nombre de pages) des événements passés (entre 75 et 80% du récit) par rapport à ceux du présent ; je craignais que l’intrigue actuelle soit quelque peu bâclée… J’ai été rapidement rassuré, tout s’imbrique impeccablement et même la fin apparaît alors comme la seule issue possible.

La désinvolture (parfois rien qu’apparente) des personnages et l’aspect décalé de certains dialogues apportent quelques touches d’humour bienvenues au milieu de ce déferlement de monstruosités en tout genre (dont certaines étant du seul fait des humains).

Le roman, dans son ensemble, dégage une ambiance très western, à commencer par ses héros qui font beaucoup penser aux cowboys solitaires chers au western spaghetti (bin oui, on est loin de notre brave poor lonesome cowboy qui tire plus vite que son ombre). Un western glauque et oppressant à souhait, mais aussi particulièrement riche en hémoglobine ; un cocktail détonnant (et étonnant) entre les univers de Sergio Leone et de Lovecraft.

Les amateurs du genre du genre se régaleront alors que les autres passeront leur chemin (à moins d’être franchement maso). Pour ma part je me suis régalé sans modération et j’espère bien avoir l’occasion de savourer d’autres écrits de Nick Cutter (il reste deux titres non encore disponibles en français).

Cerises (et oui, il y en a plusieurs) sur le gâteau, les superbes illustrations d’Adam Gorham disséminées au fil des chapitres. Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir de vous faire découvrir un trombinoscope de nos trois héros (Micah, Minerva et Eb).

Little Heaven

Pour l’anecdote j’ai découvert Troupe 52 dans son édition québécoise (publiée par les éditions Alto), pour Little Heaven c’est l’édition française (publiée par Denoël) que j’ai lue. Dans les deux cas je trouve les couv’ de Denoël (sans aucun chauvinisme déplacé) nettement plus réussies (ci-dessous la couv’ des éditions Alto de Little Heaven).

Little Heaven (ALto)

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Publié par le 13 décembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Don Winslow – Corruption

AU MENU DU JOUR

D. Winslow - Corruption

Titre : Corruption
Auteur : Don Winslow
Éditeur : Harper Collins
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
592 pages

De quoi ça cause ?

Denny Malone est le chef de la Task Force, une unité d’élite du NYPD, chargée de lutter contre les gangs et les trafics de drogues et d’armes dans North Manhattan. Une mission qui nécessite parfois d’être borderline, voire de franchir la ligne jaune, mais on ne fait d’omelette sans casser des œufs.

Denny Malone vient d’être arrêté par le FBI. Les gros bonnets tremblent… des deux côtés de la barrière. S’il chute, Malone ne tombera pas seul…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait un moment que j’ai envie de découvrir l’univers littéraire de Don Winslow. J’ai failli franchir le cap lors de la parution de Cartel, mais j’ai remis à plus tard en découvrant que c’était la suite de La Griffe Du Chien.

Corruption étant un one-shot j’ai sauté sur l’occasion…

Ma chronique

Magique. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit si je devais définir la plume de Don Winslow. En quelques lignes à peine j’ai été en totale immersion dans le récit, en immersion dans l’équipe de la Task Force. J’ai eu l’impression de patrouiller avec eux dans les rues de Manhattan, de partager leurs (nombreux) succès, mais aussi leurs (rares) échecs. De faire partie intégrante de cette équipe qui pourrait quasiment se définir comme une Fraternité, dans le sens le plus noble du terme, vu la force des liens qui unissent ces hommes.

Denny Malone était bien le dernier homme au monde que l’on pouvait s’attendre à voir finir dans une cellule du Metropolitan Correctional Center, sur Park Row.
Vous auriez dit le maire, le président des États-Unis, le pape… Les habitants de New York auraient parié qu’ils les verraient derrière les barreaux avant l’inspecteur-chef Dennis John Malone.
Un héros de la police.
Le fils d’un héros.
Un vétéran de l’unité d’élite du NYPD.
La Manhattan North Special Task Force.
Et, surtout, un type qui savait où étaient cachés tous les squelettes, car il en avait lui-même enterré la moitié.

Ainsi commence Corruption, le dernier roman de Don Winslow. Comment Malone s’est-il retrouvé dans une prison fédérale ? Quels sont les enjeux ? Qui tire les ficelles ? C’est que nous allons découvrir au fil des chapitres suivants.

Rarement dans un roman j’ai croisé un type aussi charismatique que Denny Malone, et pourtant le gars n’est pas un saint, loin s’en faut ! S’il franchit parfois (souvent ?) la ligne jaune, ce n’est pas uniquement pour satisfaire les ambitions de ses supérieurs ; après tout c’est lui et son équipe qui patrouillent dans les rues et n’hésitent pas à mettre les mains dans le cambouis tandis que des ronds de cuir attendent des résultats, le cul vautré dans de confortables bureaux. Alors, pourquoi ne pas en tirer quelques profits quand l’occasion se présente ?

Il a fallu du temps, du forcing et de l’influence, mais la Manhattan North Special Task Force a vu le jour.
Sa mission est simple : reprendre possession des rues.
Malone en connaît la devise cachée : on se fout de ce que vous faites, et de comment vous le faites (du moment que ça ne se retrouve pas dans les journaux), mais empêchez les animaux de sortir de leurs cages.

C’est ainsi que les illusions s’envolent, pas après pas Malone et son équipe franchissent la ligne de démarcation, chaque pas les éloigne davantage du droit chemin… Alors oui on est bel et bien en présence de flics corrompus, des ripoux, mais des ripoux que l’on ne peut s’empêcher de comprendre, voire même d’approuver. Comme le dit fort justement l’accroche du bouquin en quatrième de couv’ : « Quand tout le système est pourri, autant jouer selon ses propres règles« .

L’écriture de Don Winslow est pour beaucoup dans cette profonde empathie que l’on ressent pour ses personnages, et tout particulièrement pour Malone. Bien qu’écrit à la troisième personne, l’auteur nous place dans la tête de son héros, nous invitant même à partager ses impressions à chaud.

Et en matière de coups de chaud, Malone va avoir le droit à la totale. Au fil des chapitres il accumule les coups durs et s’empêtre dans un sac de nœuds de plus en plus inextricable. On se demande comment il va se dépêtrer de ce merdier, parce que oui, on a envie qu’il s’en sorte et pas seulement lui, ses équipiers aussi.

Dans un polar « classique » on aurait tendance à prendre parti pour les agents du FBI qui traquent les flics corrompus, ici on a plutôt envie de les considérer comme les derniers des enfoirés. Il faut dire que la corruption est présente à tous les niveaux dans ce bouquin, du coup les flics de la Task Force ne sont sans doute pas les pires.

Don Winslow signe un polar très noir, mais cela ne l’empêche pas de placer çà et là quelques touches d’humour ; l’ensemble est parfaitement dosé.

Au-delà de la fiction, on devine un gros travail de documentation sur les conditions de vie des policiers, mais surtout on sent que l’auteur parle d’un monde qu’il connait bien et pour lequel il a un énorme respect. Certes il y a des bavures, et il n’est pas question de faire l’impasse dessus ou de les excuser, mais la police paie aussi un lourd tribut humain à la société pour la servir et la protéger.

Un énorme coup de cœur pour ce roman et une magistrale claque dans la gueule. Je craignais de boucler cette année de lecture sans avoir eu LE coup de cœur (même si La Mort Selon Turner aurait pu tenir ce rôle), après la lecture de Corruption mes craintes se sont envolées.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 5 décembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jonas Jonasson – Le Vieux Qui Voulait Sauver Le Monde

AU MENU DU JOUR

J. Jonasson - Le Vieux Qui Voulait Sauver Le Monde

Titre : Le Vieux Qui Voulait Sauver Le Monde
Auteur : Jonas Jonasson
Éditeur : Presses de la Cité
Parution : 2018
Origine : Suède
504 pages

De quoi ça cause ?

Allan et Julius coulent des jours heureux, mais un peu trop tranquilles à leur goût, sur l’île de Bali.

À l’occasion du cent-unième anniversaire de son ami, Julius décide de lui offrir un vol en montgolfière. Les deux amis embarquent et, par un malheureux concours de circonstances, s’envolent à bord du ballon en oubliant d’embarquer le pilote (et accessoirement de régler la note de leur hôtel de luxe).

Ainsi débute une nouvelle odyssée qui mènera nos deux compères à la rencontre des grands de ce monde…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que les romans de Jonas Jonasson font partie de ces rendez-vous feel good qui font du bien par où ils passent.

C’est aussi l’occasion de retrouver Allan Karlsson, Le Vieux Qui Ne Voulait Pas Fêter Son Anniversaire, pour un nouveau périple international qui s’annonce haut en couleur…

Ma chronique

Comme l’explique Jonas Jonasson dans sa préface, il n’avait pas prévu de lancer son Vieux dans de nouvelles aventures, mais avec des individus comme Donald Trump, Vladimir Poutine ou encore Kim Jong-un aux commandes de notre pauvre monde, un retour en force d’Allan Karlsson s’est imposé comme une évidence.

Du haut de ses 101 ans, Allan Karlsson a le don de se fourrer dans les pires pétrins et d’y entraîner ses complices du moment, tout comme il a le don pour foutre les deux pieds dans le plat dans les pires moments… Bref notre Monsieur Catastrophe suédois reste égal à lui même et ne perd pas une occasion de dire tout haut ce qu’il pense (surtout quand il s’agit de s’adresser aux grands de ce monde).

Un périple qui mènera notre vieux préféré de l’Indonésie à la Tanzanie, en passant notamment par la Corée du Nord et les États-Unis, pour le plus grand déplaisir de Kim Jong-un et de Donald Trump. L’occasion pour l’auteur de dézinguer ces deux fanfarons de la scène internationale, mais aussi de pointer du doigt le rôle d’agitateur de l’ombre de Vladimir Poutine.

Tous les grands de ce monde n’auront pas le droit à un portrait à charge (même si c’est là que c’est le plus marrant), ainsi Angela Merkel, apparaît comme une personne posée avec qui il est possible de discuter aimablement.

Si ça peut vous rassurer il n’y a pas que les grands de ce monde que Allan Karlsson parvient à horripiler au plus haut point, il s’attirera notamment les foudres d’un nazillon pas très futé, mais bien déterminé à lui faire la peau.

Heureusement (enfin, ça dépend pour qui) il fera aussi des rencontres plus amicales… Je serai tenté de dire que sa rencontre la plus marquante est aussi celle qui sera le moins à même de se plaindre : son iPad ! Cette tablette qui lui permet de suivre quasiment en temps réel les déboires de notre triste monde.

Jonas Jonasson reprend plus ou moins les mêmes ficelles qu’il avait précédemment éprouvées avec Le Vieux Qui Ne Voulait Pas Fêter Son Anniversaire ; si l’effet de surprise est moindre, le résultat est toujours agréable à lire. Vous allez rire et sourire en suivant le périple complètement loufoque de ce brave Allan Karlsson et de ses amis. Ça fait du bien aux zygomatiques, idéal pour se détendre et oublier, le temps d’une lecture, tous les petits (et gros) tracas du quotidien.

En refermant ce bouquin, la culture de l’asperge n’aura plus aucun secret pour vous… quoique, j’ai comme un léger doute sur la question.

Je serai tenté de dire rendez-vous pour le cent-deuxième anniversaire d’Allan, mais je suppose que son auteur préférera lui accorder un repos bien mérité afin de passer à autre chose…

MON VERDICT

 
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Publié par le 3 décembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Laurent Obertone – Le Diable Du Ciel

AU MENU DU JOUR

L. Obertone - Le Diable du Ciel
Titre : Le Diable Du Ciel
Auteur : Laurent Obertone
Éditeur : Ring
Parution : France
Origine : 2017
280 pages

De quoi ça cause ?

24 mars 2015. Un A320 de la compagnie Germanwings s’écrase dans les Alpes du Sud françaises. Un agent du BEA est dépêché sur place afin d’identifier les causes possibles de ce crash inexplicable.

Quand il apprendra que le crash est un acte volontaire du copilote, Andreas Lubitz, il va tout mettre en oeuvre pour essayer de comprendre le pourquoi du comment d’un tel acte. Il va ainsi mener une enquête approfondie, mais éprouvante…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Bonne question. Le truc qui s’invite sans prévenir alors que je suis en pleine session de rattrapage de la Rentrée Littéraire 2018 (même si je sais pertinemment que je n’en rattraperai que quelques morceaux, condamnant les autres aux tréfonds de mon Stock à Lire Numérique), est justement arrivé ici un peu par hasard…

Ma chronique

Il y a encore quelques (pas si lointaines) années, j’aurai juré que le numérique ne passerait jamais par moi ! À ma décharge à l’époque numérique voulait dire format PDF… Le truc totalement inadapté à la lecture d’un roman. Puis est apparu l’epub qui m’a converti au numérique (comme dirait l’autre : il n’y a que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis).

Aujourd’hui je ne lis quasiment que des ebooks (bin oui, pas de place pour la demi-mesure dans mon esprit tourmenté). Je pousse même le vice jusqu’à m’être fait la promesse de ne jamais débourser le moindre sou pour acheter un bouquin en provenance d’un éditeur n’offrant pas une alternative numérique. RING fait malheureusement de ces éditeurs réfractaires au numérique. Pour la présente chronique, je n’ai pas dérogé à ma promesse, c’est une succession de (heureux) hasards et un brin de motivation qui m’ont permis de lire ce bouquin au format epub.

Au fil de mes errances sur le net, je croise une version PDF du bouquin. Version non commerciale, plutôt genre brut de décoffrage suite numérisation maison. J’ai repris le même processus que celui utilisé pour lire Invasion (avec beaucoup plus de corrections à effectuer) pour pondre ma propre version epub du présent bouquin.

Je connaissais le Laurent Obertone comme essayiste (La France Orange Mécanique et Utoya) et comme romancier (Guerilla) ; pour ce Diable Du Ciel l’auteur combine les deux casquettes, s’il s’agit bien d’une oeuvre de fiction basée sur une triste réalité, c’est aussi le résultat d’un impressionnant travail documentaire.

J’ai d’ailleurs été surpris de voir que RING classait ce bouquin dans sa collection thriller, je le voyais comme un docu-fiction, mais au final je dois reconnaître qu’il est un mix réussi entre les deux : un docu-fiction qui se lit comme un thriller (même si on connaît déjà la fin de l’histoire).

Le récit nous plonge dans la peau du narrateur, un enquêteur du BEA qui veut essayer de comprendre l’incompréhensible, de donner un nom à l’innommable. Pour se faire, il doit cerner le personnage d’Andreas Lubitz, quitte à essayer de se mettre à sa place, de raisonner comme lui.

Comprendre n’est pas pardonner, il n’en sera d’ailleurs jamais question. Pas question non plus de chercher des excuses ou de quelconques circonstances atténuantes à Andreas Lubitz. Son geste est impardonnable, sa folie a provoqué la mort de 149 victimes innocentes, faisant de lui le plus meurtrier des tueurs de masse, doublé d’un assassin (le geste ayant, selon toute vraisemblance, été prémédité).

Le narrateur (tout comme l’auteur) construit sa réflexion autour de deux axes, le premier se concentrant sur la personnalité d’Andreas Lubitz, le second reconstituant les vols Düsseldorf-Barcelone (4U9524) et Barcelone-Düsseldorf (4U9525) ; ce dernier n’arrivera jamais à destination.

L’enquête démontrera que Andreas Lubitz n’aurait jamais dû être déclaré apte au poste de copilote, mais ses mensonges, non-dits et autres dissimulations lui ont permis d’éviter l’interdiction et d’obtenir sa licence de vol. L’auteur nous livre un portrait psychologique détaillé (et à charge) de Lubitz, assorti des réactions des interlocuteurs que le narrateur rencontrera au fil de son enquête (réactions extraites des différents rapports d’enquête).

La reconstitution du vol 9525 est glaçante de réalisme, on a vraiment l’impression d’être spectateur du drame qui se joue à l’insu de tous (du commandant d’abord, puis du personnel navigant et enfin des passagers). Suivra la prise de conscience progressive (dans le même ordre) que l’inéluctable est en train de se produire. Jusqu’à la perte de contact avec l’appareil quand il percute le flanc de montagne.

On aurait pu redouter une sensation de voyeurisme malsain, mais il n’en est rien. L’auteur évite cet écueil en misant avant tout sur le côté humain du drame.

Ne cherchez aucune dimension mystique dans le titre du roman, c’est la traduction littérale du pseudo utilisé par Lubitz pour se connecter à sa tablette (Skydevil).

Travail de relecture oblige j’ai dû lire le bouquin deux fois de suite (un premier survol, après travail sur le code, pour corriger les coquilles les plus évidentes, et une lecture plus attentive pour traquer les erreurs résiduelles), toujours avec la même intensité, incapable de le lâcher… presque malgré moi.

En fermant le bouquin, reste une question qui tourne en boucle : est-ce qu’on aurait pu éviter ce drame ? On a envie d’y croire, mais finalement ça reviendrait à pointer du doigt des éventuelles négligences ; réécrire l’histoire après coup est facile, pour ma part je pense que cette question est condamnée à rester sans réponse.

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Publié par le 29 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jo Nesbo – Macbeth

AU MENU DU JOUR

J. Nesbo - Macbeth

Titre : Macbeth
Auteur : Jo Nesbo
Éditeur : Gallimard
Parution : 2018
Origine : Norvège
624 pages

De quoi ça cause ?

Après une opération de police réussie, Macbeth, le chef de la Garde, unité d’élite de la police, est promu à la tête de la Brigade du Crime Organisé. Pour l’ambitieuse, Lady, l’épouse de Macbeth, ce n’est que la première marche de leur ascension vers de plus hautes responsabilités ; elle suggère à son époux de viser le poste de préfet. La meilleure façon d’y parvenir étant d’assassiner l’actuel préfet.

L’ambition de Lady et son emprise sur Macbeth semblent ne connaître aucune limite, au risque d’entraîner le couple dans une spirale destructrice dont nul ne sortira indemne…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jo Nesbo et que j’étais franchement curieux de découvrir ce que deviendrait l’une des plus célèbres tragédies de Shakespeare entre les mains d’un des maîtres du polar nordique.

La rentrée littéraire 2018 a été particulièrement riche, avec, dans le lot, plusieurs auteurs que j’apprécie tout particulièrement et plusieurs titres qui se bousculent au portillon ; il faut faire des choix et prioriser les uns et les autres…

Ma chronique

Macbeth est la réponse de Jo Nesbo au Hogarth Shakespeare Project, l’éditeur Hogarth Press a en effet mis au défi les auteurs contemporains d’adapter et de moderniser l’oeuvre de William Shakespeare. Plusieurs auteurs ont déjà relevé le défi (dont Margaret Atwood qui a choisi de revisiter La Tempête), d’autres titres sont en préparation (dont une revisite de Hamlet par Gillian Flynn). Un pari un peu fou qui ne pouvait que titiller la curiosité de l’inconditionnel de Jo Nesbo que je suis…

N’étant pas naturellement porté vers la littérature classique, je ne connaissais Macbeth, la pièce de Shakespeare, que de nom. Avant de me lancer à la découverte de cette revisite j’ai voulu me faire une idée un peu plus précise de la chose sans pour autant me farcir sa lecture (je ne dis pas que c’est désagréable à lire, juste que je n’en ai pas envie) ; à l’aide de mes amis Google et Wikipedia c’est désormais chose faite.

Soit dit en passant la démarche ne s’impose pas, le roman de Jo Nesbo se suffisant à lui-même. Si toutefois vous souhaitez une rapide comparaison avec la pièce de Shakespeare, je ne saurai que trop vous conseiller (pour des raisons évidentes) de le faire après la lecture du bouquin…

Difficile de situer l’intrigue dans le temps et dans l’espace, quelques repères chronologiques permettent toutefois de se positionner dans les années 70, la mention, à plusieurs reprises, du comté de Fife fait référence à l’Écosse (ce qui paraît logique, la pièce de Shakespeare se déroulant en Écosse). Une métropole anonyme relativement importante, mais économiquement sur le déclin et rongée par la corruption et le trafic de drogue… Partout et nulle part en quelque sorte.

Force est de reconnaître que j’ai eu un peu de mal à enter dans l’histoire, il faut dire que pour se prêter au jeu de cette revisite Jo Nesbo adopte un style totalement différent de celui qu’il emploie pour ses autres romans (je pense notamment à la série Harry Hole). C’est déconcertant, mais surtout ça semble manquer de naturel ; il faut dire que, histoire de corser le challenge, l’auteur intègre çà et là des citations (plus ou moins réécrites pour la circonstance) de la pièce de Shakespeare.

Mais au fil des chapitres on s’adapte pour ne se concentrer que sur l’intrigue et se laisser guider par la plume de l’auteur. Il faut dire que Jo Nesbo ne nous laisse pas vraiment profiter du paysage avant de nous plonger au cœur de l’action. Sa revisite moderne de Macbeth s’écrit clairement en rouge et noir, rouge comme le sang qui coule à flots, noir comme l’ambiance qui plombe le bouquin de la première à la dernière page.

Au risque de spoiler (quoique, ce n’est pas pour rien que ça s’appelle une tragédie… au fil des chapitres on comprend que les choses ne peuvent qu’aller de mal en pis et très mal se finir) je serai tenté de comparer la destinée de Macbeth à un soufflé réalisé par un apprenti cuisinier qui ne maîtrise pas la cuisson de son appareil. Ça monte, ça monte, ça monte, mais juste avant d’attendre le firmament ça s’écrase comme une merde (je confirme, c’est du vécu la tragédie du soufflé au fromage)…

Je serai tenté de dire quel gâchis. En effet Macbeth, comme chef de la Garde, était un mec bien, plutôt intègre, un leader efficace apprécié par ses hommes. La sagesse populaire prétend que l’amour rend aveugle, en l’occurrence il a rendu notre Macbeth très con. Il se laisse contaminer par l’ambition de Lady, puis, empoisonné par le retour d’un de ses vieux démons sombre jusqu’au point de non-retour.

Au pays de Macbeth, celui qui voulu devenir calife à la place du calife, tout n’est que mensonges, complots et trahisons, un joli foutoir dans lequel il est bien difficile de distinguer ses amis de ses ennemis. Noir c’est noir, mais heureusement certains croient encore en des lendemains meilleurs.

Le pari de la revisite est relevé et remporté haut la main, mais je ne sors pas complètement béat de cette lecture. On va dire que c’est une sympathique mise en bouche en attendant de savourer le douzième volume de la saga Harry Hole (annoncé en VO pour 2019).

Comme indiqué plus haut l’intrigue se déroule en Écosse, et pourtant lorsque Lady parle de son casino elle mentionne une mise en couronnes (la monnaie norvégienne, patrie de Jo Nesbo) ; une maladresse qu’il eut pourtant été facile d’éviter (ou, à défaut, de corriger). C’est un détail certes, mais quand même ça fait négligé.

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Publié par le 28 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Bernard Werber – La Boite De Pandore

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B. Werber - La Boite De Pandore

Titre : La Boîte De Pandore
Auteur : Bernard Werber
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : France
560 pages

De quoi ça cause ?

René Toledano, 32 ans, célibataire, est prof d’histoire dans un lycée parisien. Une vie pépère sans histoire jusqu’à ce qu’il se laisse entraîner par une amie à un spectacle d’hypnose.

À défaut de volontaire pour inaugurer son numéro d’hypnose régressive, Opale, l’hypnotiseuse qui officie sur scène le désigne comme cobaye. Une expérience qui changera à jamais la vie de René Toledano…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Bernard Werber, un auteur que j’apprécie énormément. Il fait partie de ces auteurs pour lesquels je réponds présent dès la sortie d’un nouveau roman.

Comme beaucoup j’ai découvert l’auteur avec sa Trilogie des Fourmis et j’ai été immédiatement sous le charme, malgré tout je l’ai suivi de façon plus ou moins sporadique (j’ai tous ses bouquins, mais je suis loin de les avoir tous lus). Je lui suis d’une fidélité sans faille depuis 2012, année de la sortie du premier opus de sa trilogie Troisième Humanité.

Ma chronique

Bernard Werber a un style narratif qui n’appartient qu’à lui, vous reconnaissez sa « griffe » dès les premières pages. Si le style reste, les intrigues et les thèmes abordés eux varient du tout au tout… avec plus ou moins de succès, mais sans jamais ennuyer le lecteur (c’est du moins mon ressenti personnel).

Ici le corps de l’intrigue se construit autour de l’hypnose régressive ; en théorie l’idée est de permettre, grâce à l’hypnose, au sujet de partir à la découverte de ses vies antérieures. J’en vois déjà qui haussent un sourcil perplexe, forcément on ne peut dissocier le concept de vie antérieure à celui de réincarnation (sinon ça reviendrait à préparer une tarte aux pommes sans les pommes). Pour ma part ce ne sont pas des notions que je rejette en bloc (en dehors de tout concept religieux, cela va sans dire… cessons de confondre spiritualité et religion ; la seconde n’étant qu’une perversion organisée de la première), ceci dit il ne me semble pas impératif d’adhérer à l’idée pour apprécier le bouquin (après tout on ne vous demande pas de croire aux vampires pour lire et apprécier Dracula).

Revenons à nos moutons… et accessoirement cessons d’user et d’abuser de parenthèses !

Au fil de ses régressions (et des chapitres), René Toledano va rencontrer ses anciens-moi, parfois par curiosité, parfois par nécessité. C’est une de ses rencontres qui le poussera à venir en aide à son premier-moi, un Atlante nommé Geb. À ce niveau de ma chronique, je pense que j’ai perdu en route tous les sceptiques… parfait ! Bon débarras !

Se pose alors la question d’une éventuelle influence de nos vies antérieures sur le moi-présent et par extension celle de la possibilité du moi-présent d’influer sur la destinée des anciens-moi… Sur le coup j’avoue que le moi-de-tout-de-suite-maintenant commence à se choper un mal de crâne carabiné.

Deux Doliprane plus tard.

Je vous assure que posée par Bernard Werber, la double question évoquée plus haut ne vous causera aucune migraine et ne devrait avoir aucun effet secondaire… à part peut-être celui de remettre en question vos certitudes.

Il faut dire aussi que le personnage de René Toledano n’est pas du genre à suivre bêtement le troupeau, son dada serait plutôt de creuser l’Histoire « officielle » et de chercher les failles afin de rétablir LA vérité. Comme il se plait à le dire :

Ce qu’on connaît du passé ce n’est qu’une caricature de propagande répandue par les historiens pour faire plaisir à leur puissant commanditaire.

Ou encore :

Car même l’histoire officielle délivrée dans les manuels scolaires est parfois tronquée. Par exemple, on ne connaît les civilisations passées que par les traces qu’ont laissées celles qui étaient dotées de l’écriture. Parmi celles-ci, on ne connaît que le passé des civilisations qui abritaient des historiens. Et parmi ces dernières, que la version des vainqueurs.

Remettre en question l’Histoire, voilà bien un comble pour un professeur d’Histoire.

Cet aspect du récit, émaillé des nombreux exemples donnés par René Toledano, m’a beaucoup plu. Sans sombrer dans le delirium tremens paranoïde complotiste, je reconnais volontiers que parfois (si le sujet m’inspire) j’aime bien creuser au-delà de la surface parfaitement polie des versions officielles (qu’elles proviennent des autorités ou des médias).

D’autres questions sont abordées au fil de l’intrigue, avec parfois en support des extraits du MNEMOS de René Toledano (soit exactement le même format que les extraits de l’ESRA chère à la famille Wells).

Bernard Werber excelle dans le divertissement didactique, même si j’ai bien conscience qu’il ne faut pas forcément tout prendre pour argent comptant (pour coller à la petite histoire, il faut parfois jongler avec les grandes vérités de l’Histoire).

J’ai beaucoup aimé le duo formé par René Toledano et Opale Etchegoyen (le premier qui dit Etchebest est de corvée de chiottes pour les 10 prochaines années… je suis fan de Philippe Etchebest, pas toucher sinon moi taper), deux personnages complémentaires à bien des niveaux.

Incontestablement cette cuvée Werber 2018 est un bon cru, pas exceptionnel toutefois (j’ai trouvé certains passages franchement surjoués), mais qui se déguste avec énormément de plaisir. À consommer sans modération (perso je n’ai jamais trouvé modération quand il s’agit de prendre un apéro, du coup je fais sans sa compagnie).

MON VERDICT

Morceau choisi

Extrait du MNEMOS de René Toledano – Sophisme

Un sophisme est un raisonnement à la logique fallacieuse, c’est-à-dire qui a les apparences de la logique, mais qui n’est pas valide. Il a pour intention de tromper son auditoire.
On peut l’illustrer avec une blague :

Un homme croise un ami dans la rue.
– Salut, qu’est-ce que tu deviens ?
– Je suis prof de maths et toi ?
– Oh, moi je suis prof de logique.
– C’est quoi la logique ?
– Tu as un aquarium ?
– Oui.
– Donc tu aimes les poissons.
– Oui.
– Donc tu aimes tout ce qui est beau.
– Oui.
– Donc tu aimes les femmes.
– Oui.
– Voilà, c’est ça la logique.
Le prof de maths repart et croise un autre ami d’enfance. Il évoque sa rencontre précédente avec le professeur de logique. L’autre lui demande :
– Tu peux m’expliquer ce qu’il fait exactement, ton ami, en tant que professeur de logique ?
– Bien sûr. Tu as un aquarium ?
– Non.
– Alors c’est que tu es homosexuel.

 
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Publié par le 22 novembre 2018 dans Bouquins

 

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