RSS

Archives d’Auteur: Lord Arsenik

À propos de Lord Arsenik

Noumea - Nelle-Calédonie

[BRD] Ready Player One

À L’AFFICHE DU JOUR

Ready Player One

Titre : Ready Player One
Réalisation : Steven Spielberg
Production : Amblin Entertainment
Distribution : Warner Bros
Origine : USA (2018)
Durée : 2h20

Le casting

Tye Sheridan : Wade / Parzival
Olivia Cooke : Samantha / Art3mis
Lena Waithe : Helen / Aech
Ben Mendelson – Sorrento
T.J. Miller – i-R0k

Le pitch

2045, le monde est au bord du chaos. Pour échapper à la morosité quotidienne, une grande partie de la population se connecte à l’OASIS, un monde virtuel où la seule limite est l’imagination des joueurs.

À la mort de son créateur, James Halliday, un grand concours en trois phases (chacune permettant au vainqueur de gagner une clé) est ouvert à tous. À la clé, la fortune d’Halliday et le contrôle total de l’OASIS. Ouverte depuis cinq ans, la compétition n’a encore vu aucun joueur remporter ne serait-ce que la première étape (une course automobile truffée de pièges).

Pour Wade, comme des millions d’autres joueurs, cette compétition est une chance unique. Mais pour d’autres, tel le groupe IOI dirigé par Sorrento, les enjeux sont tout autre, et ils ne reculeront devant rien pour éliminer leurs concurrents et remporter la victoire…

Ma chronique

Je n’ai jamais été déçu par un film réalisé par Steven Spielberg, même si je reconnais volontiers ne pas les avoir tous vus, notamment parmi les plus récents ; toutefois je ne peux résister à l’envie de crier haut et fort que Ready Player One est du bon Spielberg, du très bon Spielberg même !

Mais avant d’aller plus avant, rendons à César, ce qui appartient à César, le film est l’adaptation du roman de Ernest Cline, Player One, publié en 2011. Un premier roman devenu best-seller dès sa sortie, publié dans 58 pays et traduit en 37 langues (en français en 2013 par Michel Lafon). À noter que les droits d’adaptation au cinéma ont été achetés par Warner Bros avant même que le roman ne soit publié.

Il faut bien reconnaître que le mix entre le monde réel et l’univers virtuel de l’OASIS offre un sacré terrain de jeu pour les équipes du film, notamment pour la création des effets spéciaux (confiés à ILM, la société créée par Georges Lucas, aujourd’hui propriété du groupe Disney). Et effectivement ils s’en donnent à coeur joie, pour notre plus grand plaisir ! On en prend plein les mirettes quasiment non-stop.

Une débauche d’effets spéciaux, même parfaitement maîtrisés, ne suffit pas à faire un bon film. En l’occurrence l’intrigue tient parfaitement la route, impossible de lâcher le film (ne serait-ce que pour aller pisser) avant le clap de fin. Le film dure plus de deux heures, mais ça passe comme une lettre à la poste, on en viendrait presque à demander une rallonge.

Les acteurs sont aussi au top, ils donnent vie aussi bien à leur personnage, qu’à leur avatar. Vous allez, bien entendu, adorer Wade, Samantha et leurs amis, mais surtout vous adorerez détester Sorrento. Je reconnais toutefois avoir eu un faible pour son complice, i-R0k, aussi bien pour son visuel que pour sa personnalité.

Cerise(s) sur le gâteau (et quelles cerises !), le film est truffé de clins d’œil et références à la pop culture (je sais, aujourd’hui on dit culture geek… mais je ne suis plus un djeun’s depuis bien longtemps) des années 80 (films, animés, musique…). Il faudrait quasiment un second visionnage pour tous les repérer, et encore, même pas sûr que cela suffise.

Le top cerise étant incontestablement la scène se déroulant au cœur de l’Hôtel Overlook qui est le théâtre du film (et accessoirement du roman), Shining, de Stanley Kubrick.

Que du bonheur ce film ! Ça sent bon le coup de cœur de l’année 2018.

Non seulement je sais d’ores et déjà que je reverrai ce film avec le même plaisir, mais il m’a surtout donné envie de découvrir le roman dont il est l’adaptation.

♥♥♥♥♥

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le 15 août 2018 dans DVD / BRD

 

Étiquettes : , , , , , ,

[BOUQUINS] Alastair Reynolds – Vengeresse

AU MENU DU JOUR

A. Reynolds - Vengeresse

Titre : Vengeresse
Auteur : Alastair Reynolds
Éditeur : Bragelonne
Parution : 2018
Origine : Angleterre (2016)
408 pages

De quoi ça cause ?

Adrana et Arafura Ness, deux soeurs, intègrent, contre l’avis de leur père, l’équipage du Monetta, un voilier solaire commandé par le capitaine Rackamore. Leur tâche : apprendre à parler aux os et permettre ainsi au capitaine de diriger son vaisseau sur les écrins les plus rentables et assurer la sécurité de l’expédition.

Mais les écrins et leurs richesses attisent aussi la convoitise des pirates qui préfèrent attaquer un équipage sur le retour et les dépouiller sans avoir à s’exposer aux dangers des écrins. Pour les bâtiments de la Congrégation, il n’y de pires perspectives que de croiser la route du Voilier-Noir et de son impitoyable capitaine, la redoutable et redoutée Bosa Sennen…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait un bail que je n’ai pas plongé le nez dans un roman de science-fiction. Il s’avère que j’ai flashé sur la couv’ de celui-ci.

D’autre part le mélange de science-fiction et de flibusterie sur fond d’un space opera avait de quoi titiller ma curiosité.

Ma chronique

Alastair Reynolds est réputé pour appartenir à l’école hard SF (à partir des connaissances scientifiques actuelles on extrapole leur possible évolution future permettant ainsi de définir un éventuel futur plausible), avec Vengeresse il change de registre pour un space opera nettement plus abordable pour le grand public. Un pari gagnant puisque le roman a été récompensé en 2017 du Locus Award du meilleur roman young adult (même si ni l’auteur ni l’éditeur n’ont classé le roman dans cette catégorie).

De fait l’auteur nous plonge dans un futur lointain (très, très lointain), au cœur d’un univers qui a ses propres règles de fonctionnement, sans vraiment s’appesantir sur la question ; le lecteur est mis devant le fait accompli (c’est comme ça, point barre), du coup il faut un petit moment pour vraiment entrer au cœur du récit. Soyez assurés qu’une fois vos repères trouvés (et ça vient assez vite finalement), la magie opère et l’on se laisse guider par l’imagination d’Alastair Reynolds.

Plutôt que de prendre le risque de vous gâcher l’effet de surprise et le plaisir de la découverte (bon OK, aussi un peu parce que je suis en mode grosse feignasse aujourd’hui), je ne m’épancherai pas sur les fondamentaux de cet univers. Disons simplement que la Congrégation est le résultat de treize Occupations successives (ou vagues extra-terrestres, plus ou moins hostiles) et que chacune a laissé des traces technologiques de son passage.

C’est le premier roman que je lis de cet auteur et ne revendiquant aucune affection particulière pour la hard SF je me suis lancé sans le moindre a priori. Le mélange des genres entre SF et flibusterie avait titillé ma curiosité, force est de constater que le charme a opéré chez moi ; cette chasse au trésor version futuriste et interplanétaire m’a emballé (même si j’aurai apprécié que certains éléments de l’intrigue soient un peu plus développés).

Le récit est écrit à la première personne, c’est Arafura ‘Ara’ Ness qui nous fait vivre l’intrigue de son point de vue. Un choix qui contribue à dynamiser le récit même si cela se fait au détriment des personnages qui manquent parfois de profondeur. On assiste certes à l’évolution d’Ara au fil de son aventure, mais les autres sont un peu laissés pour compte. Peut-être un choix délibéré de l’auteur compte tenu du jeune âge de sa narratrice (au début du roman elle n’est pas encore majeure).

J’espérais beaucoup du personnage de Bosa Sennen et sur ce point la sauce a eu du mal à prendre. Certes elle ne manque de cruauté, mais c’est limite surjoué et cliché (la truffe qui parle d’elle à la troisième personne, elle se prend pour Jules César l’autre). Qui plus est on devine rapidement qui elle est (ou a été) avant de devenir Bosa Sennen.

Un roman de SF clairement orienté grand public qui aurait gagné à être un peu plus étoffé. À ce titre je peux comprendre qu’il ait pu surprendre, voire décevoir, les puristes, notamment les fans d’Alastair Reynolds. D’un autre côté c’est peut-être aussi l’occasion d’attirer un public moins élitiste (n’y voyez là aucune consonance péjorative) vers la SF.

D’ores et déjà une suite est annoncée pour début 2019 (en VO), espérons que Bragelonne nous proposera une traduction française rapidement (Vengeresse est paru en 2016, il a fallu attendre 2018 pour le découvrir en VF). Pas de cliffhanger haletant à la fin de ce roman, la première phase de l’histoire est bouclée, la suite devrait donc donner à l’intrigue une tout autre dimension tout en restant dans la continuité de l’intrigue.

Ce premier tome est une sympathique introduction à un univers potentiellement prometteur, au vu des questions restées sans réponse en refermant le bouquin, gageons que la suite ne pourra qu’être plus consistante. Est-ce qu’un second tome suffira à boucler la boucle ou va-t-on s’orienter vers une trilogie (et plus si affinités) ? À l’heure qu’il est je pense que seul Alastair Reynolds est en mesure de répondre à cette question…

MON VERDICT

 
Poster un commentaire

Publié par le 15 août 2018 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,

[BOUQUINS] Graeme Macrae Burnet – La Disparition D’Adèle Bedeau

AU MENU DU JOUR

G. Macrae Burnet - La Disparition D'Adèle Bedeau

Titre : La Disparition D’Adèle Bedeau
Auteur : Graeme Macrae Burnet
Éditeur : Sonatine
Parution : 2018
Origine : Écosse (2013)
288 pages

De quoi ça cause ?

Quand Adèle Bedeau, la jeune et jolie serveuse du restaurant de la Cloche, disparaît, l’inspecteur Gorski, chargé de l’enquête, s’intéresse de près aux habitués de l’établissement. Et tout particulièrement à Manfred Baumann, un jeune homme timide et réservé, voire taciturne.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

A la base parce que c’est Sonatine, donc une valeur sûre. Un titre sollicité et obtenu via NetGalley en avant-première (parution le 30 août 2018).

Ma chronique

Je remercie les éditions Sonatine et la plateforme NetGalley d’avoir donné une suite favorable à ma sollicitation et me permettre ainsi de découvrir ce titre en avant-première.

A en croire la préface de l’auteur, le roman La Disparition D’Adèle Bedeau, écrit par un modeste auteur français, Raymond Brunet et édité par Gaspard-Moreau, est paru en 1982. Puis ça a été un film réalisé par Claude Chabrol en 1989. En 2013, l’auteur écossais, Graeme Macrae Burnet, sort une traduction anglaise du roman sous le titre The Disappearance Of Adèle Bedeau. Et donc en 2018 Sonatine nous propose de découvrir ce titre (re)traduit par Julie Sibony.

Quelle histoire ! Et quel parcours hors du commun… Stooop ! On arrête de s’extasier et de superlater (qui a dit que ce mot n’existait pas ?), tout ça, c’est du vent, du bidon, du concentré de portnawak. C’était un peu gros comme une maison cette histoire et pourtant je suis moi aussi tombé dans le panneau avant d’appeler mon ami Google à la rescousse et de découvrir le poteau rose (oui je sais, on dit pot aux roses, mais j’avais envie de changer un peu). Et pourtant l’auteur (le vrai, Graeme Macrae Burnet) nous donne un indice relatif à sa supercherie à la fin de sa préface…

Bien malin le lecteur, ou la lectrice, qui pourra avec certitude situer ce récit dans le temps. Pour ma part je dirai que l’intrigue ne se déroule pas de nos jours (il manque notamment trop de technologies modernes qui font aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien), je serai tenté de la situer entre la fin des années 70 et le début des années 80 (ce qui collerait plutôt bien avec la vraie fausse histoire du roman). Une impression renforcée par le charme suranné qui se dégage de l’écriture de Graeme Macrae Burnet.

Bienvenu à Saint-Louis, petite ville (bien réelle) du Haut-Rhin (Alsace), frontalière de la Suisse et de l’Allemagne. Un petit bled provincial où il n’arrive jamais rien, alors pensez bien qu’une serveuse qui disparaît du jour au lendemain ça défraye la chronique et ça fait jaser la populace… Forcément dans ces petits bourgs très (trop ?) tranquilles tout se sait, à défaut de savoir, laissons la rumeur faire son office.

Si la pseudo genèse du bouquin est pour le moins atypique, le roman en lui-même l’est tout autant. Pas tout à fait un roman noir, pas tout à fait un roman policier et un peu des deux en même temps. À la fois thriller psychologique et chronique provinciale socio-psychologique.

Une histoire qui ne prête pourtant pas à sourire, mais traitée avec un certain humour (noir) et beaucoup de savoir-faire. Mais ce bouquin est aussi et surtout la rencontre entre deux personnages qui semblent avoir bien du mal à trouver leur place dans la société, mais se fondent parfaitement dans le décor et l’intrigue imaginés par l’auteur.

Manfred Baumann est un jeune cadre d’un naturel très réservé, il vit sa vie dans son coin avec des principes et des rituels immuables. Sa timidité maladive le pousse à prendre ses distances avec les autres aux yeux de qui il passe au mieux pour un asocial, au pire pour un type imbu de lui même. Du coup quand la police s’intéresse d’un peu trop près à lui suite à la disparition d’Adèle, il devient d’une paranoïa quasi maladive.

Georges Gorski est inspecteur à Saint-Louis hanté par une affaire de meurtre survenue vingt ans plus tôt ; une enquête considérée pourtant comme résolue, mais le policier est convaincu que le véritable assassin est passé entre les mailles de la justice. Quelque part pour lui la disparition d’Adèle est l’occasion de s’absoudre de cette « erreur ».

Graeme Macrae Burnet signe là un premier roman (même s’il a été publié en France après son second roman) comparable à nul autre, un bouquin qui bénéficie d’un cachet unique, baigné d’une ambiance à la fois kitsch et sombre. Une lecture qui ne devrait laisser personne indifférent.

Pour la petite histoire, le personnage de Georges Gorski sera de retour dans le prochain roman de l’auteur (non encore disponible en français).

MON VERDICT

 
6 Commentaires

Publié par le 8 août 2018 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,

[BOUQUINS] Rebecca Fleet – L’Echange

AU MENU DU JOUR

R. FLeet - L'Echange

Titre : L’Echange
Auteur : Rebecca Fleet
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : Angleterre
336 pages

De quoi ça cause ?

Caroline et Francis s’offrent une semaine de vacances via un site d’échange de maison. Une semaine pour se retrouver après que le couple ait traversé des moments difficiles.

À peine entrée dans leur maison de vacances, Caroline ressent une impression de malaise qu’elle ne peut s’expliquer ; elle comprend peu à peu que de petits détails semés çà et là dans cette maison la renvoient au souvenir de la période la plus sombre de leur vie de couple, à ce moment d’égarement qu’elle voudrait oublier faute de pouvoir l’effacer de sa vie.

Et pendant ce temps-là, leur hôte prend ses aises chez Caroline et Francis…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire et que je ne désespère pas de remonter, lentement mais surement, mon retard leur catalogue… Vu le rythme de croissance de mon Stock à Lire Numérique, c’est loin d’être gagné !

Un roman que j’avais sollicité via NetGalley début juin, demande restée lettre morte auprès des éditions Robert Laffont (pas de refus, à ce jour ma demande est toujours en instance). Du coup j’ai décidé de me fier à l’adage « on est jamais mieux servi que par soi-même » pour me faire une opinion sur ce bouquin.

Ma chronique

Pour son premier roman, Rebecca Fleet se frotte au thriller psychologique ; un genre qui a le vent en poupe depuis quelques années et est décliné sous toutes les formes possibles et imaginable. Sans révolutionner le genre, la jeune britannique parvient à tirer son épingle du jeu, non seulement L’Echange s’avérera rapidement très addictif, mais surtout le roman vous réservera un retournement de situation des plus inattendus.

L’intrigue se construit autour d’une succession répétée d’un triplet de chapitres, il y a les Ailleurs vous feront vivre l’intrigue présente (2015) vue par les yeux de Caroline, suivront les Ici qui vous renverront en 2013, le plus souvent via Caroline, mais parfois par l’intermédiaire de Francis et enfin des chapitres sans nom qui vous placeront dans la peau de l’hôte qui prend possession de la résidence de Caroline et Francis.

2013. Francis n’est plus que l’ombre de lui-même, accro aux médocs il ne s’intéresse à rien ni personne. Caroline est à bout à force de prendre sur elle, tant et si bien qu’elle voit en Carl, un collègue du bureau, une échappatoire au naufrage de sa vie privée. De fil en aiguille leur complicité se transforme en amitié combinée à un jeu de séduction qui repousse toujours plus loin les limites.

Ah que voilà un triangle amoureux on ne peut plus classique… trop classique même, me direz-vous ! C’est aussi ce que je me suis dit pendant longtemps, sans pour autant que cela ne vienne contrarier mon envie d’en savoir toujours plus sur le déroulé de l’intrigue, jusqu’à ce qu’une phrase de l’auteure vienne balayer toutes nos certitudes et recadre complètement l’intrigue. Dès lors plus moyen de lâcher le bouquin tant on veut comprendre les enjeux de cette nouvelle mise en perspective !

La force d’un thriller psychologique repose sur la profondeur de ses personnages, une faille à ce niveau et la pièce montée attendue se transforme en une vulgaire pâtisserie industrielle à deux balles… Rebecca Fleet évite avec brio cet écueil. Et pourtant il serait facile de faire de Caroline une blanche colombe et de Francis la vilaine corneille galeuse (me demandez pas si une corneille peut choper la gale, je n’en ai pas la moindre idée). Sans aller jusqu’à victimiser Francis (faut pas pousser non plus), vous aurez parfois envie de coller des claques à Caroline, voire mettre de lui foutre un grand coup de boule histoire de la recadrer (et je ne parle pas des coups de boules que Carl finira par lui mettre… finesse quand tu nous tiens !).

Pour un premier roman, l’auteure frappe fort et bien et une fois de plus La Bête Noire nous permet de découvrir une pépite.

Le seul truc dommage avec ce bouquin c’est qu’on aurait envie de s’épancher sur le sujet (les thématiques ne manquent pas), mais on se contraint à la modération pour éviter d’en dire trop. Et ce n’est pas une excuse pour la légèreté de cette chronique, je ne vous permets pas ! Non, mais.

MON VERDICT

 
9 Commentaires

Publié par le 3 août 2018 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,

[BOUQUINS] François-Xavier Dillard – Réveille-Toi !

AU MENU DU JOUR

F.X. Dillard - Réveille-Toi !
Titre : Réveille-Toi !
Auteur : François-Xavier Dillard
Éditeur : Belfond
Parution : 2018
Origine : France
368 pages

De quoi ça cause ?

Compte tenu de la complexité de l’intrigue, je préfère vous donner la quatrième de couv’ plutôt que de me risquer à une présentation personnalisée :

« Basile Caplain est un greffé du coeur qui vit reclus, sans travail ni perspective. Sa seule obsession : dormir le moins possible, car ses nuits sont peuplées de cauchemars. Son unique ami, Ali, le gérant d’une station-service, est passionné par les faits divers. Un soir, ce dernier lui parle du meurtre barbare d’une jeune femme. Or, ce crime atroce, c’est exactement le rêve que Basile a fait deux jours plus tôt…

Paul est un paraplégique de dix-huit ans, génie de l’informatique, qui développe pour la police scientifique un programme baptisé Nostradamus – un algorithme révolutionnaire devant permettre de réaliser des portraits-robots hyperréalistes des criminels présumés.

Alors que des meurtres sauvages sont perpétrés à Paris, la police judiciaire met sur le coup son meilleur atout : le Dr Nicolas Flair, psychiatre mentaliste, qui a déjà résolu de nombreuses affaires.

Lorsque les chemins de ces trois protagonistes se croiseront, l’Inconscient, la Science et la Psychiatrie vont devoir collaborer pour essayer d’arrêter le pire des monstres… »

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Cela faisait déjà quelque temps que je me promettais de découvrir l’univers littéraire de François-Xavier Dillard. Ses romans étant indépendants et ne faisant appel à aucun personnage récurrent, pourquoi ne pas commencer par son petit dernier ?

Cerise sur le gâteau, je trouve la couv’ très bien foutue.

Ma chronique

En refermant ce bouquin je me suis maudis d’avoir autant attendu avant de me résoudre à découvrir l’univers littéraire de François-Xavier Dillard ; le gars envoie du lourd et il le fait bien. On est clairement dans le thriller haut de gamme (malgré quelques imperfections vite oubliées).

Si la quatrième de couverture est particulièrement prometteuse (juste ce qu’il faut pour attiser la curiosité du lecteur), elle ne fait pourtant qu’effleurer la densité de l’intrigue et la variété de ses acteurs. Il faut certes un peu de temps pour bien situer le rôle de chacun des personnages et leurs relations (bon j’vous rassure, ce n’est pas non plus Le Trône De Fer), mais une fois que vous l’aurez assimilé la suite de la lecture sera d’une grande fluidité. Il faut dire que l’auteur sait y faire pour rendre son intrigue particulièrement addictive.

N’allez surtout pas imaginer que Réveille-Toi ! n’est qu’une énième histoire de serial-killer, non seulement l’intrigue se démarque clairement de la « concurrence », mais elle est surtout multidirectionnelle (on comprend rapidement que deux aspects de l’histoire ne sont pas l’oeuvre d’une seule et même personne) et multidimensionnelle.

S’il est vrai que la police bénéficie aujourd’hui d’outils (et d’algorithmes) particulièrement évolués pour lier différentes scènes de crimes et éventuellement les rattacher à un criminel ; on est toutefois bien loin de la puissance de traitement du logiciel Nostradamus mis à l’épreuve dans ce roman. Un outil qui a de quoi faire baver d’envie bien des enquêteurs !

Nostradamus n’est pas le seul élément fantastique/anticipation de l’intrigue, mais ils s’intègrent parfaitement au récit, tant et si bien que l’on les accepte comme des acquits.

François-Xavier Dillard apporte beaucoup de soin à ses personnages, outre le trio (déjà atypique) cité en quatrième de couverture, il y a bien d’autres acteurs majeurs dans cette intrigue ; je citerai en vrac : Clara, membre de la police scientifique qui travaille avec Paul, Dubois et Michaud, les flics de terrain, Axelle, une victime séquestrée par un pervers et pourquoi pas Ram, le chien de Paul (désolé, j’adore les bassets hound)…

C’est volontairement que je ne m’attarderai pas sur l’intrigue à proprement parler, plutôt que de prendre le risque d’en dire trop par excès d’enthousiasme, je préfère laisser entier le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs. Je me permets toutefois de vous rappeler qu’il s’agit d’un thriller, ne vous étonnez donc pas si certaines scènes sont violentes et / ou gore ; sachez simplement que François-Xavier Dillard ne fait pas dans la surenchère gratuite, la violence est mise au service de son intrigue.

J’ai signalé au début de cette chronique que le roman n’était pas exempt de défauts, même si globalement ils ne gâchent pas le plaisir de la lecture. J’ai en effet trouvé certains aspects de l’intrigue prévisibles(notamment l’identité du tueur en série qui s’est imposée comme une évidence), par la suite, par effet boule de neige, on découvre (ou à tout le moins on suppose) d’autres éléments avant qu’ils ne nous soient révélés.

Il n’en reste pas moins que j’ai passé un excellent moment en compagnie de ce bouquin, une découverte qui me donne envie d’aller plus loin dans l’univers de François-Xavier Dillard.

MON VERDICT

La minute du râleur maniaco-obsessionnel…

Certains chapitres renvoient à des flashbacks, l’apparence de la première page est alors du genre : le n° de chapitre, la date de l’action et enfin le texte. Je suppose en tout cas que c’est comme ça qu’ils se présentent dans la version papier du roman.

Pourquoi, dans la version numérique, la diviser en deux pages ? La première contenant uniquement le n° du chapitre, la suivante la date de l’action et le texte. Il est parfaitement possible (et facile), en alternant les classes, de tout faire tenir sur une seule page ; la preuve en image :

Ca m’a pris moins de 10 minutes et je suis loin d’être un professionnel du numérique !

 
9 Commentaires

Publié par le 30 juillet 2018 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , ,

[BOUQUINS] Romain Puértolas – Les Nouvelles Aventures Du Fakir Au Pays D’IKEA

AU MENU DU JOUR

R. Puértolas - Les Nouvelles Aventures Du Fakir...

Titre : Les Nouvelles Aventures Du Fakir au Pays D’Ikea
Auteur : Romain Puértolas
Éditeur : Le Dilettante
Parution : 2018
Origine : France
283 pages

De quoi ça cause ?

Aja, le modeste fakir devenu riche grâce au récit de son périple hors norme, jouit pleinement des joies que lui offre sa fortune et de sa vie en couple. Jusqu’au jour où il réalise qu’il a perdu son âme d’aventurier, vendue au nom de sa petite vie pépère.

Pour y remédier, il décide de se rendre en Suède afin de rencontrer Monsieur IKEA et lui demander de lui fabriquer un lit à clou, modèle KISIFROTSIPIK, dont la fabrication a été arrêtée, le produit ayant été dangereux pour le consommateur (la bonne blague !).

En route vers un nouveau périple riche en rebondissements…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Après la lecture (aussi éprouvante que réjouissante) de Maudite !, j’avais besoin d’une bouffée d’oxygène avant d’enchaîner sur un nouveau thriller. Le roman de Romain Puértolas, et ses retrouvailles inattendues avec un fakir que j’avais beaucoup aimé m’a semblé parfaitement indiqué pour décompresser.

La couv’ façon « pull moche de Noël » a fini de me convaincre que c’était exactement ce qu’il me fallait…

Ma chronique

Je ne pensais pas que j’aurais l’occasion de croiser à nouveau le chemin de ce brave Ajatashatru Lavash Patel (Aja pour les intimes… et pour faire simple), fakir de son état qui nous a régalé d’un extraordinaire voyage dans une armoire IKEA. Quelle bonne surprise de le retrouver pour un nouveau périple que l’on peut supposer aussi extraordinaire et divertissant que le précédent.

Si vous n’avez pas aimé le précédent voyage du fakir, je doute fort que celui-ci trouve grâce à vos yeux. A contrario, si, comme moi, vous avez apprécié cette première escapade loufoque (voire burlesque), vous devriez vous régaler en lisant ce second opus. On y retrouve en effet tous les ingrédients qui ont fait le succès du premier.

Le récit multiplie les situations hautement improbables, mais ô combien divertissantes, les jeux de mots parfois foireux, mais toujours poilants et les références pour le moins décalées (qui eut cru que Céline Dion ou Alain Souchon seraient un jour qualifiés de « grands philosophes » ?)… un vrai plaisir pour les zygomatiques ! De même vous y retrouverez certains personnages déjà croisés dans le précédent roman, mais aussi une belle brochette de nouveaux venus qui ne dénotent pas dans le paysage du fakir.

Certes l’effet de surprise est moindre, mais je peux vous assurer toutefois que ce nouveau voyage ne manquera pas de vous étonner. C’est notamment l’occasion de découvrir le dur apprentissage du fakirat (cherchez pas, ça n’existe pas) que le jeune Aja a dû subir sous la tutelle d’un maître dont les méthodes et les agissements sont pour le moins douteux (pour rester poli… et surtout ne pas trop en révéler sur l’histoire).

Sous couvert d’humour Romain Puértolas en profite aussi pour égratigner, sans méchanceté, mais sans condescendance non plus, certains travers de notre société (sans parler des dérives de certains individus). Il le fait subtilement, sans chercher à créer la polémique ; parfois pointer du doigt un détail qui dérange vaut tous les longs discours de politique politicienne. Plutôt que de perdre du temps à maugréer après le bavard qui s’écoute parler, on réfléchit plus sereinement à certaines questions.

Comme à l’accoutumée l’auteur se prête à un humour tout en finesse, pas forcément toujours raffiné, mais jamais vulgaire, et surtout sans langue de bois.

J’ai apprécié ce second voyage en compagnie de ce fakir qui ne manquera jamais de nous surprendre, tout comme j’ai aimé cette plume qui sait nous divertir avec brio et intelligence, mais aussi avec beaucoup d’humanité.

Je terminerai cette chronique en vous laissant méditer sur l’incompréhension d’Aja quand il découvre que IKEA ne fabrique plus son fameux lit de fakir, le produit ayant été jugé dangereux pour le consommateur :

« Le KISIFRØTSIPIK en petit pin suédois, avec des clous en acier inoxydable, hauteur réglable, en trois coloris avait disparu du catalogue de la célèbre marque de meubles en kit scandinave pour la simple et bonne raison qu’il blessait les gens ! C’était aussi stupide que si Smith & Wesson adressait aujourd’hui un communiqué à tous ses clients pour qu’ils rendent leurs armes au prétexte qu’elles pouvaient tuer. »

Ah oui j’oubliais (mode Columbo), ne comptez pas trop sur ce bouquin pour parfaire votre connaissance ou découvrir les cultures hindoues et/ou suédoises ; vous seriez à même de commettre de gros impairs lors d’un prochain voyage dans ces lointaines contrées…

MON VERDICT

La minute du râleur maniaco-obsessionnel…

J’ai trouvé bizarre (pour ne pas dire plus) le découpage du livre numérique, les différentes parties d’un même chapitre faisant l’objet de pages distinctes (chaque partie correspondant à un fichier html constituant l’epub) plutôt que de se suivre, séparées soit par un saut de ligne, soit par un séparateur quelconque.

Je ne sais pas s’il en est de même avec la version papier (j’en doute fort), le fait est que j’ai fini par retravailler la structure du bouquin en séparant les parties d’un même chapitre par une étoile (*) afin de limiter ces sauts de page intempestifs.

Maniaquerie quand tu nous tiens…

 
4 Commentaires

Publié par le 25 juillet 2018 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , ,

[BOUQUINS] Denis Zott – Maudite !

AU MENU DU JOUR

D. Zott - Maudite !

Titre : Maudite !
Auteur : Denis Zott
Éditeur : Hugo
Parution : 2018
Origine : France
352 pages

De quoi ça cause ?

Marseille, le soir du classico OM-PSG. Un incendie ravage un appartement au dixième étage d’un immeuble qui fait face au Vélodrome. Quand les pompiers arrivent, ils sauvent des flammes une gamine, Luce, 16 ans, enceinte jusqu’aux yeux et pissant le sang.

Luce est agrippée à un sac rouge auquel elle semble tenir autant qu’à la prunelle de ses yeux. Dans le sac, la came de son mec, Tony, un supporter de l’OM de la pire engeance, interdit de stade, qui vient de la tabasser pour un penalty raté. Au passage c’est elle qui a foutu le feu à l’appart.

La came disparue va attiser bien des convoitises et foutre le feu à la cité phocéenne…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait déjà un moment qu’il titille ma curiosité, pourquoi ? Au départ c’est la couv’ qui avait attiré mon attention ; ensuite l’auteur, Denis Zott, est très actif sur FB, surtout quand il s’agit d’assurer la promotion de son bouquin. Faut croire qu’il est plutôt convaincant !

Ma chronique

Après un mois de Coupe du Monde et sans avoir regardé un seul match ni une seule émission consacrée à la chose, je frôlais l’overdose footbalistique. Ras le foot ! Rien à foot ! Respiiire, zeeen, voilà c’est fini.

Apaisé, je me saisis de Maudite !, le roman de Denis Zott, rien de tel qu’un bon thriller pour se changer les idées. Aaargh… Rhâââ !!! (cri d’effroi mêlé d’un long râle apoplectique). Le bouquin en question s’ouvre sur un match de foot, et un match de l’OM en plus… Nooon !!! Il a fallu que je prenne sur moi pour ne pas renvoyer cette lecture aux calendes grecques (et accessoirement sauter à pieds joints sur la liseuse). Et grand bien m’en a pris, car ce fut un moment hautement jouissif.

Vous êtes-vous déjà posé cette question : est-il possible d’adorer un bouquin tout en détestant quasiment tous ses personnages ? Vous avez 4 heures… Pour ma part c’est exactement ce que j’ai ressenti à la lecture de Maudite !. Un sacré concentré de têtes à claques (et plus si affinités).

Commençons par Luce puisqu’elle est le personnage central de l’histoire. Compliquée la fille… Parfois on se prend d’empathie pour elle et quelques pages plus tard elle fait une connerie énooorme qui nous donne envie de la baffer.

Au moins avec son mec, Tony, c’est plus facile : un connard fini ! C’est simple le gars n’a rien qui plaide en sa faveur ; je n’avais qu’une envie : le voir crever… et de préférence de mort lente et douloureuse. Mais c’est qu’il est coriace ce sale cafard. Ai-je obtenu satisfaction ? Vous le saurez en lisant le bouquin, pas de raison qu’il n’y ait que moi à m’arracher les cheveux et me ronger les sangs dans l’attente de l’éventuel instant T.

Et puis il y a Canari, un flic de la BAC, tellement ripoux, amoral et pervers qu’il en deviendrait presque sympathique… presque ! Ça reste une sacrée enflure.

J’arrête là, mais vous croiserez plein d’autres personnages tout aussi sympathiques. Pour tout vous dire le seul que j’ai vraiment apprécié est Costa. Et pourtant ce n’est pas vraiment un ange (même si Luce l’appelle « mon ange »), un caïd du milieu, assassin et trafiquant de drogue… le gendre idéal ! Bon allez on va aussi donner un bon point à Yasmina, l’infirmière qui s’occupera de Luce, même si elle ne brille pas franchement par son intelligence.

Âmes sensibles s’abstenir… Ça défouraille grave et ça envoie du lourd de la première à la dernière page. Pas le temps de souffler, le rythme imposé est digne d’une Kalachnikov entre les mains d’un Spetsnaz. C’est violent, c’est glauque, mais surtout c’est écrit dans un style très visuel. On en prend plein les mirettes et même plein la gueule. À ce niveau ce n’est pas une claque ni un coup de poing, même pas un uppercut, plutôt une rafale d’uppercuts qui nous arrive dans la tronche.

Difficile de lâcher ce bouquin une fois qu’il vous a pris dans ses mailles, et ça va très vite ! À peine les premières pages tournées que l’on est déjà accro.

Je ne connais pas Marseille, mais je peux vous assurer que même si la ville est mise en avant dans ce bouquin, ce n’est pas franchement la version Guide du Routard qui est de mise. Même le 9-3 ressemble à un petit coin de paradis à côté de la cité phocéenne de Denis Zott (j’ai bien conscience que le trait est volontairement forcé, c’est aussi ce qui fait le charme du roman). Suivez le guide… mais préparez à un parcours du combattant plutôt qu’à un parcours de santé.

En conclusion j’ai adoré, non seulement je ne peux pas faire autrement que de lui attribuer la note maximale, mais impossible de ne pas lui accorder un coup double (coup de coeur / coup de poing) amplement mérité.

MON VERDICT
Coup double

 
24 Commentaires

Publié par le 20 juillet 2018 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , , ,