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Archives d’Auteur: Lord Arsenik

À propos de Lord Arsenik

Noumea - Nelle-Calédonie

[BOUQUINS] Didier Fossey – Artifices

AU MENU DU JOUR

D. Fossey - Artifices

Titre : Artifices
Série : Boris Le Guenn – Tome 4
Auteur : Didier Fossey
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2018
Origine : France
390 pages

De quoi ça cause ?

Boris Le Guenn est appelé sur une scène de crime plutôt atypique, un homme, attaché à un arbre, a été tué à l’explosif. Une technique expéditive qui suggère une forte haine envers la victime, mais aussi une bonne connaissance des engins explosifs.

Quand une seconde victime est découverte, elle aussi exécutée à l’aide d’engins explosifs savamment mis en scène, Boris Le Guenn décide de se faire épauler par une experte en explosifs.

Parallèlement Boris est harcelé par un mystérieux inconnu qui semble au courant de ses moindres faits et gestes…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

D’abord parce que c’est la quatrième enquête de Boris Le Guenn, j’ai beaucoup aimé les précédentes et j’attendais avec impatience ce nouvel opus.

Ensuite parce que c’est Flamant Noir et que Nathalie, l’éditrice, m’a proposé de découvrir ce roman en avant-première.

Ma chronique

Avant tout je tiens à remercier chaleureusement les éditions Flamant Noir, et tout particulièrement Nathalie, pour leur confiance renouvelée et surtout pour me donner l’occasion de découvrir ce nouvel opus des enquêtes de Boris Le Guenn en avant-première.

Un opus fort attendu compte tenu de la fin du précédent, Burn-Out, il me tardait de savoir qui était l’auteur du coup fil anonyme reçu par Boris. Qui plus est Boris va devoir composer avec une équipe quasiment neuve (seul Antoine est resté au côté de son patron), mais aussi avec une nouvelle hiérarchie (avec notamment un boss arrivé à son poste grâce à ses diplômes et non au mérite). Cerise sur le gâteau, la vie personnelle de Boris est elle aussi en pleine tempête ; Soizic (l’épouse de Boris) veut faire un break pour se donner le temps de réfléchir à leur situation, sans surprise les enfants (et le chien) suivent leur mère…

Peut-être vous demandez-vous si ce roman peut se lire individuellement ou s’il est impératif de prendre la série dans l’ordre ; je vous répondrai qu’il peut se lire en one-shot, mais qu’il serait dommage de passer à côté des précédents. Non seulement il est fait référence à des événements qui se sont produits dans le précédent tome, mais il est surtout fortement rattaché à Ad-Unum, le second roman de la série. Enfin, il serait dommage de passer à côté d’excellents polars, écrits avec la touche inimitable propre aux flics écrivains.

Didier Fossey ne fait dans la simplicité, genre « on prend les mêmes et on recommence« , aucun de ses romans ne ressemble aux autres, tout en restant proche du quotidien de ses personnages, l’auteur aborde des thématiques différentes, pas forcément inhérentes au métier de policier soit dit en passant. C’est aussi ça la touche Fossey, des intrigues fortement ancrées dans le réel avec des acteurs empreints d’humanité (et parfois d’inhumanité).

Dans cet opus il sera notamment question de pédophilie (certainement l’une des pires situations à laquelle puisse être confronté un policier, sans parler des horreurs subies par les victimes), de vengeance, de prise en charge psychiatrique des criminels, mais aussi de la difficulté de concilier vie privée et vie professionnelle quand on est flic de terrain.

D’entrée de jeu, en guise de prologue, l’auteur nous renvoie en 2013 en nous plaçant dans la peau de celui que l’on devine être à l’origine de l’appel anonyme reçu par Boris. Au fil des chapitres nous croiserons son chemin, et partagerons son parcours d’août 2013 à avril 2015 (date de la présente intrigue). Vous comprendrez aisément que je ne m’attarderai pas sur l’individu bien qu’il y aurait beaucoup à dire le concernant, je vous laisse découvrir tout ça par vous même.

On enchaîne ensuite avec le premier chapitre qui nous permet de faire un point rapide sur la situation professionnelle et privée de Boris (piqûre de rappel, au cas où). Le chapitre suivant nous plonge au coeur de l’action, on y croise notre vengeresse qui exécute sa première victime.

L’on devine sans peine ce qui motive cette soif de vengeance, là encore nous aurons le droit à quelques flashbacks qui nous permettront de réaliser à quel point les « victimes » étaient de sinistres pourritures. Difficile d’éprouver la moindre pitié pour ce genre de salopards, sans aller jusqu’à cautionner les actes de la vengeresse, j’ai beaucoup de mal à la blâmer…

Si j’ai retrouvé Boris avec beaucoup de plaisir, j’avoue que certains membres de son ancienne équipe m’ont manqué. Heureusement les nouveaux venus, notamment son adjointe, Nathalie, sont pleins de ressources. Et puis ça donne à l’auteur une bonne raison de poursuivre son chemin avec Boris Le Guenn, au moins jusqu’à ce que le groupe se soude et fonctionne en totale cohésion…

S’agissant d’auteurs que je connais et apprécie, je ne prête guère d’attention à la couverture des bouquins, force m’est pourtant de reconnaître que celle-ci est impeccable. Idéale pour attirer un public plus large à la découverte de l’univers de Boris Le Guenn (et pourquoi pas de l’éditeur Flamant Noir).

Vous l’aurez compris j’ai été sous le charme du début à la fin. Lu le temps d’un weekend (et encore, j’ai quasiment dû me contraindre à aller me coucher samedi soir). Le Flamant inscrit une nouvelle perle à son catalogue déjà bien garni.

Je terminerai cette chronique en citant un passage qui m’a fait sourire, une private joke de l’auteur, clin d’oeil à Sébastien Teissier, ami de Didier Fossey (cf les remerciements) et écrivain lui aussi (je ne désespère d’ailleurs pas de lire la suite de X, même si je sais que le délai n’est pas de son fait) et résident à Singapour :

« C’était un homme seul, pas d’enfants, pas de femme. Quand il est parti en maison de retraite, la maison a été vendue pour payer les frais. C’est un écrivain qui l’a acheté, un gars qui écrit des polars. Monsieur Teissier qu’il s’appelle, mais il ne vient pas souvent. Il habite en chine, à Singapour qu’on m’a dit. »

MON VERDICT
Coup double

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Publié par le 22 mai 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – La Terre Des Morts

AU MENU DU JOUR

JC Grangé - Le Terre des Morts

Titre : La Terre Des Morts
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : France
560 pages

De quoi ça cause ?

Quand le commandant Corso hérite de l’enquête sur la mort d’une strip-teaseuse, il est loin d’imaginer à quel point l’affaire est complexe. D’autant qu’un second corps est retrouvé, une autre strip-teaseuse, tuée selon le même mode opératoire aussi sordide que sophistiqué. Et toujours pas l’ombre d’un indice, et encore moins d’un suspect…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé, je lui suis fidèle depuis toujours et compte bien le rester. Même si ces romans ne sont pas tous au top, je n’en ai refermé aucun totalement déçu.

Ces derniers temps JCG semble avoir retrouvé la niaque, je suis donc confiant…

Ma chronique

Le chiffre 13 porterait-il bonheur à Jean-Christophe Grangé ? Une chose est certaine, son dernier roman, le treizième, vous l’aurez compris, est une totale réussite. L’auteur nous offre un thriller d’une redoutable efficacité, bourré de revirements de situation totalement inattendus, et hautement addictif.

Si vous êtes un habitué de l’auteur, vous aurez sans doute remarqué qu’il est particulièrement à l’aise avec des personnages complexes et torturés. Stéphane Corso ne fait pas exception à la règle, certes un flic brillant, mais souvent borderline, un chef respecté par son équipe (et quelle équipe !), mais pas franchement sociable, ni empathique, mais aussi un père aimant en plein divorce pour le moins tumultueux qui doit se battre pour pouvoir garder son fils.

En face de lui, son suspect, Philippe Sobieski, assassin et pervers sexuel devenu peintre de renom à sa sortie de prison. Si le gars semble cumuler tous les vices possibles et imaginables, il est aussi redoutablement intelligent. Coupable ou innocent ? Pour Corso ça ne fait aucun doute, coupable !

Si le récit est à la troisième personne, on suit l’affaire à travers le personnage de Corso, son point de vue, ses doutes, ses questionnements. Et du coup nous aussi, lecteurs, nous mettons à douter et à se poser des questions. Doutes et questions qui ne nous lâcheront pas avant le clap de fin. Et quelle fin !

Une intrigue qui va nous entrainer dans les travers les plus sombres de l’âme humaine et de la sexualité la plus crasse. SM, bondage, shibari (l’art de nouer les cordes au Japon), gonzo porn… C’est cru, brut de décoffrage, trash et violent, âmes sensibles s’abstenir !

Même si le contexte peut sembler dérangeant, n’allez surtout pas croire que JCG joue la carte de la surenchère dans la violence et le trash, ce n’est là qu’une infime facette de l’intrigue. C’est surtout la confrontation entre Corso et Sobieski qui fait la force de ce roman.

Les chapitres sont cours, l’écriture incisive, tout est fait pour nous plonger au coeur de l’intrigue et surtout nous rendre accro. Et ça fonctionne ! Impossible de lâcher le bouquin une fois qu’il vous aura pris dans ses mailles.

Autre marque de fabrique de JCG : le gros travail de documentation préalable que ‘on devine à la lecture du roman. J’aime bien fouiner de mon côté sur Internet, non pour vérifier les sources de l’auteur, mais pour avoir une idée plus précise de l’objet de ma convoitise. En l’occurrence je ne comprenais pas pourquoi je faisais systématiquement chou blanc, quelle que soit la source sollicitée, lors de mes recherches sur un des éléments clé de l’intrigue… maintenant je sais !

MON VERDICT

 
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Publié par le 20 mai 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jack Heath – Mange Tes Morts

AU MENU DU JOUR

J. Heath - Mange tes morts

Titre : Mange Tes Morts
Auteur : Jack Heath
Éditeur : Super 8
Parution : 2018
Origine : Australie (2017)
400 pages

De quoi ça cause ?

Timothy Blake est consultant pour le FBI, son sens de l’observation et son esprit de déduction en font un allié précieux pour résoudre une enquête. Et pourtant le Bureau ne se résigne à faire appel à lui qu’en tout dernier recours. Il faut dire que Timothy a aussi un goût immodéré pour la viande humaine, en cas de succès, son paiement se fait en nature…

Quand un adolescent de 14 ans est kidnappé avec demande de rançon à payer dans un délai très court, Timothy Blake est appelé en renfort. Mais dans cette enquête rien ne va se dérouler comme prévu ; Timothy serait-il tombé sur plus malin que lui ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Super 8 et que cet éditeur a le don de me surprendre presque à tous les coups… à défaut de surprise, la déception n’a jamais été au rendez-vous.

Parce que le titre, la couv’ et le pitch m’ont paru particulièrement appétissants, si j’ose dire (ah bin oui, j’ai osé) !

Ma chronique

Vous pensez avoir tout lu et tout vu en matière de thriller ? Nul doute qu’avec Mange Tes Morts Jack Heath saura surprendre même les plus blasés (et les plus exigeants) d’entre vous. Il faut dire que son héros est un mix entre Sherlock Holmes et Hannibal Lecter, un enquêteur brillant, mais aussi un cannibale perpétuellement affamé…

Premier challenge de taille pour l’auteur, nous faire aimer un personnage que l’on ne voudrait surtout pas avoir comme voisin (le gars t’invite à bouffer, tu ne sais pas si tu es un hôte ou le plat principal). Un challenge réussi sans faillir, d’abord la vie de ce brave Timothy n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, puis il ne se nourrit quasiment que de viande morte (pas faisandée, fraîchement exécutée au pénitencier du coin), s’il déroge à cette règle c’est que sa victime (son repas donc) n’était pas franchement un enfant de choeur.

Non seulement on sent que l’auteur aime vraiment son personnage, mais il réussit à nous faire partager son engouement et son empathie pour Thimothy Blake ; du coup on lui passe ses « petits » travers…

Rien qu’avec ça vous serez certainement d’accord avec moi pour reconnaître que Mange Tes Morts ne détonne pas au sein du catalogue de Super 8. Un thriller pur jus (aucun élément fantastique dans l’intrigue), mais totalement atypique.

Pour rester dans l’originalité, les titres de chapitres sont de courtes énigmes façon Fort Boyard (sans la voix chevrotante du vieux décrépi du fort). Si vous ne trouvez pas la réponse, ou si vous n’avez pas envie de vous creuser les méninges, toutes les réponses figurent à la fin du roman (certaines sont assez simples, d’autres nettement plus coriaces).

Le récit est à la première personne, histoire de nous plonger en totale immersion dans les méandres de l’esprit de Timothy et de suivre son raisonnement au fil de l’enquête. Une enquête qui ne manquera pas de rebondissements et de surprises (bonnes, parfois ou mauvaises, souvent) pour Timothy (et par prolongement pour nous, lecteurs).

Si l’intrigue est portée par Timothy, il pourra compter sur l’aide de l’agent Reese Thistle, chargée initialement de le chaperonner afin qu’il reste dans les clous, mais finira par s’impliquer à fond dans l’enquête à ses côtés. D’autres rencontres, plus ou moins sympathiques, viendront pimenter l’enquête.

La plume de Jack Heath sera tour à tour incisive ou plus légère, les touches d’humour viennent, çà et là, faire retomber la tension sans pour autant nuire au rythme. L’auteur ne sombre pas dans la surenchère, comme un chef cuisinier, il sait maintenir l’équilibre des saveurs et des ingrédients qu’il déploie.

Si l’intrigue se déroule exclusivement au Texas, l’auteur est quant à lui Australien.

Difficile d’imaginer que Jack Heath s’était, avant d’écrire ce roman, cantonné dans la littérature jeunesse et young adult. Je ne vous conseille pas de laisser traîner ce bouquin à portée de lecteurs non avertis, sinon la prochaine fois que vous lui servirez un steak, il (ou elle) pourrait bien faire un malaise à table ou s’enfuir en hurlant…

La quatrième de couv’ précise, non sans humour, que « Ce thriller survolté et sans tabou ne vous laissera aucun répit. Accessoirement, il se pourrait qu’il vous incite à devenir végétarien« . Pour le premier point, je confirme ; quant au second c’était pour ma part un pari perdu d’avance, je suis un carnivore assumé et compte bien le rester !

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Publié par le 14 mai 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Guillaume Musso – La Jeune Fille Et La Nuit

AU MENU DU JOUR

G. Musso - La jeune fille et la nuit

Titre : La Jeune Fille Et La Nuit
Auteur : Guillaume Musso
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2018
Origine : France
440 pages

De quoi ça cause ?

Si Thomas Degalais, écrivain à succès résidant à Manhattan, revient sur la Côte d’Azur pour les 50 ans de Saint Ex, l’établissement scolaire élitiste où il a suivi sa scolarité, ce n’est pas par nostalgie. La destruction annoncée de l’ancien gymnase, au profit d’un complexe plus moderne, pourrait bien faire remonter un terrible secret lié à la disparition, 25 ans plus tôt, de Vinca Rockwell, une étudiante charismatique, et d’Alexis Clément, un jeune prof de philo.

Un secret qui pourrait bien les conduire, lui et Maxime, son fidèle ami qui vise un poste de député, directement un prison. D’autant que quelqu’un semble être au courant de leur secret et réclame vengeance…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Guillaume Musso et que j’assume à 200% le fait d’aimer cet auteur. Et j’emmerde ses détracteurs systématiques (avec une pensée particulière pour ceux qui dénigrent sans jamais avoir ouvert un bouquin de l’auteur), oui, je sais, c’est gratuit comme remarque…

Ma chronique

Avec ce nouveau roman Guillaume Musso quitte son éditeur historique (XO Edirions) au profit de Calmann-Lévy, officiellement c’est une volonté de plus grande liberté éditoriale qui est évoquée, officieusement il s’agirait d’une affaire de gros sous plus qu’autre chose… Comme dirait l’autre : « cela ne nous regarde pas« .

En refermant ce bouquin, je me dis que finalement Guillaume Musso n’a pas vraiment changé son fusil d’épaule par rapport à ses précédents romans. Il nous propose un polar grand public (bin oui, on ne va pas demander à Musso de nous pondre du Chatttam, du Thilliez ou du Grangé), plutôt bien ficelé, avec juste ce qu’il faut de rebondissements (pas forcément totalement imprévisibles) et surtout un page-turner efficace et addictif.

Point de renouveau avec ce roman, d’un autre côté pourquoi l’auteur sortirait-il de sa zone de confort ? Ce qu’il fait, il le fait bien et le public répond présent systématiquement. N’empêche que je garde espoir, qu’au détour d’un prochain roman, Guillaume Musso parvienne à me surprendre.

Je ne qualifierai pas l’intrigue de bateau, mais il est vrai qu’elle est relativement linéaire, ce qui ne l’empêche de nous réserver quelques surprises. Par contre, contrairement à ces précédents romans, celui-ci se déroule intégralement en France. Hormis cette particularité géographique, la mécanique est bien rodée…

Le récit, à la première personne, est porté par Thomas, navigant entre ses souvenirs et le présent il va essayer de résoudre deux énigmes : identifier leur adversaire avant qu’il ne s’en prenne à lui et découvrir la vérité sur la disparition de Vinca Rockwell. Lui et Maxime sont en effet bien placé pour savoir que la thèse officielle, qui affirme que l’étudiante et le jeune prof de philo étaient amants et ont pris la fuite ensemble, ne tient pas la route.

Il est loin de se douter qu’en remuant ainsi le passé, de nombreux autres secrets, pas toujours agréables à entendre, vont refaire surface.

Comme d’hab Guillaume Musso mise beaucoup sur l’empathie du lecteur à l’encontre de ses personnages. Ce n’était pas forcément gagné d’avance avec Thomas, mais on finit par tout lui pardonner et espérer qu’il sortira indemne de ce merdier.

Les autres personnages ne sont pas laissés sur le bas-côté, il y a bien entendu Maxime, l’ami de toujours, étoile montante de la vie politique locale sous l’étiquette LREM, mais aussi Fanny, une autre amie devenue cardiologue, et Stéphane un journaliste fouille-merde militant de la France Insoumise (vous comprendrez sans doute que j’ai eu beaucoup de mal à trouver le gusse sympathique… d’ailleurs je n’y suis pas arrivé).

Et bien entendu il y a Vinca, absente, mais omniprésente, un peu à l’image de Sean Lorentz dans son précédent roman, Un Appartement A Paris.

Un page-turner efficace bouclé en deux jours (il faut dire que je suis en congés, ça aide), pas de quoi faire virer de bord les détracteurs de Guillaume Musso, mais qui saura séduire les lecteurs déjà acquis à sa cause.

Comme tous les ans, j’attends maintenant la sortie du dernier Marc Lévy, Une Fille Comme Elle, dans quelques jours afin de désigner le vainqueur du classico littéraire 2018.

MON VERDICT

 
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Publié par le 11 mai 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Alexandra Coin – Entraves

AU MENU DU JOUR

A. Coin - Entraves

Titre : Entraves
Auteur : Alexandra Coin
Éditeur : Aconitum (2016) / Autoédité en 2018
Parution : 2016
Origine : France
256 pages

De quoi ça cause ?

Emma, professeur de français au lycée, vit dans un mas retiré avec son mari, Illario, qui élève de cochons truffiers dans l’espoir de faire fortune dans la truffe. Ils ont une fille, Louise. Vue de l’extérieur c’est une famille sans histoire.

Mais Illario est en fait un pervers narcissique, dominateur et manipulateur. Il fait vivre à Emma un véritable enfer fait de brimades, reproches et autres humiliations psychologiques.

Exténuée, vidée de toute volonté, Emma tente de mettre fin à ses jours. Quand elle reprend connaissance, elle apprend qu’elle est internée en hôpital psychiatrique…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Ca faisait un moment que j’avais ce roman dans mon Stock à Lire Numérique, Alexandra, l’auteure, m’ayant proposé une lecture en SP j’ai sauté sur l’occasion pour lui faire gagner quelques échelons dans la (looongue) liste d’attente.

Ma chronique

Tout d’abord je tiens à remercier Alexandra Coin pour sa confiance.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je souhaiterais signaler que le visuel de la version autoéditée est beaucoup plus réussi que celui des éditions Aconitum. Je vous laisse juge en vous proposant les deux couvertures ci-dessous.

A en croire la locution latine « Verba volant, scripta manent« , les mots s’envolent, les écrits restent. Il faut croire que nos ancêtres, latinistes distingués, n’ont jamais été confrontés à des cas de perversion narcissique et autres formes de harcèlement moral. De fait aujourd’hui le Dr Marie-France Hirigoyen, psychiatre spécialisée dans les questions de harcèlement moral et d’aide aux victimes, pourrait leur rétorquer : « Il est possible de détruire quelqu’un juste avec des mots, des regards, des sous-entendus : cela se nomme violence perverse ou harcèlement moral. »

Pour un premier roman le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteure, ne choisit pas de jouer la carte de la facilité. Le sujet (la perversion narcissique au sein du couple) est aussi glauque que sérieux (et malheureusement trop réel), du coup son roman est empreint de noirceur et de détresse.

Un roman où la dimension psychologique est primordiale et Alexandra excelle dans ce domaine, le processus de destruction est décrit avec un réalisme glaçant. On a vraiment l’impression de lire le témoignage d’Emma, un appel au secours qu’elle ne parvient pas à hurler, condamné à rester sans réponse…

La première partie, qui occupe plus des 2/3 du roman, alterne entre les flashbacks (rédigés à la troisième personne, mais centrés sur Emma) qui décrivent la descente aux enfers d’Emma et son quotidien à St John’s (écrits à la première personne), l’HP où elle a été internée et tente de se reconstruire. Une alternance de vues et de styles qui permet de suivre l’évolution (même si le terme évolution tendrait à faire penser à une situation qui va en s’améliorant, ce n’est pas le cas présentement) de la jeune femme.

Je ne vous parlerai pas des secondes et troisièmes parties du récit, non qu’elles soient sans intérêt, tant s’en faut, mais pour éviter tout spoiler qui nuirait à la découverte du récit. Je dirai simplement que le tunnel sera long et sombre pour Emma… Avec un espoir de voir la lumière au bout du chemin ? A vous de le découvrir !

Je ne vais pas vous décrire les différentes étapes du comportement d’Illario (et donc des pervers narcissiques en général), Alexandra le fait très bien dans son roman. Les plus curieux trouveront matière à méditer sur Internet (ne serait-ce que la page Wikipedia consacrée au sujet).

Une lecture éprouvante (dans le bon sens du terme), mais que je qualifierai presque d’utilité publique. Peut-être une passerelle pour permettre aux victimes de s’extraire de l’emprise des salopards qui font de leur quotidien un enfer. Peut-être aussi un moyen pour les autres d’identifier ses victimes silencieuses d’un mal invisible et insidieux, de leur tendre une main secourable et d’accorder une écoute bienveillante à leur détresse. Je sais que ça fait beaucoup de peut-être, mais j’ai quand même envie d’y croire…

Certains chapitres se terminent par un renvoi, sous forme d’un QR Code à scanner, vers un article sur le site de l’auteure. Si comme moi vos n’êtes pas un adepte de ces QR Codes (simplement parce que je n’utilise quasiment jamais mon smartphone pour aller sur Internet), je vous invite toutefois à vous rendre sur la page d’Alexandra Coin afin d’y lire les articles en question, ils sont en effet très bien documentés et apportent un vrai plus à la seule lecture du roman.

Le roman est préfacé par Dominique Barbier, un psychiatre qui a fait de l’aide aux victimes des pervers narcissiques son cheval de bataille. Son ouvrage, La Fabrique De L’Homme Pervers (Odile Jacob – 2013), semble avoir été le support de référence d’Alexandra pour la rédaction de son roman. Il a rejoint mon Stock à Lire Numérique à peine la lecture d’Entraves achevée.

Un petit bémol de rien du tout, presque du pinaillage, voire de l’enculage de mouches, pour terminer cette chronique. Un bémol purement typographique (j’vous avais prévenu… tant pis pour les mouches), l’utilisation intempestive des points de suspension n’apporte rien à la lecture.

Vous le savez je suis un tantinet maniaque en matière de code dans le fichier epub (viens-là saleté de mouche… j’en ai pas fini avec toi !), j’ai donc été fouiné dans les entrailles du fichier. Au final j’ai ajouté quelques insécables oubliés et fait le ménage dans les styles doublonnés (deux noms de classe distincts pour une même typographie).

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 8 mai 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Neal Shusterman – Thunderhead

AU MENU DU JOUR

N. Shusterman - Thunderhead

Titre : Thunderhead
Série : La Faucheuse – Tome 2
Auteur : Neal Shusterman
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : USA
576 pages

De quoi ça cause ?

Citra est désormais connue sous son nom de Faucheuse, Dame Anastasia. Mais ses méthodes de glanage, pleines de compassion et d’empathie, ne font pas vraiment l’unanimité dans la communauté. Heureusement, elle peut compter sur le soutien sans faille de son mentor Dame Curie.

Rowan de son côté s’est autoproclamé faucheur et justicier. Il officie vêtu de noir sous le nom de Maître Lucifer. Ses victimes : les Faucheurs corrompus qui détournent les règles de la communauté à leur profit. De fait Rowan est l’homme à abattre pour la communauté des Faucheurs.

Leur amitié survivra-t-elle à ce conflit d’intérêts ? Sera-t-elle une force ou une faiblesse face à une menace grandissante qui pourrait radicalement changer la donne ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé La Faucheuse malgré son étiquette young adult. J’étais curieux de savoir si cette suite confirmerait mon engouement ou serait, au contraire, une douche froide… Curieux, mais confiant.

Ma chronique

Bien que plutôt réticent à découvrir la littérature estampillée young adult, force m’est de reconnaître que j’ai beaucoup aimé La Faucheuse de Neal Shusterman. L’intrigue est suffisamment élaborée pour avoir fait mouche, les personnages sont soignés… bref, impossible pour moi de résister à l’attrait de cette suite.

Commençons par le commencement : qu’est-ce que ce fameux Thunderhead ? Pour faire simple, c’est le nom de l’hyper intelligence artificielle qui supervise ce nouveau monde et veille au grain. Un Big Brother bienveillant qui assure le bien-être de ses ouailles (les humains).

Tous les humains ? Presque… Si le Thunderhead a un droit de regard (limité) sur la communauté des Faucheurs, il ne peut en aucun cas intervenir dans leurs affaires.

Le mieux, pour comprendre l’essence du Thunderhead, est encore de vous plonger dans ce roman (après avoir lu La Faucheuse, cela va de soi). En effet, en guise de transition d’un chapitre à un autre, vous aurez le droit à une intervention du Thunderhead qui vous expliquera mieux que personne ce qu’il est et quel est son rôle.

Outre Citra et Rowan, vous croiserez d’autres personnages déjà rencontrés dans La Faucheuse, certaines de ces retrouvailles ne vous surprendront guère (je pense notamment à Dame Curie, à la Serpe Ultime Xénocrate ou encore à Maître Faraday), d’autres par contre seront nettement plus inattendues (niet, vous n’aurez aucun nom… inutile d’insister !).

Bien entendu cette suite vous réserve aussi de nouvelles rencontres, la plus notable étant certainement le personnage de Greyson Tolliver. Un jeune homme qui entretient une relation « étroite » avec le Thunderhead et va se retrouver embringué, presque malgré lui, dans un complot dont les enjeux le dépassent largement.

Le contexte ayant déjà été largement posé par le tome précédent, Neal Shusterman nous plonge directement au coeur de son intrigue. Une intrigue qui se jouera presque exclusivement autour de la communauté des Faucheurs, quand ils ne seront pas intervenants directs, ils seront au centre de toutes les préoccupations (avec parfois de bonnes intentions… et certaines nettement moins louables).

Il faut dire aussi que la communauté est plus que jamais divisée, entre les tenants du Nouvel Ordre instauré par feu Maître Goddard et ceux de la Vieille Garde… La tension est palpable, au fil des chapitres on sent que ça ne peut que mal finir, mais l’auteur sait s’y prendre pour laisser placer au doute et aux incertitudes. Avant de nous en mettre plein la vue avec un final ahurissant.

Un second opus plus sombre que le précédent tout en restant dans la continuité. L’ajout d’une dimension stratégique (voire politique, dans le bon sens du terme) est pour moi un plus indéniable.

En refermant ce bouquin, vous n’aurez qu’une hâte : lire le troisième et dernier tome de la série ! Il faut dire que le final est plus que prometteur pour la suite. Mais il nous faudra prendre notre mal en patience, aucune date n’est annoncée à ce jour pour une sortie en VO…

Je terminerai cette chronique par un coup de chapeau à Kevin Tong, l’illustrateur à l’origine des couvertures de ces deux romans. Un visuel qui donne envie d’en savoir plus…

MON VERDICT

 
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Publié par le 3 mai 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jacques-Olivier Bosco – Coupable

AU MENU DU JOUR

JOB - Coupable

Titre : Coupable
Série : Lise Lartéguy – Tome 2
Auteur : Jacques-Olivier Bosco
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Quand Pierre Boifeuras, le chef de la PJ, mais aussi le parrain et protecteur de Lise Lartéguy, est sauvagement assassiné, la jeune femme Este dévastée. D’autant que certains indices lui laissent penser qu’elle pourrait être impliquée dans ce crime ; sauf qu’elle n’a que de très vagues souvenirs de la nuit précédente. Une nuit au cours de laquelle elle a laissé libre cours à la Bête qui sommeille en elle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé Brutale, la première enquête de Lise Lartéguy. Il me tardait de retrouver cette fliquette borderline et d’en apprendre davantage sur elle.

Parce que c’est La Bête Noire et que je commence à avoir un sacré retard dans l’exploration de leur catalogue.

Ma chronique

J’ai découvert le personnage de Lise Lartéguy l’année dernière avec le précédent roman de Jacques-Olivier Bosco (aka JOB), Brutale ; une entrée sur la scène littéraire policière plutôt fracassante, mais j’ai été séduit par cette nana hors norme. J’avoue que j’ai un faible pour les flics borderline, et Lise Lartéguy ne se contente pas de flirter avec la ligne jaune, elle la piétine allègrement !

Afin de laisser libre cours à ses bouffées de violence en épargnant, autant que possible, les innocents, Lise Lartèguy s’efforce d’appliquer La Méthode que lui a inculquée son père ; sur le principe c’est on ne peut plus simple :

« Le bien, on n’y touche pas. Le mal, on peut. Le mal, on le combat.
Les gens comme nous sont des gens bien. Tu souffres, tu as besoin de faire le mal, de transmettre ta souffrance.
Le mal doit combattre le mal. »

Sauf que cette chère Lise aimerait bien faire taire la Bête qui est en elle, plus facile à dire qu’à faire, surtout quand son passé refait surface.

Le bouquin alterne justement entre l’intrigue actuelle et les flashbacks qui permettent de découvrir aussi bien le passé de Lise que celui de son père et de son parrain. On comprend mieux (sans pour autant tout pardonner) les excès de Lise, et du coup le personnage gagne en profondeur (profondeur qui faisait parfois défaut dans Brutale) et notre empathie pour elle ne peut que se renforcer au fil des pages.

JOB apporte beaucoup de soins à ses personnages… même s’il n’hésite pas à les malmener. Outre une (encore plus) forte sympathie pour Lise, j’avoue aussi avoir eu un faible pour le personnage de Linda malgré ses travers.
L’intrigue policière est elle aussi soignée et rondement menée ; à ce titre j’ai été scié en découvrant la vérité sur la mort de Boisfeuras. Encore un petit bémol (je n’irai pas jusqu’à employer le mot défaut) de Brutale corrigé dans ce second opus, à croire que les enquêtes de Lise Lartéguy sont comme le bon vin et se bonifient avec le temps.

Il faut dire qu’en plus de son enquête, Lise va devoir faire face à l’acharnement du substitut du procureur Martignon qui semble très près de découvrir son terrible secret et ainsi briser sa carrière. Celui-ci trouvera d’ailleurs un allié inattendu en la personne d’Eric Boisfeuras, le fils de Pierre.

Enfin la plume incisive et percutante de l’auteur, associée à des chapitres courts, assure une lecture d’une grande fluidité. Difficile de lâcher ce bouquin une fois qu’il vous aura pris dans ses mailles.

Faut-il avoir lu Brutale avant de se lancer dans Coupable ? Je serai tenté de répondre oui même si cela n’est pas franchement impératif, ne serait-ce que pour suivre l’évolution de Lise Lartéguy et garder intacte l’intrigue du précédent roman.

En refermant le roman, j’ai eu un petit pincement au coeur à l’idée de ne peut-être plus croiser la route de Lise Lartéguy ; j’espère me tromper sur ce point, seul JOB serait en mesure d’apporter une réponse claire à ce questionnement.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 25 avril 2018 dans Bouquins

 

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