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Archives d’Auteur: Lord Arsenik

À propos de Lord Arsenik

Noumea - Nelle-Calédonie

[BOUQUINS] Jack Ketchum & Lucky McKee – Comme Un Chien

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J. Ketchum & L. McKee - Comme un chien

Titre : Comme Un Chien
Auteur : Jack Ketchum & Lucky McKee
Editeur : Bragelonne
Parution : 2017
Origine : USA (2016)
264 pages

De quoi ça cause ?

Dans la famille Cross Delia est l’enfant prodige, une star que les sponsors s’arrachent. Et pour les parents la poule aux oeufs d’or, Patricia, sa mère est aussi son manager, elle dirige sa vie d’une main de fer, imposant à sa fille des cadences infernales. Et pourtant Delia ne se plaint jamais, elle trouve son réconfort auprès de Caity, sa chienne, sa meilleure amie.

Et puis un jour c’est l’accident, Delia est gravement brûlée, défigurée. Elle ne doit la vie qu’à l’intervention courageuse de Caity qui n’hésitera à se mettre en danger pour sauver sa jeune maîtresse. La fin d’une carrière prometteuse ? Non ! Pas question que Patricia renonce à ses rêves de grandeur et de fortune ; qu’importent la morale et le bien-être de sa fille…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jack Ketchum (même s’il n’est pas tout seul sur le coup) et que c’est la certitude d’avoir un roman qui envoie du lourd !
Parce qu’il y a un chien (une chienne en l’occurrence). Et qu’elle me semble pleine de ressources et de bienveillance pour protéger sa jeune maîtresse.

Ma chronique

J’ai attaqué ce roman sans avoir lu la quatrième de couverture (ça m’arrive parfois) et force est de reconnaître que dans les premiers chapitres je me suis bien demandé ce qui avait bien pu passer par la tête de Jack Ketchum pour écrire une histoire aussi « insipide » ; pas inintéressante, mais à des années-lumière de ce qu’il nous a proposé jusqu’à maintenant (des récits sombres et violents).

On fait connaissance avec la famille Cross, Delia l’enfant star privée d’enfance, Robbie son frère jumeau qui vit dans l’ombre de cette soeur si célèbre, Bart, le père, un grand enfant qui semble n’avoir que peu d’attaches avec la réalité et Patricia, la mère, qui impose à sa fille des emplois du temps de folie. Toujours à courir après le prochain contrat et le fric qui va avec… Enfin il y a Caity, une chienne bouvier australien de deux ans qui vit une relation quasi fusionnelle avec Delia.

Les jalons sont posés, du côté lumineux, les enfants et le chien, du côté obscur les parents. Basique, mais efficace. Une belle histoire d’amitié entre la jeune star presque malgré elle et sa chienne… certes, mais ce n’est pas vraiment ce à quoi je m’attends en ouvrant un roman signé (et même cosigné) par Jack Ketchum.

Et puis il y a l’incendie qui manquera de peu de tuer Delia. Un accident qui aurait pu ressouder les liens familiaux, mais c’était sans compter sur l’avidité des parents… On sent rapidement que la situation ne peut qu’aller de mal en pis, la noirceur si chère à l’auteur va pouvoir étendre son voile destructeur sur la famille Cross.

Le fossé se creuse inexorablement entre les côtés lumineux et obscurs. Si vous aimez les romans pleins de noirceur nul doute que vous adorerez détester Patricia Cross. Ceci dit vous comprendrez aisément que je ne peux guère m’étendre sur la question.

Les auteurs profitent de leur récit pour sévèrement égratigner certains travers de la société de communication et de consommation d’aujourd’hui. A commencer par le culte de l’enfant star et ces parents qui agissent plus par ambition personnelle (faire de leur gamin ce qu’il n’ont pas réussi à devenir ? Se faire du fric sur le dos de leur gamin ?), les talk-shows outranciers et les émissions de télé-réalité au ras des pâquerettes, mais aussi le comportement de certains journalistes qui se comportent comme les pires des charognards.

Un roman court, mais intense, quand les auteurs décident de passer à la vitesse supérieure ils ne ménagent ni leurs personnages ni leurs lecteurs (la dernière partie du récit est menée à un rythme hallucinant). Un roman lu en quelques heures, impossible de le lâcher avant d’en connaître le dénouement. Mais au-delà du roman noir, l’on peut aussi retenir une formidable histoire d’amitié entre une enfant et sa chienne, même la petite touche fantastique apportée au récit ne fera pas tomber mon enthousiasme.

MON VERDICT
Coup de poing

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Publié par le 16 octobre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Une Fois Dans Ma Vie

AU MENU DU JOUR

G. Legardinier - Une fois dans ma vie
Titre : Une Fois Dans Ma Vie
Auteur : Gilles Legardinier
Editeur : Flammarion
Parution : 2017
Origine : France
430 pages

De quoi ça cause ?

Eugénie, Céline et Juliette sont trois amies inséparables. Trois âges différents, chacune leur parcours et chacune leur façon d’appréhender l’avenir. Ensemble, elles vont affronter les épreuves, les doutes et les questionnements du quotidien, mais aussi partager les petits et grands bonheurs qu’offre ce même quotidien…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Gilles Legardinier et que cet auteur, quel que soit le genre qu’il aborde, ne m’a jamais déçu.
Parce que, pour son nouveau roman, il a décidé de renouer avec la comédie façon feel good ; par les temps qui courent un peu de bonne humeur fait du bien.

Ma chronique

Comme vous pouvez le constater point de chat en couverture. Je suppose que c’est pour Gilles Legardinier une façon d’affirmer le changement d’éditeur. Comme dirait l’autre : « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse« …

Dès les premières phrases, on retrouve le style profondément humain de l’auteur, on sent qu’il aime ses personnages et veut nous faire partager cette empathie. Et ça fonctionne toujours aussi bien !

Commençons justement par faire les présentations avec ce trio de choc 100% féminin. Eugénie est, avec son mari, Victor, en charge du gardiennage du théâtre. Elle est à un tournant de sa vie, se demandant si quelles traces son passage aura laissé et surtout si ça vaut la peine de continuer en l’absence de but existentiel.

Céline élève seule son fils, Ulysse, depuis son divorce. Son ex n’honorant ni ses responsabilités, ni ses obligations, elle passe son temps à compter et recompter son argent, espérant boucler le mois en limitant les dégâts. Au théâtre, elle est costumière.

Juliette a l’insouciance de la jeunesse, elle butine la vie et papillonne entre les aventures sans lendemain. Mais quand elle croise enfin le bon, l’homme de sa vie (elle en est intimement convaincue), elle perd tous ses moyens. C’est la chorégraphe de la troupe.

Au fil des pages, vous croiserez de nombreux personnages secondaires, à commencer par ceux qui font vivre et vibrer ce modeste théâtre (une belle brochette de personnages, tous plus attachants les uns que les autres, avec leurs qualités et leurs défauts), puis il y a ceux qui gravitent autour de nos trois héroïnes (parfois pour embellir le quotidien, d’autres, au contraire, pour leur pourrir la vie). Je n’en dirai pas davantage afin de laisser entier le plaisir de la découverte.

Si, dans les premiers chapitres, j’ai été un peu décontenancé par l’aspect saynètes du récit, Gilles Legardinier a rapidement su balayer mes a priori et c’est avec beaucoup de plaisir que je me suis laissé embarquer dans son récit.

Il faut dire que l’auteur a le don de confronter ses personnages à des situations pour le moins déroutantes, on est parfois en plein de vaudeville, mais la magie opère encore et toujours. Les sourires, les rires et les fous rires sont au rendez-vous… pour notre plus grand plaisir !

Fidèle à son habitude l’auteur ne se contente pas de jouer avec un seul registre de l’humour, le comique de situation cède la place ou se combine avec un comique de dialogues et / ou un comique de caractère. C’est un véritable concentré de bonne humeur que l’on a entre les mains.

De fait c’est avec un sourire béat, mais aussi un léger pincement au coeur, que nous quittons ce roman et ses personnages… Mais on se rassure en se disant que le prochain sera tout aussi bon, voire encore meilleur.

Je laisse le mot de la fin à Gilles Legardinier, après tout c’est encore lui le mieux placé pour nous parler de son roman :

« Je souhaite dédier ce livre à ceux – musiciens, auteurs, réalisateurs, peintres, sculpteurs… – qui vivent pour partager des émotions, et à ceux qui ont envie de les recevoir. Je vous vois déjà sourire. Vous vous dites qu’en cumulant ces deux catégories, je touche la totalité de la population du monde. Détrompez-vous. Certains n’ont que faire de partager, et d’autres n’ont pas envie de ressentir. Observez autour de vous. Bien qu’étant théoriquement l’apanage de notre espèce, l’empathie et l’élan ne sont pas universels. C’est donc aux rêveurs que je rends un hommage affectueux, ainsi qu’à ceux qui les croient. »

MON VERDICT

 
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Publié par le 16 octobre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Claudine Touchemann – Le Petit Carton Blanc

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C. Touchemann - Le petit carton blanc

Titre : Le Petit Carton Blanc
Auteur : Claudine Touchemann
Editeur : Auto-édition
Parution : 2013
Origine : France
418 pages

De quoi ça cause ?

Amélie est mariée et a deux jeunes enfants, mais elle cache aussi un lourd secret : 20 ans plus tôt, elle a abandonné un fils qu’elle venait de mettre au monde. Et aujourd’hui Amélie regrette d’avoir déposé une carte dans cette bicoque du passé, une carte par laquelle elle invite ce fils inconnu à la contacter.
Quand Luc, le fils abandonné, débarque dans la vie d’Amélie, c’est mû par un instinct de vengeance et de destruction…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’il a été l’heureux élu d’un certain Book Club mal famé que je fréquente assidûment sans le moindre remords.
Parce que c’est un roman auto-édité et que l’auto-édition mérite le soutien (et la reconnaissance) des lecteurs.

Ma chronique

Je reconnais sans honte que j’ai abordé ce bouquin à reculons, pas franchement ma tasse de thé ce genre d’histoire, mais soyons fou, tentons le coup !

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce bouquin et moi ce ne fût pas le coup de foudre ! Les débuts ont même été plutôt laborieux (la faute à des lourdeurs de style, un abus de patois picard et à une histoire qui s’annonçait sans grande originalité). Je n’étais pas sûr de finir le roman (et encore moins de lire les deux tomes suivants, les trois constituant la trilogie Luc, Graine De Prison), mais j’ai tout de même décidé de persévérer.

Si les personnages peuvent paraître un tantinet « clichés » ils sont toutefois crédibles et plus ou moins attachants. Certes Luc est une tête à claques, mais ça ne l’empêche de balancer à la gueule de sa génitrice ses quatre vérités. Il n’en reste pas moins que j’ai souvent eu l’impression de tourner en rond (l’image qui me vient en tête est celle du serpent qui se mord la queue).

Heureusement qu’il y a Marie-Reine, la voisine au grand coeur. Toujours prête à rendre service, mais pas toujours facile à comprendre, car la bonne vivante aime s’exprimer en allégories. Des propos imagés qui demandent parfois beaucoup d’imagination pour être traduits en français facile…

Quand soudain, surgit un aigle noir… Coupez ! Je reprends.

Quand soudain, surgit Kyu le Nippon aux yeux d’émeraude. Il faut attendre le chapitre 24 (sur les 90 que compte ce roman) pour que le gars fasse son entrée sur scène. Une entrée plutôt fracassante, surtout pour Luc !

Avec l’arrivée de Kyu le roman trouve enfin cette flamme qui lui faisait défaut jusqu’alors, un second souffle salvateur qui tombe à point nommé (sans lui c’est le bouquin qui me serait tombé des mains… c’eût été dommage pour ma liseuse). Le récit prend alors une dimension initiatique, un long et difficile parcours vers la rédemption avec, à la clé, si tout se passe comme prévu, une métamorphose, pour ne pas dire une renaissance.

Il m’a fallu deux jours pour lire les 23 premiers chapitres, lecture ponctuée de nombreuses pauses. J’ai lu les 67 chapitres suivants dans le même laps de temps, ne lâchant le bouquin que pour répondre aux obligations professionnelles et personnelles.

L’intrigue est intéressante, avec un véritable enjeu à la clé. Le ton sonne juste (même si quelques lourdeurs persistent). Les personnages s’enrichissent au fil des chapitres.

Je craignais un final en forme de cliffhanger, mais il n’en est rien. Ce premier tome clôt un chapitre de l’histoire des personnages ; je ne sais pas ce qui leur réserve la suite, mais je compte bien le découvrir… Mais pas tout de suite, de nombreux titres de la rentrée littéraire 2017 me font de l’oeil, certains chahutent même déjà dans mon Stock à Lire Numérique.

Il faut dire qu’il y a du beau monde au portillon : Gilles Legardinier, Olivier Norek, Bernard Werber, Jo Nesbo, Dan Brown… et bien d’autres à venir. Devant une telle déferlante, je ne sais par où commencer.

MON VERDICT

 
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Publié par le 9 octobre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Cédric Bannel – L’Homme De Kaboul

AU MENU DU JOUR

C. Bannel - L'homme de Kaboul

Titre : L’Homme De Kaboul
Auteur : Cédric Bannel
Editeur : Robert Laffont
Parution : 2011
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Kaboul. Le commandant Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle, est appelé sur une scène de crime. La thèse officielle, soutenue par sa hiérarchie, est celle du suicide. Mais pour Oussama Kandar il y a trop d’incohérences, malgré les pressions qu’il subit, il décide d’enquêter sur ce qui est sans aucun doute un meurtre déguisé en suicide.

Berne. L’Entité, une organisation secrète indépendante, est sur la piste d’un homme d’affaires qui a faussé compagnie à ses employeurs avec un rapport explosif. Nick Snee, un jeune analyste de l’Entité est étonné par l’ampleur des moyens mis en oeuvre pour retrouver le fugitif, ainsi que par le manque total de scrupules de ceux qui le traquent. Nick, contre l’avis de ses supérieurs, décide de mener sa propre enquête.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la première apparition d’Oussama Kandar, et comme j’ai les trois bouquins en stock autant commencer par le début.
Parce que les deux suivants sont parus dans la collection La Bête Noire de Robert Laffont, une collection qui, à ce jour, ne m’a jamais déçu.

Ma chronique

Je ne sais pas si Cédric Bannel connaît l’Afghanistan ou s’il s’est « contenté » d’un énorme travail de documentation, mais le résultat est bluffant de réalisme ; on est en totale immersion dans les tourments de la vie à Kaboul.

Il faut dire que l’Afghanistan offre un contexte unique en son genre du fait de son histoire récente, entre l’occupation russe, les années sous le régime taliban et le gouvernement plus ou moins fantoche instauré depuis 2001 sous l’égide de la Coalition. Des années marquées par la guerre civile (d’abord contre les Russes, puis contre les talibans) puis par une vague d’attentats terroristes menée par les talibans (et encore d’actualité aujourd’hui).

La plupart des habitants de Kaboul vivent dans des conditions allant de franchement spartiates à précaires dans le respect de leurs traditions, malgré la coalition qui s’efforce de rebâtir la ville suivant un modèle d’urbanisme occidental.

Un terrain propice à la corruption, un fléau qui ne semble épargner personne, de plus petit au plus puissant, l’argent peut tout acheter à Kaboul ! Et c’est là que vit et travaille Oussama Kandar, ancien héros de guerre des forces moudjahidines, honnête, obstiné dans son combat pour la vérité et surtout totalement incorruptible. Un Elliott Ness à la sauce afghane.

Oussama Kandar est aussi un homme pieux et pratiquant, partisan d’un islam modéré, qui, au nom du respect de la tradition, refuse d’admettre que les conditions de vie de la femme afghane sont loin d’être idylliques. De fait il ne rejette pas totalement la burqa, même s’il n’oblige pas son épouse à en porter une.

De Kaboul aux contrées les plus sauvages du pays, Oussama Kandar nous offrira un voyage pour le moins exotique, mais pas vraiment le temps d’admirer le paysage. Les gens qui en ont après lui sont capables de mobiliser des moyens faramineux et ne reculeront devant rien pour mettre fin à son enquête.

Pour Nick Snee, de Berne à Zurich, la quête de la vérité est nettement moins mouvementée, plus il progresse dans son enquête, plus il découvre la face obscure de l’Entité… et moins il décide de partager ses découvertes avec ses supérieurs.

Quand et comment ces deux destins vont se télescoper ? Vous le découvrirez en lisant le roman de Cédric Bannel… Sachez tout de même qu’un troisième personnage est appelé à jouer un rôle décisif dans le déroulé de l’intrigue, il s’agit du mollah Bakir, un taliban modéré (oui je sais que l’association des mots taliban et modéré peut paraître antinomique) qui a des nombreuses sources d’information. Avantage considérable pour Oussama, le mollah semble très attaché au fait que le commandant Kandar doit rester en vie.

L’intrigue est rondement menée, le rythme imposé est soutenu, pas le temps de souffler et moins encore de s’ennuyer. Un très bon page-turner qui m’a donné envie d’en apprendre davantage sur Oussama Kandar, nul doute que je vais, dans un avenir proche, me plonger dans la lecture de Baad, le second roman qui lui est consacré.

MON VERDICT

 
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Publié par le 2 octobre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Lagercrantz – La Fille Qui Rendait Coup Pour Coup

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D. Lagercrantz - Millénium 5

Titre : Millénium 5 – La Fille Qui Rendait Coup Pour Coup
Auteur : David Lagercrantz
Editeur : Actes Sud
Parution : 2017
Origine : Suéde
448 pages

De quoi ça cause ?

En prison Lisbeth Salander est une détenue modèle qui s’occupe en résolvant des équations de mécanique quantique. Une visite de son ancien tuteur et ami, Holger Palgrem, va relancer sa curiosité à propos de son enfance. Dans le même temps, elle décide de protéger Faria Kazi, une détenue devenue le souffre-douleur d’une chef de gang aussi sadique que perverse…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Millénium tout simplement, et que quoi qu’on en dise, même si David Lagercrantz n’est pas Stieg Larsson, il a brillamment repris le flambeau en s’appropriant des personnages pourtant complexes.

Ma chronique

Je vais commencer cette chronique en poussant une gueulante contre la politique marketing des éditions Actes Sud (maison dont j’apprécie la richesse et la variété de son catalogue) : qu’est-ce que c’est cette couv’ de merde ? Ce n’est plus du racolage à ce point, on frôle l’outrage ! En plus d’être ignominieusement racoleuse, elle n’a strictement rien à voir avec l’intrigue du roman. Carton rouge pour cette bassesse qui schlingue le choix marketing douteux !

Voilà ça c’est fait… Passons aux choses sérieuses et entrons dans le vif du sujet.

De nouveau c’est Lisbeth Salander qui est au centre de l’intrigue, il faut dire que c’est le personnage le plus complexe de la saga et qu’il reste encore bien des zones d’ombres autour de son passé. Ceci dit elle pourra toujours compter sur le soutien et l’aide de Mikael Blomkvist.

D’autres personnages déjà croisés auront un rôle plus ou moins important à jouer dans l’évolution de l’intrigue. Et bien entendu le roman vous réserve son lot de nouveaux venus, des individus plus ou moins sympathiques, voire franchement antipathiques (j’ai pour ma part pris beaucoup de plaisir à détester Rakel Greitz).

David Lagercrantz n’essaye pas de faire du Steig Larsson, son style reste direct et sans fioriture. Un style parfaitement adapté à la lecture d’un thriller, mais qui ôte à Millénium la griffe stylistique imposée par son créateur.

Le même grief pourrait s’appliquer au traitement de l’intrigue, globalement ça reste relativement classique, pas tant dans l’histoire en elle même, mais plutôt dans son déroulé. Faute de brouiller les pistes, on arrive souvent à deviner l’issue de telle ou telle composante de l’intrigue avant Lisbeth et Mikael.

Malgré ces bémols, qui touchent davantage la forme que le fond, j’ai passé un très agréable moment en lisant ce cinquième opus de la saga Millénium. Il va sans dire que je serai fidèle au poste pour la sortie du sixième et dernier (?) tome de la série.

A travers l’histoire de Faria Kazi l’auteur aborde la question de la radicalisation de certains musulmans et notamment de ses conséquences, non seulement sur nos sociétés occidentales, mais aussi et surtout au sein des familles qui subissent cette situation. Plus largement se pose aussi la question de la place de la femme de ces milieux intégristes.

L’enquête de Lisbeth et Mikael, de même que l’histoire de Léo et Dan, soulèvent quant à elles la problématique de l’éthique en matière de recherches scientifiques. Jusqu’où peut-on aller au nom du progrès scientifique ?

Si Stieg Larsson jouait sur ses ambiances, David Lagercrantz mise davantage sur le rythme. Outre une écriture plus directe, il sait aussi imposer une intrigue nerveuse et tendue. Si parfois l’ensemble paraît décélérer, ce n’est que pour mieux redémarrer et aller encore plus loin. A cette fin, il se fait moins didactique que dans le précédent opus, et ce n’est pas moi qui irai m’en plaindre !

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 septembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Eric-Emmanuel Schmitt – La Vengeance Du Pardon

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E.E. Schmitt - La vengeance du pardon

Titre : La Vengeance Du Pardon
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editeur : Albin Michel
Parution : 2017
Origine : France
336 pages

De quoi ça cause ?

Quatrième de couverture :

Quatre destins, quatre histoires où Eric-Emmanuel Schmitt, avec un redoutable sens du suspens psychologique, explore les sentiments les plus violents et les plus secrets qui gouvernent nos existences.
Comment retrouver notre part d’humanité quand la vie nous a entraîné dans l’envie, la perversion, l’indifférence et le crime ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour les mêmes raisons qui m’ont poussé à choisir le roman d’Amélie Nothomb avant lui :
– L’envie de me plonger dans cette rentrée littéraire en sortant de ma zone de confort, en privilégiant à la fois la littérature générale, mais aussi la littérature française.
– Parce que j’ai lu un précédent roman d’Eric-Emmanuel Schmitt (Oscar Et La Dame Rose) et qu’il m’avait fait forte impression à l’époque.

Ma chronique

Avec ce bouquin j’aurai tendance à dire que je sors doublement de ma zone de confort, non seulement on est bien loin du genre polar / thriller, mais en plus c’est un recueil de nouvelles (un genre que je n’affectionne pas particulièrement). Et pourtant, force est de reconnaître que je ne regrette pas ce double écart.

Quatre récits de longueur variable qui ont comme point commun le pardon, abordé dans différents contextes et pas toujours dans le sens noble du terme. Autant dire que les relations humaines sont au coeur de chacun de ces récits.
Ici le pardon et son contraire se joueront tour à tour dans le cercle familial (Les Soeurs Barbarin et Madame Butterfly), entre une mère et l’homme qui a assassiné sa fille (La Vengeance Du Pardon), ou encore entre un vieil homme, une petite fille, Le Petit Prince et le poids du passé (Dessine-Moi Un Avion).

Quatre histoires qui seront magistralement sublimées par l’écriture d’Eric-Emmanuel Schmitt. Avec un tel talent, pas besoin d’en faire des tonnes pour nous communiquer des émotions. Du coup ça nous fait un ensemble plutôt cohérent et très agréable à lire.

Dès les premières lignes de chacun de ces récits, on entre en totale immersion dans leur contexte et en osmose avec les personnages.

Si j’ai trouvé le final des trois premières nouvelles franchement prévisible, ça ne m’a pour autant gâché le plaisir de la lecture. Et puis je reconnais volontiers que j’ai été totalement pris de court par la fin de la dernière.

Comme pour confirmer ce que je viens d’énoncer, cette dernière nouvelle n’est pas ma préférée. Même si elle n’en demeure pas moins bien écrite et agréable à lire, c’est celle que j’aie le moins appréciée. Mon coup de coeur va sans hésitation à La Vengeance Du Pardon, la seconde place de mon podium personnel étant occupée par Les Soeurs Barbarin.

J’ai pris beaucoup de plaisir avec cette double escapade sur les sentiers de la littérature générale, mais il est temps pour moi de rejoindre la face obscure des thrillers. Le cinquième tome de la saga Millénium me réclame !

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Publié par le 14 septembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Amélie Nothomb – Frappe-Toi Le Coeur

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A. Nothomb - Frappe-toi le coeur

Titre : Frappe-Toi Le Coeur
Auteur : Amélie Nothomb
Editeur : Albin Michel
Parution : 2017
Origine : France
180 pages

De quoi ça cause ?

1971. Marie, 19 ans, est la plus jolie fille de la ville, elle le sait et se régale de la jalousie qu’elle suscite chez les autres filles de son âge. C’est d’ailleurs ce qui la pousse à sortir avec Olivier, le plus beau garçon de la ville, qui s’empresse de répondre à ses avances. Marie pensait avoir toute la vie devant elle, elle se trompait…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour me mettre dans le bain de la rentrée littéraire 2017 en sortant de ma zone de confort.
Parce que j’ai lu un Amélie Nothomb (Les Catilinaires) il y a fort fort fort longtemps et que, bien qu’ayant apprécié le bouquin, je n’ai jamais renouvelé l’expérience.

Ma chronique

En lisant mon pitch il serait tentant de penser que le personnage central du roman est Marie, mais il n’en est rien (même si elle occupe un rôle clé dans l’histoire). Disons qu’il est difficile de proposer un synopsis qui n’en révèle pas trop sur le contenu du roman.

J’aurais aussi pu faire un simple copier-coller de la quatrième de couverture : « Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie » Alfred de Musset.

Moins de 200 pages, soit à peine deux heures de lecture, ça peut sembler court pour faire passer des émotions, mais Amélie Nothomb parvient dès les premières lignes à toucher le lecteur en plein coeur et surtout elle maintiendra la même intensité émotionnelle jusqu’au dernier mot du roman.

La plume de l’auteur s’avère non seulement d’une redoutable efficacité, mais c’est aussi que du bonheur à lire. Sans fioritures, ni chichis, elle va à l’essentiel pour vous frapper le coeur, vous régaler les neurones et faire briller vos yeux.

Un roman dominé par de fortes personnalités féminines (par ordre d’apparition : Marie, Diane, Elisabeth et Olivia) qui aborde des thèmes forts, tels les relations mères-filles, l’amour, l’amitié, la jalousie… Court, mais intense, quitte à me répéter.

Vous suivrez ces femmes au fil des ans, de 1970 à 2007, sans jamais quitter cette ville de province. Et les hommes, vous demanderez-vous peut-être ? Grosso modo il n’y en a qu’un, Olivier. Les autres font plus ou moins office de figurants.

J’ai toujours plus de difficultés à rédiger mes chroniques quand je dois parler de romans courts. Plus encore avec celui-ci tant je ne veux surtout pas trop en dire afin de laisser aux futurs lecteurs le plaisir de la découverte. Il est des romans pour lesquels cette préoccupation est essentielle, Frappe-toi le coeur est indubitablement de ceux-ci.

Je terminerai donc en citant ces quelques vers d’Alfred de Musset :

« Ah ! frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie.
C’est là qu’est la pitié, la souffrance et l’amour ;
C’est là qu’est le rocher du désert de la vie. »

MON VERDICT

 
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Publié par le 9 septembre 2017 dans Bouquins

 

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