[BOUQUINS] Gérard Saryan – Sur Un Arbre Perché

AU MENU DU JOUR


Titre : Sur Un Arbre Perché
Auteur : Gérard Saryan
Éditeur : Taurnada
Parution : 2023
Origine : France
378 pages

De quoi ça cause ?

Une seule seconde d’inattention et la vie d’Alice bascule : Dimitri, 4 ans, le fils de son compagnon, échappe à sa vigilance.

En panique, la jeune femme part à sa recherche, mais elle est victime d’un grave accident. À son réveil, elle doit se rendre à l’évidence : l’enfant a été kidnappé.

Alice n’a désormais qu’une obsession : retrouver Dimitri, coûte que coûte…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le nouveau bébé des éditions Taurnada et qu’il me donne l’occasion de découvrir un auteur que je ne connaissais pas.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Seuls ceux et celles ayant plus d’un certain âge – avancé mais pas trop –, comprendront le clin d’œil qui va suivre. Le présent roman n’a strictement rien à voir avec le film de Serge Krober (Sur Un Arbre Perché, 1971) avec Louis de Funés et Geraldine Chaplin. Une homonymie purement fortuite donc.

Tout commence avec un jeune couple qui ressemble à tant d’autres. Alice est styliste installée à son compte, occasionnellement elle est aussi membre d’une petite troupe de théâtre. Au début du roman elle est enceinte. L’heureux papa est le compagnon de la jeune femme, Guillaume, brillant avocat issu d’une grande famille française. Il est divorcé et père de deux enfants (Dimitri, 4 ans et Barbara, 13 ans).

Un matin Alice récupère les enfants chez l’ex-femme de Guillaume pour un voyage en train Lyon-paris, où ils doivent rejoindre Guillaume. Gare de Lyon (à Paris, donc… cherchez pas une quelconque logique là-dedans), le week-end de rêve vire au cauchemar. Dimitri disparaît. Alors qu’elle se lance à sa recherche, Alice est victime d’un accident.

Après un court coma deux terribles nouvelles lui éclatent à la gueule : Dimitri, toujours porté disparu, a vraisemblablement été victime d’un enlèvement ; le bébé n’a pas survécu à l’accident.

Rassurez-vous je n’ai pas l’intention de poursuivre cette chronique en vous proposant un résumé intégral du bouquin. Il fallait poser à minima le décor pour comprendre à quel point retrouver Dimitri va devenir une obsession pour Alice.

La jeune femme est loin d’imaginer jusqu’où son enquête va la mener. De nombreuses surprises et autres retournements de situation l’attendent (et nous aussi par la même occasion). On serait parfois tenté de dire que c’est too much mais finalement on se laisse guider par Gérard Saryan qui mène sa barque avec beaucoup de conviction.

Je vous passe les détails mais au fil de ses pérégrinations, Alice va découvrir un ignoble trafic d’enfants, une vengeance personnelle mûrement réfléchie pour faire le plus de mal possible et bien plus encore. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle va payer de sa personne pour mettre à jour la vérité (ou plutôt les vérités).

Une intrigue complexe, machiavélique et tordue à souhait… tout ce qu’on aime !

Des flashbacks dont on ne saisit pas vraiment le sens viennent s’insérer çà et là dans le déroulé de l’intrigue. Il faut attendre les ultimes révélations pour comprendre comment les événements se sont enchaînés pour arriver à la situation présente du récit.

Heureusement Alice ne sera pas toujours seule face à l’adversité, certaines mains tendues seront des plus inattendues, d’autres cacheront peut-être des intentions moins louables… Au fil des chapitres vous en viendrez, comme Alice, à douter de tout et de tout le monde, son incroyable obstination lui fera repousser toutes les limites.

L’auteur fait sien le slogan publicitaire adopté par Paic Citron à la fin des années 80 (bin oui, c’est une chronique pour les « anciens ») : quand y’en a plus, y’en a encore ! En effet, alors que l’on pouvait supposer que tout allait enfin rentrer dans l’ordre, Alice balance un ultime pavé dans la mare, une révélation, et non des moindres, qui va remettre beaucoup de choses en question.

Même si parfois Gérard Saryan se laisse emporter par son enthousiasme, il réussit à nous scotcher de la première à la dernière page avec une intrigue qui fait voler en éclats nos certitudes.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Maxime Chattam – La Constance Du Prédateur

AU MENU DU JOUR


Titre : La Constance Du Prédateur
Série : Ludivine Vancker – Tome 4
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2022
Origine : France
448 pages

De quoi ça cause ?

Une page se tourne pour Ludivine Vancker qui va intégrer le Département des Sciences du Comportement (DSC) de la gendarmerie et ses équipes de profilers.

À peine arrivée, elle est plongée dans le feu de l’action. Un charnier a été découvert dans le puit désaffecté d’une mine en Alsace. De prime abord toutes les victimes ont été tuées suivant un même mode opératoire entre les années 70 et 90.

L’affaire, déjà complexe, se corse lorsque l’ADN du tueur présumé est retrouvé sur deux nouvelles victimes… tuées au cours de ces dernières semaines.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam et parce qu’il nous offre l’occasion de retrouver Ludivine Vancker dans une nouvelle enquête.

Ma Chronique

Avec ce roman, Maxime Chattam fête ses 20 ans d’écriture (aventure débutée en 2002 avec L’Ame Du Mal, le premier opus de La Trilogie Du Mal). C’est le vingt-huitième roman de l’auteur (sans parler des nombreuses nouvelles qu’il a publié en parallèle à sa carrière romanesque).

C’est avec un réel enthousiasme que je retrouve Ludivine Vancker et ses collègues de la SR (Section de Recherches) de Paris. Mais au bout de quelques pages je découvre que Ludivine va être mutée au Département des Sciences du Comportement (DSC). Adieu les collègues de la SR, et let’s go pour de nouvelles aventures !

Oui… et non. Si Ludivine intègre bel bien le DSC (à sa demande), l’affaire à laquelle ils vont se frotter s’annonce tellement énorme que la SR de Paris va être appelée en renforts. Une sorte de transition en douceur, plutôt qu’une rupture nette. Bien joué Maxou !

Le DSC de la Gendarmerie Nationale a été créé en 2001 (mais n’est opérationnel qu’à partir de 2002), son rôle est de dresser le « profil » d’un criminel au vu de la scène de crime. Pour cela des experts en psychocriminologie travaillent de pair avec des enquêteurs de terrain. Pour faire simple, nos gendarmes du DSC sont plus ou moins l’équivalent des fameux profilers américains. Dans les faits les méthodes du DSC s’apparentent davantage aux techniques d’analyses comportementales développées par la Gendarmerie royale canadienne et la police sud-africaine.

Si Ludivine va retrouver ses anciens collègues (Segnon, Guilhem, Magali et Franck), elle va aussi et surtout devoir travailler de concert avec sa supérieure hiérarchique, la chef d’escadron Lucie Torrens et s’adapter aux méthodes d’investigations du DSC.

J’ai apprécié de retrouver le personnage de Ludivine Vancker débarrassée (plus ou moins) de ses anciens démons, le couple qu’elle forme avec Marc semble avoir un effet positif et apaisant sur sa personnalité.

J’avoue avoir eu un énorme coup de cœur pour le personnage de Lucie Torrens. Elle mériterait presque que Maxime Chattam lui consacre au moins au roman… mais bon, il fait ce qu’il veut, c’est un grand garçon (et vu les idées sombres qui lui passent par la tête, vaut mieux pas lui chercher des noises).

Superbe (la modestie ne m’étouffe pas) transition qui m’amène à dire quelques mots de l’intrigue. Sans mentir c’est peut-être l’une des plus machiavéliques parmi les nombreux thrillers que j’ai lu ces dernières années. Vous n’avez pas fini de vous triturer les méninges pour démêler pareil écheveau.

La violence est omniprésente mais au service de l’intrigue, et encore je trouve que l’auteur a été plutôt soft vu la perversité de Charon, le tueur en série qui va donner bien du fil à retordre au DSC et à la SR parisienne. Si violence il y a, c’est plutôt le contexte imaginé par l’auteur qui fait froid dans le dos ; dans le genre plongée au cœur de ce que l’humain a de plus pourri et pervers, on peut difficilement faire pire dans l’innommable…

En refermant ce roman vous réaliserez à quel point le titre colle parfaitement à l’intrigue.

Ce roman confirme ce que l’on avait déjà pressenti ces dernières années, Maxime Chattam excelle quand il fait du Chattam pur jus… pas quand il cherche à imiter les autres (je fais ici référence aux romans Le Signal et Illusion qui ne m’ont vraiment pas convaincu).

MON VERDICT

Coup de poing

Extrait – Prologue

Voici les premières phrases du roman :

Claire n’aimait pas sucer.
Elle détestait ça même. L’acharnement un peu vain, illusoire, de vouloir faire durer les choses. La perte de temps, d’efficacité. Et puis les sons que cela produisait ! Claire avait un vrai problème avec les clapotements de joues, les claquements humides de langue, les décollements successifs des lèvres moites ou les déglutitions à répétition.

Osez affirmer sans ciller que vous n’avez pas immédiatement pensé à la même chose que moi !

Alors, esprit mal tourné ou pas ? Vous le saurez en lisant la suite.

Une sacrée mise en bouche, si j’ose dire (ah oui, j’ai osé).

[BOUQUINS] Laurent Obertone – Guerilla – Le Dernier Combat

AU MENU DU JOUR


Titre : Guerilla – Le Dernier Combat
Auteur : Laurent Obertone
Éditeur : Magnus
Parution : 2022
Origine : France
332 pages

De quoi ça cause ?

Après vingt-sept jour d’une crise sans précédent, l’ordre semble enfin rétabli. C’est en tout cas ce que voudrait faire croire Victor Escard, le nouveau président qui se pose en sauveur et en garant du très-bien-vivre-ensemble. Quitte à mentir ouvertement et manipuler les foules…

Mais Escard ne devrait pas réjouir trop vite de son succès, Vincent Gite, désormais ennemi public n°1 à la suite de l’attentat de Vincennes, est toujours à ses trousses. D’autre part, le capitaine Danjou et ses légionnaires ne sont pas décidés à déposer les armes.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Comme son nom le suggère fortement, c’est le dernier volet de la trilogie Guerilla. Impossible de faire l’impasse après deux tomes qui m’ont tenu en haleine…

Ma Chronique

Vous le savez sans doute je suis réfractaire aux maisons d’éditions ne proposant pas d’offre numérique, pas question pour moi de verser un centime à ces gens-là. Les éditions Magnus (co-fondée par Laurent Obertone) étant dans la même logique marketing que feues les éditions Ring, je n’achèterai aucun de leurs titres.

Ne pas acheter ne signifie pas pour autant ne pas lire… L’option cadeau permet de contourner la limite (merci au père Noël pour ce roman). Sans parler de l’offre alternative, par laquelle je suis passé pour me procurer une version numérique du bouquin.

D’emblée je dois vous avouer que ce dernier tome est celui qui m’a le moins convaincu. L’effondrement décrit dans les deux premiers tomes est la conséquence directe du laxisme et du renoncement porté par la politique du très-bien-vivre-ensemble ; le sauveur providentiel, Victor Escard, propose un retour à la normale dans la droite ligne de son prédécesseur… à la puissance 10 ! J’ai du mal à croire que le français moyen puisse accepter cette idée et se laisser berner à nouveau. J’espère ne pas me tromper…

Suite directe de ma remarque précédente, j’ai été franchement dérangé par les passages relatifs aux prétendus dédommagements dûs aux prétendues victimes d’exclusion (ethnique, religieuse ou sexuelle). À force de pousser le bouchon, ça devient franchement too much et pas du tout crédible.

Je tiens toutefois à souligner qu’il y a quelques bonnes idées qui évitent le naufrage, ainsi je n’ai eu aucun mal à croire en la manipulation des foules par les médias – d’autant que seuls les médias officiels ont le droit d’émettre – ; il en va de même pour les dérives des milices mises en place par Escard et ses sbires pour restaurer l’ordre et la confiance.

J’ai tout particulièrement apprécié de retrouver des personnages déjà croisés dans les précédents opus et de découvrir la suite de leur parcours (souvent chaotique).

Parmi les nouveaux venus j’ai bien aimé le personnage de Laurent Buvard, un enquêteur mandaté par Escard pour trouver et neutraliser Vincent Gite. Marcel et ses élans éthyliques apporteront quelques touches d’humour bienvenues pour détendre l’atmosphère.

Heureusement la bataille de Paris vient redistribuer les cartes et donne au roman un second souffle bienvenu. Dommage qu’il faille attendre le chapitre 38 pour voir jaillir l’étincelle qui va sortir la France moyenne de sa torpeur.

Pour la suite des évènements, Laurent Obertone ne se laisse pas emporter par l’euphorie et l’optimisme ambiant. Il porte un regard plutôt juste sur la nature humaine face au pouvoir. On aimerait y voir un certain cynisme mais ne nous berçons pas d’illusions, le Pays des Bisounours n’existe pas !

Si ce troisième opus m’a moins convaincu que les précédents, il n’en reste pas moins nécessaire pour clore une intrigue qui s’étalera qui nous fera découvrir sur sept jours (du vingt-huitième au trente-quatrième jours). Une trilogie qui mérite d’être découverte même si son propos heurtera la bien-pensance de certains lecteurs.

Avant de clore cette chronique, je vous invite à découvrir l’interview de Laurent Obertone sur Breizh Info (je ne cautionne pas ce média mais l’auteur tend à être blacklisté par les médias plus traditionnels)

MON VERDICT

[BRD] Thor – Love And Thunder

À L’AFFICHE DU JOUR


Titre : Thor – Love & Thunder
Réalisation : Taika Waititi
Production : Marvel Studios
Distribution : Walt Disney Studios
Origine : États-Unis
Durée : 1h59

Casting

Chris Hemsworth : Thor
Natalie Portman : Jane Foster
Christian Bale : Gorr le Boucher des Dieux
Tessa Thompson – Valkyrie
Russell Crowe : Zeus

Le pitch

Quand il apprend qu’un individu surnommé Gorr le Boucher des Dieux s’est mis en tête de tuer tous les dieux de l’Univers, Thor quitte les Gardiens de la Galaxie pour mettre fin à cette odyssée meurtrière.

Il n’affrontera pas le danger seul, Korg et Valkyrie se joindront à lui dans sa quête. Ainsi qu’une autre alliée, pour le moins inattendue…

Ma chronique

Thor – Love And Thunder est le quatrième film consacré au Dieu Viking, c’est aussi le vingt-neuvième film du MCU (Marvel Cinematic Universe) et le sixième de la phase IV.

Avec Taika Waititi aux commandes de ce nouveau volet, on pouvait s’attendre à ce que le film reste dans le même ton que le précédent, Thor – Ragnarok, un mélange bien dosé entre comédie et action. Dans Love & Thunder, le réalisateur pousse encore plus loin dans la comédie, au point de frôler la parodie parfois. Je conçois volontiers que ce choix puisse déconcerter les puristes de l’univers Marvel, mais pour ma part j’ai trouvé ce mélange de légèreté et de sérieux plutôt agréable.

Au niveau comique je pense que le summum est atteint avec les deux chèvres géantes que Thor reçoit en cadeau (empoisonné) après une mission réussie (avec quelques dommages collatéraux). Chacune de leur apparition est ponctuée d’un bêlement strident qui ne manquera pas de faire son effet (le cri en question est bien celui d’une chèvre, devenu culte après avoir servi de fond sonore sur une chanson de Taylor Swift dans un mixage vidéo : voir sur Youtube).

La visite des trois héros à Omnipotence City, la Cité des Dieux, vaut aussi son pesant de cacahuètes avec quelques divinités pour le moins surprenantes !

Le comique de certaines scènes et situations (Thor qui essaye de « charmer » Mjolnir afin qu’il lui revienne… suscitant la jalousie de Stormbreaker) ne nuit en rien au déroulé de l’intrigue. Celle-ci n’est pas laissée en plan et donnera même lieu à quelques séquences où les effets spéciaux seront, une fois encore, mis en valeur.

Le personnage de Gorr apporte la touche de noirceur qui viendra équilibrer l’ambiance générale du film. Un personnage qui doit son pouvoir à une arme maudite, la Necrolame, un pouvoir qui se paie au prix fort… ça tombe bien, Gorr n’a plus rien à perdre.

Après les traditionnelles séquences post-génériques, l’on nous informe que Thor reviendra. Si les studios respectent la volonté de Chris Hemsworth – en supposant qu’il ne change pas d’avis –, le prochain film devrait être le dernier de la saga consacrée à Thor. L’acteur a en effet fait savoir qu’il souhaitait raccrocher l’armure de dieu viking, ajoutant même qu’il espérait que son personnage connaîtrait une mort brutale… Wait and see.

En attendant force est de reconnaître qu’il est difficile, pour ne pas dire impossible, de trouver un quelconque fil rouge liant les différents films de cette phase IV du MCU…

♥♥♥♥½

[BOUQUINS] Marc Levy – Eteignez Tout Et La Vie S’Allume

AU MENU DU JOUR


Titre : Éteignez Tout Et La Vie S’Allume
Auteur : Marc Levy
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2022
Origine : France
216 pages

De quoi ça cause ?

Adèle est une femme d’un certain âge qui se rend en bateau à l’enterrement de l’homme qui fut l’amour de sa vie. À bord elle fait la connaissance de Jérémy, un jeune homme énigmatique qui semble encore chercher sa voie.

Malgré leurs différences, ils vont faire ensemble un bout de chemin…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Marc Levy, j’étais curieux de voir comment il allait rebondir après son excellente trilogie autour du Groupe 9.

Ma Chronique

La première surprise concernant ce nouveau roman est sa longueur… ou plus exactement sa concision (un peu plus de 200 pages). Pas forcément de quoi s’inquiéter même si l’auteur nous a habitué à des romans plus étoffés.

Dès les premières pages, on retrouve Marc Levy dans un registre qu’il maîtrise à la perfection. Deux personnages que tout oppose vont apprendre à se connaître et… nul besoin de sortir de la cuisse de Jupiter pour savoir comment tout ça va se terminer.

À vrai dire rapidement on en vient à se réjouir de la brièveté du roman. Certes c’est agréable à lire, mais il faut bien reconnaître que l’histoire reste relativement linéaire et d’un intérêt très limité.

Les personnages d’Adèle et de Jérémy ne sont pas inintéressants, mais, l’un comme l’autre, sont en totale déconnexion avec la réalité de tout à chacun. Difficile dans ces conditions de se sentir proche des personnages.

Avec ce roman l’auteur se contente du strict minimum syndical, on le referme sans être franchement déçu, mais d’un autre côté on ne peut s’empêcher de penser que ce titre n’apporte rien à la bibliographie de Marc Levy.

C’est d’autant plus dommage qu’avec sa trilogie qu’avec sa trilogie 9 l’auteur avait su convaincre tout en abandonnant sa zone de confort. Ce retour en terrain conquis laisse un arrière-goût d’inachevé. D’un autre côté il faut bien reconnaître que Marc Levy n’apporte pas beaucoup de matière permettant d’étoffer son récit (à ce niveau on ne peut même pas parler d’intrigue tant tout est téléphoné dès les premiers chapitres).

J’avais opté pour un format court pour ma précédente chronique (Le Dernier Hiver) afin d’éviter tout spoiler. Ici j’opte pour un format court simplement parce que je ne trouve rien d’autre à dire à propos de ce bouquin.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Xavier Müller – Le Dernier Hiver

AU MENU DU JOUR


Titre : Le Dernier Hiver
Série : Erectus – Tome 3
Auteur : Xavier Müller
Éditeur : XO éditions
Parution : 2022
Origine : France
393 pages

De quoi ça cause ?

Après deux pandémies régressives, l’humanité pouvait espérer retrouver son cours normal. Le répit sera de courte durée, une nouvelle épidémie plonge ses victimes dans un état proche de l’hibernation. Et si ce n’était que le premier symptôme d’un mal qui dépasse l’imagination ?

Lucas Carvalho va rejoindre les équipes de Futurabio afin d’enrayer un fléau qui pourrait bien sonner le glas de l’humanité…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le troisième et dernier opus de la trilogie Erectus. Impossible de faire l’impasse sur la conclusion de cette série aussi improbable que crédible (paradoxe quand tu nous tiens).

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions XO et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour l’ultime opus de sa trilogie régressive Xavier Müller repousse encore les limites de la régression et, une fois de plus, parvient à rendre crédible un scénario hautement improbable. Beaucoup de données scientifiques (vérifiées et vérifiables) viennent s’intégrer à l’intrigue sans jamais assommer le lecteur de théories à rallonge, soporifiques à souhait.

Les lecteurs des précédents opus retrouveront avec plaisir des personnages déjà croisés, tels que Lucas Carvalho, Anna Meunier ou encore Wuan. D’autres, comme Alice, la fille d’Anna, seront appelés à jouer un rôle plus actif dans le déroulé de l’intrigue. Enfin le lecteur découvrira aussi de nouveaux acteurs qui auront un impact direct sur le récit, certains ayant des intentions pas forcément des plus louables.

Une fois de plus Xavier Müller ne se contente pas de nous servir du réchauffé, il renouvelle son intrigue et apporte une dimension supplémentaire à son roman avec des nouveaux défis et enjeux pour ses héros et l’humanité.

Il y aurait beaucoup à dire sur cette troisième régression tant elle est audacieuse, mais je préfère ne rien divulguer qui puisse gâcher le plaisir de la découverte des futurs lecteurs et lectrices. Sachez simplement que les surprises et autres retournements de situation seront légion au fil des chapitres.

Pour faire simple, je dirai que Xavier Müller nous offre un final en apothéose. La longueur de cette chronique est inversement proportionnelle à l’intérêt du bouquin, c’est juste que des fois il faut prendre sur soi et être concis… même si cela est un tantinet frustrant.

MON VERDICT

Bilan livresque 2023

Bilan livresque

73 livres lus en 2022, exactement le même nombre de livres que l’an dernier… toujours bien loin de ma cible de 100 bouquins lus sur une année civile.

Une fois de plus la qualité est venue compenser la quantité avec une moyenne de 4.2 Jack sur 5. Mes notes se répartissent comme suit :

  • 14 livres obtiennent la note maximale de 5 sur 5.
  • 22 livres frôlent le sommet avec une note de 4.5 sur 5.
  • 29 livres obtiennent un honorable 4 sur 5.
  • 6 livres s’en tirent avec un joli 3.5 sur 5.
  • 1 livre dépasse tout juste la moyenne avec une note de 3 sur 5.
  • Enfin, 1 livre se voit infliger une note de 0 sur 5.

Au niveau des bonus, 18 livres tirent leur épingle du jeu :

  • 5 coups de coeur
  • 9 coups de poing.
  • 4 coups double.

Pour finir, je vous invite à découvrir mon bilan mensuel avec LE livre du mois.

Janvier
6 livres lus.
La Dame Blanche de Denis Zott.

Février
8 livres lus.
Le Grand Monde de Pierre Lemaitre.

Mars
5 livres lus.
Ed Gein – Autopsie D’Un Tueur En Série de Harold Sechter et Eric Powell.

Avril
10 livres lus.
Dans Les Brumes De Capelans d’Olivier Norek.

Mai
7 livres lus.
Respirer Le Noir, collectif sous la direction d’Yvan Fauth.

Juin
4 livres lus.
Gloria Dei – Fidem Invictam de Sara Greem.

Juillet
5 livres lus.
L’Etrange Traversée Du Saardam de Stuart Turton.

Août
6 livres lus.
Summit de Mo Malo.

Septembre
7 livres lus.
L’Eté Où Tout A Fondu de Tiffany McDaniel.

Octobre
8 livres lus.
On Était Des Loups de Sandrine Collette.

Novembre
3 livres lus.
Chien 51 de Laurent Gaudé.

Décembre
4 livres lus.
Il Était Une Fois La Guerre d’Estelle Tharreau.

[BOUQUINS] Estelle Tharreau – Il Était Une Fois La Guerre

AU MENU DU JOUR


Titre : Il Était Une Fois La Guerre
Auteur : Estelle Tharreau
Éditeur : Taurnada
Parution : 2022
Origine : France
250 pages

De quoi ça cause ?

Sébastien Braqui est soldat. Sa mission : assurer les convois logistiques. Au volant de son camion, il assiste aux mutations d’un pays et de sa guerre. Homme brisé par les horreurs vécues, il devra subir le rejet de ses compatriotes lorsque sonnera l’heure de la défaite. C’est sa descente aux enfers et celle de sa famille que décide de raconter un reporter de guerre devenu son frère d’âme après les tragédies traversées « là-bas ».

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, une maison d’édition dont le catalogue regorge de pépites.

Parce que c’est Estelle Tharreau, ses quatre précédents romans m’ont tous fait forte impression.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Avant d’entrer dans le vif du sujet je tiens à préciser que je place ceux – et celles – qui crachent à la gueule des soldats qui rentrent de campagne, au même niveau que les raclures qui aboient « Suicidez-vous ! » aux flics lors de manifestations. Libre à tout un chacun de condamner un conflit dans lequel notre armée est engagée, mais ce n’est pas une raison pour mépriser les militaires qui ont pris part à ce conflit ; ils n’ont fait que leur boulot et, ne serait-ce que pour ce qu’ils ont vu ou enduré, méritent le respect.

Autant vous le dire franco, avec ce bouquin Estelle Tharreau m’a pris aux tripes. Elle a su trouver les mots justes pour décrire l’inexorable dérive d’un soldat et d’une famille. Un soldat qui s’emmure dans le silence tout simplement parce qu’il ne trouve pas les mots pour expliquer à sa femme et à sa fille ce qu’il ressent, et encore moins ce qu’il a vécu. Une épouse et une fille qui ne comprennent pas ce silence qu’elles ne savent comment interpréter.

Au fil des campagnes auxquelles participe Sébastien, on voit le Shonga (un pays fictif situé quelque part en Afrique) s’enfoncer dans la déchéance et la misère ; les soldats français ont de plus en plus de mal à comprendre leurs missions… d’autant qu’elles vont parfois frôler l’absurdité (livraison d’armes et de vivres à ceux qui étaient les ennemis d’hier). Les soldats vont aussi devoir assister, avec interdiction formelle d’intervenir, aux massacres interethniques (toute ressemblance… n’est à priori pas le fruit du hasard).

Outre le stress post-traumatique engendré par ce que Sébastien a dû voir et parfois faire, il va aussi devoir composer avec la haine de la population civile à son retour en France, une armée qui ne veut plus de ces vétérans – perdants d’une guerre sale et impopulaire –, une administration fidèle à elle-même…

Au fil des chapitres on alterne entre une narration à la troisième personne (ou plus exactement une narration omnisciente puisqu’elle n’est pas centrée sur un unique personnage) et une narration à la première personne qui donne alors la parole à un reporter de guerre qui s’est lié d’amitié avec Sébastien.

Les différentes parties du roman se présentent sous forme d’un compte à rebours allant de 1095 jours avant explosion à Explosion. Un sinistre décompte qui laisse présager le pire. Un pire qui va commencer à prendre forme dans l’esprit de Sébastien jusqu’à planifier son ultime action dans les moindres détails.

La grande force du roman est de s’intéresser à l’épouse (Claire) et à la fille (Virginie) de Sébastien, on voit le fossé se creuser inexorablement à grand renfort de non-dits. Le traitement des personnages est un sans-faute qui participe grandement à la réussite du bouquin.

Un récit souvent dur, mais toujours empli d’humanité ; un thriller psychologique totalement maîtrisé qui est aussi un magnifique hommage à nos soldats.

PS : je suis très en retard dans la rédaction et la mise en ligne de ce post, comme beaucoup – j’aimerai dire tout le monde, mais malheureusement pour certains la fin de l’année n’a pas forcément un air de fête –, j’ai été quelque peu occupé avec les préparatifs de Noël.

MON VERDICT

Coup double