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Archives d’Auteur: Lord Arsenik

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Noumea - Nelle-Calédonie

[BOUQUINS] Ben H. Winters – Dernier Meurtre Avant La Fin Du Monde

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B. H. Winters - Dernier meurtre avant la fin du monde

Titre : Dernier Meurtre Avant La Fin Du Monde
Auteur : Ben H. Winters
Editeur : Super 8
Parution : 2015
Origine : USA
352 pages

De quoi ça cause ?

Cette fois ça y est, la fin du monde est annoncée de façon certaine. Dans six mois, un astéroïde géocroiseur entrera en collision avec la Terre et devrait signer la fin de l’humanité. Mais il en faut plus pour décourager le jeune inspecteur, Hank Palace, de mener son enquête. Même si tout semble plaider pour le suicide, il est convaincu que Peter Zell a été victime d’un meurtre, et il entend bien le prouver…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait un bail qu’il traîne dans mon Stock à Lire Numérique… Bon OK je reconnais volontiers qu’il n’est pas le seul dans ce cas de figure.
Parce que c’est Super 8 et que cet éditeur ne m’a jamais déçu. OK, OK, j’ai plein d’autres titres de Super 8 à lire… Et encore davantage de titres d’autres éditeurs et/ou auteur avec lesquels je suis certain de passer un très bon moment de lecture.
Parce qu’il est l’heureux élu d’un certain Book Club mal famé que je fréquente et dont on ne doit pas parler. Certes il a été désigné au titre du mois de juillet, et alors ?

Ma chronique

Un polar pour le moins atypique du fait de son contexte pré-apocalyptique… mais pas le genre apocalypse annoncé par un pseudo styliste / parfumeur bidon ou par une présumée prophétie que chacun peut interpréter à sa guise. Non ici c’est l’Apocalypse avec un grand A, le truc scientifiquement possible (même si peu probable) si le genre humain n’a pas foutu en l’air la planète avant à force de conneries.

Dans ce contexte les réactions varient, il y a ceux qui continuent à vivre leur vie en attendant la fin, ceux qui envoient tout balader pour vivre à fond leurs délires plus ou moins légaux et ceux qui préfèrent mettre fin à leurs jours. C’est ainsi que la paisible bourgade de Concord, New Hampshire, a hérité du label peu enviable, mais hautement mérité de « Ville des pendus ».

Sauf que notre héros, Henry « Hank » Palace, jeune inspecteur nouvellement promu afin de pallier la fuite des effectifs, serait plutôt à classer dans la première catégorie, fin du monde ou pas, il a une enquête à mener et compte bien le faire aussi consciencieusement que possible. Et tant pis s’il doit être seul contre tous à remettre en cause la thèse du suicide.

Si Hank Palace n’est ni un super flic infaillible, ni un fin limier, il n’en pas moins obstiné, professionnel et tenace… à tel point que par moment on se demande si notre brave gars est réellement sur une piste criminelle ou s’il se laisse bouffer par son obsession pour cette affaire. N’empêche qu’il ne laisse aucune piste au hasard, tout comme il n’hésite pas à remettre en question ses déductions précédentes quand un nouvel élément apparaît.

Le récit est écrit à la première personne histoire de nous mettre en totale immersion dans le fil (parfois décousu) des pensées de notre cher inspecteur Palace. C’est aussi une façon de nous rendre le personnage plus sympathique, même quand il pédale dans la choucroute !

Si vous cherchez un polar mené tambour battant qui vous foutra les nerfs en pelote, passez votre chemin ! Certes on est bien en présence d’une enquête policière, mais Hank Palace n’est du genre à foncer tête baissée. Il prend au contraire son temps, d’autant qu’il doit convaincre ses collègues, le procureur et la légiste qu’il tient quelque chose de solide.

Plus que l’intrigue à proprement parler, c’est l’ambiance qui donne au roman un certain cachet, une réelle touche d’originalité qui permet au bouquin de s’extraire de la masse des romans policiers plus classiques. Chez moi la sauce a pris rapidement et mon intérêt n’est jamais retombé, je suis même d’ores et déjà assuré de lire les deux romans qui bouclent cette trilogie.

Si chacun des trois tomes se concentre sur une enquête indépendante, la question de les lire dans l’ordre ou pas me paraît totalement superflue tant la réponse est dans le contexte. Chaque tome nous rapproche de l’instant T, la rencontre explosive entre l’astéroïde et notre chère Terre ; forcément plus ce funeste rendez-vous sera imminent, plus le chaos sera de rigueur.

MON VERDICT

 
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Publié par le 16 août 2017 dans Bouquins

 

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[BRD] Les Gardiens De La Galaxie : Vol. 2

A L’AFFICHE DU JOUR

Les Gardiens De La Galaxie 2

Les Gardiens De La Galaxie : vol. 2
Réalisation : James Gunn
Production : Marvel Studios
Distribution : The Walt Disney Company
Origine : USA (2017)
Durée : 2h16

Le pitch

Alors que les Gardiens de la Galaxie sont félicités par les Souverains après l’élimination d’une créature qui menaçait leur monde ; Rocket ne peut s’empêcher de voler de précieuses et puissantes batteries avant de quitter la planète. Leur vaisseau est rapidement pris en chasse par la flotte souveraine, la situation des Gardiens semble sans espoir jusqu’à ce que la flotte ennemie ne soit détruite par un vaisseau inconnu… Leur sauveur s’avère être Ego (Kurt Russell), qui affirme être le véritable père de Star-Lord.

Ma chronique

Outre l’équipe des Gardiens, composée de Star-Lord (Chris Pratt), Gamora (Zoe Saldana), Drax (Dave Bautista), Rocket (la voix de Bradley Cooper en VO) et Baby Groot (la voix de Vin Diesel en VO), on retrouve d’autres têtes croisées dans le précédent volet, tel que Yondu (Michael Rooker) et ses Ravageurs, mais aussi Nebula (Karen Gillan), la soeur de Gamora et fille de Thanos. Tous deux ayant des comptes à régler avec les Gardiens…

Bien entendu ce second volet apporte aussi son lot de nouveaux venus, à commencer par Ego, mais aussi la Prêtresse Ayesha (Elizabeth Debicki) qui règne sur les Souverains, Mantis (Pom Klementieff), fidèle servante d’Ego ou encore Stakar Ogord (Sylvester Stallone), fondateur des premiers Gardiens avec Yondu et d’autres.

A mon goût la plus belle des réussites au niveau des nouveautés, reste le monde créé par Ego. Des décors délicieusement kitsch et colorés, limite psychédélique, qui collent parfaitement à la musique des eighties qu’écoutent en boucle Star-Lord et son mystérieux père.

De l’aveu même de l’équipe du film, ce second volet entend miser davantage sur les relations entre les personnages, que ce soit au sein de l’équipe des Gardiens (le comportement imprévisible, pour ne pas dire irrationnel, de Rocket n’est pas toujours au goût de ses compagnons), ou de façon plus intime (outre la rencontre entre Star-Lord et son père, d’autres relations fortes seront mises en avant).

Il n’en reste pas moins que le film ne manque pas de rythme, l’intrigue tient la route, les scènes d’actions sont visuellement bluffantes et surtout on retrouve, pour notre plus grand plaisir, le même ton décalé que dans le premier film.

J’espère que la rencontre programmée entre les Gardiens de la Galaxie et les Avengers (à l’affiche d’Avengers : Infinity War, programmé en deux parties en 2018 et 2019) conservera cet aspect décalé. A ce niveau les traditionnelles séquences post-génériques ne nous apprennent pas grand-chose…

♥♥♥♥♥

 
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Publié par le 15 août 2017 dans DVD / BRD

 

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[BOUQUINS] Justin Cronin – La Cité Des Miroirs

AU MENU DU JOUR

J. Cronin - La Cité des Miroirs
Titre : La Cité Des Miroirs
Auteur : Justin Cronin
Editeur : Robert Laffont
Parution : 2017
Origine : USA (2016)
816 pages

De quoi ça cause ?

Les Douze et leurs multitudes ont été vaincus, l’humanité peut commencer à se reconstruire. Mais le prix à payer a été fort, le sacrifice d’Amy ne fait aucun doute pour les survivants. Mais la menace virule n’est pas complètement éradiquée, dans l’ombre de sa tanière, le Zéro attend son heure. L’heure de se venger du genre humain…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la suite et fin de la trilogie Le Passage. Trilogie que de nombreux adeptes de la littérature post apocalyptique mettent sur le même piédestal que Le Fléau de Stephen King ! Excusez du peu…
Pour ceux qui, comme moi, ont lu les précédents tomes au moment de leur parution (respectivement en 2011 et 2013), il aura fallu patienter 4 ans avant de découvrir la conclusion de la saga.

Ma chronique

Quatre ans c’est long. C’est aussi beaucoup de bouquins lus et chroniqués, largement de quoi oublier des pans entiers de l’histoire. Justin Cronin a le bon goût de commencer son roman par un prologue qui nous rappelle les grandes lignes de l’intrigue développée dans les deux précédents romans.

Difficile toutefois de reprocher cette longue attente à Justin Cronin quand on sait que, quelques semaines avant son cinquantième anniversaire, il a appris qu’il avait un cancer. Forcément l’écriture est passée en second plan, l’auteur préférant mobiliser ses forces pour lutter contre la maladie… et vaincre ce foutu cancer !

L’histoire commence trois ans après l’anéantissement des Douze, trois années sans attaque de viruls. On retrouve des personnages connus dans des situations nouvelles. Justin Cronin prend son temps pour poser les éléments de son intrigue. C’est calme, très calme… mais jamais ennuyeux. Le calme avant la tempête ?

Tempête plus ou moins annoncée à la fin de la première partie. Mais il faudra patienter, car la seconde partie nous fait faire un bond en arrière, dans le monde d’avant V. Timothy Flanning, plus connu comme étant le Zéro, nous raconte son histoire. On pourrait alors craindre quelques longueurs, mais il n’en est rien, l’apport d’une dimension humaine à l’ennemi de l’humanité est un vrai plus.

Puis la troisième partie nous transporte 20 ans après les événements décrits dans la première partie. Les personnages ont vieilli, mais sont toujours alertes, d’autant que la relève est assurée par leurs enfants devenus adultes. C’est là que les choses sérieuses vont pouvoir commencer…

L’auteur prend son temps pour planter le décor, tout comme le Zéro a pris le sien pour placer ses pièces sur l’échiquier afin d’optimiser ses chances de remporter cette ultime partie. Quand la tempête annoncée se déchaîne, c’est avec une brutalité implacable et mortelle qu’elle s’abat sur la nouvelle république du Texas. A partir de cet instant, Justin Cronin ne vous lâchera plus, et vous aurez bien du mal à lâcher son roman. Attendez vous à de brusques poussées d’adrénaline…

C’est volontairement que je n’en dirai pas davantage sur les personnages et l’intrigue, il serait vraiment dommage de vous priver du plaisir de la découverte.
On espérait du lourd pour clore cette trilogie, un final en apothéose. Et c’est exactement ce que Justin Cronin nous offre, un bouquet final magistral, brillant, efficace, percutant… les superlatifs me manquent pour exprimer mon enthousiasme.

Avec Le Passage et Les Douze on savait d’ores et déjà que cette trilogie pourrait rivaliser avec les plus grands de la littérature post apocalyptique, La Cité Des Miroirs le confirme et la place même sur les plus hautes marches du podium. Outre Le Fléau du King, je citerai aussi la trilogie La Lignée de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan, juste pour vous situer le niveau. Un must read pour tous les amateurs du genre… et les autres aussi !

Et dire que tout est parti d’une demande de la fille de l’auteur, il y a dix ans de ça, elle voulait simplement que son père écrive l’histoire « d’une fille qui sauve le monde« . Et bin voilà qui est chose faite, avec pas loin de 3000 pages au compteur la gamine a quelques nuits blanches à prévoir…

MON VERDICT

 
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Publié par le 10 août 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sonja Delzongle – Récidive

AU MENU DU JOUR

S. Delzongle - Récidive

Titre : Récidive
Auteur : Sonja Delzongle
Editeur : Editions de l’Epée
Parution : 2017
Origine : France
416 pages

De quoi ça cause ?

Hanah Baxter ne supporte pas l’idée que son père, l’assassin de sa mère, ait pu être libéré après 25 années de détention. Non seulement l’idée la révolte, mais elle craint aussi la vengeance de son géniteur, quand le verdict est tombé son père, Erwan Kardec, a promis de la traquer et de la tuer.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour le plaisir de retrouver Hanah Baxter, une profileuse hors-norme, mais d’une redoutable efficacité.
J’ai assisté à sa première apparition dans Dust, sous le soleil écrasant du Kenya, l’auteure m’avait alors impressionné par sa maîtrise et j’avais tout de suite accroché au personnage d’Hanah. Puis il y eut Quand La Neige Danse et les paysages hivernaux de l’Illinois ; incontestablement l’essai a été transformé ! Quel que soit le climat, je suis emballé…

Ma chronique

C’est toujours un plaisir de retrouver un personnage auquel on s’est attaché au fil des romans. Hanah Baxter est de ceux-là, il me tardait d’assister ENFIN à la confrontation annoncée entre elle et son père. Si dans le roman précédent Hanah était un peu en retrait, cette fois elle est bel et bien au centre du récit et de l’intrigue (voire même des intrigues).

Une intrigue qui exigera de nombreux aller-retour entre New York et Saint Malo et vous proposera une narration selon trois axes. Le principal étant celui d’Hanah qui enquête depuis New York sur les circonstances d’un naufrage survenu dans la baie de Saint Malo durant l’hiver 1905. Naufrage dont elle est encore loin de se douter des conséquences et implications sur son passé mouvementé.

Le second axe vous permettra de suivre Erwan Kardec, dont le séjour en prison n’a en rien apaisé la haine qu’il nourrit pour sa fille. Plus que jamais déterminé à la retrouver et à l’attirer jusqu’à lui, quitte à semer la mort sur son passage. Une mort qui le ronge lentement mais sûrement de l’intérieur, pas question toutefois de mourir avant de s’être vengé.

Enfin l’auteure nous invite à suivre l’enquête de gendarmerie sur les meurtres qui secouent la paisible cité bretonne. Particulièrement via le lieutenant Yann Maurice qui dirige la Brigade de Recherches (BR) de Saint Malo et cache, lui aussi, un lourd secret.

Plus que jamais les relations entre les personnages sont au coeur de l’intrigue. Avec, en premier lieu, la relation père fille, plus que tumultueuse qui lie Hanah à son meurtrier de père. Mais aussi les relations d’Hanah avec les figures de son passé et même ses relations présentes (elle est en pleine phase de remise en question).

Puisqu’on est dans le relationnel, restons ici et penchons-nous sur le cas Yann Maurice. Jeune flic brillant contraint de cacher son homosexualité à ses hommes, mais aussi et surtout à son propre père (eh oui, encore des relations familiales tendues).

Avec tout ça Sonja Delzongle nous offre un thriller psychologique rondement mené et n’hésite pas à malmener Hanah. Il faut dire que la confrontation avec son paternel lui réservera de sacrées surprises quant à son propre passé. Comme Hanah j’ai pris la révélation en pleine poire, je n’avais rien vu venir.

L’auteure ne laisse rien au hasard, perfectionniste et marionnettiste, elle nous promène dans son roman (une promenade qui n’est pas toujours de tout repos), n’hésitant pas à nous entraîner sur de fausses pistes (avec de vraies surprises), mais au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue les différentes pièces du puzzle s’imbriquent entre elles de façon cohérente et convaincante.

Un thriller qui n’en est pas vraiment un (l’enquête policière sur les meurtres de Saint Malo tendrait presque à passer en second plan), mais profondément humain qui confirme l’immense talent de Sonja Delzongle. En refermant le roman, on a la sensation que la boucle est bouclée pour Hanah, du coup c’est avec une légère appréhension que l’on se demande : et maintenant ? C’est qu’on n’a pas envie de la laisser filer notre Hanah, comme bon nombre de lecteurs, j’ai bon espoir de la croiser à nouveau…

En attendant, si ce n’est déjà fait, je vous invite vivement à découvrir cette trilogie (pour le moment) ; lire les bouquins dans l’ordre ne s’impose pas vraiment, chaque intrigue étant indépendante, mais je ne saurais que trop vous recommander de le faire ; comme toujours en présence d’un personnage récurrent, c’est un vrai plus de pouvoir suivre son évolution.

MON VERDICT

 
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Publié par le 1 août 2017 dans Bouquins

 

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Victor Hugo – Sur une barricade (1873)

Sur une barricade, au milieu des pavés
Souillés d’un sang coupable et d’un sang pur lavés,
Un enfant de douze ans est pris avec des hommes.
– Es-tu de ceux-là, toi ! – L’enfant dit : Nous en sommes.
– C’est bon, dit l’officier, on va te fusiller.
Attends ton tour. – L’enfant voit des éclairs briller,
Et tous ses compagnons tomber sous la muraille.
Il dit à l’officier: Permettez-vous que j’aille
Rapporter cette montre à ma mère chez nous ?
– Tu veux t’enfuir ? – Je vais revenir. – Ces voyous
Ont peur ! Où loges-tu ? – Là, près de la fontaine.
Et je vais revenir, monsieur le capitaine. – Va-t’en, drôle! –
L’enfant s’en va. – Piège grossier !
Et les soldats riaient avec leur officier,
Et les mourants mêlaient à ce rire leur râle
Mais le rire cessa, car soudain l’enfant pâle,
Brusquement reparu, fier comme Viala,
Vint s’adosser au mur et leur dit: Me voilà.

Un poème étudié en cours de français puis oublié. J’avais retenu le contexte (et surtout la fin) mais perdu le nom et l’auteur.
Quand j’ai voulu le retrouver, pas moyen de remettre la main dessus… et aujourd’hui je tombe dessus par le plus grand des hasards.

 
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Publié par le 29 juillet 2017 dans Coups de coeur

 

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[BOUQUINS] David Morrell – Premier Sang

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Titre : Premier Sang
Auteur : David Morrell
Editeur : Gallmeister
Parution : 2013
Origine : USA (1972)
308 pages

De quoi ça cause ?

Rambo est un jeune vétéran de la guerre du Vietnam, un héros de guerre. Et pourtant quand il s’arrête dans la ville de Madison (Kentucky), le chef de la police, Wilfred Teasle, ne voit que son allure de vagabond et le conduit manu militari à la sortie de la ville. Mais Rambo revient sur ses pas, marre qu’on le traite comme un moins que rien ; si les flics veulent l’emmerder, alors ils devront se préparer à l’affronter…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Rambo ! Le seul, l’unique…
Le film de Ted Kotcheff (sorti 1982) m’avait donné envie de découvrir le roman, il m’aura fallu patienter pas loin de 35 ans avant que l’occasion se présente enfin ; je n’allais certainement pas laisser passer le coche !

Ma chronique

C’est Belfond qui publiera la première traduction française du roman de David Morrell en 1983, trente ans plus tard Gallmeister prend le relais en proposant une traduction totalement révisée et actualisée.

Qui aujourd’hui ne connaît pas John Rambo ? Le cinéma en a fait une icône sous les traits de Sylvester Stallone (entre 1982 et 2008, quatre films mettront en scène les aventures de Rambo). Mais qui connaît véritablement Rambo (le prénom n’est jamais mentionné dans le roman), le personnage imaginé par David Morrell ?

Déjà en voyant le film (et d’autres films sur la guerre du Vietnam) j’avais été choqué par l’accueil réservé aux vétérans. Je ne me prononcerai pas sur la justification ou non du conflit à proprement parler, mais ces gars se sont battus au nom de leur pays, ils ont vécu un véritable enfer et bon nombre sont morts là-bas. La moindre des choses serait d’avoir un minimum de respect et de reconnaissance pour ce qu’ils sont : des soldats certes, mais aussi des hommes dont la plupart n’avaient pas idée du merdier dans lequel ils foutaient les pieds.

Dès les premières pages, j’ai été pris du même sentiment d’injustice, du coup mon empathie est allée directement vers le personnage de Rambo. S’il se montre plus vindicatif et impitoyable que dans le film (conformément à son entraînement, il frappe pour tuer), il est aussi (même si cela peut paraître paradoxal) plus humain, se livrant à de longues introspections, parfois sûr d’être dans son bon droit, mais pas forcément d’avoir fait le bon choix et loin d’être indestructible.

Si dans le film Teasle apparaît comme un plouc relativement basique, le roman lui rend davantage justice. En lui donnant voie au chapitre, en alternance avec Rambo, l’auteur permet au lecteur de mieux appréhender le personnage et ses motivations (pendant toute la première partie de la traque, qui verra de nombreux policiers mourir, il ignore à qu’il a à faire à un héros de guerre que l’armée a formé pour survivre et tuer). Non seulement cela pousse le lecteur à comprendre Teasle, mais ça fait surtout barrage à tout manichéisme (ni lui ni Rambo ne sont exempts de torts).

Rapidement la confrontation entre Rambo et le chef Teasle (lui-même vétéran de la guerre de Corée) va prendre une tournure personnelle, un duel à mort va s’engager entre les deux hommes. Deux hommes qui vont finir par se haïr sans toutefois pouvoir s’empêcher d’éprouver un réel respect l’un pour l’autre.

Je craignais que l’écriture ait pris un coup de vieux, mais, et je suppose que la nouvelle traduction y est pour beaucoup, il n’en est rien. Le récit vibre d’une rare intensité de la première à la dernière page. Pour un premier roman, on peut dire que l’auteur a placé la barre haut, très haut… du coup ça me donne envie de me pencher sur son travail.

Vous l’aurez compris, je vous encourage vivement à découvrir ce Premier Sang, surtout si vous avez vu le film. N’allez surtout pas croire que c’est juste un récit bourrin où on se flingue à tout va ; c’est violent, c’est noir, mais il y a aussi une réelle dimension humaine tout au long du roman.

Le roman est complété par un article écrit par David Morrell en 2000, Rambo et moi, un court essai dans lequel il nous explique comment est né le projet et quelles furent ses répercussions, non seulement pour lui-même, mais aussi pour tout un pan de la société américaine. Bien entendu il évoque aussi les adaptations cinématographiques autour de son personnage.

Pour ma part j’estime que le film de Ted Kotcheff est une réussite, certes moins sombre et plus optimiste que le roman (le but avoué étant bien entendu de cartonner au box-office) mais qui toutefois a préservé une réelle intensité dramatique.

Les suites, de par leur contexte, prennent une dimension plus politique et misent à fond sur l’action. A prendre pour ce qu’elles sont… Pour l’anecdote, David Morrell, a participé à la novélisation des films Rambo 2 et Rambo 3, de son propre aveu afin d’en enrichir le scénario.

MON VERDICT
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Publié par le 26 juillet 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Pierre Gaulon – La Brûlure Des Anges

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P. Gaulon - La brûlure des anges

Titre : La Brûlure Des Anges
Auteur : Pierre Gaulon
Editeur : Fleur Sauvage
Parution : 2017
Origine : France
237 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’elle rentre d’une soirée, Louise est agressée par trois individus qui tentent de la violer. Un inconnu neutralise ses agresseurs et disparaît aussi vite qu’il est arrivé. La jeune femme n’aura de cesse de retrouver son mystérieux ange gardien. C’est alors qu’elle est contactée par Quentin, un jeune journaliste au chômage, qui est lui aussi sur la piste de son sauveteur…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

L’éditeur : Fleur Sauvage
J’ai décidé de me pencher sérieusement sur le catalogue de ce modeste éditeur qui, jusqu’à ce jour, ne m’a réservé que de belles découvertes.

La couv’ : j’ai été intrigué par cette paire d’ailes rafistolées.
Associée au titre et au pitch, on obtient le trio gagnant pour achever de me convaincre de tenter l’aventure.

Ma chronique

Une fois de plus j’ai été bluffé par la ligne éditoriale de Fleur Sauvage, le roman de Pierre Gaulon s’inscrit dans la continuité des titres que j’ai déjà eu l’occasion de lire. Un thriller noir avec un soupçon (vraiment à minima) de fantastique servi par une intrigue maîtrisée du début à la fin.

L’intrigue tourne bien entendu autour de l’enquête de Louise et Quentin pour identifier et retrouver le fameux ange-gardien (même si Quentin ne partage pas forcément la même vision idyllique sur le personnage). Les deux jeunes l’ignorent encore, mais l’histoire ne démarre pas avec l’agression de Louise, il faut remonter vingt ans plus tôt (en 1996), pour en découvrir l’origine (au fil des chapitres, des flashbacks lèvent progressivement le voile du passé).

Pierre Gaulon saura vous faire douter, remettre en question vos certitudes avant de retourner complètement la situation. Vous comprendrez aisément que je ne souhaite pas m’étendre sur la question, je dirai juste que je n’ai rien vu venir.
L’auteur parvient aussi à insuffler une réelle personnalité à ses personnages, il nous plonge dans leur peau et nous fait vivre leurs émotions et leur ressenti. Il faut dire que Louise et Quentin ont des caractères plutôt affirmés, l’une marquée par sa récente agression, l’autre encore hanté par un lourd passif.

Concernant le mystérieux ange-gardien, j’avoue que j’ai rapidement fait le rapprochement entre les événements de 1996 et ceux de 2016. De fait j’ai fortement soupçonné son identité assez rapidement. Ce qui ne m’a en rien gâché le plaisir de la lecture, et surtout ne m’a pas épargné la surprise du twist final.

Un bémol ? Grrr, la fin ne rétablit pas la vérité… il n’y a qu’un personnage qui la connaisse et il/elle ne peut rien dire sans se compromettre. Mais bon c’est aussi une triste réalité dans la vraie vie, la vérité ne triomphe pas toujours face aux certitudes de la police et des médias…

MON VERDICT

Aparté technique

Si Fleur Sauvage joue pleinement le jeu du numérique force est de constater que techniquement parlant il y a encore des progrès à faire… Mais comme le dit fort justement le proverbe : c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Aussi j’essaie de faire dans la critique constructive.

Voici quelques défauts repérés :

Présence de lignes vides en fin de chapitre, parfois c’est juste une ou deux lignes, mais d’autres fois on se retrouve avec plusieurs dizaines de lignes vides.

Multiplication de styles redondants ou très semblables, après un nettoyage rapide la feuille de style CSS (et du code) compte encore 195 lignes (elle en comptait 775 à l’origine). Et encore, je suis sûr que l’on peut creuser et optimiser davantage la feuille de style.

Certes ça passe quasiment inaperçu pour la plupart des lecteurs, mais ça alourdit inutilement le code. Et puis il y a toujours des maniaques qui vont mettre le nez là où ils n’ont rien à y faire…

Autre coquille récurrente : il reste des mots coupés dans le texte (ex : complète-ment au lieu de complètement).

 
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Publié par le 24 juillet 2017 dans Bouquins

 

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