[BOUQUINS] Hervé Commère – Les Intrépides

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Titre : Les Intrépides
Auteur : Hervé Commère
Éditeur : Fleuve Éditions
Parution : 2022
Origine : France
333 pages

De quoi ça cause ?

La vie des locataires d’un modeste immeuble de quatre appartements est chamboulée quand ils apprennent que l’immeuble est mis en vente et qu’ils vont devoir déménager.

Ils vont tout mettre en œuvre pour empêcher cette vente, mais pour espère arriver à leurs fins ils vont devoir apprendre à se connaître et à faire front commun… et accessoirement compter sur un coup de pouce du hasard.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Hervé Commère et qu’il a eu l’audace de s’écarter diamétralement de son genre de prédilection : le roman noir.

Ma Chronique

Je remercie Fleuve Éditions et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

C’est le cinquième roman de Hervé Commère que je lis et le moins que l’on puisse c’est qu’avec ses intrépides l’auteur sort de sa zone de confort. Exit le roman noir – qu’il a décliné sous diverses formes avec brio – avec un virage à 180° puisque le présent roman pourrait aisément s’apparenter à une littérature feel good.

On va donc faire la connaissance des locataires d’un modeste immeuble de quatre appartements. Des gens qui se croisent sans vraiment se connaître, chacun vaquant à ses propres occupations.

Dans l’ordre d’apparition nous croiserons Raoul, chauffeur de taxi – qui fera aussi de temps en temps office de narrateur –, et son épouse Valérie ; un couple qui vit ensemble mais ne partage plus grand chose. Bastien, un jeune commercial ambitieux obnubilé par sa carrière et sa réussite sociale, il partage son appartement avec sa discrète compagne. Suzanne une pétillante veuve qui passe beaucoup de temps avec une étudiante des Beaux-Arts, Melody. Enfin il y a le très discret – pour ne pas dire secret – Dave Missouri.

C’est la menace de la vente de « leur » immeuble qui va les rapprocher, vente qui sera logiquement suivie de la résiliation des baux locatifs et de la probable destruction de l’immeuble pour faire place à quelque chose de plus moderne (donc plus impersonnel et plus rentable).

Si tous ont la même envie de préserver leur logement actuel, les motivations des uns et des autres ne sont pas les mêmes. Pas facile dans ces conditions de faire front commun pour tenter d’enrayer l’impitoyable mécanique qui s’est mise en branle.

Ajoutez au tableau une richissime épouse acariâtre et deux frères milliardaires aux personnalités diamétralement opposées. Secouez le tout et vous obtiendrez un cocktail aussi (d)étonnant que divertissant.

Si les péripéties qui attendent nos chers voisins ne sont pas forcément des plus crédibles, elles permettent néanmoins de passer un bon moment sans trop se creuser les neurones tout en se musclant les zygomatiques.

Si Hervé Commère renonce (pour un temps ? pour toujours ?) au noir, il concentre toujours son intrigue sur l’humain et les relations humaines. Présentement c’est une façon ludique de prouver que l’on est plus fort à plusieurs que tout seul, de placer le collectif au-dessus de l’individualisme.

Le fond n’est pas forcément le plus original qui soit mais sur la forme c’est une totale réussite, le verbe et le style de l’auteur font mouche. Il nous fait découvrir progressivement les personnalités de ses personnages, eux-mêmes vont sans doute se découvrir des qualités insoupçonnées et / ou se remettre en question au cours de cette expérience partagée.

Un pari audacieux relevé haut la main, une belle aventure humaine garantie sans mièvrerie, ni guimauve. Vous pouvez y aller gaiement et consommer sans modération, aucun risque d’indigestion !

Je ne sais pas ce qu’il en est de vous mais pour ma part j’entretiens des relations de voisinages cordiales sans plus. On se salue, on échange quelques banalités à l’occasion et puis basta, chacun reprend le fil de son quotidien. Je n’ai rien contre mes voisins, au contraire, ils sont plutôt sympathiques, c’est juste moi qui demeure viscéralement asocial.

MON VERDICT

18 réflexions au sujet de « [BOUQUINS] Hervé Commère – Les Intrépides »

      1. J’adorais le soir écouter Pierre Bellemare raconter dans le détail les affaires criminelles qu’il avait sélectionné… ouaip, ça me rajeunit pas ce genre de souvenir !!!

      2. J’adorais l’écouter à la radio aussi, même si ses intonations étaient toujours les mêmes et qu’à la fin, j’entendais Laurent Gerra à la place 😆

      3. S’endormir en écoutant comment Géraldine a égorgé son mari avant de le découper au couteau à beurre et de le donner à manger à ses chats… un sommeil apaisé assuré 😀

      4. Va savoir. J’ai gardé une histoire particulièrement tordue en tête, une nana tuait son mari à petit feu en lui ayant planté une graine de ricin dans le bas du dos. La graine germait et prospérait en infligeant une douleur permanente de plus en plus insupportable au pauvre gars.

      5. Plus compliqué que ma méthode découverte dans un Hitchcock : engraisser le mari, qui aime manger, et lui donner à bouffer tout ce qu’il aime mais qui est trèèèès mauvais pour la santé 😆

        Comment la nana avait-elle planté la graine ??

      6. Ca me va de mourir à coup de foie gras et de chocolat 😀

        Je ne sais plus comment la graine était implantée… elle a dû profiter du sommeil (profond) de monsieur. J’ai bien une idée de plan B mais c’est dégueu et biologiquement impossible 🙂

      7. Peu de risques, pas envie de me prendre un râteau… Je viens de la campagne, je connais les mille et une façons de se débarrasser d’un corps… 🙂 Pour certains, je pencherais pour les poches à purin !!

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