[BOUQUINS] Claire Bauchart – Le Manuscrit MS620

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Titre : Le Manuscrit MS620
Auteur : Claire Bauchart
Éditeur : Filature(s)
Parution : 2022
Origine : France
205 pages

De quoi ça cause ?

1920. Herta Mertil, militante féministe et auteure au succès d’estime, purge sa peine au bagne de l’Île des Pins. Quelques jours avant de rendre son dernier souffle, elle achève son ultime texte : un manuscrit codé.

1980. Nouméa. Suzanne, la petite-fille d’Herta s’est fait la promesse de décrypter le texte de son aïeule avant sa mort. Le temps presse car un « cancer à un stade avancé », la bouffe de l’intérieur.

2011. Washington DC. Hortense, une brillante étudiante passionnée de mystères et de criminologie (tout particulièrement les cold case), cherche, elle aussi, à décoder ce mystérieux manuscrit.

2019. Singapour. Bérénice, experte en cybersécurité et en cryptologie se voit confier par son employeur la mission de décrypter le manuscrit pour le compte d’un client. Une tâche qu’elle prend comme un affront visant surtout à l’écarter d’un projet qui lui tenait particulièrement à cœur.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

À votre avis ? Il est question de l’île des Pins et de Nouméa… c’est fait pour moi ! Au-delà de tout chauvinisme déplacé, j’aime bien ces histoires de codes secrets et de symboles à déchiffrer.

Ma Chronique

Quand je pense codes et symboles à décrypter c’est l’auteur Dan Brown et son personnage de Robert Langdon qui me viennent immédiatement à l’esprit. D’entrée de jeu je tiens à préciser que si l’intrigue du présent roman n’est pas aussi dense et complexe que celles imaginées par Dan Brown, Claire Bauchart tire toutefois bien son épingle du jeu en nous livrant un bouquin bien ficelé et très agréable à lire (pas besoin de sortir les Doliprane, tout est parfaitement et clairement expliqué).

Une intrigue chorale à trois voix (un peu plus en réalité) qui vous fera voyager de l’île des Pins à Paris, en passant par Washington et Singapour. Le fil rouge étant ce fameux manuscrit et son code qui pourrait bien lever le voile sur les circonstances du crime d’Herta Mertil. Mais vous verrez que ce n’est pas le seul fil rouge permettant de lier les époques.

Au niveau des personnages (dans l’ordre antéchronologique) j’ai bien aimé les acteurs de 2019, et tout particulièrement Bérénice. J’ai eu plus de mal avec Hortense (2011) qui, aussi brillante soit-elle, apparait bien souvent comme imbue d’elle-même et prétentieuse. Impossible de ne pas s’attacher à Suzanne (1980), un peu plus de mal au départ avec son fils (Émile) et sa belle-fille (Rachel), mais ils remonteront rapidement dans mon estime.

On se laisse bien volontiers porter par l’intrigue même si, pour ma part, j’ai assez vite compris le secret de Herta Mertil. Pour le reste on se prend au jeu et on échafaude des hypothèses au fil des chapitres.

J’avoue que j’ai été vachement surpris que le terme nyctaginaceae, qui constituerait la clé d’une partie du code ait donné autant de fil à retordre à Hortense et Bérénice (respectivement en 2011 et 2019). Une simple recherche Google suffisait à répondre à la question (c’est la première chose que j’ai faite quand ce mot est apparu dans le bouquin).

Concernant le décryptage des symboles j’avais bien envisagé que chaque figure devait représenter une lettre mais j’avoue très honnêtement ne pas avoir poussé plus loin ma recherche… je ne l’aurai pas fait même en ayant l’intégralité du texte sous le nez, c’est bien trop fastidieux. En revanche Bérénice expose de façon claire et précise la méthode dans son explication.

Une intrigue attachante et captivante que vous aurez bien du mal à lâcher… rassurez-vous le bouquin est relativement court, pas de nuits blanches en perspective !

Au-delà de son intrigue, ce roman est aussi une ode aux femmes et à leurs combats, d’abord pour gagner leurs libertés (de travailler, de se marier, de voter…), puis pour davantage d’égalité, dans tous les domaines. Pour porter son message l’auteure peut compter sur ses personnages féminins qui ont un caractère bien trempé et savent ce qu’elles veulent.

Je ne connaissais pas du tout Claire Bauchart, ce bouquin m’a donné envie de plonger plus avant à la découverte de son univers littéraire, il va falloir que je me penche sur la question afin de voir si certains de ses précédents romans sont susceptibles de m’intéresser.

Un de mes petits plaisirs (sadiques) quand je lis un roman se déroulant en Nouvelle-Calédonie, et à plus forte raison écrit par un(e) auteur(e) qui n’a jamais mis les pieds sur le Caillou, est de dénicher les erreurs qui trahissent cet état de fait. Claire Bauchart n’échappera pas à cette chasse aux intrus, un jeu qui se veut bon enfant, sans la moindre arrière-pensée :
– Point de sable blanc sur la plage de l’Anse Vata, juste du sable lambda (et malheureusement de moins en moins de plage),
– Difficile de flâner en fin d’après-midi dans les allées du marché municipal, il ferme à 13 heures,
– Jamais vu de litchi de la taille d’une balle de tennis… du ping pong à la rigueur.
Comme vous pouvez le constater, il n’y a rien qui soit de nature à perturber le lecteur, c’est même plus anecdotique qu’autre chose.

MON VERDICT

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