[BOUQUINS] Didier Fossey – BAC Nuit

AU MENU DU JOUR


Titre : BAC Nuit
Auteur : Didier Fossey
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2021
Origine : France
200 pages

De quoi ça cause ?

Paris, la nuit.

Après 31 ans de police parisienne, dont 18 années à la BAC, l’auteur, désormais à la retraite, relate des histoires marquantes qu’il a vécues au cours de sa carrière. Pas de dates, juste des faits écrits à mesure qu’il se les remémorait.

Souvenirs parfois drôles, pathétiques, ou touchants, épicés de poussées d’adrénaline, celle de la peur, la vraie, qui prend aux tripes, au fond d’une cave, d’un parking ou durant une course-poursuite.

Loin des grandes enquêtes policières, vous comprendrez à travers ces récits que l’esprit de ces fonctionnaires – qui n’en portent que le titre – est différent des mauvaises intentions qu’on leur prête trop souvent.

Derrière la tenue, il y a des femmes et des hommes que l’uniforme ou le brassard ne protègent pas des émotions…

Ce livre leur rend hommage.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai beaucoup aimé les romans de Didier Fossey (surtout la série consacrée à Boris Le Guenn et son équipe). J’étais curieux de découvrir les moments passés sur le terrain en tant qu’officier de la BAC.

Parce que le Flamant Noir se fait rare… et c’est bien dommage (même si je sais que Nathalie est très occupée en ce moment).

Ma Chronique

Avant de prendre la plume, et de nous offrir notamment la série des enquêtes de Boris Le Guenn (5 tomes à ce jour), Didier Fossey a passé 31 ans dans la police, dont 18 au sein de la BAC nuit du 13e arrondissement de Paris.

Dans ce livre il revient sur cette expérience (qu’il qualifie lui-même comme étant ses « plus belles années de police ») en partageant avec nous trente-cinq anecdotes, qui sont autant d’interventions sur le terrain.

L’auteur ne s’attache pas à respecter l’ordre chronologique, d’ailleurs le plus souvent les anecdotes ne sont pas datées. Des expériences partagées qui vous permettront de mieux appréhender ce que peut être le quotidien d’un flic de terrain. Si la plupart des interventions vont plonger les équipes au cœur de l’action – parfois même les confronter à un danger mortel –, certaines seront heureusement plus légères et prêteront même à sourire.

Des expériences qui mettent aussi en avant l’importance de l’esprit d’équipe, sur le terrain chacun doit pouvoir compter sur les autres. De fait bien souvent se sont davantage que des relations de travail qui se nouent entre les co-équipiers, c’est bel et bien une amitié solide qui les unit, pour ne pas dire une fraternité.

C’est aussi l’occasion de découvrir l’envers du décor, celui que l’on ne voit pas au cinéma ou dans les séries TV, les lourdeurs administratives et la paperasse à se coltiner après chaque intervention, les restrictions budgétaires… faut bien reconnaître que ces aspects du métier n’ont pas de quoi faire rêver et sont nettement moins accrocheurs.

Les chapitres (un par intervention) sont courts, l’auteur nous épargne un jargon trop technique et la lourdeur procédurière pour aller à l’essentiel et rendre son récit plus vivant et convivial. On a presque l’impression d’être en train de siroter un apéro avec lui tandis qu’il nous raconte ses histoires.

À une époque où la haine anti-flic prend des proportions inquiétantes, souvent entretenue par de d’auto-proclamées vedettes (dédicace spéciale à la C. Jordana) ou des médias qui se veulent bien-pensants (souvent les mêmes qui en 2015 – après l’attaque contre Charlie Hebdo ou les attentats de Paris –, arboraient fièrement un tee-shirt ou une affiche proclamant « Je suis flic »), ce bouquin serait quasiment d’utilité publique afin de remettre les pendules à l’heure.

Certes il y a des fruits pourris dans la police (comme partout), mais si vous trouvez une mauvaise herbe dans votre jardin vous n’allez pas pour autant le passer au napalm. Il en va de même pour la police, la grande majorité des effectifs sont des gars (et des femmes) qui ne demandent qu’à faire leur devoir ; devoir qui implique de savoir doser prévention et répression. Surtout un devoir qui consiste à vous protéger. Alors avant d’aller manifester, de gueuler des insanités (ou pire) et d’agresser les flics qui vous font face, essayez d’y réfléchir posément.

Je ne cherche pas à tenir un quelconque discours moralisateur, je serai d’ailleurs bien mal placé pour juger au vu des séjours passés en dégrisement et quelques gardes à vue. Je ne défendrai pas non plus la police coûte que coûte (cf. ma chronique de Délivre-Nous Du Mal de Chrystel Duchamp), mais je pense – et j’espère – savoir faire la part des choses.

MON VERDICT