[BOUQUINS] Quentin Bruet-Ferréol – Dieu Est Un Voleur Qui Marche Dans la Nuit

AU MENU DU JOUR


Titre : Dieu Est Un Voleur Qui Marche Dans La Nuit
Auteur : Quentin Bruet-Ferréol
Éditeur : Bouquins
Parution : 2022
Origine : France
448 pages

De quoi ça cause ?

26 mars 1997. Par suite d’un appel anonyme, la police découvre 39 corps dans une villa de San Diego. Le verdict ne laisse aucune place au doute, il s’agit d’un suicide collectif des membres de la secte Heaven’s Gate.

Septembre 1975. Barthélemy est un jeune hippie, un peu paumé, en quête de spiritualité et de mysticisme. C’est sans grande conviction qu’il se rend à une conférence promettant aux humains d’atteindre un « niveau supérieur » via les extraterrestres. Contre toute attente il va être emballé par le discours des deux conférenciers…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est Mallock (Jean-Denis Bruet-Ferréol pour l’état civil) qui m’a proposé de découvrir les premiers pas littéraires de son fils, Quentin. Comme le pitch et l’approche façon docu-fiction me plaisaient bien je me suis lancé.

Ma Chronique

Comme l’explique Quentin Bruet-Ferréol dans sa préface, la genèse de ce roman (mais pas que…) est assez particulière :

Tout a commencé le jour où j’ai découvert un site Internet d’outre-tombe : heavensgate.com. Comment pouvait-il être encore en ligne, alors que tous les membres de la secte Heaven’s Gate s’étaient donné la mort un quart de siècle plus tôt ? Mon enquête a donc débuté ainsi : après avoir trouvé l’adresse du webmaster, je lui ai envoyé un courriel, sans grand espoir. Et pourtant.

Suivront six années d’enquête, de rencontres et d’échanges pour remonter aux sources d’Heaven’s Gate et essayer de comprendre – sans porter de jugement – le pourquoi du comment de ce suicide collectif.

L’histoire des Etats-Unis est fortement marquée par les dérives sectaires et les drames qui en ont découlés. Heaven’s Gate ne fut pas le premier exemple… et ne sera sans doute pas le dernier, malheureusement. On peut notamment citer les assassinats commis par Charles Manson et sa « famille » (1969), le suicide collectif de Jonestown organisé par Jim Jones (1978), le siège de Waco (1993)…

L’auteur aurait pu opter pour une énième approche socio-psychologique de l’affaire, mais au lieu d’endormir ses lecteurs à grand renfort de termes savants, d’hypothèses alambiquées et autres décryptages mystico-spirituels, il a opté pour le docu-fiction afin de nous plonger au cœur d’Heaven’s Gate.

Dans ce genre de récit le plus difficile est de trouver le bon équilibre entre la réalité (les faits, les témoignages…) et la fiction. Le récit s’ouvre sur la découverte de la scène de crime par la police de San Diego, le déroulé des événements est parfaitement restitué, on se croirait presque en direct devant une chaîne info (voire à la place des policiers).

Pour la suite Quentin Bruet-Ferréol nous place dans la peau d’un jeune homme un peu paumé qui va se laisser embobiner par les promesses de la secte. Un choix qui permet de suivre le quotidien des adeptes de l’intérieur et d’avoir un aperçu des « enseignements » dispensés par les gourous.

Si l’auteur a fait le choix, tout à son honneur, de rester aussi neutre que possible et de ne porter aucun jugement, je reconnais volontiers qu’en tant que lecteur j’ai eu beaucoup plus de mal à garder mes distances. Sans nier la véracité des faits (les exemples actuels sont malheureusement encore nombreux), je ne comprends pas comment on peut se faire lessiver le cerveau de la sorte (sur fond de pop culture en plus) et en redemander toujours plus.

Il est vrai que suis totalement et viscéralement hermétique à tout discours religieux et à tout ce qui tendrait à s’en rapprocher, mais même en faisant abstraction de cela, je ne peux concevoir d’être privé de mon libre arbitre et de perdre tout sens du commun… Je ne prétends pas être immunisé contre ces conneries – je n’aurai pas cette prétention –, c’est plutôt pour souligner l’habileté malsaines de ces gourous auto-proclamés à manipuler les autres jusque dans leur façon de penser (ce que Quentin Bruet-Ferréol décrypte fort bien soit dit en passant).

Le titre lui-même est un exemple de manipulation par une (très) libre interprétation d’un passage de la Bible qui dit « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit » ; qui deviendra, dans la bouche des gourous : « Dieu est un voleur qui marche dans la nuit ». De fait, étant les représentants de Dieu sur Terre, tout leur est permis… CQFD.

Il n’en reste pas moins que le présent docu-fiction est mené d’une main de maître, à défaut de comprendre les uns et les autres, on suit les étapes de leur embrigadement jusqu’à l’issue fatale de mars 1997.

Le gros travail de recherche et de documentation se retrouve dans la narration, mais est parfaitement intégré à la partie fictive de l’histoire ; finalement on parcourt ce récit presque comme on lirait un thriller dont on connaît la fin mais dont on aimerait comprendre le pourquoi du comment d’une telle conclusion. Totalement addictif et captivant du début à la fin.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Denis Zott – La Dame Blanche

AU MENU DU JOUR


Titre : La Dame Blanche
Auteur : Denis Zott
Éditeur : Hugo
Parution : 2022
Origine : France
443 pages

De quoi ça cause ?

L’affaire devait être pliée en deux temps et trois mouvements et surtout rapporter un max de thune à Johnny… de quoi prendre un nouveau départ avec sa meuf et son gosse, sous le soleil de la Thaïlande.

Et pourtant d’entrée de jeu les dés semblent pipés, comme si on voulait leur simplifier la tâche en les conduisant sans embûche jusqu’à leur cible. Le colis qu’il doive embarquer et livrer : une mystérieuse jeune femme au teint de geisha.

Alors qu’ils approchent du point de livraison, c’est l’accident. Les complices de Johnny sont tués, un gamin est grièvement blessé dans le choc avec la voiture des kidnappeurs. Et le colis a disparu.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Denis Zott et que j’avais adoré son précédent roman, Maudite.

Cerise sur le gâteau, la couv’ est sublime.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Bienvenue à Puech Begoù, charmante bourgade du Tarn où les habitants se feront un plaisir de vous accueillir avec le sourire et de partager avec vous leur bonne humeur naturelle et leurs traditions…STOOOP !!! Ça c’est la version office du tourisme, rien à voir avec le bouquin de Denis Zott.

A Puybegon (Puech Begoù en occitan), il y a d’un côté la famille Baron qui tient les rênes de la vie politique et économique du village, à sa tête, Charles Baron, l’intouchable maire de la commune. Intouchable ? Pas pour la famille Renard, ils ne craignent personne mais tout le monde les craint, ils touchent à tous les trafics pourvu que ça rapporte du fric sans faire trop d’efforts, et que ce soit illégal.

Les Renard c’est d’abord Germaine, la mère, une vieille peau acariâtre. Puis il y a les jumeaux, Damien et Martial, et surtout le benjamin, Brice, le fils prodige, tout juste sorti de taule et toujours à l’affût d’un mauvais coup. Enfin il y a Césaire, que toute la famille prend un malin plaisir à traiter – et à maltraiter – comme un esclave.

Un équilibre fragile que chacun s’efforce à maintenir en ignorant le clan adverse. La moindre étincelle pourrait mettre le feu aux poudres. Nul n’aurait pu imaginer que cette étincelle prendrait la forme d’une mystérieuse Dame Blanche, et moins encore que c’est sa disparition qui allait provoquer l’Apocalypse de Puech Begoù.

Et au milieu de ce merdier sous haute tension, Johnny Grandin, un voyou à la petite semaine, plus proche des Pieds Nickelés que d’un caïd du milieu. À l’insu de son plein gré, il sera l’allumette d’où jaillira l’étincelle.

Tout ce beau monde constitue un sympathique (?) cocktail explosif à manipuler avec beaucoup de précaution… sauf que Denis Zott va nous passer le tout au shaker, histoire que ça déménage un max.

Vous n’avez là qu’un aperçu des acteurs de l’intrigue concoctée par l’auteur. Bien d’autres intervenants viendront mettre leur grain de sel et se retrouveront embringués au cœur d’un tumulte dont personne ne semble détenir les clés.

Personne ? Sauf Denis Zott bien entendu. Et c’est là où sa narration est exceptionnelle, il nous pousse à imaginer les différentes étapes d’un scénario… avant de les démolir une à une ; jusqu’à la révélation du pot aux roses qui prendra tout le monde de court et redistribuera les cartes.

Il y aurait tant de choses à dire que c’est le genre de chronique qu’il est frustrant d’écrire. on voudrait revenir sur tel ou tel point, sur le rôle de tel ou tel personnage, mais on se contraint au silence pour ne pas risquer d’en dire trop. Franchement spoiler une telle intrigue serait vraiment une énorme maladresse (ou un gros coup de pute… tout dépend es intentions du coupable).

Les personnages sont l’aboutissement d’un véritable travail d’orfèvre, ce qui contribuera largement à entraîner – intentionnellement – le lecteur sur de mauvaises pistes (je vous donne un indice, chez les Renard, il n’y a rien ni personne à sauver… à part ce brave Césaire).

L’intrigue est menée à la perfection. J’ai commencé ce bouquin dimanche en début d’après-midi (juste pour me faire une idée, sachant que je lis peu le weekend) ; dimanche en début de soirée je l’avais terminé. Impossible de le lâcher une fois embarqué dans le tourbillon du récit, et il suffit de quelques pages pour se faire happer.

Avec Maudite Denis Zott avait déjà placé la barre haut, il franchit un palier supplémentaire avec ce nouvel opus. Verdict sans appel, carton plein assuré !

MON VERDICT

Coup double

[BOUQUINS] Isabelle Villain – De L’Or Et Des Larmes

AU MENU DU JOUR


Titre : De L’Or Et Des Larmes
Série : Groupe de Lost – Livre 5
Auteur : Isabelle Villain
Éditeur : Taurnada
Parution : 2022
Origine : France
256 pages

De quoi ça cause ?

Jean-Luc Provost, le très médiatique entraîneur de gymnastique français, meurt dans un accident de voiture. La thèse du suicide, à seulement six mois des prochains jeux Olympiques de 2024, est très vite écartée.
L’affaire, considérée comme sensible et politique, est confiée au groupe de Lost. Pourquoi vouloir assassiner un homme qui s’apprêtait à devenir un héros national ?

Rebecca et son équipe se retrouvent immergées dans un monde où athlètes et familles vivent à la limite de la rupture avec pour unique objectif l’or olympique. Ils sont prêts à tous les sacrifices pour l’obtenir.
Jusqu’au jour où le sacrifice demandé devient insurmontable…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et que cette maison d’éditions ne m’a jamais déçu… un catalogue riche en pépites !

Parce que c’est Isabelle Villain et que ça me permet de retrouver, pour la troisième fois, le Groupe de Lost au cœur de la tourmente.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

J’aime bien ces auteurs qui nous proposent de suivre l’évolution de leurs personnages à travers plusieurs romans, ça tombe bien car c’est exactement ce que fait Isabelle Villain avec « son » Groupe de Lost. C’est mon troisième rendez-vous avec Rebecca de Lost et son équipe (j’ai raté les deux premiers… mais comme ils ont été réédités par Taurnada, ils figurent dans mon Stock à Lire Numérique).

Après l’armée dans Blessures Invisibles, c’est au tour du sport de haut niveau de passer sur le grill. Il faut dire que le contexte, avec l’approche des JO 2024 à Paris, s’y prête plutôt bien. Pour son intrigue l’auteure s’est inspirée de faits réels survenus aux Etats-Unis… affirmer que ça ne pourrait pas se produire en France serait un déni un peu trop facile, plus proche de la politique de l’autruche que d’une quelconque réalité ! Il faut juste que les langues se délient et passent outre l’omerta du milieu. Une réalité qui commence à sortir de l’ombre depuis quelques années et quelques affaires très médiatisées.

Bien que la gymnastique artistique ne soit pas forcément la discipline la plus populaire auprès du grand public, on comprend rapidement que le choix d’Isabelle Villain ne doit rien au hasard. C’est en effet une discipline qui exige un engagement physique et psychique sans faille des athlètes qui vont malmener leur corps pour gagner aussi bien en force qu’en souplesse. Une discipline surtout où l’âge limite est rapidement atteint pour les sportifs. Enfin c’est aussi un sport dans lequel les athlètes français sont, depuis des années, absents des podiums.

Tout commence par un accident de la route dans lequel l’entraîneur de l’équipe olympique trouve la mort. Accident ? En fait non, il va rapidement s’avérer que le véhicule a été saboté. Mais qui avait intérêt à éliminer celui qui pouvait porter « ses » athlètes sur les plus hautes des podiums olympiques ? Un athlète évincé ? Un parent ? Un concurrent ?

C’est à toutes ces questions, et bien d’autres, que vont devoir répondre Rebecca de Lost et son groupe. Et il faut des réponses rapidement ! Sa hiérarchie lui met la pression, l’affaire est sensible et suivie de près, aussi bien par les médias que par les plus hautes autorités.

Malgré la pression Rebecca de Lost compte bien ne négliger aucune piste et ne faire aucune concession dans sa quête de la vérité. Elle est loin de se douter que l’affaire est beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît de prime abord.

Pour le plus grand plaisir des lecteurs, Isabelle Villain nous offre une intrigue riche en rebondissements avant d’entrer dans le cœur du sujet. Un sujet délicat (pour ne pas dire tabou) qui exigera des faits et des témoignages face à une suspecte qui ne laisse rien transparaître de ses émotions.

Je n’irai pas plus loin dans le déroulé de l’intrigue, certaines indications données précédemment vous ont peut-être mis la puce à l’oreille. Mais je peux pourtant vous assurer que vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé les personnages du Groupe De Lost, leur étroite complicité demeure intacte au fil des enquêtes – même si certains quittent le groupe, remplacés par de nouveaux venus –, on retrouve les problématiques humaines des uns et des autres

Une fois de plus Isabelle Villain met l’humain au cœur de son intrigue, c’est vrai non seulement au niveau du groupe d’enquêteurs, mais aussi au niveau des athlètes sélectionnés pour les Jeux de Paris qui forment un tout parfaitement solidaire et soudé (même si chacun ne perd pas de vue son objectif : un podium olympique, de préférence sur la plus haute marche).

Nul besoin d’être féru de gymnastique, ni même de sport en général (en pratique ou sur petit écran), pour se laisser porter par l’intrigue de l’auteure. Ce bouquin est un thriller bien construit et hautement addictif qui vous scotchera à votre canapé jusqu’à sa conclusion.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Bernard Werber – La Prophétie Des Abeilles

AU MENU DU JOUR


Titre : La Prophétie Des Abeilles
Auteur : Bernard Werber
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2021
Origine : France
592 pages

De quoi ça cause ?

Au cours d’une séance d’autohypnose, René Tolédano rencontre son homologue du futur. L’humanité est au bord de l’effondrement, son alter ego lui confie alors la lourde mission de changer le futur, précisant simplement que les réponses se trouvent dans un texte du XIe siècle, La Prophétie des Abeilles, écrit par le chevalier Salvin de Bienne.

Pour avancer dans sa quête, René Tolédano va devoir rencontrer celui qu’il était au XIe siècle avant de remonter la piste de cette fameuse prophétie dont personne, de nos jours, ne semble connaître l’existence…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Bernard Werber, un auteur qui ne m’a jamais déçu à travers ses écrits… même si certains m’ont moins emballé que d’autres.

Après les fourmis et les chats, ce brave Bernard Werber se penche maintenant sur le cas des abeilles. J’étais forcément curieux sous quel angle il aborderait la question.

Ma Chronique

Contrairement à une idée reçue, Albert Einstein se souciait comme de sa première branlette des abeilles ; c’est donc à tort que l’on lui attribue l’affirmation que sans les abeilles, l’humanité n’aurait que quelques années à vivre. Ce n’est toutefois pas une raison pour rejeter en bloc cette idée ; en effet, on sait aujourd’hui que la disparition des abeilles (un phénomène qui s’observe depuis quelques années, pour diverses raisons) aurait de lourdes conséquences sur l’environnement et donc sur le devenir de l’humanité.

Si le grand Albert n’avait pas grand-chose à foutre de la question des abeilles (à sa décharge, il avait d’autres chats à fouetter), Bernard Werber s’est quant à lui penché sur la question pour construire l’intrigue de son nouveau roman. Dommage qu’en guise d’exergue, l’auteur reprenne cette citation indument attribuée à Einstein…

Les lecteurs les plus assidus de Bernard Werber retrouveront le personnage de René Toledano (déjà croisé dans La Boite De Pandore), qui maîtrise désormais parfaitement les techniques d’hypnose régressive (permettant de remonter les vies passées de l’hypnotisé) et travaillant sur une hypnose prospective (idem, pour les vies futures de l’hypnotisé).

D’emblée si vous êtes totalement réfractaire à l’hypnose, passez votre chemin, ce bouquin n’est définitivement pas fait pour vous. Ce n’est heureusement pas mon cas (il était déjà fortement question d’hypnose régressive dans La Boîte De Pandore).

Le moins que l’on puisse dire c’est que les perspectives ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices pour René Toledano ; dans les premiers chapitres, il va plutôt cumuler les tuiles et les imprévus.

J’en vois déjà qui font une moue sceptique, René Tolédano et hypnose régressive, ça a comme un parfum de déjà-vu, non ? Que nenni ami(e)s lecteurs et lectrices ! Bernard Werber vous propose bel et bien une intrigue 100% inédite, qui conduira René Toledano (et ses amis) à rencontrer ses moi antérieurs de la prise de Jérusalem en 1099 jusqu’à la chute de l’Ordre des Templiers (en 1312).

René Toledano ne sera pas seul pour traverser les nombreuses épreuves qui l’attendent, il pourra en effet compter sur le soutien de son ami Alexandre Langevin, féru d’Histoire et actuel président de la Sorbonne, et de la fille de ce-dernier, Mélissa, professeure d’Histoire dans cette même université.

Un périple qui leur fera voir du pays (Israël et Chypre) avant de rentrer en France pour l’ultime étape de la course à la prophétie !

Si l’intrigue reste intéressante à suivre, j’avoue que j’ai parfois été lassé par son aspect répétitif dans son déroulé : deux pas dans le passé, un pas dans le présent et bis repetita, encore et encore. Heureusement que la partie historique (même un peu revisitée) est bien ficelée, sinon je ne pense pas que j’aurai réussi à aller jusqu’au bout.

Dans le même ordre d’idée, les référence au MNEMOS de René Toledano sont beaucoup trop axée sur l’histoire des peuples d’Israël. Je n’ai aucune honte à avouer qu’au bout d’un moment je les ai survolés, ne m’attardant que sur les rares passages susceptibles d’apporter quelque chose à l’intrigue.

Le fait de faire interagir des personnages fictifs avec des personnages historiques n’est pas nouveau, mais Bernard Werber exploite plutôt bien le filon. On se prend aisément au jeu même si j’ai globalement trouvé la genèse de la prophétie un peu tirée par les cheveux.

Je ne m’attarderai pas sur le face à face final, opposant René Toledano et ses amis à leur adversaire… on est davantage dans la farce burlesque que dans la poussée d’adrénaline.

Je n’irai pas jusqu’à dire que je me suis ennuyé à la lecture de ce roman, mais j’ai connu Bernard Werber nettement plus inspiré ; sur ce coup il ne m’a clairement pas emballé. Heureusement l’auteur évite le naufrage grâce à la qualité de la narration, en parfait conteur, il parvient à garder le lecteur en haleine… mais pas suffisamment pour faire oublier les bémols évoqués précédemment.

MON VERDICT

En aparté

Les livres du programme de français qu’on lui imposait de lire ont failli le dégoûter de la lecture.

Ah que voilà une phrase qui trouve une résonnance toute particulière en moi.

Ce ne sont certainement pas les bouquins inscrits au programme scolaire des cours de français qui m’ont donné goût à la lecture… au contraire, à de rares exceptions près, ils auraient plutôt eu tendance à me faire considérer le livre comme un instrument de torture.

Il en va de même pour cette manie des profs de français qui veulent tout expliquer, analyser et décortiquer en oubliant l’essentiel. Lire un livre ce n’est pas comme disséquer une grenouille, il n’y a pas de méthode meilleure qu’une autre, parfois il vaut mieux se laisser porter par les mots et les émotions qu’ils génèrent… quitte à ne pouvoir les verbaliser ensuite.

Heureusement le goût de la lecture m’a été transmis par mes parents et mes grands-parents, c’est donc en prenant mes distances avec les titres imposés par le système scolaire, que j’ai appris à apprécier pleinement la lecture. Je ne saurai dire quels sont les premiers « vrais » livres que j’ai lus, adolescent, mes parents m’avaient abonné à un club du livre qui envoyait à ses membres deux titres par mois, c’est ainsi que j’ai découvert – et dévoré – des auteurs tels que Jack London (Croc Blanc, L’Appel De La Forêt), James Fenimore Cooper (Le Dernier Des Mohicans, La Prairie), Mark Twain (Tom Sawyer) mais aussi la Comtesse de Ségur (L’Auberge De L’Ange Gardien, Le Général Dourakine)… et bien d’autres !

[BOUQUINS] François-Xavier Dillard – L’Enfant Dormira Bientôt

AU MENU DU JOUR


Titre : L’Enfant Dormira Bientôt
Auteur : François-Xavier Dillard
Éditeur : Plon
Parution : 2021
Origine : France
336 pages

De quoi ça cause ?

Le même jour deux nouveau-nés sont enlevés dans deux maternité différentes. L’affaire est confiée à la commissaire divisionnaire Jeanne Muller et son équipe. La consigne du préfet est sans équivoque : il faut agir vite, retrouver le (ou les) coupable(s) et rendre les bébés à leurs parents… tout ça avant que la psychose ne s’installe.

Plus facile à dire qu’à faire quand la police ne dispose d’aucun indice et que rien ne semble relier les victimes. Rien ? À part le fait que les deux couples ont été candidats à l’adoption avant une grossesse inespérée ; ils sont passés par la fondation Ange, dirigée par Michel Béjart.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est François-Xavier Dillard, un auteur que j’ai découvert il y a peu mais dont les deux derniers titres m’avaient fait forte impression.

Parce que c’est aussi l’occasion de retrouver la commissaire Jeanne Muller, un flic atypique rencontré dans le précédent roman de l’auteur : Prendre Un Enfant.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Plon et Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation.

Avec ce nouveau roman, François-Xavier Dillard, place de nouveau l’enfant au cœur de son récit, qu’il s’agisse d’adoption, de maternité, d’infanticide (plus précisément de néonaticide) ou encore de la relation de l’enfant au(x) parent(s). Comme vous pouvez vous en douter, sous la plume de l’auteur, ce sont les aspects les plus noirs de ce vaste thème qui seront mis en avant. Ajoutez à cela une touche de culpabilité, un soupçon de rédemption et une pointe de vengeance afin d’épicer encore davantage le récit.

La scène d’ouverture donne tout de suite le ton. Elle est d’un réalisme à couper le souffle, la souffrance de l’homme qui découvre l’indicible est restituée avec une incroyable justesse. Un premier chapitre qui vous glacera les sangs et vous plongera dans l’horreur la plus abjecte qui soit.

Dans un premier temps l’intrigue se divise en plusieurs arcs narratifs distincts. Le premier suivra bien entendu l’enquête de Jeanne Muller et de son équipe autour de ce double enlèvement de nouveau-nés. Puis l’on va s’intéresser à Michel Béjart – l’homme du premier chapitre – qui cohabite tant bien que mal avec son fils, Hadrien, lourdement handicapé à la suite de l’accident de voiture survenu alors que sa mère prenait la fuite avec lui. Enfin on se pencher sur le cas d’une femme visiblement perturbée et en permanence sur le qui-vive – pas besoin d’avoir fait Normale sup pour comprendre qu’il s’agit de l’ex-épouse de Béjart et de l’auteure des enlèvements. Enfin, il y a Samia, une jeune femme que Jeanne Muller a sorti du cercle vicieux de la prostitution avant de la confier à un couple qui doit lui permettre de mieux se réintégrer… mais pas facile d’échapper à son passé.

De prime abord le fil rouge semble évident mais vous pouvez compter sur l’auteur pour venir brouiller les cartes et surprendre le lecteur avec quelques révélations totalement inattendues… et ce jusqu’au clap de fin. Je n’aurai qu’un conseil à vous donner si vous vous lancez dans ce bouquin, ne vous fiez pas aux apparences !

Si vous avez lu Prendre Un Enfant, le précédent roman de François-Xavier Dillard, vous connaissez déjà la commissaire Jeanne Muller et sa personnalité très marquée. Pour les autres, attendez-vous à faire connaissance avec un flic totalement atypique qui piétine allégrement les plates-bandes du politiquement correct et du bio-éco-bobo. Sa voiture, une Maserati Gran Turismo, pétaradante et fumante, a de quoi faire tourner de l’œil les braves gens qui ne jurent que par l’électrique ou l’hybride. Et ne lui parlez surtout pas de cigarette électronique, elle serait plutôt du genre à allumer sa clope au mégot de la précédente.

Je ne vous répéterai pas une fois de plus ma ritournelle affirmant que pour qu’un thriller psychologique fonctionne, il faut des personnages crédibles et traités en profondeur (ah bin si, je viens de le faire). Le fait est que la mécanique imaginée par François-Xavier Dillard est implacable ; sa clé de voûte étant la relation amour / haine qui lie Michel et Hadrien.

On sort ébranlé (ne pas oublier le é… sinon ça ne fait pas le même effet) d’une telle lecture, d’autant que les ultimes révélations vos feront l’effet d’un coup de massue. L’une d’elle remettant même radicalement en cause la perception du lecteur vis-à-vis des acteurs du drame.

MON VERDICT

Coup de poing

[TV News] 8, Rue De L’Humanité

À L’AFFICHE DU JOUR


Titre : 8, Rue De L’Humanité
Réalisation : Dany Boon
Production : Pathé
Distribution : Netflix
Origine : France
Durée : 2h05

Casting

Dany Boon : Martin
François Damiens : Tony
Laurence Arné : Claire
Yvan Attal : Pr Gabriel
Alison Wheeler : Agathe
Tom Leeb : Samuel
Liliane Rovére : Louise
Jorge Calvo : Diego

Le pitch

Mars 2020. Face à la pandémie de COVID-19 la France est confinée. Pour les résidents de l’immeuble du 8, rue de l’humanité, il faut concilier vie privée et vie professionnelle dans un contexte inédit mais aussi s’adapter à cette promiscuité forcée…

Ma chronique

Au vu de certaines critiques lues sur Allocine, je serai tenté de dire que ce film est la parfaite illustration d’une phrase chère à Pierre Desproges : on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui.

Pour être tout à fait honnête, je serai plutôt tenté de dire que ceux et celles qui ont trouvé que le film de Dany Boon tournait en dérision une pandémie, dramatique à plus d’un titre, n’ont rien compris au film. Ce n’est pas le COVID-19 qui est tourné en ridicule, c’est le comportement de certains vis-à-vis de ce virus.

Les acteurs n’hésitent pas user et abuser des clichés rattachés à leur personnage, quitte à surjouer certains aspects. On sent clairement qu’ils sont là pour s’amuser et pour nous amuser.

Dany Boon campe un hypocondriaque complètement flippé par le COVID-19, qui multiplie les protections afin d’échapper à la maladie. Même son épouse (interprétée par Laurence Arné), avocate de son état et beaucoup plus pragmatique, a de plus en plus de mal à supporter cette paranoïa ambiante.

De son côté François Damiens est l’archétype du parvenu qui est convaincu que sa réussite l’autorise à prendre tout le monde de haut. Face au virus il serait davantage du côté des complotistes, convaincu que cette pandémie est un moyen de plus afin de contrôler les foules.

Mention spéciale à Yvan Attal qui incarne un professeur qui dirige un laboratoire indépendant et rêve de découvrir LE vaccin avant tout le monde ; quitte à se jouer de la déontologie et de virer savant fou !

Liliane Rovére joue une patronne de troquet qui espère sans trop y croire une prochaine réouverture de son bar. En attendant il faut bien trouver de quoi subsister.

Tom Leeb est un coach sportif qui tente, tant bien que mal, de maintenir son activité grâce à des cours en ligne. Sa femme, Alison Wheeler, enceinte jusqu’aux yeux, s’essaye à la chanson engagée anti-COVID.

Jorge Calvo est le gardien de l’immeuble, il fait aussi office d’homme d’entretien en l’absence de son épouse, hospitalisée pour cause de COVID-19.

Tout ce beau monde (et les autres) va traverser les trois mois de confinement avec des hauts et des bas, des disputes, des coups de gueule, des réconciliations, des retrouvailles, de nouvelles amitiés et même, pourquoi pas, les prémisses d’une amourette.

Il faut se replacer dans le contexte du premier confinement, un truc inédit pour la grande majorité des Français, face à une menace encore mal connue (et toute aussi inédite) et surtout sans le moindre vaccin contre ce virus.

Il n’y pas de mal à dédramatiser sans oublier pour autant que cette saloperie n’est pas à prendre à la légère. Certaines scènes du film viennent d’ailleurs souligner les lourdes conséquences de cette pandémie.

Un divertissement sympathique qui ne restera certes pas dans les annales du cinéma, mais qui remplit son rôle ; ce n’est déjà pas si mal par les temps qui courent !

♥♥♥½

[BOUQUINS] Jonas Jonasson – Douce, Douce Vengeance

AU MENU DU JOUR


Titre : Douce, Douce Vengeance
Auteur : Jonas Jonasson
Éditeur : Presses de la Cité
Parution : 2021
Origine : Suède
456 pages

De quoi ça cause ?

Kevin et Jenny ont tous les deux d’excellentes raisons d’en vouloir à Victor Alderheim. Quand ils se rencontrent par hasard c’est le coup de foudre ; aussi quand ils tombent, toujours par hasard, sur la société La Vengeance est douce, fondée et dirigée par Hugo Hamlin, ils sont sûrs d’être à la bonne adresse pour se venger d’Alderheim.

De son côté Hugo est loin d’imaginer qu’en acceptant d’aider Kevin et Jenny il s’engage dans une aventure riche en rebondissements. Quand Ole Mbatian, le père adoptif de Kevin, homme-médecine Masaï de son état, débarque en Suède, les choses vont encore davantage se compliquer…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jonas Jonasson et que j’ai adoré ses quatre précédents romans. Du 100% feel good totalement assumé qui fait du bien par où ça passe.

Ma Chronique

Avec Gilles Legardinier, Jonas Jonasson fait partie des incontournables de la littérature feel good ; des bouquins qui, avant même que vous ne les ouvriez, sont l’assurance de passer un agréable moment, de se vider la tête tout en se musclant les zygomatiques.

Quand vous ouvrez un roman de Jonas Jonasson vous pouvez vous attendre à une galerie de personnages hors du commun. Et le moins que l’on puisse dire c’est que son dernier opus ne déroge pas à la règle.

Direction le Kenya pour commencer, plus précisément la vallée du Masai Mara, où vous apprendrez comment Ole Mbatian le Jeune succédera à son père et deviendra un homme médecine respecté bien au-delà de son village.

Retour en Suède pour faire connaissance avec Victor Svensson, un arriviste et un égoïste aux idées bien arrêtées (et un tantinet arriérées). Il a de grands projets pour lui – et pour la Suède – mais pour ça il va devoir se faire un nom. Se faire embaucher par Alderheim, un marchand d’art jouissant déjà d’une certaine réputation sur la place est une première marche qu’il gravira sans peine. L’étape suivante consiste à séduire et épouser la fille – un peu cruche – du marchand d’art afin de pouvoir légitimement se targuer d’un patronyme plus honorable que le quelconque Svensson.

Le plan de carrière et de vie tout tracé de Victor va être perturbé par un premier obstacle en la personne de Kevin, son fils illégitime et de surcroît noir ! Action, réaction. Problème réglé peu après les 18 ans du garçon… par un abandon pur et simple du rejeton basané au cœur de la savane du Kenya.

De retour en Suède, Victor peut enfin convoler en justes noces avec Jenny Alderheim. La chance lui sourit enfin, peu après les noces beau-papa est emporté par un cancer. inutile dès lors de s’encombrer d’une épouse dont il ne sait que faire. Le divorce est réglé en deux temps et trois mouvements en contrepartie d’une pension alimentaire ridiculement basse.

La voie royale s’ouvre enfin devant Victor Alderheim, plus rien ne saurait arrêter son inéluctable ascension. Bin oui, mais non… Kevin a eu la mauvaise idée de ne pas se faire bouffer par les lions, il a été et élevé dans la pure tradition masaï par Ole Mbatian. Sauf que l’ultime rituel de passage à l’âge adulte exige une circoncision… Kevin, tenant à l’intégrité de son appendice, s’enfuit et rentre en Suède. Où il va rencontrer – le monde est petit – Jenny, le coup de foudre est immédiat.

Et c’est ainsi que nos deux tourtereaux vont croiser le chemin de Hugo Hamlin, un brillant homme d’affaire à la tête d’une société spécialisée dans la vengeance. Heureuse coïncidence car Kevin et Jenny ont un vieux compte à régler avec Victor Alderheim. Hugo est loin de se douter qu’en acceptant ce contrat, il met le doigt dans un engrenage aussi infernal que burlesque… plus encore quand Ole Mbatian s’invite dans leur petite sauterie vengeresse !

N’allez pas croire que j’ai fondu une durite et que je vous raconte tout le bouquin… Ce n’est que le début d’une aventure aussi improbable que ses acteurs et il fallait bien que je fasse un topo du casting avant d’entrer dans le vif du sujet.

Casting qui serait incomplet si je faisais l’impasse sur Christian Calander, un inspecteur de police qui, à quelques jours de sa retraite, n’aspire qu’à se la couler douce. Jusqu’à ce qu’il croise le chemin d’un certain Ole Mbatian.

Vous l’aurez compris, comme à son habitude Jonas Jonasson excelle dans l’absurde, son intrigue est totalement improbable et déjantée mais on se laisse entraîner sans se poser de question ; on sourit et l’on rit volontiers d’un humour potache totalement assumé.

Mais sous cette apparente légèreté se cache aussi une ode à l’art en général, et tout particulièrement à la peinture. À travers le personnage d’Irma Stern, une artiste sud-africaine bien réelle qui va se retrouver, bien malgré elle, mêlée à l’intrigue du roman de Jonas Jonasson.

L’auteur invite aussi le lecteur à réfléchir à la montée des extrêmes (qu’ils soient politiques ou religieux), à la différence et à la tolérance. Il le fait sans militantisme mais avec beaucoup d’humanité, et c’est, selon moi, la meilleure façon de faire passer ce genre de message.

Drôle et intelligent, ce roman tiendra toutes ses promesses… et plus encore !

MON VERDICT

[BRD] Kaamelott – Premier Volet

À L’AFFICHE DU JOUR


Titre : Kaamelott – Premier Volet
Réalisation : Alexandre Astier
Production : Alexandre Astier
Distribution : SND
Origine : France
Durée : 2h00

Casting

Alexandre Astier : Arthur
Anne Girouard : Guenièvre
Thomas Cousseau : Lancelot
Franck Pitiot : Perceval
Jean-Christophe Hembert : Karadoc
Lionel Astier : Leodagan
Jacques Chambon : Merlin

Le pitch

10 ans que le roi Arthur a disparu. Kaamelott et le royaume de Logres sont désormais sous la coupe du tyrannique Lancelot. Assisté de mercenaires Saxons, Lancelot est déterminé à mettre la main sur son éternel rival. Face à lui, la résistance, menée par les anciens chevaliers de la Table Ronde, a bien de la peine à s’organiser.

C’est dans ce contexte que Arthur rejoint, bien malgré lui, les terres de Bretagne ; contre toute attente l’ancien roi (et seul roi légitime), n’a aucune envie de reprendre du service, et moins encore d’organiser la résistance.

Ma chronique

Je suis un fan de la première heure de la série Kaamelott, qui propose une revisite à la sauce Monty Python de la légende arthurienne, j’avoue toutefois avoir été déconcerté par le ton beaucoup plus sombre – et donc forcément moins portnawak – de la cinquième saison (la sixième et dernière étant un flashback permettant de découvrir Arthur dans sa période romaine… jusqu’au dernier épisode qui est la suite directe de la saison cinq).

Je me faisais une joie de découvrir – enfin, putain de COVID – le premier volet de la trilogie filmesque Kaamelott… malgré les déclarations d’Alexandre Astier, qui revendiquait un retour aux sources, c’est avec une pointe d’appréhension que j’ai lancé le film.

D’entrée de jeu le contexte peut surprendre, on fait un bond en avant de 10 ans après la fin de la série TV. Comme on pouvait le présager au vu des événements de la série, Arthur s’est retiré des affaires en laissant Excalibur dans son caillou… dans l’attente d’un nouvel Élu. Plus surprenant, le royaume de Logres est désormais sous le joug d’un Lancelot qui règne en tyran et voue une haine farouche à son ancien ami / ennemi, Arthur. Le gars il est un peu instable dans sa tête, s’il le détestait à ce point, pourquoi il lui sauve la vie à la fin de la série ?!

Passé l’effet de surprise c’est un plaisir de retrouver la plupart des personnages de la série, même si certains auraient mérité un peu plus de présence (je pense notamment à Merlin), je comprends toutefois la nécessité de poser le contexte tout en faisant avancer le schmilblick. Les fans de la série retrouveront les personnages principaux comme ils les ont connus, Leodagan est toujours aussi bourru et prompt à s’engueuler avec son épouse, le duo Perceval et Karadoc toujours aussi à la ramasse (pour notre plus grand plaisir)…

Il y a juste les deux prétendants au trône qui ont radicalement changé. Lancelot est un tyran obsédé par sa soif de vengeance) on se demande bien de quoi il veut se venger d’ailleurs… à part de son tailleur peut-être, son armure étant franchement ridicule)… un pouvoir qu’il peut exercer sans limite vu la totale désorganisation de la résistance. Quant à Arthur, blasé et désenchanté, il n’a aucune envie de remettre le couvert.

Comme dans la série TV, Alexandre Astier s’entoure de guest stars de renom ; je citerai entre autres Alain Chabat, Christian Clavier, Antoine de Caunes, Clovis Cornillac, Guillaume Galienne, François Morel… et même Sting.

Si l’intrigue ne réserve pas de surprise majeure, elle reste intéressante à suivre (même si j’avoue ne pas avoir compris tout l’intérêt des flashbacks concernant les débuts d’Arthur au sein de la légion romaine) et surtout elle privilégie le côté décalé qui était si cher aux fans de la première heure. L’humour et le divertissement son bel et bien au rendez-vous, ce qui n’exclut pas quelques scènes de combat (dont certaines orchestrées par l’inénarrable Attila). Bref, on ne voit pas passer les deux heures du film.

Selon ses déclarations, Alexandre Astier souhaitait toucher un public plus large en portant Kaamelott sur grand écran ; pas certain que le pari soit réussi. Personnellement je pense que pour apprécier pleinement le film, il faut connaître la série TV.

Il n’en reste pas moins que le pari du portage sur grand écran de la série TV est bien parti pour être gagné haut la main. Kaamelott – Premier Volet se classe en effet en quatrième position des plus gros succès du cinéma en France en 2021… le trio de tête étant composé de Mourir Peut Attendre (1er), Dune (2nd) et Spider-Man – No Way Home (3ème) : des blockbusters annoncés. Une position plus qu’honorable pour un « petit » film au « modeste » budget de 17 millions d’euros.

Le second volet est annoncé pour 2023, inutile de vous dire que je serai au rendez-vous.

♥♥♥♥

Bilan livresque 2021

Bilan livresque

73 livres lus en 2021 (contre 91 en 2020 et 86 en 2019), paradoxalement les deux confinements ont tiré le score final vers le bas alors que j’avais plus de temps à consacrer à la lecture. Une année 2021 qui confirme l’entrée en force du roman graphique dans mes chroniques (8 chroniques publiées).

A défaut d’avoir la quantité je peux me consoler avec la qualité puisque la note moyenne se monte à 4.3 Jack sur 5. Mes notes se répartissent ainsi :

  • 15 livres obtiennent la note maximale de 5 sur 5
  • 26 livres frôlent le sommet avec 4.5 sur 5
  • 18 livres obtiennent un honorable 4 sur 5
  • 11 livres s’en tirent avec une note de 3.5 sur 5
  • 1 livre obtient la note de 3 sur 5
  • 2 livres arrivent tout juste à la moyenne avec 2.5 sur 5

Au niveau des bonus, 21 livres sortent du lot :

  • 5 titres font un carton plein avec un coup double (coup de cœur + coup de poing)
  • 9 coups de cœur
  • 7 coups de poings

Et voici mon bilan mensuel avec LE livre du mois :

Janvier
5 livres lus
Betty de Tiffany McDaniel

Février
9 livres lus
La Traque de Bernard Petit

Mars
3 livres lus
Traverser La Nuit de Hervé Le Corre

Avril
6 livres lus
L’Accident De Chasse de David Carlson et Landis Blair

Mai
7 livres lus
Et Pour Le Pire de Noël Boudou

Juin
8 livres lus
Seule La Haine de David Ruiz Martin

Juillet
4 livres lus
Le Carnaval Des Ombres de R.J. Ellory

Août
11 livres lus
Watchmen de Alan Moore et Dave Gibbons

Septembre
3 livres lus
Transaction de Christian Guillerme

Octobre
5 livres lus
Goldorak de Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac et Guillo

Novembre
6 livres lus
La Saignée de Cédric Sire

Décembre
6 livres lus
Glen Affric de Karine Giebel

3 romans graphiques (en décembre ça s’est joué à un cheveu) sur les douze mois de l’année.
A noter aussi le joli score des éditions Taurnada qui se distinguent avec 3 titres.