[BOUQUINS] Margaret Atwood & Renee Nault – La Servante Écarlate

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Titre : La Servante Écarlate – Le Roman Graphique
Auteur : Margaret Atwood
Adaptation et illustrations : Renée Nault
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2021
Origine : Canada (2019)
248 pages

De quoi ça cause ?

June a connu le monde d’avant Galaad. Elle avait une famille, un emploi et une vie… avant d’être réduite au rang de Servante affectée à un commandant, et de devenir Defred (comprendre la servante du commandant Fred). Désormais sa seule raison d’être est de donner un enfant à « son » commandant…

Ma Chronique

J’aimerais que cette histoire soit différente.
J’aimerais qu’elle soit plus civilisée.
J’aimerais qu’elle me présente sous un jour meilleur, sinon plus heureuse, du moins plus active, moins hésitante.
J’aimerais qu’elle ait plus de chair.

Comme vous le savez peut-être j’ai pris mon temps avant de découvrir le roman culte de Margaret Atwood ; comme la grande majorité, j’ai été à la fois séduit et glacé par cette dystopie des plus sombres (je sais dystopie et sombre ça fait un peu pléonasme, voire même lapalissade).

Quand j’ai appris qu’une adaptation graphique existait, j’étais à la fois déterminé à la lire au plus vite et curieux de voir comment le dessin allait restituer toute la noirceur du récit.

Le texte du roman graphique se base sur la nouvelle traduction de Michèle Albaret-Maatsch, une traduction qui tend uniquement à harmoniser certains choix opérés à l’occasion de la sortie du second opus, Les Testaments.

On retrouve dans la narration la colère sourde de Defred, mais aussi sa résignation face à sa situation ; comme je m’y attendais, ça m’a moins dérangé qu’à la lecture du roman.

Pour illustrer le récit, l’artiste canadienne Renee Nault opte pour l’aquarelle. Le choix des couleurs (avec une logique prédominance du rouge) et de la mise en page vient sublimer le récit, notamment quand il s’agit de distinguer le présent des souvenirs de Defred. Le trait volontairement imprécis tend à renforcer l’aspect impersonnel de la vie à Galaad. Le visuel est une totale réussite du point de vue esthétique.

Je ne reviendrai pas sur mon ressenti vis-à-vis de l’intrigue à proprement parler, il est le même qu’à la lecture du roman (cf. ma chronique). Comme je l’ai dit plus haut, les illustrations apportent un réel plus au récit en renforçant sa noirceur.

Ce roman graphique est une bonne occasion de découvrir ou redécouvrir l’œuvre de Margaret Atwood. Même si vous avez déjà lu le bouquin, cette adaptation vous en mettra plein les mirettes et vous glacera les sangs. Une telle réussite vaut bien un ultime coup de cœur de l’année 2021.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Karine Giebel – Glen Affric

AU MENU DU JOUR


Titre : Glen Affric
Auteur : Karine Giebel
Éditeur : Plon
Parution : 2021
Origine : France
768 pages

De quoi ça cause ?

Léonard est différent. Au collège il est le souffre-douleur d’un petit groupe d’élèves. Harcèlement, racket et humiliation font partie de son quotidien. Heureusement à la maison il peut compter sur l’amour indéfectible de sa mère, Mona.

Léonard rêve de pouvoir fuir ce monde qui le rejette. Partir en Écosse, à Glen Affric, rejoindre son frère Jorge.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Karine Giebel. Au fil de ses romans, cette auteure a le don de me surprendre et de me prendre aux tripes. Sa signature est l’assurance de lire un excellent thriller.

Ma Chronique

Longtemps je me suis posé des questions sur la signification du titre Glen Affric, il m’aurait suffi de lire la quatrième de couv’ pour avoir la réponse ; au lieu de ça mes circonvolutions neuronales cherchaient la clé de l’énigme du côté de l’Afrique… Bien loin des Highlands écossais donc.

Dans son nouveau roman Karine Giebel nous invite à suivre les parcours de trois individus malmenés par la vie.

Leonard, 15 ans, souffre d’un retard mental qui fait de lui le souffre-douleur du collège. Malgré un physique de colosse et la force qui va avec, il encaisse les insultes (Léonard le bâtard, Léo le triso) et les humiliations sans jamais chercher à s’opposer à ses harceleurs / racketteurs. Puis un jour c’est l’humiliation de trop, Leonard craque et décide de donner une leçon à ces emmerdeurs. Une décision qui sera lourde de conséquences, sa vie – qui n’était déjà pas rose – bascule dans le cauchemar.

Jorge, 36 ans, sort de prison après avoir purgé une peine de 16 ans pour un double meurtre dont il a toujours clamé être innocent. En liberté conditionnelle, une épée de Damoclès peut, à la moindre erreur, le renvoyer en prison. Pas facile de retrouver une place dans la société quand, pour la plupart des villageois, il n’est qu’un assassin en liberté.

Depuis la mort accidentelle de ses parents, Angélique est mutique, de fait elle a été placée sous la tutelle de son oncle. Sous des apparences respectables, son tuteur est une ordure qui la séquestre, la traite comme une esclave et abuse d’elle.

Si on devine assez vite le lien entre Leonard et Jorge, il est plus difficile de les relier à Angélique. Et pourtant, ils l’ignorent, mais tous les deux ont un lien plus ou moins direct avec la jeune femme.

Impossible de ne pas citer Mona, véritable mère courage qui garde la tête haute en toute circonstance.

Une fois n’est pas coutume, dans le présent roman c’est la Justice qui tient le mauvais rôle et tout particulièrement la gendarmerie. Les gendarmes intervenants dans le déroulé de l’intrigue sont bien souvent des péquins qui abusent des prérogatives de l’uniforme et de l’autorité qui va avec.

Des personnages forts auxquels l’auteure apporte un soin particulier, au fil des chapitres, elle nous place dans la peau – et la tête – des acteurs principaux de son intrigue. Impossible de ne pas s’attacher à Léonard, Jorge, Angélique, Mona et une poignée d’autres personnages secondaires. Impossible aussi de ne pas en haïr certain, en tête de file Maréchal (l’oncle d’Angélique) et le bas du képi Solers.

Une intrigue qui n’hésitera pas à malmener ses personnages, avec son lot de – mauvaises – surprises. Une fois de plus Karine Giebel nous offre un thriller psychologique parfaitement maîtrisé, une fois de plus elle saura y faire pour vous vriller les tripes, une fois de plus vous pouvez vous attendre à des poussées d’adrénaline, une fois de plus elle excellera à jouer sur une large palette d’émotions.

Heureusement tout n’est pas noir dans le bouquin, c’est aussi et avant tout l’histoire d’une formidable amitié entre Léonard et Jorge, ils vont apprendre à se connaître, à se faire confiance et se compléter.

Une fois de plus Karine Giebel me laisse KO debout au moment de refermer son roman. Quel régal de se laisser entraîner dans ce tourbillon d’émotions, plus d’une fois aurez envie de crier à l’injustice face aux drames qui s’abattent sur Léonard, Jorge et Angélique… ça fait mal au cœur et mal au bide, mais que c’est bien fait ! On en viendrait presque à en redemander.

MON VERDICT

Coup double

[BOUQUINS] Fabrice Colin & Richard Guérineau – Seul Le Silence

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Titre : Seul Le Silence
Auteur : R.J. Ellory
Scénario : Fabrice Colin
Dessin : Richard Guérineau
Éditeur : Phileas
Parution : 2021
Origine : France
110 pages

De quoi ça cause ?

1939. Augusta Falls (Georgie). Joseph Vaughan, 12 ans, perd l’insouciance de sa jeunesse en même temps que son père. Peu après il découvre le corps d’une fillette atrocement mutilé, la première victime d’une longue liste.

Au fil des ans et des meurtres – dont certains le toucheront de très près –, Joseph semble poursuivi par une tragique malédiction. Mais jamais il ne renoncera à découvrir sur ces crimes et leur auteur. Un choix qu’il paiera cher, très cher…

Ma Chronique

Seul Le Silence, le roman de R.J. Ellory est le premier titre de l’auteur publié en français (chez Sonatine en 2008). L’occasion pour le public français de découvrir un titre qui laissera son empreinte dans la littérature noire et un auteur au talent incontestable (ce qui ne se démentira pas au fil des romans qui suivront).

L’intrigue du roman est d’une densité incroyable et d’une noirceur absolue, à peine atténuée par une écriture presque poétique. C’est aussi un portrait psychologique détaillé autour du personnage de Joseph Vaughan. Le tout concentré sur plus de 500 pages.

Comment restituer un ensemble aussi complexe et complet dans un roman graphique d’une grosse centaine de pages ? J’avoue que j’étais aussi curieux que sceptique. Un sacré challenge pour Fabrice Colin, il faut aller à l’essentiel sans dénaturer le roman.

Un challenge que le scénariste remporte haut la main. On retrouve en effet tous les éléments qui font la force du roman. La noirceur est omniprésente, le profil psychologique de Joseph Vaughan est criant de réalisme, même la poésie de la narration est au rendez-vous.

Pour Richard Guérineau le challenge n’était pas moindre, à charge pour lui de créer une ambiance graphique qui colle à l’intrigue et aux personnages. Là encore le défi est relevé avec succès. Le trait est précis, le choix des couleurs et les alternances entre les angles de vue (du grand angle au plan rapproché), selon les besoins de l’intrigue, sont d’une minutie à couper le souffle.

Peut-être vous demandez-vous si le fait d’avoir lu le roman avant son adaptation graphique ne gâche pas tout ou partie du plaisir. On serait en effet tenté de penser que, connaissant l’identité du tueur, l’intrigue perdrait en saveur, mais il n’en est rien. Au contraire, j’ai ainsi pu prendre mon temps pour apprécier pleinement chaque page du roman graphique.

Cette adaptation est une totale réussite qui devrait combler aussi bien ceux qui ont lu le roman de R.J. Ellory que ceux qui découvriront l’intrigue sous sa forme graphique. C’était un pari audacieux – voire impossible –, mais Fabrice Colin et Richard Guérineau réussissent à restituer l’essentiel du roman ; j’aime beaucoup l’expression « extraire la substantifique moelle », c’est précisément ce que fait ce roman graphique.

MON VERDICT

Coup double

[BOUQUINS] Wesley Chu – Time Salvager

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Titre : Time Salvager
Auteur : Wesley Chu
Éditeur : Fleuve Éditions
Parution : 2021
Origine : États-Unis (2015)
528 pages

De quoi ça cause ?

2511. La Terre n’est plus qu’un champ de ruines dépeuplé et toxique. Ses habitants l’ont quittée depuis longtemps pour s’établir dans le système solaire. Leur survie repose sur les ressources que des agents temporels vont récupérer dans le passé.

James Griffin est un de ces chronmen, un agent désabusé par ses longues années de service et fortement porté sur l’alcool. Et pourtant c’est à lui et à son référent que l’on confie une mission qui devrait leur assurer une retraite dorée.

Alors que sa mission touche à sa fin, James brise la plus importante des lois temporelles en ramenant une personne du passé dans le présent. Rapidement démasqué James dot fuir avec sa protégée. Ils sont désormais des cibles prioritaires pour le Chronocentre et la puissante corporation Valta…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour son intrigue, qui, sans révolutionner les règles du genre, m’inspirait. Et la couv’ m’a tapé dans l’œil (aïe !).

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fleuve et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Le thème du voyage temporel est un grand classique de la science-fiction, que ce soit au cinéma ou en littérature, il a été exploité sous toutes les coutures. Depuis H.G. Wells et Sa Machine À Explorer Le Temps (et même avant) à nos jours, les auteurs qui se sont essayés au genre sont légion… avec plus ou moins de succès.

On serait tenté de penser que toutes les facettes de cette thématique temporelle ont été exploitées, et bin non ! Wesley Chu, un jeune auteur taïwanais installé aux États-Unis, nous prouve qu’il est encore possible de faire preuve d’originalité en la matière. Même si son roman, Time Salvager, premier opus de sa Trilogie du Temps, ne révolutionne pas franchement le genre, il a au moins le mérite de le rafraîchir.

Si le voyage dans le temps est au cœur de l’intrigue, il est ici prétexte à assurer la survie de l’humanité. Seuls les chronmen, des agents temporels, ont le droit de pratiquer des bonds dans le passé et uniquement pour aller y récupérer des ressources ou de l’énergie (qui font cruellement défaut dans le présent) en veillant à perturber à minima le flux temporel. Ils sont placés sous l’autorité du  Chronocentre qui veille au respect des lois temporelles.

James Griffin est, malgré son instabilité et son alcoolisme, l’un des meilleurs chronmen en service. C’est pour cette raison que le contrôleur Levin Javier donne son feu vert pour une mission commanditée par la puissante corporation Valta.

Alors que cette mission pouvait lui offrir une retraite dorée, James va commettre l’irréparable en brisant la première loi temporelle ; il va en effet ramener dans le présent une personne du passé. Cette « anomalie » est Elise, une biologiste qu’il va rencontrer au cours de sa mission et qu’il sauvera d’une mort certaine sur un coup de tête.

Pour Levin, la traque du fugitif et de sa protégée est une affaire personnelle, d’autant que la corporation Valta met la pression sur le Chronocentre.

Si Time Salvager est un pur produit de SF et d’anticipation, il peut aussi revendiquer le titre de thriller d’anticipation tant le rythme est soutenu de la première à la dernière page. Au fil de la traque, on découvre – en même temps que Levin – qui tient réellement les rênes du pouvoir et du Chronocentre.

Ajoutez à cela la dimension écologique (au sens noble du terme, pas sa version corrompue par la politique) de l’intrigue et vous aurez entre les mains tous les éléments d’un scénario bien plus complexe qu’il ne le laissait supposer.

Le personnage de James est l’archétype de l’antihéros, de prime abord bourru et antipathique, son caractère va s’adoucir au contact d’Elise.

À l’opposé Levin est le parfait fonctionnaire zélé, même quand ses certitudes s’effondrent il persiste à se réfugier derrière le règlement.

Le style de Wesley Chu fait de ce roman un véritable page-turner. Il me tarde de découvrir la suite (Time Siege, paru aux États-Unis en 2016), par contre je suis un peu plus pessimiste pour le troisième et dernier opus qui ne semble toujours pas écrit alors que l’auteur a publié de nombreux autres romans depuis 2016 et annonce même une nouvelle série pour 2022.

MON VERDICT

[BOUQUINS] P. Djéli Clark – Ring Shout – Cantique Rituel

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Titre : Ring Shout – Cantique Rituel
Auteur : P. Djéli Clark
Éditeur : L’Atalante
Parution : 2021
Origine : États-Unis (2020)
176 pages

De quoi ça cause ?

Macon, 1922. En 1915 le film Naissance d’une nation a permis au Ku Klux Klan de renaître de ses cendres. À travers le pays, le Klan sème la terreur et se déchaîne sur les anciens esclaves. Les klanistes sont aidés par les Ku Kluxes, des créatures démoniaques surgies des enfers.

Sur leur chemin se dressent Maryse et ses compagnes de résistance : une tireuse d’élite à la langue bien pendue et une vétérane du régiment des Harlem Hellfighters. Un trio déterminé à chasser ceux qui les traquent et à éradiquer les démons du Klan.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

D’une part parce que cette fantasy urbaine mixant réalité historique, démons et magie avait de quoi titiller ma curiosité.

D’autre part parce que cette novella est  bien partie pour faire un carton plein des prix littéraires les plus prestigieux des littératures de l’imaginaire. Elle a d’ores et déjà raflé les prix Nebula 2020 et Locus 2021 et est en lice parmi les finalistes du prix Hugo 2021.

Ma Chronique

J’avoue sans la moindre honte qu’en dépit de son palmarès impressionnant (les résultats pour le prix Hugo 2021 seront annoncés en fin de semaine), j’avais encore un soupçon de doute concernant le bouquin. Son contexte est en effet très américano-américain avec l’opposition Nord / Sud et le Ku Klux Klan.

Je ne vais pas non plus me la jouer politique de l’autruche, l’esclavage a aussi existé en Europe et donc en France. Le négationnisme ce n’est pas mon truc, notre Histoire a des faces sombres, il faut les accepter et éviter de reproduire les mêmes conneries à l’avenir. Mais la France n’a jamais eu à composer avec un phénomène de la même ampleur que les encapuchonnés du KKK.

Mes doutes ont rapidement été balayés, si le roman se veut engagé (et il l’est incontestablement), son message est plus universel et prône davantage pour la cohabitation paisible entre les communautés. De plus P. Djéli Clark joue d’emblée la carte de la fantasy urbaine avec l’apparition rapide des Ku Kluxes et de l’épée magique de Maryse.

Je suppose que le choix d’un clivage total Blancs / Noirs est un choix de l’auteure, j’ai trouvé ça un peu dommage, moins de manichéisme racial eut été un plus pour le récit (une fois encore, mes propos n’engagent que moi).

J’ai bien aimé le trio de chasseuses de démons. À commencer par Maryse (qui fait aussi office de narratrice) dont le don de vision permet d’identifier les Ku Kluxes qui se dissimulent sous une apparence humaine et dont l’épée magique, qu’elle peut invoquer au besoin, ne leur laisse aucune chance. Elle pourra compter sur l’aide de Sadie, tireuse hors pair inséparable de sa winchester, mais aussi dotée d’une gouaille qui peut parfois être épuisante pour ses amies. Enfin il y a Cordelia (aka Cordy ou Chef), vétéran de la Première Guerre mondiale où elle a servi dans le régiment de Harlem Hellfighters, experte en explosifs, elle aussi est dotée du don de vision.

Un trio qui se complète à la perfection aussi bien au cœur que de l’action que dans leur amitié au quotidien. Elles forment le bras armé de l’équipe de Nana Jean qui fait office de chef de la résistance à Macon.

Et elles auront fort affaire au vu de la menace qui pèse sur Macon, la prochaine projection du film Naissance d’une nation pourrait bien être l’occasion d’une invocation sans précédent.

N’étant pas familier de la culture Gullah, et notamment des ring shouts, je suis sans doute passé à côté de certaines références, mais ça ne m’a nullement empêché d’apprécier pleinement ce roman. Chapeau à la traductrice, Mathilde Montier, qui a su restituer un style narratif assez particulier de façon très convaincante.

J’ai craint que, au vu de l’épaisseur du bouquin, l’intrigue paraisse bâclée ou ne laisse un sentiment d’inachevé. Il n’en est rien, tous les éléments s’imbriquent en temps et en heure pour former un tout cohérent et parfaitement finalisé. Le mélange entre Histoire et fiction est bien dosé.

J’ai bien aimé le clin d’œil en fin de roman mentionnant un homme de Providence (Rhodes Island) capable d’invoquer des créatures infernales d’une pire engeance que les démons du Klan. Serait-on en train de parler d’un certain H.P. Lovecraft et de ses créatures issues du mythe de Cthulhu ?

Je ne m’attarderai pas sur le film Naissance d’une nation pour la simple et bonne raison que je ne le connais que de nom et de (sinistre) réputation. Aussi nauséabond soit-il, ce film a marqué un tournant dans l’histoire du western et est le premier blockbuster de l’histoire du cinéma.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Paula Hawkins – Celle Qui Brûle

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Titre : Celle Qui Brûle
Auteur : Paula Hawkins
Éditeur : Sonatine
Parution : 2021
Origine : Angleterre
464 pages

De quoi ça cause ?

Daniel Sutherland a été assassiné à bord de sa péniche.

Trois femmes et un homme sont directement impactés par cette mort brutale. Miriam, sa voisine, a découvert le corps. Carla, sa tante, séparée mais encore très porche de son ex-mari et qui a perdu sa sœur (la mère de Daniel, quelques semaines plus tôt). Laura, une jeune femme qui a passé la nuit avec Daniel avant de se séparer sur une violente dispute. Théo, auteur à succès et ex-mari de Carla.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Inévitablement parce que c’est Sonatine, mais aussi et surtout parce c’est enfin pour moi l’occasion de découvrir l’univers littéraire de Paula Hawkins.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Celle Qui Brûle est le troisième roman de Paula Hawkins publié par les éditions Sonatine, bien qu’ayant les deux précédents dans mo Stock à lire Numérique et malgré l’engouement suscité par La Fille Du Train, ce sera pour moi l’occasion de découvrir, ENFIN, l’univers littéraire de l’auteure.

L’auteure nous offre un thriller psychologique porté par des personnages forts, marqués par des drames personnels lourds. Miriam a été enlevée et séquestrée alors qu’elle était ado, elle a réussi à s’enfuir mais son amie a été violée et tuée par leur ravisseur.  Carla et Théo ont perdu leur jeune fils à la suite d’un accident dû à la négligence d’Angela. Laura a été renversée par une voiture quand elle était enfant, après une période de coma et une longue rééducation, elle garde quelques séquelles physiques et psychologiques.

L’enquête de police autour du meurtre de Daniel est presque reléguée au second plan tant l’accent est mis sur les personnages. Il faut bien reconnaître que pour la police Laura fait un peu figure de coupable idéale au vu de son passif et de sa totale imprévisibilité. Vous l’aurez compris ce serait trop facile… et pis je me refusais à y croire parce que je l’aimais bien la petite Laura.

Mais pour lever tous les soupçons qui pèsent sur la jeune femme, encore faut-il découvrir l’identité du véritable assassin… et alors là je vous souhaite bien du courage, Paula Hawkins sait y faire pour brouiller les pistes… et accessoirement vous embrouiller l’esprit ! Les soupçons passeront de l’un à l’autre des personnages au gré de l’évolution de l’intrigue… sans vraiment avoir de certitude absolue.

Heureusement Laura ne sera pas seule pour affronter les événements, elle pourra compter sur le soutien et la confiance inconditionnels d’Irene. Une vieille dame à qui elle rend parfois quelques menus services. Une mamie gâteaux qui est loin d’être gâteuse, si parfois sa mémoire lui joue des tours, son esprit reste parfaitement affuté. Un personnage très attachant qui vous réservera bien des surprises.

Et la victime dans tout ça ? Daniel était-il si innocent que l’on voudrait nous le faire croire ? Peu à peu on découvre un individu qui peut s’avérer hautement méprisable et parfois très instable.

Dans sa narration l’auteure joue volontiers avec le temps. L’intrigue actuelle est entrecoupée par les souvenirs de l’un ou l’autre des personnages. Parfois ça vous aidera à mieux cerner l’individu en question, d’autre fois ça vous enfoncera encore davantage dans la brume.

Vous l’aurez compris il n’est pas question de pyromane dans ce bouquin, le feu est intérieur et consume lentement mais sûrement ses proies. Colères, rancœurs, regrets, culpabilité… que l’on laisse enfler sans leur offrir un exutoire… l’effet peut être tout aussi dévastateur qu’un incendie.

Un roman qui sort de lot par la qualité et l’intelligence de sa narration et de sa construction (en plus des personnages mitonnés aux petits oignons). De fait la lecture est aussi addictive que fluide. J’en viendrai presque à regretter de ne pas m’être penché plus tôt sur le cas Paula Hawkins… je dis bien presque, les regrets ce n’est pas ma tasse de thé. Et puis il n’est pas trop tard pour pallier ce retard.

Le délai de publication de la présente chronique est de mon seul fait, j’ai pris mon temps avant de jeter mon dévolu sur ce roman et ensuite j’ai eu un retard de rédaction et publication. Un coup de mou, ça arrive de temps en temps.

MON VERDICT

Un « petit » plaisir technologique pour Noël

Depuis 2018 j’utilise une tablette Acer Iconia, essentiellement pour surfer sur Internet quand je n’ai pas le PC sous la main, jouer (exclusivement sur Marvel Strike Force) et, depuis peu, elle est aussi devenue mon support pour Microsoft Teams quand je suis en télétravail.

J’ai été globalement très satisfait de cette tablette mais force est de constater que au fil des mises à jour du jeu Marvel Strike Force, ses 2 Go de mémoire vive ne suffisaient plus. Au bout d’une vingtaine de minutes (parfois davantage, parfois moins) le jeu se déconnectait brutalement. Impossible dans ces conditions de se lancer dans des phases de jeu de « longue haleine »… ce qui s’est rapidement avéré un tantinet frustrant pour progresser.

Du coup ça faisait quelques temps que je parcourais les articles et comparatifs en vue de choisir une nouvelle tablette qui soit nettement plus performante sans pour autant me coûter un rein et 50% du foie (en plus mon foie doit davantage ressembler à du foie gras qu’à autre chose). Ma première intention me portais vers un modèle Samsung, la Galaxy Tab 5SE (mieux notée que la Galaxy Tab 6 Lite et beaucoup moins onéreuse que la 7).

Au hasard de mes errements dans les boutiques spécialisées de la place je suis tombé sur un modèle qui pouvait bien faire pencher la balance en sa faveur. Il s’agit de la Xiaomi Pad 5, pour un prix équivalent à la Galaxy Tab 5 SE, elle offre 6 Go de mémoire vive (au lieu de 4 Go) et un espace de 128 Go de stockage (contre 64 Go pour le même prix chez Samsung).

Une rapide visite sur le site lesnumériques.com aura suffit à me convaincre, la tablette venue de l’Empire du Milieu écrase celle du Pays des Matins Calmes. Et donc depuis vendredi je me familiarise avec ce nouveau jouet.

Deux défauts que je connaissais avant de faire mon choix, l’absence de prise jack 3.5 pour brancher un casque audio (compensé par un adaptateur USB C – jack 3.5) et l’impossibilité d’ajouter de l’espace de stockage (carte SD).

Pas de quoi me faire regretter mon choix, ça change radicalement la donne quand je me connecte à Marvel Strike Force, j’ai enfin pu découvrir les phases de jeu que je m’interdisais et récolter les récompenses qui vont avec.

Un cadeau de Noël avant l’heure…