RSS

[BOUQUINS] Rachel Joyce – L’Inoubliable Voyage De Miss Benson

23 Août

AU MENU DU JOUR


Titre : L’Inoubliable Voyage De Miss Benson
Auteur : Rachel Joyce
Éditeur : XO
Parution : 2021
Origine : Angleterre (2020)
411 pages

De quoi ça cause ?

1950. Cette fois c’est décidé, Margery Benson, 46 ans, plaque tout (sa vie londonienne, son boulot d’enseignant…) pour se rendre en Nouvelle-Calédonie. Mais pour une telle expédition elle a besoin d’être accompagnée d’une assistante qui ferait aussi office d’interprète.

C’est finalement sur Enid Pretty, une jeune femme qui est son exact opposé, que Margery jettera (plus par dépit que par conviction) son dévolu. Leur mission : trouver et ramener à Londres le légendaire scarabée d’or de Nouvelle-Calédonie. Un insecte mythique dont le père de Margery lui a parlé alors qu’elle était enfant… juste avant de se suicider.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

À votre avis ? Je reconnais volontiers que le fait que le roman se déroule en Nouvelle-Calédonie est un argument un peu léger… mais il a pesé lourd dans mon choix.

Il est vrai que ça faisait déjà quelques temps que j’avais envie de découvrir l’univers littéraire de cette auteure, je ne savais pas vraiment par où commencer. Ce sera par la fin donc. Alea jacta est !

Ma Chronique

Que les choses soient claires afin de calmer les ardeurs d’éventuels apprentis cryptozoologues, ça fait plus de quarante ans que je vis en Nouvelle-Calédonie et je n’ai jamais entendu parler (et encore moins croisé) un quelconque scarabée d’or (juste des cafards, des fourmis, des scolopendres et autres joyeusetés à six ou huit pattes… et plus si affinités). M’est d’avis que la bestiole n’existe que dans l’imaginaire de Rachel Joyce (et accessoirement dans celui d’Edgard Alan Poe mais sous d’autres cieux).

Pour une fois je vais commencer par la fin, j’ai adoré la façon dans l’auteure raconte la genèse du roman en ouverture de ses remerciements :

Le jour où j’ai décidé d’écrire un livre sur les scarabées et la Nouvelle-Calédonie, je ne savais rien ni des uns ni de l’autre. Cette ignorance en aurait sans doute dissuadé plus d’un, mais je trouvais que c’était parfait pour commencer.

Et elle avait raison ! Ce bouquin est une totale réussite malgré quelques confusions concernant la Nouvelle-Calédonie, par exemple (liste non exhaustive) :
– le cagou n’est pas blanc mais plutôt gris / bleu,
– l’ilot Maître est une formation coralienne et non rocheuse,
– les hommes ne portent pas de jupes, mais des paréos,
– pas de gros cyclone en janvier 1951,
– pas de perroquets rouges (plutôt des perruches multicolores),
– aucun parcours de golf dans les années 50 (le premier parcours – Dumbéa – sera inauguré en 1980)…
Rien de franchement rédhibitoire pour le bon déroulé de l’intrigue. Mon plus gros doute, que j’ai la flemme de vérifier, concerne la présence d’une communauté britannique à Nouméa (pendant la seconde guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie accueillera de nombreux soldats américains qui en feront un poste avancé – aérien surtout – pour mener la guerre du Pacifique).

Revenons à nos moutons. L’intrigue est portée par deux femmes antinomiques. D’un côté on a Margery, 46 ans, un peu forte, réservée (voire un peu froide) et mal dans sa peau. De l’autre Enid, 26 ans, taille mannequin et totalement exubérante (pour ne pas dire délurée) mais totalement assumée.

Au fil des pages les deux femmes vont apprendre à s’apprécier et même à se compléter, unies par une quête commune. Une cohabitation forcée pas toujours évidente, d’autant que chacune doit composer avec son jardin secret, mais une relation qui les métamorphosera.

Un duo improbable pour une mission (impossible ?) qui l’est tout autant et que résumera fort justement Enid :

On part à l’autre bout du monde à la recherche d’un scarabée qui n’existe peut-être pas, c’est bien ça ?

Dans les faits elles ont autant de chance de croiser la route d’un scarabée d’or dans les environs de Poum que vous n’en avez de rencontrer Nessie dans un lac d’Ecosse ou de tomber sur un bigfoot lors d’une balade en forêt aux Etats-Unis.

N’allez surtout pas croire que le bouquin se limite à suivre les péripéties (nombreuses) de Margery et Enid au cours d’une quête à la Don Quichotte. Rachel Joyce nous propose une intrigue bien plus riche que ne pourraient le laisser supposer les apparences. Toutefois je n’entrerai pas dans les détails afin de laisser intact le plaisir de la découverte.

L’auteure sait y faire pour nous faire partager les émotions de ses héroïnes, avec elles nous rirons (beaucoup, parfois à leur détriment), nous douterons et nous souffrirons. On passe du rire aux larmes en l’espace de quelques pages, il suffit de peu pour que la situation de deux femmes se transforme en épreuve de survie qui ferait passer Koh Lanta pour un pique-nique en famille.

L’intrigue est sublimée par l’écriture très visuelle de Rachel Joyce, cela permet une immersion rapide et totale pour un voyage dans le temps et dans l’espace (en 1950, rallier Nouméa depuis Londres était un peu plus compliqué que de nos jours… quoique le COVID a légèrement rebattu les cartes).

Finalement ce roman fut une belle découverte qui m’a sorti de ma zone de confort. Aucun regret de m’être laissé tenter (même si l’argument de départ était un peu léger) ; je reviendrai certainement me pencher sur l’univers littéraire de Rachel Joyce.

MON VERDICT

 
3 Commentaires

Publié par le 23 août 2021 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , ,

3 réponses à “[BOUQUINS] Rachel Joyce – L’Inoubliable Voyage De Miss Benson

  1. belette2911

    25 août 2021 at 05:16

    Tu m’énerves parce que je le note ! Mais je refuse de payer le prix d’un rein pour boire une bière dans ton pays lointain 😆

     
    • Lord Arsenik

      25 août 2021 at 12:44

      Ca change des habitudes de lecture…

      Pour un rein si tu trouves un bistrotier sympa tu devrais pouvoir avoir deux, voire trois bières. 😀
      Après si tu veux une connexion internet correcte prépare toi à sacrifier un poumon !!!

       
      • belette2911

        26 août 2021 at 05:16

        Merdouille ! Bon, j’ai des poumons tout roses et minouches comme tout avec un bon souffle… je devrais pouvoir en tirer quelques pièces 😆

         

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :