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Archives Mensuelles: janvier 2021

[BOUQUINS] Tiffany McDaniel – Betty

AU MENU DU JOUR

T. McDaniel - Betty
Titre : Betty
Auteur : Tiffany McDaniel
Éditeur : Gallmeister
Parution : 2020
Origine : États-Unis
720 pages

De quoi ça cause ?

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee.

Après des années d’errance, les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, Ohio. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La véritable question serait plutôt : pourquoi avoir autant tardé alors les critiques, toutes plus élogieuses les unes que les autres, se multipliaient sur le Net ? Au risque de nager à contre-courant, je dois avouer que le bouquin ne m’inspirait pas plus que ça… L’idée de me farcir 700 pages d’une saga familiale me donnait la migraine.

Finalement la curiosité aura été plus forte que mes doutes.

Ma Chronique

Malgré les critiques dithyrambiques qui portent ce roman aux nues j’avoue que c’est presque à reculons que je m’y suis attelé, mû davantage par la curiosité que par un réel intérêt. Je craignais qu’une grande fresque familiale qui s’étale sur plus de 700 pages ne s’avère parfois laborieuse à lire ; j’me voyais déjà passer plusieurs semaines à traîner ce bouquin comme un boulet.

Finalement il ne m’aura qu’une petite semaine pour venir à bout du roman de Tiffany McDaniel ; je n’ai jamais suspendu ma lecture par lassitude, c’était soit par obligation vis-à-vis de mon quotidien, soit pour prendre le temps de digérer un passage particulièrement éprouvant du récit.

Pour écrire ce roman l’auteure s’est inspirée de l’histoire de sa propre mère e d’autres femmes de sa famille avant elle. Où s’arrête la réalité et où commence la fiction ? Seule Tiffany McDaniel peut répondre à cette question. Une chose est sûre la vie de la famille Carpenter, que vous découvrirez en lisant Betty, n’est pas un long fleuve tranquille ; elle a été ponctuée de nombreux drames au fil des ans.

Dans la famille Carpenter, je voudrais le père, Landon. Honnêtement je crois que je n’ai jamais croisé un personnage aussi charismatique et empathique dans un roman. Malgré les épreuves qu’il devra traverser, il ne baissera jamais les bras et sera toujours présent pour réconforter les siens et les pousser à aller de l’avant. Souvent à grand renforts de légendes indiennes (fier d’être un Cherokee) et autres histoires nées de son imagination.

Dans la famille Carpenter, je voudrais la mère, Alka. On découvre dans les premières pages du roman une jeune femme battue par son père, sa rencontre avec Landon lui offrira une chance d’échapper à l’emprise paternelle. Une personnalité complexe qui parait souvent froide, voire franchement méchante (pauvre Birdie) ; elle cache en fait de profondes blessures secrètes qui se révéleront au fil des chapitres et des années (ceci dit ça n’excuse pas tout… pas vrai Birdie ?).

Dans la famille Carpenter, je voudrais les enfants. Huit enfants en tout mais deux ne survivront pas assez longtemps pour intégrer l’histoire que nous conte Betty. Dans l’ordre de venue au monde : Leland (1939), Fraya (1944), Flossie (1951), Betty (1954), Turstin (1956) et Lint (1957).

C’est donc Betty qui nous raconte l’histoire de sa famille – et la sienne –, une histoire qui s’étalera de 1961 à 1973, jusqu’à ce qu’elle prenne son envol pour écrire sa propre histoire individuelle.

Betty qui découvrira bien malgré elle que la vie d’une jeune métisse dans le sud profond des États-Unis n’est pas une sinécure. Très vite elle devra faire face au racisme (et la connerie) ordinaire de ses camarades de classe ; mais le pire dans tout ça reste sans doute l’indifférence des enseignants, leur absence de réaction est une forme d’encouragement silencieux à la moquerie, aux insultes et autres humiliations.

Au-delà du racisme, Betty sera aussi confrontée (sans forcément les subir directement) aux perversions (passées ou présentes) des uns et des autres. Ainsi il sera question de viol et d’inceste (merci maman, pour cet inoubliable cadeau d’anniversaire offert pour les neuf ans de Betty).

Comme si cela ne suffisait pas, les Carpenter devront aussi faire face à de nombreux drames familiaux, plus d’une fois la mort viendra endeuiller cette famille.

Mais Betty n’est pas que noirceur, c’est aussi un formidable message d’espoir et une ode à la femme. Aux femmes qui doivent se battre plus que les hommes pour s’imposer dans la société (et c’est encore vrai de nos jours) et faire face à des préjugés éculés.

À ce moment-là, j’ai compris que les pantalons et les jupes, tout comme les sexes, n’étaient pas considérés comme égaux dans notre société. Porter un pantalon, c’était être habillé pour exercer le pouvoir. Porter une jupe, c’était être habillée pour faire la vaisselle.

C’est sans grande conviction que j’ai ouvert ce roman, c’est totalement conquis que je le referme. Incontestablement Betty est une histoire qui marque durablement les esprits. Un tourbillon d’émotions qui entraîne le lecteur du rire aux larmes.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 28 janvier 2021 dans Bouquins

 

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[TV NEWS] American Horror Story – 1984

AU PROGRAMME DU JOUR


Titre : American Horror Story – 1984
Saison : 9
Création : Brad Falchuk & Ryan Murphy
Production : 20th Century Fox
Chaine d’origine : FX
Diffusion France : Canal+ / Netflix
Origine : Etats-Unis
Format : 9 épisodes de 42 minutes

Casting

Emma Roberts : Brooke Thompson
Billie Lourd : Montana Duke
Leslie Grossman : Margaret Booth
Cody Fern : Xavier Plympton
Matthew Morrison : Trevor Kirchner
Gus Kenworthy : Chet Clancy
John Carroll Lynch : Benjamin Richter
Angelica Ross : Rita Chambers
Zach Villa : Richard Ramirez

Le pitch

Un soir d’été 1970, les vacances des pensionnaires du camp Redwood sont abrégées dans le sang par l’irruption de M. Jingle, un tueur psychopathe qui assassine neuf adolescents dans leur dortoir avant d’être appréhendé par la police.

Quatorze ans plus tard, alors qu’un groupe de jeunes moniteurs participe à la réouverture du camp, M. Jingle s’évade de prison…

Ma chronique

Comme à l’accoutumée les saisons de American Horror Story se suivent et ne se ressemblent pas. Nouveau changement de cap à l’occasion de cette neuvième saison ; on hésite entre hommage et parodie aux slasher movies (on pense notamment aux franchises Vendredi 13 et Halloween), mais aussi à toute la culture pop des années 80.

Au fil de ses neuf épisodes, cette nouvelle saison nous fait voyager dans le temps. Les cinq premiers épisodes nous embarquent pour 1984 (avec quelques flashbacks en prime), les trois suivants nous plongent en 1989 et le dernier est contemporain puisqu’il se déroule en 2019. Trois périodes et trois ambiances distinctes.

Malgré l’absence au casting d’Evan Peters et de Sarah Paulson (qui ont été présents au cours des huit saisons précédentes), les acteurs sont convaincants dans les personnages et leur évolution au fil du temps. Une interprétation souvent exagérément surjouée mais on sent que c’est voulu, voire même revendiqué.

Si les premiers épisodes respectent plus ou moins scrupuleusement les codes du slasher movie, les choses se corsent dès le quatrième épisode avec un revirement de situation pour le moins inattendu… voire inapproprié. Ce qui pourrait passer pour du grand portnawak dans un autre contexte, est accepté ici. Cette saison semble résolument placée sous le signe de la surenchère et de la dérision, alors amusons nous sans prise de tête, tout simplement.

Une saison nettement plus légère que ce à quoi nous étions habitués, déconcertant certes mais après tout pourquoi pas. Ne vous y trompez pas, avec des références comme Vendredi 13 ou Halloween, l’hémoglobine est bien de la partie mais sans réelle volonté de créer le grand frisson.

Certainement pas l’une des meilleures saisons de la saga American Horror Story, cette neuvième saison a toutefois le mérite de rester divertissante sans véritable fausse note. Les puristes et fan des eighties auraient sans doute apprécié un hommage plus « sérieux » aux slasher movies ; mais à bien y réfléchir, vous avez déjà eu la trouille en matant un Vendredi 13 ? C’est gore oui, mais niveau tension psychologique on est plutôt au ras des pâquerettes.

Que les fans de la série se rassurent, une dixième saison a bien été commandée par FX, mais, crise sanitaire oblige, le tournage a été reporté à une date ultérieure. La chaîne serait même partante pour trois saisons complémentaires, à condition que Ryan Murphy et Brad Falchuk suivent.

♥♥♥½

 
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Publié par le 27 janvier 2021 dans TV News

 

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[BOUQUINS] Katrine Engberg – L’Enfant Étoile

AU MENU DU JOUR

K. Engberg - L'enfant étoile
Titre : L’Enfant Étoile
Auteur : Katrine Engberg
Éditeur : Fleuve
Parution : 2021
Origine : Danemark (2016)
416 pages

De quoi ça cause ?

Une jeune étudiante est retrouvée morte dans son appartement de Copenhague, le visage mutilé au couteau. Personne n’a vu ou entendu quoi que ce soit d’inhabituel.

Pour l’inspecteur Jeppe Korner et son assistante, Annette Werner, en charge de l’affaire, l’enquête s’annonce complexe et va les amener à déterrer les sombres secrets des uns et des autres…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que je suis un inconditionnel du polar nordique. Comme le bandeau présente Katrine Engberg comme « auteure phénomène » du genre, ça titille forcément ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie Fleuve Éditions et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Avec L’Enfant Étoile Katrine Engberg signe son premier roman, et le premier d’une série réunissant le duo Korner / Werner.

Commençons par les personnages et le duo formé par les enquêteurs Jeppe Korner et Annette Werner. Deux personnalités radicalement différentes dont la collaboration pourrait faire des étincelles mais qui fonctionne plutôt bien… avec quelques prises de bec çà et là.

Jeppe Korner peine à se remettre d’un divorce difficile qui ‘a plongé dans une profonde dépression. Un individu réservé et un tantinet obsessionnel, voire psychorigide. Au fil des chapitres on apprend à la connaître et à l’apprécier, derrière l’image bourrue qu’il renvoie se cache un être profondément sensible et humain.

Annette Werner serait quant à elle plutôt du genre pile électrique qui fonctionne à l’instinct. Épanouie et heureuse dans sa vie de couple. Une personnalité plus limpide que celle de Jeppe qui ne l’empêche pas d’avoir un caractère bien trempé.

Autre personnage clé de l’intrigue, la propriétaire de l’immeuble et voisine de la victime, Esther De Laurenti. Prof de littérature à la retraite, elle s’est mise en tête d’écrire un roman policier dont elle partage l’avancée au sein d’un groupe de lecture. Une femme d’un certain âge qui vit seule avec ses deux carlins. Qui va se retrouver bien malgré elle entraînée dans cette sordide affaire, le tueur ayant copié jusque dans le moindre détail, le crime qu’elle décrit dans son roman.

Et il y a la victime, la jeune Julie Stender. Bien que morte elle va occuper une place essentielle dans le déroulé de l’intrigue. Il faut bien reconnaître que sous ses airs de jeune fille modèle, se cachent de lourds et sombres secrets.

Les autres personnages liés à l’intrigue ne sont pas laissés en plan, l’auteure leur a forgé à chacun une personnalité propre. De fait certains vous apparaîtront plus ou moins appréciables, alors que vous adorerez en détester d’autres.

À la lecture on sent que Katrine Engberg est très attachée à la ville de Copenhague, à tel point que la capitale danoise devient presque un personnage à part entière du roman et non un simple décor.

Bien que de construction relativement classique, l’intrigue fonctionne bien. Les nombreuses fausses pistes qui viendront égarer les enquêteurs (et accessoirement les lecteurs) assurent une lecture captivante de bout en bout. Une intrigue parfois complexe et retorse mais jamais embrouillée.

Pour un premier roman l’auteure tire bien son épingle du jeu sans chercher à révolutionner le genre. Un peu tôt pour parler de nouvelle reine du polar nordique ou d’auteure phénomène, mais c’est plutôt prometteur pour la suite. Personnellement je suis partant pour retrouver Jeppe et Annette pour de nouvelles enquêtes (ça tombe bien, si j’ai bien tout compris trois autres romans sont d’ores et déjà disponibles en VO… yapuka cas attendre leur traduction).

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 janvier 2021 dans Bouquins

 

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[TV NEWS] Killing Eve

AU PROGRAMME DU JOUR

Killing Eve


Titre : Killing Eve
Saisons : 1 à 3
Création : Phoebe Waller-Bridge
Production : Sid Gentle Films
Diffusion pays d’origine : BBC
Diffusion France : Canal+ puis TF1
Origine : Angleterre
Format : 8 épisodes de 42 minutes par saison

Casting

Sandra Oh : Eve Polastri
Jodie Comer : Villanelle
Fiona Shaw : Carolyn Martens
Kim Bodnia : Kostantin Vasiliev

Le pitch

Eve Polastri, agent du MI-5, intègre une équipe chargée d’enquêter sur la terrible et talentueuse Villanelle, une tueuse psychopathe. Mais les deux femmes vont commencer à être obsédées l’une par l’autre. Commence alors un sombre jeu du chat et la souris.

Ma chronique

Autant au niveau livresque je me tiens à jour dans mes chroniques, autant au niveau des films et séries je suis à la ramasse… Plutôt que de ramer à contre-courant j’ai décidé de passer plusieurs futures potentielles chroniques à la poubelle. Mais il y a toutefois des incontournables que je ne peux passer sous silence.

Killing Eve n’est pas une énième série policière, c’est bel et bien une série policière mais elle se démarque par son originalité et surtout par la force de ses personnages.

Je connais Sandra Oh de nom pour sa participation à la série médicale Grey’s Anatomy (de nom uniquement, je n’ai jamais regardé cette série) ; ici elle incarne un agent du MI-5 qui va se retrouver confrontée à une enquête qui l’obsédera jour et nuit… au risque de mettre en danger sa vie de couple ; faut dire aussi que le mari (incarné par Owen McDonnell) est plutôt du genre « spécial ». Au départ elle apparaît comme un personnage plutôt réservé, voire effacé, qui va s’affirmer au fil des épisodes… et devra même dépasser ses limites face à une adversaire implacable.

L’adversaire en question c’est Vilanelle, une tueuse à gage qui œuvre pour le compte d’une mystérieuse organisation. Une tueuse qui planifie et met en scène chacun de ses crimes en un subtil mélange de sang-froid et d’esthétisme. Incontestablement Jodie Comer (qui interprète Vilanelle) est LA révélation de cette série. Elle donne vie à son personnage en faisant d’elle une personnalité complexe qui ne ressemble à nulle autre. Tout est parfaitement maîtrisé dans son interprétation d’une tueuse incapable de la moindre empathie (à part pour Eve Polastri justement), totalement décalée face au monde qui l’entoure et aussi inventive qu’impitoyable quand il s’agit d’ôter la vie à ses victimes.

La grande force de cette série repose sur la relation entre ses deux personnages que tout oppose qui, au fur à mesure que se déroulera un jeu du chat et de la souris semé de cadavres, évoluera entre « amour » et haine… jusqu’à virer, pour l’une comme pour l’autre, à l’obsession (voire la fascination).

Avec deux personnages aussi charismatiques qui imposent leur présence à l’écran, il eut été facile (voire tentant) de laisser les personnages secondaires en arrière-plan sans vraiment chercher à développer leur personnalité. Que nenni braves gens ! Aucun rôle n’est laissé en plan, chacun bénéficie d’un traitement aux petits oignons, à commencer par Carolyn Martens, la supérieure d’Eve et Kostantin Vasiliev, le « superviseur » de Vilanelle. Mais pas que…

Pour que la sauce prenne il faut aussi que l’intrigue tienne la route. Rien à redire sur ce point non plus, on enchaîne les épisodes en en réclamant toujours plus. Le cocktail suspense (fortement teinté à l’hémoglobine), humour (souvent noir) et psychologie est parfaitement dosé et maîtrisé. Tout est fait (et bien fait) pour que le spectateur reste scotché à son écran.

À l’origine Killing Eve est une série littéraire signé Luke Jennings, le premier opus a été décliné sous forme de roman-feuilleton en quatre épisodes avant d’être publié en un tome unique. Depuis deux autres volumes ont vu le jour. La série est une (très) libre adaptation des romans.

Une quatrième saison, qui pourrait bien (au vu du final de la troisième saison) être l’occasion d’un total revirement de situation, est actuellement en chantier. Il me tarde de la découvrir.  Bien que totalement fan de cette série (vous l’aurez sans doute compris) j’espère vraiment que la BBC saura exploiter au mieux la franchise et surtout s’arrêter à temps (ce serait vraiment regrettable qu’une ultime saison foireuse vienne gâcher une série qui est, à ce jour, une totale réussite).

♥♥♥♥♥

 
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Publié par le 19 janvier 2021 dans TV News

 

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[BOUQUINS] Isabelle Villain – À Pas De Loup

AU MENU DU JOUR

I. Villan - A pas de loup
Titre : À Pas De Loup
Auteur : Isabelle Villain
Éditeur : Taurnada
Parution : 2021
Origine : France
256 pages

De quoi ça cause ?

Rosalie vit seule avec son fils, Martin, au sein d’une communauté écoresponsable et autonome qui a élu domicile dans un hameau isolé des Alpes de Haute-Provence. Une vie en totale harmonie avec l’environnement.

Un matin c’est le drame, Martin a disparu ! Refusant de céder à la panique, Rosalie soupçonne son ex-mari, Philippe, d’être à l’origine de cet « enlèvement » ; elle se persuade que la situation se réglera d’elle-même d’ici quelques jours.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et que leur catalogue est riche en pépites.

Parce que j’ai beaucoup aimé les deux précédents romans d’Isabelle Villain, j’étais curieux de la découvrir dans un environnement nouveau (même si j’espère bien retrouver le groupe de Lost prochainement).

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour l’envoi de ce roman. J’aurais aimé pouvoir proposer une chronique en avant-première, mais ça n’a pas été possible du fait d’une actualité littéraire chargée et d’un emploi du temps personnel plutôt serré (préparation des fêtes de fin d’année oblige).

Je n’ai lu que les deux précédents romans d’Isabelle Villain (Mauvais Genre et Blessures Invisibles), qui étaient de très bons (et plus si affinités) polars dont les intrigues étaient menées par des personnages récurrents chers à l’auteure : le groupe de Lost (Rebecca de Lost étant à la tête du groupe d’enquêteurs de la Crim’).  J’étais donc curieux de découvrir l’auteure hors de sa zone de confort, curieux, mais confiant.

Avec ce roman Isabelle Villain s’essaye au thriller fortement teinté de noir (même si cela ne saute pas aux yeux de prime abord), et le résultat est à la hauteur de nos attentes (et espoirs), voire même bien au-delà de tout ce à quoi on pouvait s’attendre.

Incontestablement le coup de force du roman (et de l’auteure) et de retourner totalement son intrigue et ses lecteurs au bout de quelques chapitres.

Dès les premières pages le lecteur se forge une idée assez précise de qui est du bon côté de la barrière, et de qui est du mauvais côté… quelques sous-entendus bien passés par Isabelle Villain viennent renforcer notre ressenti. Quelques chapitres plus tard nos certitudes se fendillent avant que la donne ne s’inverse littéralement. Un joli tour de force parfaitement orchestré par l’auteure !

L’aspect policier de l’intrigue intervient plus tardivement dans le déroulé de l’intrigue. Dès la première scène de crime, le lecteur peut avoir des soupçons quant au(x) coupable(s), mais sans qu’aucune certitude factuelle ne vienne étayer lesdits soupçons. La seconde scène de crime vient balayer les derniers doutes que l’on pouvait avoir, pas de preuve concrète, mais une certitude absolue.

Isabelle Villain orchestre son intrigue d’une main de maître, rien n’est laissé au hasard, les faits s’enchaînent et s’emboîtent en une mécanique parfaitement rôdée. Une mécanique de plus en plus glaçante pour le lecteur qui plonge de plus en plus loin dans les méandres obscurs de la psyché humaine.

Bien entendu pour que la sauce prenne totalement il faut que les personnages soient traités avec la même efficacité (j’aurai presque envie d’ajouter, avec la même duplicité) ; là encore l’auteure réussit un sans-faute.

Si vous voulez savoir comment un le rêve d’une vie écoresponsable peut tourner au pire cauchemar sectaire ; je vous encourage vivement à lire ce roman.

Une fois de plus les éditions Taurnada accrochent une pépite à un catalogue déjà bien fourni, quant à Isabelle Villain, elle peut ajouter une étoile noire à son palmarès.

MON VERDICT

 
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Publié par le 17 janvier 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Ludovic Lancien – Les Oubliés De Dieu

AU MENU DU JOUR

L. Lancien - Les oubliés de Dieu

Titre : Les Oubliés De Dieu
Auteur : Ludovic Lancien
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : France
494 pages

De quoi ça cause ?

Un médecin généraliste est retrouvé mort à son cabinet ; le(s) meurtrier(s) se sont acharnés sur leur victime pour le massacrer et le mutiler.

Rapidement les policiers chargés de l’enquête découvrent que sous une respectabilité de façade, la victime cachait de sombres secrets. Des secrets qui pourraient bien les mener sur la piste du (ou des) coupable(s)… une piste jalonnée de cadavres.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Le pitch me semblait prometteur. Et ça faisait déjà un moment que l’envie de découvrir cet auteur me titillait.

J’ai laissé passer le coche avec son premier roman, Le Singe D’Harlow, qui a rapidement rejoint mon Stock à Lire Numérique… avant de s’y perdre, noyé dans la masse. Après m’être assuré auprès de Ludovic Lancien que ce roman pouvait être lu indépendamment du précédent, je me suis lancé.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

À l’origine c’est Ludovic Lancien qui m’a contacté via Facebook afin de me proposer de découvrir son roman. Offre que j’ai accepté, après m’être assuré qu’il pouvait être lu indépendamment de son précédent (et premier) roman. La maison d’édition devait me faire parvenir le fichier epub mais ça a cafouillé quelque part… C’est pourquoi j’ai proposé à l’auteur de faire une demande en bonne et due forme via Net Galley.

Comme souvent dans un thriller, le roman s’ouvre sur une scène de crime (passé un prologue pour le moins énigmatique… qui prendra tout son sens bien plus tard), une scène crime qui plonge directement le lecteur dans le grand bain ! La victime, un médecin généraliste sans histoire, a été littéralement déchiquetée par son ou ses assassins. Qu’est-ce qui bien justifier un tel acharnement ? Une telle haine ?

C’est une des nombreuses questions qui se poseront à l’équipe chargée de l’enquête, et tout particulièrement au capitaine Gabriel Darui. Et si je vous disais qu’une partie de la réponse réside dans la tératologie. Ça vous fait de belles jambes ? J’avoue que moi aussi j’ai découvert ce terme à la lecture du roman.

Étymologiquement parlant la tératologie est l’étude des monstres (du grec ancien tératos, signifiant monstres). La définition du Larousse apporte un éclairage plus scientifique au terme : « Science qui traite des anomalies et des malformations liées à une perturbation du développement embryonnaire ou fœtal. »

Entre de mauvaises mains, ce genre de centre d’intérêt peut aboutir aux pires dérives (je pense notamment aux idées nauséabondes du régime nazi). Notre brave Docteur Mievel, la victime, n’est certes pas un adepte du Dr Mengele, mais ses intentions ne sont pas pour autant louables. L’apparente respectabilité du toubib commence à se fissurer… et ce n’est que le début !

Le titre du roman est une référence directe à la tératologie, les « oubliés » en question désignant ces fameux « monstres ». Comme vous pourrez le constater à la lecture du bouquin, la tératologie n’est pas que prétexte aux plus sombres dérives de l’âme humaine ; elle peut aussi donner lieu à des initiatives pleines d’humanité et d’empathie.

Ludovic Lancien nous offre une intrigue aussi intelligente que captivante, le lecteur est tenu en haleine quasiment non-stop au vu des nombreux rebondissements et retournements de situation.

L’autre force du roman réside dans ses personnages. À commencer par Gabriel, en plus d’être confronté à une enquête particulièrement éprouvante, il doit faire face à une situation personnelle douloureuse. Pauline, son épouse, est en phase terminale d’un cancer qu’elle affronte la tête haute, malgré la douleur qui l’accable, Gabriel n’a pas le droit de flancher.

Le reste de l’équipe est composé d’Éric ‘Le Bélier’ Blasco, chef de groupe bourru, mais au grand cœur, Noémie Egawa, lieutenant au tempérament sanguin et Jérémy Perrin, jeune lieutenant qui vient d’intégrer le Bastion.

Les autres personnages du roman ne sont pas pour autant laissés pour compte, c’est volontairement que je fais l’impasse sur eux afin de laisser intact le plaisir de la découverte.

Avec ce thriller fortement teinté de noir (pour l’ambiance générale) et de rouge (pour l’hémoglobine), Ludovic Lancien signe quasiment un sans-faute. J’ai été bluffé de bout en bout.

Si le roman peut effectivement être lu et apprécié indépendamment du Singe D’Harlow, il m’a en tout cas donné envie de découvrir ce premier roman. Ne serait-ce que pour en apprendre plus sur ce mystérieux Lucas, le prédécesseur du Bélier.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 14 janvier 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Eoin Colfer – Le Dernier Dragon Sur Terre

AU MENU DU JOUR

E. Colfer - Le dernier dragon sur terre

Titre : Le Dernier Dragon Sur Terre
Auteur : Eoin Colfer
Éditeur : Pygmalion
Parution : 2020
Origine : Grande-Bretagne
400 pages

De quoi ça cause ?

Quand Everett ‘Squib’ Moreau, un jeune débrouillard, un peu fainéant et roublard, qui connaît les marais comme sa poche, est le témoin d’une scène à laquelle il n’aurait jamais dû assister, il sait que sa survie ne tient qu’à un fil… et à sa fuite !

Sauf que ladite fuite le mène tout droit à la planque de Vern, un ancien seigneur dragon qui vit aujourd’hui planqué au fin fond des marais.

Pour Vern il ne fait aucun doute que ce visiteur imprévu doit être éliminé… à moins que le dragon et l’adolescent ne scellent un accord gagnant-gagnant.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Une envie de fantasy qui sorte de l’ordinaire.

Ma Chronique

Eoin Colfer est surtout connu en tant qu’auteur de littérature jeunesse, notamment avec sa saga Artemis Fowl, mais il est plutôt du genre touche-à-tout. Il a ainsi signé l’ultime volet de la série du Guide Du Voyageur Galactique (les cinq précédents volumes ayant été écrits par Douglas Adams), et deux romans policiers publiés dans la collection Série Noire de Gallimard. Le Dernier Dragon Sur Terre est sa première incursion en fantasy adulte.

De son propre aveu, l’auteur aime prendre un genre littéraire et le tordre en revisitant ses règles ; et c’est exactement ce qu’il fait avec le présent roman. S’il y a bien un dragon au cœur de l’intrigue, celui-ci ne ressemble en rien à ceux que l’on a l’habitude dans le monde de la fantasy. D’autre part son intrigue se déroule en Louisiane de nos jours.

Ce curieux mélange donne au final en roman qui tire plus vers le thriller que vers la fantasy pure et dure. Un thriller au second degré improbable totalement assumé.

Hormis la présence du dragon et d’une autre créature fantastique, l’intrigue demeure relativement classique. Le ton léger et les nombreuses touches d’humour viennent contrebalancer une ambiance qui aurait rapidement pu virer au noir tendance glauque.

Une lecture agréable, mais qui ne restera pas dans les annales du genre (ou plutôt devrai-je dire, des genres). C’est bien écrit, c’est léger, c’est décalé, ça ne manquera pas de vous faire sourire, mais ça reste très superficiel.

L’aspect atypique de Vern nous rend le dragon sympathique même s’il a parfois un foutu caractère et n’est pas un modèle de sociabilité (c’est marrant j’ai l’impression de parler de moi). Dans la même veine, mais pour d’autres raisons, on s’attache facilement au personnage de Squib.

C’est Regence Hooke, représentant de la loi corrompu, pourri jusqu’à la moelle, vicieux et magouilleur qui incarne le méchant de l’histoire. Et méchant il l’est incontestablement, surtout avec ceux qui auraient la mauvaise idée de venir piétiner ses plates-bandes ou contrecarrer ses ambitions. Sauf qu’en l’occurrence le trait est tellement poussé à l’extrême qu’il en deviendrait presque risible.

Étrangement ces bémols ne gâchent pas le plaisir, sans doute parce qu’on sent à la lecture qu’ils sont voulus et assumés par Eoin Colfer.

Une lecture sympathique pour commencer cette nouvelle année avec un peu de légèreté.

Le Dernier Dragon Sur Terre (Highfire en VO) va être prochainement adapté au format série animée pour la chaine Amazon Prime, c’est Nicolas ‘Moumoute’ Cage qui prêtera sa voix à Vern.

MON VERDICT

 
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Publié par le 8 janvier 2021 dans Bouquins

 

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Bilan livresque 2020

Bilan livresque

2020 s’achève avec 91 livres lus, c’est mieux que ces deux dernières années (86 ivres lus en 2019 et 79 en 2018) mais je n’ai toujours pas franchi le cap des 100 bouquins lus.

Il n’en reste pas moins que le bilan est plus que positif avec 6 coups doubles attribués, 8 coups de cœur et 9 coups de poing.

Mes notes se répartissent comme suit :

    • 15 livres ont obtenu 5 Jack
    • 24 livres, 4.5 Jack
    • 33 livres, 4 Jack
    • 12 livres, 3.5 Jack
    • 5 livres, 3 Jack
    • 1 livre, 2.5 Jack
    • 1 livre, 2 Jack

Soit une honorable moyenne de 4,1 sur 5.

Janvier
7 livres lus
Que Tombe Le Silence de Christophe Guillaumot

Février
8 livres lus
L’Institut de Stephen King

Mars
10 livres lus
Dracula de Bram Stoker et Georges Bess

Avril
6 livres lus
Ce Lien Entre Nous de David Joy

Mai
7 livres lus
L’Homme De La Plaine Du Nord de Sonja Delzongle

Juin
8 livres lus
Il Était Deux Fois de Franck Thilliez

Juillet
7 Livres lus
Holiday de T.M. Logan

Août
8 livres lus
L’Ami Imaginaire de Stephen Chbosky

Septembre
8 livres lus
La Peine Du Bourreau d’Estelle Tharreau

Octobre
6 livres lus
Les Monstres de Maud Mayeras

Novembre
6 livres lus
Némésis de Xavier Massé

Décembre
10 livres lus
La Mort D’Une Sirène de Rydahl & Kazinski

And THE ONE 2020 is…

M. Mayeras - Les Monstres

 
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Publié par le 1 janvier 2021 dans Bouquins

 

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Fuck you 2020… Welcome 2021 !

Ca va être coton de faire pire que 2020 !

 
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Publié par le 1 janvier 2021 dans No comment

 

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