[BOUQUINS] Jax Miller – Les Lumières De L’Aube

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J. Miller - Les lumières de l'aube

Titre : Les Lumières De L’Aube
Auteur : Jax Miller
Éditeur : Plon
Parution : 2020
Origine : États-Unis
384 pages

De quoi ça cause ?

29 décembre 1999. Welsh, Oklahoma. Lauria Bible et Ashley Freeman passent la soirée dans le mobile home des Freeman avec les parents d’Ashley.

Au petit matin du 30 décembre, le mobile home est la proie des flammes. Dans les décombres encore fumants, les parents d’Ashley sont retrouvés morts, tués par balle. Aucune trace d’Ashley et Lauria…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça faisait déjà quelques temps que j’avais envie de découvrir l’univers littéraire de Jax Miller… Ce n’est qu’après coup que j’ai découvert que le présent roman n’était pas totalement une œuvre de fiction, mais une enquête d’un type assez peu courant chez les auteurs français : le true crime. Une enquête plus ou moins romancée construite autour d’un crime bien réel.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Plon et Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation pour ce titre.

En jetant mon dévolu sur le troisième titre de Jax Miller, j’ignorais que j’allais me frotter à un récit de type true crime concernant un fait divers passé totalement inaperçu en France. Un double meurtre très vaguement (et négligemment) dissimulé par l’incendie du mobile home du couple Freeman, mais aussi et surtout la disparition de deux adolescentes (Ashley Freeman, la fille de Kathy et Danny, les victimes retrouvées dans les décombres, et sa meilleure amie, Lauria Bible). Ainsi démarre ce qui deviendra l’affaire Freeman-Bible…

N’ayant jamais entendu parler de cette affaire, je me suis demandé si je parviendrai malgré tout à m’y intéresser. La réponse s’est imposée dès les premiers chapitres lus, c’est un oui franc et massif. Deux raisons à cela : la complexité de l’affaire et l’impressionnant travail fourni par Jax Miller pour nous livrer cette enquête.

C’est en 2015 que Jax Miller a commencé à s’intéresser à l’affaire Freeman-Bible, une affaire sur laquelle elle va travailler envers et contre tout (et parfois tous) pendant quatre ans. Quatre années à interroger les proches des victimes (elle travaillera beaucoup aux côtés de Lorene Bible, la mère de Lauria), les policiers chargés de l’enquête, les suspects et toute personne ayant pu être mêlée de près ou de loin à cette sombre affaire.

Le résultat est tout simplement bluffant, on est en totale immersion dans une enquête où la réalité dépasse parfois la fiction… rarement pour le meilleur, souvent pour le pire !

Le pire c’est une enquête de police plus que défaillante, avec des preuves égarées, des témoins ignorés, des pistes et indices jamais explorés. De là à penser que l’enquête a été volontairement salopée il n’y a qu’un pas.

Il faut dire qu’entre la famille Freeman et la police ce n’est pas franchement l’amour fou. Danny Freeman était déjà connu pour son tempérament sanguin (pour rester poli). Shane, le fils aîné, était un délinquant notoire… jusqu’à ce qu’il soit abattu par la police dans des circonstances pas clairement établies. Dès lors Danny et Kathy Freeman remuaient ciel et terre pour que l’erreur policière soit reconnue.

À l’occasion de son enquête Jax Miller pointera du doigt de nombreuses autres défaillances de la police (et par extension du système judiciaire) de l’Oklahoma. Certaines affaires de corruption conduiront même leurs auteurs devant la justice et se solderont par de lourdes condamnations.

Mais le pire c’est aussi un territoire où la meth fait des ravages. Les labos plus ou moins clandestins se multiplient, certains patelins sont même des zones de non droit où les trafiquants règnent en maîtres absolus. Un terrain de jeu propice à l’expansion de multiples activités criminelles, de la plus anodine, à la plus grave.

Si un auteur présentait un tel cocktail comme toile de fond de son intrigue, le lecteur refuserait d’y croire tant ça semblerait trop énorme pour être vrai. Et pourtant ici tout est vrai… et c’est sans doute ce qui contribue à rendre ce témoignage aussi glaçant. Pas besoin d’artifices ou de surenchère, la (dure) réalité des faits se suffit à elle-même.

Il y a peu (voire pas du tout) de ressources francophones relatives à l’affaire Freeman-Bible sur le net, vous apprendrez tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet en lisant le présent bouquin. Si toutefois vous voulez avoir un aperçu de la chose avant de vous lancer je vous invite à consulter la page Wikipedia (en anglais) sur le sujet. Vous pouvez aussi vous reporter à la page Facebook Find Laurie Bible-BBI ou au site internet Findlauriebible.com.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Maxime Chattam – L’Illusion

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M. Chattam - L'illusion

Titre : L’Illusion
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : France
464 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il peine à se remettre d’une rupture, Hugo accepte un emploi de saisonnier à Val Quarrios, une modeste station de ski perdue dans les Hautes-Alpes.

Ils sont une douzaine d’employés à se charger de l’entretien des locaux et des alentours avant que la station endormie ne rouvre ses portes au public.

D’emblée Hugo se sent oppressé par l’endroit, est-il victime de son imagination un peu trop fertile ou est-ce qu’il se passe vraiment des trucs louches à Val Quarrios ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam, et pis c’est tout !

Le cadre de l’intrigue me fait un peu penser à Shining de Stephen King, du coup j’espère vraiment que Maxime Chattam ne va pas nous revisiter le roman culte du King en version made in France et low cost.

Ma Chronique

Généralement je sais qu’en ouvrant un roman de Maxime Chattam, j’ai l’assurance de passer un grand moment de lecture (même si la sauce n’avait que moyennement pris avec Le Signal, un sentiment mitigé vite oublié après la lecture de Un(e)secte), malheureusement la cuvée 2020 sera l’exception qui confirme la règle.

Pendant longtemps j’ai eu l’impression que le roman peinait à se situer entre le thriller classique et le roman fantastique, avec une intrigue naviguant entre la réalité des faits vécus par l’équipe de Val Quarrios, et les dérives (délires ?) que son imagination un peu trop débridée fait subir à Hugo.

Le roman est truffé de références à Shining (vu le cadre de l’intrigue, difficile de ne pas penser au roman de Stephen King) et autres clins d’œil au King ; de fait j’ai retrouvé la même impression qu’à la lecture du Signal : une intrigue qui échappe à son auteur, qui, par conséquent, peine à s’en dépêtrer.

À aucun moment je n’ai réussi à m’imprégner de cette intrigue et de ses personnages, tout sonne faux, au point que par moments ma lecture devenait poussive, voire pénible. Malgré une déception grandissante au fil des pages, j’ai voulu aller jusqu’au bout même si je n’attendais plus grand-chose de ce bouquin… Et je n’ai pas été déçu ! Le final tombe à plat, c’en est presque grotesque.

Ne tenant pas à flinguer un bouquin et un auteur pour le seul plaisir de les flinguer, je vais faire court et arrêter les frais. Malgré une évidente déception, je répondrai quand même présent pour le prochain roman de Maxime Chattam.

J’avais envisagé de mettre tout juste la moyenne à ce roman (tout n’est pas à jeter, ça reste lisible), mais je n’aurai pas été honnête avec moi-même.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Tom Chatfield – Bienvenue À Gomorrhe

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T. Chatfield - Bienvenue à Gomorrhe
Titre : Bienvenue À Gomorrhe
Auteur : Tom Chatfield
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : Grande-Bretagne (2019)
473 pages

De quoi ça cause ?

AZ est un hacker qui jouit d’une bonne réputation dans le milieu. Alors qu’il peaufine une opération d’infiltration d’un groupe néonazi allemand, il reçoit un appel à l’aide d’une hacktiviste traquée par l’État Islamique.

À peine l’échange terminé, une inconnue frappe à la porte de son repaire. Anna est membre d’une organisation secrète pour qui l’activité d’AZ semble n’avoir aucun secret. Elle va lui faire une offre qu’il ne peut refuser et qui va radicalement changer sa vie…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

En parcourant le catalogue de Net Galley c’est d’abord la couv’ qui m’a attiré vers ce bouquin, le pitch n’a fait qu’attiser ma curiosité et mon envie de m’y plonger.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son premier roman, Tom Chatfield opte pour un technothriller qui vous plongera dans le monde des hackers et du Darknet (le côté obscur du Net). Il faut dire que les nouvelles technologies n’ont aucun secret pour l’auteur, tech philosopher (que l’on pourrait traduire par philosophe de la technologie),  qui a déjà signé plusieurs essais et les enseigne.

Si au fil du roman ses connaissances sur le sujet sautent aux yeux, nul besoin d’être un geek accompli pour apprécier pleinement son roman. Les nombreux termes techniques sont expliqués dans un langage et une formulation accessibles à tous.

Une intrigue qui vous fera voyager de Londres à la Californie, en passant par Berlin et Athènes. Mais pas vraiment le temps d’admirer les paysages ! Dès que AZ est « enrôlé » (à l’insu de son plein gré) par l’Organisation, sa vie va se dérouler en quatrième vitesse… et sous haute tension !

Tom Chatfield sait y faire pour rendre le personnage d’AZ (Azi pour l’état civil) particulièrement attachant. Le contraste entre sa personnalité virtuelle (et l’aisance avec laquelle il évolue dans ce milieu) et sa personnalité « réelle » (et la difficulté qu’il a à lier et développer des contacts avec ses pairs) y est pour beaucoup. Il est l’archétype de l’antihéros, donnant parfois d’être un ado perdu dans le corps d’un trentenaire.

À sa décharge depuis qu’il s’est retrouvé dans cette sombre affaire dont il ignore une bonne partie des tenants et des aboutissants, difficile de savoir à qui il peut faire confiance ou de qui il doit se méfier, qui veut l’aider ou qui veut le tuer… pas franchement le contexte idéal pour développer sa sociabilité.

C’est volontairement que je ne m’attarderai pas sur les autres personnages appelés à intervenir dans le déroulé de l’intrigue. Soyez toutefois assuré que celle-ci vous réservera un bon nombre de revirements de situation, faux-semblants et trahisons en tout genre.

Tom Chatfield nous invite à naviguer eu eaux troubles, entre le Darknet dans ce qu’il a de plus sombre, les milieux néonazis qui ont de plus en plus pignon sur rue et les coulisses de l’État Islamique. Difficile de lier tout ce « beau » monde, et pourtant l’auteur nous propose une intrigue à la fois crédible, cohérente et menée tambour battant.

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en ouvrant ce bouquin (comme souvent quand on découvre le premier roman d’un auteur), mais la surprise fut des plus agréables ; c’est totalement conquis que je le referme. J’espère que Tom Chatfield ne s’arrêtera pas en si bon chemin…

MON VERDICT

[BOUQUINS] Xavier Massé – Némésis

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X. Massé - Némésis

Titre : Némésis
Auteur : Xavier Massé
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
308 pages

De quoi ça cause ?

Quand le paisible village d’Assieu est secoué par le meurtre atroce d’un nourrisson, Vincent appelle à la rescousse son ami d’enfance, David, lui aussi originaire du village. Les deux fils d’Assieu, devenus flics, vont être confrontés à une enquête qui dépasse tout ce à quoi ils pouvaient s’attendre…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, une maison d’édition dont le catalogue réserve souvent de belles surprises.

Parce que c’est Xavier Massé et que son précédent roman, L’Inconnue De L’Équation, m’avait séduit à plus d’un titre.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée et l’envoi de ce roman.

Comme souvent avec les titres proposés par Taurnada, vous allez vous engager dans une lecture courte, mais intense ; il ne vous faudra que quelques heures pour dévorer ce roman (pour ma part, avalé d’une traite), mais il vous trottera encore longtemps dans les méninges après l’avoir refermé.

Xavier Massé connaît bien le village d’Assieu (Isère) puisqu’il y a passé son enfance. Dans ses remerciements en fin d’ouvrage, l’auteur s’excuse d’avoir fait d’un endroit aussi paisible le théâtre d’une intrigue aussi sombre.

Il faut dire que d’entrée de jeu l’auteur marque les esprits avec une scène de crime doublement sordide ; d’abord parce que la victime est une petite fille de 4 mois, ensuite parce que le corps a été atrocement mutilé.

Voilà, ça c’est fait ! Désormais vous savez où vous mettez les pieds… Sauf que Xavier Massé ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, comme le chante (qui a dit le bêêêle ?) fort justement ce brave Francis (qui a dit Lalanne ?): Et ça continue encore et encore / C’est que le début d’accord, d’accord…

Avec un point de départ pareil, on aurait pu craindre que Xavier Massé ne s’échoue sur les écueils de la surenchère gratuite, il n’en est rien. Le gars mène sa barque avec brion tout dans son intrigue est parfaitement pensé et trouve la place qui lui correspond le mieux pour guider, au terme d’un jeu de piste morbide, vers un final qui ne laissera aucune question sans réponse.

Face à un assassin qui ne sème aucun indice et semble toujours avoir un coup d’avance sur la police, deux jeunes flics originaires d’Assieu. Vincent Juron n’a jamais quitté son village natal et en connaît donc tous les habitants. De son côté David Massiènas est parti pour Lyon avec sa mère alors qu’il était adolescent. Deux amis d’enfance qui se retrouvent (à la demande de Vincent) à la tête d’une enquête où tout semble défier la raison et le bon sens.

Si la complicité entre les deux amis est indéniable, on sent toutefois qu’il y a des non-dits de la part de Vincent ; ainsi quand David pose certaines questions troublantes sur la situation à Assieu, son ami a une nette tendance à éluder ou à répondre par une banalité du genre : « c’est la même chose dans tous les villages ».

Des non-dits qui vont pousser David à creuser seul certaines pistes… et ainsi l’amener à déterrer les plus sombres secrets d’Assieu. Mais aussi à découvrir une vérité qu’il n’aurait pu soupçonne tant elle est impensable (et assez peu crédible à mon avis, mais on s’en fout, on est dans une fiction).

Je n’en dirai pas davantage, car déflorer une telle intrigue relèverait du crime littéraire (et ne comptez pas sur moi pour évoquer d’autres formes de déflorations criminelles, je suis quelqu’un de respectable). Comment réagir face au dilemme final auquel David va se retrouver confronté ? Pour en savoir plus, lisez ce roman !

Une fois de plus Taurnada propose un titre qui surprend et décoiffe. Il ne passe pas loin du coup double, mais devra se contenter d’un honorable coup de poing ; c’est la communauté qui lui vole son coup de cœur (une fois encore il faut avoir lu le roman pour comprendre ma réserve).

En bonus je vous offre les premières lignes de l’article de Wikipedia consacré à la Némésis de la mythologie grecque (sachant qu’elle ne contient aucun spoiler relatif au présent roman) :

Némésis est une déesse de la mythologie grecque, mais aussi un concept : celle de la juste colère (des dieux) et du châtiment céleste. Son courroux s’abat en particulier sur les humains coupables d’hybris : démesure, mégalomanie. Elle est ainsi parfois assimilée, à la fois, à la vengeance et à l’équilibre.

MON VERDICT
Coup de poing

[BOUQUINS] Olivier Norek – Impact

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O. Norek - Impact
Titre : Impact
Auteur : Olivier Norek
Éditeur : Michel Lafon
Parution : 2020
Origine : France
348 pages

De quoi ça cause ?

Parce que sa fille est mort-née des suites d’une infection pulmonaire causée par la pollution de l’air, Virgil Solal décide de frapper fort afin d’éveiller les consciences et d’infléchir la course effrénée au profit qui entraîne inexorablement l’humanité à sa perte.

Diane Meyer, une psychocriminologue aux multiples phobies, et Nathan Modis, capitaine à la Crim’ au 36, doivent faire équipe afin de stopper Virgil et ses adeptes. Le duo va rapidement être tiraillé entre l’obligation de faire leur devoir et l’adhésion à la cause défendue par leur adversaire…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Olivier Norek, ses cinq précédents romans ont été de formidables coups de cœur, doublés de coups de poing percutants. Un sans-faute qui ne peut que me pousser à en demander encore et encore…

Ma Chronique

Une fois de plus, avec ce sixième roman, Olivier Norek surprend ses lecteurs en s’aventurant dans des thèmes où l’on ne l’attendait pas du tout. C’est en effet un roman très engagé sur le terrain de l’écologie qu’il nous propose avec Impact.

Son intrigue est l’occasion pour l’auteur de pointer du doigt les dérives de l’industrialisation à outrance et de la course au profit permanente que se livrent certaines entreprises parmi les plus puissantes du monde. Dérives qui, à terme, pourraient bien entraîner l’humanité vers son extinction.

Un roman engagé n’est pas forcément synonyme d’un roman militant, si les faits dénoncés par Olivier Norek sont bien réels (les sources – dont je laisse tout à chacun juger de leur objectivité – sont citées en fin d’ouvrage), ils ne servent pas uniquement de faire-valoir à l’intrigue. L’auteur construit une intrigue solide (mais pas totalement infaillible à mon avis), servie par des personnages forts.

Si la cause défendue par Virgil Solal est aussi noble que juste, les moyens employés pour arriver à ses fins sont nettement plus discutables (même si je n’ai aucune sympathie particulière pour les grands groupes pétroliers, et moins encore pour le système bancaire) ; les actes de Solal relèvent plus de l’écoterroriste primaire que du simple lanceur d’alerte. J’ai pour ma part beaucoup de mal à adhérer à l’idée que la fin puisse justifier de tels moyens.

En face de lui le duo composé par Diane Meyer, psychocriminologue souffrant de phobies multiples, et Nathan Modis, capitaine de la Crim’ au 36, fonctionne à la perfection. Deux personnages et deux personnalités qui vont se compléter au fil de leur collaboration.

Olivier Norek construit son intrigue en deux temps. D’abord les actions de Solal et l’enquête de police visant à le « neutraliser ». Ensuite le procès de Solal et particulièrement le plaidoyer de sa défense qui n’épargnera personne.

Sans surprise, l’écriture d’Olivier Norek est irréprochable et fait mouche. Si je salue le choix plutôt audacieux de l’auteur de proposer un roman en forme de cri d’alarme pour la planète et l’humanité, je ne peux ignorer certaines faiblesses inhérentes à son approche.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Katerina Autet – La Chute De La Maison Whyte

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K. Autet - La Chute de la Maison Whyte
Titre : La Chute De La Maison Whyte
Auteur : Katerina Autet
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : France
312 pages

De quoi ça cause ?

Rien ne va plus pour la prestigieuse et respectée famille Whyte. Le patriarche est assassiné selon une macabre mise en scène et c’est son propre fils, Skip que la police soupçonne. Pour assurer sa défense, Skip Whyte fait appel à son ami d’enfance, Zach Damon, avocat à New York spécialisé dans l’art.

Dans le même temps, Edith, l’aînée des enfants Whyte, publie un livre dans lequel elle révèle d’encombrants secrets de famille.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est un titre appartenant à la collection la Bête Noire, une raison qui se suffirait à elle seule pour me donner envie de découvrir ce roman. Cerise sur le gâteau, le roman de Katerina Autet a remporté l’édition 2020 du Grand Prix des Enquêteurs.

Chronique

Je remercie les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son premier roman Katerina Autet, auteure d’origine russe, mais française d’adoption, opte pour une approche plutôt classique façon whodunit avec un meurtre, un suspect tout désigné et un vrai coupable à identifier. Mais classique ne rime pas pour autant avec banal ou sans intérêt, loin s’en faut !

C’est aux États-Unis que l’auteure décide de situer son intrigue. Si le meurtre de William Whyte a eu lieu dans son cottage de Cape Cod (région très prisée par la richissime élite de Boston et New York dont les résidences rivalisent de faste), c’est surtout à Boston et ses environs que Zach sera amené à rencontrer et interroger ses interlocuteurs. Une région que l’auteure connait bien pour y avoir vécu plusieurs années.

La narration donne la parole au héros du roman, Zach Damon, un jeune avocat de New York spécialisé dans l’art, que son ami d’enfance, Skip Whyte, va contacter afin qu’il assure sa défense face à une accusation de meurtre. Bien que n’ayant aucune expérience de pénaliste, il va accepter cette délicate mission.

Mission qui le poussera à fouiner dans le passé de la famille Whyte, famille qu’il considère un peu comme la sienne malgré leurs nombreuses différences. Et plus son enquête va progresser, plus les sombres secrets du patriarche vont refaire surface.

Un héros au demeurant fort sympathique, des secrets de familles qui viennent éclabousser la respectabilité apparente de ladite famille et une fratrie (Edith, Caroline et Skip) malgré tout attachante ; le cadre est alléchant et sera à la hauteur de nos attentes.

Bien entendu pour que la mélodie se déroule sans fausse note, il faut que l’auteure alimente son intrigue de nombreux rebondissements, et surtout qu’ils soient crédibles. Katerina Autet nous offre un véritable festival de surprises et revirements de situation, jusqu’au bout elle entretiendra le mystère et nous fera douter de tout et de tous.

Si les personnages principaux (Zach et les 3 enfants Whyte) sont traités avec beaucoup de soins par l’auteure, elle ne laisse pas pour autant en plan ses personnages secondaires. Mention spéciale au capitaine Stone Dennis, le flic chargé de l’enquête, bourru à souhait tendance soupe au lait, mais très professionnel.

Les chapitres consacrés à l’enquête de Zach sont courts histoire d’aller à l’essentiel et de maintenir le rythme. Çà et là quelques extraits du livre d’Edith Whyte viennent ternir un peu plus l’image de William Whyte ; l’image d’Épinal du vénérable patriarche qui veille sur sa tribu prend méchamment du plomb dans l’aile.

Si le roman ne révolutionne clairement pas le genre, il s’en sort honorablement en proposant un mix agréable de tous les ingrédients qui font un bon roman policier. Le contrat est rempli, le lecteur est satisfait même s’il sait que dans quelques semaines il aura tout oublié des frasques de la famille Whyte.

MON VERDICT