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Archives du 9 juin 2020

[BOUQUINS] Guillaume Musso – La Vie Est Un Roman

AU MENU DU JOUR

G. Musso - La vie est un roman
Titre : La Vie Est Un Roman
Auteur : Guillaume Musso
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2020
Origine : France
304 pages

De quoi ça cause ?

La vie de Flora Conway, une auteure aussi brillante que discrète bascule le jour où sa fille disparaît alors qu’elles jouaient à cache-cache dans l’appartement fermé de l’intérieur de Flora.

Tandis que l’enquête de police piétine, Flora Conway commence à envisager une approche qui pourrait paraître insensée, tout en étant fidèle à la célèbre règle de Sherlock Holmes : « quand on a éliminé l’impossible, la réponse, aussi improbable qu’elle soit, est ce qui reste. » (Arthur Conan Doyle)

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Guillaume Musso, un auteur que j’ai découvert sur le tard mais qui a su me plonger en totale immersion dans son univers littéraire et réussi encore à me surprendre.

Parce que lire le dernier Musso devient presque devenu un acte militant, un doigt d’honneur brandi haut et fort à l’intention de ces intégristes culturels ras-du-bulbe qui dénigrent cette littérature de seconde zone et ne jurent que par la grande littérature. Le simple fait d’oser cette distinction est une parfaite illustration de leur obscurantisme culturel et du vide abyssal qui habite leur neurone en état végétatif depuis bien longtemps.

Ma Chronique

Alors que je me faisais une joie de dévorer, dans les plus brefs délais, le dernier roman de Guillaume Musso, il a fallu que je compose avec les aléas et les obligations du quotidien, aussi bien sur le plan professionnel que sur celui personnel. Cinq longues journées (oui, je sais, c’est énooorme) à regarder avec envie ma liseuse sans jamais trouver un créneau me permettant une réelle pause lecture. Autant vous dire que quand j’ai enfin pu me plonger dans le bouquin, je ne l’ai quasiment plus lâché avant de connaître le fin mot de l’histoire.

Ah que voilà un bouquin qui devrait rabattre le clapet de ceux et celles qui affirment (à mon avis sans jamais avoir ouvert un roman de l’auteur) que Guillaume Musso ne s’écarte jamais de sa zone de confort en proposant plus ou moins toujours la même chose à ses lecteurs.

Alors que ces derniers temps l’auteur affûtait sa plume dans le registre policier, osant même (enfin) jouer avec les règles du genre, ce nouvel opus sera bien difficile à classer dans un genre spécifique. Ça commence en effet comme un polar avec une enquête autour d’une disparition en « chambre close », mais Guillaume Musso entraînera peu à peu le lecteur aux frontières de la quatrième dimension. Et ce ne sont là que les prémices d’une intrigue qui vous réservera bien des surprises, une intrigue ou fictions et réalités (le choix des pluriels est volontaire) se mêlent…

Je ne vous cacherai pas qu’au début c’est plutôt déconcertant, on se demande si l’ami Guillaume n’aurait pas abusé de substances illicites avant de prendre la plume, mais d’un autre côté force est de reconnaître que c’est aussi un traquenard d’une redoutable efficacité ; il fois qu’il vous aura pris dans ses filets (à moins que vous ne passiez entre les mailles, ce que je peux parfaitement concevoir) vous aurez bien du mal à décrocher !

Comme ce fut le cas dans son précédent opus, La Vie Secrète Des Écrivains, Guillaume Musso s’interroge (et nous interroge par la même occasion) sur le rapport entre l’écrivain et son œuvre mais aussi entre l’écrivain et son public. Sans vouloir entrer dans les détails (je resterai volontairement dans le flou artistique durant la rédaction de cette chronique), il est plus que tentant de faire le rapprochement entre le personnage de Romain Ozorski (écrivain « grand public » à succès) et l’auteur lui-même. Analogie avec laquelle il ne se prive pas de jouer (d’autant plus aisément que le personnage de Flora Conway serait plutôt la représentante idéale de la « grande littérature ») pour tacler ses propres détracteurs (mes copains les intégristes culturels).

Pour appuyer son propos Guillaume Musso parsème son récit de références à d’autres auteurs, qu’ils soient classiques ou contemporains, français ou internationaux, et quels que soit leur genre de prédilection. Un éclectisme qui fait un nouveau pied de nez à un certain public qui s’autoproclame « élitiste » dans ses choix littéraires.

Chapeau bas à Guillaume Musso pour cette intrigue construite avec beaucoup d’audace mais toujours gardée sous contrôle (malgré les apparences parfois trompeuses) ; que les plus cartésiens se rassurent : « tout s’explique à la fin ! ».

Un pari osé qui ne plaira sans doute pas à tout le monde – même parmi les inconditionnels de Guillaume Musso – mais pour lequel j’ai été bon public. Je me suis en effet rapidement pris au jeu et du coup la curiosité a très vite pris le pas sur le léger doute qui pouvait subsister.

Certes pas le meilleur des Musso pour moi, mais sans aucun doute l’un des plus audacieux. Juste pour ça, je dis respect.

MON VERDICT

 
3 Commentaires

Publié par le 9 juin 2020 dans Bouquins

 

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