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Archives du 15 février 2020

[BOUQUINS] Tito Desforges – La Machine À Brouillard

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T. Desforges - La machine à brouillard

Titre : La Machine À Brouillard
Auteur : Tito Desforges
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
217 pages

De quoi ça cause ?

Alors que Mac Murphy et fille, Louise, s’offrent une virée dans le bush australien, ils font un stop à Grosvernor-Mine, un patelin paumé au milieu de nulle part.

Le père et la fille s’installent à u ne table de l’unique restaurant du bled. Mac Murphy passe la commande avant de s’éclipser le temps d’un rapide brin de toilette. À son retour, Louise a disparu. Persuadé qu’elle a été kidnappée, Mac Murphy va tout mettre en œuvre pour la retrouver, quitte à se battre seul contre tous…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et que Joël m’a aimablement proposé de découvrir ce titre.

Le fait que l’histoire se déroule en Australie est pour moi un plus indéniable.

Ma Chronique

Merci aux éditions Taurnada et tout particulièrement à Joël pour l’envoi de ce roman.

Malgré une quatrième de couv’ alléchante et une intrigue qui se déroule en Australie, mon premier réflexe a été plus que mitigé, genre : « Oh putain non, pas ça ! Pas encore un barjot vétéran du Vietnam… j’ai eu ma dose. ». Ceux qui me suivent auront compris que je fais allusion au roman Je Suis Le Fleuve de T.E. Grau.

Ici la narration est beaucoup plus brute de décoffrage puisque c’est Mac Murphy (et son esprit un tantinet instable) nous livre sa version des faits. Un témoignage parfois décousu, pour ne pas dire embrouillé.

Tito Desforges adapte son écriture à son héros, peu (voire pas) d’effets de style. Au fur et à mesure que l’esprit de Mac Murphy pédale dans la semoule, les mots s’emmêlent, les répétitions s’enchaînent, la ponctuation disparaît. On est en totale immersion dans la peau du personnage, on s’enlise avec lui avant de refaire surface.

Ce n’est pas la narration débridée de Mac Murphy qui a fait que je n’ai pas réussi à adhérer au personnage, cela tient davantage aux incohérences qui m’ont sauté aux yeux dès les premiers chapitres. Le gars s’est engagé pour le Vietnam en 1974, il avait alors 16 ans ; un rapide calcul mental permet donc d’en déduire qu’il est né en 1958. L’action contemporaine se déroule en 2019, il a donc 61 ans. Sa fille, Louise, a 13 ans ce qui voudrait dire qu’il a été père a 48 ans… pas impossible en soi, sauf que ça ne colle pas avec d’autres éléments du récit.

Le roman alterne entre les entretiens de Mac Murphy avec le Dr Zimmers, le médecin en charge du bonhomme au Centre de [Confidentiel Défense], et le témoignage que le patient met (tant bien que mal) par écrit. On sent bien que le toubib essaye, avec beaucoup de précaution et de doigté, de mettre Mac Murphy face à ses contradictions et incohérences.

Le bouquin est court et se lit quasiment d’une traite, parce que même sans adhérer complètement on a envie de connaître le fin de l’histoire.

J’étais en effet curieux de savoir jusqu’où pouvait aller la confusion et les amalgames entre le témoignage de Mac Murphy et sa situation réelle. À ce titre je tire mon chapeau à Tito Desforges pour son explication finale, non seulement je l’ai trouvée plus que convaincante, mais en plus j’ai été complètement bluffé.

Malgré tout, une fois n’est pas coutume (c’est même une première venant d’un titre des éditions Taurnada), la sauce n’a jamais réellement pris. Malgré d’indéniables qualités, il m’a manqué, du début à la fin, un petit quelque chose qui aurait servi de liant à l’ensemble de l’intrigue.

Petite précision de la part d’un amateur de bourbon et occasionnellement d’un buveur de whisky. En aucun cas un bourbon ne peut être qualifié de « pur malt », pour la simple et bonne raison qu’un bourbon, pour mériter cette appellation, doit être à base de céréales composées d’au moins 51% de maïs.
L’appellation « pur malt » (single malt en anglais) est réservée aux whiskies dont la base est uniquement de l’orge maltée. Les whiskies à base d’orge maltée mélangée à d’autres céréales sont quant à eux des blended whiskies (blend pour les amateurs). Et ceux à base de céréales non maltées (maïs, seigle ou blé) sont des grain whiskies.
Tout ça pour dire que le Four Roses et bel et bien un bourbon, donc quand Mac Murphy en prend une lampée, il ne peut en aucun cas s’envoyer un pur malt. CQFD.

MON VERDICT

 
4 Commentaires

Publié par le 15 février 2020 dans Bouquins

 

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