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Archives Mensuelles: avril 2019

[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – La Dernière Chasse

AU MENU DU JOUR

J.C. Grangé - La Dernière Chasse
Titre : La Dernière Chasse
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
416 pages

De quoi ça cause ?

Quand Jürgen von Geyersberg, héritier d’un empire industriel allemand, est retrouvé mort dans une forêt alsacienne, le commissaire Pierre Niemans et le lieutenant Ivana Bodnanovic sont envoyés en renfort auprès des enquêteurs allemands.

Rapidement les enquêteurs découvrent que la mise à mort de Jürgen est la copie conforme d’une méthode très prisée par les chasseurs. La famille Geyersberg est justement réputée pour ses chasses, Niemans et Bodnanovic vont enquêter au cœur de l’empire Geyersberg, n’en déplaise à leurs homologues allemands…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé (JCG pour les habitués), un des rares auteurs reconnus (14 romans parus depuis 1994) dont je peux affirmer, non sans une certaine fierté, avoir lu tous les bouquins. Il y a du bon (du très bon même parfois) et du moins bon, mais jamais de réelle déception.

Son roman Les Rivières Pourpres (1998) a pour moi une saveur particulière, c’est en effet avec ce titre que j’ai découvert l’auteur (j’ai lu sur la lancée son premier roman, Le Vol Des Cigognes). Retrouver, contre toute attente, le personnage de Pierre Niemans est une agréable surprise.

Ma Chronique

Le roman Les Rivières Pourpres a été adapté au cinéma par Mathieu Kassovitz en 2000, avec Jean Reno dans le rôle de Niemans. En 2018, Pierre Niemans revient à l’écran sous les traits d’Olivier Marchal dans une série TV de 8 épisodes ; La Dernière Chasse est la version romancée des deux premiers épisodes de ladite série.

Pierre Niemans est le flic tourmenté par excellence, un enquêteur aussi efficace qu’incontrôlable, il traque impitoyablement les criminels les plus abjects, quitte à faire abstraction des procédures et règlements. Sa douloureuse expérience dans les Alpes (cf Les Rivières Pourpres) ne l’a pas assagi, loin s’en faut. Mais incontestablement cette enquête l’a marqué, physiquement et psychologiquement, de façon indélébile.

Pour contrebalancer un tel tempérament, l’auteur aurait pu lui adjoindre un flic droit dans ses bottes, respectueux des procédures et tutti quanti. Eh bin non ! Si Ivana Bogdanovic est plus modérée dans ses réactions, elle doit aussi composer avec ses propres démons et un passé houleux.

Un duo qui fonctionne parfaitement, chacun respectant et complétant l’autre ; ce qui n’empêchera pas, parfois, leur relation de faire quelques étincelles, voire de devenir franchement explosive.

Une fine équipe qui n’en finira pas de donner des cheveux blancs à Kleinert, le responsable de l’enquête du côté allemand. Un flic rigoureux et procédurier chargé de superviser et chapeauter ces deux électrons libres français.

Les enquêteurs vont devoir fouiller dans les secrets de la dynastie Geyersberg, des aristocrates qui règnent sans partage sur cette région de la Forêt-Noire depuis la nuit des temps. Conscients de leur poids économique pour la région, voire le pays, ils ne semblent craindre rien ni personne ; surtout pas la justice des roturiers.

Au fil de leur enquête, les trois flics vont devoir se transformer en chasseurs s’ils ne veulent pas devenir des proies. D’autant que face à eux, d’autres chasseurs, sombres réminiscences de l’Allemagne nazie, ne connaissent aucune limite.

Une intrigue rondement menée mais sans grande surprise au final (ce qui n’empêche pas quelques revirements inattendus). Sans doute pas le meilleur de JCG mais ça reste un bon cru. Et surtout un Grangé moyen reste un très bon thriller.

MON VERDICT

 
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Publié par le 28 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BRD] Ant-Man Et La Guêpe

À L’AFFICHE DU JOUR

Ant-Man Et La Guêpe
Titre : Ant-Man Et La Guêpe
Réalisation : Peyton Reed
Production : Marvel Studios
Distribution : Walt Disney Company
Origine : USA (2018)
Durée : 1h58

Casting

Paul Rudd : Scott Lang / Ant-Man
Evangeline Lilly : Hope Van Dyne / La Guêpe
Michael Douglas : Hank Pym
Walton Goggins : Sonny Burch
Hannah John-Kamen : Ava Starr / Ghost

Le pitch

Assigné à résidence par le FBI, Scott Lang a dû renoncer au costume de Ant-Man. C’est l’occasion pour lui de passer plus de temps avec sa fille.

Mais la trêve sera de courte durée, Hope Van Dyne et Hank Pym ont besoin de son aide pour ramener Janet Van Dyne du monde quantique dans lequel elle est restée bloquée des années plus tôt.

Le trio devra composer avec les forces de l’ordre, mais aussi faire face à des adversaires qui entendent bien mettre la main, pour différentes raisons, sur la technologie développée par Hank Pym.

Ma chronique

Ant-Man Et La Guêpe est le vingtième film du MCU (Marvel Cinematic Universe) et l’avant-dernier avant le très attendu Endgame.

Comme l’indique le titre, et comme le laissait présager le final de Ant-Man, nous aurons le droit à deux super-héros pour le même prix. Et la première super-héroïne du MCU (elle a depuis été rejointe par Captain Marvel).

Comme moi vous vous demandez peut-être où se situe le film par rapport à Infinity War, vous devrez patienter jusqu’à la première séquence post générique pour découvrir le lien (nécessaire pour la suite des événements) entre les deux films.

Soyez toutefois assuré que d’ici là vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer ! Même si le ton est résolument plus léger que celui d’Infinity War et l’humour omniprésent, le film laisse la part belle à l’action, notamment aux cascades en tout genre. Il faut dire que la technologie mise au point par Hank Pym a pas mal évolué, qu’il s’agisse des costumes (même si celui de Ant-Man n’est pas toujours très fiable) ou des accessoires, du plus petit au plus grand. Vous passerez en quelques clics du gigantesque au minuscule…

Outre le soutien technologique, nos comparses pourront aussi compter sur l’aide des anciens complices de Scott Lang (devenus depuis ses associés dans une entreprise de sécurité), Luis, Dave et Gale. Une fine équipe de bras cassés qui pourra toutefois s’avérer bien utile.

Il faut dire que toute aide est la bienvenue quand on a une bande de trafiquants sur le dos et un mystérieux fantôme à affronter. Sonny Burch et Ghost cherchent en effet à s’emparer de la technologie de Hank Pym, pour des raisons différentes et chacun de leur côté.

Évidemment les effets spéciaux sont totalement maîtrisés, qu’il s’agisse de jouer sur les effets de taille ou de découvrir le monde quantique. On en prend plein les mirettes !

Un agréable divertissement totalement assumé et qui remplit parfaitement son rôle. On s’éclate sans prise de tête ; que demander de plus ?

Avec un budget de 162 millions de dollars le film ferait presque office de junior face à Infinity War ou Endgame (dont les budgets seraient compris entre 300 et 400 millions), il n’en reste pas moins que sa rentabilité est assurée avec un box office mondial qui flirte avec les 650 millions de dollars (même si on est encore loin des 2 milliards engrangés par le troisième opus des Avengers).

♥♥♥♥½

 
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Publié par le 27 avril 2019 dans DVD / BRD

 

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[BOUQUINS] Jacques Expert – Le Jour De Ma Mort

AU MENU DU JOUR

J. Expert - Le Jour De Ma Mort
Titre : Le Jour De Ma Mort
Auteur : Jacques Expert
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : France
320 pages

De quoi ça cause ?

En ce 28 octobre, Charlotte est convaincue qu’elle va mourir aujourd’hui même, de mort violente qui plus est. C’est en tout cas ce que lui a prédit un voyant lors d’un séjour au Maroc, trois ans plus tôt.

Quand elle apprend qu’un tueur en série s’attaque à des femmes blondes ayant entre 25 et 30 ans et possédant un chat, elle réalise qu’elle correspond exactement au profil des victimes. Charlotte est bien décidée à tout mettre en oeuvre pour déjouer cette funeste prédiction…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine ET parce que c’est Jacques Expert ; un duo gagnant qui ne m’a jamais déçu.

Parce que l’éditeur et Net Galley ont accepté de donner une suite favorable à ma demande.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Déjà visuellement la couv’ m’a tapé dans l’œil, je la trouve à la fois sobre (une éphéméride à la date du 28 octobre) et intrigante (les tâches sur l’éphéméride). Tout à fait le genre de couv’ qui m’aurait poussé à m’intéresser de près à ce bouquin si je ne connaissais pas l’auteur.

J’ai eu plus d’une fois l’occasion de constater que Jacques Expert avait un incroyable talent quand il s’agissait de nous plonger dans la psyché de ses personnages ; avec ce nouveau roman, non seulement il confirme sa maîtrise en la matière, mais il pousse même l’analyse psychologique jusqu’à son paroxysme.

La quatrième de couverture parle du nouveau piège de Jacques Expert ; le mot est parfaitement adapté à la situation, du moins en ce qui concerne Charlotte. On découvre une jeune femme apparemment bien dans sa peau et dans sa tête (un peu nunuche peut-être) qui mène une vie pépère sans histoire avec son nouveau mec et son chat. Un cauchemar la tire de son sommeil, puis lui revient en mémoire la prédiction du voyant marocain ; à partir de là elle va se retrouver piégée par ses propres doutes et questionnements. Inquiétude, angoisse, paranoïa, jusqu’aux portes du délire de persécution (tout le monde devient suspect à ses yeux, elle se retrouve seule contre tous) ; elle s’enfonce crescendo dans un enfer qu’elle construit de toutes pièces, occultant ainsi toute possibilité de raisonnement rationnel.

L’auteur nous livre une intrigue à deux voix, puisqu’il est question d’un tueur en série autant le laisser s’exprimer. On découvre un homme froid, implacable, calculateur, mais aussi, il faut bien l’avouer, un tantinet imbu de lui-même. Notre tueur en goguette a décidé que le moment était venu d’éliminer sa quatrième victime (Charlotte ?), mais il devra composer avec de nombreux imprévus (un comble pour quelqu’un qui aime que tout soit réglé comme du papier à musique).

La plupart du temps les personnages sont seuls, confrontés à leurs seules pensées, et c’est bien là que l’on se rend compte que l’auteur sublime son don à décortiquer les méandres de l’esprit humain. Il nous livre un espèce de huis clos psychologique, piégeant son personnage face à lui même, face à ses questions, ses doutes et ses peurs.

Jacques Expert ne fait rien pour vous rendre ses personnages sympathiques, Charlotte aura même parfois le don de vous taper sur les nerfs tellement son comportement apparaît irrationnel et irraisonné. Quant au tueur, il fait simplement ce pour quoi il est fait, donc normal de n’éprouver aucune empathie pour lui…

Au fil des chapitres de nombreuses questions viendront vous tourmenter les neurones, des soupçons aussi… puis des doutes. 320 pages qui vous mettront les nerfs en pelote, le temps d’une journée où rien ne va se passer comme prévu.

J’ai lu ce roman d’une traite, impossible de le lâcher une fois que l’on a mis le doigt dans l’implacable mécanique imaginée par Jacques Expert. Bluffé et piégé j’ai été !

PS : j’ai plus flippé pour Grishka, le chat, que pour Charlotte ; c’est grave docteur ?

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Coulon – Trouble Passager

AU MENU DU JOUR


Titre : Trouble Passager
Auteur : David Coulon
Éditeur : French Pulp
Parution : 2019
Origine : France
288 pages

De quoi ça cause ?

Il y a cinq ans, Mélissa, la fille de Remi et Lucie Hutchinson disparaissait. L’enquête n’a jamais permis de retrouver la petite fille ; depuis le couple se délite lentement mais sûrement.

Une rencontre fortuite au cours d’une soirée. Un échange littéraire dans un monde virtuel. Un rendez-vous qu’il n’aurait jamais dû accepter… Remi Hutchinson va se retrouver pris au piège d’une mécanique aussi implacable qu’infernale…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est la critique enthousiaste d’Aude qui m’a donné envie de découvrir ce roman.

Je connais l’auteur de nom, mais n’ai jamais rien lu de lui… c’est un peu mon rendez-vous en terre inconnue.

Ma Chronique

Tout le monde est innocent.
Crois-moi.
Tout le monde.
Pas de coupables.
Pas de gentils et de méchants.
Seulement des victimes et des bourreaux.
Des victimes et des bourreaux. Seulement cela.
Souviens-toi de n’importe quel moment de ta vie. Un moment gai. Un moment triste. Une situation de travail. Une rencontre amoureuse.
Tu as toujours été victime. Ou bourreau.
Rien d’autre. Tu as souffert, ou fait souffrir.
L’un ou l’autre.
Réfléchis bien.
Toi, être humain. Moi, être humain. Nous ne savons rien faire d’autre.
Les actes désintéressés ? Laisse-moi rire. Les chanteurs qui beuglent au profit de telle ou telle association caritative ne le font que parce qu’il y a des victimes. Grâce aux victimes. Tu veux qu’on s’occupe de toi ? Sois une victime. Tu veux obtenir quelque chose de quelqu’un ? Sois son bourreau.

Ainsi commence Trouble Passager, le ton est donné d’entrée de jeu sans que l’on sache vraiment de quoi il retourne. Dans la mesure du possible j’espère vous donner envie de découvrir ce roman tout en maintenant un relatif flou artistique autour de son intrigue.

Troublant le bouquin l’est par son style, à l’image de son ouverture. Des phrases courtes, faut aller à l’essentiel et faut que ça claque comme un coup de fouet. Beaucoup de répétitions, comme pour ancrer les idées au plus profond de l’esprit du lecteur.

Troublant par les thèmes abordés aussi. Il est en effet beaucoup question de pédophilie. Un thème difficile et glauque à souhait, traité ici sans fausse pudeur, mais sans voyeurisme non plus. Il sera aussi question de vengeance, dans sa forme la plus brute, façon Loi du Talion. Victimes qui deviennent bourreaux, bourreaux qui deviennent victimes…

Ami lecteur, amie lectrice, si d’aventure tu plonges en ces pages attends-toi à te faire malmener par un auteur d’une redoutable perversité. Au fil des pages, tu n’as pas fini de te poser des questions ; coupable ou innocent ? Victime ou bourreaux ? Les deux ? Quand tu penseras avoir la réponse, un nouvel élément fera vaciller tes certitudes… retour à la case départ.

Pervers, mais aussi redoutablement efficace. David Coulon saura vous prendre rapidement aux tripes et ne vous lâchera qu’après les avoir vrillées dans tous les sens, encore et encore. Angoissant, oppressant, mais aussi terriblement addictif. Une fois pris par la mécanique mise en place par l’auteur vous ne pourrez plus lâcher le bouquin. Pour finalement refermer ce roman KO debout, désorienté. Troublé… mais heureusement ce n’est que passager (à en croire le titre).

C’est volontairement que je n’aborde pas la question des acteurs de cette intrigue. À vous de les découvrir, de découvrir leur rôle et leur degré d’implication. À vous de vous triturer les neurones pour démêler la toile que tisse David Coulon.

Il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour me faire au style de l’auteur, ensuite j’ai eu l’impression d’être enfermé dans le tambour d’une machine à laver, essorage à plein régime. Une lecture qui remue, au propre comme au figuré. Il me manque un petit je ne sais quoi pour le coup de cœur, mais incontestablement un coup de poing. Un putain d’uppercut qui fait mouche !

Une chronique volontairement courte, non qu’il n’y ait rien à dire (au contraire !), c’est une intrigue tellement intense qu’elle mérite d’être découverte l’esprit vierge de toute information parasite.

Pour un premier rendez-vous avec David Coulon, le moins que l’on puisse dire c’est que la rencontre fut aussi éprouvante que jouissive ; des comme ça j’en redemande !

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 23 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stephen King – Élévation

AU MENU DU JOUR

S. King - Elévation
Titre : Élévation
Auteur : Stephen King
Éditeur : Le Livre de Poche
Parution : 2019
Origine : USA (2018)
160 pages

De quoi ça cause ?

Scott Carey perd inexorablement du poids sans que cela n’affecte son apparence physique. Il se confie à son ami Bob Ellis, médecin à la retraite, qui ne peut que constater l’impossible vérité.

Dans le même temps, Scott décide de partir en croisade contre les préjugés dont sont victimes ses voisines, un couple de lesbiennes qui vient d’ouvrir un restaurant. Préjugés qui menacent gravement l’avenir du restaurant.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Stephen King, what else ?

Ma Chronique

Ce n’est pas la première fois que Stephen King confronte ses lecteurs à une perte de poids inexplicable ; c’est en effet en 1987 que le public français découvre le roman La Peau Sur Les Os signé Richard Bachman. Plus de trente ans plus tard, il remet ça avec Élévation ; un thème central identique, mais deux intrigues et deux approches radicalement différentes.

Avec ce court roman Stephen King nous livre un plaidoyer pour la tolérance et le respect des autres. Le leitmotiv, un peu illusoire malheureusement, pourrait être de faire de nos différences une richesse en balayant définitivement les préjugés et en s’ouvrant aux autres. Incontestablement Élévation il y a donc par la grandeur d’âme du message porté.

Stephen King aurait pu jouer sur la dimension dramatique de son intrigue en mettant l’accent sur la peur de son personnage face à un phénomène inexplicable et dont l’issue semble inévitable (plus il perd du poids, moins la gravité a de prise sur lui) ; trop facile ! C’est bien plus audacieux de faire fi de cet aspect dramatique en dotant Scott d’un optimisme à toute épreuve, il ne se résigne pas às son sort, il l’accepte et décide d’en tirer le meilleur.

Un pari osé qui fonctionne impeccablement, le lecteur obéit à la même dynamique et en vient aussi à faire abstraction du côté dramatique, on se laisse porter par l’optimisme contagieux de Scott.

Le King soigne autant ses personnages que son intrigue. Il nous offre quelques pages d’une incroyable richesse, un condensé d’émotions 100% positives.

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Joël Macron – Killarney 1976

AU MENU DU JOUR

J. Macron - Killarney 1976
Titre : Killarney 1976
Auteur : Joël Macron
Éditeur : Éditions Nouvelle Bibliothèque
Parution : 2018
Origine : France
226 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il fait du tri dans ses affaires, Joël, le narrateur, replonge dans ses souvenirs. Notamment son séjour en Irlande, en 1976, et sa rencontre avec Mano, un scientifique iranien qui deviendra son ami et lui fera de troublantes confidences.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est une succession de hasards qui m’a emmené à solliciter ce roman auprès de Net Galley, et un soupçon de curiosité vis-à-vis du catalogue de l’éditeur.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Nouvelle Bibliothèque et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour être tout à fait honnête, ma relation avec ce roman est partie sur de mauvaises bases. Quelle déception de découvrir que l’éditeur ne le propose qu’au format PDF. Aujourd’hui, proposer à des lecteurs numériques un fichier PDF c’est comme proposer à un amateur de champagne un mousseux éventé ; ça frôle l’insulte ! II faut vivre avec son temps messieurs les éditeurs, le PDF c’était avant

Le bouquin étant relativement court j’ai pris sur moi. Non pas en acceptant de le lire au format PDF (j’suis pas encore maso), mais en lui offrant une conversion maison au format epub. Ça demande un peu de travail, mais le gain en confort de lecture mérite bien de tremper les mains dans le cambouis.

Afin de finaliser la conversion, ajustement de la mise en page, corrections diverses et variées, j’ai survolé le roman et j’avoue avoir été pris d’un doute ; cette première approche ne m’a pas franchement donné envie d’aller plus avant dans la découverte. Pas question de me laisser rebuter par un a priori négatif, si je veux chroniquer ne mon âme et conscience ce bouquin, je dois le lire.

Ah que voilà un bouquin qu’il est difficile de classer dans une case plutôt qu’une autre. Net Galley le répertorie en science-fiction, c’est à la fois un peu ça et bien plus que ça. Difficile de faire la part des choses entre le récit autobiographique (l’auteur se prénomme lui aussi Joël) et les éléments de pure fiction ; le mieux étant encore de se laisser porter par le récit.

De par les origines iraniennes de Mano, il est beaucoup question de la situation en Iran dans le roman. Le régime du Shah est sur le déclin, le peuple manifeste de plus en plus vivement son ras-le-bol des fastes (et des frasques) du pouvoir alors qu’il crève la dalle… et pendant ce temps-là, les islamistes se frottent les mains et avancent leurs pions sur l’échiquier politique.

Comme l’auteur le fait dire à Mano, l’avenir du pays ne se profile pas sous les meilleurs auspices :

Je pense que le Shah se retrouvera bientôt isolé. Mais ce qui suivra m’effraie encore plus. Et les vrais malheurs de mon pays sont devant nous.

Mais avant tout ce bouquin est l’histoire d’une amitié presque fusionnelle entre Joël et Mano. Au fil des chapitres on partage les souvenirs du narrateur et de ce petit groupe d’amis qui croquent la vie à pleines dents.

C’est aussi une ode à l’Irlande (ses paysages et ses traditions) et aux Irlandais, un pays que je ne connais pas, mais qui a toujours suscité un certain intérêt auprès de moi (tout comme l’Écosse, deux terres de rugby… et de whisky). Je me serai volontiers invité à leur table chez Paddy, siroter avec eux quelques Guinness en profitant de la chaleur d’un feu de tourbe et en se laissant bercer par la musique traditionnelle.

J’abordais cette lecture à reculons, mais finalement j’ai rapidement été sous le charme, le bouquin est court et de fait se lit quasiment d’une traite.

Cette lecture m’aura permis de finaliser mon fichier epub mais aussi de corriger diverses coquilles qui ne sont pas le fait de la conversion (fautes d’orthographes et de typographie, mise en page parfois incertaine) ; pour être tout à fait franc ça m’aurait foutu les boules d’acheter un livre papier et de constater qu’il comportait encore autant d’erreurs. Force est de dénoncer de sérieuses lacunes au niveau de la relecture et des corrections. Un tel manque de finition va forcément impacter (en mal) mon verdict final.

MON VERDICT

 
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Publié par le 20 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Roy Braverman – Crow

AU MENU DU JOUR

R. Braverman - Crow
Titre : Crow
Auteur : Roy Braverman
Éditeur : Hugo
Parution : 2019
Origine : France
364 pages

De quoi ça cause ?

Étant bien incapable de proposer l’esquisse d’un pitch, je vais me contenter de faire un copier-coller de la quatrième de couverture :

Des déserts arides du Mojave jusqu’aux Brooks Mountains dans le nord de l’Alaska, du pays des crotales au territoire des ours et des loups, une chasse à l’homme haletante et sans pitié. Traqueur ou traqué, homme ou femme, prédateur ou victime, peu importe : le système ne pardonne jamais. Surtout pas aux innocents !

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la suite de Hunter, j’avais adoré l’ambiance générale du roman (très noire, un peu barrée, mais totalement assumée) et les personnages.

Ma Chronique

C’est avec grand plaisir que je me replonge dans les profondeurs sauvages de l’Alaska afin de retrouver Hunter et Crow… et quelques autres personnages déjà croisés dans le précédent opus.

Avant d’entrer dans le vif du sujet je répondrai à la question que les lecteurs potentiels peuvent se poser en découvrant ce titre : faut-il avoir lu Hunter avant de lire Crow ? Sans hésitation ma réponse est OUI, cet opus étant quasiment la suite directe du précédent. Qui plus est Hunter vous garanti un grand moment de lecture si vous aimez les histoires qui dépotent et envoient du lourd.

Roy Braverman (aka Ian Manook, ou encore Patrick Manoukian pour l’état civil) nous plonge d’entrée de jeu au cœur de son intrigue et au cœur de l’action. Au fil des chapitres on fait connaissance avec de nouveaux personnages, notamment ceux qui gravitent autour de la ville de Fairbanks (dont la sherif Sarah Malkovich et la ranger Sally Longhorn) et on retrouve certains personnages déjà croisés dans Hunter (dont Delesteros et Collins, virés du FBI après le fiasco de Pilgrim’s Rest). J’avoue avoir eu un faible pour le personnage de Mardiros, un chasseur de prime collecteur de dettes arménien qui ne manque ni de ressources, ni d’obstination.

Les chapitres défilent ainsi sans que l’on croise Hunter ou Crow, le premier se manifeste de façon certaine à la fin du chapitre 17 et le second au cours du chapitre 26 (sur un total de 60 chapitres). Rassurez-vous, leur absence n’empêche nullement l’intrigue de se mettre en place et de se développer.

Je ne m’attarderai pas davantage sur les personnages, il faut juste savoir que Fairbanks est un véritable nid à rednecks, de bons vieux péquenots de base amoureux de leurs flingues plus que de leur femme. Roy Braverman force volontairement le trait pour pointer du doigt cette Amérique profonde qui a fait de Donald Trump son président…

Ceux qui ont aimé Hunter retrouveront avec plaisir les mêmes ingrédients, un max d’action, une galerie de personnages qui vaut vraiment le détour, beaucoup de second degré et les inévitables touches d’humour noir. N’allez surtout pas croire que ce second opus n’est pas qu’une resucée du précédent, ça défouraille toujours autant, mais le récit s’articule autour d’axes radicalement différents, donnant par la même plus d’importance et plus de profondeur aux personnages.

Dans ce roman la nature est partie prenante à part entière, que ce soit par les décors, une beauté qui peut cacher bien des pièges mortels, les aléas climatiques (et plus si affinités) ou par sa faune omniprésente.

Un pur moment de divertissement servi par une écriture toujours aussi visuelle, au fil de la lecture on a le sentiment de visualiser le déroulé des événements ; et une fois de plus on en prend plein les mirettes… et on redemande ! Avec Crow, l’auteur confirme son formidable talent de conteur.

Roy Braverman nous avait promis une trilogie, l’ultime opus étant annoncé pour 2020, je suis franchement curieux (et tout aussi impatient) de découvrir quelles surprises il nous réserve…

MON VERDICT
Coup double

Morceaux choisis :

Extraits du chapitre 10

Malkovich prend son téléphone et appelle le légiste.
— Moore ? Malkovich ! Des résultats pour l’autopsie ?
— Vous ne passez pas me voir ?
— Attention Moore, cette insistance pourrait passer pour du harcèlement. Tu as l’intention de me harceler, Moore ?
— Non, non, bien sûr que non, shérif…
— Dommage pour toi, Moore, tu ne sais pas ce que tu perds.
— Shérif, je voulais juste vous montrer mon…
— Ton quoi, Moore ? Tu voulais me montrer ton quoi ? Attention à ce que tu vas dire, mon garçon.
— Mon rapport, bredouille le jeune légiste, juste un rapport !
— Un rapport, Moore, tu me proposes un rapport, maintenant ? Décidément !
— …
— Moore ?

 

— Ce pauvre gamin a peur de se faire bouffer par une cougar, c’est sûr, même si officiellement l’espèce vient d’être déclarée éteinte.
— Tu plaisantes !
— Le mercredi 23 novembre 2016, par un communiqué de l’US Fish and Wildlife Service. Aucune apparition depuis 1930. Out, le cougar !
— Mais comment va-t-on appeler les femmes comme moi alors ? plaisante Malkovich.
— Des vieilles ? propose Amber.

 
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Publié par le 18 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Lise Pradère – En Quête D’Elena

AU MENU DU JOUR

L. Pradère - En Quête D'Elena
Titre : En Quête D’Elena
Auteur : Lise Pradère
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2019
Origine : France
280 pages

De quoi ça cause ?

Une jeune femme, Elena Vassiliev, est retrouvée morte dans son appartement de la région parisienne. L’enquête est confiée au commandant Gignac du SRPJ Nanterre.

Plus l’enquête avance, plus elle va s’avérer complexe et avoir de multiples ramifications, que ce soit dans le monde des affaires, dans les hautes sphères du pouvoir ou encore dans le milieu du crime organisé.

Intrigué par le profil de la victime, Gignac ne négligera aucune piste afin de faire éclater la vérité au grand jour.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Flamant Noir, un éditeur cher à mon cœur que je suis quasiment depuis la première heure.

Parce que Lise Pradère vient d’intégrer le catalogue de l’éditeur, c’est toujours un plaisir de découvrir un(e) nouvel(le) auteur(e).

Petit plus non négligeable, sans être pour autant décisif, je trouve que la couv’ est très belle.

Grâce à l’accès privilège que m’a accordé Flamant Noir sur Net Galley, je peux découvrir sans attente et en avant-première (parution le 29 avril) ce roman.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Flamant Noir (avec un merci tout particulier à Nathalie) et Net Galley pour leur confiance.

Flamant Noir offre à Lise Pradère et à son roman une seconde jeunesse, En Quête D’Elena a en effet d’abord vu le jour en 2017 en auto-édition grâce à la plateforme IggyBook. Un second souffle qui devrait lui permettre de toucher un public plus large et, c’est tout le bien que je lui souhaite en tout cas, de prendre réellement son envol.

Pour être tout à fait franc, je n’avais pas prévu de lire ce roman dès maintenant, c’est par curiosité que je l’ai ouvert, je comptais lire le premier chapitre juste pour voir ce que ça donnait. Sauf que j’ai été immédiatement happé par l’intrigue et les personnages, plus moyen de le lâcher avant de connaître le fin mot de l’histoire !

Il faut dire que le commandant Antoine Gignac est un personnage à qui l’on s’attache rapidement.

Dans le privé il est divorcé et père d’un ado, il est resté très proche de son ex-femme et entretient une relation fusionnelle avec son fils (avec qui il partage une passion pour le rugby). Originaire du Sud-Ouest il a parfois bien du mal à se faire au tumulte de la vie parisienne.

Professionnellement il est efficace, persévérant et un tantinet électron libre ; dans cette affaire il va développer une relation particulièrement intense avec la victime, pas question pour lui de renoncer à son enquête, quels que puissent être les éventuels enjeux supérieurs de l’affaire.

Heureusement il ne sera pas seul pour mener à bien son enquête, il peut en effet compter sur le soutien sans faille de son équipe et même de sa hiérarchie.

Tous les personnages sont impeccablement travaillés, quel que soit leur niveau d’implication dans le déroulé de l’intrigue.

Une intrigue à dimensions multiples qui entraînera le lecteur de la région parisienne au large de la Norvège en passant par l’Isère ; sans oublier le Turkménistan qui reste en toile de fond.

Une intrigue qui va s’orienter vers plusieurs pistes, du crime passionnel au crime organisé, en passant par l’assassinat politique. Rien n’est laissé au hasard, Lise Pradère garde le cap sans jamais faillir. Bien malin celui qui saura démêler le vrai du faux dans ce sac de nœuds.

Un récit richement documenté, mais toujours accessible, il faut dire que le style de l’auteur s’accorde parfaitement à une lecture d’une grande fluidité (pour ma part je l’ai dévoré le temps d’un weekend).

J’ai lu dans une interview de Lise Pradère qu’elle souhaitait mettre à nouveau en scène le personnage d’Antoine Gignac, j’espère sincèrement que son passage chez Flamant Noir lui permettra de donner suite à son projet. Je ne vous cacherai pas que je n’aurai rien contre le fait de le retrouver sur une (et plus si affinités) nouvelle enquête.

Le hasard de mes lectures a voulu que je croise, coup sur coup, un personnage nommé Karim Amrani (déjà présent dans le roman de Guillaume Musso) ; pas de bol pour ses éventuels homonymes, dans les deux cas l’individu n’a pas vraiment le profil du gendre idéal.

MON VERDICT

 
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Publié par le 15 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Guillaume Musso – La Vie Secrète Des Ecrivains

AU MENU DU JOUR

G. Musso - La vie secrète des écrivains
Titre : La Vie Secrète Des Écrivains
Auteur : Guillaume Musso
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2019
Origine : France
352 pages

De quoi ça cause ?

Raphaël Bataille débarque sur l’île de Beaumont dans l’espoir de rencontrer son idole, l’écrivain Nathan Fawles.

Fawles a cessé d’écrire il y a plus de vingt ans, alors qu’il était au faîte du succès. Depuis il vit reclus sur l’île, limitant au strict minimum tout contact avec les autres résidents.

Quand le cadavre d’une femme, victime d’un meurtre, est découvert, les autorités décident d’imposer un blocus maritime à Beaumont. Un fait-divers tragique qui, contre toute attente, va rapprocher Raphaël et Nathan. Pour le meilleur et pour le pire…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Guillaume Musso. Je le suis avec intérêt depuis 2012, surtout depuis qu’il a décidé de se frotter à la littérature policière. Si ses premiers pas dans le genre furent un peu hésitants, on l’a vu gagner en assurance au fil des romans, tout en restant fidèle à lui même.

J’ai trouvé la couv’ très bien foutue, à la fois sobre et percutante. Comme dirait ce brave Jeannot, reste à savoir si le ramage se rapporte au plumage

Ma Chronique

Comme pour son précédent roman, La Jeune Fille Et la Nuit, Guillaume Musso nous livre une intrigue 100% franco-française (enfin presque… mais je ne m’épancherai point davantage sur ce point). Ce n’est certes pas un élément déterminant, mais ça reste tout de même un petit plus non négligeable (même si en l’occurrence l’île de Beaumont n’existe que dans l’imagination de l’auteur).

Avec ce roman Guillaume Musso ose enfin jouer avec les codes de la littérature policière, même s’il ne révolutionne pas le genre (faut pas pousser non plus) on ne peut que se satisfaire de ce regain de confiance en soi et, n’ayons pas peur des mots, de cette audace qui faisait parfois défaut dans ses précédents romans.

Un constat d’autant plus jouissif que l’auteur reste fidèle à son écriture simple et décomplexée ; résultat des courses on prend autant de plaisir à lire ce roman qu’il semble en avoir pris à l’écrire. Un style d’une grande fluidité qui ne l’empêche pas de brouiller les pistes de son intrigue qui, plus d’une fois, nous surprendra par ses rebondissements.

Un thriller qui met l’écriture et la lecture à l’honneur. Outre le fait que ses héros soient écrivains (confirmé pour Nathan, aspirant pour Raphaël), et qu’un de ses personnages soit un libraire plutôt old-style, on trouve disséminées dans le roman de nombreuses citations toujours placées à bon escient.

Il sera aussi question des nouvelles habitudes des lecteurs, avec notamment la montée en puissance du numérique que le libraire voit comme une menace pour son avenir :

Et puis, soyons réalistes : pourquoi s’emmerder à venir dans une librairie quand vous pouvez vous faire livrer un bouquin en trois clics sur votre iPhone !

Ce même libraire qui se place en défenseur de la « vraie littérature » (vous savez déjà tout le bien que je pense de cet intégrisme culturel), au grand dam de Raphaël (un avis certainement partagé par Guillaume Musso) :

Bien sûr, la fameuse « vraie littérature »… Il y avait toujours un moment avec les gens comme Audibert où cette expression – ou celle de « vrai écrivain » – revenait sur le tapis. Or je n’avais jamais laissé à personne le droit de me dire ce que je devais lire ou pas. Et cette façon de s’ériger en juge pour décider ce qui était de la littérature et ce qui n’en était pas me paraissait d’une prétention sans bornes.

Le top revenant à Nathan Fawles qui porte un regard désabusé sur la profession d’écrivain :

— Pour le même prix, je vais pourtant te donner un autre conseil : fais autre chose de ta vie que de vouloir devenir écrivain.
— C’est ce que me disent tout le temps mes parents.
— Eh bien, ça prouve qu’ils sont moins cons que toi.

Ou encore :

Si tu crois que les écrivains possèdent les vertus morales qu’ils prêtent à leurs personnages, tu es vraiment naïf. Et même un peu con.

Et une dernière (ma préférée) pour la route :

Comme Margaret Atwood, je pense que vouloir rencontrer un écrivain parce qu’on aime son livre, c’est comme vouloir rencontrer un canard parce qu’on aime le foie gras.

Que ce soit au niveau de ses personnages ou de son intrigue, l’auteur nous livre un sans-faute que vous aurez bien du mal à lâcher (pour ma part je l’ai lu quasiment d’une traite). Du plaisir à l’état brut, c’est à regret que l’on voit apparaître le mot fin (après un épilogue en forme de clin d’œil uchronique à la hauteur du roman).

MON VERDICT

En addenda à cette chronique, je n’ai pu résister à l’envie de partager le propos de Gérard Collard, libraire, mais aussi éminent chroniqueur littéraire, sur sa page Facebook (merci à Aude, c’est grâce à son partage que j’ai pu prendre connaissance de ce message) :

J’adore les retournements de veste, l’hypocrisie, l’opportunisme, ce sens de la flatterie qui sonne faux de ce monde de l’édition 2019 !!! Une vraie comédie humaine, un mix des précieux ridicules et des tartufes de Molière ! Un concentré d’hypocrisie assez impressionnant. Que n’ai je pas entendu, quand il y a quelques années, je vantais les mérites d’un roman de Guillaume Musso ! Vendu, démago, manque de goût, provocateur, populaire… j’en passe et des pires ! Ce qui n’était pas pour me déplaire, je l’avoue. Et depuis quelques jours, ne sont-ce pas les mêmes qui maintenant louent la qualité de ce Musso qui aurait changé… et bien non , Musso n’a pas changé ! Il a toujours été un excellent raconteur d’histoire, avec des personnages bien dans notre époque et qui la vivent avec tous ses problèmes et dans lesquels on peut se retrouver ! Un écrivain qui a le sens du rythme, du suspense, qui nous fait passer souvent un bon moment, sans prétention, mais efficacement. Si avoir du talent, c’est ennuyer le lecteur, alors c’est certain cet homme n’en n’a aucun ! Ne vous méprenez pas, le genre groupie ou fan inconditionnel n’est pas mon genre, je n’apprécie pas tout dans ce qu’il a écrit, mais il y a quelque chose de commun à beaucoup de ses romans, c’est cette impression qu’il prend un immense plaisir à nous raconter ses histoires et qu’IL n’est pas comme certains de ces écrivains pleurnichards de métier qui ne cessent de nous gaver a longueur d’émissions dites littéraires avec la difficulté, le calvaire d’écrire, le sacerdoce, le sacrifice à propos de romans faussement profonds qui sentent la sueur, destinés à un petit cénacle qui ne cesse de se lamenter sur la médiocrité des lecteurs, de certains critiques ou libraires… au moins cet homme a la pudeur et la politesse de nous éviter ce genre de clichés. Cerise sur le gâteau, il n’a pas ce melon qui oblige certains à passer par les portes-fenêtre tellement leur tête a gonflé… on peut aimer certains livres de Musso et Stendhal, il n’y a pas de petits et de grands plaisirs, il y a d’abord le plaisir, la vie est trop courte pour s’en priver et basta pour ceux qui ne sont pas d’accord !!!

 
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Publié par le 13 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Niklas Natt och Dag – 1793

AU MENU DU JOUR

N. Natt och Dag - 1793
Titre : 1793
Auteur : Niklas Natt och Dag
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Suède (2017)
448 pages

De quoi ça cause ?

Automne 1793. Mickel Cardell, vétéran de guerre revenu du front avec un bras en moins, extrait des eaux boueuses d’un lac de Stockholm un cadavre atrocement mutilé.

L’enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi réputé pour sa droiture atteint d’une tuberculose au stade terminal. Pour espérer mener à bien son enquête, il va devoir convaincre Mickel Cardell de lui prêter main-forte…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Est-ce encore besoin de poser cette question quand l’éditeur est Sonatine ? Tout simplement parce qu’il le vaut bien comme dirait l’autre…

Parce que ce roman illustre parfaitement la richesse et la diversité du catalogue de l’éditeur. Certes c’est un polar, genre de prédilection de Sonatine, mais un polar qui vous invite à découvrir la Suède en cette fin de XVIIIe siècle…

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Si vous me dites « littérature nordique », je pense instinctivement littérature policière (incluant les romans noirs et les thrillers) ; je sais que c’est plutôt réducteur, d’autant que j’ai lu des auteurs scandinaves qui ne font dans le polar (je pense notamment à Jonas Jonasson et Fredrik Backman, qui sont plus habitués à jouer avec nos zygomatiques qu’avec nos nerfs)… mais c’est comme ça, on va dire que c’est l’effet Millénium (loin de moi l’idée de prétendre que Stieg Larson a été un précurseur du polar nordique).

Je ne sais pas vous, mais personnellement j’aurai été bien incapable de vous faire un topo, même sommaire, sur le contexte historique de la Suède en 1793. Un choix qui ne doit pourtant rien au hasard comme nous l’explique Niklas Natt och Dag dans sa postface (et comme nous le constaterons à la lecture du roman).

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je ne peux que m’incliner devant le monumental travail de documentation que doit demander la rédaction d’un roman historique, il faut à la fois rester fidèle à l’Histoire et accepter de prendre quelques libertés avec la réalité afin de coller aux besoins de la fiction. A ce titre l’auteur tire formidablement son épingle du jeu, en combinant des personnages et des faits ayant existé et d’autres, issus de son imagination ; dès les premières pages, on est en totale immersion dans le Stockholm au crépuscule du XVIIIe siècle.

Malgré la présence d’une carte (très belle, soit dit en passant) de Stockholm au début du roman, il faut un peu de temps pour prendre ses marques (il faut dire que les différents quartiers de la ville portent des noms à coucher dehors pour le lecteur non scandinave). Cela ne nuit en rien au plaisir de la lecture, il n’est d’ailleurs pas indispensable de chercher à se repérer pour apprécier pleinement ce bouquin.

Une intrigue portée par deux enquêteurs que tout oppose, mais qui s’avéreront complémentaires (une recette qui a maintes fois prouvé son efficacité) ; Mickel Cardell se laisse guider par la force et l’instinct alors que chez Cecil Winge est plutôt commandé par l’esprit et la réflexion. Deux fortes personnalités qui se dévoileront et s’affirmeront au fil des chapitres.

D’autres personnages sont appelés à jouer un rôle essentiel dans la résolution de l’énigme à laquelle sont confrontés Winge et Cardell ; toutefois je préfère ne pas approfondir ce sujet. Le plaisir de la découverte n’en sera que plus grand (même si parfois éprouvant).

L’intrigue est parfaitement maîtrisée par l’auteur, il mène le lecteur là où il veut le mener et au rythme qu’il a choisi de lui imposer. Le roman s’articule en quatre parties, la dernière étant la suite directe de la première ; les deux autres étant des flashbacks dont le rapport avec l’enquête ne saute pas tout de suite aux yeux… Laissez vous guider par Niklas Natt och Dag, la traversée sera parfois houleuse, mais rien n’est laissé au hasard.

Un voyage dans le temps et dans l’espace fortement teinté de noir (pour l’ambiance générale du récit) et de rouge (pour le sang versé). Forcément on n’en sort pas totalement indemne, ça secoue un peu, mais il faut bien se l’avouer, c’est ce que nous recherchons avec ce genre de roman.

Pour l’auteur le challenge (loin d’être gagné d’avance pour un lecteur un tantinet hermétique à l’Histoire comme moi) est remporté haut la main. Immersion totale dans l’intrigue, j’ai rarement autant regretté de ne pas avoir plus de temps libre à consacrer à une lecture.

Un coup double (coup de cœur et coup de poing) amplement mérité !

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 11 avril 2019 dans Bouquins

 

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