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Archives Mensuelles: mars 2019

[BOUQUINS] Anthony Neil Smith – Lune Noire

AU MENU DU JOUR

A. Neil Smith - Lune Noire
Titre : Lune Noire
Auteur : Anthony Neil Smith
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (2008)
304 pages

De quoi ça cause ?

Billy Laffite est adjoint au shérif du comté de Yellow Medicine. Il a une vision très personnelle de la loi et n’hésite pas à franchir la ligne jaune pour arriver à ses fins.

Quand son amie, Drew, lui demande d’aider son petit copain, une petite frappe notoire qui s’est une fois de plus mis dans la merde, il n’hésite pas avant de prendre les choses en mains, bien décidé à gérer la question à sa manière.

Billy Laffite ne le sait pas encore, mais il vient de mettre les pieds dans une mécanique qui le dépasse largement. Quand les premiers cadavres font leur apparition, il est déjà trop tard pour faire machine arrière…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine, comme d’hab.

Avant même la parution du bouquin, j’avais flashé sur sa couv’.

Parce que j’adore les flics borderline (et plus si affinités).

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre… oups on rembobine, me suis trompé de bande !

Au commencement (comprendre au début du présent bouquin), on fait connaissance avec Billy Laffite alors qu’il est détenu par le FBI. On apprend assez rapidement que Laffite n’est pas franchement du genre incorruptible, loin s’en faut ! Du coup on a envie de comprendre comment il est arrivé là…

Vous vous demandez peut-être si je ne suis pas en train de vous faire un bis repetita de ma chronique de Corruption, le roman de Don Winslow, qui fut mon coup de cœur 2018. Que nenni ! Je reconnais volontiers que les deux romans débutent de façon assez similaire, mais Anthony Neil Smith s’engage rapidement sur une voie radicalement différente de celle empruntée par Don Winslow.

Si vous aimez les romans noirs bien noirs (humour compris) ? Vous en avez marre de ces héros qui pensent et lavent plus blanc que blanc ? Vous voulez un héros bad ass pur jus ? Alors incontestablement Lune Noire est le bouquin qu’il vous faut !

Histoire de vous plonger au cœur de l’action Anthony Neil Smith opte pour un récit à la première personne, vous voilà dans la peau de Billy Laffite. Un costume qui peut parfois piquer aux entournures, plus encore que l’horrible pull en laine miteux offert par mamie à Noël dernier !

Passe encore que Billy soit roublard, menteur, fonceur, magouilleur, queutard, un poil alcoolo, un brin suicidaire… j’en passe et des meilleurs ! Il est aussi et surtout doté d’un tempérament sanguin qui va systématiquement privilégier l’instinct à la réflexion ; pour le meilleur (parfois) ou pour le pire (souvent)…

Le genre de gars que l’on serait tenté de prendre en grippe d’entrée de jeu ; eh bien non ! Je n’irai pas jusqu’à dire qu’à force de voir les choses à sa manière ou fini par adopter sa façon de faire et de penser, mais il n’en reste pas moins que l’auteur sait y faire pour nous rendre son antihéros sympathique et attachant (même si parfois on a envie de lui foutre des baffes).

Tout comme je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est foncièrement bon dans le fond (ou alors il faut creuser longtemps) mais il n’en reste pas moins qu’il a un grand cœur. La preuve ? C’est en voulant aider une amie (avec, il est vrai, une arrière-pensée lubrique) qu’il se retrouve impliqué dans une affaire de sûreté nationale et de terrorisme.

Face à lui, l’agent fédéral Franklin Rome, convaincu plus que de raison (à ce stade c’est même maniaco-obsessionnel) que Laffite est en lien direct avec ce réseau terroriste. Sûr de son bon droit Rome va tout mettre en oeuvre pour obtenir des aveux.

Le bouquin ne se limite pas une confrontation entre Laffite et Rome, il est bien plus dense que cela et fait intervenir de nombreux autres acteurs. C’est volontairement que je passe sous silence le cœur même de l’intrigue et le rôle de ces autres personnages. C’est un roman qui mérite d’être effeuillé progressivement afin d’en savourer chaque instant… laissons au seul lecteur la seule jouissance de le déflorer à son rythme.

Quand je suis arrivé à la fin du roman mon premier réflexe a été de me dire : « Ah bin merde alors, c’est déjà fini« . Il faut dire que ce final sonne un peu comme le top départ d’un second round. Et second round il y aura bel et bien puisque Sonatine va nous proposer de retrouver Billy Laffite en septembre avec le roman Bête Noire. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, un troisième tome est déjà disponible en VO ; on peut légitimement espérer le voir figurer dans le prochain catalogue de l’éditeur.

Avec ce roman Sonatine ose, une fois de plus, proposer un titre qui sort des sentiers battus, et c’est justement pour ça que l’on aime cette maison d’édition.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 28 mars 2019 dans Bouquins

 

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[TV NEWS] American Horror Story – Apocalypse

AU PROGRAMME DU JOUR

American Horror Story - Apocalypse
Titre : American Horror Story – Apocalypse
Saison : 8
Création : Ryan Murphy & Brad Falchuk
Production : 20th Century Fox
Distribution : FX
Diffusion : Canal+
Origine : USA
Format : 10 épisodes de 42 minutes

Casting

Sarah Paulson : Wilhemina Venable / Cordelia Goode
Cody Fern : Michael Langdon
Kathy Bates : Miriam Meade
Billie Lourd : Mallory
Emma Roberts : Madison
Evan Peters : Mr Gallant / Jeff Pfister

Le pitch

Alors que l’apocalypse nucléaire a ravagé la Terre, des survivants, triés sur le volet, sont répartis en petits groupes dans plusieurs abris appartenant à la puissante et mystérieuse Coopérative.

L’abri n°3 est dirigé d’une main de fer par Wilhemina Venable et Miriam Meade. Leur autorité pourrait toutefois être remise en cause par l’arrivée de Michael Langdon ; un émissaire de la Coopérative chargé de sélectionner les survivants appelés à rejoindre le Sanctuaire qui sera l’ultime refuge des rescapés de l’Apocalypse…

Ma chronique

J’espérais beaucoup de cette huitième saison d’American Horror Story ; après une sixième saison (Roanoke) insipide et une septième (Cult) à peine plus convaincante, il était plus que temps que AHS retrouve tout son panache.

Au fil des saisons la série alterne entre les intrigues fortement teintées de fantastique et celles plus ancrées dans le réel. Place au fantastique donc pour cette huitième saison, et un programme pour le moins prometteur puisqu’il est question de l’Apocalypse.

Point de zombies ou de méchants aliens à l’origine de la fin de l’humanité, la connerie du genre humain se suffit a elle-même quand il s’agit de nuire à l’espèce. Ils ont donc appuyé sur le bouton rouge, ils ont tout fait péter, la série peut commencer…

Si la série commence bel et bien par l’Apocalypse annoncée, nous aurons le droit à une rétrospective des événements antérieurs et notamment la confrontation entre Michael Langdon, l’Antéchrist, et ses alliés sorciers et les sorcières de Cordelia Goode.

Cordelia Goode ? Mais si souvenez-vous, Coven, la troisième saison d’AHS. Les sorcières (et leurs interprètes cela va de soi) reprennent donc service pour tenter de contrecarrer les plans de l’Antéchrist. Au fil des épisodes vous aurez aussi le droit à un bref retour à l’Hotel (saison 5) et même un retour aux sources (saison 1) avec un passage à Murder House (et par la même occasion on retrouve Jessica Lange dans le rôle de Constance).

La plupart des acteurs historiques reprennent d’ailleurs du service dans cette huitième saison, certains interprétant même plusieurs rôles ; mais cela ne ferme pas pour autant la porte à de nouveaux venus, puisque c’est la première apparition de Cody Fern (qui interprète Michael Langdon) dans la série.

Pour ma part j’estime que cette huitième saison est plutôt réussie, bien plus aboutie (cela n’engage que moi) en tout cas que les deux précédentes.

Mais l’Apocalypse façon AHS n’est toutefois pas exempte de défauts ; à commencer par un Antéchrist qui semble endosser le costume un peu à l’insu de son plein gré, en perpétuelle recherche d’un mode d’emploi, genre Apocalypse pour les Nuls, que lui aurait laissé son infernal paternel.

De même j’aurai préféré davantage d’épisodes se consacrant au côté post-apocalyptique de l’intrigue (quitte à en rajouter deux ou trois à la série, l’intrigue pré apocalyptique étant quant à elle parfaitement traitée) ; comme dirait l’autre : vous pouviez pas les faire un p’tit peu plus long ?

Il n’en reste pas moins que cette huitième saison est plutôt encourageante pour la suite, AHS ayant été renouvelée pour deux saisons à ce jour. Comme d’hab très peu d’infos filtrent autour de la prochaine saison, si des noms sont cités pour figurer au casting, le thème de la saison reste quant à lui secret.

♥♥♥♥

 
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Publié par le 27 mars 2019 dans TV News

 

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[BOUQUINS] Sophie Hénaff – Art Et Décès

AU MENU DU JOUR

S. Hénaff - art et Décès
Titre : Art Et Décès
Série : La Brigade Capestan – Tome 3
Auteur : Sophie Hénaff
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
320 pages

De quoi ça cause ?

Anne Capestan s’est mise en disponibilité afin de goûter pleinement aux joies de la maternité. Toutefois quand son amie et collègue, Eva Rosière, en disponibilité le temps d’un tournage, se retrouve accusée de meurtre, elle n’hésite pas à interrompre, de façon plus ou moins officielle, son congé parental…

Sa gamine sous le bras, Anne Capestan réintègre sa brigade et prend les choses en mains. Pas facile toutefois de combiner efficacement son rôle de mère et celui d’enquêtrice. Les Poulets Grillés investissent le plateau de tournage qui est aussi la scène de crime…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le troisième roman mettant en scène la Brigade Capestan et que j’avais vraiment apprécié les deux précédents, Poulets Grillés et Rester Groupés.

Ma Chronique

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé l’équipe la plus barrée de la Crim’ parisienne (et plus si affinités) ; j’espérais bien retrouver tous les ingrédients qui m’avaient séduit dans les deux précédents opus, à commencer par un ton franchement décalé parfaitement assumé.

Le bouquin s’ouvre sur l’accouchement d’Anne Capestan et d’entrée de jeu Sophie Hénaff me rassure : sérieux s’abstenir !

Capestan sentit monter une nouvelle vague, elle ferma les yeux, verrouilla les mâchoires. La contraction planta ses griffes et actionna les vérins, propulsant le feu dans tous les membres. Paul, le nez penché sur ses pieds, marmonna :
– Qu’est-ce qu’elles me font mal ces pompes.
Au prix d’un effort immense, Capestan desserra les dents :
– Paul, je t’aime tu sais, mais je te jure que si tu me parles encore UNE fois de tes chaussures…

Ceux et celles ayant déjà eu affaire à la fine équipe des Poulets Grillés ne seront pas dépaysés ; pour les autres je ne saurai que trop vous recommander de lire d’abord Poulets Grillés, puis Rester Groupés avant de vous lancer dans ce roman. Ceci dit ça ne s’impose pas, ce bouquin peut tout à fait être lu indépendamment des précédents… j’dis ça, j’dis rien.

Je disais donc que les habitués s’aventureront en terrain connu. C’est plutôt positif dans le sens où la bonne humeur reste de rigueur tout au long du bouquin, avec une équipe d’enquêteurs aux personnalités et aux méthodes pour le moins originales. Le revers de la médaille étant l’absence relative de surprise ; la seule nouveauté par rapport aux précédents romans étant de voir Anne Capestan s’investir dans son rôle de mère. Ce qui donne lieu à quelques scènes fort réjouissantes, mais cela ne nous empêche pas de rester quelque peu sur notre faim.

Nos Poulets Grillés vont donc se retrouver à mener l’enquête dans un monde qui a de quoi faire rêver (sur le papier en tout cas) puisqu’ils vont se retrouver en plein tournage d’un film. L’occasion de découvrir la face cachée (réelle ou supposée) du cinéma, derrière le strass et les paillettes, mais sauront-ils résister à l’appel des feux de la rampe ?

Il n’en reste pas moins que même si l’intrigue strictement policière est plutôt bien menée, elle reste relativement linéaire et manque de piquant. Là encore on a l’impression que tout est mis en oeuvre pour que la maternité de Capestan éclipse tout le reste.

Malgré ces quelques bémols j’ai passé un agréable moment avec ce bouquin, prétendre le contraire serait un mensonge éhonté. Sophie Hénaff a su, une fois de plus, me faire rire et sourire, mais globalement il m’a manqué un p’tit truc en plus pour que je sois totalement sous le charme.

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 mars 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] John Wainwright – Une Confession

AU MENU DU JOUR

J. Wainwright - Une confession
Titre : Une Confession
Auteur : John Wainwright
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (1984)
272 pages

De quoi ça cause ?

Source : 4ème de couverture

À cinquante ans, John Duxbury est secrètement déçu par son existence. Son travail est devenu une routine, son mariage sombre dans la grisaille, il ne sait plus comment être heureux.

Bientôt, c’est un drame qui s’abat sur lui. Alors qu’il est en vacances avec sa femme, Maude, celle-ci fait une chute mortelle. Quelques temps plus tard, un homme se présente au commissariat. Il a été témoin des faits et prétend que c’est John qui a poussé sa femme dans le vide. L’inspecteur Harker, chargé de l’enquête, s’engage à corps perdu dans la recherche de la vérité, jusqu’à l’ultime face-à-face.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine serait une réponse qui se suffirait à elle-même.

Parce que John Wainwright est l’auteur de A Table ! et que Claude Miller s’est inspiré de ce roman pour réaliser l’excellent Garde A Vue ; une inoubliable confrontation verbale et psychologique entre Lino Ventura (le flic) et Michel Serrault (le suspect) sur des dialogues de Michel Audiard. Culte !

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée. J’espérais proposer une chronique en avant-première, mais mon emploi du temps professionnel m’a privé de cette opportunité.

Le bouquin s’articule autour d’une alternance de chapitres passant d’une version des faits (un accident ?) à l’autre (un meurtre ?). John Duxbury affirme que la mort de sa femme est accidentelle et nous expose ses vues dans son journal intime. Pour Harry Harker, l’inspecteur chargé de démêler le vrai du faux dans cette affaire, les choses ne sont pas simples ; pour se faire sa propre idée, il va décortiquer les faits et poser des questions à qui de droit, sans forcément y mettre les formes.

Et toi ami lecteur qui vas tu croire ? Tout semble en effet indiquer que John Duxbury n’est pas un mauvais bougre alors que le côté pitbull de Harker n’encourage pas vraiment à l’empathie. Mais force est de reconnaître que c’est un aussi sacré bon enquêteur qui ne prend pas sa tâche à la légère, pas question de lâcher le morceau avant d’être sûr de son fait ! Du coup le lecteur hésite et doute au fil des chapitres, on sent que la confrontation finale ne sera pas une promenade de santé ; et sur ce coup John Wainwright tient toutes ses promesses et va même au-delà. Bien malin celui ou celle qui pourra dire en toute honnêteté « Je le savais » ou « J’en étais sûr » au moment où la vérité sera révélée.

Et dire que le public français aura dû attendre 35 ans pour découvrir cette pépite ! Mais après tout peut-être sommes-nous, avec le recul, plus à même d’apprécier pleinement l’ambiance délicieusement eighties qui se dégage du roman. Mais ne vous fiez pas aux apparences, John Wainwright saura mettre vos nerfs à rude épreuve au fil des pages.

Un roman porté par ses personnages plus que par son intrigue à proprement parler, peu d’action, mais une dimension psychologique juste énorme et superbement maîtrisée par l’auteur. Je serai tenté de définir ce roman comme un polar noir minimaliste, minimaliste étant alors à prendre comme un compliment. Il démontre en effet qu’une intrigue relativement simple, sans déployer une débauche de séquences-chocs, mais portée par des personnages forts peut faire mouche avec autant de force qu’un thriller sanguinolent.

John Wainwright a été un auteur des plus prolifiques avec plus de 83 romans à son actif, seule une petite douzaine d’entre eux ont bénéficié d’une traduction en français. Du coup je me demande combien de pépites du genre sont encore méconnues du public francophone.

Un roman est relativement court (moins de 300 pages), découpé en quatorze parties qui vont à l’essentiel ; une écriture riche qui n’use pas de figures de style inutilement pompeuses. Bref, tout est fait pour assurer une lecture fluide et agréable.

MON VERDICT

 
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Publié par le 18 mars 2019 dans Bouquins

 

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[BRD] Bohemian Rhapsody

À L’AFFICHE DU JOUR

Bohemian Rhapsody

Titre : Bohemian Rhapsody
Réalisation : Bryan Singer
Production : GK Films
Distribution : 20th Century Fox
Origine : USA (2018)
Durée : 2h15

Casting

Rami Malek : Freddie Mercury
Gwilym Lee : Brian May
Lucy Boynton : Mary Austin
Ben Hardy : Roger Taylor
Joseph Mazzello : John Deacon

Le pitch

1970. Farrokh ‘Freddie’ Bulsara devient le nouveau chanteur du groupe Smile aux côtés de Brian May (guitariste), Roger Taylor (batteur) et John Deacon (bassiste). Farrokh va désormais se faire appeler Freddie Mercury et le groupe deviendra Queen. Ils ignorent encore qu’ils viennent d’entrer dans la légende…

Ma chronique

Je ne suis généralement pas un grand fan des biopics, mais pour un film consacré à Freddie Mercury et au groupe Queen je veux bien faire une exception et me laisser tenter.

Bohemian Rhapsody nous propose donc de suivre l’histoire de Queen et de son chanteur emblématique de leurs débuts, dans les années 70, au concert Live Aid de Wembley en 1985.

Dommage de pas avoir prolongé le voyage dans le temps d’une année afin de clore le film sur la dernière performance live du groupe Queen, le fabuleux Live at Wembley de 1986 ; concert dans lequel Freddie Mercury donnera le meilleur de lui même (sans doute bien conscient, du fait de sa maladie, que l’occasion ne se représenterait sans doute jamais).

Incarner un personnage tel que Freddie Mercury doit être un sacré challenge pour un acteur, d’autant plus qu’il sera attendu au tournant par les nombreux fans du chanteur et du groupe. Rami Malek est tout simplement bluffant dans le rôle de Freddie Mercury, tant au niveau de la ressemblance physique que du jeu de scène (une interprétation d’autant plus ardue qu’il doit composer avec des prothèses dentaires un peu envahissantes). Une performance saluée par la critique et récompensée par de nombreux prix dont, les plus fameux de la profession, un Oscar et un Golden Globe.

Que l’on apprécie ou non le personnage, force est de reconnaître que non seulement il avait une voix exceptionnelle, mais aussi un indéniable charisme ; de fait Freddie Mercury était un show-man hors pair et le groupe Queen restera à jamais dans la légende du rock.

Si le caractère bien trempé de Freddie Mercury lui a permis d’imposer, avec le soutien des autres membres du groupe, des choix osés (mais payants) aux maisons de disque ; il pouvait aussi s’avérer particulièrement irritant lorsqu’il part dans des délires égocentriques.

Il semblerait que le film prenne certaines libertés avec la réalité (notamment en termes de chronologie), essentiellement pour assurer la fluidité du récit (et aussi peut être sublimer ladite réalité). Seuls les fans inconditionnels les plus rigoureux (pour rester poli) s’en offusqueront.

Impossible de ne pas parler d’un film sur Freddie Mercury et le groupe Queen sans faire état de la bande-son. La musique de Queen et les interprétations des différents titres phares du groupe sont tout simplement magistrales. Fermez les yeux et vous entendrez Queen sur scène. Ouvrez les yeux, et vous verrez Queen sur scène.

Pour l’anecdote les séquences chantées ne sont pas jouées en playback avec la voix de Freddie Mercury ; elles sont bel et bien interprétées par un chanteur, Marc Martel, un québécois dont le timbre vocal est proche de celui de Freddie Mercury.

Pour finir cette chronique sur une métaphore douteuse, je dirai que si Queen était la quintessence de la bière, Queen sans Freddie Mercury est une bière sans alcool et Freddie Mercury en solo guère plus qu’un panaché. Tout ça pour dire que la magie de Queen fonctionne grâce à la fusion entre le chanteur et les musiciens. Une magie qui ne s’achèvera pas le 24 novembre 1991 avec la mort de Freddie Mercury ; la légende prendra le relais parce qu’après tout The Show Must Go On

♥♥♥♥♥

 
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Publié par le 13 mars 2019 dans DVD / BRD

 

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[BOUQUINS] Stephen King – Laurie

S. King - Laurie

Une nouvelle inédite de Stephen King est un petit plaisir qui ne se refuse pas…

Oui, mais non…

En mai 2018, quelques jours avant la parution de son dernier roman, Stephen King annonçait :

« Je poste une toute nouvelle histoire courte, si vous voulez la lire, songez-y comme à une mise en bouche pour le plat principal, The Outsider, à venir la semaine prochaine. L’histoire est gratuite. Lisez, imprimez, partagez, peu importe. Amusez-vous !»

En France, il faudra attendre février 2019, après la parution de L’Outsider donc, pour que la nouvelle soit accessible dans la langue de Molière ; Albin Michel précisant :

« Voici une nouvelle inédite et gratuite de Stephen King pour replonger dans l’univers de L’Outsider !»

Ajoutez à cela une couv’ qui rappelle fortement l’univers de L’Outsider et l’arnaque marketing est complète et quasiment imparable !

Notez la subtile différence entre l’annonce de Stephen King et celle d’Albin Michel, quand l’auteur vous offre une mise en bouche en attendant la parution de son roman, l’éditeur français promet carrément que le lecteur retrouvera l’univers de L’Outsider. Et à ce niveau c’est quand même le summum de la mauvaise foi, d’où arnaque marketing ; la gratuité n’excuse pas tout !

Pour le lecteur qui s’attend à retrouver l’univers ou l’ambiance du roman, la douche froide est assurée et la déception bien compréhensible. On lui promet qu’il va déguster du caviar beluga premier choix et au final il se retrouve avec des œufs de lump premier prix !

P’t’être bin qu’oui, p’t’être bin que non…

Pour apprécier pleinement le cadeau de Stephen King il faut faire abstraction de tout ce que vous venez de lire et ne retenir que l’annonce de l’auteur :

« Je poste une toute nouvelle histoire courte, si vous voulez la lire, songez-y comme à une mise en bouche pour le plat principal, The Outsider, à venir la semaine prochaine. L’histoire est gratuite. Lisez, imprimez, partagez, peu importe. Amusez-vous !»

De quoi ça cause d’abord ?

Lloyd est un veuf inconsolable depuis le décès de sa femme. Pour l’aider à surmonter son deuil, sa sœur Beth lui rend visite et lui offre un adorable chiot baptisé Laurie dont il ne veut pas.

Mais avec le temps, un lien se crée entre l’homme et l’animal…

Le petit truc en plus.

Stephen King a rédigé cette nouvelle en hommage à Vixen, la chienne corgi de son épouse, décédée au printemps 2018.

Et finalement c’est oui…

Certes il n’y a aucun élément fantastique dans cette nouvelle de 41 pages mais si vous aimez les animaux elle ne devrait pas vous laisser indifférent. L’auteur y décrit admirablement la relation qui se noue (et évolue) entre l’homme et l’animal. Ne serait-ce que pour la justesse du récit je vote oui sans hésitation.

À une époque où la maltraitance animale fait encore trop souvent la une, où des crevures abandonnent au bord d’un route leur animal de compagnie pour pouvoir partir en vacances peinard (que ces salopards s’étouffent avec leur chipos cramées et leur rosé de grande surface), il n’est pas inutile de rappeler que la grande majorité des propriétaires aiment et respectent leur(s) compagnon(s) à quatre pattes (ça marche aussi pour les oiseaux, les serpents, les poissons et autres NAC).

Un autre petit truc en plus…

Au hasard d’une promenade, Lloyd et Laurie croiseront la route d’une autre bestiole nettement moins avenante… mais 100% naturelle et d’origine terrienne.

 
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Publié par le 12 mars 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Gaëlle Perrin-Guillet – Haut le Choeur

AU MENU DU JOUR

G. Perrin-Guillet - Haut Le Choeur
Titre : Haut Le Chœur
Auteur : Gaëlle Perrin-Guillet
Éditeur : Rouge Sang (2013)
Édition révisée : Taurnada (2019)
Origine : France
244 pages

De quoi ça cause ?

Source : 4ème de couverture.

« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. »

Depuis qu’Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l’angoisse que la criminelle sanguinaire s’évade de prison…

Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d’Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que les éditions Taurnada font partie de ces éditeurs que je suis avec assiduité, tout particulièrement leurs thrillers de la collection Au tourbillon des mots ; des titres qui m’ont déjà valu quelques belles découvertes et, cerise sur le gâteau, ne m’ont jamais déçu.

Joël, l’éditeur, m’ayant gentiment proposé de me faire parvenir un SP en échange d’une chronique, je me suis empressé d’accepter son offre.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Publié initialement aux éditions Rouge Sang en 2013 et récompensé du prix Dora Suarez en 2014, Haut Le Chœur est aujourd’hui quasiment introuvable. Gaëlle Perrin-Guillet et Taurnada lui offrent une seconde jeunesse avec cette réédition entièrement revue et corrigée.

Une fois de plus Taurnada nous propose de découvrir un thriller original et mené tambour battant sans le moindre temps mort. Un roman court, mais intense… et brutal ! Il faut dire que certaines mises à mort sont particulièrement perverses (sans parler des précédentes victimes des tueurs, dont la seule mention suffit à faire froid dans le dos).

Au fil des chapitres (courts et percutants), Gaëlle Perrin-Guillet passe d’un personnage à l’autre pour nous faire vivre l’intrigue de son point de vue plutôt que de se focaliser sur un personnage central. Si cette approche apporte une réelle dynamique au récit et à son déroulé, elle empêche toutefois de vraiment s’attacher aux personnages. Construire un thriller en misant avant tout sur le rythme est un choix plutôt cohérent ; et sur ce point l’auteure réussit un véritable coup de maître.

Outre Alix Flament et Éloane Frezet le lecteur devra aussi compter sur l’équipe d’enquêteurs dirigée par Gautier Ruiz et Stéphane Noisel, mais aussi sur Camille Vivier, une jeune profileuse chargée d’assister la police et Flavien Bernet, le mari d’Alix, légiste de son état en charge des autopsies des victimes de Frezet.

Dans le monde des crimes en série la parité n’est pas de mise ; la gent masculine est en effet beaucoup plus représentée que leurs homologues féminins. Force est de constater que chez Taurnada la tueuse en série a le vent en poupe, en effet le précédent roman lu, Mon Ombre Assassine, mettait déjà en scène une tueuse en série… Quoi qu’il en soit, s’agissant de Nadège Solignac ou d’Éloane Frezet, elles n’ont pas à rougir de leur parcours meurtrier ni de leur degré de perversité malsaine.

Pour faire avancer leur enquête, les flics doivent comprendre la nature de l’oeuvre de la tueuse, et de son mentor avant elle. Pour ma part je dois avouer que le titre du roman, associé à la couverture, m’a tout de suite mis sur la voie. Je tiens à préciser que cela ne m’a nullement empêché de profiter pleinement de cette lecture.

MON VERDICT

 
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Publié par le 11 mars 2019 dans Bouquins

 

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1994-2019 : 25 ans… et c’est pas fini !

25 piges !

En ce 8 mars 2019, Journée de la Femme, je « fête » (youpi, youpida… pis quoi encore ?!) mes 25 ans de carrière (qui a dit présence ?) au sein de la CAFAT…

Je ne vous referai pas l’historique, résumé des épisodes précédents ici.

C’est qu’il s’en est passé des choses ces cinq dernières années… et ça n’a pas toujours été la joie !

Pour commencer Julie est rentrée en Métropole, pour raisons personnelles, en juillet 2014. Elle nous avait prévenu mais ça fait quand même un petit pincement au cœur de la voir quitter le navire.
En septembre 2014, M. débarque comme nouveau chef du service Statistiques… C’est le début des années noires de la Stat, à force de pisser partout pour marquer son territoire, imposer ses méthodes et ses vues sur tout et n’importe quoi et tout vouloir chapeauter, il finira par faire littéralement imploser le service. Non seulement « Monsieur-Je-Sais-Tout » se mettra à dos la moitié du service (ça fait mieux que de dire 2 agents sur 4) mais en plus il se décrédibilisera totalement aussi bien en interne qu’en externe.
Jusqu’alors je me voyais finir ma carrière à la Stat, sans même chercher à devenir calife à la place du calife ; juste à faire sereinement un boulot qui me plait. L’énergumène aura fini par me faire remettre en question ce choix. Je me doutais bien que je ne pourrai pas éternellement faire fi de ses consignes (aussi stupides et injustifiées soient elles) et continuer de faire les choses à ma façon. Fin 2015, j’envisageais sérieusement d’entamer les démarches en vue d’un reclassement professionnel.
Heureusement l’expérience fut de courte durée… L’individu aimant se la jouer Caliméro finira par se victimiser au point de se coller en arrêt maladie pendant plus de six mois. Plantant la Stat et la CAFAT sur deux échéances majeures (budget et clôture des comptes) pour la Caisse ; et ça se prétend responsable !!! Il faudra attendre février 2017 pour qu’il se décide à tirer sa révérence, de son plein gré ou poussé vers la sortie… ça n’a jamais été très clair mais, quoiqu’il en soit, bon débarras !
Après une période de flottement et un recrutement resté sans réponse, on finira par avoir un chef de section, Cédric, chargé du management de l’équipe.

La mise en maladie de M. n’aura pas eu que des effets négatifs, outre le fait de ne plus l’avoir sur le dos en permanence, la CAFAT a mandaté un prestataire externe (Optimind Winter) afin de nous fournir un outil pour la production du budget (première mission) et un autre pour la clôture des comptes (seconde mission).
Des outils qui automatisent quasiment tout le processus de production (fini les copier-coller hasardeux et les ajustements manuels bidons) sous Excel (exit les algorithmes statistiques imbuvables) et produit des résultats tout aussi viables (voire même davantage) en un temps réduit (on est passé de 15 jours de traitements à deux jours) et sans prise de tête.

Aux premiers mois du Règne du Chaos, la Stat sera intégrée à une nouvelle direction, la DFM (Direction des Finances et Moyens), une organisation purement managériale n’ayant aucune incidence directe sur le fonctionnement du service. Depuis la mi-février un directeur adjoint a été nommé à la DFM ; son rôle étant, entre autres, de chapeauter les études ayant des enjeux financiers et stratégiques, nous aurons certainement l’occasion de travailler en étroite collaboration avec lui sur certains chantiers.

Au niveau des effectifs aussi il y a eu du mouvement :
– R. est arrivé (décembre 2014)… R. est reparti (février 2018) à l’issue d’une année sabbatique.
– C., après un caca nerveux incompréhensible a pété une durite et s’est foutue en congés longue durée, puis en congé maternité et de nouveau en arrêt longue durée ; elle ne devrait pas réintégrer la Stat.
– Wassélie a intégré l’équipe en remplacement de R. (février 2018).
Exit la tumeur et ses métastases… On peut de nouveau envisager de travailler dans un environnement sain et apaisé, même si en l’occurrence il manque une quatrième roue au carrosse pour qu’il soit 100% opérationnel.

Depuis novembre 2018 la Stat a réintégré les locaux de l’immeuble Mangin, au sein d’une DFM réunifiée, après un bref passage par le Sifra.

A suivre…
RdV dans 5 ans pour le prochain épisode.

 
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Publié par le 8 mars 2019 dans Au boulot

 

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[BOUQUINS] Amélie Antoine – Raisons Obscures

AU MENU DU JOUR

A. Antoine - Raisons Obscures
Titre : Raisons Obscures
Auteur : Amélie Antoine
Éditeur : XO Éditions
Parution : 2019
Origine : France
384 pages

De quoi ça cause ?

Juin 2017. Un coup de téléphone de la police va voir le quotidien des familles Kessler et Mariani s’effondrer.

Quelques mois plus tôt, à l’occasion de la rentrée des classes. C’est pour la famille Kessler l’occasion de prendre un nouveau départ après leur récent déménagement. Jusqu’à ce que Laetitia, la mère, croise par hasard son premier amour de jeunesse.

Dans la famille Mariani c’est Frédéric, le père qui doit composer avec une mise au placard professionnelle et Claire, la mère, avec les aboiements incessants du chien du voisin.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour me sortir de ma zone de confort (polars et thrillers) et parce que ça faisait déjà quelque temps que j’avais envie de découvrir l’univers, très éclectique, d’Amélie Antoine.

Parce que les éditions Xo et Net Galley ont répondu favorablement à ma demande.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions XO et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Une histoire de familles en apparence ordinaires qui n’avait, de prime abord, pas grand-chose pour me séduire. D’un côté madame cède au démon de midi en retombant dans les bras de celui qui fut son premier amour. De l’autre monsieur essaye de donner le change face à une mise au placard professionnelle qui le mine bien plus qu’il ne voudrait se l’avouer.

C’est ce à quoi laisse penser toute la première partie de ce bouquin. Des histoires sommes toutes assez banales, mais heureusement fort bien écrites. Sous la plume d’Amélie Antoine, ses personnages prennent véritablement vie, on partage leurs moments de questionnements et de doutes comme s’ils étaient nos voisins (sauf que je suis un tantinet ours asocial et que je limite à la stricte courtoise mes contacts avec mes voisins).

Mais cette apparente normalité tranquille n’est que la partie visible de l’iceberg. Les parents Kessler et Mariani ne voient pas (et nous non plus du coup) qu’un véritable drame est en train de couver sous les non-dits et les mensonges pour continuer de donner le change.

Dans la seconde partie de son roman, l’auteure donne la parole aux enfants, Sarah Mariani et Orlane Kessler. Et le voile se lève sur la partie immergée de l’iceberg, le lecteur assiste impuissant (et un tantinet énervé il faut bien se l’avouer) à un drame dont on devine (en partie seulement) les conséquences tragiques.

Un drame malheureusement tout aussi ordinaire de nos jours puisqu’il est question de harcèlement scolaire. Brimade après brimade, humiliation après humiliation, on sent l’issue fatale pointer le bout de son nez sans rien pouvoir faire pour renverser la vapeur et changer le cours des choses. Rarement j’ai autant espéré me tromper sur la fin d’un roman… sans ce foutu coup de fil qui ouvre le bouquin, et qui clôt la première partie, on aurait presque pu y croire.

Là encore la plume d’Amélie Antoine est implacable. Elle nous plonge dans les pensées d’une persécutrice qui ne se rend pas vraiment compte du mal qu’elle fait, et d’une persécutée qui s’enfonce inexorablement sur un chemin sans retour. Une expérience nerveusement éprouvante, mais un formidable talent de conteur devant lequel je ne peux que m’incliner.

Il serait tentant de jeter la pierre aux parents en les accusant d’être tellement focalisés sur leurs « petits » tracas qu’ils n’ont pas vu ce qui se jouait quasiment sous leurs yeux ; mais bien malin(e) celui ou celle qui peut affirmer, en toute honnêteté, que ça n’aurait jamais pu arriver à ses propres enfants. Surtout quand, comme c’est le cas ici, l’enfant victime prend sur lui.

Amélie Antoine le dit fort justement dans son interview sur le site de l’éditeur :

La question à laquelle j’avais envie – besoin – de réfléchir, c’était celle de savoir (sans aucun jugement) comment il est possible de passer complètement à côté de la souffrance de son enfant, comment on peut penser le connaître et se rendre compte – trop tard – qu’il n’en est rien…

Et un peu plus tard dans le même entretien :

Certes, les parents Kessler et Mariani sont pris par d’autres choses, comme n’importe quels êtres humains, mais ils n’en sont pas moins aimants ou attentifs… De l’autre côté, il y a des enfants qui se taisent, qui se murent dans le silence, qui ne veulent pas déranger, pas trahir, pas se montrer faibles…

Un roman qui, contre toute attente, m’a pris aux tripes. Mais comme je suis aussi un tantinet maso sur les bords, il m’a aussi donné l’envie d’aller plus avant dans la découverte des romans d’Amélie Antoine.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 6 mars 2019 dans Bouquins

 

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