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Archives de l'année 2019

[BOUQUINS] John Wainwright – Une Confession

AU MENU DU JOUR

J. Wainwright - Une confession
Titre : Une Confession
Auteur : John Wainwright
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (1984)
272 pages

De quoi ça cause ?

Source : 4ème de couverture

À cinquante ans, John Duxbury est secrètement déçu par son existence. Son travail est devenu une routine, son mariage sombre dans la grisaille, il ne sait plus comment être heureux.

Bientôt, c’est un drame qui s’abat sur lui. Alors qu’il est en vacances avec sa femme, Maude, celle-ci fait une chute mortelle. Quelques temps plus tard, un homme se présente au commissariat. Il a été témoin des faits et prétend que c’est John qui a poussé sa femme dans le vide. L’inspecteur Harker, chargé de l’enquête, s’engage à corps perdu dans la recherche de la vérité, jusqu’à l’ultime face-à-face.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine serait une réponse qui se suffirait à elle-même.

Parce que John Wainwright est l’auteur de A Table ! et que Claude Miller s’est inspiré de ce roman pour réaliser l’excellent Garde A Vue ; une inoubliable confrontation verbale et psychologique entre Lino Ventura (le flic) et Michel Serrault (le suspect) sur des dialogues de Michel Audiard. Culte !

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée. J’espérais proposer une chronique en avant-première, mais mon emploi du temps professionnel m’a privé de cette opportunité.

Le bouquin s’articule autour d’une alternance de chapitres passant d’une version des faits (un accident ?) à l’autre (un meurtre ?). John Duxbury affirme que la mort de sa femme est accidentelle et nous expose ses vues dans son journal intime. Pour Harry Harker, l’inspecteur chargé de démêler le vrai du faux dans cette affaire, les choses ne sont pas simples ; pour se faire sa propre idée, il va décortiquer les faits et poser des questions à qui de droit, sans forcément y mettre les formes.

Et toi ami lecteur qui vas tu croire ? Tout semble en effet indiquer que John Duxbury n’est pas un mauvais bougre alors que le côté pitbull de Harker n’encourage pas vraiment à l’empathie. Mais force est de reconnaître que c’est un aussi sacré bon enquêteur qui ne prend pas sa tâche à la légère, pas question de lâcher le morceau avant d’être sûr de son fait ! Du coup le lecteur hésite et doute au fil des chapitres, on sent que la confrontation finale ne sera pas une promenade de santé ; et sur ce coup John Wainwright tient toutes ses promesses et va même au-delà. Bien malin celui ou celle qui pourra dire en toute honnêteté « Je le savais » ou « J’en étais sûr » au moment où la vérité sera révélée.

Et dire que le public français aura dû attendre 35 ans pour découvrir cette pépite ! Mais après tout peut-être sommes-nous, avec le recul, plus à même d’apprécier pleinement l’ambiance délicieusement eighties qui se dégage du roman. Mais ne vous fiez pas aux apparences, John Wainwright saura mettre vos nerfs à rude épreuve au fil des pages.

Un roman porté par ses personnages plus que par son intrigue à proprement parler, peu d’action, mais une dimension psychologique juste énorme et superbement maîtrisée par l’auteur. Je serai tenté de définir ce roman comme un polar noir minimaliste, minimaliste étant alors à prendre comme un compliment. Il démontre en effet qu’une intrigue relativement simple, sans déployer une débauche de séquences-chocs, mais portée par des personnages forts peut faire mouche avec autant de force qu’un thriller sanguinolent.

Bien que l’auteur soit américain, c’est sur le sol anglais que se déroule son roman.

Un roman est relativement court (moins de 300 pages), découpé en quatorze parties qui vont à l’essentiel ; une écriture riche qui n’use pas de figures de style inutilement pompeuses. Bref, tout est fait pour assurer une lecture fluide et agréable.

MON VERDICT

 
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Publié par le 18 mars 2019 dans Bouquins

 

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[BRD] Bohemian Rhapsody

À L’AFFICHE DU JOUR

Bohemian Rhapsody

Titre : Bohemian Rhapsody
Réalisation : Bryan Singer
Production : GK Films
Distribution : 20th Century Fox
Origine : USA (2018)
Durée : 2h15

Casting

Rami Malek : Freddie Mercury
Gwilym Lee : Brian May
Lucy Boynton : Mary Austin
Ben Hardy : Roger Taylor
Joseph Mazzello : John Deacon

Le pitch

1970. Farrokh ‘Freddie’ Bulsara devient le nouveau chanteur du groupe Smile aux côtés de Brian May (guitariste), Roger Taylor (batteur) et John Deacon (bassiste). Farrokh va désormais se faire appeler Freddie Mercury et le groupe deviendra Queen. Ils ignorent encore qu’ils viennent d’entrer dans la légende…

Ma chronique

Je ne suis généralement pas un grand fan des biopics, mais pour un film consacré à Freddie Mercury et au groupe Queen je veux bien faire une exception et me laisser tenter.

Bohemian Rhapsody nous propose donc de suivre l’histoire de Queen et de son chanteur emblématique de leurs débuts, dans les années 70, au concert Live Aid de Wembley en 1985.

Dommage de pas avoir prolongé le voyage dans le temps d’une année afin de clore le film sur la dernière performance live du groupe Queen, le fabuleux Live at Wembley de 1986 ; concert dans lequel Freddie Mercury donnera le meilleur de lui même (sans doute bien conscient, du fait de sa maladie, que l’occasion ne se représenterait sans doute jamais).

Incarner un personnage tel que Freddie Mercury doit être un sacré challenge pour un acteur, d’autant plus qu’il sera attendu au tournant par les nombreux fans du chanteur et du groupe. Rami Malek est tout simplement bluffant dans le rôle de Freddie Mercury, tant au niveau de la ressemblance physique que du jeu de scène (une interprétation d’autant plus ardue qu’il doit composer avec des prothèses dentaires un peu envahissantes). Une performance saluée par la critique et récompensée par de nombreux prix dont, les plus fameux de la profession, un Oscar et un Golden Globe.

Que l’on apprécie ou non le personnage, force est de reconnaître que non seulement il avait une voix exceptionnelle, mais aussi un indéniable charisme ; de fait Freddie Mercury était un show-man hors pair et le groupe Queen restera à jamais dans la légende du rock.

Si le caractère bien trempé de Freddie Mercury lui a permis d’imposer, avec le soutien des autres membres du groupe, des choix osés (mais payants) aux maisons de disque ; il pouvait aussi s’avérer particulièrement irritant lorsqu’il part dans des délires égocentriques.

Il semblerait que le film prenne certaines libertés avec la réalité (notamment en termes de chronologie), essentiellement pour assurer la fluidité du récit (et aussi peut être sublimer ladite réalité). Seuls les fans inconditionnels les plus rigoureux (pour rester poli) s’en offusqueront.

Impossible de ne pas parler d’un film sur Freddie Mercury et le groupe Queen sans faire état de la bande-son. La musique de Queen et les interprétations des différents titres phares du groupe sont tout simplement magistrales. Fermez les yeux et vous entendrez Queen sur scène. Ouvrez les yeux, et vous verrez Queen sur scène.

Pour l’anecdote les séquences chantées ne sont pas jouées en playback avec la voix de Freddie Mercury ; elles sont bel et bien interprétées par un chanteur, Marc Martel, un québécois dont le timbre vocal est proche de celui de Freddie Mercury.

Pour finir cette chronique sur une métaphore douteuse, je dirai que si Queen était la quintessence de la bière, Queen sans Freddie Mercury est une bière sans alcool et Freddie Mercury en solo guère plus qu’un panaché. Tout ça pour dire que la magie de Queen fonctionne grâce à la fusion entre le chanteur et les musiciens. Une magie qui ne s’achèvera pas le 24 novembre 1991 avec la mort de Freddie Mercury ; la légende prendra le relais parce qu’après tout The Show Must Go On

♥♥♥♥♥

 
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Publié par le 13 mars 2019 dans DVD / BRD

 

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[BOUQUINS] Stephen King – Laurie

S. King - Laurie

Une nouvelle inédite de Stephen King est un petit plaisir qui ne se refuse pas…

Oui, mais non…

En mai 2018, quelques jours avant la parution de son dernier roman, Stephen King annonçait :

« Je poste une toute nouvelle histoire courte, si vous voulez la lire, songez-y comme à une mise en bouche pour le plat principal, The Outsider, à venir la semaine prochaine. L’histoire est gratuite. Lisez, imprimez, partagez, peu importe. Amusez-vous !»

En France, il faudra attendre février 2019, après la parution de L’Outsider donc, pour que la nouvelle soit accessible dans la langue de Molière ; Albin Michel précisant :

« Voici une nouvelle inédite et gratuite de Stephen King pour replonger dans l’univers de L’Outsider !»

Ajoutez à cela une couv’ qui rappelle fortement l’univers de L’Outsider et l’arnaque marketing est complète et quasiment imparable !

Notez la subtile différence entre l’annonce de Stephen King et celle d’Albin Michel, quand l’auteur vous offre une mise en bouche en attendant la parution de son roman, l’éditeur français promet carrément que le lecteur retrouvera l’univers de L’Outsider. Et à ce niveau c’est quand même le summum de la mauvaise foi, d’où arnaque marketing ; la gratuité n’excuse pas tout !

Pour le lecteur qui s’attend à retrouver l’univers ou l’ambiance du roman, la douche froide est assurée et la déception bien compréhensible. On lui promet qu’il va déguster du caviar beluga premier choix et au final il se retrouve avec des œufs de lump premier prix !

P’t’être bin qu’oui, p’t’être bin que non…

Pour apprécier pleinement le cadeau de Stephen King il faut faire abstraction de tout ce que vous venez de lire et ne retenir que l’annonce de l’auteur :

« Je poste une toute nouvelle histoire courte, si vous voulez la lire, songez-y comme à une mise en bouche pour le plat principal, The Outsider, à venir la semaine prochaine. L’histoire est gratuite. Lisez, imprimez, partagez, peu importe. Amusez-vous !»

De quoi ça cause d’abord ?

Lloyd est un veuf inconsolable depuis le décès de sa femme. Pour l’aider à surmonter son deuil, sa sœur Beth lui rend visite et lui offre un adorable chiot baptisé Laurie dont il ne veut pas.

Mais avec le temps, un lien se crée entre l’homme et l’animal…

Le petit truc en plus.

Stephen King a rédigé cette nouvelle en hommage à Vixen, la chienne corgi de son épouse, décédée au printemps 2018.

Et finalement c’est oui…

Certes il n’y a aucun élément fantastique dans cette nouvelle de 41 pages mais si vous aimez les animaux elle ne devrait pas vous laisser indifférent. L’auteur y décrit admirablement la relation qui se noue (et évolue) entre l’homme et l’animal. Ne serait-ce que pour la justesse du récit je vote oui sans hésitation.

À une époque où la maltraitance animale fait encore trop souvent la une, où des crevures abandonnent au bord d’un route leur animal de compagnie pour pouvoir partir en vacances peinard (que ces salopards s’étouffent avec leur chipos cramées et leur rosé de grande surface), il n’est pas inutile de rappeler que la grande majorité des propriétaires aiment et respectent leur(s) compagnon(s) à quatre pattes (ça marche aussi pour les oiseaux, les serpents, les poissons et autres NAC).

Un autre petit truc en plus…

Au hasard d’une promenade, Lloyd et Laurie croiseront la route d’une autre bestiole nettement moins avenante… mais 100% naturelle et d’origine terrienne.

 
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Publié par le 12 mars 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Gaëlle Perrin-Guillet – Haut le Choeur

AU MENU DU JOUR

G. Perrin-Guillet - Haut Le Choeur
Titre : Haut Le Chœur
Auteur : Gaëlle Perrin-Guillet
Éditeur : Rouge Sang (2013)
Édition révisée : Taurnada (2019)
Origine : France
244 pages

De quoi ça cause ?

Source : 4ème de couverture.

« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. »

Depuis qu’Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l’angoisse que la criminelle sanguinaire s’évade de prison…

Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d’Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que les éditions Taurnada font partie de ces éditeurs que je suis avec assiduité, tout particulièrement leurs thrillers de la collection Au tourbillon des mots ; des titres qui m’ont déjà valu quelques belles découvertes et, cerise sur le gâteau, ne m’ont jamais déçu.

Joël, l’éditeur, m’ayant gentiment proposé de me faire parvenir un SP en échange d’une chronique, je me suis empressé d’accepter son offre.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Publié initialement aux éditions Rouge Sang en 2013 et récompensé du prix Dora Suarez en 2014, Haut Le Chœur est aujourd’hui quasiment introuvable. Gaëlle Perrin-Guillet et Taurnada lui offrent une seconde jeunesse avec cette réédition entièrement revue et corrigée.

Une fois de plus Taurnada nous propose de découvrir un thriller original et mené tambour battant sans le moindre temps mort. Un roman court, mais intense… et brutal ! Il faut dire que certaines mises à mort sont particulièrement perverses (sans parler des précédentes victimes des tueurs, dont la seule mention suffit à faire froid dans le dos).

Au fil des chapitres (courts et percutants), Gaëlle Perrin-Guillet passe d’un personnage à l’autre pour nous faire vivre l’intrigue de son point de vue plutôt que de se focaliser sur un personnage central. Si cette approche apporte une réelle dynamique au récit et à son déroulé, elle empêche toutefois de vraiment s’attacher aux personnages. Construire un thriller en misant avant tout sur le rythme est un choix plutôt cohérent ; et sur ce point l’auteure réussit un véritable coup de maître.

Outre Alix Flament et Éloane Frezet le lecteur devra aussi compter sur l’équipe d’enquêteurs dirigée par Gautier Ruiz et Stéphane Noisel, mais aussi sur Camille Vivier, une jeune profileuse chargée d’assister la police et Flavien Bernet, le mari d’Alix, légiste de son état en charge des autopsies des victimes de Frezet.

Dans le monde des crimes en série la parité n’est pas de mise ; la gent masculine est en effet beaucoup plus représentée que leurs homologues féminins. Force est de constater que chez Taurnada la tueuse en série a le vent en poupe, en effet le précédent roman lu, Mon Ombre Assassine, mettait déjà en scène une tueuse en série… Quoi qu’il en soit, s’agissant de Nadège Solignac ou d’Éloane Frezet, elles n’ont pas à rougir de leur parcours meurtrier ni de leur degré de perversité malsaine.

Pour faire avancer leur enquête, les flics doivent comprendre la nature de l’oeuvre de la tueuse, et de son mentor avant elle. Pour ma part je dois avouer que le titre du roman, associé à la couverture, m’a tout de suite mis sur la voie. Je tiens à préciser que cela ne m’a nullement empêché de profiter pleinement de cette lecture.

MON VERDICT

 
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Publié par le 11 mars 2019 dans Bouquins

 

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1994-2019 : 25 ans… et c’est pas fini !

25 piges !

En ce 8 mars 2019, Journée de la Femme, je « fête » (youpi, youpida… pis quoi encore ?!) mes 25 ans de carrière (qui a dit présence ?) au sein de la CAFAT…

Je ne vous referai pas l’historique, résumé des épisodes précédents ici.

C’est qu’il s’en est passé des choses ces cinq dernières années… et ça n’a pas toujours été la joie !

Pour commencer Julie est rentrée en Métropole, pour raisons personnelles, en juillet 2014. Elle nous avait prévenu mais ça fait quand même un petit pincement au cœur de la voir quitter le navire.
En septembre 2014, Michel débarque comme nouveau chef du service Statistiques… C’est le début des années noires de la Stat, à force de pisser partout pour marquer son territoire, imposer ses méthodes et ses vues sur tout et n’importe quoi et tout vouloir chapeauter, il finira par faire littéralement imploser le service. Non seulement « Monsieur-Je-Sais-Tout » se mettra à dos la moitié du service (ça fait mieux que de dire 2 agents sur 4) mais en plus il se décrédibilisera totalement aussi bien en interne qu’en externe.
Jusqu’alors je me voyais finir ma carrière à la Stat, sans même chercher à devenir calife à la place du calife ; juste à faire sereinement un boulot qui me plait. L’énergumène aura fini par me faire remettre en question ce choix. Je me doutais bien que je ne pourrai pas éternellement faire fi de ses consignes (aussi stupides et injustifiées soient elles) et continuer de faire les choses à ma façon. Fin 2015, j’envisageais sérieusement d’entamer les démarches en vue d’un reclassement professionnel.
Heureusement l’expérience fut de courte durée… L’individu aimant se la jouer Caliméro finira par se victimiser au point de se coller en arrêt maladie pendant plus de six mois. Plantant la Stat et la CAFAT sur deux échéances majeures (budget et clôture des comptes) pour la Caisse ; et ça se prétend responsable !!! Il faudra attendre février 2017 pour qu’il se décide à tirer sa révérence, de son plein gré ou poussé vers la sortie… ça n’a jamais été très clair mais, quoiqu’il en soit, bon débarras !
Après une période de flottement et un recrutement resté sans réponse, on finira par avoir un chef de section, Cédric, chargé du management de l’équipe.

La mise en maladie de Michel n’aura pas eu que des effets négatifs, outre le fait de ne plus l’avoir sur le dos en permanence, la CAFAT a mandaté un prestataire externe (Optimind Winter) afin de nous fournir un outil pour la production du budget (première mission) et un autre pour la clôture des comptes (seconde mission).
Des outils qui automatisent quasiment tout le processus de production (fini les copier-coller hasardeux et les ajustements manuels bidons) sous Excel (exit les algorithmes statistiques imbuvables) et produit des résultats tout aussi viables (voire même davantage) en un temps réduit (on est passé de 15 jours de traitements à deux jours) et sans prise de tête.

Aux premiers mois du Règne du Chaos, la Stat sera intégrée à une nouvelle direction, la DFM (Direction des Finances et Moyens), une organisation purement managériale n’ayant aucune incidence directe sur le fonctionnement du service. Depuis la mi-février Cyril a intégré la DFM en tant que directeur-adjoint ; son rôle étant, entre autres, de chapeauter les études ayant des enjeux financiers et stratégiques, nous aurons certainement l’occasion de travailler en étroite collaboration avec lui sur certains chantiers.

Au niveau des effectifs aussi il y a eu du mouvement :
– Raoul est arrivé (décembre 2014)… Raoul est reparti (février 2018) à l’issue d’une année sabbatique.
– Claudia, après un caca nerveux incompréhensible a pété une durite et s’est foutue en congés longue durée, puis en congé maternité et de nouveau en arrêt longue durée ; elle ne devrait pas réintégrer la Stat.
– Wassélie a intégré l’équipe en remplacement de Raoul (février 2018).
Exit la tumeur (Michel) et ses métastases (Raoul et Claudia)… On peut de nouveau envisager de travailler dans un environnement sain et apaisé, même si en l’occurrence il manque une quatrième roue au carrosse pour qu’il soit 100% opérationnel.

Depuis novembre 2018 la Stat a réintégré les locaux de l’immeuble Mangin, au sein d’une DFM réunifiée, après un bref passage par le Sifra.

A suivre…
RdV dans 5 ans pour le prochain épisode.

 
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Publié par le 8 mars 2019 dans Au boulot

 

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[BOUQUINS] Amélie Antoine – Raisons Obscures

AU MENU DU JOUR

A. Antoine - Raisons Obscures
Titre : Raisons Obscures
Auteur : Amélie Antoine
Éditeur : XO Éditions
Parution : 2019
Origine : France
384 pages

De quoi ça cause ?

Juin 2017. Un coup de téléphone de la police va voir le quotidien des familles Kessler et Mariani s’effondrer.

Quelques mois plus tôt, à l’occasion de la rentrée des classes. C’est pour la famille Kessler l’occasion de prendre un nouveau départ après leur récent déménagement. Jusqu’à ce que Laetitia, la mère, croise par hasard son premier amour de jeunesse.

Dans la famille Mariani c’est Frédéric, le père qui doit composer avec une mise au placard professionnelle et Claire, la mère, avec les aboiements incessants du chien du voisin.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour me sortir de ma zone de confort (polars et thrillers) et parce que ça faisait déjà quelque temps que j’avais envie de découvrir l’univers, très éclectique, d’Amélie Antoine.

Parce que les éditions Xo et Net Galley ont répondu favorablement à ma demande.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions XO et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Une histoire de familles en apparence ordinaires qui n’avait, de prime abord, pas grand-chose pour me séduire. D’un côté madame cède au démon de midi en retombant dans les bras de celui qui fut son premier amour. De l’autre monsieur essaye de donner le change face à une mise au placard professionnelle qui le mine bien plus qu’il ne voudrait se l’avouer.

C’est ce à quoi laisse penser toute la première partie de ce bouquin. Des histoires sommes toutes assez banales, mais heureusement fort bien écrites. Sous la plume d’Amélie Antoine, ses personnages prennent véritablement vie, on partage leurs moments de questionnements et de doutes comme s’ils étaient nos voisins (sauf que je suis un tantinet ours asocial et que je limite à la stricte courtoise mes contacts avec mes voisins).

Mais cette apparente normalité tranquille n’est que la partie visible de l’iceberg. Les parents Kessler et Mariani ne voient pas (et nous non plus du coup) qu’un véritable drame est en train de couver sous les non-dits et les mensonges pour continuer de donner le change.

Dans la seconde partie de son roman, l’auteure donne la parole aux enfants, Sarah Mariani et Orlane Kessler. Et le voile se lève sur la partie immergée de l’iceberg, le lecteur assiste impuissant (et un tantinet énervé il faut bien se l’avouer) à un drame dont on devine (en partie seulement) les conséquences tragiques.

Un drame malheureusement tout aussi ordinaire de nos jours puisqu’il est question de harcèlement scolaire. Brimade après brimade, humiliation après humiliation, on sent l’issue fatale pointer le bout de son nez sans rien pouvoir faire pour renverser la vapeur et changer le cours des choses. Rarement j’ai autant espéré me tromper sur la fin d’un roman… sans ce foutu coup de fil qui ouvre le bouquin, et qui clôt la première partie, on aurait presque pu y croire.

Là encore la plume d’Amélie Antoine est implacable. Elle nous plonge dans les pensées d’une persécutrice qui ne se rend pas vraiment compte du mal qu’elle fait, et d’une persécutée qui s’enfonce inexorablement sur un chemin sans retour. Une expérience nerveusement éprouvante, mais un formidable talent de conteur devant lequel je ne peux que m’incliner.

Il serait tentant de jeter la pierre aux parents en les accusant d’être tellement focalisés sur leurs « petits » tracas qu’ils n’ont pas vu ce qui se jouait quasiment sous leurs yeux ; mais bien malin(e) celui ou celle qui peut affirmer, en toute honnêteté, que ça n’aurait jamais pu arriver à ses propres enfants. Surtout quand, comme c’est le cas ici, l’enfant victime prend sur lui.

Amélie Antoine le dit fort justement dans son interview sur le site de l’éditeur :

La question à laquelle j’avais envie – besoin – de réfléchir, c’était celle de savoir (sans aucun jugement) comment il est possible de passer complètement à côté de la souffrance de son enfant, comment on peut penser le connaître et se rendre compte – trop tard – qu’il n’en est rien…

Et un peu plus tard dans le même entretien :

Certes, les parents Kessler et Mariani sont pris par d’autres choses, comme n’importe quels êtres humains, mais ils n’en sont pas moins aimants ou attentifs… De l’autre côté, il y a des enfants qui se taisent, qui se murent dans le silence, qui ne veulent pas déranger, pas trahir, pas se montrer faibles…

Un roman qui, contre toute attente, m’a pris aux tripes. Mais comme je suis aussi un tantinet maso sur les bords, il m’a aussi donné l’envie d’aller plus avant dans la découverte des romans d’Amélie Antoine.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 6 mars 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jon Marcello – Mais Qui Etes-Vous M. DB Cooper ?

AU MENU DU JOUR

J. Marcello - Mais qui êtes-vous M. DB Cooper ?
Titre : Mais Qui Êtes-Vous M. DB Cooper ?
Auteur : Jon Marcello
Éditeur : Auto-édition
Parution : 2018
Origine : France
260 pages

De quoi ça cause ?

1971. Dan Cooper embarque à bord d’un Boeing 727 reliant Portland à Seattle. Peu après le décollage, il informe une hôtesse qu’il possède une bombe qu’il fera sauter à moins qu’on lui remette une rançon de 200 000 $ lorsque l’avion se posera à Seattle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que je connais (virtuellement, mais quand même) Jon Marcello et que je lui avais promis de lire son roman. Une promesse que je peux enfin honorer, sachant que je suis le seul responsable du délai écoulé entre ladite promesse et le passage à l’acte.

Cerise sur le gâteau, je connais aussi la préfaceuse (cherchez pas, le titre est AOP à usage unique et nominatif) qui n’est autre qu’une certaine Belette bien connue dans la sphère de la blog litt’.

Ma Chronique

Si en France le personnage de Dan Cooper est peu connu (je ne parle de son homonyme aviateur et héros de bandes dessinées), il semblerait qu’aux États-Unis il ait gagné sa place dans les annales du grand banditisme et jouisse d’une réelle reconnaissance populaire (de nombreux ouvrages lui sont d’ailleurs consacrés).

En l’occurrence je serai tenté d’affubler le mot banditisme d’un honorable B majuscule ; pourquoi donc me demanderez-vous ? Indéniablement les grands noms du côté obscur exercent une certaine fascination auprès du grand public (cf le cas Mesrine qui était pourtant loin d’être un enfant de chœur), plus encore ceux qui ont réussi leur coup sans arme, ni haine, ni violence (le plus célèbre étant d’entre eux, en France, étant sans doute Albert Spaggiari, le cerveau du casse de la Société Générale de Nice) ; c’est à ceux-ci que va mon respect et mon B majuscule.

Avec son braquage aérien particulièrement audacieux et totalement inédit, Dan Cooper s’offre le tiercé gagnant qui fait sa réputation et sa légende :
– Pas d’arme, pas de victime, pas de sang versé
– Une opération réussie
– Un coupable jamais identifié
Ça force le respect non ? Pour ma part je m’incline humblement devant un tel panache…

Avec un tel pedigree, pas étonnant que le personnage ait été source d’inspiration pour tant d’auteurs outre Atlantique. Il faut dire que l’immense zone de terra incognita autour du bonhomme (concrètement on ne connaît de lui que le braquage) offre un terrain propice à la fiction. C’est donc sur ce terrain fertile que s’est aventuré Jon Marcello, adaptant les faits aux besoins de son roman.

Un roman qui se divise en deux parties. Dans la première vous ferez connaissance de Silver, vous découvrirez pourquoi un gars ordinaire décide, le temps d’une opération jamais tentée auparavant, d’endosser l’identité de Dan B. Cooper. Une opération soigneusement préparée afin de ne rien laisser au hasard. Suivra le déroulé détaillé (bravo pour le travail de documentation sur le sujet) de ce qui fut le premier (et dernier ?) braquage aérien.

On a beau savoir que Dan Cooper a réussi son casse aérien et avoir envie de croire qu’il a survécu à son saut en parachute, on ne peut s’empêcher de dévorer cette première partie, et même douter avec Silver par moments. Les faits connus sont impeccablement encadrés par les éléments de pure fiction.

La seconde partie quant à elle est 100% fictionnelle puisqu’il s’agit pour Jon Marcello d’inventer l’après-braquage. Une étape cruciale qui peut bien souvent s’avérer fatale pour les apprentis criminels :

Il comprit alors pourquoi tant de criminels se faisaient pincer, ils avaient mis toutes leurs forces dans la préparation, mais avaient fait l’impasse sur l’après, imaginant que les dollars les protégeraient.

Le principal souci étant en l’occurrence de transformer un magot empoisonné (les billets de la rançon ont été identifiés par la banque et le FBI) en argent propre. L’étape obligatoire étant alors le blanchiment de l’argent ; plus facile à dire qu’à faire à moins de fricoter avec le grand banditisme ou les hautes sphères de la politique…

Cette seconde partie se lit véritablement comme un thriller, l’auteur gère parfaitement la tension inhérente à la situation et propose un « après » à la fois crédible et cohérent. Difficile en effet d’imaginer se frotter aux requins du crime sans y laisser quelques plumes (je n’en dirai pas plus afin d’éviter tout spoil malvenu)…

J’ai passé un très agréable moment de lecture en compagnie de ce bouquin, la plume de Jon Marcello fait mouche en maintenant le lecteur en alerte de la première à la dernière page. Quelques touches d’humour, bienvenues, viennent apporter un peu de légèreté à l’intrigue.

L’auteur m’a donné envie d’en savoir plus sur ce mystérieux Dan B. Cooper, force est cependant de constater que les sources francophones sur le sujet ne sont pas légion ; à défaut j’ai envie de croire à la version proposée par Jon Marcello.

Le côté amateur de l’écriture contribue au charme et à la cohésion de l’ensemble, sans doute parce que ça colle bien avec l’amateurisme de DB Cooper. Si ce dernier a réussi, avec son braquage, à entrer dans l’histoire ; je souhaite à Jon Marcello, avec son roman, une reconnaissance amplement méritée.

MON VERDICT

 
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Publié par le 28 février 2019 dans Trucs en vrac

 

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