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Archives Mensuelles: avril 2018

[BOUQUINS] Jacques-Olivier Bosco – Coupable

AU MENU DU JOUR

JOB - Coupable

Titre : Coupable
Série : Lise Lartéguy – Tome 2
Auteur : Jacques-Olivier Bosco
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Quand Pierre Boifeuras, le chef de la PJ, mais aussi le parrain et protecteur de Lise Lartéguy, est sauvagement assassiné, la jeune femme Este dévastée. D’autant que certains indices lui laissent penser qu’elle pourrait être impliquée dans ce crime ; sauf qu’elle n’a que de très vagues souvenirs de la nuit précédente. Une nuit au cours de laquelle elle a laissé libre cours à la Bête qui sommeille en elle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé Brutale, la première enquête de Lise Lartéguy. Il me tardait de retrouver cette fliquette borderline et d’en apprendre davantage sur elle.

Parce que c’est La Bête Noire et que je commence à avoir un sacré retard dans l’exploration de leur catalogue.

Ma chronique

J’ai découvert le personnage de Lise Lartéguy l’année dernière avec le précédent roman de Jacques-Olivier Bosco (aka JOB), Brutale ; une entrée sur la scène littéraire policière plutôt fracassante, mais j’ai été séduit par cette nana hors norme. J’avoue que j’ai un faible pour les flics borderline, et Lise Lartéguy ne se contente pas de flirter avec la ligne jaune, elle la piétine allègrement !

Afin de laisser libre cours à ses bouffées de violence en épargnant, autant que possible, les innocents, Lise Lartèguy s’efforce d’appliquer La Méthode que lui a inculquée son père ; sur le principe c’est on ne peut plus simple :

« Le bien, on n’y touche pas. Le mal, on peut. Le mal, on le combat.
Les gens comme nous sont des gens bien. Tu souffres, tu as besoin de faire le mal, de transmettre ta souffrance.
Le mal doit combattre le mal. »

Sauf que cette chère Lise aimerait bien faire taire la Bête qui est en elle, plus facile à dire qu’à faire, surtout quand son passé refait surface.

Le bouquin alterne justement entre l’intrigue actuelle et les flashbacks qui permettent de découvrir aussi bien le passé de Lise que celui de son père et de son parrain. On comprend mieux (sans pour autant tout pardonner) les excès de Lise, et du coup le personnage gagne en profondeur (profondeur qui faisait parfois défaut dans Brutale) et notre empathie pour elle ne peut que se renforcer au fil des pages.

JOB apporte beaucoup de soins à ses personnages… même s’il n’hésite pas à les malmener. Outre une (encore plus) forte sympathie pour Lise, j’avoue aussi avoir eu un faible pour le personnage de Linda malgré ses travers.
L’intrigue policière est elle aussi soignée et rondement menée ; à ce titre j’ai été scié en découvrant la vérité sur la mort de Boisfeuras. Encore un petit bémol (je n’irai pas jusqu’à employer le mot défaut) de Brutale corrigé dans ce second opus, à croire que les enquêtes de Lise Lartéguy sont comme le bon vin et se bonifient avec le temps.

Il faut dire qu’en plus de son enquête, Lise va devoir faire face à l’acharnement du substitut du procureur Martignon qui semble très près de découvrir son terrible secret et ainsi briser sa carrière. Celui-ci trouvera d’ailleurs un allié inattendu en la personne d’Eric Boisfeuras, le fils de Pierre.

Enfin la plume incisive et percutante de l’auteur, associée à des chapitres courts, assure une lecture d’une grande fluidité. Difficile de lâcher ce bouquin une fois qu’il vous aura pris dans ses mailles.

Faut-il avoir lu Brutale avant de se lancer dans Coupable ? Je serai tenté de répondre oui même si cela n’est pas franchement impératif, ne serait-ce que pour suivre l’évolution de Lise Lartéguy et garder intacte l’intrigue du précédent roman.

En refermant le roman, j’ai eu un petit pincement au cœur à l’idée de ne peut-être plus croiser la route de Lise Lartéguy ; j’espère me tromper sur ce point, seul JOB serait en mesure d’apporter une réponse claire à ce questionnement.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 25 avril 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Karine Giebel – Toutes Blessent, La Dernière Tue

AU MENU DU JOUR

K. Giebel - Toutes blessent, la dernière tue

Titre : Toutes Blessent, La Dernière Tue
Auteur : Karine Giebel
Éditeur : Belfond
Parution : 2018
Origine : France
744 pages

De quoi ça cause ?

Tama a huit ans quand son père la vend à une riche famille française. Il espère ainsi lui offrir un avenir meilleur en France, mais en réalité il la condamne à une vie d’esclavage, de violences et d’humiliations.

Gabriel est un tueur implacable. Il vit reclus dans un corps de ferme perdu au milieu de nulle part, hanté par un drame survenu des années plus tôt.

Un matin Gabriel se retrouve face à une jeune femme blessée qui tente de le braquer avant de perdre connaissance. À son réveil, elle est amnésique, mais ses nombreuses cicatrices témoignent d’un passé douloureux…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Karine Giebel, une auteure qui réussit à me surprendre encore et encore au fil de ses romans.
Face à l’engouement suscité sur le net, impossible de différer plus longtemps la découverte de ce roman.

Ma chronique

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (26 août 1789)

Article 1er
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Décret d’abolition de l’esclavage (27 avril 1848)

Le Gouvernement provisoire,
Considérant que l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine ;
Qu’en détruisant le libre arbitre de l’homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir; Qu’il est une violation flagrante du dogme républicain : « Liberté – Egalité – Fraternité » ;
Considérant que si des mesures effectives ne suivaient pas de très près la proclamation déjà faite du principe de l’abolition, il en pourrait résulter dans les colonies les plus déplorables désordres ;

Décrète :

Article 1er
L’esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d’elles. À partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront interdits.

Déclaration universelle des droits de l’homme (10 décembre 1948)

Article 1er
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
(…)
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Rassurez-vous je n’ai pas subitement pété une durite, le rappel de ces textes fondamentaux sont en lien direct avec le dernier roman de Karine Giebel. Entre la théorie et la réalité il y un pas (voire un gouffre), qui peut nier qu’aujourd’hui encore la torture et l’esclavage ont encore cours… et pas seulement dans les pays qui ont l’habitude de n’accorder aucune considération aux droits de l’homme.

L’intrigue de Toutes Blessent, La Dernière Tue se déroule en effet de nos jours, en France.

Ami(e)s lecteurs et lectrices, autant vous mettre en garde d’entrée de jeu, en ouvrant ce roman vous pénétrez dans les neufs cercles de l’enfer, en immersion totale du côté obscur de l’humanité dans tout ce qu’elle peut avoir de plus abject.

Sachez enfin que si Karine Giebel ne ménage pas ses personnages, elle le fait avec une redoutable efficacité. Impossible de rester de marbre face au calvaire de Tama ! Des envies de meurtres, plus d’une fois vous aurez comme dirait un vénérable sage verdâtre aux longues oreilles.

Une lecture éprouvante aussi bien pour les nerfs que pour le coeur et l’âme, mais aussi une lecture hautement addictive. On en prend plein la gueule avec Tama, mais on a envie d’en savoir plus, on espère dur comme fer qu’elle verra enfin le bout du tunnel, que son cauchemar cessera, d’une façon ou d’une autre.

L’autre personnage central de l’intrigue est Gabriel, il faudra du temps pour que le voile se lève autour de ses secrets. Rongé par un drame qui l’a anéanti bien des années plus tôt, aujourd’hui c’est en donnant la mort qu’il semble apaiser son âme. Sa vie rangée à l’écart du monde semble lui convenir… mais alors pourquoi ne peut-il se résoudre à tuer cette inconnue débarque dans sa vie et fait vaciller ses certitudes ?

Une fois de plus Karine Giebel mise beaucoup sur la dimension psychologique de son intrigue. Elle apporte donc un soin particulier à ses personnages. Pas seulement à Tama et Gabriel, tous bénéficient de la même rigueur. Qu’ils soient blancs comme neige, noirs comme la plus sombre des nuits sans lune ou plutôt en nuances de gris…

C’est volontairement que je me cantonne aux personnages de Tama et Gabriel, aborder les autres m’obligerait à en dire trop sur le déroulé du récit.

Les chapitres sont courts, le style minimaliste rend l’écriture encore plus percutante, l’auteure sait y faire pour aller droit au but et droit au coeur des lecteurs, pas de chemins détournés pour nous balancer les faits en pleine tronche.

Et ça marche ! Plus d’une fois, vous aurez envie de faire une pause pour reprendre votre souffle et quitter ce cauchemar. Mais à chaque fois vous y reviendrez avec un peu plus d’avidité ; il vous faut votre dose, il vous faut des réponses…

J’ai refermé ce bouquin à bout de souffle, presque KO debout, mais avec un sourire béat aux lèvres. Un énorme coup de coeur malgré sa noirceur absolue et une méga claque dans la gueule. Une fois de plus Karine Giebel m’a bluffé et malmené… merci à vous Madame Giebel !

Vulnerant omnes, ultima necat.
At eae quas ad vos consumpsi me delectaverunt.

Toutes les heures blessent, la dernière tue.
Mais j’ai aimé celles passées auprès de vous.

Je ne suis pas pressé de voir arriver ma dernière heure, mais incontestablement j’ai aimé celles passées en compagnie de ce bouquin…

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 16 avril 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] C.J. Tudor – L’Homme Craie

AU MENU DU JOUR

CJ Tudor - L'homme craie

Titre : L’Homme Craie
Auteur : C.J. Tudor
Éditeur : Pygmalion (France) / Flammarion (Québec)
Parution : 2018
Origine : Angleterre
384 pages

De quoi ça cause ?

Anderbury, 1986. Cinq ados, amis inséparables, Eddie, Gros Gav, Hoppo, Mickey et Nicky, vont vivre quelques mois ponctués d’événements dramatiques qui vont les changer à jamais. Le fil rouge de ces drames, des bonshommes grossièrement dessinés à la craie.

Anderbury, 2016. A quelques jours d’intervalles reçoit une lettre anonyme contenant un dessin à la craie d’un pendu et un morceau de craie, ainsi qu’un appel de Mickey qui souhaite le rencontrer alors que ça fait des années qu’ils ne se parlent plus.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Incontestablement le déclencheur a été la couv’, à la fois so(m)bre et intrigante. Le pitch proposé en quatrième de couv’ s’annonçant prometteur, il n’en fallait pas plus pour que je craque.

Pourquoi ne pas l’avoir laissé prendre la poussière dans l’immensité de mon Stock à Lire Numérique (comme bon nombre de ses congénères injustement oubliés) ? C’est internet (blogosphère, Babelio, Facebook…) qui l’a boosté en pole position.

Ma chronique

En signant ce premier roman, un polar noir à souhait, l’auteure, CJ Tudor, semble s’être appuyée sur l’adage populaire qui affirme que « C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe« . En effet, si le bouquin reste plutôt classique tant par son intrigue que par sa structure, il n’en est pas moins réussi, parfaitement abouti et redoutablement efficace.

Que demande le lecteur ? Un bouquin original raté ou plutôt un classique réussi ? Je ne sais pas pour vous, mais perso j’opte sans hésitation pour le second choix. Bon OK, dans l’idéal je pencherai pour un bouquin original ET réussi, mais à défaut un bouquin « juste » réussi me convient parfaitement (surtout après la déception ressentie à la lecture de Sleeping Beauties). A ce titre L’Homme Craie remplit pleinement sa mission.

Si CJ Tudor ne s’écarte guère des sentiers battus, ça n’empêche pas son intrigue d’être hautement addictive. On est happé dès les premières pages et la découverte d’un corps démembré auquel il manque la tête, ensuite plus moyen de lâcher le bouquin avant de connaître le fin mot de l’histoire. A chaque fois que je refermais le roman, je n’avais qu’une hâte, m’y remettre ! Mais bon faut bien manger et dormir de temps en temps (et accessoirement profiter d’un apéro).

L’histoire est écrite à la première personne, c’est Eddie qui nous fait partager ses souvenirs et son périple à la recherche de la vérité. Les chapitres, courts et percutants, alternent donc entre 1986 et 2016, on sent une réelle volonté de l’auteure d’aller à l’essentiel sans égarer le lecteur en digressions (inutiles ajouterai-je) de forme et de fond.

Le groupe d’ados qui se retrouve, des années plus tard, confronté au passé qui refait brusquement surface n’est sans doute pas sans vous rappeler Ça, le cultissime roman de Stephen King. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est totalement fortuit, l’auteure revendiquant le fait d’être une grande fan de Stephen King. Histoire de boucler la boucle, j’ajouterai que Stephen King a avoué avoir été impressionné par le roman de CJ Tudor.

Si l’auteure soigne son intrigue (qui vous réservera, je n’ai aucun doute là-dessus, quelques surprises de taille), elle ne néglige pas pour autant ses personnages. A commencer par notre fameux quintet adolescent, et plus tard, adulte ; chacun à sa propre personnalité et son parcours qui le rend unique. Les personnages secondaires bénéficient du même soin, selon le bon vouloir de l’auteure vous les trouverez sympathiques ou les prendrez en grippe.

Ce qu’il y a de frustrant dans le fait de rédiger la chronique d’un polar ou d’un thriller réussi c’est de devoir se retenir. On voudrait partager son enthousiasme sur des biens points, mais il faut savoir se refréner au risque d’en dire trop.

Aussi me contenterai-je dire que CJ Tudor répond à l’essentiel des questions soulevées au fil des chapitres, s’il reste quelques zones d’ombres non résolues, je ne pense qu’il s’agisse d’une négligence de l’auteure. Comme dans la vraie vie, on ne peut toujours avoir réponse à tout. Qui plus est en aucun cas ces absences de réponses ne nuisent à la compréhension de l’intrigue.

Un premier roman qui place la barre haut, et aussi un sacré tour de force pour CJ Tudor puisque son roman bénéficie d’une publication internationale quasi immédiate. Comme quoi les vieux dictons populaires ne disent pas toujours des conneries sans queue, ni tête…

MON VERDICT

 
5 Commentaires

Publié par le 9 avril 2018 dans Bouquins

 

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