[BOUQUINS] Maxime Chattam – L’Appel Du Néant

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M. Chattam - L'appel du néant

Titre : L’Appel Du Néant
Série : Ludivine Vancker – Tome 3
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2017
Origine : France
516 pages

De quoi ça cause ?

Pour Ludivine Vancker, lieutenant à la SR de Paris, les choses pourraient difficilement être pire. Elle reprend connaissance dans une petite cellule souterraine, poignets et chevilles entravées par des liens serflex. Pour elle il ne fait aucun doute qu’elle est à son tour victime d’un tueur que son équipe, appuyée par la DGSI, traque depuis plusieurs semaines…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam, une valeur sûre du thriller français, mais pas que…

C’est aussi l’occasion de retrouver Ludivine Vancker et l’équipe de la SR Paris ; après un premier tome mitigé (La Conjuration Primitive) et un second nettement plus abouti (La Patience Du Diable), j’étais curieux de découvrir cette troisième enquête.

Ma chronique

Maxime Chattam est un auteur qui n’hésite pas à sortir de sa zone de confort, avec ce roman il confirme une fois de plus cette audace littéraire. Ce qui démarre comme un thriller relativement classique (un mort, une enquête, un autre mort…), débouche au final sur un technothriller (la DGSI dispose de moyens de surveillance électronique autrement plus évolués que ceux de la gendarmerie) visant à déjouer un complot terroriste d’envergure.

Avant d’aller plus avant dans cette chronique, je souhaiterai pousser une gueulante contre ceux et celles qui reprochent à Maxime Chattam d’avoir choisi la facilité en ciblant le terrorisme islamiste. Enlevez vos œillères et débouchez vous les esgourdes, aujourd’hui encore le terrorisme islamiste est une menace bien réelle, sans doute même la plus réelle qui soit (sinon la seule) et pas que pour la France. Donc non, choisir la piste de terrorisme islamiste n’est pas une facilité, c’est simplement accepter la réalité plutôt que de vivre dans le déni.

S’aventurant sur un terrain nouveau, l’auteur, fidèle à ses habitudes s’est documenté à fond sur le sujet. Et ça sent dans son roman, les habitués du genre ne seront sans doute pas rebutés par les nombreux aspects techniques abordés dans le bouquin, mais je peux comprendre que pour les autres ça représente un paquet d’information à intégrer. D’un autre côté ça contribue aussi à placer le lecteur dans la peau de Ludivine, qui est, elle aussi, novice en matière de lutte antiterroriste.

Maxime Chattam ne nous laisse guère le temps de souffler entre deux revirements de situation, un rythme qui va crescendo, surtout dans les derniers chapitres (le palpitant et l’adrénaline sont à leur niveau maximum). Même si au final cet Appel Du Néant est moins glauque et plus manichéen que ce à quoi l’auteur nous avait habitué. Après avoir lu les remerciements (ne surtout pas les lire avant d’avoir fini le bouquin) on comprend mieux le pourquoi du comment de ce choix, et finalement on ne peut qu’y adhérer.

J’ai apprécié de retrouver les équipes de la SR Paris, surtout après trois ans d’absence. On découvre une Ludivine plus apaisée, toujours aussi professionnelle, mais moins renfermée, plus ouverte à la vie et aux autres.

Le personnage de Marc Tallec, l’agent de la DGSI qui va participer à l’enquête de la SR, est un apport intéressant. Non seulement il donne à l’enquête une autre dimension (en faisant bénéficier la SR des moyens de la DGSI), mais aussi de par sa relation avec Ludivine (on voit venir le résultat comme le nez au milieu de la figure).

Et puis il y a le mystérieux « Djinn » (pas comme le célèbre futal, mais plutôt comme la créature du folklore moyen oriental), un surnom qui sied à merveille au personnage. Dès sa première apparition, on devine qu’il va jouer un rôle phare dans l’intrigue, mais de l’autre côté de la barrière.

Comme à chaque fois que l’auteur s’aventure hors de sa zone de confort (le thriller pur et dur), il y a ceux qui le suivent en totale confiance, et ceux qui se sentent trahis. Une fois de plus je fais partie du premier groupe, et une fois de plus je n’ai pas regretté mon choix.

Je reconnais volontiers que le roman n’est pas exempt de défauts, notamment par de nombreux aspects trop prévisibles (à se demander même comment les enquêteurs ont pu se laisser berner), mais je le referme avec une impression plutôt bonne. Ce n’est pas le meilleur de Maxime Chattam, il aurait sans doute pu être plus abouti, mais globalement le contrat est rempli.

Si vous vous demandez d’où vient ce titre, vous aurez l’explication à la fin du roman, avec une analogie plutôt bien trouvée.

MON VERDICT

[BRD] Wonder Woman

À L’AFFICHE DU JOUR

Wonder Woman

Titre : Wonder Woman
Réalisation : Patty Jenkins
Production : DC Entertainment
Distribution : Warner Bros
Origine : USA (2017)
Durée : 2h21

Le casting

Gal Gadot : Diana Prince / Wonder Woman
Chris Pine : Steven Trevor
Connie Nielsen : Hyppolita
Robin Wright : Antiope
Danny Huston : Erich Ludendorff
Elena Anaya : Isabel Maru (Dr Poison)

Le pitch

Comme toutes les Amazones, Diana vit sur l’île de Themyscira, une île protégée par un voile qui la rend invisible au reste du monde. En tant que fille de la reine Hyppolitia, elle est dispensée de suivre un entraînement guerrier. Mais Diana veut apprendre à se battre, elle se tourne vers donc sa tante Antiope, chef de guerre des Amazones, qui accepte de l’entraîner.

Un jour Diana voit un avion s’écraser à proximité du rivage, elle plonge aussitôt afin de porter secours au pilote. L’homme est un soldat qui porte un uniforme allemand, mais s’avérera être un agent britannique ayant infiltré une base ennemie ; il insiste pour rejoindre Londres afin de faire part à son état-major de ses découvertes.
Contre l’avis de sa mère, Diana est bien décidée à aider Steven Trevor à rejoindre les siens et à prendre une part active au conflit, convaincue qu’elle peut apporter la paix en éliminant Ludendorff…

Ma chronique

Vous l’aurez compris, DC Entertainment nous invite à découvrir les « origines » de Wonder Woman. C’est donc en 1918, alors que les forces alliées et allemandes s’apprêtent à négocier les conditions d’un armistice qu’elle débarque, pleine d’illusions et d’idéaux, dans le « vrai » monde.

Persuadée notamment que les hommes sont bons par essence, mais pervertis par la magie d’Arés (qui selon elle ne peut qu’être Ludendorff) deviennent mauvais au point de s’entre-tuer. Il suffirait donc d’éliminer Arés pour que les hommes retrouvent leur bonté naturelle et que la Terre redevienne une espèce de jardin d’Eden… À mon avis elle a trop regardé les Bisounours quand elle était petite, ou on l’a bercé trop près du mur ; allez savoir !

Globalement je ne suis pas vraiment fan de l’univers DC, je lui préfère largement celui de Marvel. Et malheureusement les diverses adaptations ciné ne font que me conforter dans ma position (Suicide Squad était un projet prometteur qui devient un film tout juste divertissant).

Et ce n’est pas ce Wonder Woman qui viendra inverser la tendance. Ça se laisse regarder, le jeu des acteurs est plutôt convaincant (même si parfois un peu surjoué) et le visuel est une totale réussite. Mais malgré tout, ça manque de corps pour que la sauce prenne vraiment. On se laisse entraîner par le côté divertissement grand spectacle, mais sans plus.

Cet avis mitigé n’est en rien influencé par les origines et la religion de Gal Gadot (elle est Israélienne et juive) qui ont poussé certains pays arabes à interdire le film. Elle pourrait bien être Polonaise bouddhiste ou Chinoise musulmane que ce serait blanc bonnet et bonnet blanc pour moi. Du moment qu’elle joue bien son rôle c’est tout ce qui m’importe, et sur ce point rien à redire elle joue à la perfection entre la force et la candeur, l’intelligence et l’innocence. Le jeu de Gal Gadot est de loin la principale force du film (peut-être même la seule).

Malgré un nouvel avis mitigé, je me laisserai tout de même tenter par Justice League (le pendant DC des Avengers de Marvel). Je ne suis pas maso, juste curieux…

♥♥♥

[BOUQUINS] Olivier Norek – Entre Deux Mondes

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O. Norek - Entre Deux Mondes

Titre : Entre Deux Mondes
Auteur : Olivier Norek
Editeur : Michel Lafon
Parution : 2017
Origine : France
413 pages

De quoi ça cause ?

Adam, un ex-policier ayant rejoint les forces rebelles de l’Armée Syrienne Libre, fuit la Syrie pour se réfugier à Calais, dans la Jungle des migrants. Il espère y retrouver sa femme et sa fille, parties une semaine plus tôt.
Bastien est un flic nouvellement muté à Calais à la tête de la BSU. Il y découvre des collègues désabusés, notamment une équipe de la BAC avec qui il va sympathiser.
Les deux hommes n’auraient jamais dû se croiser, et pourtant le destin va les réunir…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Olivier Norek et que sa trilogie consacrée au Groupe Coste m’avait littéralement scotché.
J’espérais retrouver Victor Coste et son équipe ; mais comment rester de marbre face à une réception unanimement dithyrambique ? Surtout quand je vois mes blog-potes aussi enthousiastes !

Ma chronique

Force est de reconnaître que, vue de Nouméa, la question des migrants est très abstraite. Pour ma part je m’en tiens à ce les médias veulent bien nous dire, ça me suffit pour me convaincre qu’il est difficile d’avoir un avis tranché sur le sujet.

Écrire un roman sur le sujet peut rapidement s’avérer casse-gueule tant le nombre d’écueils à éviter est important. Et très franchement, il fallait un auteur en qui j’ai une confiance absolue pour me convaincre d’aller au-delà de mes appréhensions.

Le ton est donné dès les premières pages, on sait d’ores et déjà que Olivier Norek ne nous ménagera pas et qu’on va en prendre plein la gueule.

Il faut dire que Olivier Norek a payé de sa personne pour nous offrir un récit qui colle à la réalité du terrain. Un récit surtout sans parti pris ni raccourci facile, un récit où l’humain est mis en avant. Et vous le savez aussi bien que moi (sauf si vous pensez que le monde extérieur est le pays des Bisounours), l’humain est capable du pire (souvent), mais aussi du meilleur (parfois).

Plus que jamais l’auteur apporte un soin particulier à ses personnages, les principaux comme les secondaires. Et il faut bien ça si on veut les comprendre et comprendre le regard qu’ils portent sur les événements. Mais aussi et surtout si on veut vivre pleinement leurs émotions !

Il y a Adam et Bastien, les deux piliers de l’intrigue. Avec Adam on plonge au coeur de la Jungle, on va même directement se frotter à ce qu’elle abrite de plus immonde. Avec Bastien c’est un regard extérieur qui est porté sur la Jungle, un regard idéaliste qui va évoluer au contact de la réalité.

La réalité se sont ses collègues qui vont la lui faire découvrir, d’abord via Erika son adjointe, puis au contact de Passaro, le chef de la BAC et son équipe, qu’il accompagnera sur diverses opérations de terrain.

Au niveau des personnages, mon coup de coeur va incontestablement à Kilani, un gamin soudanais muet que Adam sauvera de l’enfer avant de le prendre sous sa protection. C’est avec Kilani que vous vivrez les émotions les plus intenses, nul doute que son parcours tirera des larmes mêmes aux lecteurs les plus coriaces (ou les plus blasés).

C’est pas une baffe dans la gueule que vous assène Olivier Norek avec ce roman, mais bel et bien des uppercuts en série qui vous laisseront KO debout après vous avoir vrillé les nerfs, les tripes et le coeur. Plus d’une fois, j’ai dû arrêter ma lecture pour laisser la tension et l’adrénaline retrouver un niveau acceptable.

Je peux d’ores et déjà affirmer que Entre Deux Mondes sera mon méga coup de coeur de l’année 2017. Les mots me manquent pour définir mon ressenti après avoir refermé ce bouquin, alors je dirai simplement le premier qui m’est venu à l’esprit : monumental !

Ceci dit Monsieur Norek, pas de conneries, on veut retrouver le Groupe Coste !

MON VERDICT
Coup double

[BOUQUINS] Sara Greem – Hérodias & Le Guerrier Au Linceul

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S. Greem - Hérodias & le guerrier au linceul

Titre : Hérodias & Le Guerrier Au Linceul
Série : Epopées Avaloniennes – T01
Auteur : Sara Greem
Editeur : Éditions du 38
Parution : 2017
Origine : France
394 pages

De quoi ça cause ?

Hérodias aurait de quoi être la plus heureuse des novates d’Avalon, elle a en effet été choisie par la grande prêtresse Viviane afin d’être la prochaine promise du Dieu Cerf, Cernunnos. A l’issue de sa nuit de noces elle sera alors intronisée prêtresse d’Avalon et intégrera le prestigieux Conseil des Anciennes auprès de Viviane, Morgane et Dana.

Mais une menace plane sur les traditions celtes, sur le continent les chrétiens mènent une intense et brutale campagne de conversion à la religion du Dieu unique. Les rumeurs de leurs exactions sèment le doute chez les habitants de l’île d’Avalon. Enfin, les brumes magiques qui protègent Avalon semblent se dissiper inexorablement.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sara Greem, en plus d’être une auteure que j’apprécie elle est une amie de coeur, donc je ne pouvais lui refuser cette chronique. Et puis je suis curieux de voir comment on passe de la littérature érotique à la fantasy / mythologie.

Et justement ça tombe bien, le monde celte m’a toujours attiré (peut-être un sursaut de mes origines bretonnes). Une passion qui a commencé avec la légende arthurienne avant de s’étendre à tout ce qui touche aux traditions celtiques.

Ma chronique

Sara Greem m’avait fort agréablement surpris avec sa très aboutie trilogie Publicité Pour Adultes, un récit érotique construit autour d’une réelle intrigue avec des personnages complexes plutôt que de se contenter d’une simple succession de scènes de cul. Du coup, dès que j’ai appris qu’elle se lançait dans une trilogie fantasy avec en toile de fond le monde Celte, j’ai eu le curiositomètre qui a grimpé à son maximum.

Forcément quand Sara m’a proposé de découvrir, en avant-première, le premier tome de ses Épopées Avaloniennes je n’ai pas hésité avant d’accepter et de bouleverser mon programme de lecture (malgré tout, du fait d’un emploi du temps professionnel particulièrement lourd, je n’ai pas réussi à rédiger cette chronique avant la publication du roman). Je commencerai donc par remercier du fond du coeur Sara pour son amitié et sa confiance renouvelée.

La transmission des us et coutumes des peuples celtes a été exclusivement orale, il est donc difficile aujourd’hui (surtout pour un profane comme moi) de faire le tri entre la réalité historique, la légende et les théories plus ou moins pertinentes entourant l’univers celtique.

Le cas de l’Avalon, théâtre du présent roman, illustre parfaitement cette difficulté. Il y a ceux qui clament haut et fort que cette île n’a jamais existé, elle ne serait donc qu’un lieu légendaire. Certains affirment toutefois que l’île existerait encore de nos jours et serait située soit au large des côtes bretonnes, soit au large du Royaume-Uni (avec, dans chacune des hypothèses, diverses localisations avancées). Pour d’autres l’île aurait tout simplement disparu, à l’instar de l’Atlantide. Et pour les plus rêveurs, Avalon serait, aujourd’hui encore, le berceau d’un savoir ancestral réservé à une poignée d’initiés et protégé par des brumes magiques.

Hérodias & Le Guerrier Au Linceul est bel et bien une oeuvre de fiction, mais une fiction qui repose sur certains faits historiques et sur d’autres faisant partie des légendes celtiques. Il me semble toutefois important de préciser qu’en matière de druidisme, Sara Greem sait de quoi elle parle, ayant elle-même été initiée à ce savoir.

Il serait peut-être temps d’entrer dans le vif du sujet et donc de partager avec vous mes impressions de lecture de ce roman, non ?

La première belle surprise est visuelle, je trouve que cette couv’ est superbe et donne bien le ton du récit qui va suivre. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup… France Gall, si tu me lis, je te salue et t’offre un paquet de sucettes à l’anis. Tout ça pour dire que, sans être essentiel, ça demeure une sympathique mise en bouche (non je ne parle pas des sucettes à l’anis d’Annie, mais de la couverture du bouquin… faut suivre, bon sang !).

Je craignais un début un peu poussif, le temps de planter le décor et le contexte. Sur ce second point, l’auteure nous livre un rapide rappel historique et le tour est joué. Pour le reste je me suis laissé embarquer dès les premières phrases, je me suis retrouvé en totale immersion dans le récit quasiment sans m’en rendre compte.

L’écriture est d’une extrême fluidité et résolument moderne, la lecture est donc aussi aisée qu’agréable, on vit au rythme des événements. Événements qui ne tarderont pas à gagner en intensité et iront crescendo jusqu’à la fin du roman.

Qui dit fantasy dit magie, et donc magie vous aurez. Une magie qui puise tout naturellement ses sources dans la mythologie celtique ; mais pas que… à la fin de ce tome nous ne savons pas grand-chose des mystérieux et maléfiques mages noirs d’Azgor, alliés des tyranniques chrétiens (fallait bien que je place une pique anticléricale).

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Hérodias, partagée entre son attachement à sa foi et son envie de prendre les armes contre les chrétiens. J’ai aussi un faible pour son côté impertinent et rebelle, allez savoir pourquoi…

Le fameux Guerrier au Linceul est Kai, un seigneur chinois venu se venger des chrétiens. Un combattant hors pair d’un calme olympien (la zénitude incarnée) que Hérodias sauvera d’une mort annoncée. Un personnage entouré de nombreux non-dits.

Hérodias et les habitants d’Avalon pourront aussi compter sur le soutien d’Adalrik, un chef de guerre viking venu avec ses hommes prêter main-forte au peuple celte. Un combattant tout en muscle, un tantinet impétueux peut-être.

Un trio de choc issu de trois cultures différentes, mais uni pour combattre un ennemi commun. Les autres personnages ne sont pas en reste, tous bénéficient d’un soin particulier, je pense notamment à Lena la fidèle amie d’Hérodias, mais aussi à Hermès, un corbeau particulièrement futé qui va adopter Hérodias.

L’intrigue dose à merveille l’action (avec quelques scènes de batailles épiques), le quotidien des gens d’Avalon et même une histoire d’amour entre Hérodias et Kai. Amour impossible me direz-vous ? Allez donc savoir… Cerise sur le gâteau, le roman est ponctué de touches d’humour bienvenues pour faire baisser la tension.

Vous l’aurez compris j’ai adoré ce premier tome des Épopées Avaloniennes, il me tarde de découvrir la suite, beaucoup de questions restant sans réponse. Un second opus qui s’annonce d’ores et déjà magique, à plus d’un titre.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Anonyme – Bourbon Kid

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Anonyme - Bourbon Kid

Titre : Bourbon Kid
Auteur : Anonyme
Editeur : Sonatine
Parution : 2017
Origine : USA (?)
456 pages

De quoi ça cause ?

Caïn, le premier meurtrier de l’histoire biblique, libère les quatre cavaliers de l’Apocalypse. Leur but : accéder au Cimetière du Diable afin d’ouvrir les portes de l’Enfer. Et accessoirement éliminer le Bourbon Kid.

Le Kid et les Dead Hunters deviennent les cibles de Caïn et des cavaliers. Face à des ennemis aussi démoniaques qu’impitoyables, le Kid et le Dead Hunters devront faire montre d’une détermination sans faille…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Quelle question ! Parce que c’est une nouvelle aventure du Bourbon Kid. Et donc la promesse d’une lecture aussi jouissive que déjantée

Ma chronique

Fan de la première, la lecture du Livre Sans Nom en 2011 fut une sacrée découverte et une méga claque. Crévindiou, mais qui est donc cet auteur qui ose tout et ne recule devant rien ? Bin on n’en sait rien en fait, le gars signe ses romans Anonyme. Petit saligaud ! Et aujourd’hui encore le mystère reste entier autour de l’identité de celui qui se cache derrière cet anonymat.

Pour ceux et celles qui l’ignoreraient encore l’univers du Bourbon Kid est pour le moins inhabituel… Un peu beaucoup déjanté, décalé, irrespectueux, irrévérencieux, hyper violent et plein de références en tout genre. Un cocktail explosif d’un humour parfois grinçant, souvent très très gras… mais quel plaisir pour les zygomatiques ! Même en plein coeur d’un carnage l’auteur réussit à placer un bon mot pour nous tirer un sourire (parfois sadique, je l’admets volontiers).

Le risque inhérent à toute saga littéraire, et peut-être plus encore dans un univers aussi atypique, est d’user et d’abuser des mêmes ficelles jusqu’au point de rupture. Effectivement Le Livre Sans Nom m’a surpris par son originalité totalement unique en son genre. Je n’ai jamais été déçu par les autres romans de la série (bien au contraire, je suis toujours aussi fan du Bourbon Kid), mais force est de reconnaître que l’effet de surprise a été nettement moins percutant.

Alors quid de ce Bourbon Kid ? Glop ou pas glop ? Top ou flop ? Je ne vous ferai pas languir plus longtemps : Glop glop et méga top ! Incontestablement un retour gagnant.

Plus que jamais notre Anonyme préféré ose tout et ne s’impose aucune limite. Cette fois il revisite allègrement l’histoire biblique en mettant en scène Caïn (le gars qui a buté son frangin, Abel, commettant ainsi le premier meurtre de l’histoire de l’humanité… version biblique cela va de soi) et les quatre cavaliers de l’Apocalypse (peu de gens le savent, mais dans ses jeunes années Jésus a été envoyé en Amérique afin de les combattre et de les neutraliser… et dire qu’il y en a qui pensent que l’Amérique a été découverte par Christophe Colomb ! Ah les cons !).

Fidèle à son habitude l’auteur multiplie les clins d’oeil à la pop culture, et puisque puiser dans l’histoire biblique ne semble pas lui suffire alors pourquoi ne pas aussi piocher dans la mythologie grecque. Mais je vous laisse découvrir tout ça, purement et simplement jouissif.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre du bouquin, l’intrigue ne se concentre pas sur le Bourbon Kid, toute l’équipe des Dead Hunters (Rodeo Rex, Elvis, Joey, Bébé et Jasmine) sera mise à contribution pour déjouer les plans de Caïn. Mais aussi l’inénarrable Sanchez (toujours aussi… heu… égal à lui même !), Flake et Beth viendront leur prêter main forte (pour diverses raisons et avec plus ou moins de bonne volonté). Quel plaisir de retrouver tout ce petit monde.

Si le Kid n’est pas forcément au coeur du récit, ses quelques apparitions seront pour le moins remarquées et remarquables. Nul doute que les habitants de Crimson County se souviendront longtemps de son passage dans leur paisible patelin… mais bon, fallait pas le faire chier !

Pour la première fois, j’ai senti le Kid et ses comparses en réel danger, plus d’une fois je me suis dit « Oh merde… pas lui ! » ou encore « Oh non… pas elle ! » ; ne vous étonnez donc pas si certains de vos personnages préférés ne se reléveront pas de leur confrontation avec Caïn et ses cavaliers de l’Apocalypse. Mais comme dirait l’autre : « Faut pas pleurer comme ça / Demain ou dans un mois / Tu n’y penseras plus. » (Merci à Daniel G. pour ce conseil plein de sagesse et de bon sens).

Si je m’écoutais, je serais intarissable sur ce bouquin, mais ce serait vraiment dommage de vous gâcher le plaisir de la découverte. Au cas où vous ne l’auriez pas compris, cet OLNI vaut vraiment le détour ! Vous pouvez pensez qu’en tant que fan de la saga je ne suis pas totalement impartial dans mon jugement (et vous n’auriez peut-être pas tort) ais je m’en fous, je persiste et signe !

Si vous ne connaissez pas cette série peut-être vous demandez-vous s’il est nécessaire de lire les précédents pour apprécier ce dernier (?) opus. Que nenni, mais ce serait dommage de s’en priver et surtout ce Bourbon Kid n’en sera que plus savoureux. Pour tout vous dire seule la trilogie constituée du Livre Sans Nom, L’Oeil De La Lune et du Livre De la Mort est à prendre dans l’ordre ; tous les autres peuvent se lire en one-shot.

Et maintenant ? Bin j’en sais rien, et bien malin celui ou celle qui saura répondre à cette interrogation. l’auteur termine une fois de plus son bouquin par un laconique : FIN (peut-être…).

MON VERDICT
Coup double

 

[BOUQUINS] Dan Brown – Origine

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Titre : Origine
Série : Robert Langdon – T05
Auteur : Dan Brown
Editeur : JC Lattès
Parution : 2017
Origine : USA
576 pages

De quoi ça cause ?

Robert Langdon est invité au Guggenheim Museum de Bilbao afin d’assister à une conférence donnée par son ami Edmond Kirsch, un scientifique de génie. Kirsch, réputé aussi pour son athéisme militant, promet des révélations qui devraient changer notre perception du monde et réduire au silence les religions.

Kirsch est assassiné dès le début de sa conférence. Robert Langdon, aidé par Ambra VIlda, la conservatrice du musée, est plus que jamais déterminé à faire éclater la vérité et rendre publiques les révélations promises par son ami. Sauf qu’il n’a pas la moindre idée de ce que comptait révéler Kirsch…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est une nouvelle aventure de Robert Langdon, j’ai été emballé par les quatre romans précédents, pas de raison que la sauce ne prenne pas avec celui-ci.

Ma chronique

Dan Brown fait partie de ces auteurs dont certains se plaisent à dire qu’il use et abuse des mêmes ficelles, encore et encore. A ces critiques faciles, je répondrai simplement : et alors ! Pourquoi changer une recette qui marche ? Ses lecteurs réclament des thrillers plus ou moins ésotériques servis par de nombreuses références symboliques ; ça tombe bien, c’est exactement ce qu’il leur fournit.

Quant à ceux et celles qui parlent d’abattage, permettez-moi dans ce cas de vous rire franchement au nez. Dan Brown n’a signé aucun engagement à pondre un livre par an, au contraire, il prend son temps pour peaufiner ses intrigues. Entre son précédent roman, Inferno, et Origine, il s’est écoulé quatre ans.

Le hasard du calendrier a voulu que je lise ce roman, dont une grande partie de l’action se déroule à Barcelone et ses environs, alors que la Catalogne traverse une crise politique sans précédent. Je ne m’attarderai pas sur la question, ça regarde avant tout les Catalans et les Espagnols, il leur appartient de trouver un terrain d’entente.

Le choix de l’Espagne comme terrain de jeu pour cette nouvelle intrigue n’est pas un hasard, outre l’incroyable richesse architecturale de Barcelone (siège notamment de la fabuleuse et étonnante basilique de la Segrada Familia), c’est aussi un pays dans lequel la tradition chrétienne est fortement implantée à tous les niveaux décisionnels (jusqu’au coeur même du Palais Royal).

Et justement en se proposant de aux deux grandes questions existentielles qui sont d’une part « D’où venons-nous ? » et d’autre part « Où allons-nous ?« , l’auteur, par la voix d’Edmond Kirsch, oppose les visions religieuses (le créationnisme, encore défendu par les plus obscurantistes croyants, affirme que l’univers et l’humanité sont l’oeuvre de Dieu) et scientifiques (difficile aujourd’hui de remettre en question les théories de l’évolution démontrées par Darwin sans passer pour un sombre crétin). Vous l’aurez compris, entre ces deux visions mon coeur ne balance pas le moins du monde, je vote Darwin et ma sentence est irrévocable.

Comme d’habitude la lecture d’un roman de Dan Brown est une expérience interactive, je me réfère régulièrement à Internet afin de voir de visu telle ou telle oeuvre (peinture, sculpture ou encore architecture). Mais aussi pour satisfaire ma curiosité quant à certains points abordés dans le roman.

Les fidèles de Robert Langdon ne seront pas dépaysés, une intrigue richement documentée, pleine de symboles divers et variés que notre professeur préféré se fera un plaisir de nous expliquer ; avec son lot de rebondissements (à ce titre la révélation finale m’a laissé sur le cul… j’étais loin de m’imaginer un tel retournement de situation).

Une fois de plus la sauce a pris, je me suis laissé embarquer sans chercher à polémiquer sur la véracité ou non de tous les éléments abordés dans le roman… Je ne considère pas les écrits de Dan Brown comme parole d’évangile, c’est bel et bien une oeuvre de fiction que j’ai entre les mains, disons que ladite fiction est suffisamment réaliste pour être crédible.

A ce titre les réponses apportées par Edmond Kirsch à ces deux grandes questions existentielles me paraissent aussi crédibles que probables. Je n’en dirai toutefois pas davantage afin de laisser intact le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs.

J’espère bien retrouver Robert Langdon dans de futurs romans de l’auteur, si tel devait être le cas alors je serai fidèle au poste. Et si Dan Brown venait à délaisser notre expert en décryptage symbolique, je le suivrais avec le même engouement (et un petit pincement au coeur, il faut bien l’avouer).

MON VERDICT

[BRD] Spider-Man – Homecoming

A L’AFFICHE DU JOUR

Spider-Man - Homecoming

Titre : Spider-Man – Homecoming
Réalisation : Jon Watts
Production : Marvel Studios / Sony Pictures
Distribution : Sony Pictures releasing
Origine : USA (2017)
Durée : 2h13

Casting

Tom Holland : Peter Parker / Spider-Man
Michael Keaton : Adrian Toome / Le Vautour
Robert Downey Jr : Tony Stark / Iron Man
Marisa Tomei : May Parker
Jon Favreau : Harold « Happy » Hogan

Le pitch

Peter Parker essaye de mener au mieux une vie de lycéen lambda tout en étant désireux de démonter à Tony Stark, son mentor, qu’il est apte à rejoindre l’équipe des Avengers. Dès que l’occasion se présente, il endosse le costume de Spider-Man et s’efforce de s’en montrer digne.

Quand il découvre l’existence d’un réseau de trafiquants d’armes à base d’artefacts chitauris, Peter Parker y voit l’occasion rêvée de prouver qu’il est à la hauteur. Non seulement ses adversaires sont coriaces et déterminés, mais il aussi découvrir que l’apprentissage de la vie de super-héros n’est pas de tout repos…

Ma chronique

Depuis 2002 le personnage de Spider-Man a connu trois reboots. D’abord sous la direction de Sam Raimi et interprété par Tobey Maguire dans trois films réalisés entre 2002 et 2007. Puis en 2012 c’est Marc Webb qui, contre toute attente (on attendait/espérait un quatrième film sous la houlette de Sam Raimi), proposera un reboot avec Andrew Garfield dans le rôle-titre, puis en 2014 dans un second film. Il faudra attendre 2016 pour que Spider-Man intègre enfin le MCU (Marvel Cinematic Universe) sous les traits de Tom Holland, avec une apparition courte, mais remarquée dans Captain America – Civil War.

On retrouve donc Peter Parker qui, après son passage au sein des Avengers, doit réintégrer les bancs du lycée et renouer avec les préoccupations propres à tout adolescent de son âge. Bref le gamin doit redevenir un gamin anonyme…

Plus facile à dire qu’à faire quand on a connu le grand frisson aux côtés de super-héros idolâtrés par quasiment tout le monde. La tentation de se faire remarquer par ses aînés est trop forte, mais encore faut-il trouver des défis à la hauteur. Et quand lesdits défis se présentent, il faut qu’à son tour il soit à la hauteur…

J’avoue que j’ai eu un peu de mal à entrer dans le film, sans doute quelque peu refroidi par l’accent mis sur l’aspect film de campus. Heureusement, les maladresses du jeune Spider-Man évitent le naufrage. Enfin la première confrontation avec les hommes du Vautour donne le véritable coup d’envoi du film.

Dès lors on retrouve tous les ingrédients propres à un film estampillé Marvel… avec toujours un super héros en plein apprentissage de ses pouvoirs. Un petit plus qui libère ici toute sa saveur.

Est-il nécessaire de signaler que visuellement le film est irréprochable ? Les effets spéciaux parfaitement maîtrisés ? On est au coeur d’un MCU parfaitement rôdé, donc inutile de perdre du temps à enfoncer des portes ouvertes…

Quelques belles scènes au programme (le Washington Monument, le ferry de Staten Island et bien entendu le final explosif). Pour moi l’une des plus belles trouvailles du film reste incontestablement le costume interactif conçu par Stark Industries pour Peter Parker ; on a le droit à des échanges hilarants entre Peter et l’IA du costume.

Marvel ne se contente pas d’enchaîner les scènes à l’action débridée, la transition est assurée par des passages plus légers où l’humour est privilégié. On peut compter sur Ned, le copain ultra geek de Peter pour mettre de l’ambiance (même si c’est à l’insu de son plein gré).

Je ne prétendrai pas être un spécialiste de Spider-Man, mais je connaissais le personnage avant qu’il n’apparaisse au cinéma. Que ce soit via la série animée ou les comics. A ce titre je trouve que Marisa Tomei, qui incarne Tante May, est beaucoup plus jeune que le personnage qu’elle campe… mais bon, ce n’est là qu’un point de détail.

Certes pas le meilleur film du MCU, loin s’en faut, mais on finit quand même par se prendre au jeu.

♥♥♥½