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Archives du 2 octobre 2017

[BOUQUINS] Cédric Bannel – L’Homme De Kaboul

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C. Bannel - L'homme de Kaboul

Titre : L’Homme De Kaboul
Auteur : Cédric Bannel
Editeur : Robert Laffont
Parution : 2011
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Kaboul. Le commandant Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle, est appelé sur une scène de crime. La thèse officielle, soutenue par sa hiérarchie, est celle du suicide. Mais pour Oussama Kandar il y a trop d’incohérences, malgré les pressions qu’il subit, il décide d’enquêter sur ce qui est sans aucun doute un meurtre déguisé en suicide.

Berne. L’Entité, une organisation secrète indépendante, est sur la piste d’un homme d’affaires qui a faussé compagnie à ses employeurs avec un rapport explosif. Nick Snee, un jeune analyste de l’Entité est étonné par l’ampleur des moyens mis en oeuvre pour retrouver le fugitif, ainsi que par le manque total de scrupules de ceux qui le traquent. Nick, contre l’avis de ses supérieurs, décide de mener sa propre enquête.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la première apparition d’Oussama Kandar, et comme j’ai les trois bouquins en stock autant commencer par le début.
Parce que les deux suivants sont parus dans la collection La Bête Noire de Robert Laffont, une collection qui, à ce jour, ne m’a jamais déçu.

Ma chronique

Je ne sais pas si Cédric Bannel connaît l’Afghanistan ou s’il s’est « contenté » d’un énorme travail de documentation, mais le résultat est bluffant de réalisme ; on est en totale immersion dans les tourments de la vie à Kaboul.

Il faut dire que l’Afghanistan offre un contexte unique en son genre du fait de son histoire récente, entre l’occupation russe, les années sous le régime taliban et le gouvernement plus ou moins fantoche instauré depuis 2001 sous l’égide de la Coalition. Des années marquées par la guerre civile (d’abord contre les Russes, puis contre les talibans) puis par une vague d’attentats terroristes menée par les talibans (et encore d’actualité aujourd’hui).

La plupart des habitants de Kaboul vivent dans des conditions allant de franchement spartiates à précaires dans le respect de leurs traditions, malgré la coalition qui s’efforce de rebâtir la ville suivant un modèle d’urbanisme occidental.

Un terrain propice à la corruption, un fléau qui ne semble épargner personne, de plus petit au plus puissant, l’argent peut tout acheter à Kaboul ! Et c’est là que vit et travaille Oussama Kandar, ancien héros de guerre des forces moudjahidines, honnête, obstiné dans son combat pour la vérité et surtout totalement incorruptible. Un Elliott Ness à la sauce afghane.

Oussama Kandar est aussi un homme pieux et pratiquant, partisan d’un islam modéré, qui, au nom du respect de la tradition, refuse d’admettre que les conditions de vie de la femme afghane sont loin d’être idylliques. De fait il ne rejette pas totalement la burqa, même s’il n’oblige pas son épouse à en porter une.

De Kaboul aux contrées les plus sauvages du pays, Oussama Kandar nous offrira un voyage pour le moins exotique, mais pas vraiment le temps d’admirer le paysage. Les gens qui en ont après lui sont capables de mobiliser des moyens faramineux et ne reculeront devant rien pour mettre fin à son enquête.

Pour Nick Snee, de Berne à Zurich, la quête de la vérité est nettement moins mouvementée, plus il progresse dans son enquête, plus il découvre la face obscure de l’Entité… et moins il décide de partager ses découvertes avec ses supérieurs.

Quand et comment ces deux destins vont se télescoper ? Vous le découvrirez en lisant le roman de Cédric Bannel… Sachez tout de même qu’un troisième personnage est appelé à jouer un rôle décisif dans le déroulé de l’intrigue, il s’agit du mollah Bakir, un taliban modéré (oui je sais que l’association des mots taliban et modéré peut paraître antinomique) qui a des nombreuses sources d’information. Avantage considérable pour Oussama, le mollah semble très attaché au fait que le commandant Kandar doit rester en vie.

L’intrigue est rondement menée, le rythme imposé est soutenu, pas le temps de souffler et moins encore de s’ennuyer. Un très bon page-turner qui m’a donné envie d’en apprendre davantage sur Oussama Kandar, nul doute que je vais, dans un avenir proche, me plonger dans la lecture de Baad, le second roman qui lui est consacré.

MON VERDICT

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2 Commentaires

Publié par le 2 octobre 2017 dans Bouquins

 

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