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[BOUQUINS] JP Delaney – La Fille D’Avant

28 Mar

JP Delaney - La fille d'avantC’est à Stelphique que je dois cette chronique, elle est la première à m’avoir recommandé la lecture de La Fille D’Avant de JP Delaney. Recommandation suivie dès que l’opportunité s’est présentée, d’autant que la blogosphère, globalement, ne tarit pas d’éloges sur ce roman, mais les moins enthousiastes restent sur une note positive.
Malgré un bail des plus contraignant, Jane Cavendish s’installe au One Folgate Street. Une maison aux lignes et à la décoration austère, mais hyper connectée. Rapidement Jane va découvrir que la précédente locataire, Emma Matthews, est décédée dans des conditions pas clairement établies. Est-ce qu’Edward Monkford, l’architecte et propriétaire des lieux, pourrait être lié à ce drame ?
C’est une fille d’avril, pauvre de moi, une fille difficile… Oups, désolé de pousser la chansonnette, pas prudent en saison cyclonique ! Et surtout sans aucun rapport avec le bouquin dont je dois vous causer.
Ai-je été subjugué par ce roman ou n’ai-je eu entre les mains qu’un énième trille psychologique ? La réponse la plus juste serait ni l’un, ni l’autre. Il y a du bon et du moins bon, mais rien à jeter.
J’ai aimé la construction qui joue sur l’alternance Avant (le point de vue d’Emma) et Maintenant (le point de vue de Jane), avec, dans les deux cas, un récit à la première personne. Les chapitres sont courts et le style est sans fioritures ; le lecteur est ainsi placé au coeur de l’action sans jamais devoir se demander s’il suit Emma ou Jane. Une construction maîtrisée sur le bout des doigts.
J’ai aimé l’ambiance, d’entrée de jeu on ressent une forme d’oppression, un sentiment de malaise diffuse. Et c’est une impression qui ne nous lâchera plus, même si parfois elle semblera plus lointaine, comme une vague menace ou un mauvais pressentiment qui nous colle à la peau.
Je reconnais volontiers avoir pris un réel plaisir à suivre les parcours de Emma et de Jane, notamment l’enquête de cette dernière afin de découvrir la vérité sur la mort d’Emma. Mais… Et oui, il y a un mais. J’ai été déçu par le manque de profondeur et de « saveur » des personnages, comme si l’auteur se contentait d’esquisses plutôt que de travailler véritablement sur des portraits. Malheureusement quand l’auteur se penche sur la personnalité de ses personnages, il force le trait plus que nécessaire et on sombre rapidement dans une succession de stéréotypes. Du coup ça a imposé une espèce de frontière invisible entre l’intrigue et moi, à mon tour je me suis contenté d’être spectateur plutôt que de chercher à devenir acteur.
Ce petit bémol a quelque peu douché mon enthousiasme, mais il n’en reste pas moins que je referme ce bouquin avec un sentiment globalement positif. Une intrigue bien maîtrisée qui aurait gagné en tension psychologique avec des personnages plus aboutis, mais qui n’en demeure pas moins hautement addictive. Pour une première incursion dans le thriller psychologique, JP Delaney (pseudonyme de Tony Strong) n’a pas à rougir de sa performance.
Pour finir, je dirai quand même quelques mots sur cette piaule hors norme. L’austérité, dans les lignes et la décoration ne me dérange pas outre mesure… disons plus exactement que ça ne serait pas rédhibitoire. Je suis par contre beaucoup plus réservé sur le côté domotique poussé à l’extrême, j’aurai un peu trop l’impression d’être fliqué H24. Mais le simple fait de devoir me coltiner un contrat de bail avec 200 clauses restrictives et de devoir répondre à un questionnaire d’admission, suffiront à me faire renoncer à toute velléité de m’installer au One Folgate Street… D’autant que parmi ces clauses figure l’interdiction d’avoir des animaux domestiques.

MON VERDICT

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6 Commentaires

Publié par le 28 mars 2017 dans Bouquins

 

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6 réponses à “[BOUQUINS] JP Delaney – La Fille D’Avant

  1. belette2911

    28 mars 2017 at 17:42

    Hé, toi aussi tu te mets à chanter dans tes chroniques ?? 😀

    C’est vrai que si les personnages avaient été plus « approfondis », cela aurait été encore mieux, mais on dirait que l’auteur a fait dans l’épuré, comme pour la maison du One Folgate Street… Le plus important était tout le reste et pas leur personnalité, sans doute. Enfin, c’est ce que je pense, je suis peut-être à côté de mes pompes…

    Pas de bêbêtes dans la maison et pas de piles de livres, dans les fameuses restrictions… Je passe mon tour aussi et je ne louerai pas le One Folgate !! Mais punaise, quelle lecture 😉

     
    • Lord Arsenik

      29 mars 2017 at 07:49

      J’ai sans doute placé mon niveau d’exigence trop haut sur ce coup.
      C’est vrai que le côté épuré est certainement un effet recherché par l’auteur. En tout cas ça collerait bien au bouquin.

       
  2. Zofia

    28 mars 2017 at 20:41

    Je l’ai repéré aussi ! encore un qui me fait bien envie 😉

     
  3. Nathalie M

    1 avril 2017 at 05:04

    Je suis assez d’accord avec toi, je n’ai pas réussi du tout à ressentir de l’empathie envers ces personnages et ça a gâché ma lecture. L’idée de base était pourtant bonne. C’est une déception pour moi 😦

     
    • Lord Arsenik

      5 avril 2017 at 07:01

      Je reste sur une impression positive mais ça aurait pu être un coup de coeur 😉

       

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