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Archives Mensuelles: novembre 2016

Tête à tête (virtuel) avec Morgan of Glencoe

Ma chronique de Si Loin Du Soleil

Bonjour Morgan,
Bonjour Mylord !

Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.
Merci de me l’avoir proposé !

Pour commencer peux tu nous dire qui se cache derrière ce pseudonyme ? Et comment es tu venu à l’écriture ?

Je veux bien, mais je vais avoir du mal… Parce que ce n’est pas un pseudonyme. C’est mon vrai nom. Tronqué.

Bon d’accord j’arrête de taquiner. Je m’appelle donc Morgan (prononcer -ane à la fin, merci !) et j’ai 28 ans. Je viens du pays de Porhoët, en Bretagne, et, heu, je suis un animal nocturne à poils longs.

Pour l’écriture… c’est l’une des nombreuses formes que j’utilise pour raconter des histoires. J’adore raconter des histoires, donc je le fais tout le temps : en chantant, en contant, en écrivant, même en enseignant. Mon premier public – fort généreux – a été mon petit frère, à l’âge précoce mais décidé de deux ans. J’en avais quatre. J’ai commencé comme ça, et j’ai jamais arrêté.

Pourquoi avoir fait le choix de l’auto-édition ?

J’ai pas vraiment choisi l’auto-édition. Et il n’est pas exclu qu’un jour LDG trouve sa place ailleurs que chez les auto-édités. Mais cette histoire méritait d’être racontée, elle devait être racontée, et le monde de l’édition est… lent. Et un peu frileux quand il s’agit d’histoires atypiques comme Si loin du Soleil. Donc, voilà.

Auto-édition ne signifie pas forcément travail en solo, qu’en est-il pour toi ?

Pour moi, on est dans le pas du tout solo, en fait. Bon, soyons clairs. Sans moi, pas de LDG du tout. J’ai créé l’univers, les personnages, le scénario, et écrit le livre. Mais je n’ai pas fait ça dans mon coin. J’ai une équipe de bêta-lecture de choc, chacun(e) avec un rôle précis, dont les critiques et les commentaires apportent toujours beaucoup d’eau à mon moulin. J’ai travaillé avec Elen Brig Koridwen, qui a relu et corrigé le livre et fait dessus tout un travail d’accompagnement éditorial bénévole, et une grosse partie de la communication, ce qui est formidable. Et, last but not least, mon ami Laurent Miny, illustrateur professionnel et accessoirement bêta-lecteur aussi, a réalisé la (magnifique) couverture.

Comment définirais tu ton roman, Si Loin Du Soleil ?

Ça, c’est une question piège  ! J’en sais rien, à dire vrai. C’est Si loin du Soleil. Ça parle de tolérance et d’amitié, de musique et de magie, de rencontres et de désillusions. Ça parle de l’existence, et de la vie, de l’indépendance et de la responsabilité. Ça parle aussi un peu d’amour, et de mort. C’est une histoire pour rire et pour pleurer, et pour passer un moment avec des personnages qui, peut-être, ont quelque chose à vous dire. Et si vous croyez que les choses sont pires dans le monde de la Dernière Geste que dans le nôtre… Vous êtes privilégié.

D’où t’es venue l’idée d’un univers qui mêle uchronie et fantasy ? Et plus généralement où puises tu ton inspiration ?

Dans l’eau de la Source Perdue, celle qui coule à l’envers à l’ombre de 7 noisetiers… ah, non, pardon, ça c’est la Geste Arthurienne. Plus sérieusement, la réponse est : partout. La Dernière Geste est née en regardant ma meilleure amie assise sur une chaise de bar. J’ai tendance à observer. Les gens, les choses, le monde. J’aime rencontrer les êtres vivants, les laisser me parler de leur vie, et dans ces vies, souvent, je trouve quelque chose à laquelle rendre hommage. Beaucoup de personnages de LDG sont inspirée d’une ou plusieurs personnes que je connais, bien, mal, que j’apprécie ou non. Des choses qu’on m’a racontées, des vérités qui font mal (qui a dit “Blackfish” ?) et puis voilà. Ça se transforme, dans ma tête, et ça devient une histoire.

Commencer par une saga est un choix ambitieux, peux tu nous dire combien de tomes comptera La Dernière Geste ?

Tout dépend si j’arrive à faire tout ce que je veux, ou non. Le cycle principal durera 5 tomes, plus un sixième un peu spécial, mais indépendant. Mais j’adore mes personnages, j’ai du mal à laisser ceux qui ne jouent dans le cycle principal qu’un rôle secondaire, ou bref, sans une véritable histoire à eux. C’est pourquoi, en plus du cycle principal, La Dernière Geste comptera au moins un, et j’espère, plusieurs, préquels. Ceux-ci seront publiés sous forme de feuilletons sur Internet, au rythme d’un épisode par mois.

Le premier préquel, consacré à l’adolescence du futur Sir Edward Longway, est déjà en cours de publication, sur le site de la Dernière Geste .

As-tu déjà une trame toute tracée pour la suite, ou au contraire tu improvises au fil de l’écriture ?

Ça serait plus romantique que je vous dise que je me laisse porter par le flot de l’écriture, mais rien n’est moins vrai. J’écris de façon structurelle  : tout le scénario est dans ma tête, du moins, les grandes lignes de chaque tome, et le détail du tome en cours. Ça me permet de laisser mûrir chaque scène à son rythme dans ma tête et de la coucher sur le papier, directement à sa place, quand elle est prête.

Donc oui, je sais comment ça va continuer, se développer, et finir. Je sais où vont les personnages, par quoi ils vont passer, et à quel point ils vont changer. Ça arrive que je change des choses, mais c’est rare…

Peux tu nous donner quelques indices sur le second chant, Azurs & Aciers ?

Alors d’abord : le train. Une grosse partie d’Azurs & Aciers se passe dans la Rame 5, au milieu des Fourmis. Une autre, au Louvre. Deux autres lieux sont importants, mais ce serait du spoil.

Que puis-je vous dire encore ? Par rapport à Si loin du Soleil, qui est un tome très monolithique, très linéaire, et très statique, Azurs & Aciers est en opposition totale. Ça bouge dans tous les sens, on suit plusieurs intrigues en même temps, et c’est plus un grand huit survolté dont on se demande quand ça va exploser que l’espèce de ligne droite à l’issue fatale qu’est Si loin du Soleil.

C’est aussi un tome très, très émotionnel. On y traite des sujets douloureux, le deuil, le poids du choix, du pouvoir, de l’erreur.

Enfin, parce que je sais qu’ils ont des fans, c’est un tome où les personnages de Trente-Chênes, Levana, Aliénor et surtout Ren vont prendre beaucoup d’importance.

Comment se déroule une journée type quand tu écris ?

Terriblement jamais pareil. Je n’ai pas d’habitudes en ce qui concerne les horaires, les lieux, etc. Là par exemple, je suis dans un train, du coup j’écris. Je peux difficilement répéter mes morceaux de musique ici, alors ! Et j’ai un emploi du temps qui ressemble au Chaos d’Huelgoat, Je suis donc du genre adaptable. À peu de choses près, tant que j’ai mon ordi, je peux écrire.

En dehors de La Dernière Geste as-tu d’autres projets en tête ?

Yep ! Un roman épistolaire de capes & d’épées, sur le rôle d’espions que jouaient beaucoup de musiciens de cour à l’époque de Louis XIII, et une novella beaucoup plus modeste, très “tranche de vie”. Mais j’avoue que c’est un peu remis à “quand j’aurai le temps”.

Sauf erreur de ma part tu es aussi musicien, as-tu déjà songé à créer la « bande originale » de La Dernière Geste ? A défaut que conseillerais comme musique histoire de prolonger le plaisir ?

J’ai pas seulement songé. Elle existe. D’abord, trois chansons citées, Toutouig (la berceuse de la maman de Yuri), Wild Mountain Thyme (will ye go, lassie, go ?) et l’Air de Bach (Je ne veux pas me souvenir de cette scène.) sont tout à fait trouvables n’importe où sur le web ou en CD. Le groupe Clannad qu’écoute Ren au début du livre est aussi tout à fait réel, et super cool. Vous pouvez déjà écouter tout ça.

Quant aux chansons comme l’hymne des Rats, la comptine du chat perché ou encore la chanson que Bran chante à Yuri au vieil abri, et un certain nombre de chansons qu’on entendra dans le tome 2, c’est moi qui les ai composées, mais elles existent vraiment aussi, j’ai des partitions, des enregistrements… le tout de piètre qualité, hélas, mais il n’est pas exclu qu’un jour, un album officiel de la Dernière Geste voie le jour.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en tant que lecteur ?

Nombreuses et bordéliques. J’adore lire, je lis beaucoup, je lis tout le temps, du coup, ce serait dur de tout citer. Ceux et celles qui veulent s’amuser à chercher les très nombreuses références et clins d’oeils sont les bienvenus ! J’adorerai proposer, pour la sortie du tome 2, un concours autour de ça. Ce serait très drôle.

Par contre. Non, le nom de Bran n’est pas une référence à Games of Thrones. Je ne connaissais pas GoT quand j’ai commencé LDG. J’avais un héros irlandais en tête.

Comme à mon habitude, je te laisse le mot de la fin.

Si vous n’avez pas encore lu Si loin du Soleil, j’espère que vous aimerez. Lisez bien jusqu’à la dernière page, sans quoi vous pourriez manquer quelque chose d’important.

Si vous l’avez déjà lu, je donne tout ce que j’ai pour que le tome 2 soit à la hauteur de vos espérances. Je n’ai pas de réseau de diffusion, alors parlez-en, offrez-le si vous pouvez, et pour calmer votre impatience, rendez-vous sur ladernieregeste.com ou sur la page facebook. J’y mets régulièrement des informations bonus, je publie les fanarts qu’on m’envoie, et vous avez le préquel de Sir Edward à lire en attendant la suite des aventures de Yuri & co, donc… foncez  !

Et merci encore pour ce tête à tête !

 
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Publié par le 29 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – Autre-Monde : Genèse

M. Chattam - Autre-Monde T07Ah bin en voilà un qui aura su se faire désirer ! Trois ans après la sortie de Neverland, l’ultime chapitre de la saga Autre-Monde pointe enfin le bout de son nez, la chose s’appelle Genèse et bien entendu c’est Maxime Chattam qui est aux commandes.
Matt, Ambre et Tobias ont pris la tête d’un petit groupe de Pans, ils doivent gagner l’orient afin de mettre la main sur le troisième et dernier Coeur de la Terre. Une traversée périlleuse en terre inconnue, d’autant que Ggl est à leurs trousses avec Entropia, de même que l’empereur et ses forces armées…
Trois ans c’est long ! Oui je sais, vu comme ça on pourrait penser que j’enfonce une porte ouverte, mais c’est surtout histoire de dire que, du haut de mon neurone défaillant, je n’ai plus qu’un vague souvenir des précédents tomes. Il faut dire que depuis ma chronique de Neverland (publiée le 11 novembre 2013), j’ai lu et chroniqué 249 bouquins… vous m’excuserez si je ne me souviens pas du moindre détail de chacun d’entre eux.
Pour simplifier (n’étant pas un expert en théologie) on va dire que l’histoire biblique commence avec la Genèse et se termine par l’Apocalypse. Avec Autre-Monde, Maxime Chattam nous propose le chemin inverse, on commence par un apocalypse qui ravage une bonne partie de l’humanité et modifie radicalement la face du monde et on termine par la genèse. Reste à savoir si cela est plutôt bon signe, ou pas… Tout dépendra de l’issue de l’affrontement final.
Sur plus de 600 pages l’auteur nous entraîne dans une intrigue menée à un rythme infernal, il ne vous accordera que quelques instants de répit afin de reprendre votre souffle avant de repartir de plus belle. On attendait beaucoup de cet ultime opus, Maxime Chattam nous offre un bouquet final grandiose qui devrait combler même les fans les plus exigeants.
On retrouve avec plaisir des personnages connus (dont une retrouvaille pour le moins inattendue qui surgira au moment propice pour les Pans). Bien entendu on aura aussi le droit à quelques nouveaux venus, mais au final ils sont relativement peu nombreux par rapport aux tomes précédents. Vous aurez tout de même largement le temps de détester au plus haut point Dany Sin Kloss, ou encore de vous poser des questions quant à l’énigmatique Capitaine Selim, mais la rencontre la plus décisive sera certainement celle d’Anonymous.
Par contre au niveau des lieux traversés l’auteur continue de nous surprendre au fil du périple des Pans. Et ça commence très fort avec la traversée d’un monde souterrain dont l’obscurité dissimule maints dangers et autres mauvaises surprises (et peut être quelques surprises moins mauvaises que d’autres… allez savoir). Mais le point d’orgue reste bien entendu l’Est, non seulement c’est là bas que se trouve le dernier Coeur de la Terre mais ce sera aussi le champ de bataille de l’ultime confrontation.
Bien entendu je n’ai nullement l’intention d’évoquer cet affrontement final, sachez juste qu’il tient toutes ses promesses et que les pertes seront considérables.
Maxime Chattam profite de son intrigue pour poursuivre sa réflexion sur les dérives de la société moderne, dans ce tome ce sont les nouvelles technologies qui sont sur la sellette, plus particulièrement la dépendance qu’elles induisent chez certains consommateurs.
Refermer l’ultime opus d’une saga laisse toujours une impression paradoxale. D’une part on est heureux de connaître enfin le fin mot de l’histoire (surtout quand, comme présentement, nous avons le droit à un final en apothéose) ; et d’un autre côté on ne peut s’empêcher d’avoir un petit pincement au coeur à l’idée de quitter des personnages que l’on côtoie depuis un moment (huit années passées avec les Pans depuis le premier tome, ça ne compte pas pour du beurre). Même si l’auteur prévoit de revenir sur le parcours de certains personnages « secondaires » (dans ses remerciements il cite Gaspar et Luganoff) histoire de ne pas rompre trop brutalement avec l’univers d’Autre-Monde.
Avec cette saga Maxime Chattam est largement sorti de sa zone de confort, après un premier tome un peu trop orienté young adult, il a décidé de durcir son intrigue et de noircir l’ambiance générale, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Il en rêvait, il l’a fait et les lecteurs l’ont suivi en masse.

MON VERDICT
jd5

 
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Publié par le 28 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Morgan of Glencoe – Si Loin Du Soleil

M. of Glencoe - Si loin du soleilC’est Elen Brig Koridwen qui m’a incité à lire ce roman écrit et auto-édité par un(e) de ses protégé(e)s sous le pseudonyme de Morgan of Glencoe. Premier opus d’une série intitulée La Dernière Geste, Si Loin Du Soleil est un roman qui mêle adroitement les genres.
Le monde moderne est dirigé d’une main de fer par une Triade composée du Royaume de France, l’Empire du Japon et le Sultanat Ottoman. Quand Yuri découvre que son père, ambassadeur du Japon en France, veut faire d’elle la promise du Dauphin ; elle décide de fuir cet avenir tout tracé qui ne lui correspond pas et trouve refuge auprès des Gens des Egouts, une communauté de parias où cohabitent, sur le même pied d’égalité, tous ses membres…
Difficile de proposer un pitch succinct de ce roman tant il est riche, et se densifie encore et encore au fil des chapitres (sans jamais embrouiller le lecteur). On serait de prime abord tenté de le classer comme une uchronie, l’intrigue se déroule dans notre monde mais avec une Histoire bien différente (voire même à la limite de la dystopie tant ce nouveau monde est pourri). Mais voilà dès les premières pages on croise des fées, bientôt rejointes par d’autres créatures magiques… Fantasy ? Fantastique ? Un roman susceptible de rentrer dans bien des tiroirs mais n’obéissant à aucun univers prédéfini.
Chaque composante de la Triade adopte un régime de type monarchie absolue, les nobles ont tous les droits, les classes inférieures celui de se taire et de travailler. Quant aux créatures magiques elles sont purement et simplement considérées comme des abominations, la pire de toute étant incontestablement la fée (voilà qui devrait plaire à Stelphique).
Mais même au sein de la noblesse tout le monde ne naît pas sur le même pied d’égalité, ainsi les femmes se doivent d’être soumises, d’abord au père, puis au mari. Nombre d’activité leur sont ainsi interdites.
C’est cet aspect des choses que l’on découvre via le personnage de Yuri, fille d’ambassadeur, intelligente mais l’esprit encombré des multiples mensonges et autres contre-vérités que lui ont inculqué son éducation. A ce titre plus d’une fois vous aurez envie de la prendre et de lui éclater la tronche à coup de parpaing tellement elle se montrera hautaine (rassurez-vous ça ne durera qu’un temps).
Heureusement face à cette noblesse autoritaire et hautaine et toute leur clique de serviles serviteurs en tout genre, il y a ceux qui n’obéissent pas au système. La première rencontre de Yuri avec ces esprits libres se fera à bord de l’Orient Express, lors du voyage qui la conduira à Paris ; le Rail est en effet une société totalement indépendante de la Triade, et son personnel (Les Fourmis) n’obéissent qu’à leur capitaine. Et il s’avérera très vite que la capitaine de la rame n°5 n’est pas du genre à se laisser emmerder.
Mais le top du top reste les Gens de l’Egout, la communauté qui prendra Yuri sous sa protection après sa fuite. Elle découvrira alors que les humains et les créatures magiques peuvent cohabiter en parfaite harmonie. Et ce n’est que le début de ses surprises et désillusions, elle aura heureusement le réflexe de se débarrasser de ses préjugés même si ça ne fera pas en un claquement de doigts (à sa décharge elle énormément de trucs à découvrir en un temps réduit). L’auteur nous délivre ainsi une ode à la tolérance, au respect et à l’égalité, sans mièvrerie et sans pragmatisme, c’est juste parfaitement intégré à son intrigue.
Au fil des chapitres on croisera de nombreux personnages hauts en couleurs et tous plus attachants les uns que les autres. A commencer bien entendu par Bran, une Selkie (la pire espèce de fées d’après les enseignements du Yuri) qui s’est portée volontaire pour être son guide, entre l’humaine et la fée se nouera une improbable mais solide relation d’amitié. Mais il y a aussi Pyro, un jeune Feu Follet débordant d’énergie et vouant une admiration sans faille à Bran. Sir Edward Longway, le fondateur de la communauté, et bien d’autres que je vous laisse découvrir…
Bref l’auteur déploie une imagination incroyable pour nous plonger en immersion au sein de son univers, et ça fonctionne à merveille, j’ai tout de suite accroché, pour ne plus lâcher le bouquin avant de le refermer (520 pages lues en deux jours… et encore parce qu’il fallait bosser, sinon je me le serai fait en lecture continue). Il faut dire aussi que Morgan of Glencoe ne nous laisse pas vraiment le temps de souffler, nous imposant un rythme survitaminé (surtout dans les derniers chapitres).
Une intrigue totalement maîtrisée, des personnages mitonnés aux petits oignons, une écriture d’une grande fluidité. Ce premier opus est une totale réussite, j’ai hâte de découvrir la suite (tome annoncé pour le printemps 2017).
Un coup de coeur amplement mérité pour un roman qui tient toutes ses promesses et va même au-delà. Merci à Elen pour cette suggestion plus qu’appréciée, et merci à Morgan pour ce moment d’évasion haut de gamme.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

 
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Publié par le 23 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Marcus Malte – Le Garçon

M. Malte - Le GarçonAu vu des nombreuses critiques élogieuses lues çà et là je me suis dit que je passais peut être à côté de quelque chose en évitant Le Garçon de Marcus Malte, lauréat du prix Fémina 2016. Du coup, sortant de ma zone de confort, je me suis lancé, confiant.
1908, sud-est de la France. A la mort de sa mère, le garçon quitte leur cabane coupée du monde et se lance vers l’inconnu, vers ses semblables, les humains. Le garçon espère ainsi pouvoir être accepté comme l’un des leurs, au fil des rencontres il va de découvertes en découvertes, parfois heureuses, parfois malheureuses…
Est-ce que ma voix se joindra à celles, déjà nombreuses, qui sont déjà acquise à la cause de ce garçon ? Sans la moindre hésitation la réponse est un OUI franc et massif. Ce n’est pas une perle, pas davantage un bijou mais plutôt une véritable corne d’abondance émotionnelle, une magnificence littéraire !
Ce livre est tout bonnement exceptionnel, par son histoire autant que par son écriture. Une histoire magnifique, parfois heureuse, parfois tragique (attendez vous à en prendre plein les mirettes passant du rire aux larmes) servie par une écriture et un style parfaitement maîtrisés (j’ai été littéralement transporté par les mots de l’auteur, de la première à la dernière phrase, bercé par leur sourde mélodie). Une histoire qui se déguste plus qu’elle ne se dévore, prenez le temps d’apprécier toute la richesse de ce texte, de vivre pleinement chacune des émotions qui fera vibrer votre coeur et votre âme. Je détourne volontiers le propos du philosophe américain Henry D. Thoreau qui clamait : « Je voulais vivre intensément et sucer la moelle secrète de la vie. » pour affirmer : « Je voulais lire intensément et sucer la moelle secrète de ce livre. » (n’y voyez aucun sous entendu grivois).
Une histoire portée par un garçon pas comme les autres, unique et universel à la fois : « Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. » Comme notre garçon n’est pas un grand bavard il fallait bien quelqu’un pour nous raconter son histoire, et ce quelqu’un est justement le narrateur (on pourrait même dire le conteur) qui se place en spectateur-voyeur afin de mettre les mots les plus justes sur ce que vit, voit et ressent le garçon.
Le récit est divisé en cinq parties comme autant d’étapes majeures (et de rencontres) qui jalonneront la vie du garçon. Dans un paisible hameau provençal, le garçon côtoiera sa poignée d’habitants et fera de son mieux pour s’intégrer et se faire accepter comme l’un des leurs.
Quand il reprendra la route son périple lui fera croiser celle de Brabek, l’Ogre des Carpates, un lutteur de foire, qui deviendra un véritable ami. Un ami disert qui lui livrera une leçon de vie ô combien utile (et malheureusement intemporelle) : « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Belle rencontre avec un personnage hors du commun, gros coup de coeur pour cet ogre philosophe.
L’année suivante sera celle de la rencontre (percutante) avec Emma et son père Gustave. Emma qui le considérera longtemps comme le petit frère qu’elle n’a jamais eu, et Gustave qui en fera son fils adoptif. C’est Emma qui le baptisera Félix et lui fera découvrir la musique.
Le garçon ne se fera pas prier pour suivre Emma et Gustave à Paris, poursuivant ainsi son apprentissage du monde des Arts (musique et littérature avec Emma) et de la science (avec Gustave). De fil en aiguille la complicité qui lie Emma et le garçon va évoluer vers d’autres sphères… à la découverte d’autres plaisirs. C’est ensemble qu’ils découvriront l’amour charnel : « Par terre un tapis bicentenaire qui couvrit jadis le sol de la chambre à coucher d’une lointaine aïeule flamande. Lourd, épais, profond comme l’humus des forêts, aux motifs de roses et de feuilles d’acanthe, aux couleurs éteintes. C’est là-dessus, par crainte des grincements du sommier, que se joue l’hymne à l’hymen. Soupirs et point d’orgue. Non, ils ne rêvent plus. C’est vrai. Anges et démons sont incarnés et leurs ombres se meuvent, rampent, s’entremêlent au ras du sol dans toute leur splendide nudité. Au matin une fleur nouvelle, éclose, étale ses pétales écarlates au milieu des vieilles roses de l’aïeule. » Un amour aussi passionné que fusionnel : « Elle dit des choses comme Prends-moi. Écarte-moi. Fends-moi. Transperce-moi. Mange-moi. Inonde-moi. Et il prend et fend et mange, et il en rajoute à sa guise sans qu’elle le lui demande. » L’occasion pour les deux amants d’explorer une autre facette de la littérature.
Puis il y a la guerre, une guerre qui va séparer les deux amants, une guerre qui va mener le garçon aux confins de l’horreur et de l’ignominie. Une guerre que le narrateur nous balance en pleine gueule dans toute sa cruauté et toute sa crudité (rien à voir avec les carottes râpées), mais aussi et surtout dans son absolue absurdité. Soyons fou, osons le dire haut et faut : la guerre dans son incommensurable connerie !
Il y a la guerre puis il y a l’après, mais quel après ? Pour le garçon ? Pour les amants ? Si vous voulez le savoir il vous faudra lire Le Garçon, pour ma part j’estime en avoir assez dit.
D’ores et déjà je peux affirmer que Le Garçon sera LE livre de l’année 2016. Certes l’année n’est pas finie et j’espère bien avoir d’autres coups de coeur d’ici au 31 décembre mais je suis convaincu qu’aucun ne sera aussi intense que celui-ci. Immense coup de coeur et coup de foudre pour ce garçon (voilà bien une phrase que je ne pensais jamais dire… et encore moins écrire).

MON VERDICT
jd5Coup double

Ce qu’en ont pensé mes blog potes (par ordre de publication) :
Gruz
Stelphique
Collectif Polar
Belette
Nathalie

PS : un petit jeu pour finir.
Ouvrez votre livre au premier chapitre de la partie 1914-1916, lisez attentivement ce chapitre et dessinez l’arbre généalogique qui relie tout ce beau monde.
Vous avez quatre heures !
PPS : m’étonnerait pas qu’il y ait quelques consanguins dans tout ce merdier.

 
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Publié par le 21 novembre 2016 dans Bouquins

 

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Tête à tête (virtuel) avec Frédéric Clémentz

Mes chroniques des romans de Fred :
Le Serment Du Passeur
Le 13e Cantique

Bonjour Fred.

Merci d’avoir accepté de te prêter à ce tête-à-tête virtuel.

Question rituelle pour commencer. Peux-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer comment tu en es venu à l’écriture ?

J’ai 35 ans. Je suis blogueur, auteur et entrepreneur.

L’écriture de romans est arrivée comme une évidence. Je veux dire par là que beaucoup d’articles sur mon premier blog « Écrire et s’enrichir » étaient déjà conçus comme de petits scénarios. J’ai aimé partager ces informations concrètes. Et puis, derrière ces choses rationnelles que je proposais, mon imaginaire, lui, « travaillait » pour me diriger vers autre chose. De fait, un jour de novembre 2015, j’ai publié un article : « Faut-il tuer les petits garçons qui ont les oreilles cassées ? » Il a rencontré une belle audience. Ce jour-là, comme un déclic, j’ai eu envie d’écrire l’histoire d’un jeune homme malentendant. Je n’avais aucun scénario mais je savais que j’allais écrire mon premier roman. Six mois plus tard, « Le Serment du Passeur » sortait sur Amazon avec un beau succès.

Tu es un auteur indépendant, auto-édité, est-ce un choix délibéré ou plutôt une fatalité ?

C’est un choix totalement assumé pour une raison essentielle : aujourd’hui, l’auto-édition est un formidable moyen de faire entendre sa voix. C’est très motivant de savoir que l’on peut toucher des gens grâce à ce principe du livre numérique. Il faut savoir que le nombre de manuscrits reçus chaque année par les maisons d’édition traditionnelles est vertigineux. Votre chance d’être publié est donc infime. Aussi, devant cette saturation de manuscrits qui s’empilent chez les éditeurs (lesquels publient très rarement un auteur inconnu ou même peu connu), quelqu’un de consciencieux, bosseur et déterminé peut, grâce à l’auto-édition, se faire connaître.

Donc oui, être un auteur indépendant et auto-édité est, du moins pour moi, un choix totalement délibéré.

L’auto-édition peut parfois ressembler à un parcours du combattant, tu assures tout le travail en solo (de l’écriture à la mise en vente, en passant par la promo, le marketing…) ou tu bosses avec une équipe ?

Je suis de ceux qui pensent qu’on ne peut pas être efficace et compétent dans toutes les étapes qui jalonnent la vie d’un livre. Et puis, quelle sérénité d’être bien entouré. Pour cette raison je travaille avec des relecteurs, correcteurs, graphistes, une attachée de presse ou encore d’autres auteurs.

Dès ton premier roman, Le Serment du Passeur, j’ai été impressionné par ton style, on sent que tu écris avec le cœur, les tripes et l’âme ; est-ce ton style d’expression naturel ou le résultat d’un gros travail d’écriture ?

Le rapport émotionnel avec le lecteur est pour moi, la priorité absolue. Aussi, écrire avec le cœur et le ventre est capital mais à condition de canaliser ce qui va jaillir de soi.

C’est là que le gigantesque travail de l’écriture intervient. Finalement, écrire c’est vouloir gravir une montagne qui, souvent, nous paraît impossible à dompter. Donc, pour y parvenir, il faut marcher avec patience, précision, humilité. C’est un chemin initiatique l’écriture. On doit tomber, se relever, tomber à nouveau et repartir. C’est à ce prix-là que le texte va naître avec une colonne vertébrale. Sans cette colonne, le lecteur va se perdre et vous abandonner sur le bord de la route.

Déjà avec Le Serment, tu sortais des sentiers battus, avec Le 13e Cantique, tu vas encore plus loin ; pourquoi ce choix ?

Sortir des sentiers battus n’est pas, pour moi, un but en soi. Mon but, c’est d’essayer par le simple pouvoir de l’imagination de descendre, tel un spéléologue, au plus profond de l’âme humaine. Ou du moins, de l’idée que je m’en fais. C’est ce voyage-là qui m’intéresse. Un voyage d’explorateur, non de voyeur. Cette exploration des émotions me permet, bien sûr, d’inventer des histoires « connotées thriller psychologique ». Mais au-delà de la noirceur des personnages, cette exploration me fait aussi entrevoir la part de lumière cachée dans ces âmes dites irrécupérables. C’est cela que j’ai voulu raconter dans Le 13e Cantique. Alors oui, c’est un livre volontairement violent car il a en ligne de mire la rédemption, la tentative de rachat. Avant cette rédemption, suivre le chemin des ténèbres extrêmes est donc inévitable.

Question plus ou moins liée à la précédente, où puises-tu ton inspiration ?

C’est tout simple : en regardant notre monde (ou nos sociétés) et en l’écoutant. Un raconteur d’histoires est avant tout une éponge. Il s’imprègne de ce qu’il voit et entend.

Et c’est souvent impressionnant, déroutant, choquant. C’est aussi parfois sublime, et parfois terrifiant. J’utilise ici un cliché mais c’est vrai que chaque vie est, en soi, un roman. Je me contente donc de « cueillir » les émotions qui, chaque jour et partout, circulent autour de moi. Et puis, bien sûr, toute cette hémorragie d’informations à la télévision, dans la presse ou sur le Net est une source permanente d’inspiration. Lorsque j’ai « engrangé » une montagne de « bouts de vie », de visages, de comportements, alors commence le long et passionnant travail d’écriture.

Quand tu écris, comment se déroule une journée type pour toi ?

Avant d’écrire, j’ai souvent besoin de marcher sur un rythme assez soutenu pendant une heure environ. Ce « rituel », c’est comme si je massais mon cerveau avant l’effort. Après cette phase d’oxygénation des neurones, je m’enferme dans mon bureau. Là, j’écris pendant cinq heures, généralement l’après-midi. Pendant cette phase, j’écris beaucoup mais sans m’attacher au style. Je laisse seulement mon imagination galoper. À l’issue de ce travail, je sais que sur les 6 ou 7 pages écrites, seules 1 ou 2 seront conservées après relecture. Celle-ci intervient en soirée. Durant cette nouvelle phase de deux heures, je travaille aussi le style et « la vue d’ensemble » du texte. J’applique cette discipline de travail six jours par semaine.

As-tu déjà d’autres idées, plus ou moins abouties, pour tes prochains romans ?

Oui, absolument. J’écris actuellement un roman qui s’appellera « Le sang des Agriate », à paraître vers le mois de mars 2017. Cette histoire évolue dans l’univers de la satire, de la parodie et de l’humour noir. Nous sommes loin ici du Serment du Passeur et du 13e Cantique. On serait plutôt du côté des « Tontons flingueurs » et de ces ambiances délirantes à la Michel Audiard. Je trouve important de changer de couleur et de tonalité quand on écrit. Cela permet de découvrir et de faire découvrir d’autres routes, d’autres sensations.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en tant que lecteur ?

4 livres sont pour moi des références absolues tant ils sont fabuleusement écrits, et d’une puissance émotionnelle sidérante. Il s’agit de « Septentrion » de Louis Calaferte, « Bandini » de John Fante « La nuit, le jour et toutes les autres nuits » de Michel Audiard et « Le petit galopin de nos corps » d’Yves Navarre.

J’aime avant tout l’éclectisme dans mes lectures. Voici quelques auteurs que j’ai lus (et que je relis) avec gourmandise : Jean Giono, Frédéric Dard, Marguerite Duras, Fred Vargas, Jean Echenoz, Jules Renard, Henry Miller, les dialogues de films écrits par Michel Audiard…

Comme j’ai pris l’habitude de le faire lors de ces tête-à-tête, je te laisse le mot de la fin.

Mon mot de la fin, c’est déjà te remercier chaleureusement de m’avoir accordé cette tribune.

Ensuite, j’ai tout simplement choisi de faire parler cet écrivain génial qu’était Henry Miller. Ce qu’il écrit là est juste magnifique et tellement vrai : « Certains livres non seulement donnent une sensation de vie, entretiennent la vie, mais encore, à l’exemple de quelques rares êtres humains, augmentent la vie. »

Tout est dit, n’est-ce pas ?

 

Je profite de ce tête à tête pour remercier (encore une fois) Fred pour l’envoi de ses deux romans dédicacés.

 
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Publié par le 18 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Colin Winnette – Là Où Naissent Les Ombres

C. Winnette - Là où naissent les ombresJe ne suis pas du genre à me laisser influencer par les accroches commerciales mais j’avoue que la promesse du Washington Post, d’un roman qui « révolutionne le genre du western » a titillé ma curiosité et rapidement propulsé sur les hauteurs de mon Stock à Lire Numérique le roman de Colin Winnette, Là Où Naissent Les Ombres.
Brooke et Sugar sont frères et chasseurs de primes. Suite à un accrochage en ville ils sont contraints de trouver refuge en forêt histoire de se faire oublier. Un matin ils retrouvent, allongé entre eux, un gamin, nu et amnésique. Bon an, mal an, les deux frères vont accepter qu’il les accompagne. mais avec eux le voyage ne sera pas de tout repos…
Ah que voilà un roman qu’il n’est pas simple de présenter, à tel point qu’on peut se demander si le gars qui a rédigé la quatrième de couv’ chez Denoël a bien lu le bon bouquin…
Si vous aimez les romans noirs et les western alors ce bouquin est fait pour vous, l’auteur vous propose en effet un western d’une noirceur absolue qui vous prendra aux tripes dès les premières pages. Le genre de noirceur d’où ne perce aucune source d’espoir, pas même une étincelle ; une plongée en aveugle dans les tréfonds les plus obscurs de l’âme humaine.
Un sentiment renforcé par une forme brute de décoffrage qui n’est pas sans rappeler La Route de Cormac McCarthy, aucun chapitrage et une mise en page minimaliste (un saut de ligne pour passer d’un personnage à l’autre, un retrait en début de paragraphe et puis basta).
Même le style contribue à ce sentiment de malaise diffus, l’écriture est froide, l’auteur nous expose les faits sans fioriture (ce qui n’empêche pas une grande richesse dans le vocabulaire) ; comme s’il souhaitait garder ses distances avec ses personnages par crainte que leur noirceur ne déteigne sur lui. Un ressenti qui n’est pas sans rappeler l’effet que m’avait fait Sukkwan Island de David Vann.
Et pourtant une fois le bouquin commencé je n’ai plus pu le lâcher, hypnotisé par cette intrigue (où plutôt par cette succession d’événements) d’où personne ne sortira indemne. Peut être que je suis maso à rechercher du noir toujours plus noir.
On peut sans trop de risque de se tromper situer le récit dans l’Ouest américain du XIXème siècle même si nous n’avons quasiment aucun repère, ni géographique, ni temporel. Peut être une façon de souligner que la noirceur de l’âme humaine ne connaît aucune frontière spatio-temporelle…
De la même façon il est difficile de s’attacher aux personnages, mais là encore on sent une volonté délibérée de l’auteur de vouloir imposer une certaine distance. On saura finalement assez peu de choses concernant Brooke et Sugar (mais attendez vous quand même à un retournement de situation qui devrait vous laisser sur le cul). Difficile, pour ne pas dire impossible, de faire un tri entre les gentils et les méchants, ici nous ne sommes pas dans le tout blanc et tout noir mais plutôt dans une large palette de nuances de gris.
C’est le premier roman de l’auteur traduit en français, en VO c’est son cinquième et dernier titre en date (paru en 2015). Je ne sais pas si Denoël (ou tout autre éditeur francophone) compte publier les précédents mais si tel était le cas alors je serai fidèle au rendez-vous.
Je comprendrais parfaitement que mon enthousiasme laisse de marbre certains de mes visiteurs craignant une overdose de noirceur, tout comme je ne serai pas surpris que certains lecteurs ne partagent pas mon engouement pour ce roman… Si je peux donner un conseil aux futurs lecteurs potentiels : évitez de vous lancer dans un moment de blues à l’âme !

MON VERDICT
jd5Coup double

 
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Publié par le 15 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David S. Khara – Atomes Crochus

D. S. Khara - Atomes crochusAu menu du jour, Atomes Crochus, le dernier roman de David S. Khara qui est sorti directement en poche et numérique chez J’ai Lu.
Un banal accrochage sur le parking de l’aéroport de Dallas fait que Janet Livingstone-Pierce et Enzo Meazza ratent leur avion pour Paris. Et leur sauve ainsi la vie. En effet à peine l’avion a-t-il décollé qu’il explose en plein vol. Un peu plus tard, alors qu’ils quittent l’hôpital, on tente de les abattre, cette fois plus de doute possible, ce sont bien eux qui sont visés. Pas le temps de se poser de questions, ils doivent se mettre à l’abri…
Un thriller fort sympathique et extrêmement addictif, une fois que vous y aurez goûté vous ne pourrez plus le lâcher avant d’avoir le fin mot de l’histoire. L’intrigue est rondement menée sur un rythme soutenu, si les nombreux rebondissements ne sont pas tous surprenants ils sauront toutefois tenir le lecteur en haleine.
Un thriller qui doit beaucoup à ses personnages et leurs relations. D’une part grâce au duo improbable formé par Janet (agent de l’AIEA qui rentre de mission) et Enzo (un escroc tout juste sorti de prison), leur rencontre est avant tout due au hasard et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas vraiment le grand amour entre eux… mais ils vont rapidement se retrouver contraints de faire équipe, et apprendre à se connaître, si leurs poursuivants leur en laisse le temps.
D’autre part les personnages secondaires ne sont pas là uniquement pour faire joli, ils sont traités avec le même soin. A commencer par Andrew Bryniarsky, l’agent du FBI à qui Enzo s’est livré et confessé, persuadé que celui qui fut autrefois son ami lui cache encore bien des choses. Sans oublier le truculent Jeb Cates, l’archétype du flic texan tel qu’on l’imagine. Et Stéphanie Shark, jeune agent du FBI qui va se retrouver, presque malgré elle, embringuée dans sa première enquête sur le terrain.
Même le duo de tueur en deviendrait presque sympathique s’il n’était pas aussi impitoyable. Quant au méchant de service, il fait partie de ceux que l’on adorera détester, il faut dire qu’à aucun moment l’auteur ne cherche à nous le rendre sympathique… bien au contraire, à chaque apparition on a envie de lui coller une bastos dans le bide et le regarder agoniser jusqu’à son dernier souffle.
Un roman qui a pour toile de fond le monde l’argent et du pouvoir, mais aussi de la corruption, qu’il s’agisse de placements financiers ou de sécurité nucléaire, tous les coups sont permis, même les plus bas, surtout les plus bas !
Un roman efficace, même s’il ne révolutionne en rien les règles du genre, il n’en reste pas moins une sympathique découverte. Un regret ? Oui, le fait de ne pouvoir en parler plus longuement au risque de gâcher le plaisir de la découverte.

MON VERDICT
jd3d

 
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Publié par le 14 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Ian Manook – La Mort Nomade

I. Manook - La Mort NomadeDirection la Mongolie en compagnie de Ian Manook et son dernier opus en date, La Mort Nomade, ultimes (?) retrouvailles avec Yeruldelgger.
Depuis son éviction de la police, Yeruldelgger s’est retiré dans le désert de Gobi pour une retraite spirituelle. Après quatre mois de solitude et de méditation sa retraite va prendre un tour inattendu, au fil des rencontres inattendues et de scènes de crimes, Yeruldelgger va se retrouver, bien malgré lui, au centre de toutes les attentions…
Pour ce troisième rendez-vous avec Yeruldelgger, Ian Manook change le ton de son roman, ce qui semble un choix logique étant donné que son héros n’appartient plus aux forces de police et n’a donc aucune légitimité à mener une enquête… Un fait qu’il ne manque pas de souligner au fil des pages : « Je n’en sais rien, Guerleï, tu peux me croire. Je me fous de leur révolte comme je me fous de tes enquêtes. Je suis juste un vieil ex-flic qui cherche à se ressourcer en s’isolant dans une retraite spirituelle, putain de bordel de merde, c’est quand même pas si difficile à comprendre, ça !« .
Une retraite spirituelle qui sera d’abord perturbée par Tsetseg, une fière amazone venue lui demander de l’aider à retrouver sa fille disparue. Puis par Odval, une jeune femme dont l’amant vient d’être assassiné et dont la yourte à été incendiée. Cerise sur le gâteau, un intrépide gamin, Ganbold, lui annonce qu’il a découvert un charnier !
Quand enfin la petite troupe se met en route, ils croiseront une première scène de crime et le lieutenant Guerleï, une fliquette qui essaye tant bien que mal d’éviter que la situation ne dérape. Pour Yeruldelgger ce n’est que le début des emmerdes, au fil de la route il croisera d’autres scènes de crimes, et sa troupe grandira… jusqu’à ce qu’il se retrouve promu, à l’insu de son plein gré, au titre Delgger Khan, chef de file de la révolte nomade contre les compagnies minières. Pas de bol pour un type qui aspirait à un paisible et méditative retraite spirituelle ! Une situation que Guerleï résume plutôt bien : « Tu n’es pas un mauvais homme, Yeruldelgger, bien au contraire, mais tu es le plus productif, le plus créatif, le plus prolifique fouteur de bordel que je connaisse ! ».
Beaucoup de nouvelles rencontres donc au programme, avec, comme toujours, des personnages bien travaillés. Dans la petite troupe qui accompagne Yeruldelgger j’ai eu un faible pour Tsetesg, une femme pleine de ressources qui ne reculera devant rien pour retrouver sa fille. J’ai aussi beaucoup aimé les échanges entre Yeruldelgger et Guerleï.
L’aspect policier stricto sensu est géré directement à Oulan Bator par les Affaires Spéciales, plus précisément par son chef Bektet et son adjointe, Fifty. Confrontés à la corruption des uns et au silence complaisant ou effrayé des autres, ils auront bien du fil à retordre face à un ennemi aussi puissant qu’impitoyable (j’ai pris un réel plaisir à la détester dès sa première apparition).
Même si au final elle n’est qu’un pion utilisé pour asseoir le pouvoir du véritable ennemi des terres mongoles, les multinationales minières qui ravagent et empoisonnent le sol mongol en totale impunité, achetant, d’une façon ou d’une autre, le silence des autorités. Le portrait que dresse l’auteur de l’exploitation minière fait froid dans le dos, un pillage sans nom que l’auteur qualifie fort justement de viol écologique.
De fait l’intrigue nous fait voyager hors des frontières mongoles, il faut dire que l’ennemi en question est du genre tentaculaire. Nous aurons le droit à des détours par New-York (avec un duo de flics excellent), le Québec, l’Australie et la France (l’occasion de retrouver avec plaisir Zarzavadjian).
Alors clap de fin pour Yeruldelgger ? Tout laisse à supposer que oui, par contre ne comptez pas sur moi pour vous dire s’il aura enfin pu profiter de sa retraite spirituelle… Je quitte cette trilogie à regrets mais avec toutefois la certitude que le nom de Yeruldelgger mérite sa place au panthéon de la littérature policière française.
Que lui souhaiter de plus ? Partir à la conquête d’un public international, pourquoi pas ?

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

Morceau choisi :

Les dessous de la traditions.
Comment des filles des steppes se retrouvent mères des steppes et finalement prostituées ?
Explication par Solongo.

La cause, c’est généralement un jeune idiot. Il peut avoir douze ans comme il peut en avoir vingt. Il voit cette gamine grandir pas loin de lui et quand son corps s’y prête, petit à petit, il la désire. Son corps la réclame, c’est ce que lui murmurent les vieux. Dans le campement, tout le monde le remarque et en rit sous cape, jusqu’à la nuit où il relève le feutre de la yourte pour se rouler à l’intérieur. Dans le silence et l’obscurité il se glisse sous la couverture de la gamine qui n’ose rien dire de peur de faire honte à ses parents. Alors elle se laisse faire sans rien comprendre et il la prend maladroitement, comme dans un jeu interdit qui le surprend. Quelquefois la gamine se surprend à aimer. Souvent elle a mal et pleure en silence. Puis il remballe son attirail, sans adieu, sans un mot, et roule sous le feutre pour rejoindre dehors dans la nuit des aînés qui l’attendent, le congratulent et l’emmènent boire à l’écart. À l’intérieur, la gamine ne dort plus et les parents non plus, mais personne ne parle. Par honte. Parce que si c’est douloureux pour le corps de la gamine comme pour le cœur des parents, c’est toléré par la tradition pour la fierté des garçons. Et quand par hasard un enfant naît, la honte est toujours là et la tradition veut que la gamine, devenue femme malgré elle et à cause des autres, aille vivre dans sa propre yourte un peu isolée du campement. Au plus loin du point d’eau, sur les pentes les plus pierreuses, à regarder son gamin grandir en espérant qu’il ne se glissera pas sous le feutre d’une yourte lui aussi. Ou en l’encourageant à le faire, au contraire. Par vengeance. Mais si l’enfant est une fille, malheur à celui qui essayera de se glisser dans la yourte. Les mères des steppes ne dorment jamais, pour ne pas laisser leurs filles en pleurs.

 
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Publié par le 9 novembre 2016 dans Bouquins

 

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Tête à Tête (virtuel) avec Paul Clément

Mes chroniques des romans de Paul :
Les Décharnés
Creuse La Mort

Bonjour Paul.
Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.

Question rituelle pour commencer. Peux-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer comment tu en es venu à l’écriture ?

En quelques mots, rien de plus simple. Je crois que pour le moment ma biographie, comme ma bibliographie d’ailleurs, tient facilement sur un post-it, tu sais celui que t’as dû en plus partager avec tes collègues. Bref, Paul, 24 ans, diplômé d’école de commerce, mais qui a décidé d’oublier un temps son beau diplôme pour s’essayer à l’aventure de l’auto-édition avec autant de professionnalisme que possible. Je devrais ajouter fan de zombies, mais ce serait un pléonasme pour ceux qui me connaissent déjà.
Pour ce qui est de l’écriture, j’ai toujours aimé écrire, et c’est même au collège que j’ai commencé mon premier projet de roman. Bien sûr, ça n’a pas été bien loin, mais l’envie était déjà là. Par la suite, au lycée, j’ai participé à des forums de RP fantastique et de fantasy, avant, un soir, alors que je venais d’intégrer mon école de commerce, de commencer à écrire par hasard le début de Les Décharnés.

En plus de l’écriture tu es aussi fondateur / administrateur / animateur du site Myzombieculture ; d’où te vient cette passion pour les zombies ?

Un attrait certain pour le morbide , le gore et l’humour horrifique, une fascination pour le post-apocalyptique, et une anecdote : l’achat d’un coffret DVD que je pensais mal étiqueté de la trilogie des morts de Romero. Depuis , j’ai dévoré du zombie à toutes les sauces et je continue à trouver mon compte dans cette culture bien plus riche qu’on pourrait le croire.

Sans surprise ton premier roman, Les Décharnés, est justement une histoire de zombies, mais tu as réussi à te démarquer dans un genre pourtant prolifique ; quelle est, selon toi, la recette miracle pour éviter de se retrouver noyé dans la masse ?

Je ne sais pas s’il y a une recette miracle, mais, dans mon cas, je ne pense pas avoir écrit l’histoire de zombies la plus originale qui soit, il faut être honnête. J’ai davantage cherché l’originalité dans le décor et le héros car le récit reste avant tout un survival post-apo plutôt classique (mais efficace a priori vus les retours que j’ai pu avoir !). Pour moi, l’originalité vient de la localisation de l’intrigue, d’abord en France et surtout en Provence, d’où je suis originaire, ainsi que du héros. Avec Patrick, pas de beau gosse sauveur de l’humanité à la Brad Pitt… plutôt un homme simple qui plus est agriculteur. Mais pour sortir du lot, beaucoup d’auteurs s’amusent en revanche avec la figure du zombie en lui conférant d’autres caractéristiques, en le réhumanisant par exemple (ce à quoi je n’adhère pas toujours…). Et c’est ce qui est bien avec le zombie ; c’est une figure très riche qui permet de faire beaucoup de choses et de nombreux artistes l’ont compris même s’il y a encore parfois un certain dédain pour ce monstre de notre imaginaire collectif.

Avec ton second roman, Creuse la Mort, tu quittes ta zone de confort, tout en restant dans le registre fantastique / horrifique ; pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce que je n’avais pas envie de me cantonner à écrire du zombie. Les Décharnés était ma pierre à l’édifice zombie, je ne comptais pas bâtir tout une aile du bâtiment à moi tout seul. Je voulais faire autre chose, de plus surprenant, amené de manière différente. Après, pour ce qui est du choix de l’horreur, disons que j’avais envie de lorgner du côté de Stephen King, mais mes futurs projets sont encore bien différents et dans un autre genre.

Quand tu écris, comment se déroule une journée type pour toi ?

Quand j’ai écrit Les Décharnés, j’écrivais le soir et la nuit après les cours. Ça a un peu changé avec Creuse la Mort où j’ai commencé à écrire dans l’après-midi ce dont j’étais incapable avant. À présent, j’essaie de consacrer plusieurs heures par jour à l’écriture, mais il est parfois dur de se couper du reste et notamment des réseaux sociaux quand, en plus, en tant qu’auto-édité, on est également obligé de faire soi-même la promo de ses ouvrages. Mais globalement, j’essaie de me fixer un objectif de 1500 à 2000 mots par jour. Parfois j’y arrive, parfois non.

Où puises-tu ton inspiration ?

Contrairement à d’autres auteurs, je ne suis pas un bourreau de travail. Ce que je veux dire c’est qu’il est rare que je réécrive des passages entiers , ça vient comme ça vient et c’est souvent la version que je garde (sans parler des corrections évidemment). C’est ce que j’aime dans l’écriture, c’est un exercice spontané qui va puiser un peu partout. Après dans le cas de Les Décharnés, j’imagine que j’ai forcément été influencé par tout ce que j’ai pu lire dans le genre zombie.
Ensuite, c’est peut-être mon côté extrémiste-bio (comme s’amusent à m’appeler certains de mes amis parce que je suis végétarien) qui ressort, mais la Nature est quelque chose qui m’inspire pas mal aussi. Je trouve qu’elle a quelque chose de sublime, et le sublime est justement une thématique fortement traitée dans Les Décharnés.

As-tu déjà d’autres projets de romans ? Si oui, peux-tu nous en dire davantage ?

Bien sûr. Actuellement je travaille sur mon troisième roman que j’espère pouvoir sortir début 2017 sous forme d’épisodes, mais je ne m’engage à rien pour le moment. C’est le projet le plus important que j’ai porté, c’est donc beaucoup de boulot, notamment en terme de narration puisque j’ai abandonné la première personne pour la troisième, au profit d’une galerie de personnages plus riche. C’est une saga qui s’intitulera Les Orphelins de Windrasor. Je ne peux pas trop en dire sur l’histoire, mais elle se déroulera dans un monde fictif avec une ambiance dix-neuvième siècle et quelques éléments de fantastique, mais pas de prophétie à la mords-moi-le-noeud, vous êtes prévenus.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en temps que lecteur ?

Même si j’ai encore beaucoup de ses romans à lire, Stephen King est un auteur que j’aime beaucoup. Je pense que Simetierre m’a pas mal influencé pour l’ambiance de Creuse la Mort. Ma nouvelle Talis qui a récemment été publiée est aussi un peu inspirée par le film Stand by Me qui est justement l’adaptation d’une nouvelle du maître. Après, j’ai lu énormément de romans de zombies et j’ai vraiment beaucoup aimé la saga Ennemis de Charlie Higson. J’espère écrire quelque chose du même calibre avec mes petits orphelins.

Comme j’ai pris l’habitude de le faire lors de ces tête à tête, je te laisse le mot de la fin.

Le mot de la fin sera donc pour ceux qui pourraient avoir certains préjugés quand on parle de zombies. Alors oui, le genre compte un nombre incalculable de navets et de choses médiocres, mais croyez quelqu’un qui s’est passionné pour ce genre : prenez un peu de temps, parcourez MZC par exemple et vous trouverez des œuvres qui, j’en suis sûr, auront bien plus que du mordant pour vous !

 
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Publié par le 9 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stefan Petrucha – Deadpool : Apocalypse Chiots

S. Petrucha - DeadpoolJe connaissais bien des déclinaisons de l’univers Marvel (comics, films, séries TV ou encore dessins animés) mais jamais encore je n’avais vu une adaptation en roman. Une idée que l’on doit aux éditions Huginn & Muninn et c’est sous la plume de Stefan Petrucha que Deadpool fait ses premiers pas romanesques avec Apocalypse Chiots, une aventure aussi déjantée que son (super) héros.
Quand d’adorables chiots se transforment en mutants géants et destructeurs, le SHIELD n’a d’autre choix que de faire appel à Deadpool pour affronter une pareille situation de crise. Sa mission : trouver les chiots avant qu’ils ne se transforment et neutraliser les mutants… et rien que les mutants !
Au risque de décevoir les puristes j’ai découvert le personnage de Deadpool via le film homonyme et j’ai tout de suite accroché à cette personnalité complètement déjanté et à un univers très second degré. Enooorme coup de coeur pour le film mais malgré tout j’avais quelques doutes quant à une adaptation en roman.
Bien entendu le bouquin est écrit à la première personne, Deadpool, parfaitement conscient d’être un personnage de fiction, s’adresse directement au lecteur avec son franc parler habituel et son humour ravageur (le tout bien – trop ? – aseptisé afin de toucher un public plus large). Notre mercenaire sociopathe s’offre même le luxe d’être un tantinet schizo, à ce titre il est fait un très bon usage des polices de caractère afin de d’identifier les voix qui cohabitent avec Deadpool et lui causent souvent. Il ne faudra que quelques pages pour balayer les doutes qui me titillaient.
Je n’irai pas non plus crier au chef d’oeuvre, disons que c’est une lecture agréable et divertissante (rires et sourires ont été de la partie), ce qui n’est déjà pas si mal. Une lecture qui m’a donné envie de revoir le film, il va falloir que je m’offre le blu-ray en attendant le second volet (prévu pour mars 2018).
Je ne m’attarderai pas sur l’intrigue qui n’est que prétexte à laisser Deadpool faire son numéro… un prétexte qui oscille entre l’absurde et le burlesque. A noter toutefois qu’en guest stars nous aurons le droit à un passage express mais remarqué de deux Avengers, Hulk et Spiderman.
L’éditeur a lancé sa collection Marvel avec deux univers qui ont cartonné au box office, le second roman de la collection, sorti en même temps que Deadpool, est en effet consacré aux Gardiens de la Galaxie. Peu à peu l’univers littéraire de Marvel s’étoffe avec les sorties de Civil War et de Dr Strange (encore des cartons au box office).

MON VERDICT
jd3d

 
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Publié par le 7 novembre 2016 dans Bouquins

 

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