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[BOUQUINS] Frédéric Clémentz – Le Serment Du Passeur

13 Juil

F. Clémentz - Le Serment du PasseurUne lecture à la demande de son auteur, Frédéric Clémentz, que je remercie pour sa grande patience (j’ai son roman dans les bacs depuis le mois de mai) et sa confiance. Pour son premier roman il se lance dans le thriller psychologique avec Le Serment Du Passeur.
A l’âge de 15 ans Antoine Dévraille est traumatisé par une violente agression dont il est la victime. Sa vie ne sera plus jamais la même. Dix neuf ans plus tard Antoine écrit une lettre à son agresseur mais il va apprendre une nouvelle qui va bouleverser ses plans… et sa destinée.
La première chose qui frappe dans ce roman est son écriture, un style qui vous prend direct au coeur, à l’âme et aux tripes. Une plume trempée dans du vitriol, sans concession mais aussi riche et imagée. Un vrai bonheur pour les yeux. Une phrase d’Antoine pourrait s’adresser directement à son créateur, Frédéric : « Tu voulais que cette chose qui gueulait en toi fasse sa vie sans artifices ni souci du beau. Tu voulais de la matière brute, noble. Tu voulais du sauvage, du vivant. Des mots avec encore de la terre dessus. Des mots pas lavés, pas préparés. Des mots pas éduqués. Libres. »
Quant à moi Frédéric je souhaite que la fin de cette citation s’applique au présent Serment : « Rappelle-toi comme les gens se foutaient de toi quand tu leur disais ça. Et rappelle-toi comme ils te couraient tous après quand tu as été publié. »
Le récit nous place directement dans la peau et l’esprit d’Antoine Drévaille, le moins que l’on puisse c’est que sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille. On ne ressort pas indemne d’une telle immersion psychologique. Dérouté, troublé… certes, mais aussi charmé ! Sous le charme de l’intrigue malgré (ou grâce à) une noirceur absolue, mais aussi, je le répète et ne me lasserai de le dire encore et encore, de cette plume d’une redoutable efficacité.
Alors, noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ? Si je laisse (encore une fois) la parole à Antoine, la réponse ne laisse aucune place au doute : « Finalement, il avait peut-être raison mon éditeur et ami : le genre humain, ce n’est que du sang et des larmes. Et Simon rajoutait toujours en soupirant : « Du sang, des larmes… et de la merde. » Là-dessus, invariablement et sur un ton à se coltiner deux cents jours de brouillard d’affilée au fin fond de la Bretagne, il balançait cette hilarante citation du philosophe roumain Emil Cioran : « L’homme va disparaître, c’était jusqu’à présent ma ferme conviction. Entre-temps j’ai changé d’avis : il doit disparaître. » »
Mais bon je ne voudrais que Frédéric me reproche d’avoir pondu une critique en lui piquant les répliques d’Antoine ; je vais donc y apporter une petite touche personnelle. Chers lecteurs et lectrices que ces quelques lignes auraient rebuté (même si telles n’étaient pas mon intention première) ayez foi en la sagesse populaire qui affirme que les apparences sont parfois trompeuses. Frédéric Clémentz n’est pas breton (nul n’est parfait) mais il doit faire de sacré bonnes crêpes ; en un peu plus de 200 pages il va offrir deux retournement de situation parfaitement maîtrisés et totalement inattendus. Que du bonheur !
Avec ce premier roman Frédéric Clémentz place la barre très très haut, je ne voudrai pas lui mettre la pression mais on va attendre le suivant avec impatience…

MON VERDICT
jd5Coup double

N’allez surtout pas croire que je chronique les Fred en priorité, c’est une pure coïncidence si les auteurs F. Gynsterblom et F. Clémentz se suivent dans mes posts. Et faites gaffe, j’en ai encore un (F. Ernotte) en stock…

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14 Commentaires

Publié par le 13 juillet 2016 dans Bouquins

 

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14 réponses à “[BOUQUINS] Frédéric Clémentz – Le Serment Du Passeur

  1. Yvan

    13 juillet 2016 at 15:12

    wow, voilà qui ne peux que me motiver davantage, alors que j’avais justement prévu de le lire bientôt.
    Et je souhaite donner une information capitale : l’auteur est alsacien d’origine 😉

     
    • Lord Arsenik

      13 juillet 2016 at 18:32

      Pour l’info je sais, originaire de Colmar.
      Hâte de lire ton ressenti 🙂

       
  2. chroniquesdepapiers

    13 juillet 2016 at 18:43

    La couverture me rappelle Angor de Franck Thilliez 🙂 Merci pour cette découverte !

     
    • Lord Arsenik

      14 juillet 2016 at 06:59

      Je n’avais pas fait le rapprochement n’ayant pas lu Angor (ça viendra… un jour) mais la ressemblance est indéniable.

       
      • chroniquesdepapiers

        14 juillet 2016 at 19:29

        Je ne l’ai pas lu non plus (je suis un peu en retard pour les Thilliez !) mais j’ai de suite pensé à ça. Mais sinon ce roman me tente bien, le résumé est intéressant

         
  3. collectifpolar

    13 juillet 2016 at 21:49

    Rhoooo mais que voilà une chronique qui donne envie. Un un premier roman en plus que de la balle merci pour cette belle chronique cher Lord

     
    • Lord Arsenik

      14 juillet 2016 at 07:01

      Belle découverte.

       
      • collectifpolar

        15 juillet 2016 at 14:34

        Oui ça a l’air et du as su nous mettre l’eau à la bouche là !

         
  4. Zofia

    14 juillet 2016 at 05:02

    Ouuh ça a l’air bien intéressant tout ça !

     
  5. belette2911

    14 juillet 2016 at 06:51

    Ah oui, rien que ça aussi… bon, ben, yapuka… me désabonner de ton blog qui est trop tentateur ! 😆

     
    • Lord Arsenik

      14 juillet 2016 at 07:05

      Meuh nooon resteee. Nous sommes tous et toutes de vils tentateurs !

       
      • belette2911

        14 juillet 2016 at 07:54

        Bon, ok, je reste, mais c’est bien parce que tu me supplies de rester ! 😛

         

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