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Archives Mensuelles: juillet 2016

[BOUQUINS] Glendon Swarthout – Le Tireur

G. Swarthout - Le TireurAu menu de cette chronique, une première pour moi : un western. En l’occurrence mon choix s’est porté sur Le Tireur de Glendon Swarthout.
El Paso, 1901. J.B. Books est le dernier des tireurs encore en vie, mais plus pour longtemps, un cancer le ronge inexorablement. Il décide alors de vivre ses derniers jours dans une tranquille pension de famille tenue par Mme Rogers, une veuve qui élève seule son fils, Gillom. Alors que Books n’aspire qu’à ce qu’on lui foute la paix, il devra pourtant composer avec les vautours qui chercheront à profiter de sa mort pour s’engraisser à son insu…
Publié en version originale en 1975, puis en français chez Gallimard la même année (sous le titre Une Gâchette), c’est sur l’édition/traduction Gallmeister parue en 2012 que j’ai jeté mon dévolu.
Comme je le disais en introduction de ce post, c’est la première fois que je lis un western… mais je sais d’ores et déjà que ce ne sera pas la dernière fois. Pas de vol à main armée, ni d’attaque de diligence, pas de méchants indiens non plus et pourtant je peux vous assurer que c’est un western pur jus que vous aurez entre les mains. Un western à la croisée de deux époques, la conquête de l’Ouest et ses héros appartiennent au passé tandis que le vingtième siècle et ses changements bouleversent peu à peu le quotidien de tout à chacun.
Le roman  est porté par son personnage principal, John Bernard Books. Un héros qui mène sa vie selon un principe des plus simples : « Je refuse qu’on porte la main sur moi. Je refuse qu’on me trompe. Je ne supporte pas d’être insulté. Je n’inflige rien de tout cela à autrui. J’attends la même chose des autres. » Certes il a expédié ad patres bon nombre de ses semblables mais jamais il n’a été à l’origine d’un affrontement. Ce qui ne l’empêche pas de ne pas trouver sa place dans ce nouveau monde qui se profile, Le shérif Thibido ne manquera d’ailleurs pas de le lui rappeler sans détours : « Où est votre place dans cette marche du progrès ? Nulle part. Votre place est au musée. Pour être plus précis, Books, vous appartenez à une autre époque, complètement révolue. »
Un homme bouffé par la maladie mais bel et bien décidé à rester droit dans ses bottes jusqu’à son dernier souffle. Ce n’est certainement pas lui qui s’adaptera aux autres mais bel et bien aux autres de s’adapter à lui ; à ce titre on assiste au fil des page à l’évolution de sa relation avec sa logeuse Mme Rogers. Un homme déterminé à partir comme il a vécu : la tête haute.
Concernant ladite logeuse, Madame Rogers, il ne faut pas se fier aux apparences, c’est un petit bout de femme au caractère bien trempé, contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord. Dommage qu’elle traîne un boulet comme Gillom, son bon à rien de fils.
Un western profondément humain,servi par un roman court mais intense.

MON VERDICTjd4d

Pour la petite histoire le roman a été adapté pour le cinéma dès 1976 par Don Siegel sous le titre, Le Dernier Des Géants, avec dans le rôle de J.B. Books, John Wayne qui incarnera pour l’occasion son dernier grand rôle, un rôle qu’il est à même de comprendre dans toute sa splendeur, étant lui même atteint d’un cancer au moment du tournage.

 
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Publié par le 31 juillet 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Paul Clément – Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule

P. Clément - Les DécharnésComme ça faisait un bail que je ne m’étais pas offert une escapade à Zombieland j’ai décidé de renouer avec le doux fumet de la chair avariée, mais attention je fais dans le zombie 100% made in France avec Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule, premier roman de son auteur, Paul Clément.
Patrick un agriculteur bourru et solitaire prend une bière sur sa terrasse le jour où l’humanité s’est effondrée sous ses yeux. Sortie d’un embouteillage sur la route non loin de sa propriété, une horde de zombies attaque tout ce qui bouge, grossissant ainsi les rangs des morts vivants. Patrick s’enferme alors chez lui, bien décidé à s’isoler le temps qu’il faudra, sourd aux appels à l’aide des survivants apeurés. Et pourtant il ne pourra rester insensible face à la détresse d’Emma, une gamine dont la mère vient d’être tuée…
Ce qui fait du bien en lisant ce bouquin c’est que l’on sent la passion, on sait rien qu’en le lisant qu’il a été écrit avec le coeur et les tripes. Oui, Paul Clément s’est donné à fond et l’on ne peut que s’en réjouir car son roman est une réussite.
Il faut dire que passionné l’auteur l’est indéniablement, limite obsédé même, par la culture zombie. Il est le fondateur et rédacteur en chef (sous le pseudo Squeletor) du site MyZombieCulture.com, une référence francophone en matière de culture Z.
La grande originalité de ce roman est de se dérouler en Provence, pour moi en tout cas c’est une première, une histoire de zombies 100% française. Hormis cette particularité géographique le roman suit les règles du genre, règles parfaitement connues et maîtrisées par son auteur comme vous pouvez le deviner.
La force de cette intrigue, afin qu’elle ne devienne pas une énième histoire de zombies noyée dans la masse, repose sur ses deux personnages principaux, un duo pour le moins improbable et atypique. Patrick, agriculteur vieillissant et bedonnant est un solitaire à tendance asocial, grincheux et bourru pourrait on ajouter histoire de compléter le tableau. Et pourtant au contact d’Emma, une gamine qui a tout perdu hormis sa candeur et son innocence, il va renouer avec une humanité qu’il avait enfoui au plus profond de son être. Au fil des pages nous assisterons à la transformation de Patrick tandis que sa relation avec Emma se forge. Une relation touchante qui apporte une touche d’humanité au milieu d’une réalité devenue hostile.
Mais n’allez pas croire que l’auteur donne dans la guimauve, le duo devra se plier aux rudes conditions de survie imposées par la situation. Les zombies sont fidèles à ce que l’on peut attendre d’eux, cons comme des manches mais affamés et dangereux… et bien entendus plus ou moins avariés. Sans forcer sur les descriptions l’auteur nous communique cette menace permanente qui plane sur ses deux héros.
Et les survivants alors ? J’aurai tendance à dire aux fans de The Walking Dead, souvenez-vous de Woodburry et du Sanctuaire… les vivants sont parfois bien plus dangereux que les zombies. Patrick et Emma en feront la triste expérience. Comme le dit fort justement Emma : « Il est pas comme les zombies, eux ils font pas exprès. »
Je terminerai en restant dans l’univers de The Walking Dead, si vous me suivez depuis déjà quelques temps vous savez que je suis un inconditionnel de la série TV, j’ai retrouvé dans Les Décharnés tout ce qui fait que je suis accro à TWD. Je l’ai lu avec autant de plaisir que quand je découvre une nouvelle saison de TWD, d’ailleurs il fera office de parfaite mise en bouche avant de me lancer dans la sixième saison.
Chapeau bas à Paul Clément qui, avec ce premier roman, s’impose d’ores et déjà comme un incontournable de la littérature zombie. Vivement le prochain (pour bientôt sauf erreur de ma part) !

MON VERDICT
jd4d

 
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Publié par le 28 juillet 2016 dans Bouquins

 

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[BRD] Batman vs Superman – L’Aube De La Justice

Batman vs SupermanPetite escapade cinéphile hier soir avec une plongée dans l’univers de DC Comics en compagnie de Batman vs Superman – L’Aube De La Justice réalisé par Zack Snyder.
A Gotham, Batman (Ben Affleck) est de plus en plus convaincu que Superman (Henry Cavill) représente une menace pour la Terre. Du côté de Metropolis, Superman s’inquiète de la menace que représente Batman, à la fois juge et bourreau. Alors que se profile un affrontement sans pareil, Lex Luthor (Jesse Eisenberg) peaufine son plan machiavélique…
Avec tout le mal que j’ai lu çà et là sur ce film je m’attendais au pire, et finalement le pire n’a pas pointé le bout de son nez même si parfois il n’était pas loin. Si le pire s’est avéré une crainte infondée, le meilleur n’était pas au rendez-vous non plus. J’en ressors avec une réaction mitigée à tendance positive.
L’idée d’un duel opposant les deux héros mythiques de DC était plutôt prometteuse à la base mais globalement je la trouve mal exploitée. Les deux protagonistes foncent tête baissée, chacun étant persuadé d’être dans le vrai… de vrais bourrins décérébrés !
OK Bruce Wayne / Batman a toujours été un personnage tourmenté, plutôt sombre (d’où son surnom de Dark Knight), mais de là à en faire un dépressif qui se soigne à coup de somnifères et de pinard haut de gamme, il y a un gouffre. D’autant que quand il revêt l’armure de Batman, le Bruce devient adepte de la justice dans sa forme la plus expéditive, limite psychopathe.
Ah l’armure… parlons en de l’armure de Batman. Dans la majeure partie du film le design est plutôt réussi et colle bien au personnage MAIS (en majuscules je confirme), d’où il nous sort cette armure de naze qu’il revêt à l’occasion de sa confrontation avec Superman ??? C’t’une blague ?! Le gars devient un espèce de mix entre Batman et Iron-Man… et le bébé n’est vraiment pas beau à voir.
Restons dans les ratés avant de revenir à la positive attitude. Passons au cas Luthor, autant dire que le personnage était attendu puisqu’il est l’un des principaux adversaires historiques de Superman. Mais, mais, mais… c’est quoi ce pitre ? Une tentative de clonage du Joker qui aurait lamentablement foiré ?
Au niveau des personnages secondaires j’ai beaucoup aimé Alfred, le fidèle valet de Bruce Wayne, interprété ici par Jeremy Irons dans une version complètement désabusée par l’obsession de son boss mais qui lui reste malgré tout loyal.
Malgré quelques ratés le film se laisse regarder, sceptique au début on finit par se prendre au jeu (sans forcément adhérer à 100%). Le rythme imposé ne nous laisse pas une minute de répit (pour ma part j’aurai justement aimé un peu plus de psychologie dans la confrontation Batman / Superman) et visuellement le résultat est irréprochable (décors soignés avec juste ce qu’il faut de noirceur pour coller au film, effets spéciaux maîtrisés sur le bout des doigts). A défaut d’être convaincant le film parvient tout de même à être divertissant.
Comme indiqué (plus ou moins) dans le titre ce film est une introduction à la création de la Ligue des Justiciers (le film Justice League est annoncé pour 2017), de fait on croise Wonder-Woman (« son » film dédié sortira un peu avant Justice League) qui révélera sa super-identité dans la dernière partie du film et l’on « découvre » l’existence de Flash, Aquaman et Cyborg (chacun aura le droit à « son » film entre 2018 et 2020). Des méta-humains appelés à rejoindre la Ligue.
Malgré un avis mitigé je serai au rendez-vous, mais avant ça j’attends beaucoup de Suicide Squad (sorti ciné dans les prochains jours) ; croisons les doigts et espérons que la surprise sera à la hauteur…

♥♥♥

 
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Publié par le 26 juillet 2016 dans DVD / BRD

 

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[BOUQUINS] Frédéric Ernotte – C’est Dans La Boîte

F. Ernotte - C'est dans la boiteDirection la Belgique pour la prochaine étape de mon périple « auto-édition et petits éditeurs » en compagnie de Frédéric Ernotte et son premier roman, C’Est Dans La Boîte.
Jeff Marnier est inspecteur à la Crim’ de Bruxelles. Sa brigade est tenue en échec par un tueur en série particulièrement retors. Pour se mettre au vert il va participer à la Ronde des Boîtes, un huis-clos réunissant huit inspecteurs d’horizons divers et variés. Chacun viendra avec une boîte à chaussures contenant cinq indices relatifs à une affaire criminelle, les autres devront deviner de quoi il retourne…
Pour son premier roman Frédéric Ernotte se lance donc dans le thriller, un pari risqué tant le choix est vaste et propose un échantillon de qualité (aussi bien concernant les auteurs que les romans). Un pari audacieux qui s’avérera payant au final tant l’auteur parviendra à bousculer nos certitudes au fil des pages, pour nous laisser sur le cul avec un revirement final qui devrait prendre même les plus aguerris des thrillers-addict par surprise !
C’est qu’il est malin le Fred, dès le début il va jouer avec l’innocent lecteur qui tombera dans les mailles de son filet. Ca commence comme une « banale » affaire de tueur en série, certes ledit tueur est particulièrement vicieux mais il faut plus que ça pour nous déstabiliser. Oh shit ! un deuxième tueur en série apparait alors que le premier n’est toujours pas identifié. Oh fucking shit ! v’là notre inspecteur qui file se mettre au vert en laissant tout en plan… OK, il va falloir s’accrocher, on passe en mode hors piste !
On découvre alors les sept autres participants de cette fameuse ronde, quatre hommes et trois femmes. Au fil des pages des relations se tissent mais surtout on découvre les fameuses « affaires » qu’ils proposent à leur auditoire. Une approche certes originale est très sympathique à lire mais est-on encore vraiment dans le thriller ? Et bin oui, la partie ne fait que commencer, l’auteur a encore de nombreux atouts en sa possession. Belote, rebelote et dix de der !
Non seulement l’auteur s’offre le luxe de maîtriser à la perfection son intrigue et donc de mener ses lecteurs par le bout du nez mais en plus il y met les formes ! Le style permet en effet unne grand fluidité de lecture, et l’on retrouve çà et là quelques touches d’humour (noir) bienvenues.
Avec ce premier roman Frédéric Ernotte place la barre haut, très haut même, nul doute que les lecteurs attendront de pied ferme le prochain. Et ça tombe plutôt bien puisqu’il devrait justement sortir courant août sous le titre Ne Sautez Pas ; et comment que je lui sauterai dessus !

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

 
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Publié par le 25 juillet 2016 dans Bouquins

 

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500 billets, ça se fête avec Collectif Polar…

500jeu

A l’occasion de son cinq centième post, Geneviève, du blog Collectif Polar invite ses lecteurs à participer à un jeu concours. Toutes les règles sont expliquées ici.
C’est donc hors concours que je me prête au jeu… juste pour le plaisir.

1) Peux-tu te présenter aux lecteurs de ce blog ?

Salut, moi c’est Fred, 48 ans, exilé volontaire en Nouvelle-Calédonie depuis fort fort fort longtemps et pas franchement motivé pour revenir en Métropole (de moins en moins à vrai dire).
Blogueur amateur qui ne se prend pas du tout au sérieux depuis 2005, mais lisible via WordPress « seulement » depuis juin 2009.
Lecteur compulsif depuis toujours, consommateur compulsif aussi. Ma PàL ne cesse de grossir, je sais que je n’aurai sans doute jamais le temps de tout lire mais j’accumule, encore et encore…
Je touche un peu à tous les genres, un titre me fait de l’oeil, pour une raison ou pour une autre, je prends, je stocke… et éventuellement je lis.

2) Quel est ton rapport aux livres et à la lecture ?

C’est l’Amouuuur !!!
Je ne peux pas envisager une journée sans plonger le nez dans un roman. Que ce soit le temps d’un chapitre ou des heures durant, selon mes disponibilités.
Chez moi la lecture c’est pathologique, hautement addictif, il me faut ma dose sinon je passe en état de manque et je ne réponds plus de rien… Rassurez-vous ma PàL me protège de tout état de manque !

3) Quand lis-tu ? As-tu des petits rituels de lecture ?

Je lis dès que l’occasion se présente (cf question 2), n’importe où, n’importe quand.
Pas de rituel particulier, je préfère bien entendu être au calme mais une fois en mode lecture je m’enferme dans une bulle, me coupe quasiment du reste du monde.

4) Es-tu plutôt papier ou plutôt liseuse ?

Fut un temps, pas si lointain, j’aurai affirmé haut et fort que le numérique ne passerait pas par moi… puis le format epub est apparu et les liseuses ont suivi.
Aujourd’hui je suis un lecteur 100% numérique. De préférence sur liseuse mais à défaut je peux me contenter de l’écran du PC.

5) A quel point es-tu attaché(e) à tes bouquins ?

Le numérique a radicalement changé mon rapport au livre, dématérialisation oblige.
Je garde précieusement mes fichiers/livres en multipliant les supports de sauvegarde afin d’éviter toute perte accidentelle (liseuse, disques durs, clé USB, carte micro SD…).

Quand on a déménagé j’ai déstocké en masse ma bibliothèque papier. J’ai donné/vendu plus de 600 bouquins. Le reste (300 environ) est depuis stocké dans le cellier, il faut que je trouve le temps d’organiser un nouveau déstockage afin de ne conserver que les titres introuvables en numérique.
Il y a 5 ans je n’aurai jamais pu envisager de me séparer de ma bibliothèque sans avoir une énorme boule au ventre. Maintenant je le fais sans le moindre regret… et puis je me dis que ça fait plaisir aux bénéficiaires.

6) Peux-tu me présenter ta bibliothèque ? Comment est-elle classée … ? Une petite photo serait la bienvenue !

Ma bibliothèque ? Son petit nom c’est Kobo H2O, et voilà à quoi elle ressemble (bon OK sur la photo ce n’est pas vraiment la mienne mais c’est tout pareil).

kobh2o
Je reconnais volontiers que ça en jette moins qu’une bibliothèque papier mais celle-ci je peux l’emporter partout (ce que je fais d’ailleurs, elle est toujours à portée de main), qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige (à Nouméa c’est pas gagné pour voir la neige).

7) Quels sont tes romans et/ou tes auteurs préférés ?

J’ai découvert Le Trône de Fer de GRR Martin en 2012, ça a été le coup de foudre immédiat. 15 romans plus tard le charme ne s’est pas rompu. Maintenant reste à attendre la suite… et faut être patient… très patient… et croiser les doigts pour que l’auteur n’ait pas la mauvaise idée de casser sa pipe avant d’avoir mis la touche finale à sa saga.

Citer mes auteurs favoris est toujours un exercice périlleux, je sais d’ores et déjà que je vais en oublier…
En number one il y a incontestablement Stephen King (comme c’est original).
Ensuite on passe en mode tir en rafales : Tom Clancy, Jo Nesbo, Elizabeth George, John Grisham, Karin Slaughter, Michael Crichton…
Sans oublier une rafale francophone : Maxime Chattam, Jean-Christophe Grangé, Karine Giebel, Mallock, Olivier Norek, Gilles Legardinier…

8) As-tu une anecdote autour d’une lecture qui t’a troublé(e), gêné(e), ébranlé(e) ?

J’assume pleinement toutes mes lectures.

Si un bouquin m’a ébranlé (ne surtout pas oublier le é sinon je vais vraiment passer pour un psychopathe) c’est Holocauste de Gerald Green. Lu quand j’étais ado, ça fait bizarre de réaliser que la réalité dépasse la fiction dans l’horreur et la connerie.

Troublé ? Aucun titre ne me vient à l’esprit… A part peut être les anciens numéros de Lui que j’empruntais à mon père (à l’insu de son plein gré) quand j’étais gamin. Ah bon, on vient de m’informer que ça ne compte pas quand on ne fait que regarder les images.

Gêné ? Certaines lectures scolaires obligatoires ne m’ont procuré aucun plaisir, comme il parait que « où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir » alors je refile la palme au Petit Chose d’Alphonse Daudet. J’ai essayé de le relire des années après, rien à faire, ça ne passe pas.

9) Et le polar dans tout ça ?

Le polar occupe une place de premier choix dans mes lectures. C’est mon genre de prédilection et je le consomme volontiers à toutes les sauces.
Un genre qui permet de jouer avec ses règles afin de surprendre encore et toujours le lecteur. Même une intrigue d’apparence classique peut nous réserver bien des surprises.

10) Quelle question voudriez-vous me poser ?

Pas une, neuf. Les mêmes que celles que tu nous poses…

 
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Publié par le 22 juillet 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jean-Baptiste Veber – Ragots De Lapins

JB Veber - Rabots de LapinsNouvelle lecture/chronique à la demande de l’auteur, Jean-Baptiste Veber qui m’a envoyé son roman Ragots De Lapins.
Albert Lapins a été mortellement poignardé devant chez lui. Son épouse est arrêtée pour le meurtre. Ses enfants sont expédiés à l’Assistance Publique. Qui était Albert Lapins ? Victime innocente ou indécrottable flambeur pris à son propre jeu ? Pourquoi a-t-il été tué ? Et par qui ?
Pour répondre à ces questions nous allons nous pencher sur les témoignages des personnes qui gravitaient, de près ou de loin, autour d’Albert Lapins, témoignages qui dressent des portraits de l’individu des plus contradictoires… On passe du tout noir au tout blanc sans transition ! Heureusement pour nous aider à y voir plus clair dans cet écheveau nous avons aussi la confession de la victime… mais est-elle totalement fiable dans ses propos ? Le résultat est plutôt original, un polar qui n’en est pas vraiment un, un polar social en quelque sorte. Un exercice de style pas évident, il s’agit en effet de donner à chaque témoin une personnalité distincte, à ce titre l’auteur tire plutôt bien son épingle du jeu.
Pour ma part je me suis laissé mener à la baguette par l’auteur plutôt que de chercher à démêler le vrai du faux, il faudra d’ailleurs attendre les derniers chapitres pour avoir le fin mot de l’histoire. Toutes les réponses arriveront dans les dernières pages. Pour être tout à fait franc j’avais deviné (ou plutôt supposé) la fin quelques pages avant qu’elle ne nous soit révélée.
Au niveau de l’intrigue à proprement parler j’ai trouvé l’ensemble plutôt convaincant, toutefois il y a un point précis sur lequel j’ai tiqué. Mais je n’en dirai pas plus ici afin de laisser entier le plaisir des révélations des dessous du cas Albert Lapins..
Une lecture qui me sort des sentiers battus, intéressante malgré quelques lourdeurs de style ; ça n’engage que moi mais je ne suis pas franchement adepte des phrases trop alambiquées, je préfère quand ça reste « naturel ». Merci à Jean-Baptiste Veber pour cette belle découverte.

MON VERDICT
jd3d

 
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Publié par le 21 juillet 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Céline Barré – Péril Au Fournil !

C. Barré - Péril au FournilNouvelle chronique dédiée à un(e) auteur(e) indépendant(e) mais cette fois je suis en terrain connu puisqu’il s’agit du second roman de Céline Barré (après Quel Pétrin !) mais surtout que l’on retrouve, Jocelyne, notre boulangère apprentie révolutionnaire de Tresvilles et son entourage pour le moins animé. Direction le Cotentin (mais pas que) pour ce second opus intitulé Péril Au Fournil !.
Jocelyne ne digère pas la décision du président Ollanzi visant à fusionner les communes de Tresvilles et Grogneul. La boulangère espère mobiliser un maximum de monde afin d’organiser une grande manifestation à Paris, et pourquoi pas renverser Ollanzi ? Son arme ultime pour y parvenir : les réseaux sociaux…
Le hasard de ma PàL a voulu que j’entame ce roman le 14 juillet, soit 24 heures avant que la barbarie et la connerie ne s’abattent sur Nice (84 morts et plus de 200 blessés) et 36 heures avant la tentative de putsch militaire en Turquie et sa répression toute aussi violente (265 morts et pas loin de 1500 blessés). Autant dire que le moment était bien choisi pour une touche de légèreté et une bonne dose de feel good ! Ayant lu et apprécié Quel Pétrin ! je savais que le roman de Céline Barré me ferait oublier pour un temps l’actualité du moment.
Bien que ce second opus puisse être lu indépendamment de son aîné, je vous recommande vivement de commencer par Quel Pétrin ! afin de découvrir de façon plus approfondie les personnages et les événements survenus précédemment. Si toutefois vous passez outre, vous ne serez aucunement largué en prenant le train en route, l’auteure rappelle régulièrement les éléments permettant d’intégrer le récit dans son contexte.
Péril Au Fournil ! gagne en densité (on passe de 184 à 304 pages) ça permet à Céline de pouvoir se concentrer davantage sur les personnages secondaires et de développer autour de chacun une histoire plutôt que de se concentrer exclusivement sur Jocelyne. Et sur ce point le moins que l’on puisse dire c’est que nous serons servis. Bien entendu vous pourrez aussi compter sur de nouvelles rencontres, dont certaines joueront un rôle essentiel pour la suite des événements.
Vous connaissez certainement l’avertissement « Toute ressemblance avec des personnes réelles…« , il est bien entendu de rigueur ici, surtout concernant Ollanzi et sa clique ; il serait en effet tentant de faire le rapprochement avec certains de nos dirigeants. Je pense bien entendu à Ollanzi, même s’il est quand même un cran au dessus de notre Flan national niveau incompétence crasse ; mais celle qui m’aura le plus fait sourire reste la ministre de l’Education Nationale, issue des minorités, choisie pour ses formes plus que pour ses compétences et jamais en manque d’inspiration pour proposer des réformes absurdes… NVB si tu me lis, je ne m’excuse pas !
De nouveau l’auteure joue avec plusieurs leviers de l’humour avec brio, je savais que la sauce prendrait, je n’ai pas été déçu, sourires et rires ont bien été au rendez-vous tout au long de ma lecture. Mission accomplie pour l’apport de bonne humeur. Mais ne vous laissez pas berner par cette apparente légèreté, l’humour peut aussi être un bon moyen d’amener le lecteur un tantinet curieux à approfondir certains thèmes abordés.
Ne comptez pas sur moi pour vous livrer l’issue du duel opposant la boulangère au président. Ce que je peux vous dire en tout cas c’est que la situation de nombreux personnages prendra un virage à 180°. Pour le meilleur… ou pour le pire.

MON VERDICT
jd4d

 
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Publié par le 17 juillet 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Frédéric Clémentz – Le Serment Du Passeur

F. Clémentz - Le Serment du PasseurUne lecture à la demande de son auteur, Frédéric Clémentz, que je remercie pour sa grande patience (j’ai son roman dans les bacs depuis le mois de mai) et sa confiance. Pour son premier roman il se lance dans le thriller psychologique avec Le Serment Du Passeur.
A l’âge de 15 ans Antoine Dévraille est traumatisé par une violente agression dont il est la victime. Sa vie ne sera plus jamais la même. Dix neuf ans plus tard Antoine écrit une lettre à son agresseur mais il va apprendre une nouvelle qui va bouleverser ses plans… et sa destinée.
La première chose qui frappe dans ce roman est son écriture, un style qui vous prend direct au coeur, à l’âme et aux tripes. Une plume trempée dans du vitriol, sans concession mais aussi riche et imagée. Un vrai bonheur pour les yeux. Une phrase d’Antoine pourrait s’adresser directement à son créateur, Frédéric : « Tu voulais que cette chose qui gueulait en toi fasse sa vie sans artifices ni souci du beau. Tu voulais de la matière brute, noble. Tu voulais du sauvage, du vivant. Des mots avec encore de la terre dessus. Des mots pas lavés, pas préparés. Des mots pas éduqués. Libres. »
Quant à moi Frédéric je souhaite que la fin de cette citation s’applique au présent Serment : « Rappelle-toi comme les gens se foutaient de toi quand tu leur disais ça. Et rappelle-toi comme ils te couraient tous après quand tu as été publié. »
Le récit nous place directement dans la peau et l’esprit d’Antoine Drévaille, le moins que l’on puisse c’est que sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille. On ne ressort pas indemne d’une telle immersion psychologique. Dérouté, troublé… certes, mais aussi charmé ! Sous le charme de l’intrigue malgré (ou grâce à) une noirceur absolue, mais aussi, je le répète et ne me lasserai de le dire encore et encore, de cette plume d’une redoutable efficacité.
Alors, noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ? Si je laisse (encore une fois) la parole à Antoine, la réponse ne laisse aucune place au doute : « Finalement, il avait peut-être raison mon éditeur et ami : le genre humain, ce n’est que du sang et des larmes. Et Simon rajoutait toujours en soupirant : « Du sang, des larmes… et de la merde. » Là-dessus, invariablement et sur un ton à se coltiner deux cents jours de brouillard d’affilée au fin fond de la Bretagne, il balançait cette hilarante citation du philosophe roumain Emil Cioran : « L’homme va disparaître, c’était jusqu’à présent ma ferme conviction. Entre-temps j’ai changé d’avis : il doit disparaître. » »
Mais bon je ne voudrais que Frédéric me reproche d’avoir pondu une critique en lui piquant les répliques d’Antoine ; je vais donc y apporter une petite touche personnelle. Chers lecteurs et lectrices que ces quelques lignes auraient rebuté (même si telles n’étaient pas mon intention première) ayez foi en la sagesse populaire qui affirme que les apparences sont parfois trompeuses. Frédéric Clémentz n’est pas breton (nul n’est parfait) mais il doit faire de sacré bonnes crêpes ; en un peu plus de 200 pages il va offrir deux retournement de situation parfaitement maîtrisés et totalement inattendus. Que du bonheur !
Avec ce premier roman Frédéric Clémentz place la barre très très haut, je ne voudrai pas lui mettre la pression mais on va attendre le suivant avec impatience…

MON VERDICT
jd5Coup double

N’allez surtout pas croire que je chronique les Fred en priorité, c’est une pure coïncidence si les auteurs F. Gynsterblom et F. Clémentz se suivent dans mes posts. Et faites gaffe, j’en ai encore un (F. Ernotte) en stock…

 
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Publié par le 13 juillet 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Frédéric Gynsterblom – Nema

F. Gynsterblom - NemaMes prochaines lectures seront consacrées à des romans écrits par des contacts Facebook, que ce soit à leur demande ou de ma propre initiative. C’est Frédéric Gynsterblom qui ouvre le bal avec Nema, son dernier opus. Une lecture dont je suis le seul initiateur.
Marc Labaume est passionné de magie noire, son but ultime : percer les secrets de la magie du sang afin de parvenir à l’immortalité. Pour y parvenir il n’hésitera pas s’enfoncer toujours plus loin dans les rituels les plus obscurs. Il y trouvera des réponses, mais pas celles qu’il cherchait…
J’ai découvert cet auteur avec Help Me, et celui-ci m’avait déjà fait forte impression avec son habile mélange entre thriller et fantastique sur un fond très glauque. Inutile de préciser que, compte tenu de la toile de fond proposée par Nema, l’auteur peut aller encore plus loin. Et il y va ,sans peur et sans reproches !
L’intrigue intègre certaines bases bien réelles, qu’il s’agisse de références citées (j’ai, il y a fort fort fort longtemps, lu quelques essais de l’écrivain Jean-Paul Bourre ayant trait aux sciences occultes… par simple curiosité) ou par des ordres et organisations mentionnés dans le roman (les plus curieux pourront faire quelques recherches via Internet). Bref l’auteur ne s’est pas lancé tête baissée en donnant libre cours à son imagination, il y a eu un vrai travail de recherche autour de l’occultisme et du satanisme. Ceci dit Frédéric Gynsterblom a aussi une imagination débridée qui fera le régal du lecteur à la recherche de sensations fortes…
Bin oui autant vous le dire de suite ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains. Non seulement les thèmes qu’il aborde pourront rebuter les curieux les plus cartésiens, mais en plus l’intrigue est à la fois cash et trash. Âmes sensibles s’abstenir !
Contrairement à ce que l’on pourrait penser à la lecture des premiers chapitres, l’intrigue ne consiste pas uniquement à une descente de plus en plus loin dans l’horreur. D’une part il existe un vrai scénario, qui vous réservera quelques surprises de taille (perso il m’a laissé sur le cul plus d’une fois). D’autre part les personnages bénéficient d’un traitement soigné (dans leur personnalité pas forcément dans leur destinée) qui évite les clichés trop faciles du satanisme. Enfin l’auteur ne se complaît pas dans des descriptions outrancières, juste pour le plaisir de faire plus trash que trash, il y a ce qu’il faut où il faut.
J’ai retrouvé ce qui m’avait plu dans Help Me, notamment un style agréable à lire, sans fioriture mais soigné. Si Help Me aurait pu être plus étoffé sur certains aspects de l’intrigue, ici l’ensemble est très bien dosé, on referme le bouquin sans questions restées sans réponse. Pour tout vous dire je l’ai commencé ce matin et je ne l’ai plus lâché avant le clap de fin.
Ah si j’en ai une petite, pour la route : pourquoi Nema ? C’est pas que ça va m’empêcher de dormir mais je n’ai pas compris (en admettant qu’il y ait quelque chose à comprendre) ce titre.

MON VERDICT
jd4

 
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Publié par le 12 juillet 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Samuel Bjork – Je Voyage Seule

S. Bjork - Je Voyage SeuleDirection la Norvège pour l’ultime étape de mon challenge Coupe d’Europe des Livres, en compagnie de Samuel Bjork et son roman Je Voyage Seule.
Quand une fillette de six ans est trouvée pendue à un arbre avec autour du cou l’inscription « Je voyage seule » c’est tout le pays qui est en émoi. L’inspecteur Holger Munch décide de faire appelle à son ancienne partenaire, Mia Krüger afin qu’elle l’aide à résoudre l’enquête. Rapidement pour Mia il ne fait aucun doute que d’autres victimes suivront. Pour Holger et son équipe, une macabre course contre la montre s’engage…
Malgré le bandeau alléchant qui présente ce bouquin comme un « best-seller partout en Europe », il est plus que probable que je serai passé à côté sans lui accorder un regard. Auteur inconnu (et pour cause c’est le premier roman qu’il publie sous ce nom), une couv’ pas franchement évocatrice et un pitch plutôt classique. Pas de quoi m’appâter et moins encore me ferrer… Mais voilà ce titre m’ayant été chaudement recommandé par une lectrice exigeante adepte de thrillers, la donne a changé, ma curiosité a été titillée et mon intérêt éveillé…
D’entrée de jeu Samuel Bjork impose un duo de flics pour le moins atypique, Holger et Mia n’ont pas franchement le profil du héros façon inspecteur Harry. Lui obèse, fume comme un pompier. Elle, dépressive tendance suicidaire, se défonce avec un cocktail à base de médocs et d’alcool. On s’attache tout de suite à ces deux anti-héros.
Puis on découvre le reste de l’équipe de cette brigade. Le gratin de la police criminelle, des enquêteurs de terrain connus et reconnus pour leur efficacité. Et Gabriel, le petit nouveau, un hacker de génie qui accepte de bosser pour la police. Une équipe complémentaire et soudée. Pour une enquête qui s’annonce des plus complexe.
Complexe, l’intrigue l’est aussi par sa densité. On a parfois l’impression que ça part dans tous les sens, sans queue ni tête mais que nenni. L’auteur ne perd pas son fil, tout s’imbrique progressivement avec une redoutable efficacité et surtout sans jamais embrouiller le lecteur, ni l’enfumer pas des raccourcis trop faciles. Les neurones seront rapidement en surchauffe pour démêler le vrai du faux…
Dense mais aussi intense. Si au départ le rythme imposé est plutôt lent (normal il faut que les indices deviennent des pistes… bonnes ou mauvaises), au fur et à mesure que les éléments du puzzle s’imbrique l’intrigue s’accélère. Je peux vous assurer que la seconde moitié du roman vous mettra les nerfs en pelote (et je vous parle même pas des derniers chapitres).
Au final ce roman (et cet auteur) fut une belle découverte, nul doute que je n’attendrais pas aussi longtemps pour me plonger dans le prochain titre de Samuel Bjork, Le Hibou (pour le uniquement en avant-première France Loisirs).

MON VERDICT
jd4d

La finale de l’Euro 2016 ayant eu lieu ce matin (heure locale), c’est l’heure des comptes pour découvrir le bilan de mon challenge Coupe d’Europe des Livres : 7 buts (7 des 11 titres proposés ont été lus entre le coup d’envoi et le coup de sifflet final).

 
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Publié par le 11 juillet 2016 dans Bouquins

 

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