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Archives Mensuelles: mai 2016

[BOUQUINS] Chuck Palahniuk – Orgasme

X-rated

C. Palahniuk - OrgasmeEt hop nouvelle escapade dans le sulfureux monde de la littérature érotique, et plutôt bien accompagné sur ce coup puisque l’auteur n’est autre que Chuck Palahniuk et son dernier roman, Orgasme. Tout un programme !
Penny Harrigan est stagiaire dans un cabinet d’avocats quand elle rencontre, dans des circonstances peu flatteuses pour elle, Linus Maxwell, un milliardaire qui vient de rompre avec sa dernière conquête. Contre toute attente il l’invite à dîner, de fil en aiguille leur relation se transforme en liaison. Avec lui elle va découvrir l’extase sexuelle, l’orgasme, sous ses multiples facettes…
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce bouquin est pour le moins déconcertant, certes ça ne manque pas d’orgasmes mais ils sont traités comme des expériences scientifiques avec une rigueur totalement déshumanisée. Pas de place pour les sentiments, Penny devient la femme objet par excellence, un terrain d’expérimentation de sex-toys divers et variés. Pas franchement excitant tout ça. Et encore moins romantique.
A titre d’exemple voilà le genre de discours que peut tenir Maxwell : « Ne le prends pas mal, reprit-il à voix basse. Mais regarde-moi un peu ça. Tu as un vagin de compétition. Tes grandes lèvres sont parfaitement symétriques. Ton raphé est sublime. Le frein de ton clitoris et celui des petites lèvres… » Il semblait à court de mots. Il avait la main sur le cœur et poussait de longs soupirs. « D’un point de vue biologique, les hommes raffolent d’une telle homogénéité. Les proportions de tes parties génitales sont idéales. » Pour le commun des mortels ça se résumerait à un laconique : « J’adore ta chatte« …
De part son découpage aussi le bouquin est surprenant, mise en page minimaliste, aucun chapitrage, juste des sauts de lignes çà et là pour séparer les paragraphes. A force de passer de coq à l’âne on a parfois l’impression d’avoir sauté des pages, mais non. Les premières lignes vous mettront tout de suite dans le bain, Penny se fait violer en pleine audience au tribunal, dans l’indifférence générale. Ensuite flashback, on va peut être comprendre ce qui peut expliquer ce type de situation… ou pas.
A noter qu’en VO le titre est moins racoleur qu’en français, Beautiful You, tout simplement, en référence à la gamme de jouets sexuels que va diffuser Maxwell. De même la couverture est moins criarde… mais bon, le résultat est le même.
Il faut aborder le bouquin avec une bonne dose de second degré et le considérer comme une parodie poussée à l’extrême de la déferlante soft-porn spécial ménagère de moins de 50 ans qui fait la joie de ces dames, des libraires et des éditeurs. Franchement le sex-toy comme arme de domination massive ça le fait pas trop niveau crédibilité…
Grosso modo le bouquin se divise en trois parties. On commence par l’initiation de Penny, phase qui implique des expérimentations de plus en plus poussées en vue d’obtenir des orgasmes de plus en plus intenses. Puis il y a la commercialisation des produits Beautiful You et ses conséquences (un peu beaucoup too much). Enfin on assiste à la riposte de Penny qui va affronter son mentor sur son terrain de prédilection (déçu par cette dernière partie et la fin).
A travers son récit abracabrant Chuck Palahniuk nous livre aussi une satire au vitriol de la société de consommation dans laquelle la course au plaisir semble être l’unique raison d’être de certains. Une société qui rend les produits obsolètes prématurément à grand renfort de nouvelles versions, toujours plus performantes… et toujours plus chères que les précédentes.
Exciter la libido masculine a toujours été une stratégie marketing, et ce quel que soit le produit à promouvoir : « Pour vendre telle marque de bière, les médias n’avaient besoin que de montrer des corps féminins idéalisés, et les acheteurs masculins mordaient à l’hameçon. Si cette tactique vieille comme le monde donnait l’impression d’exploiter les femmes et de flatter bassement les appétits masculins, des observateurs avisés avaient vu combien l’esprit des hommes intelligents – leurs idées, leur capacité de concentration, de compréhension – était constamment anéanti par la simple vue d’une poitrine attirante ou de cuisses fermes et lisses. »
J’attendais beaucoup de cette incursion de Chuck Palahniuk dans la littérature érotique (ça reste un bouquin réservé à un public averti), si le style et bel et bien là, l’intrigue vire trop vite à la farce burlesque. Je n’ai que moyennement adhéré, l’orgasme littéraire ne fut pas au rendez-vous.

MON VERDICT
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Publié par le 30 mai 2016 dans Bouquins

 

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Jim Thompson – Pottsville, 1280 Habitants

J. Thompson - Pottsville, 1280 habitantsCa fait un bail que je connais, de nom et de réputation, le roman Pop. 1280 (titre en VO) de Jim Thompson et ça fait certainement tout aussi longtemps qu’il me fait de l’oeil. Seulement voilà le public français devait jusqu’à présent se contenter d’une traduction tronquée (pour être poli) disponible dans la collection Série Noire sous le titre 1275 Âmes. Il aura fallu attendre 2016 (soit 50 ans après la traduction SN) pour bénéficier enfin d’une traduction intégrale de ce titre considéré comme un chef d’oeuvre du roman noir, c’est Rivages qui a repris le flambeau et nous le propose sous le titre Pottsville, 1280 Habitants.
Nick Corey, shérif du comté de Pottsville, est un gars plutôt effacé et passif, ne surtout pas faire de vague semble être sa devise. Seulement voila, à force de se la couler douce sa réélection au poste de shérif pourrait bien être compromise. Comme il ne sait rien faire d’autre Nick décide de prendre les choses en main et de faire le grand ménage…
Alors là le moins que je puisse dire c’est que ce bouquin aura su me surprendre, je m’attendais à du noir certes mais pas à la sauce humour noir. Une surprise d’autant plus agréable qu’elle est totalement maîtrisée et assumée. Jim Thompson nous fait sourire, et même rire, avec un récit délicieusement amoral, une farce aussi cruelle que drôle.
Nick Corey est la parfaite illustration du dicton « Il faut se méfier de l’eau qui dort« . Sous ses airs de benêt inoffensif dont la sempiternelle rengaine semble être « Ce que je devais faire, j’ai décidé que j’en savais rien.« , se cache un redoutable calculateur… même si parfois la situation lui échappe, il ne tarde pas à trouver un moyen de retomber sur ses pattes.
A sa décharge Nick vit avec une épouse acariâtre qui lui a mis la corde au cou de la façon la plus déloyale qui soit. Cerise sur le gâteau il doit aussi supporter son beau frère, un espèce de dégénéré consanguin qui profite de ses escapades nocturnes pour jouer les voyeurs. Avec une telle paire de branques à la maison on comprend qu’il ressente le besoin d’aller trouver le réconfort entre d’autres paires de bras… et de cuisses. Même si courir plusieurs lièvres à la fois peut parfois s’avérer casse gueule : « Depuis toujours, je me montre aussi aimable et aussi poli qu’on peut l’être. Ce que je crois, c’est que si un type est gentil avec tout le monde, eh bien, les gens seront gentils avec lui aussi. Mais ça ne marche pas comme ça à tous les coups. La plupart du temps, apparemment, je me retrouve dans le pétrin, comme en ce moment. Et je ne sais vraiment pas comment en sortir. »
Bien qu’écrit en 1964, l’auteur situe son intrigue au début des années 20, hormis quelques détails techniques le récit est totalement intemporel ; il pourrait parfaitement se dérouler de nos jours au fin fond de la cambrousse. Sur ce point je tire mon chapeau à Jean-Paul Gratias qui a complètement remanié la traduction du roman, le bouquin (270 pages dans sa version papier) se lit quasiment d’une traite avec la même jubilation.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

A propos de la traduction.

D’autres ont déjà abordé le sujet avec pertinence, je ne m’aventurerai donc pas sur ce terrain. Pour ceux et celles que ça intéresse je vous indique deux liens très instructifs :
– Le blog de Cannibal Lecteur et un article fort bien construit sur le sujet.
– Un article paru dans L’Express en octobre 2012

Si après ça vous avez encore des doutes voici deux exemples concrets extraits des versions 1966 et 2016 du roman de Jim Thompson.

Chapitre 1 – Texte remanié

Traduction 1966 – Marcel Duhamel
Eh ben, mes enfants, je devrais l’avoir belle. Être peinard, ce qui s’appelle. Tel que vous me voyez, je suis le shérif en chef du canton de Potts, et je me fais pas loin de deux mille dollars par an — sans compter les petits à-côtés. En plus, je suis logé à l’œil au premier étage de l’immeuble du tribunal, et il faudrait être bougrement difficile pour pas se contenter de ça: il y a même une salle de bains, ce qui fait que j’ai pas à me laver dans une lessiveuse ni à patauger jusqu’au fond du jardin pour aller aux cabinets, ce qui est le cas de la plupart des habitants de ce pays. Moi, mon paradis, je peux dire que je l’ai sur terre. Un vrai filon, que je tiens là, et pourquoi je continuerais pas à faire ma pelote, du moment que je m’occupe de mes oignons et que je prends bien garde de n’arrêter personne, à moins que je puisse pas faire autrement — et encore, à condition que ça ne mène pas loin !

Traduction 2016 – Jean-Paul Gratias
Tout compte fait, voyez-vous, je devrais m’estimer heureux, pratiquement aussi heureux qu’on peut l’être. Rendez-vous compte : en tant que shérif en chef du Comté de Potts, je touche presque deux mille dollars par an – sans parler des à-côtés que je peux récolter par-ci par-là. En plus, j’ai droit à un logement gratuit dans le bâtiment du tribunal, à l’étage, et dans le genre on ne peut pas rêver mieux ; il y a même une salle de bains, si bien que je ne suis pas obligé de me laver dans un baquet à lessive ni de sortir de chez moi pour aller aux cabinets, comme la plupart des gens de la ville. On pourrait dire, je crois bien, que pour ma part j’ai déjà gagné mon paradis sur terre. J’ai décroché la timbale, et je devrais pouvoir la garder – en tant que shérif du Comté de Potts – aussi longtemps que je m’occuperai de mes affaires, et que j’éviterai d’arrêter qui que ce soit, sauf si je ne peux pas faire autrement et qu’il s’agit de gens sans importance.

Chapitre 2 – Texte coupé

Traduction 1966 – Marcel Duhamel
Je finis de manger et je vais à la toilette des hommes. Comme elle est occupée, je vais à celle du wagon suivant. Là, je me lave les mains et la figure à l’évier, après quoi je retourne à ma place. Et voilà qu’en retraversant le wagon, je repère Amy Mason.

Traduction 2016 – Jean-Paul Gratias
Je finis de manger et je me rends aux toilettes pour hommes. Je me lave les mains et le visage au lavabo, et je salue d’un signe de tête le type qui est assis sur la banquette recouverte de cuir.
(S’en suit un échange entre Nick et le type en question, jusqu’à ce que Nick, tiraillé par son envie de pisser ne prenne la tangente. Un passage qui permet de comprendre à quel point Nick ne veut surtout pas faire de vague)
Je m’engouffre dans l’autre wagon pour me soulager – et croyez-moi, c’est un sacré soulagement. C’est en reprenant le couloir dans l’autre sens, à la recherche d’une place libre pour ne pas retomber sur le type en costume à carreaux, que je repère Amy Mason.

 
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Publié par le 23 mai 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Congo Requiem

JC Grangé - Congo RequiemEnfin le voilà ! Qui ça ? Non, plutôt, quoi ça ? Le dernier Jean-Christophe Grangé, Congo Requiem, la suite de Lontano et des aventures tumultueuses du clan Morvan.
Grégoire et Erwan sont tous les deux au Congo, direction Lontano. Erwan, pour enquêter sur l’Homme-Clou et percer les secrets du patriarche. Grégoire, pour s’assurer du bon fonctionnement de ses gisements et garder un oeil sur son fils trop curieux à son goût. A Paris, Gaëlle découvre des éléments pour le moins troublants relatifs à son psy, Eric Katz. De son côté Loïc signe une trêve avec son ex, Sofia, le temps des funérailles du père de cette dernière, assassiné à la sauce africaine.
Congo Requiem c’est un peu un distributeur de claques. Au fil des chapitres, des révélations et des rebondissements vous allez en prendre plein la gueule. Au fur et à mesure que les secrets de Grégoire Morvan feront surface vous serez amené à réviser votre jugement sur le personnage. Certes ce n’est pas un saint, mais l’on découvrira peu à peu le pourquoi du comment de son comportement. Et là encore attendez vous à de belles et puissantes claques dans la tronche.
Au départ l’intrigue se divise en trois, voire quatre (si l’on distincte les parcours de Grégoire et d’Erwan), pistes distinctes. On se doute bien qu’il y a un lien, l’Homme-Clou, mais difficile d’imaginer comment tout cela va finir par s’imbriquer. Il faut dire que jusqu’à la fin du bouquin l’auteur prend un malin plaisir à embrouiller les pistes, effaçant nos certitudes, soulevant de nouveaux questionnements… et quand un début de réponse apparaît, un nouvel élément vient semer le doute. Même quand les différentes lignes d’enquêtes finissent par s’imbriquer, le doute reste entier ; et ça n’en finit pas de rebondir, encore et encore. Sadique mais tellement jouissif !
Les personnages de Gaëlle et de Loïc, jusque là confinés à des rôles secondaires s’étoffent et occupent même le devant de la scène, menant chacun leur propre enquête. Et Maggie dans tout ça ? Même si elle reste en arrière plan attendez vous quand même à un choc la concernant.
Fidèle à ses habitudes JC Grangé aborde de nombreux thèmes dans son roman, on sent bien qu’il a longuement potassé ses sujets, mais les explications scientifiques ou techniques s’intégrent tout naturellement au récit, sans jamais nuire au rythme. Et niveau rythme vous serez aux commandes d’une Lamborghini lancée à plein régime.
Il y a de nombreux aspects du bouquin que j’aimerai aborder dans cette chronique mais impossible sans prendre le risque de trop en dire… et ce serait vraiment dommage de gâcher l’effet de surprise. Alors plutôt que de risquer le spoiler, je préfère opter pour la chronique frustrante qui n’en dit pas assez.
Ayant crédité Lontano de 4 Jack je ne peux qu’en accorder 5 à Congo Requiem, avec un coup double en option : coup de coeur / coup de poing.

MON VERDICT
jd5Coup double

 
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Publié par le 20 mai 2016 dans Bouquins

 

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[BRD] The Revenant

The RevenantNouvelle escapade cinéphile mais cette fois changement radical de contexte et de décor, direction le grand nord américain au début du XIXème siècle, avec The Revenant signé Alejandro G. Iñarritu.
Hugh Glass (Leonardo DiCaprio), un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Armé de sa seule volonté et porté par un désir de vengeance, il va puiser la force de survivre au coeur d’un environnement hostile et traquer John Fitzgerald (Tom Hardy), l’homme qui a tué son fils…
Le film est librement adapté du roman homonyme de Michael Punke, lui même inspiré de faits réels. Un détour via Wikipedia vous apprendra que Hugh Glass a bel et bien existé et qu’il a effectivement été abandonné par ses équipiers… ensuite entre le film et la réalité il y a effectivement pas mal de différences. Il ne me reste plus qu’à trouver le temps de lire le bouquin afin de mesurer les écarts entre la réalité et le roman puis entre le roman et le film. Ou simplement me contenter de les apprécier tels qu’ils sont.
La première chose qui frappe dans le film est le soin apporté au visuel. Certes les paysages sont sublimes, le tournage s’est déroulé entre le nord des Etats-Unis, le Canada… et la Terre de Feu, du fait d’un printemps nord américain trop précoce. Mais le visuel ne s’arrête pas aux décors naturels, les gros plans sur les visages des protagonistes capturent leur humanité, leurs émotions et… leur douleur.
La séquence d’ouverture vous plonge directement dans le grand bain, une bande de trappeurs est attaquée par des indiens, le combat fait rage, les séquences sont d’un réalisme frappant (et pourtant aucun humain n’a été tué pendant le tournage). Entre les survivants la tension monte. Puis vient la séquence de l’ours, un combat de toute beauté / cruauté entre l’homme et l’animal (et pourtant aucun animal n’a été tué pendant le tournage).
Du beau et du grand western. Oui, mais pas que ça. Le rapport de l’homme à la nature est un élément dominant du film, pas besoin de discours écolo à deux balles pour nous faire comprendre que notre planète est belle et mérite d’être protégée. Les rapports humains sont aussi au coeur de l’intrigue, pour le meilleur (l’amitié, la relation père / fils, la loyauté…) et pour le pire (la trahison, le mensonge, la haine…).
Le réalisateur comme les acteurs évoquent tous un tournage éprouvant, par souci de réalisme pas question de recourir abusivement aux effets numériques. Compte tenu des caprices de la météo les prises de vue devaient être souvent interrompues. Les acteurs ont été confronté à un froid extrême, pour mériter son Oscar DiCaprio a eu le droit à quelques bains en eaux glacées, à une cure de sommeil dans la carcasse d’un cheval et à une dégustation de foie de bison cru… tout un programme !
Un Oscar amplement mérité et pas uniquement pour les raisons évoquées précédemment, l’acteur endosse à fond son rôle. Les longues séquences sans le moindre dialogue sont tout aussi expressives qu’un long discours ; la posture, le jeu et les mimiques vous filent droit au coeur, pas besoin de mots pour comprendre ce qu’endure Hugh Glass.
Dans le rôle de Fitzgerald, l’ordure de service, Tom Hardy est tout aussi convaincant. Un manque total d’empathie et de sens moral, tant et si bien qu’il finit par se convaincre qu’il a fait les bons choix… Deux rôles de composition pour un duo / duel fait des étincelles à l’écran.
Avec treize récompenses on peut dire que Alejandro Iñarritu et son équipe ont réussi leur pari, d’autant qu’ils peuvent compter à leur palmarès trois Oscars (meilleur acteur, meilleur réalisateur et meilleure photographie) et trois Golden Globe (meilleur film dramatique, meilleur acteur et meilleur réalisateur).

♥♥♥♥

 
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Publié par le 20 mai 2016 dans DVD / BRD

 

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[BRD] Deadpool

DeadpoolAh que voilà une escapade cinéphile que j’attendais depuis longtemps ! Au programme du jour Deadpool de Tim Miller, qui met en scène le personnage le plus déjanté de l’univers Marvel.
Depuis une expérience qui a mal tourné, Wade Wilson (Ryan Reynolds), ancien militaire devenu mercenaire au service des plus faibles, est Deadpool, un justicier masqué aux pouvoirs multiples qui poursuit une vengeance implacable contre Ajax (Ed Skrein), le scientifique responsable de sa mutation…
Avec Deadpool la franchise Marvel offre à un anti-héros notoire un rôle de super-héros… à moins qu’il s’agisse d’un super-méchant ; parfois on se demande ! Le gars est doté d’un humour particulièrement grinçant qui aura rapidement le don d’agacer ses adversaires (et parfois même ses partenaires). Ses pouvoirs (régénération, force et réflexes accrus, expertise dans toutes les formes de combat) lui confèrent une quasi invincibilité, de fait il pavoise et en fait des tonnes au combat ; une arrogance sans borne mais qui porte ses fruits : si les combats ne sont pas toujours très fair-play, ils sont par contre toujours expéditifs. Avec Deadpool pas de sentimentalisme inutile, tu te mets au travers de son chemin, tu meurs. Simple comme bonjour, non ? Un super-héros psychotique, j’adore !!!
Un second degré affiché et assumé dès le générique, renforcé par le fait que pendant le film, Wade Wilson s’adresse directement aux spectateurs, sans se départir de son ton habituel. Que du bonheur !!!
N’allez surtout pas croire que le film repose uniquement sur son humour totalement barré. L’intrigue tient parfaitement la route ; certes le concept de vengeance n’est pas de la plus grande originalité, mais c’est dans sa mise en scène que Deadpool se démarque des autres films. Inutile de préciser que les effets spéciaux / visuels ne souffrent d’aucun défaut. Le film est construit sur une alternance entre présent et flash-backs, ces derniers permettent de comprendre comment Wade est devenu Deadpool et pourquoi il traque Ajax.
Si Ryan Reynolds porte le film par son interprétation de Wade Wilson / Deadpool, les autres acteurs ne sont pas pour autant en reste. Ed Skrein incarne parfaitement son rôle de méchant mutant, scientifique un peu barge doté d’une force hors du commun et insensible à la douleur (avec en bonus des pouvoirs de régénération, mais moindres que ceux de Deadpool).
A noter quelques touches de charme dans ce monde de brutes. D’abord Vanessa Carlysle (Morena Baccarin), l’ex fiancée de Wade qu’il espère reconquérir une fois que Ajax lui aura rendu son apparence. Ajax de son côté pourra compter sur le soutien de Angel Dust (Gina Carano), une mutante dotée d’une force accrue.
Pour la petite histoire c’est la Fox qui exploite la licence Deadpool, il semblerait que les studios aient décidé de le rattacher à l’univers des X-Men (d’où l’apparition de Colossus qui s’efforcera vainement de le convaincre de rejoindre les rangs du Professeur Xavier). Sans doute dans l’optique d’un futur rapprochement / affrontement dans le cadre du projet X-Force ; c’est tout du moins ce que laisse présager l’une des séquence post-générique de Deadpool, dans laquelle Wade Wilson annonce qu’il y aura une suite et qu’il sera confronté à Cable (futur leader de la X-Force).
Ce qui m’amène tout naturellement à parler gros sous. Deadpool affiche un budget de 58 millions de dollars, ce qui plutôt modeste pour un film issu de la franchise Marvel ; à titre d’exemple Captain America : Civil War a coûté 250 millions de dollars et X-Men : Apocalypse 240 millions. De fait, avec un box office mondial dépassant les 762 millions de dollars, la franchise Deadpool bénéficie d’une voie royale pour une (ou plusieurs) suite(s). Reste à conserver le même esprit déjanté et assumé que pour ce premier film.

Avertissement : aux Etats-Unis le film est sorti avec une restriction R, les mineurs de moins de 17 ans doivent être accompagnés par un adulte.

♥♥♥♥♥

 
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Publié par le 18 mai 2016 dans DVD / BRD

 

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2000 livres

Aujourd’hui ma bibliothèque numérique vient de passer le cap des 2000 titres (2012 pour être exact) dont plus de 1500 qui forment mon Stock à Lire Numérique.
Pour vous faire une idée du rythme auquel ma bibliothèque évolue je vous renvoie à mon post du 18 juillet 2014. Date à laquelle je vous annonçais qu’elle venait passer le cap des 1000 titres (dont plus de 700 à lire).

Je m’en doutais déjà mais le mettre par écrit à de quoi me conforter dans l’idée que je ne viendrai jamais à bout de mon Stock à Lire Numérique, il est évident qu’il grossit plus vite que je ne lis.
Vais je pour autant devenir raisonnable et ralentir mon stockage compulsif ? Que nenni ! Et advienne que pourra…

 
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Publié par le 12 mai 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jérôme Kob – Le Pensionnat

AVERTISSEMENT
X-rated

J. Kob - Le PensionnatJe commence mon escapade érotique en douceur avec Le Pensionnat de Jérôme Kob.
Camille, 13 ans, est curieuse de tout ce qui a trait à la sexualité et au plaisir. Afin d’éviter un scandale l’adolescente est envoyée dans un strict pensionnat catholique pour la prochaine rentrée. Contre toute attente les dortoirs et couloirs de ce sinistre pensionnat réserveront bien des surprises à Camille…
Quand je dis que je commence en douceur il s’agit davantage du nombre de pages (moins de 150) que du contenu à proprement parler. Même si la frontière entre érotisme et pornographie est mince (et surtout vachement subjective), j’aurai toutefois tendance à classer ce roman dans la première catégorie.
Certes le contenu est relativement brut de décoffrage (d’un autre côté ce n’est pas Martine en Pension que vous avez entre les mains) mais sans vulgarité, ni descriptions trop anatomiques. Rien à voir avec Frotti-Frotta (chroniqué ici) d’Esparbec qui est plus ou moins construit sur la même idée de base et qui se revendique pornographique. Il n’y a pas photo c’est le jour et la nuit !
Globalement j’ai trouvé que Jérôme Kob restituait à merveille les pensées et les émotions d’une ado de 14 ans (le récit est écrit à la première personne) au fur et à mesure qu’elle découvre les joies et les jeux du sexe. Candide au départ, elle se dévergonde peu à peu jusqu’à prendre les choses en mains (sans mauvais jeux de mots… sinon j’aurai dis en bouche).
Pour être tout à fait franc j’ai même trouvé que cette candeur assumée apportait parfois quelques touches de bonne humeur bienvenues. A titre d’exemple je vous invite à vous reporter à l’extrait à la fin de ce post pour une turlutte d’anthologie apppréciée diversement (chapitre 2).
Certes on pourrait regretter l’absence d’un réel scénario (les onze chapitres décrivent chacun une étape dans le parcours sexuel de Camille), mais la longueur du bouquin joue plutôt en sa faveur sur ce point ; l’auteur évite la redondance et le lecteur n’a pas le temps de se lasser au fil des pages.
Une agréable surprise et une lecture plutôt rafraîchissante… A réserver à un public averti cela va de soi.

MON VERDICT
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Extrait du chapitre 2

Malgré ses efforts pour me détacher de lui, je refusais de lâcher ma prise. Ma propre jouissance m’avait rendue folle de désirs. Je pressais entre mes lèvres la verge ramollie sans me soucier de ses protestations geignardes. Je l’aspirais, je la tétais, je l’absorbais jusqu’aux couilles, bien décidée à en exprimer tout le jus.
(…)
En reposant ma joue sur les poils de son pubis, je constatai que sa queue, d’un rouge intense, ressemblait plus à un morceau de viande fraîchement découpé qu’à une verge conquérante. Le bel appendice en érection s’étalait comme un bout de chiffon déchiqueté et sanguinolent.
(…)
l ne le prit pas ainsi. Sans doute redoutait-il la reprise de ma succion. Réunissant ses dernières forces dans un bond prodigieux, il parvint à s’extraire de la ruelle en poussant un geignement lamentable. Il s’assit sur le lit, protégea son bas-ventre de ses deux mains, dans la position grotesque des footballeurs au moment où l’adversaire bénéficie d’un coup franc dans les abords immédiats de la surface de réparation. Alors seulement, il glapit d’une voix courroucée :
– Mais tu es complètement barge !
– C’était si merveilleux…
– Une cinglée et une nympho !
– Je suis si heureuse…
– Et dangereuse en plus !
– Tu m’as fait jouir à en mourir…
– Tu m’as écorché vif !
– Ô mon amour, c’était le paradis…
– Je suis blessé, estropié, bousillé !
– J’ai perdu la tête…
– Tu es une folle !
– Je t’aime.
Nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. Tandis que j’essayais d’exprimer à Arnaud toute la félicité que je lui devais, il remâchait la torture que je lui avais infligée.

 
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Publié par le 10 mai 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Robert Galbraith – La Carrière Du Mal

R. Galbraith - La Carrière du MalC’est avec un réel plaisir que j’ai retrouvé Robert Galbraith (alias JK Rowling) et son duo d’enquêteurs, Cormoran Strike et Robin Elleacott, pour leur troisième enquête : La Carrière Du Mal.
Alors que la date de son mariage approche, Robin reçoit à l’agence un étrange colis dont le contenu va fortement l’ébranler, et pour cause, il contient en effet une jambe de femme coupée à hauteur du genou. Alors que la police privilégie une piste, Cormoran et Robin vont se concentrer sur trois autres hypothèses. Est-ce que l’un des trois hommes ciblés par Strike est coupable ? Si oui, lequel ? Une seule certitude : le coupable ne reculera devant rien pour anéantir Cormoran Strike…
Le second opus était un cran au dessus de son aîné, ce troisième roman confirme la tendance en plaçant la barre encore plus haut. A ce rythme là les lecteurs seront de plus en plus impatients et sans doute aussi de plus en plus exigeants. Les lecteurs qui doutaient de la capacité de JK Rowling à se détacher de Harry Potter peuvent être rassurés, elle s’est parfaitement appropriée le duo Cormoran / Robin.
Comme amorcé dans le second tome, la relation Cormoran / Strike se fait de plus en plus dans le cadre d’une collaboration d’égal à égal. Leurs personnalités aussi évoluent, on en apprend davantage sur leur passé réciproque ; il faut dire que les trois supects sont en lien direct avec le passé de Strike. C’est d’ailleurs dans cette complicité, avec des hauts et des bas, qu’ils surmonteront ce qui s’avérera être leur enquête la plus glauque.
Il faut bien reconnaître que les trois suspects ciblés par Strike représentent la lie de l’humanité, des ordures finies qui ne devraient même pas avoir le droit de vivre, à moins de les enfermer de le plus paumé des bunkers et d’en détruire l’unique clé…
Une intrigue rondement menée par l’auteure qui parvient à nous tenir en haleine de la première à la dernière page. Même si le rythme n’est pas forcément haletant de la première à la dernière page, l’avancée de l’enquête, et le devenir des personnages, suffisent à nous donner envie d’aller toujours plus en avant dans le roman.
Chaque chapitre est mis en exergue par un ou deux vers des chansons du groupe de rock américain Blue Oyster Cult (BOC). Le groupe occupe d’ailleurs une place de premier choix dans l’intrigue elle même. Le titre du roman lui même fait référence à un titre du groupe, Career Of Evil. Du coup ça m’a donné envie de plonger plus avant dans l’univers musical des BOC… Je manque encore de recul pour me faire une opinion argumentée mais de prime abord ça se laisse écouter, un cocktail original entre hard rock et rock psychédélique.
Comme annoncé au début de ce post, j’ai hâte de retrouver Cormoran Strike pour une quatrième enquête… et bien d’autres encore si elles sont toutes de cette trempe !

MON VERDICT
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Publié par le 9 mai 2016 dans Bouquins

 

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