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[BOUQUINS] Hervé Commère – Ce Qu’Il Nous Faut C’est Un Mort

13 Avr

H. Commère - Ce qu'il nous faut c'est un mortJe continue tant bien que mal d’endiguer le flot des sorties littéraires de ces derniers mois, mais difficile de résister face à un tel tsunami de titres, tous plus tentants les uns que les autres. Pire encore, comment choisir l’heureux élu qui quittera mon Stock Numérique à Lire ? Plutôt que chercher à bâtir un algorithme complexe on va faire comme d’hab, y aller au feeling. Et c’est ainsi que Ce Qu’Il Nous Faut C’est Un Mort de Hervé Commère a pu éviter la noyade dans les tréfonds des livres oubliés…
12 juillet 1998. La France est championne du monde (youpi) et la fête bat son plein dans tout le pays. Cette soirée là le destin de plusieurs personnes va basculer et se trouver lié. Toutes se retrouveront à Vrainville, un petit village normand, dix-huit ans plus tard. La crise menace les Ateliers Cybelle qui font vivre le village, leur fermeture serait catastrophique pour Vrainville…
Avec son précédent roman, Imagine Le Reste, Hervé Commère m’avait fait forte impression pour de multiples raisons, la principale étant la qualité de son écriture. C’est un régal pour les yeux et l’esprit de lire une plume aussi talentueuse.
Oubliez toute idée de comparer ce roman avec le précédent, ça reviendrait à comparer une clé à molette avec un scalpel (une appendicite opérée à la clé à la molette ça ne doit pas être beau à voir). Si Imagine Le Reste était déjà inclassable, celui-ci l’est encore davantage ; c’est définitivement un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié).
Un roman noir paradoxalement porteur d’un message d’espoir même quand la situation semble désespérée, un roman social qui jette un oeil sans concession sur une génération désabusée de n’avoir connu que la Crise, sur d’autres prêts à tout pour leur profit personnel, quitte à écraser et couler les autres. Si seulement ce contexte relevait de la fiction… C’est malheureusement le triste reflet de notre société actuelle. Un roman engagé certes mais porteur d’aucun message politique. Quoi qu’il en soit c’est un roman qui vous prend tout de suite au coeur et aux tripes et ne vous lâchera plus.
Si j’ai parlé plus haut de l’écriture de Hervé Commère ce n’est pas totalement anodin. Dans ce roman sa plume et son style semblent sublimés, une écriture pleine d’humanité qui va droit au coeur des lecteurs. On a souvent l’impression d’être autour d’une table avec l’auteur qui nous raconterait une histoire en s’adressant à nous directement… rien qu’à nous, en tête à tête. J’ai lu de nombreux auteurs ayant un incroyable talent narratif mais Hervé Commère à ce petit truc en plus qui fait la différence. même sans le connaître, même sans l’écouter, on a l’impression d’écouter un pote.
Les personnages principaux (ceux de 1998 que l’on retrouve en 2016) sont nombreux mais à aucun moment on ne s’y perd, on commence par faire leur connaissance dans leur contexte personnel, puis peu à peu les destins se croisent avec plus ou moins d’affinités. Des relations se tissent, d’autres s’éffilochent inéxorablement. Vous en aimerez certains, vous en détesterez certainement d’autres ; une chose est sûre vous apprendrez à les connaître… pour le meilleur et pour le pire !
Les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés pour compte, l’auteur les travaille avec le même soin et ne les cantonne pas à jouer les seconds couteaux ; souvent l’intrigue avancera (parfois de façon inattendue) sous leur impulsion (volontaire ou non).
Si vous vous demandez ce que signifie le titre, soyez patient, là encore rien n’est laissé au hasard. Vous aurez votre réponse en temps et en heure.
C’est peut être la première fois que j’ai entre les mains un roman aussi « vivant », au sens propre du terme. Ca peut paraître complètement con comme ressenti mais pendant quelques jours j’ai eu l’impression de vivre à Vrainville, de partager les craintes des villageois et de me battre avec eux.
Merci Monsieur Commère, merci pour cette lecture qui restera longtemps présente dans mon coeur. Et vivement le prochain (non mais, faut pas non plus se reposer sur ses lauriers) !

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

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13 Commentaires

Publié par le 13 avril 2016 dans Bouquins

 

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13 réponses à “[BOUQUINS] Hervé Commère – Ce Qu’Il Nous Faut C’est Un Mort

  1. Yvan

    13 avril 2016 at 15:08

    c’est tout à fait ça ! Un roman vivant !
    Oh que je suis content de lire que nous sommes entièrement d’accord sur ce roman 🙂

     
    • Lord Arsenik

      13 avril 2016 at 18:38

      C’est rare que nous soyons en désaccord… Sur ce bouquin impossible de rester indifférent !!!

       
      • Yvan

        13 avril 2016 at 18:56

        Oui c’est rare 😉

         
  2. stelphique

    13 avril 2016 at 16:39

    C’est sur que celui ci est dans mon viseur!!!!Je vais tranquillement commencer par le premier, mais ensuite, je passe à celui ci, il a l’air de vous faire à tous (chers blogueurs potes) un effet bœuf!!!!!;)
    Que de coup de cœur en 2016!!!!!!Tu choisis bien tes lectures, malgré ton stock incroyable!!!!!^^

     
    • Lord Arsenik

      13 avril 2016 at 18:37

      Le premier est en fait le quatrième 🙂
      Je n’ai lu que les deux derniers et franchement à chaque fois je me suis régalé.

       
  3. belette2911

    13 avril 2016 at 17:17

    Lui aussi doit éviter de se faire noyer dans mon TAL !! Surtout que vous en parlez si bien, vous tous qui l’avez lu et chroniqué.

    Bon, ben, yapuka !

     
    • Lord Arsenik

      13 avril 2016 at 18:36

      Remonte le à la surface pour un bouche à bouche s’il menace de se noyer !!!

       
      • belette2911

        14 avril 2016 at 07:22

        Je lui ferai un massage cardiaque…

         
      • Lord Arsenik

        14 avril 2016 at 07:29

        Je ne connais les premiers gestes de secours que sur les femmes… va savoir pourquoi !?

         
      • belette2911

        14 avril 2016 at 22:55

        Tiens donc, comme c’est bizarre… Mais il est vrai que le massage cardiaque est moins aisé chez nous que chez vous. On a le double air-bag qui gêne un peu… 😀

         
  4. juliesuitsonfil

    13 avril 2016 at 19:31

    Il faut que je le lise aussi 🙂

     
    • Lord Arsenik

      14 avril 2016 at 07:24

      Hâte de lire ta chronique.

       
      • juliesuitsonfil

        14 avril 2016 at 07:45

        Dès que je l’ai 😉

         

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