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Archives Mensuelles: avril 2016

Lectures coquines à venir…

EmmanuelleChers lecteurs et lectrices si dans les prochaines semaines vous voyez apparaître dans des chroniques destinées à un public averti. J’ai en effet l’intention de mettre en avant la littérature érotique, pas au point de ne lire que ça mais en alternance pourquoi pas.
Pourquoi ce choix ? D’une part parce que j’estime que c’est un genre qui a pleinement sa place ici, d’autre part parce que j’ai une bonne soixantaine de titres en stock, ce sera donc l’occasion de faire baisser mon Stock à Lire Numérique.
Je n’ai aucun programme pré-établi, ma seule certitude étant que j’ouvrirai le bal avec Le Pensionnat de Jérôme Kob, pas vraiment une surprise puisque sa couverture est déjà mise en avant, juste là >>>>
La frontière entre érotisme et pornographie est fine, nul doute que je la franchirai plus d’une fois… Deux maisons d’édition seront mes principales sources, Blanche et La Musardine.

Qui de mieux pour illustrer ce post que Sylvia Kristel dans le rôle d’Emmanuelle, une icône de l’érotisme !

 
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Publié par le 30 avril 2016 dans Bouquins

 

[BOUQUINS] Paola Barbato – Le Fil Rouge

P. Barbato - Le fil rougeC’est sur les conseils avisés d’une lectrice ayant des goûts proches des miens que je me suis lancé dans le roman Le Fil Rouge de Paola Babarto. Sensations fortes assurées m’a-t-elle garanti, il n’en fallait pas plus pour me convaincre.
Antonio Lavezzi n’est plus que l’ombre de lui même depuis que sa fille de 13 ans a été violée et tuée, le meurtrier n’a jamais été identifié. Un matin il est appelé sur un des chantiers qu’il supervise, un corps y a été retrouvé. Antonio est convaincu que ce nouveau meurtre est lié à son affaire. Un mystérieux interlocuteur le contacte alors et lui propose un marché avec à la clé sa propre vengeance…
Si devais résumer mon ressenti en un seul mot c’est sans hésitation le terme uppercut qui me vient à l’esprit. Le genre de bouquin qui vous laisse KO debout après avoir refermé la dernière page. Le truc qui vous prend aux tripes et vous les vrille encore et encore, sans vous laisser le moindre répit. Et putain ce que c’est bon ! Bon mais éprouvant…
L’idée de base peut paraître simple : en échange de quelques menus services pas toujours très légaux mais qui ne vous salissent pas les mains (juste l’esprit), un inconnu vous propose d’éliminer le salopard qui a ruiné votre vie en vous enlevant l’être aimé ; vous acceptez ou vous refusez ? Certes la vengeance reste un thème redondant du thriller mais sous la plume de Paola Barbato le récit prend une toute autre dimension.
Déjà l’auteure prend son temps en imposant un rythme qui est tout sauf effréné. Et pourtant aucune longueur, aucun ennui, juste l’impatience qui vous met les nerfs à vif en attendant la prochaine étape. Tout ce temps on le passe dans la tête d’Antonio, on partage son désir de vengeance, ses doutes, ses questionnements mais aussi et surtout sa douleur (c’est elle le fameux fil rouge dont il est question dans le titre). Une histoire noire et glauque mais dans laquelle les dimensions humaine et psychologique occupent l’espace.
Au départ le style peut surprendre, le récit est en effet entrecoupé par les pensées d’Antonio, mais au final il permet une totale immersion dans le personnage et dans l’intrigue. Le pari n’était pas gagné d’avance, au début Antonio s’est reconstruit une vie réglée comme du papier à musique dans le déni du drame qui a bousillé ce qu’il était avant. Mais au fur et à mesure qu’il s’investit dans les missions que lui confie l’Assassin, son caractère et sa personnalité évoluent.
Pour nous lecteurs la grande question n’est pas tant de savoir jusqu’où Antonio est prêt à aller, mais plutôt qui est le meurtrier de sa fille, et quels sont ses mobiles (pour peu qu’il en ait). L’auteure sait faire durer le suspense avant de vous asséner la vérité, une vérité que l’on prend comme une magistrale claque dans la gueule. A peine le temps de digérer la révélation que les uppercuts se succèdent en rafale ! Plus de répit jusqu’à l’épilogue et son ultime botte secrète.
En plein déferlement d’uppercuts j’ai quand même réussi à sourire en lisant le dernier chapitre et notamment les « pensées » de Danko…
Ce bouquin fut une véritable découverte pour moi, presque une révélation, il ne me reste plus qu’à me ruer sur A Mains Nues, le premier roman de Paola Barbato. Mais pas tout de suite, j’ai d’abord besoin de reprendre mes esprits…

MON VERDICT
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Devinette :
Quel est le point commun entre ces trois photos ?
Ceux et celles qui ont lu le bouquin trouveront sans même lire l’indice.

Danko

Indice :
— Pourquoi il s’appelle Danko ?
— Parce qu’il avait un maître stupide. Qui lui a donné le nom stupide d’un personnage stupide.

Réponse :
Danko est le nom du personnage interprété par Arnold Schwarzenegger dans le film Double Détente.
Danko est le nom du dogue argentin appartenant à l’un des protaganistes du roman.
Danko est le nom d’un cheval d’un autre protagoniste du roman.

 
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Publié par le 29 avril 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sophie Hénaff – Rester Groupés

S. Hénaff - Rester groupésUne nouvelle rubrique placée sous le signe des retrouvailles puisqu’il s’agit de Rester Groupés, second roman de Sophie Hénaff. Et seconde enquête de sa très atypique Brigade Capestan.
Capestan et son équipe sont appelés sur une scène crime par le divisionnaire Buron. La victime : Serge Rufus, un cador de l’antigang et accessoirement père de l’ex-mari de Capestan. Sur place la BRI et la Crim’ prennent déjà leurs marques, la collaboration entre les trois équipes s’annonce compliqué ; mais il faut plus que ça pour décourager la Brigade Capestan…
On retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de Poulets Grillés, le premier roman de Sophie Hénaff. A commencer bien entendu par la fameuse brigade qui est sensée regrouper des flics tout juste bons pour une mise au placard. Leurs méthodes sont certes atypiques, voire excentriques, mais ensemble ils progressent sans qu’aucun obstacle ne leur paraisse infranchissable. Sauf que cette fois Anne Capestan va se retrouver impliquée personnellement, l’enquête exige en effet qu’elle reprenne contact avec son ex-mari. L’occasion de découvrir une nouvelle facette du personnage, une dimension plus sentimentale qui ne la rend que plus attachante.
Dans sa grande magnanimité, le divisionnaire Buron leur a même affecté un nouveau collègue, Henri Saint-Lô, tout juste sorti d’HP et toujours persuadé d’être un mousquetaire au service du roi. En plus de Pilote, le petit roquet d’Eva Rosière, la brigade animale se voit aussi renforcée d’un nouveau membre, Ratafia, un rat-policier dressé par Merlot.
Vous l’aurez compris Sophie Hénaff joue toujours à fond la carte de l’humour et de la dérision pour faire évoluer la brigade de flic la plus atypique de France… et plus si affinités ! Mais ce second degré parfaitement assumé ne se fait pas au détriment de l’intrigue, l’auteure nous prouve, une fois de plus, qu’elle maîtrise toutes les ficelles du genre.
Certes pas aussi éprouvant qu’un roman d’Olivier Norek ou de Maxime Chattam, Rester Groupés est un polar qui brille surtout par son ton décalé et pétillant ; l’enquête à proprement parler nous réserve bien quelques surprises mais ne vous attendez pas à avoir les nerfs en pelote… ici ce sont les zygomatiques qui sont sollicités.
J’aurai tendance à dire que Sophie Hénaff a inventé le polar feel good, une bouffée d’air frais bienvenue et appréciable entre deux thrillers purs et durs, sans couper totalement le cordon avec le milieu policier… Au vu de l’épilogue il ne fait aucun doute que la Brigade Capestan est appelée à revenir, je serai moi aussi fidèle au poste.

MON VERDICT
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Explication sur ma note de 4/5.
Si je lui ai accordé un 4 et non un 5, comme pour Poulets Grillés, c’est uniquement parce que l’effet de surprise lié à la découverte de la Brigade Capestan n’est plus au rendez-vous.
Il n’en reste pas moins que j’ai beaucoup aimé ce second roman, je pense que ma chronique est là pour vous le prouver.

 
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Publié par le 26 avril 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sonja Delzongle – Quand La Neige Danse

S. Delzongle - Quand la neige danseSonja Delzongle m’avait forte impression avec Dust et son escapade kényane pour le moins originale, il me tardait de la retrouver afin de voir si mon enthousiasme resterait le même. C’est désormais chose faite après avoir lu Quand La Neige Danse, son dernier roman avec, cerise sur le gâteau, le retour de Hanah Baxter, sa très atypique profileuse.
Crystal Lake, en un mois quatre enfants ont déjà mystérieusement disparu et l’enquête n’avance pas. Un matin les parents recoivent un colis anonyme contenant chacun une poupée de porcelaine, copie conforme de leur fille. Joe Lasko, le père d’une fillette disparue, est contacté par Eva Sportis, la jeune femme du pays, devenue détective, souhaite aider à faire avancer l’enquête. Face au manque total d’indices, la jeune détective va faire appelle à son ancienne mentor, Hanah Baxter…
Le moins que l’on puisse c’est que pour son nouveau roman, Sonja Delzongle change totalement de registre. A la poussière et aux fortes chaleurs du Kenya, succèdent la neige et le soufle glacial de l’hiver de l’Illinois. Rassurez vous, il faut plus que quelques flocons pour figer la plume de l’auteure !
Plus encore que dans Dust, le climat et les conditions météo jouent un rôle primordial dans le déroulé de l’intrigue ; Sonja Delzongle réussit quasiment à faire de l’hiver un personnage à part entière de ce roman.
Au niveau des personnages (les vrais humains cette fois), l’auteure laisse aux habitants de Crystal Lake (Joe Lasko, Eva Sportis, les policiers chargés de l’affaire, les autres intervenants) le devant de la scène, Hanah Baxter reste en retrait sans jamais tirer la couverture à elle, mais sans jamais s’éclipser totalement non plus. De fait l’intrigue obéit à une dynamique propre à Crystal Lake, adaptée à la fois au contexte et à ses acteurs.
Une intrigue menée d’une main de maître avec un rythme qui monte crescendo et des révélations qui s’enchaînent. Le palpitant s’affole, les nerfs remontent à fleur de peau et les neurones carburent à tout va. Une fois que Sonja Delzongle vous aura ferré (et ça arrivera très vite), vous ne pourrez plus échapper à ses lignes, écrites sans concession certes, mais sans surenchère non plus.
Au final non seulement mon enthousiasme pour l’univers littéraire de l’auteure s’est confirmé, mais il est même monté de plusieurs crans. J’ai hâte de retrouver Hanah Baxter, car il ne fait aucun doute qu’elle est appelée à revenir sur le devant de la scène… du crime !
De fait je ne peux que renouveler mon doublé : coup de coeur, coup de poing ! Merci madame Delzongle.

MON VERDICT
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Publié par le 25 avril 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] LS Hilton – Maestra

LS HIlton - MaestraC’est plutôt enthousiaste que je me suis rué sur le roman Maestra de LS Hilton, d’une part parce qu’il se présente comme un thriller érotique, et d’autre part parce qu’il figure au catalogue de la Bête Noire, une toute jeune collection de Robert Laffont qui ne m’a réservé quelques belles surprises littéraires.
Le jour Judith Rashleigh travaille dans une prestigieuse salle des ventes londonienne. Le soir elle devient Lauren et officie comme hôtesse dans un bar miteux. Son destin va changer quand un riche client va s’enticher d’elle…
Ah que voilà un bouquin qui me laisse sur un sentiment mitigé. Dire que je n’ai pas aimé serait un mensonge, il serait plus juste de dire que je m’attendais à autre chose, à quelque chose de plus rythmé surtout… de mieux, tout simplement. Il faut attendre la seconde moitié du roman pour que les choses se décantent enfin vraiment. Heureusement une fois que ça démarre le rythme reste constant.
Là où le bât blesse c’est justement qu’avant ça il faut se coltiner la première partie. Suivre la pauvre petite fille partie de rien et devenue pas grand chose… qui étale sa fortune (ou plutôt celle des autres) en se pavanant dans de la Haute Couture. Et vas-y que je te cite telle marque ici, puis telle autre là… Si ça fait rêver certain(e)s, moi ça m’a plutôt filé la nausée cet étalage façon m’as-tu-vu. Désolé mais le luxe n’est vraiment pas mon trip.
Donc pour apprécier les côtés thriller et roman noir il faudra se montrer patient ; quid de l’érotisme alors ? Il est bien présent et assumé, plutôt bien dosé, l’auteure évite les écueils de la surenchère. Le mélange des genres se fait sans heurts.
Ecrit à la première personne, le roman veut nous faire vivre l’intrigue via le personnage de Judith. Un regard qui ne manque ni de cynisme, ni d’humour mais insuffisant toutefois pour que je puisse éprouver la moindre empathie pour elle. Du coup forcément je suis peut être passé à côté de l’aspect immersion… Le style n’est pas désagréable, loin s’en faut, la lecture s’avère même plutôt fluide.
Maestra est le premier opus d’une trilogie. Malgré mon accueil mitigé je lirai la suite ; la seconde partie du roman, nettement plus rythmée et intense, a su resserrer les liens d’une confiance qui se délitait au fil des pages.

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Publié par le 19 avril 2016 dans Bouquins

 

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[BRD] Hunger Games – La Révolte (Parties 1 et 2)

Hunger Games - La Révolte
Bien que le second volet de la saga Hunger Games ne m’ait guère convaincu, je tenais tout de même à connaître le fin de l’histoire. Du coup nous nous sommes offert une pause cinéphile deux pour le prix d’une, ce troisième et dernier opus, La Révolte, étant divisé en deux parties, avec Francis Lawrence à la réalisation.
Katniss (Jennifer Lawrence) s’est réfugiée dans le District 13 après avoir détruit à jamais l’arène et les Jeux. Sous le commandement de la Présidente Coin (Julianne Moore), chef du district, et suivant les conseils de ses amis en qui elle a toute confiance, Katniss déploie ses ailes pour devenir le symbole de la rébellion. Elle va se battre pour sauver Peeta (Josh Hutcherson) et libérer le pays tout entier…
J’ai beaucoup de mal avec cette mode hollywoodienne de couper, désormais presque systématiquement, le dernier volet d’une saga en deux films. Certes parfois cela peut s’avérer utile, du fait de la richesse du contenu. Mais parfois ça pue tout simplement la stratégie marketing. Pas de bol ce film se classe clairement dans cette seconde catégorie, les deux films totalisent pas loin de 4h30 alors que trois heures auraient été largement suffisantes pour boucler l’affaire.
Attention, je ne dis pas que le film est mauvais, mais il traîne des longueurs et répétitions dont on se serait volontiers passé. L’ensemble aurait gagné en fluidité… et de fait en qualité. Au-delà de ce défaut ça reste un divertissement agréable, nettement plus convaincant que le second volet. La recette idéale de Hunger Games version cinéma :  le premier film avec la fin du second et on enchaîne sur un troisième film de trois heures. En deux fois trois heures l’affaire était pliée ! Au lieu de ça les quatre films totalisent plus de neuf heures…
Ce dernier opus ne mise pas que sur l’action et les effets spéciaux, il prend aussi une dimension politique avec l’affrontement entre les forces de Panem contrôlées par le Président Snow (Donald Sutherland) et la rébellion conduite par la Présidente Coin. Une guerre qui passe aussi par la propagande et donc les médias, les deux camps n’hésitent pas user et abuser d’images pour (dés)informer la population. Cette dimension politique apporte un peu de renouveau à une série qui s’essoufflait à grands coups de redondances. Mais là encore, ça pêche par excès, on retombe dans la facilité et la répétition.
C’est le dernier film dans lequel apparaît Phillip Seymour Hoffman, qui y incarne le concepteur Plutarch Heavensbee. L’acteur est en effet décédé au cours du tournage, plusieurs scènes ont dû être redéfinies en conséquence, soit en les réécrivant sans le personnage, soit en ayant recours à des effets numèrique. Force est de constater que le résultat est des plus convaincants, le spectateur n’y voit que du feu.
Bref un film divertissant mais qui ne devrait intéresser que les inconditionnels de la saga, ou les curieux qui souhaitaient malgré un avis mitigé, en connaître la fin. Les autres, vous pouvez passer votre chemin, vous ne ratez rien.

♥♥♥

 
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Publié par le 15 avril 2016 dans DVD / BRD

 

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[BOUQUINS] Hervé Commère – Ce Qu’Il Nous Faut C’est Un Mort

H. Commère - Ce qu'il nous faut c'est un mortJe continue tant bien que mal d’endiguer le flot des sorties littéraires de ces derniers mois, mais difficile de résister face à un tel tsunami de titres, tous plus tentants les uns que les autres. Pire encore, comment choisir l’heureux élu qui quittera mon Stock Numérique à Lire ? Plutôt que chercher à bâtir un algorithme complexe on va faire comme d’hab, y aller au feeling. Et c’est ainsi que Ce Qu’Il Nous Faut C’est Un Mort de Hervé Commère a pu éviter la noyade dans les tréfonds des livres oubliés…
12 juillet 1998. La France est championne du monde (youpi) et la fête bat son plein dans tout le pays. Cette soirée là le destin de plusieurs personnes va basculer et se trouver lié. Toutes se retrouveront à Vrainville, un petit village normand, dix-huit ans plus tard. La crise menace les Ateliers Cybelle qui font vivre le village, leur fermeture serait catastrophique pour Vrainville…
Avec son précédent roman, Imagine Le Reste, Hervé Commère m’avait fait forte impression pour de multiples raisons, la principale étant la qualité de son écriture. C’est un régal pour les yeux et l’esprit de lire une plume aussi talentueuse.
Oubliez toute idée de comparer ce roman avec le précédent, ça reviendrait à comparer une clé à molette avec un scalpel (une appendicite opérée à la clé à la molette ça ne doit pas être beau à voir). Si Imagine Le Reste était déjà inclassable, celui-ci l’est encore davantage ; c’est définitivement un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié).
Un roman noir paradoxalement porteur d’un message d’espoir même quand la situation semble désespérée, un roman social qui jette un oeil sans concession sur une génération désabusée de n’avoir connu que la Crise, sur d’autres prêts à tout pour leur profit personnel, quitte à écraser et couler les autres. Si seulement ce contexte relevait de la fiction… C’est malheureusement le triste reflet de notre société actuelle. Un roman engagé certes mais porteur d’aucun message politique. Quoi qu’il en soit c’est un roman qui vous prend tout de suite au coeur et aux tripes et ne vous lâchera plus.
Si j’ai parlé plus haut de l’écriture de Hervé Commère ce n’est pas totalement anodin. Dans ce roman sa plume et son style semblent sublimés, une écriture pleine d’humanité qui va droit au coeur des lecteurs. On a souvent l’impression d’être autour d’une table avec l’auteur qui nous raconterait une histoire en s’adressant à nous directement… rien qu’à nous, en tête à tête. J’ai lu de nombreux auteurs ayant un incroyable talent narratif mais Hervé Commère à ce petit truc en plus qui fait la différence. même sans le connaître, même sans l’écouter, on a l’impression d’écouter un pote.
Les personnages principaux (ceux de 1998 que l’on retrouve en 2016) sont nombreux mais à aucun moment on ne s’y perd, on commence par faire leur connaissance dans leur contexte personnel, puis peu à peu les destins se croisent avec plus ou moins d’affinités. Des relations se tissent, d’autres s’éffilochent inéxorablement. Vous en aimerez certains, vous en détesterez certainement d’autres ; une chose est sûre vous apprendrez à les connaître… pour le meilleur et pour le pire !
Les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés pour compte, l’auteur les travaille avec le même soin et ne les cantonne pas à jouer les seconds couteaux ; souvent l’intrigue avancera (parfois de façon inattendue) sous leur impulsion (volontaire ou non).
Si vous vous demandez ce que signifie le titre, soyez patient, là encore rien n’est laissé au hasard. Vous aurez votre réponse en temps et en heure.
C’est peut être la première fois que j’ai entre les mains un roman aussi « vivant », au sens propre du terme. Ca peut paraître complètement con comme ressenti mais pendant quelques jours j’ai eu l’impression de vivre à Vrainville, de partager les craintes des villageois et de me battre avec eux.
Merci Monsieur Commère, merci pour cette lecture qui restera longtemps présente dans mon coeur. Et vivement le prochain (non mais, faut pas non plus se reposer sur ses lauriers) !

MON VERDICT
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Publié par le 13 avril 2016 dans Bouquins

 

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[BRD] Les Huit Salopards

Les 8 SalopardsPetite escapade cinéphile hier soir en compagnie de Quentin Tarantino et son huitième film, intitulé, comme par hasard, Les Huit Salopards.
Alors que le chasseur de primes John Ruth (Kurt Russel) fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh) se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren (Samuel L. Jackson), un ancien soldat devenu chasseur de primes, et Chris Mannix (Walton Goggins), le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où quatre autres personnes attendent une météo plus clémente…
J’avoue avoir été surpris de découvrir que Quentin Tarantino misait à nouveau sur le western pour son nouveau film, avec l’excellentissime Django Unchained il avait la barre haut… très haut. Très rapidement on réalise que les deux films ne jouent pas dans le même registre. Django Unchained propose une version à la fois classique et moderne du western haut de gamme ; tout est fait pour que le film devienne un blockbuster (pari réussi Monsieur Tarantino). Les Huit Salopards jouent davantage la carte du vintage et se revendique comme un hommage au western spaghetti des années 60/70. Forcément le budget n’est pas le même (respectivement 100 et 44 millions de dollars) et forcément ça se voit à l’écran (et c’est d’ailleurs le but recherché)… ça peut être déconcertant pour le spectateur qui ne s’attendait pas forcément à ce pied de nez.
Pour la bande-son, Quentin Tarantino fait appel au compositeur Ennio Morricone. Bien que mondialement connu pour avoir composé d’inoubliables musique de westerns devenus des classiques, il ne s’était plus frotté au genre depuis 1981. Un retour aux sources réussi qui accentue encore cette ambiance propre au western spaghetti.
Le film est découpé en cinq chapitres. Le réalisateur prend son temps pour poser le décor et les personnages ; sans doute un peu trop de temps vu qu’il lui faut quand même une bonne heure avant d’entrer dans le vif du sujet. Surpris par le rythme imposé je ne me suis pourtant jamais ennuyé, les échanges, sans concession, parfois même surréaliste, entre les personnages incarnés par Samuel L. Jackson, Kurt Russel et Walton Goggins suffisent à maintenir l’attention du spectateur (toujours aussi déconcerté soit dit en passant).
Avec l’arrivée à l’auberge le film prend une toute autre tournure, on sent qu’il s’y passe un truc louche sans vraiment réussir à mettre le doigt dessus, l’ambiance se fait plus pesante, plus suspicieuse. Démarre alors un huis-clos qui nous tiendra en haleine pendant près de deux heures. Un pari osé mais réussi grâce au talent des acteurs, tous les acteurs se donnent à fond dans leur rôle. La tension monte crescendo, on devine aisément qu’il suffirait d’un rien pour que les flingues parlent (enfin).
Et quand ça démarre plus rien n’arrête le réalisateur dans la démesure mais sans jamais se départir d’une bonne dose de second degré ; l’hémoglobine coule à flot mais ça ne choque pas outre mesure, ça colle avec ce que l’on vu jusque là.
Au vu des critiques mitigées que le film a reçu, je dirai que je me place dans la borne haute. J’ai passé un bon moment, divertissant et délicieusement rétro. Un film à prendre tel qu’il est, à ne surtout pas chercher à comparer avec Django Unchained. Visiblement la recette n’a pas trop mal fonctionné, à ce jour le film affiche en effet un box office mondial à plus de 155 millions de dollars.

♥♥♥½

 
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Publié par le 13 avril 2016 dans DVD / BRD

 

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[BOUQUINS] Karine Giebel – De Force

K. Giebel - De ForceJe n’ai pas eu à me forcer pour me lancer dans le dernier roman en date de Karine Giebel, De Force. Par contre le lâcher avant d’avoir le fin mot de l’histoire relève du tour de force.
Alors qu’elle promène son chien, Maud Reynier est agressée par un inconnu. Elle est secourue par Luc Garnier, un garde du corps qui passait dans le coin. Rapidement l’agresseur revient à la charge, devant la menace qui pèse sur sa fille, Armand Reynier, chirurgien de renom, embauche Luc afin de la protéger…
Comme ça, de prime abord, vous seriez tenter de lâcher, sur un ton blasé : « Hmouais bof, rien de neuf sous le soleil ! » Et bien sachez que vous vous fourrez bien profond le doigt dans l’oeil (ou ailleurs… chacun fait ce qu’il veut avec ses doigts après tout) ; Karine Giebel arrive à faire du neuf avec du vieux, à nous surprendre encore et encore sur une base d’apparence éculée.
Pour détourner le slogan publicitaire d’une grande chaîne de supermarchés je dirai qu’il se passe toujours quelque chose chez les Reynier ! Le père, la fille, la belle-mère, la gouvernante, le jardinier… et même le garde du corps ont tous des casseroles collées aux basques, des secrets et tourments plus ou moins lourds à porter. Ami lecteur, si tu entres dans ce bouquin tu en perdras ton lapin (je ne pratique toujours pas le latin… mais bon, je n’ai pas de lapin non plus, à part peut être dans le frigo) plus d’une fois. Tu n’as pas fini de t’arracher les cheveux pour démêler cet écheveau.
Ajoutez à cela un agresseur qui semble toujours avoir un coup d’avance sur sa victime. En parlant de victime, qui est la cible au juste, Maud ou Armand ? Et qui est le mystérieux complice qui lui permet justement de conserver cette avance ? Tant qu’on est dans le questionnement, qui est mort dans le prologue ? Vous l’aurez compris vous n’en finirez pas de vous poser des questions.
Et surtout ne comptez pas sur l’auteure pour vous aider à y voir plus clair. Au contraire, cette petite perverse prend un malin plaisir à brouiller les pistes. Bref si vous entrez dans ce bouquin, vous serez pris dans les mailles d’un filet dont vous ne pourrez sortir avant d’avoir lu la dernière page. Si Karine Giebel est perverse, elle n’est pas pour autant sadique, toutes les réponses arriveront en temps et en heure. Bon sang mais c’est bien sûr !
Un peu plus de 500 pages (dans sa version papier) qui se lisent avec une remarquable fluidité, rythmé, intelligemment construit, vous aurez les nerfs à vif et les neurones en ébullition, mais qu’est-ce que c’est bon ! Quitte à me répéter Karine Giebel réussira, une fois de plus, à surprendre… même ses lecteurs les plus blasés.
Pas franchement un huis-clos mais il en ressort une impression toute aussi oppressante. De nouveau Karine Giebel mise beaucoup sur la psychologie de ses personnages, et une fois de plus la recette fonctionne à la perfection.

MON VERDICT
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Publié par le 8 avril 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Olivier Norek – Surtensions

O. Norek - SurtensionsDepuis que j’ai acheté Surtensions, le dernier roman d’Olivier Norek et troisième enquête littéraire du Groupe Coste, j’ai le palpitant qui s’affole ; rarement j’aurai autant brûlé d’impatience et d’excitation dans l’attente de lire un bouquin, je crois que même Stephen King (excusez du peu Monsieur Norek) ne m’a jamais fait un tel effet.
Tandis que le Groupe Coste enquête sur un enlèvement avec demande de rançon ; un groupe de braqueurs met tout en oeuvre pour faire sortir, légalement, l’un des leurs, incarcéré au centre pénitentiaire de Marveil. Les deux affaires vont se télescoper et ne laisseront personne indemne…
Dès le prologue Olivier Norek nous colle une pression monstre :
La psy faisait nerveusement tournoyer son stylo entre ses doigts. Il était évident que l’homme en face d’elle l’intimidait.
– Vous savez au moins pourquoi vous êtes là ?
– Parce que j’ai tué deux personnes. Vous craignez que ça devienne une habitude ?
– Vous n’en avez tué qu’une. En légitime défense qui plus est. Pour le second cas…
Sec et impatient, l’homme ne la laissa pas terminer.
– Un membre de mon équipe est mort. C’est ma responsabilité. Ça revient au même.
Ceux qui connaissent la série auront compris sans l’ombre d’un doute que c’est Victor Coste qui s’adresse à un psy… les autres le découvriront quelques lignes plus tard. Donc à peine la première page lue on sait que Victor Coste va dézinguer un méchant mais aussi et surtout que le Groupe Coste va payer le prix fort dans cette enquête.
Et les choses se confirment au fur et à mesure que l’intrigue se déroule, le Groupe Coste va être malmené de toutes parts, l’équipe va devoir rester plus soudée que jamais pour traverser la tempête qui s’abat sur le SDPJ 93. Mais malheureusement ils ne pourront empêcher l’inévitable, et nous on reste sur le cul, une larmiche à l’oeil et le palpitant au bord de l’explosion !
On retrouve une intrigue ancrée dans la dure réalité du 9-3 et dans la dure réalité de la vie de flic dans ce merdier qui n’attend qu’une étincelle pour s’embraser. Plus encore que dans les deux précédents opus l’aspect humain est mis en avant. Et pas seulement au sein du Groupe Coste.
Ici pas de flics sauce série TV, pas de flics infaillibles, pas de solutions miracles, pas de réponse à tout… les enquêtes ne se résolvent pas qu’à grand renfort de fusillades, des flics profondément humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs doutes aussi… et leurs erreurs parfois.
La grande force d’Olivier Norek est de ne pas sombrer dans la facilité manichéenne, en face du Groupe Coste il n’y a pas que des méchants tout en noirceur, perversité et autres défauts rédhibitoires ; eux aussi sont empreints d’humanité. Parfois même les pires fils de pute ne se trouvent pas toujours là où on pense les trouver.
Au fil des pages Olivier Norek en profite pour pointer du doigts les travers de la société française. Qu’il s’agisse d’un système carcéral qui apporte plus de problèmes que de solutions : « Un centre pénitentiaire n’est efficace que s’il reconstitue une société carcérale juste, avait-il dit. Sans prédateurs, sans proies, dans une parfaite équité, sans privilèges ni passe-droits, sans nécessité de violence, sans jalousie de ce que l’autre pourrait avoir de plus ou de mieux. La force devenant inutile, il ne reste plus qu’à vivre ensemble, en bonne société. Malheureusement, il n’existe pas d’endroit plus dangereux, inégal et injuste que la prison. Et au lieu de ressortir équilibré ou cadré, les détenus en sortent plus violents, désabusés, perdus et agressifs, sans aucun projet de réinsertion. Plus venimeux en sorte. La prison comme une école du crime. » Ou des vicissitudes du système judiciaire : « Si un avocat découvre une preuve qui accuse son client, il n’a aucune obligation de la fournir aux policiers. Pour toute autre personne, ce serait de la complicité, mais pour eux, c’est le fameux droit à la défense. » Mais il faut faire avec les défauts et les failles du système, accepter que parfois une affaire considérée comme résolue ne le soit pas les conditions les plus justes pour les victimes… pour la Justice, en tant qu’entité et non en tant que système perverti.
De nouveau Olivier Norek nous file un magistral uppercut en pleine poire, on reste KO debout mais on en redemande, encore et encore. Inutile de préciser que dans ces conditions j’attends avec impatience son prochain roman ; les paris sont ouverts : retour du Groupe Coste ou nouveau départ ? Dans les deux cas je suis preneur, même si j’espère bien retrouver Victor Coste et son équipe de choc.

MON VERDICT
jd5Coup double

Aparté n° 1
Cerise sur le gâteau, dans ses remerciements l’auteur cite de nombreux blogs, ça m’a fait plaisir de me trouver ainsi nommé mais aussi d’y retrouver certains blog-potes et groupes FB que je fréquente.

Aparté n°2
Comme dans tout bon roman policier il faut bien un mystère à résoudre. J’invite tous les lecteurs de l’édition numérique (je ne sais pas de quoi il retourne avec l’édition papier) à se pencher sur l’énigme du chapitre 72. Si vous regardez bien la mise en page on passe du chapitre 71 au chapitre 73, et pourtant il ne semble manquer aucun morceau…

 
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Publié par le 5 avril 2016 dans Bouquins

 

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