[BOUQUINS] Maxime Chattam – Que Ta Volonté Soit Faite

M. Chattam - Que ta volonté soit faiteLentement mais sûrement je vais tenter de retrouver mon rythme de lecture après une longue pause due d’abord aux fêtes de fin d’année, puis à l’actualité. Le fait de ne pas lire ne m’a nullement empêché de suivre les sorties littéraires et de gonfler mon Stock à Lire Numérique, il m’a semblé évident de retrouver mon rythme de croisière avec Que Ta Volonté Soit Faite de Maxime Chattam.
Depuis qu’il est enfant Jon Petersen doit vivre avec des pulsions malsaines, quand il va laisser libre cours à son instinct bestial pour la première fois ça va être pour lui le début d’une plongée dans le vice et la violence. Une plongée qui ne laissera personne indemne dans son entourage…
J’ai lu suffisamment de romans de Maxime Chattam pour savoir qu’une escapade littéraire en sa compagnie ne serait pas un voyage au pays des Bisounours. Pour son nouveau roman l’auteur délaisse le thriller pur et dur pour s’essayer au roman noir. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’essai est transformé !
Déjà le style narratif choisi est plutôt original, pas tout à fait un récit à la troisième personne puisque l’auteur se place dans la peau du narrateur qui nous raconterait l’histoire de sa ville et plus particulièrement des événements qui gravitent autour de Jon Petersen ; avec parfois des interventions directes du narrateur en question. Un récit qui s’étend des années 60 aux années 80 sans qu’il ne soit jamais fait état d’une date précise. Un récit qui prend racine dans un patelin du Midwest américain.
L’auteur a coutume de décortiquer le Mal sous toutes ses formes, dans ce roman il ne déroge pas à son habitude, seule l’approche change et c’est toujours aussi foutrement efficace. Moins trash que certains autres titres de l’auteur (et moins épais) ce récit baigne du début à la fin dans une ambiance glauque à souhait avec un personnage central détestable à tout point de vue, aucune empathie possible envers un tel fumier.
Si Jon Petersen reste le centre de gravité du récit, les autres intervenants ne sont pas pour autant laissés pour compte, ils bénéficient d’une réelle profondeur. Je pense notamment à Riley, le fils de Jon et au sherif Jarvis Jefferson qui jouent un rôle essentiel dans l’intrigue. Et bien entendu il y a le narrateur, dont vous devriez deviner l’identité à la toute fin du roman.
La transition est idéale pour aborder la fin, ou plutôt devrai-je dire les fins (vous comprendrez pourquoi après avoir lu le bouquin), Maxime Chattam réussit une fois de plus à nous surprendre avec un final éblouissant… A tel point que c’en devient presque frustrant de ne pouvoir s’épancher sur la question. C’est avec l’ultime révélation de l’intrigue que le titre du roman prend toute sa signification…
Pour sa première incursion dans le roman noir l’auteur rend hommage, en les citant à plusieurs reprises, à quelques grands noms du genre. Au vu de l’excellence du résultat j’espère sincèrement que Maxime Chattam ne se contentera pas de cet essai superbement transformé.