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Page blanche (ou presque) à ChrisEbouquin

27 Nov

Son rôle est peu connu et pourtant il est un acteur majeur dans la chaîne du livre numérique, je parle du numérisateur. Un excellent bouquin mal numérisé peut devenir une plaie à lire… Une daube finie ne deviendra pas un chef d’oeuvre grâce au travail du numérisateur, les miracles ne font pas partie de sa charte professionnelle !
Pour faire simple le numérisateur est la personne qui va faire d’un livre papier ou d’un document texte, un livre numérique.

A l’occasion de ma chronique de Menace (Muriel Houri), j’ai eu quelques échanges FB avec ChrisEbouquin qui s’est chargé de la numérisation de l’ouvrage pour les Editions Flamant Noir. Du coup j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur ce métier peu connu du grand public.
Merci à Chris d’avoir bien voulu se prêter au jeu des questions réponses.

C’est la première fois que je joue les journalistes en herbe, alors un peu d’indulgence svp 😀

– Bonjour Chris, peux tu nous parler de toi en quelques lignes ?

En quelques lignes ? c’est difficile, j’ai plutôt la faculté de faire parler les autres, peut-être après 2 ou 3 interview. En quelques mots : Une passionnée tranquille.

– Tu es donc numérisatrice, peux tu nous expliquer en quoi consiste ton métier ? Comment on y accède ? Quelles sont les étapes entre la numérisation et la production du fichier final mis à disposition du client ?

Il faut être polyvalent. Avoir de multiples aptitudes. Patient, méthodique, tenace, minutieux, perfectionniste, curieux, attentif, à l’écoute des besoins de l’éditeur et de l’auteur. Connaitre la typographie, l’orthographe, la grammaire, la conjugaison parfaitement. Avoir de bonnes notions en traitement des images. Connaitre le langage CSS. Maitriser les logiciels nécessaires en traitement de textes et en numérisation. Avoir beaucoup de pratique. Être un lecteur.
Il faut également suivre les actualités du numérique en évolution constante.
Donc être un peu de tout, comme un audit… du livre numérique.
Les étapes sont différentes selon les complexités des livres.

– Tu travailles seul ou au sein d’une équipe ?

Seule.

– Comment as tu été amené à travailler avec les Editions Flamant Noir ?

J’ai pris contact avec des petites maisons d’éditions à travers facebook, l’une des premières était Flamant Noir.

– Travailles-tu avec d’autres éditeurs ? A défaut quels sont les autres travaux que l’on peut te demander ?

Oui avec Le muscadier, Le murmure, Hugues Facorat éditions. Bien sûr, de la correction.

– Est ce que tu as ton mot à dire sur les livres que l’on te demande de numériser ? Qu’est ce qui pourrait te pousser à refuser un livre ?

Je respecte la mise en page de manière la plus fidèle possible. Si nous rencontrons des problèmes techniques, je propose des solutions pour les résoudre. La relation que j’ai avec l’éditeur est étroite, je peux me permettre de faire des suggestions. Par ex dans mon dernier avec Flamant Noir (Kind of Black de Samuel Sutra), le livre a lieu dans le milieu du jazz, j’ai intégré en fin de livre des images de vidéos you tube. En cliquant sur l’image, les lecteurs ayant WIFI sur tablettes et liseuses pourront écouter les thèmes musicaux. Un luxe de découvrir les thèmes dont l’auteur fait référence.
Refuser un livre ? non, j’accepte tous les genres et je pense être capable de tout numériser.

– Que penses tu de la multiplication des titres autoédités en numérique ? Quels conseils techniques donnerais-tu à un auteur qui souhaite se lancer ?

Pour un auteur n’ayant aucune expérience de la procédure, de la manière de préparer son manuscrit, de le corriger, de l’impression, en faire un livre électronique sans aucune connaissance, ce n’est pas facile. D’autre part, rares sont ceux qui arrivent à sortir du lot.
Rien ne remplace le job de l’éditeur qui va le conseiller, le corriger, le promotionner dans les salons et réseaux sociaux, lui offrir un large éventail de lieux de ventes.

– En tant que numérisatrice je suppose que tu as la primeur des livres que tu traites ; as tu le temps de tous les lire ?

Oui je suis la première servie, c’est génial. Bien sûr je les lis. Je fais partie d’une étape importante dans les corrections car je trouve toujours des erreurs grâce à mon regard infaillible et également à des outils appropriés de corrections.
J’ai besoin de rentrer dans le livre, d’en connaitre le texte. Je suis une lectrice avant d’être une technicienne du livre, je tiens tout particulièrement à obtenir un ebook parfait. Je reprends tes propos Un excellent bouquin mal numérisé peut devenir une plaie à lire, tu as tout dit. Je choisis la qualité et non la quantité. Je ne suis pas une usine à numériser, je suis une artisane dans le sens noble du terme. Mon objectif est d’embellir le livre sans excès et surtout impeccable.

– Quels sont tes projets futurs ?

Continuer avec les mêmes éditeurs et d’autres encore…

– Merci à toi. Un conseil de lecture pour finir ?

Tous ceux que j’ai faits. Vous avez le choix, romans, polars, noir ou fantaisiste, historique, essais, jeunesse, recueil de poèmes.

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13 Commentaires

Publié par le 27 novembre 2014 dans Bouquins

 

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13 réponses à “Page blanche (ou presque) à ChrisEbouquin

  1. belette2911

    28 novembre 2014 at 07:20

    Cool ! Merci à elle pour les livres bien numérisés 😉

     
  2. Zofia

    29 novembre 2014 at 03:24

    Très intéressant et en plus, Chris a donné une raison qui pourrait me pousser (un peu ^^) vers le numérique ! 😉 C’est les petits plus de lecture qu’elle ajoute comme pour les morceaux de jazz via youtube, ça je kiffe.

     
    • Lord Arsenik

      29 novembre 2014 at 14:59

      C’est rare les bouquins qui exploitent toutes les possibilités du numérique

       
  3. Chris EBouquin

    30 novembre 2014 at 05:55

    Très sympa Lord Arsenik, j’avoue y avoir pris goût. Si tu veux on pourrait préparer à deux une conversation des pour et contre de la lecture numérique. Qu’en penses-tu ?

     
    • Lord Arsenik

      30 novembre 2014 at 10:44

      Ca me va bien comme idée. On va essayer de se la jouer impartial vu que je suis 100% pro-numérique 🙂

       
  4. Chris EBouquin

    1 décembre 2014 at 06:36

    Dur dur de reconnaître les contre… quand tu veux, ici on line ?

     
    • Lord Arsenik

      1 décembre 2014 at 08:13

      Si tu as une idée de format je suis partant (échange de questionnaire ou un questionnaire commun ?).

       
  5. Foumette

    3 décembre 2014 at 06:52

    Belle découverte pour moi!!! Très intéressant!

     
  6. Delu

    8 décembre 2014 at 21:48

    Très bon article , comme toujours ! Avec le petit plus d’être réalisé avec quelqu’un qui me paraît aussi sympathique que Chris Ebouquin !

     
    • Lord Arsenik

      9 décembre 2014 at 06:29

      Merci pour le compliment.
      D’autres échanges sont envisagés avec Chris, il faut juste trouver le temps de mettre les choses en forme

       
  7. Chris EBouquin

    29 décembre 2014 at 10:26

    Merci pour les commentaires 🙂 nos échanges vont se poursuivre l’année prochaine, bonne fin d’année Arsenik.

     
    • Lord Arsenik

      29 décembre 2014 at 12:27

      Bientôt la suite… promis.
      Bonnes fêtes à toi aussi Chris

       

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