[TV News] The Neighbors

The NeighborsUne fois n’est pas coutume ces dernières semaines nos dimanches soirs étaient rythmés par Comédie+ et la série The Neighbors de Dan Fogelman.
Marty et Debbie Weaver (Lenny Venito et Jami Gertz) s’installent avec leurs 3 enfants dans un confortable pavillon au coeur d’une copropriété cossue. Ils sympathisent rapidement avec leurs nouveaux et étranges voisins, Larry Bird (Simon Templeman), Jackie Joyner-Kersee (Toks Olagundoye) et leurs deux enfants. Ils ne tarderont pas à découvrir que leurs voisins et toute la communauté sont en fait des extra-terrestres…
Cette première saison est composée de 22 épisodes relativement courts (22 minutes) nous offre un show où le comique repose surtout sur le décalage entre les deux familles, que ce soit dans la conception de leur quotidien ou dans leur approche de la vie. Les Weaver auront du pain sur la planche pour faire en sorte que leurs chers voisins passent inaperçus parmi les humains, ne serait-ce que pour leur faire comprendre nos us et coutumes (visite au supermarché, Halloween, Noël…). De fait l’humour est aussi décalé (toujours) que déjanté (souvent), ça fait du bien de finir le week-end sur une touche de bonne humeur.
J’étais passé à côté de la série lors de sa première diffusion, il n’était pas question que je rate cette séance de rattrapage. Et franchement je n’ai aucun regret, je me suis bien éclaté sur des épisodes tous plus originaux les uns que les autres (aucune redondance dans les gags). La série n’est pas qu’une succession de sketches sans queue ni tête, elle nous fait vivre l’évolution des personnages, dans leurs relations et dans leur état d’esprit en général.
Cerise sur le gâteau, dès dimanche prochain la Comédie+ enchaîne avec la seconde saison (22 épisodes). Par contre je viens d’apprendre que la série avait été annulée par ABC, cette saison 2 enterre la série sur une fin plutôt abrupte d’après ce que j’ai pu lire çà et là…

[BRD] Babysitting

BabysittingUne chronique cinéphile avec un peu de retard, on a vu le film il y a une quinzaine de jours mais je n’avais pas encore trouvé le temps de la caser. Mieux vaut tard que jamais, l’heureux élu retardataire est Babysitting de Philippe Lacheau et Nicolas Benamou.
Le jour de ses 30 ans, Franck (Philippe Lacheau), employé aux Editions Schaudel, se voit plus ou moins obligé d’accepter de jouer les babysitter pour le fils de son patron (Gérard Jugnot). Un job simple et sans embrouille, sauf que le gamin, Remi (Enzo Tomasini), est une vrai teigne et que les meilleurs potes de Franck, Ernest (Vincent Desagnat) et Sam (Tarek Boudali), ont décidé de lui offrir une fête d’anniversaire mémorable…
Un film découvert grâce à un pote, je craignais quelque peu une version à la française de Projet X mais finalement Babysitting parvient à tirer son épingle du jeu. Notamment grâce à une approche originale via le found-footage (un vrai faux film). Quand les Schaudel rentrent chez eux ils trouvent leur piaule dévastée, le gamin et le babysitter sont aux abonnés absents ; c’est via une caméra retrouvée sur place qu’ils vont découvrir le déroulement de la soirée.
Hormis Gérard Jugnot et Clotilde Coureau, qui interprètent le couple Schaudel, le casting est en grande partie composé d’animateurs/acteurs venus de la télévision. C’est là un autre point fort du film, on ressent dans leur jeu une véritable camaraderie et le même esprit de déconnade. Mention spéciale à Enzo Tomasini qui joue à merveille la parfaite petite teigne. Soyons fou et osons une deuxième mention spéciale, à Philippe Duquesne qui interprète l’agent Caillaud, un flic bien lourd que vous n’êtes pas prêt d’oublier. Et la touche charme revient à Alice David qui incarne Sonia, l’ex de Franck.
A défaut de pouvait prétendre à un César ou à une palme d’or cannoise (ce qui n’est pas forcément gage de qualité), l’équipe nous offre une comédie qui fait mouche. Les gags s’enchaînent, pas toujours en finesse mais sans lourdeur non plus, on alterne entre sourire et fou rire et ça fait du bien aux zygomatiques. Idéal pour passer un bon moment de franche rigolade sans se prendre la tête.

[BOUQUINS] Bill Loehfelm – Face Au Mal

B. Loehfelm - Face Au MalMa PàL papier diminue aussi vite que mon Stock à Lire Numérique augmente, ça me donne l’occasion d’aller piocher dans les achats France Loisirs laissés (à tort ou à raison ?) en stand-by. C’est donc au tour de Face Au Mal de Bill Loehfelm de passer sur le grill.
Maureen, serveuse dans un club de Staten Island, surprend à la fin de son service son patron et Frank Sebastian, un politicien qui a le vent en poupe, dans une situation plus que compromettante. Le lendemain elle apprend que son boss est mort dans des circonstances louches. Quand des gros bras de Sebastian débarquent chez elle, elle réalise alors qu’elle est la prochaine sur la liste. Sur qui peut elle vraiment compter face à un ennemi aussi puissant que Sebastian ?
Encore une avant-première France Loisirs, mais depuis le temps qu’il prend la poussière dans ma PàL je suppose que le bouquin est dispo en librairie depuis un moment. Quoi qu’il en soit autant jouer cartes sur table d’entrée de jeu : ce bouquin n’a rien d’exceptionnel, si vous le ratez vous ne perdrez pas grand chose…
L’intrigue me semblait prometteuse, quoique relativement classique, mais son traitement manque cruellement de profondeur et de surprises. L’auteur arrive à nous donner l’envie de connaître le fin mot de l’histoire mais sans plus.
Les personnages sont creux et ridiculement manichéens (à peut être celui de l’inspecteur Waters, le seul qui ait un semblant de consistance). Sebastian est l’archétype du méchant pas beau de série B, sadique, pervers, sûr de lui, ambitieux… au point d’en devenir stupide. Le pire dans l’affaire reste le personnage de Maureen, alors qu’elle aurait mérité le plus d’attention de la part de l’auteur (après tout c’est son perso principal), tout en elle sonne creux, on frôle le trou noir. Difficile d’avoir une quelconque empathie pour une palourde échouée sur le sable chaud à marée basse…
C’est le troisième roman de Bill Loehfelm et le premier traduit en français, on ne peut pas vraiment dire que la mise en bouche soit une réussite. Pas certain d’avoir envie d’aller en avant dans l’univers littéraire de l’auteur. On ne peut pas viser juste à tous les coups… Heureusement les top sont plus fréquents que les flop !

[BOUQUINS] Daniel O’Malley – The Rook

D. O'Malley - The RookAprès le tsunami interne provoqué par Reflex j’avais besoin d’un peu de légéreté histoire de faire baisser la pression ; le hasard faisant bien les choses (à ce qu’il parait) les éditions Super 8 proposent un titre qui semble parfait pour ce genre de chose. La chose en question nous vient d’Australie, l’auteur, Dan O’Malley, signe avec The Rook, son premier roman.
Myfanwy Thomas se réveille dans un parc, totalement amnésique et entourée de cadavres. Prévoyante, son ancien moi lui a laissé des instructions écrites pour lui parler d’elle et de son rôle phare au sein de la Checquy, une organisation secrète qui regroupe des agents dotés de pouvoirs surnaturels chargés de protéger les iles Britanniques des forces occultes. Mifanwy va devoir réapprendre sa vie et vite, car le temps presse, un haut responsable de la Checquy est un traître…
Imaginez ce que pourrait donner un mix habile entre les Avengers, Fringe et… Johnny English, impossible me direz-vous. Et pourtant Daniel O’Malley l’a fait, et l’a bien fait qui plus est ! Comme vous pouvez vous en douter le résultat de ce cocktail explosif est totalement déjanté, mais traité avec intelligence, un OLNI qui se lit avec délice.
Si vous aimez ranger vos bouquins dans des cases bien définies, oubliez The Rook ! Il est la parfaite illustration de la littérature SFFF (Science Fiction, Fantasy et Fantastique) puisqu’il mélange ces trois genres avec un soupçon d’espionnage et un max d’humour. D’ailleurs je pourrais l’inscrire comme invité surprise à mon challenge SF (ah bin voilà c’est fait).
Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur les super-héros, ceux de la Checquy ont des pouvoirs que Marvel n’aurait jamais pu imaginer. Certains sont plus orientés vers l’attaque, alors que d’autres privilégient la défense ; enfin il y en a quelques uns qui sont d’une inutilité absolue.
Avec Myfanwy (comme Tiffany mais avec un M à la place du T) vous aurez le droit à deux personnages pour le prix d’un. D’une part via les notes laissées par l’ancienne Myfanwy, d’autre part en suivant l’actuelle Myfanwy. Et vous pouvez me croire ce sont bel deux personnalités radicalement différentes qui ont habitées ce même corps.
Myfanwy peut, d’un simple contact, prendre le contrôle de sa cible, un contrôle absolu (le corps, les organes, le système nerveux…). Soyez assurés que ce n’est pas le personnage le plus surprenant de la Checquy, vous aurez le droit à une galerie de portraits et de personnalités aussi originaux que barrés.
L’auteur pourrait se contenter de jouer à fond la carte de l’absurde au détriment de son intrigue mais, comme je l’ai indiqué plus haut, il a placé la barre un cran plus haut en misant sur des situations et dialogues complètement loufoques, tout en entretenant une intrigue aussi solide que prenante. Un exercice d’équilibriste parfaitement maîtrisé qui détend les zygomatiques tout en jouant avec nos nerfs.
Daniel O’Malley est d’origine australienne, il a grandi et fait ses études aux Etats-Unis avant de retourner vivre en Australie. Pour son premier roman, il a choisi de situer son intrigue en Angleterre mais la Belgique y tient aussi une place de premier choix, place que je vous laisse découvrir.
Publié en 2012 en Australie, le bouquin a été bien accueilli par la critique et le public, il se verra d’ailleurs récompensé du Aurealis Award (un prix littéraire australien dédié à la SFFF) du meilleur roman de SF la même année.
Pour info le titre original, The Rook, conservé dans la version française, désigne la tour dans un jeu d’échec, ce qui correspond aussi au grade de Mifanwy au sein de la Checquy. L’auteur travaille déjà sur une suite, de son propre aveu le bébé est sur la bonne voie, même s’il se refuse à annoncer une date de publication. Quoi qu’il en soit je l’attends avec impatience, c’est avec un immense plaisir que je replongerai au coeur de la Checquy et de ses intrigues hors normes.

Peut être trouverez-vous étrange mon enthousiasme manifeste pour ce bouquin comparé au temps que j’ai mis pour le lire (10 jours) ; la faute n’est pas inhérente au roman (que j’ai adoré, je confirme, encore et encore) mais à un emploi du temps professionnel particulièrement chargé. Après une journée de 10 heures (et plus si affinités), je suis plus attiré par la bouteille de Jack Daniel’s que par ma liseuse.

[BRD] Thor – Le Monde Des Ténèbres

Thor 2Croyez le ou non mais c’est une pure coïncidence si je mentionnais Mjöllnir dans ma chronique de Reflex avant d’enchaîner sur un billet consacré au film Thor – Le Monde Des Ténèbres réalisé par Alan Taylor ; aucune préméditation là-dedans. Rien à la TV, on se fait un film ? Ah bin tiens pourquoi pas Thor 2 ? Adjugé vendu ! Normal nous sommes tous les deux fans de l’univers Marvel.
De retour à Asgard, Thor (Chris Hemsworth) commande les troupes chargées de ramener la paix dans les Neufs Royaumes. A peine sa mission accomplie, qu’un nouvel ennemi, Malekith (Christopher Eccleston) et ses elfes noirs, menacent Asgard. Pour vaincre cette menace Thor n’hésitera pas à s’opposer à son père et roi, Odin (Anthony Hopkins)…
Ce second film centré sur Thor est l’occasion de retrouver des têtes connues, dont la femme qu’il aime, Jane Foster (Natalie Portman), mais aussi l’incontournable Loki (Tom Hiddleston) avec qui il devra s’allier pour parvenir à ses fins et bien d’autres qu’ils soient terriens ou asgardiens.
Le couple Marvel/Disney n’a plus rien à prouver aux fans de l’univers Marvel, Thor 2 ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà. On retrouve un mélange bien dosé entre action brute de décoffrage et humour, le tout parsemé d’une once de romance. Ajoutez à cela un scénario qui se tient, des effets spéciaux toujours aussi bluffants (d’autant que l’on a le droit à une grande variété de décors entre Asgard, le Monde des Ténèbres et la Terre).
Petite piqûre de rappel, n’oubliez pas de laisser défiler le générique jusqu’au bout, il y a deux séquences bonus à la clé.
Les fans de Marvel retrouveront ce qu’ils aiment, le profane qui commencera par Thor 2 risque fort d’être complètement largué (et pour cause il y a 7 films à voir avant pour tout reprendre depuis le début), et les « anti » n’aimeront pas (mais on peut légitimement se demander pourquoi ils iraient voir le film).
Si vous en avez marre de Marvel alors il vous faudra prendre votre mal en patience. Thor 2 est le second film de la phase 2 (après Iron Man 3), il est suivi par Captain America – Le Soldat De L’Hiver et Les Gardiens De La Galaxie afin d’ouvrir la voie royale au grand retour des Avengers (2015). Et c’est pas fini ! Il y a encore une phase 3, plus ou moins finalisée dans l’idée, qui devrait aboutir à un troisième volet des Avengers (2017/2018) et même une phase 4 qui reste à définir. Pour ma part je suis aux anges, au moins jusqu’à Avengers 2, pour la suite j’aviserai.

Qui l’eut cru ?

FBCeux qui me suivent depuis quelques temps et/ou me connaissent un tant soit peu savent l’amour immodéré que je porte à Facebook… Je déconne, vous savez pertinemment que je ne suis pas vraiment un adepte de ce truc.
Mais ça c’était avant… Si, si, croyez-le ou non mais j’ai pactisé avec le Diable ! Non seulement je me suis créé un compte FB (Fred M Lord Arsenik) sur lequel j’ai, en quelques mois, plus d’activité que je n’en ai jamais eu sur mon profil perso depuis qu’il existe. Etl e pire c’est que j’y prends goût !!!
Comme si ma situation n’était pas assez désespérée comme ça, il a fallu que j’en rajoute une couche en me lançant dans la conception d’une page FB dédiée à mes lectures chroniquées sur le blog (d’où le bouton en bas de la présente page). C’est grave docteur ?
Comme je n’ai pas franchement envie de me prendre la tête pendant des plombes,  je n’ai conservé que les bouquins lus depuis le 1er juin 2014.

[BOUQUINS] Maud Mayeras – Reflex

M. Mayeras - ReflexEncore un bouquin qui doit son arrivée dans ma bibliothèque à la blogosphère, je ne connaissais pas l’auteure (dont c’est le second roman) et la couv’ ne m’attirait pas plus que ça ; je serai certainement passé à côté de Reflex de Maud Mayeras sans lui accorder un regard… C’était sans compter sur la multitude des tentateurs qui sévissent sur le Net, ils savent se montrer très persuasifs face à l’innocent et fragile lecteur que je suis !
Iris Baudry est photographe à l’identité judiciaire, elle se plonge corps et âme dans son boulot pour essayer de vivre avec la mort de son fils, assassiné onze ans plus tôt. Appelée sur une scène de crime, il lui semble reconnaître le mode opératoire de l’assassin de son fils…
Avertissement : lire ce bouquin demande une bonne dose de masochisme ! Il faut en effet aimer en prendre plein la gueule, Maud Mayeras n’économise pas les coups et sait taper là où ça fait mal. Vous sortirez de Reflex comme un pantin désarticulé, KO technique assuré !
D’un autre côté je ne peux pas dire que je n’avais pas été prévenu, le mot qui revient le plus souvent sur la blogosphère autour de ce bouquin est uppercut. Sauf que l’uppercut en question vous est prodigué par Mjöllnir¹, et qu’il reviendra souvent vous fracasser la pointe du menton.
Le bouquin nous propose de suivre deux intrigues qui, de prime abord, ne semblent pas avoir grand chose en commun (même si on se doute bien qu’il y a anguille sous roche). D’un côté on suit le parcours (et les souvenirs) d’Iris de nos jours (écrit à la première personne). De l’autre on fait la connaissance de Julie, une gamine de douze ans qui se fait violer en septembre 1919 et les conséquences que cela aura (vu de l’extérieur). Si vous découvrez le fil rouge alors là je vous tire mon chapeau !
Le rapport de la mère à l’enfant est omniprésent dans le bouquin. Qu’il s’agisse d’Iris, qui tente, tant bien que mal, de combler la mort de son fils par une totale immersion dans un boulot plutôt glauque (« Pour oublier son rire, j’ai tenté de comprendre ceux qui avaient cherché à l’effacer. Pour oublier son visage, j’en ai cherché d’autres plus abîmés. Pour oublier la douceur de sa peau, je me suis entourée de corps froids. Et pour oublier son odeur, j’ai choisi la puanteur de la mort.« ). Ou encore de la haine (et il y a de quoi la haïr cette vielle garce aigrie) qu’éprouve Iris pour sa mère (« Je n’ai jamais aimé ma mère. Cette façon qu’elle avait de vous humilier, de vous faire mal sans que jamais personne d’autre que vous ne le remarque. (…) Je l’ai détestée si fort, j’ai entretenu ma haine, je l’ai toujours bien nourrie pour qu’elle ne faiblisse pas, qu’elle ne s’éteigne pas.« ). Même dans la partie du récit qui se déroule dans le passé ce thème revient à plusieurs reprises et sous divers aspects que je vous laisse découvrir (et oui je n’envisage pas que vous puissiez avoir envie de passer votre chemin).
N’espérez pas un thriller qui dézingue du méchant (et un ou deux gentils çà et là) à tout va, on flirte d’avantage avec les normes du roman noir. C’est le style de l’auteure qui auréole ce bouquin d’une véritable aura de puissance, il vous bouffe de l’intérieur et vous en redemandez, encore et encore. Maud Mayereas aurait-elle inventé le roman succube (ou incube pour la gente féminine) ?
Si l’aspect investigation de l’intrigue n’est pas omniprésent je peux toutefois vous assurer que l’on ne s’ennuie pas une minute au fil des pages et qu’il n’y a ni longueurs, ni bla-bla inutile. Maud Mayeras va capter votre attention dès les premières pages, vous serez alors sous le charme de son écriture, entre hypnose et transe au fur et à mesure que la tension monte, jusqu’au coup de grâce final qui s’étire, faisant table rase de vos certitudes et hypothèses pour vous laisser sur le cul, la gueule figée dans un sourire béat.
Le personnage d’Iris ne fait pas vraiment penser à l’inspecteur Harry, non seulement elle n’est pas flic, mais en plus elle ne porte pas d’arme. Ajoutez à cela un léger complexe à s’exprimer lié à son bégaiement. Mais n’imaginez pas pour autant une frêle et fragile nana, elle puise sa force dans sa détermination à découvrir la vérité au sujet de la mort de son fils (ce qui l’aménera à déterrer bien d’autres secrets). Iris ne manque pas de caractère et n’aime pas grand chose (de nombreux chapitres commencent par Je n’aime pas…) mais cela ne l’empêche de dégager une incroyable humanité, du coup on s’y attache et on partage encore plus intensément ses émotions…
Un petit bémol ? Bon allez puisque vous insister. Rien à redire au niveau du bouquin à proprement parler, mille merci à Maud Mayeras pour cette lecture d’une rare intensité. En fait le bémol s’adresse plutôt aux éditions Anne Carrière qui semblent bouder le numérique, j’aurai bien vu Reflex bien au chaud dans ma liseuse.
En fin de bouquin l’auteure nous propose une bande originale, sans doute pour accompagner la lecture, même si en général je préfère lire dans ma bulle, entouré par le silence, je suis convaincu que s’il y avait eu de la musique autour de moi pendant que je lisais Reflex, je ne l’aurai pas entendue. J’ai été totalement absorbé par ce bouquin, la bulle est devenue le plus imperméable des bunkers.

¹ Mais qui est donc ce Mjöllnir ? Ou plutôt qu’est-ce donc ? Si vous avez répondu sans hésitation à cette question et sans passer par la case Google, alors vous êtes soit un passioné de mythologie nordique, soit un expert dans les super-héros de Marvel. Le rapport entre ces deux univers ? Thor et son fameux marteau à manche court, ustensile qui répond au doux nom de Mjöllnir. Comment ça je m’égare ? Et alors c’est bien un parking ici, non ?

[BOUQUINS] Peter Stenson – Déchirés

P. Stenson - DéchirésC’est en parcourant le catalogue des éditions Super 8 que j’ai découvert ce roman et presque instantanément craqué pour ce titre. Qui plus est il fait un parfait invité surprise pour mon challenge zombies. Plein de bonnes raisons qui font que Déchirés de Peter Stenson s’est retrouvé propulsé au sommet de mon Stock à Lire Numérique.
Chase et son pote, Sténo, sont tous les deux des junkies accros à la méth. Après une semaine à planer dans les brumes de cristal, ils réalisent que quelque chose ne tourne pas rond… Et pour cause, ils se retrouvent au coeur d’un chaos apocalyptique où les zombies jouent les invités surprises. Des invités affamés de chair fraîche…
La quatrième de couv’ présente le bouquin comme un mix entre les séries Breaking Bad (entendu parler mais jamais vu) et Walking Dead (complètement fan). Une chose est certaine ce roman propose une approche totalement originale (et délirante) de l’Apocalypse Z.
L’auteur nous plonge dans le grand bassin dès les premières page avec une gosse zombifiée qui attaque et bouffe un rottweiler (à ne pas confondre avec le Trierweiler). Amis des bêtes rassurez vous, quelques pages plus tard ce sont des chats qui bectent joyeusement leur maîtresse morte. Un partout, balle au centre.
N’allez pas pour autant vous imaginer que ce bouquin est une grossière parodie de la littérature zombie (un genre qui a le vent en poupe depuis quelques années). Certes l’humour (souvent noir) est bel et bien présent (voire omniprésent) mais les fondamentaux du genre sont respectés. Un mix osé entre humour et horreur sans jamais virer à la farce, le rire et le gore font bon ménage au fil des pages. Un choix original parfaitement maîtrisé par l’auteur, pour notre plus grand plaisir.
La première originalité du bouquin tient de ses deux héros, une paire de bras cassés camés jusqu’aux yeux. Qui plus est les survivants qu’ils croisent ont eux aussi un gros faible pour la méth : la conclusion s’impose d’elle même pour Chase : « Tous ceux qui sont encore en vie sont accros à la méthamphétamine« . Rassurés par cette conclusion (à moins que ce ne soit l’essence même de la pensée junkie), en plus de leur survie nos deux comparses vont devoir assurer leur ravitaillement en méth.
Les zombies version Peter Stenson ne sont guère différents de ceux que l’on peut croiser ailleurs (ciné, tv ou bouquins), si ce n’est qu’au lieu des grognements habituels ils ont opté pour le ricannement. Leur petit nom ? Les Morbacs, pour Morts-back.
Ecrit à la première personne l’auteur nous fait partager les événements vus par Chase, un style très imagé (par exemple « Des morceaux de chair se détachent de son visage comme de fines tranches de kebab« , ou encore « Ça sent comme un cunni pendant les règles« …) et des pensées pas toujours des plus lucides.
Toujours au niveau du style et de l’écriture les dialogues ne sont pas marqués par des guillemets ou des tirets ; ça surprend un peu au début mais finalement ça contribue à rendre le récit plus vivant, comme si Chase te le racontais de vive voix.
L’auteur nous offre une véritable cocotte-minute, ça commence doucement puis la pression monte progressivement jusqu’à un final qui nous explose littéralement à la gueule (oui je sais que ce n’est pas censé être le cas des cocottes-minute, on va dire qu’elle avait un défaut de fabrication).
Un bouquin qui se hisse tout de suite sur les plus hautes marches de la littérature zombie, non seulement il devrait séduire les adeptes du genre mais aussi attirer un public plus large (et pourquoi pas convertir de nouveaux adeptes). Un genre encore réservé à un public limité, méconnu et souvent méprisé (surtout par ceux qui ne le connaissent pas) ; je suis loin de prétendre être un expert en la matière mais depuis le début de mon challenge zombies j’ai découvert des bouquins bien plus profonds qu’il n’y paraissent et offrant tous une approche différente.
Deuxième titre que je lis des éditions Super 8 et deuxième coup de coeur, il m’en reste deux en stock (sur cinq sortis à ce jour, c’est un score honorable). Sans parler des prochains titres annoncés qui promettent d’être tout aussi savoureux… Bon, sur ce, j’y retourne !

[BOUQUINS] Joe Hill – Cornes

J. Hill - CornesDans la famille King, je voudrai le fils, Joe. Je m’étais promis de me pencher de plus près sur l’univers littéraire de Joe Hill (fils de Stephen King donc), place donc à ma chronique de Cornes, son second roman.
Un lendemain de cuite, Ignatius Perrish (Ig ou Iggy pour les intimes) se réveille avec une paire de cornes sur le crâne. Bizarrement ces excroissances ne semblent choquer personne. Ig ne tarde pas à découvrir que d’un simple toucher il apprend les secrets les plus inavouables de son interlocuteur qui lui confie alors ses pensées les plus sombres. C’est pour lui une occasion unique de chercher à découvrir l’identité de celui qui a violé et sauvagement assassiné sa petite amie, un an plus tôt…
Au fil de son périple Ig ne tardera pas à découvrir que toute vérité n’est pas frocément bonne à entendre, il subira quelques cruelles désillusions de la part de gens sur qui il pensait pouvoir compter. Il faut dire que Ig a été soupçonné pendant un temps d’être l’assassin de Merrin, sa petite amie, bien que blanchi, faute de preuves, sans jamais avoir été totalement innocenté.
Une fois le décor posé, l’auteur alterne entre flash-back (où l’on découvre comment Ig a rencontré Lee, qui deviendra son meilleur ami, et Merrin ; et comment leur trio a évolué jusqu’au meurtre de Merrin) et l’intrigue présente (où Ig met son nouveau pouvoir à profit pour découvrir la vérité sur ledit meurtre). Un choix narratif plutôt bien assumé, les alternances font en sorte de ne pas trop casser le rythme de l’intrigue.
Au niveau des personnages, outre le trio constitué par Ig, Merrin et Lee, il faudra aussi compter sur Terry, le frère ainé de Ig. Des personnages bien construits mais l’auteur parvient aussi à donner une véritable profondeur aux personnages plus secondaires. Pas de superflu, chacun a un rôle bien précis à tenir.
Quid de l’intrigue ? L’identité de l’assassin de Merrin est dévoilée rapidement (vers la moitié du bouquin) mais on a de sérieux soupçons bien avant que Ig ne comprenne (il faut bien reconnaître que Ig n’est pas franchement une lumière). Malgré tout l’auteur maintient notre attention en constant éveil, connaître le meurtrier est une chose, l’éliminer ou le pousser à se dévoiler en est une autre.
Une intrigue originale qui joue aussi avec les genres, on début Joe Hill semble privilégier la carte de l’humour (avec les premières confidences que reçoit Ig), puis au fil des souvenirs, la nostalgie prend possession des lieux avant que la noirceur ne vienne s’imposer en maître des lieux. On pourra peut être regretter quelques digressions et longueurs qui n’apportent pas grand chose à l’intrigue mais globalement ça passe plutôt bien.
Joe Hill a décidé d’écrire sous un pseudo afin que ses romans ne soient pas comparés à ceux de son illustre paternel ; c’est vrai que l’on imagine bien cette histoire écrite par Stephen King. Mais laissons à Joe Hill ce qui est à Joe Hill, d’autant qu’il s’en sort plutôt bien, sans être parfait le résultat est plus qu’honorable.
Pour l’anecdote l’adaptation cinéma du roman devrait sortir dans les prochaines semaines, sous le titre Horns, avec Alexandre Aja (le plus américains des réalisateurs français) aux manettes et Daniel Radcliffe (si, si, celui de Harry Potter) dans le rôle d’Ig Perrish.