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Archives du 28 juillet 2014

[BOUQUINS] Dan Simmons – L’Echiquier Du Mal

D. Simmons - L'Echiquier Du MalCa fait un bail que je ne suis pas revenu faire un tour du côté de mon challenge SF (manque de temps et trop de livres qui me font de l’oeil), il est temps de pallier cette lacune avec L’Echiquier Du Mal de Dan Simmons. Roman que beaucoup considèrent comme étant son chef d’oeuvre.
Face à une série de meurtres inexpliqués à Charleston la police piétine. Aucun lien entre les victimes et une suspecte, Mélanie Fuller, semble s’être volatilisée dans la nature. Pour le shérif Rob Gentry c’est l’impasse. Jusqu’à ce qu’il rencontre Natalie Preston, la fille d’une victime, et Saul Laski, un psychiatre rescapé des Camps de la Mort, qui va leur faire des révélations étonnantes. Tous trois vont lancer à la poursuite de ces mystérieux « vampires psychiques », mais ils ne sont pas les seuls à rechercher Mélanie Fuller…
J’avais les trois livres qui composent L’Echiquier Du Mal depuis déjà quelques temps dans mon Stock à Lire Numérique, une fois de plus c’est France Loisirs qui aura déclenché l’étincelle qui m’a poussé à m’y plonger enfin en proposant une intégrale en un seul volume (1300 pages, papier fin et petite police de caractère… joli pavé).
Alors science fiction ou fantastique ? Pour ma part j’opterai plutôt pour la seconde option car Dan Simmons revisite un thème cher au fantastique : le vampire. Mais ne chipotons pas pour une simple question de genre, ce bouquin mérite bien mieux que de se retrouver le cul entre deux chaises genres (en fait on pourrait aussi ajouter un soupçon de thriller, une pointe horrifique avec un puissant arrière goût de roman noir).
L’auteur prend son temps pour poser son intrigue (quasiment tout le livre I), par moment il faut s’accrocher pour savoir où il veut en venir mais croyez moi ça en vaut largement la peine. Quand la machine se met en branle ça décoiffe, si le rythme n’est pas toujours haletant il distille une telle tension que l’on ne ressent aucun ennui. Au contraire, ces alternances dans le rythme deviennent rapidement un point fort.
J’ai mentionné plus haut que Dan Simmons revisitait le thème du vampire, n’allez pas croire qu’il est l’inventeur du vampire à la guimauve, ses « vampires psychiques » sont largement aussi malfaisants que Dracula et consorts. Ils prennent le contrôle de leurs victimes, leur faisant faire leur quatre volontés, s’en servant parfois comme arme contre leurs adversaires, et les abandonnent comme un vieux slip kangourou, le plus souvent en ayant pris soin d’orchestrer leur mort. Le point commun entre ces individus doués du Talent (le nom donné à leur don) : ils appartiennent tous à l’élite, de part leur fortune ou leur position dans la société (parfois même les deux) et semblent n’avoir aucun sens moral.
Je ne perdrais pas mon temps à vanter le style de Dan Simmons, enfoncer les portes ouvertes n’est pas vraiment ma tasse de thé… Je n’ai pas le recul nécessaire pour dire s’il s’agit ou non du chef d’oeuvre de l’auteur mais il est évident que c’est un bouquin qui flirte allègrement avec l’excellence (une intrigue originale, riche et totalement maîtrisée, des personnages soigneusement travaillés).
Entre autres récompenses littéraires L’Echiquier Du Mal compte à son actif le prix Bram Stoker du meilleur roman (1989) et le prix Locus du meilleur roman d’horreur (1990).
Si vous vous inquiétez de savoir si un bouquin écrit en 1989 n’a pas pris un coup de vieux avec les années, je vous rassure de suite, hormis quelques antiquités technologiques du XXème siècle (machine à écrire, téléphone à cadran, appareil photo argentique…) l’intrigue n’a pas besoin d’un lifting pour rester percutante.
Petit bémol qui n’a rien à voir avec l’auteur et son intrigue, la version France Loisirs que j’ai lue comporte un paquet de lacunes au niveau relecture et correction. Erreurs que je n’ai pas retrouvées dans la version numérique (TAZ).

 
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Publié par le 28 juillet 2014 dans Bouquins

 

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[MUSIC] La Bande A Renaud (2014)

La Bande A RenaudJe me suis longtemps demandé si je devais ou non pondre une chronique dédiée à cet album, dans le pour il y a bien sûr le fait que je sois un fan de Renaud (avec des hauts et des bas) et dans le contre j’ai une certaine méfiance/réticence envers ces albums hommages produits du vivant de l’artiste (en gros ça pue l’arnaque marketing). Au final c’est le pour qui aura eu le dessus comme vous pouvez le constater.

Renaud et moi c’est une longue histoire faite de hauts et de bas. J’ai découvert l’artiste à la fin des années 70 (voire début 80) avec l’album Laisse Béton ; sans forcément en comprendre toutes les subtilités (à ma décharge j’avais 12/13 ans), j’ai tout de suite accroché. Puis j’ai suivi mes parents en NC, il y a eu les Evénements (1984-1988). Les prises de position de certains artistes totalement ignares de la situation sur place, dont Renaud (qui a été jusqu’à chanter ses conneries), m’a fait bazarder ma collection de K7 (même pas cherché à les vendre, j’ai tout brûlé). Avec le temps et l’apaisement j’ai décidé de faire le distinguo entre les idées du citoyen Renaud et le chanteur (même si je censure encore certains titres) ; en guise de calumet de la paix j’ai acheté l’intégrale (75-97) et je la complète depuis au rythme des sorties d’albums.
Alors fan ? Oui. Inconditionnel ? Non. De Renaud je retiendrai surtout la période 1975-1985 (jusqu’à l’album Mistral Gagnant) qui est pour moi son âge d’or. 1985-1997, c’est le début de la fin même si certains titres arrivent encore à tirer leur épingle du jeu, la niaque n’y est plus. Ensuite silence radio jusqu’en 2002, un retour en demi-teinte avec Boucan D’Enfer, une lueur d’espoir en 2006 avec Rouge Sang. Puis c’est la douche froide en 2009 avec Molly Malone, un album de reprises de ballades irlandaises. Et nouveau encéphalogramme plat, avec son lot de rumeurs, de photos chocs etc…
Voilà pourquoi cet album, La Bande A Renaud, reste pour moi une option marketing pour renflouer l’artiste qui travaillerait sur un nouvel album studio. D’autant que l’initiative semble avoir été lancée par Renan Luce, qui n’est autre que le gendre de Renaud.

Les titres retenus ne sont pas forcément à l’image du meilleur de Renaud, les artistes ont choisi un titre qui leur parle et ont décidé de rendre hommage à son interprète. La note que j’indique en regard est purement personnelle, j’ai essayé de tenir compte de divers aspects (le titre en soi et son (ré)interprétation) :

– Manu (Jean-Louis Aubert) : 3/5
– Mistral Gagnant (Coeur de Pirate) : 4/5
– La Pêche A La Ligne (Benabar) : 4/5
– Laisse Béton (Disiz) : 5/5
– Il Pleut (Elodie Frégé) : 3/5
– Chanson Pour Pierrot (Raphael) : 3/5
– Hexagone (Nicolas Sirkis) : 4/5
– Deuxième Génération (Benjamin Biolay) : 2/5
– La Ballade Nord-Irlandaise (Nolwenn Leroy) : 5/5
– En Cloque (HF Thiefaine) : 3/5
– C’Est Quand Qu’On Va Où (Carla Bruni) : 2/5
– Je Suis Un Bande De Jeunes (Renan Luce – Alexis HK – Benoît Dorémus) : 5/5
– La Médaille (Grand Corps Malade) : 5/5
– Dès Que Le Vent Soufflera (La Bande A Renaud) : 3/5

Comme vous pouvez le constater les notes ne sont pas mauvaise (excepté Benjamin Biolay et Carla Bruni, les cancres, qui ne mettent ni coeur, ni tripes dans leur interprétation) mais il n’y a globalement aucun effort de réinterprétation (hormis Disiz qui se lâche sur Laisse Béton et GCM qui reprend La Médaille en slam).
Si vous voulez découvrir Renaud ou vous offrir une sélection de titres qui soit à son image, privilégiez les compils officielles. Pour ma part je vous conseille Le Very Meilleur Of Renaud (1995 – 2CD, 30 titres) ou, si vous voulez aller au delà de 1995, Le Plein De Super (2010 – 3 CD, 59 titres).

 
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Publié par le 28 juillet 2014 dans CD Albums

 

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