[BOUQUINS] René Manzor – Celui Dont Le Nom N’Est Plus

R. Manzor - Celui Dont Le Nom N'Est PlusEncore un titre qui fait un peu office d’invité surprise dans mon programme fluctuant des prochaines lectures ; la couv’ m’a fait de l’oeil et le ptich a achevé le travail de séduction. Le contenu fut-il à la hauteur de l’emballage ? Vous le saurez en lisant ma chronique de Celui Dont Le Nom N’Est Plus de René Manzor.
Deux meurtres en deux jours, le même mode opératoire sacrificiel mais deux coupables différents, chacun était un proche de sa victime et ne se souvient de rien. Le détective McKenna de Scotland Yard se voit contraint de faire équipe avec Dahlia Rhymes, criminologue au FBI, afin de démêler cette embrouille…
Le nom de René Manzor me disait bien quelque chose tout en ayant la certitude de n’avoir jamais rien lu de lui (il n’a écrit que deux romans  à ce jour). Une petite googlelisation m’a de suite rafraîchit la mémoire, monsieur est scénariste et réalisateur pour le cinéma et la télévision. On lui doit (scénario et réalisation) notamment l’excellent film Le Passage (1986) avec Alain Delon et Alain Musy (le fils de René Manzor). Il est aussi à l’origine du clip de la chanson du film, On se retrouvera, écrite par Jean-Félix Lalanne et interprétée par Francis Lalanne (les frères de René Manzor, René Lalanne de son vrai nom)… Une affaire de famille en quelque sorte.
Mais revenons à nos moutons et au roman. Comme je l’ai dit plus haut l’univers littéraire de l’auteur est pour moi une découverte, et je peux d’ores et déjà affirmer qu’il s’agit d’une découverte que je ne suis pas prêt d’oublier. René Manzor nous offre un thriller qui peut se targuer d’être du très haut de gamme, on flirte avec l’excellence même.
Une intrigue qui vous prend aux tripes (c’est le cas de le dire vu le mode opératoire des « éventreurs ») dès les premières pages et ne vous lâche plus avant que vous n’ayez terminé le bouquin (et quelle fin ! Grandiose !). Soit dit en passant une fois que vous aurez commencé à le lire vous aurez du mal à le lâcher, plus les chapitres défilent, jouant avec nos nerfs, plus on a envie d’en savoir plus.
Ici les coupables sont aussi des victimes, des pantins manipulés par un marionnettiste et c’est après lui que les enquêteurs vont devoir courir, l’identifier et comprendre ses motivations. La traque sera tout sauf un long fleuve tranquille et nous réserve bien des surprises. Certains éléments se sont avérés relativement prévisibles mais ça n’a en rien gâché le plaisir que j’ai eu à savourer ce roman.
On croise trois personnages principaux, en effet outre McKenna et Dahlia, l’avocat des « pantins », Nils Blake, joue aussi un rôle primordial dans l’intrigue. L’auteur donne à ses héros une incroyable justesse, avec leurs forces et leurs faiblesses, ils sont quasiment réels à nos yeux.
Enfin le style de l’auteur contribue aussi à l’efficacité de son roman. Il faut que la lecture soit aussi fluide et rythmée que l’enquête, pas de fioritures inutiles, pas de complaisance non plus dans le trash (l’essentiel est dit, notre imagination fait le reste). Pari réussi monsieur Manzor !
Bref un sans faute et encore un gros coup de coeur littéraire de 2014.