RSS

Archives Mensuelles: juin 2014

[BOUQUINS] Michaël Mention – Adieu Demain

M. Mention - Adieu DemainUn bouquin sur lequel j’ai jeté mon dévolu suite aux chroniques ô combien élogieuses de Gruz et Belette (et oui encore eux !) ; d’un autre côté j’ai la quasi certitude de passer un bon moment avec cet Adieu Demain de Michaël Mention. Alors info ou intox ?
1995-2001, Comté du Yorkshire (Angleterre). Un tueur en série semble s’inspirer des crimes commis par l’Eventreur du Yorkshire 20 ans plus tôt. Mark Burstyn, superintendant à Scotland Yard, et son assistant, l’inspecteur Clarence Cooper, savent qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur dans cette enquête. Mais le tueur demeure insaisissable…
Si je ne devais retenir qu’une chose de ce bouquin c’est qu’il suffit d’une petite bestiole pleine de pattes et de poils pour faire disjoncter une grande bestiole montée sur deux pattes jusque là sans histoire (ou presque)… Je reconnais volontiers ne pas raffoler des araignées mais pas au point de péter une durite. Non je déconne, dans ce bouquin il y a bien plus qu’une simple question d’arachnophobie. Même si la peur tient une place essentielle dans l’intrigue, et pas seulement chez Peter et sa phobie.
Pour son tueur, l’auteur s’inspire « très librement » du parcours de Stephen Griffiths, un tueur qui sévît dans le Yorkshire entre 2009 et 2010 (3 victimes, le minimum syndical pour devenir tueur en série). La réalité des faits est déjà bien glauque, mais Michäel Mention a pris le parti d’aller encore plus loin.
Bien qu’écrit à la troisième personne le bouquin réussit à nous plonger dans les méandres de l’esprit dérangé (phobique) de Peter, et croyez moi c’est une expérience pour le moins troublante. En fait l’auteur nous balade avec la même efficacité dans les têtes de Mark et de Clarence, certes le séjour est moins dérangeant (quoique… vous le découvrirez par vous même) mais on reste en totale immersion. Et ce n’est pas le seul tour de force de l’auteur, on vit littéralement son récit tant il est criant de vérité ; c’est presque comme s’il nous collait à la peau, visqueux et gluant à souhait (comme une toile d’araignée).
Michael Mention ne nous plonge pas directement dans le feu de l’action, il remonte d’abord à l’enfance puis à l’adolescence de Peter (de jeunes années qui ne furent pas un long fleuve tranquille) ; le personnage prend corps dans notre esprit, la graine est plantée. Et vous pouvez compter sur l’auteur pour la faire germer, lentement mais sûrement, insidieusement même. L’essentiel du bouquin et surtout de l’enquête du Yard se déroule entre mai et septembre 2001.
Entre Peter, Mark et Clarence on a le droit à trois fortes personnalités, trois personnages que l’auteur nous mitonne aux petits oignons, trois individus qui ont un trait de caractère en commun : ils sont tous obsessionnels. Je ne m’étendrai pas d’avantage sur les personnages (beerk… ça va pas non !), en dire plus serait trop en dire.
Non seulement l’auteur nous tient en haleine par son intrigue, parfaitement maîtrisée, parsemée d’indices et de fausses pistes, mais aussi par son écriture et la construction même du roman. Difficile à expliquer mais l’ensemble s’imbrique à la perfection, le bouquin vous prend aux tripes dès les premières pages pour ne plus vous lâcher avant la fin. Etripé, essoré, vidé…
Petit plus, pas indispensable mais bien agréable tout de même, au fil des pages l’auteur nous fait revivre quelques pages du passé, entre actualités internationales, faits divers anglais, sorties (et rétrospectives) musicales et cinématographiques. Pour ne rien gâcher dans ces derniers domaines l’auteur fait preuve d’un bon goût évident.
Adieu Demain est le second opus d’une trilogie anglaise (après Sale Temps Pour Le Pays, roman qui tourne autour de l’Eventreur du Yorkshire) ; d’une part il m’a donné envie de découvrir ce premier opus, et d’autre part j’attends déjà avec impatience le suivant.
Comme vous pouvez le constater je fais dans le roman noir (quoique présentement on a le droit à un mix subtil entre le roman noir, le polar et le thriller psychologique) ces derniers temps, n’allez pas croire que mon humeur est à l’image de mes lectures. Je (re)découvre un genre que je n’ai pas abordé depuis un moment, un genre qui s’est considérablement enrichi… pour notre plus grand plaisir.

 
10 Commentaires

Publié par le 27 juin 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Frank Bill – Donnybrook

F. Bill - DonnybrookeMême sans ce challenge Coupe du Monde des Livres je comptais bien lire, dans des délais relativement brefs, ce Donnybrook de Frank Bill ; disons que le délai s’est raccourci de quelques jours, voire quelques semaines…
Le Donnybrook c’est le must du combat clandestin, deux fournées 20 combattants, trois jours de castagne. Le dernier debout empoche le pactole de 100 000 dollars. Pour Earl Marine c’est une occasion unique à saisir s’il veut refaire surface et s’offrir un nouveau départ avec sa femme et ses gosses…
Si vous avez lu Chiennes De Vies vous ne serez pas totalement dépaysé, en quelque sorte le roman fait suite à la nouvelle L’Amour Brut, certains des personnages que vous croiserez sur ce Donnybrook ne vous seront pas inconnus. Mais bon cela est plus anecdotique qu’autre chose, le roman peut parfaitement être lu indépendamment de la nouvelle.
Vous l’aurez compris, une fois de plus Frank Bill ne vous invite pas au Pays des Bisounours, retour dans son Indiana du Sud et ses rednecks, retour au pays où la meth est reine ! Et sans surprise vous croiserez, au fil des pages, bon nombre de paumés à la dérive…
Dans mon pitch je ne vous parle que d’Earl, peut être parce que c’est le personnage le plus « noble » de ce Donnybrook ; OK ce n’est pas non plus un saint, pour trouver le fric nécessaire à son inscription au tournoi il n’hésitera à employer des moyens plutôt musclés. Pour couronner quelques mauvaises rencontres viendront compromettre sa participation au tournoi…
Deux autres personnages se partagent la vedette. Angus, une légende du Donnybrook qui s’est reconverti dans le trafic de meth suite à un accident ; et sa frangine, Liz, une junkie un tantinet nympho qui a eu la mauvaise idée de vouloir le doubler.
Tandis que Earl essaye tant bien que mal de se la jouer discret, le frère et la soeur foutent un joyeux bordel tout le long de leur course poursuite. Forcément on se doute que tout ce beau monde va finir par se croiser et que le résultat sera plutôt explosif.
L’auteur nous dresse un portrait au vitriol de ses personnages, sa plume n’a rien perdu de son efficacité en passant de la nouvelle au roman. Et une fois de plus j’ai été sous le charme de cette noirceur qu’il dépeint si bien.
Il en va de même avec son intrigue aux rebondissements multiples, l’auteur ne vous laisse pas une minute pour reprendre votre souffle. N’espérez pas une promenade de santé : ça arnaque, ça cogne, ça flingue, sans foi, ni morale ; seule la survie importe ! Et oui c’est glauque, mais qu’est-ce que c’est bon !!! Le bouquin est relativement court (240 pages) mais ô combien percutant, intense et jouissif.
Honnêtement je pense que même si je n’avais jamais entendu parler de Chiennes De Vies, ce bouquin m’aurait fait de l’oeil (au beurre noir) et un joli sourire (aux lèvres explosées), la couv’ aurait immanquablement éveillé ma curiosité et le pitch aurait fait le reste. Avec Chiennes De Vies l’auteur marquait un essai qui ne demandait qu’à être transformé, avec Donnybrook non seulement il transforme l’essai mais en marque un second transformé d’emblée… Même les All Black au mieux de leur forme ne sauraient faire mieux !
Un individu qui sait apprécier un Turkey 101 (comprendre Wild Turkey 101 proof, un bourbon du Kentucky qui affiche fièrement 50.5% d’alcool) avec une bière (de la Bud en l’occurrence) en écoutant Lynyrd Skynyrd (Call Me The Breeze) ne peut qu’avoir un bon fond… Bin non pas chez Frank Bill ! Irrécupérable la chose en question…
L’éloignement a du bon, au niveau des drogues on est relativement à l’abri, à part l’herbe qui pousse et circule sans vraiment prendre la peine de se cacher. Un peu d’ecstasy occasionnellement et de la coke dans les hautes sphères ; mais ça reste très confiné. Franchement quand j’ai lu le procédé de fabrication de la meth je me suis dis qu’il fallait vraiment être tombé très bas pour se réfugier dans une pareille merde.

 
15 Commentaires

Publié par le 25 juin 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,

[BOUQUINS] Christopher Smith – On Ne Meurt Que Deux Fois

C. Smith - On Ne MEurt Que Deux FoisCa faisait un moment que les bouquins de Christopher Smith titillaient ma curiosité, il faut dire que le gars est qualifié de « génie culturel » par… Stephen King ! Adjugé vendu ! Je prends une grande inspiration et je me lance dans On Ne Meurt Que Deux Fois.
Une soirée entre copines tourne au cauchemar pour Patty Jennings et Cheryl Dunning. Patty est victime d’un odieux chantage qui pourrait détruire sa vie. Cheryl est au milieu des bois avec deux dégénérés à ses trousses. Mais Cheryl connait ces bois et leurs dangers, ils pourraient être des alliés précieux contre ses poursuivants…
Un court bouquin (l’équivalent de 150 ou 200 pages en version brochée) assez classique au final mais tout de même vachement bien maîtrisé. Je m’attendais à plus trash mais l’auteur réussit quand même à maintenir une tension constante de la première à la dernière page.
Des personnages, nous ne savons que le strict nécessaire et c’est suffisant, à aucun moment on se retrouve face à un vide que l’on aimerait combler. L’auteur parvient à nous tenir en haleine tout en nous offrant quelques flashbacks permettant de revivre l’essentiel des parcours de ses « acteurs ».
On se retrouve avec un quatuor dans les rôles principaux, avec d’un côté Cheryl et Patty, les victimes, séparées dès les premières pages ; de l’autre Ted et Kenneth, des pervers illuminés comme on les aime. D’autres personnages feront leur apparition dans le récit et influenceront plus ou moins activement le cours de l’intrigue.
Je m’attendais à plus flippant mais ça reste globalement bien ficelé, on a tout le tant envie d’en savoir plus, aussi bien sur le sort de Patty que sur celui de Jenny, du coup une fois happé par le bouquin soyez assuré qu’il ne vous lâchera pas. Le plus flippant reste les deux dégénérés qui égrainent des citations bibliques pour justifier leurs actes, le gus qui a écrit l’Ancien Testament est le plus grand psychotique de tous les temps !
A l’occasion il faudrait que je mette la main sur la série Fith Avenue du même auteur, les six titres semblent indépendants mais il faudrait que je fouine histoire de vérifier qu’il n’y ait pas un fil rouge caché… mais bon d’ici là j’ai encore pas mal de lecture en stand-by, dont 11 champions potentiels !
Ce titre n’est disponible qu’en numérique, par contre la série Fith Avenue existe en français au format papier.

 
5 Commentaires

Publié par le 23 juin 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,

[CHALLENGE] Coupe du Monde… des Livres !

Coupe du Monde Des Livres

Hé hé vous avez cru que j’allais vous causer foot, que nenni ; je le dis et le répète : la Coupe du Monde ne passera pas par ce blog !
C’est une initiative livresque proposée par Cajou. Je ne connaissais pas son blog mais je compte bien y remédier rapidement ; une fois de plus c’est à Gruz et la Belette que je dois ce chambardement dans mon programme… Incorrigibles ces deux-là !

Une équipe de foot c’est 11 gugusses qui courent après la baballe donc le but du jeu ici c’est de virer le ballon et de remplacer les footeux par des livres. Et voilà à quoi doit ressembler votre équipe :
Le gardien de but : THE roman que vous voulez à tout prix lire, celui qui n’a pas le droit de passer à travers les mailles du filet des profondeurs de votre PAL.
Les attaquants : les 4 romans de votre PAL que vous voulez ABSOLUMENT lire.
Les milieux de terrain : les 3 romans de votre PAL que vous avez envie de lire juste après.
Les défenseurs : les 3 romans que vous n’avez pas encore dans votre PAL mais que vous voudriez vous offrir -sans attendre le Mercato- pour parfaire votre équipe.
Le plus dur ça va être d’extraire 11 bouquins (plus deux remplaçants… oui je sais, ce n’est pas dans les règles mais j’improvise) de mon Stock à Lire Numérique (bin oui chez moi la CdMdL est 100% numérique) qui doit compter maintenant pas loin de 600 titres en attente de lecture… Après creusage neuronal intensif voilà à quoi ressemble ma équipe :

LE GARDIEN DE BUT

F. BIll - Donnybrook
LES ATTAQUANTS (4)

Attaquants
LES MILIEUX DE TERRAIN (3)

Milieux de Terrain
LES DEFENSEURS (3)

Défenseurs
LES REMPLACANTS (2)
Des valeurs sûres, juste au cas où…

Remplaçants
Par contre je ne promets pas de lire tout ça avant le 13 juillet (date de la finale)… On va faire durer le plaisir, il parait que plus c’est long, plus c’est bon !

 
9 Commentaires

Publié par le 20 juin 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes :

[BOUQUINS] Paul Colize – Un Long Moment De Silence

P. Colize - Un Long Moment De SilenceEn début d’année j’avais eu un bon gros coup de coeur pour Back Up, le premier roman de Paul Colize, je m’étais donc promis de garder un oeil sur le gars. Promesse tenue puisque j’ai eu l’occasion de me plonger dans Un Long Moment De Silence, son roman suivant.
Après une émission télé dans laquelle il présentait son livre consacré à la Tuerie du Caire, en 1954, où plusieurs personnes, dont son père, furent tuées, Stanislas Kervyn reçoit un appel qui remettra en cause toutes ses certitudes. Quel est le lien entre Stanislas et Nathan Katz, un rescapé des Camps de la Mort établi aux Etats-Unis depuis 1948 ?
De nouveau l’auteur nous embarque dans une double intrigue. D’un côté on suit Stanislas Kervyn, de nos jours, et les rebondissements de son enquête sur la Tuerie du Caire ; cette partie est écrite à la première personne, comme si elle était racontée par Stan. D’autre part on assiste à l’arrivée de Nathan Katz sur le sol américain en 1948 et à son parcours ; cette fois c’est écrit à la troisième personne. Et de nouveau, la même question que lors de la lecture de Back Up vient nous turlupiner : quel rapport entre Stanislas et Nathan ? On suppose un lien possible assez rapidement, mais gare à ne pas tirer de conclusion trop hâtive. L’auteur a plus d’un  tour dans son sac quand il s’agit de brouiller les pistes.
Autre point commun avec Back Up (promis après j’arrête les comparaisons), les titres des chapitres sont en fait les derniers mots du chapitre ; ça doit être la marque de fabrique de l’auteur…
Le personnage de Stanislas Kervyn apparait totalement antipathique dès les premières pages, un connard nombriliste, égocentrique et misogyne. L’archétype de la tête à claques en puissance. Une seule chose l’intéresse (à part se vider les couilles le plus souvent possible et sans sentimentalisme) : résoudre le mystère qui entoure la mort de son père. Avec lui on déterre mes secrets de familles jusqu’à trouver le fin mot de l’histoire.
A contrario Nathan Katz est tout suite attachant, pas seulement à cause de son douloureux passé, on découvre une homme de conviction, profondément humain. Mais lui aussi est bouffé par une obsession, son désir de vengeance envers les criminels de guerre restés impunis, quitte à franchir la ligne blanche pour parvenir à ses fins. En sa compagnie on voyage dans le passé et l’Histoire, de 1948 à nos jours.
C’est pas vraiment le genre d’indice qui va nous aider à lier les deux intrigues. Mais rassurez vous l’auteur viendra en temps et en heure éclairer notre lanterne.
Encore une fois difficile de caser ce roman dans un genre particulier tant il est riche, comme sur la couv’ c’est écrit policier on va dire ça ; c’est vrai que les démarches respectives de Stanislas et Nathan tiennent de la véritable enquête de police (sauf qu’elles ne sont pas réalisées par des flics… bah juste un détail insignifiant). Quoi qu’il en soit l’auteur nous offre un petit bijou parfaitement ciselé (aussi bien dans sa construction que dans son écriture) et surtout hautement addictif.
En lisant la note au lecteur en fin de roman (ne la lisez pas avant sacrebleu, si elle est à la fin c’est pas pour faire joli… couillon va !) on réalise l’importance que doit avoir ce roman pour son auteur. Mais je ne peux en dire plus au risque de vous mettre sur la voie.
Deuxième incursion dans l’univers littéraire et deuxième coup de coeur (à force de coups de coeur je vais finir par me faire un infarct), il ne me reste plus qu’à attendre que son dernier opus ne vienne se prendre dans les mailles de mon Stock à Lire Numérique. Je ne suis pas certain que les romans écrits avant Back Up soient disponibles en France… et j’ai bien assez de livres qui s’accumulent en attendant que je daigne jeter mon dévolu sur eux.

 
9 Commentaires

Publié par le 19 juin 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , ,

[BOUQUINS] René Manzor – Celui Dont Le Nom N’Est Plus

R. Manzor - Celui Dont Le Nom N'Est PlusEncore un titre qui fait un peu office d’invité surprise dans mon programme fluctuant des prochaines lectures ; la couv’ m’a fait de l’oeil et le ptich a achevé le travail de séduction. Le contenu fut-il à la hauteur de l’emballage ? Vous le saurez en lisant ma chronique de Celui Dont Le Nom N’Est Plus de René Manzor.
Deux meurtres en deux jours, le même mode opératoire sacrificiel mais deux coupables différents, chacun était un proche de sa victime et ne se souvient de rien. Le détective McKenna de Scotland Yard se voit contraint de faire équipe avec Dahlia Rhymes, criminologue au FBI, afin de démêler cette embrouille…
Le nom de René Manzor me disait bien quelque chose tout en ayant la certitude de n’avoir jamais rien lu de lui (il n’a écrit que deux romans  à ce jour). Une petite googlelisation m’a de suite rafraîchit la mémoire, monsieur est scénariste et réalisateur pour le cinéma et la télévision. On lui doit (scénario et réalisation) notamment l’excellent film Le Passage (1986) avec Alain Delon et Alain Musy (le fils de René Manzor). Il est aussi à l’origine du clip de la chanson du film, On se retrouvera, écrite par Jean-Félix Lalanne et interprétée par Francis Lalanne (les frères de René Manzor, René Lalanne de son vrai nom)… Une affaire de famille en quelque sorte.
Mais revenons à nos moutons et au roman. Comme je l’ai dit plus haut l’univers littéraire de l’auteur est pour moi une découverte, et je peux d’ores et déjà affirmer qu’il s’agit d’une découverte que je ne suis pas prêt d’oublier. René Manzor nous offre un thriller qui peut se targuer d’être du très haut de gamme, on flirte avec l’excellence même.
Une intrigue qui vous prend aux tripes (c’est le cas de le dire vu le mode opératoire des « éventreurs ») dès les premières pages et ne vous lâche plus avant que vous n’ayez terminé le bouquin (et quelle fin ! Grandiose !). Soit dit en passant une fois que vous aurez commencé à le lire vous aurez du mal à le lâcher, plus les chapitres défilent, jouant avec nos nerfs, plus on a envie d’en savoir plus.
Ici les coupables sont aussi des victimes, des pantins manipulés par un marionnettiste et c’est après lui que les enquêteurs vont devoir courir, l’identifier et comprendre ses motivations. La traque sera tout sauf un long fleuve tranquille et nous réserve bien des surprises. Certains éléments se sont avérés relativement prévisibles mais ça n’a en rien gâché le plaisir que j’ai eu à savourer ce roman.
On croise trois personnages principaux, en effet outre McKenna et Dahlia, l’avocat des « pantins », Nils Blake, joue aussi un rôle primordial dans l’intrigue. L’auteur donne à ses héros une incroyable justesse, avec leurs forces et leurs faiblesses, ils sont quasiment réels à nos yeux.
Enfin le style de l’auteur contribue aussi à l’efficacité de son roman. Il faut que la lecture soit aussi fluide et rythmée que l’enquête, pas de fioritures inutiles, pas de complaisance non plus dans le trash (l’essentiel est dit, notre imagination fait le reste). Pari réussi monsieur Manzor !
Bref un sans faute et encore un gros coup de coeur littéraire de 2014.

 
13 Commentaires

Publié par le 18 juin 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , ,

Des nouvelles… Qui veut des nouvelles ?

Pondre une chronique sur une nouvelle est toujours, pour moi, un exercice délicat, du coup j’essaye de faire des posts groupés, même quand, comme c’est le cas ici, les deux titres n’ont pas grand chose en commun. Au menu de ce post, Caryl Férey (Les Nuits De San Francisco) et Stephen King (A La Dure) ; ça pourrait être pire…

C. Férey - Les Nuits De San Francisco

Commençons par le cas Caryl Férey, N’y voyez là aucun chauvinisme de ma part j’ai simplement procédé à un choix alphabétique. Il vous en coûtera moins de 9 € pour parcourir 127 pages qui vous feront visiter les USA de la crise et des paumés.
Sam, un indien déraciné, croise la route, après moults dérives, de Jane, une handicapée qui semble tout aussi paumée que lui. Une nuit pas tout à fait comme les autres pour deux âmes perdues au coeur de San Francisco…
Que dire de cette nouvelle ? Noir c’est noir (tiens ça me rappelle quelque chose)… Bon pour la légèreté on repassera. Caryl Férey est égal à lui même, une plume implacable pour nous dépeindre la dérive, la souffrance et la mort. Pas vraiment le rêve américain tel qu’on se l’imagine…
Sam, le résigné et Jane, l’écorchée vive parfois aigrie (mais elle de quoi l’être), deux personnalités totalement différentes et deux parcours tout aussi opposés, leur point commun : les galères et le ras-le-bol. Envie de s’en sortir ? Peut être… Plus certainement d’en finir ! Sauf que merde nous on voudrait bien voir un peu de bonheur éclairer leur avenir ; et l’auteur lui, qu’est-ce qu’il leur réserve ? Ne comptez pas sur moi pour répondre à cette question.
Le récit se divise en deux parties, une pour chacun de ses anti-héros, d’abord leur parcours personnel, puis leur rencontre vécue à travers chacun. Rappelez vous que les deux personnages ne se ressemblent pas, donc ils vivront et interpréteront cette rencontre chacun à sa façon.
Le récit se lit d’une traite mais il ne manquera de vous vriller les tripes, une claque ! Une plus pour le Lord Masochist !!!

S. King - A La Dure

Cette nouvelle a été intégrée dans l’édition poche du recueil Nuits Noires, Etoiles Mortes (ce fut aussi le cas lors des sorties américaines et britanniques du recueil), n’ayant aucunement l’intention de raquer deux fois pour le même bouquin je me suis rabattu sur sa version numérique (moins de 1 € pour 27 pages).
Suite à un cauchemar récurrent Brad Franklin se réveille silencieusement afin de laisser sa femme, Ellen, dormir étant donné qu’elle a besoin de repos pour récupérer d’une bronchite. Il commence alors sa routine quotidienne en essayant d’oublier ce mauvais rêve…
La nouvelle faisant moins de trente pages n’espérez pas que je vais m’épancher encore et encore dessus. Pour faire simple on va dire qu’elle s’intègre parfaitement au recueil, dommage même que l’auteur ne l’ait pas incluse dès le départ. On retrouve un type ordinaire face à une situation qui le dépasse.
Toutefois comme le reste du recueil je me contenterai d’une lecture agréable sans être transcendante ; on a connu mieux venant du King, mais aussi du moins bien (jamais rencontré de franchement mauvais).

 
13 Commentaires

Publié par le 16 juin 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , ,

[BOUQUINS] Frank Bill – Chiennes De Vies

F. Bill - Chiennes De ViesJe ne connaissais ni l’auteur, ni le bouquin, et pourtant le voilà propulsé dans les sommets de mon Stock à Lire Numérique ; à qui la faute ? Une certaine Belette Cannibale qui sévit en Belgique (elle devrait renommer son blog, l’île de la tentatrice) ! Pfff comme si je n’avais pas assez de bouquins en attente… De quoi que je cause ? Bin c’est écrit dans le titre et en plus y’a l’image juste là (←) ; t’es con ou quoi ? Ca s’appelle Chiennes De Vies et c’est le premier bouquin de Frank Bill.
Sous-titré Chroniques Du Sud De L’Indiana, ce recueil propose 17 nouvelles, des textes courts mais intenses et percutants, écrits au noir de chez noir avec une bonne dose de vitriol. On est bien loin du Guide du Routard, n’espérez pas apprendre à pêcher le poisson-chat ou à chasser le raton-laveur, nope vraiment pas de quoi nous donner envie de faire un détour par l’Indiana… Bienvenue au pays des rednecks !
La mise en bouche, avec trois nouvelles qui tournent autour du Clan des Hill (que l’on retrouvera çà et là au fil des récits), vous mettront de suite dans l’ambiance. Drogue, sexe et hémoglobine à gogo. Le ton est donné et le reste n’apportera pas franchement un rayon de soleil dans les ténèbres de l’âme humaine (parfois une faible lueur d’espoir). Buveurs de lait-fraise passez votre chemin, ici ça carbure au bourbon et à la meth.
Ces 17 nouvelles dressent une galerie de portraits unique en son genre (certains personnages apparaissent dans plusieurs nouvelles). Parfois des types attachants, parfois des salopards de la pire engeance. Des textes malheureusement bel et bien ancrés dans la réalité, la plume de l’auteur, trempée dans le vitriol, est, à ce titre, d’une redoutable efficacité.
Le souci avec les recueils de nouvelles tient parfois à leur qualité souvent inégale, ici aucune fausse note (et pourtant je ne suis généralement pas fan des nouvelles… sauf quand elles sont signées Stephen King). La même noirceur et la justesse habite chacun de ces textes, chacune de ces tranches de vies démolies. Ouais parfois la vie est une chienne, en l’occurrence l’auteur nous sert 17 tranches de vies bien boucanées ; à chaque fois il fait mouche et réussit à nous surprendre.
Frank Bill nous dresse un portrait sans concession (mais heureusement non exhaustif… enfin je l’espère) d’une région qu’il connaît bien, puisque il y vit. Force est de reconnaître qu’il a bien la gueule de l’emploi avec sa barbe fournie et sa chemise de bûcheron (et la carrure qui va avec).
Je m’attendais à du lourd, je n’étais pas été déçu ; il ne me reste plus qu’à me plonger dans Donnybrook, le premier roman de l’auteur (les lecteurs du présent recueil devineront de quoi il retourne) ; mais avant ça on va prendre le temps de souffler un peu, après 17 claques dans la gueule faut un temps de récupération avant de remonter sur le ring. Nan la Belette décidément je ne te remercie pas, deux pour le prix de… deux ! (nan j’déconne, merci pour cette découverte).

 
19 Commentaires

Publié par le 16 juin 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,

[BOUQUINS] Henri Loevenbruck & Fabrice Mazza – Sérum : Saison 1

H. Loevenbruck & F. Mazza - Sérum S1Ca fait un moment que les six épisodes de la première saison de Sérum, roman-feuilleton/série TV signé Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza, squattent mon Stock à Lire Numérique. Il aura fallu profiter d’une escapade à France Loisirs pour que je m’offre l’intégrale de la saison 1 en en seul volume, et que je me lance dans sa lecture.
Le détective Lola Gallagher enquête sur une tentative de meurtre mais la victime est totalement amnésique suite aux blessures reçues. Lola va alors faire appel aux services du Dr Arthur Draken, un psychologue et hypnothérapeute qui a mis au point un plan de traitement très personnel et non approuvé par la profession, toutefois il garantit à Lola d’obtenir des résultats grâce à son fameux sérum…
Les auteurs ont fait le pari de proposer un feuilleton numérique diffusé au rythme d’un épisode par mois sur une période de six mois par saison (l’ensemble devant compter six saisons). Au niveau de l’écriture le challenge est largement remporté, c’est rythmé à souhait, plein der rebondissements et autres cliffhangers ; on se croirait devant un épisode de 24 Heures Chrono.
L’intrigue se densifie au fil des pages et avec l’apparition de nouveaux personnages, la banale tentative d’assassinat cachant un commplot d’envergure international. On n’en finit pas de se demander quelle est la finalité du fameux complot et surtout qui en est à l’origine. Franchement je ne regrette pas d’avoir attendu l’intégrale de cette première saison avant de m’y plonger, ça évite la frustration liée à l’attente.
Histoire de renforcer la ressemblance avec une série TV les auteurs vous invitent à écouter la bande son du roman (composée par Henri Loevenbruck), il suffit de scanner un flashcode via son smartphone ou sa tablette pour être redirigé vers le morceau concerné. Vous pouvez aussi écouter la bande son et partager d’autres interactivités en vous connectant au site Serum Online. Dommage toutefois d’avoir fait le choix d’un site en flash sachant que ce support n’est plus compatible avec les tablettes Androïd.
Les personnages sont suffisamment soignés pour être crédibles et offrir au lecteur des personnalités diverses. Qu’il s’agisse de Lola, excellente détective quoique un peu tête brûlée ou de Draken, le psy cynique qui n’hésite pas à franchir la ligne blanche pour faire avancer les choses. Les personnages plus secondaires sont nombreux mais tout aussi bien travaillés (je pense notamment à Philip Detroit, le collègue fouineur, et accessoirement amant, de Lola mais aussi à Sam Loomis, un agent du FBI pour le moins atypique). Bref je ne vous ferai pas le tour du casting, il y a un paquet de monde et tous mérite le détour.
Henri Loevenbruck a commencé par la fantasy jeunesse (avec La Moïra et Gallica) avant de se lancer dans le thriller (j’ai été bluffé par L’Apothicaire et la trilogie Arie Mackenzie squatte mon Stock à Lire Numérique depuis un bail). Fabrice Mazza quant à lui est tombé dans la marmite des énigmes quand il était petit, depuis il propose à ses lecteurs de se triturer les méninges pour résoudre des énigmes en tout genre (Le Grand Livre Des Enigmes ou encore Pas De Panique C’Est Logique).
Vous vous demandez peut être si toutes les questions que vous serez amenés à vous poser trouveront leur réponse dans cette première saison ; sur ce point je veux bien lever le voile vu que la réponse s’impose d’elle même : c’est NON (sinon quel intérêt de prévoir cinq saisons de plus ?) ; au contraire vous refermez le bouquin avec encore plus de questions ! Par contre là où le bât blesse c’est que depuis novembre 2012, date de sortie du dernier épisode de la première saison, c’est le silence radio absolu. Ca peut refroidir les futurs lecteurs, moi même si je m’étais penché sur la question avant de me lancer j’aurai sans doute été moins enthousiaste.

 
11 Commentaires

Publié par le 16 juin 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

Coupe du Monde 2014

Ras le bol des pubs en faux portugais juste histoire d’être dans l’air du temps.

Faut se faire une raison, 4 semaines durant on va se bouffer du foot à toutes les sauces.

Pas ici ! Promis, juré, craché. Je ne dirai pas un mot sur cette compétition.

J’aime pas le foot et j’assume.

Pourquoi ce post ?

Pour rien… Depuis quand j’aurai besoin d’une bonne raison pour écrire des conneries ?

 
8 Commentaires

Publié par le 13 juin 2014 dans No comment

 

Étiquettes : ,